Blog Notes d'Alain Juppé

18 juin

Publié le 19/06/2010 par Alain Juppé

Cérémonie émouvante à Bordeaux. Un groupe de jeunes élèves chante deux couplets de la Marseillaise. Un ancien combattant lit l’Appel.

Chaque fois que j’entends ce texte, j’éprouve une grande émotion. Un mot explose à mes oreilles: « NON ». « La défaite est-elle définitive? Non! ».

D’abord donc le refus. Refus de la défaite, refus du renoncement, refus de suivre la majorité qui est – comment l’oublier? – , derrière Pétain. Dans un monde où la tyrannie des sondages règne en tous domaines, où l’exigence démocratique nous pousse à toujours nous aligner sur l’opinion dominante, le courage de se dresser seul, ou presque, contre tous nous apparaît-il vraiment comme une valeur qui nous concerne, ou juste comme une curiosité historique?

Mais il n’y a pas que le refus. Il y a aussi l’appel. Et l’appel tourne le dos à la défaite; il mobilise pour la victoire; il trace la voie de l’avenir. Il se fonde sur la force de la confiance. Confiance en soi, à la limite de l’extravagance, de cet homme inconnu, seul, qui se sent incarner la France. Confiance surtout et précisément dans la France, dans sa capacité de sursaut, dans la vertu – virtus – de son peuple, dans sa vocation à la grandeur. Appel à la grandeur : exhortation gaulliste par excellence.

Comment ne pas ressentir, au fond de soi, l’actualité de ce message et l’impérieuse nécessité de reprendre confiance en nous-mêmes et dans la France?

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3 commentaires pour « 18 juin »
  • Aglae31
    Le 11 Aout 2010 à 17 h 18 min
    Confiance en la France ? OUI ... mais

    Qu'est-ce qu'un pays dans lequel la presse, sous prétexte de liberté, peut impunément traiter de "voyou" le Président élu au suffrage universel, juste pour faire du fric, un pays où l'opposition politique - qui n'a jamais assumé ses responsabilités quand elle était au pouvoir, et n'a rien à proposer aujourd'hui - n'hésite pas à traîner dans la boue (sans aucune preuve)un homme qui ne fait que remplir sa mission, celle-là même que nos bons amis socialistes ont soigneusement laissée de côté en leur temps ...

    Confiance dans la France, dans les Français, oui, j'aimerais bien ...

    Mais avec une pratique politique aussi médiocre, comment voulez-vous mobiliser les Français ? Ils réagissent en rejetant en bloc tous les politiques (cf:"tous pourris"), et on les comprend!

    Sauront-ils faire la part des choses à l'heure du choix en 2012, et reconnaître le travail accompli? Je me le demande ...
    Aglae31
  • KIMALU
    Le 24 Juin 2010 à 23 h 40 min
    Oui, comment….
    Comment ne pas ressentir, au fond de soi, l’actualité de ce message de 1965…


    Conférence de Presse du Général de Gaulle, sur le système monétaire, le dollar et l’or
    Palais de l’Elysée, 4 Février 1965
    Extrait de "Discours et Messages" - Charles de Gaulle - Plon, 1970 - pages 330 à 334
    (CONFERENCE VISIBLE EN VERSION INTEGRALE SUR LE SITE DE L’INA, à voir et à revoir….)

    Question – M. le Président, en changeant en or une partie de ses avoirs en dollars, la France a provoqué certaines réactions qui ont fait apparaître les défauts du système monétaire actuel. Etes-vous partisan de réformer ce système, et, si oui, comment ?

    Réponse (De Gaulle) - Je vais tâcher d'expliquer ma pensée sur ces points, A mesure que les États de l'Europe occidentale, décimés et ruinés par les guerres, recouvrent leur substance, la situation relative qui avait été la leur par suite de leur affaiblissement apparaît comme inadéquate, voire abusive et dangereuse. Rien, d'ailleurs, dans cette constatation n'implique de leur part et, notamment, de celle de la France quoi que ce soit d'inamical à l'égard d'autres pays, en particulier de l'Amérique. Car, le fait que ces États veuillent, chaque jour davantage, agir par eux-mêmes dans tout domaine des relations internationales procède simplement du mouvement naturel des choses. Il en est ainsi pour ce qui est des rapports monétaires pratiqués dans le monde depuis que les épreuves subies par l'Europe lui firent perdre l'équilibre. Je veux parler - qui ne le comprend ? - du système apparu au lendemain de la Première Guerre et qui s'est établi à la suite de la Seconde.

    On sait que ce système avait, à partir de la Conférence de Gênes, en 1922, attribué à deux monnaies, la livre et le dollar, le privilège d'être tenues automatiquement comme équivalentes à l'or pour tous paiements extérieurs, tandis que les autres ne l'étaient pas. Par la suite, la livre ayant été dévaluée en 1931 et le dollar en 1933, cet insigne avantage avait pu sembler compromis. Mais l'Amérique surmontait sa grande crise. Après quoi, la Deuxième Guerre mondiale ruinait les monnaies de l'Europe en y déchaînant l'inflation. Comme presque tontes les réserves d'or du monde se trouvaient alors détenues par les États-Unis, lesquels, en tant que fournisseurs de l'univers, avaient pu conserver sa valeur à leur propre monnaie, il pouvait paraître naturel que les autres Etats fissent entrer indistinctement des dollars ou de l'or dans leurs réserves de change et que les balances extérieures des paiements s'établissent par transferts de crédits ou de signes monétaires américains aussi bien que de métal précieux. D'autant plus que l'Amérique n'éprouvait aucun embarras à régler ses dettes en or si cela lui était demandé. Ce système monétaire international, ce « Gold Exchange Standard », a été par conséquent admis pratiquement depuis lors.

    Cependant, il ne paraît plus aujourd'hui aussi conforme aux réalités et, du coup, présente des inconvénients qui vont en s'alourdissant. Comme le problème peut être considéré dans les conditions voulues de sérénité et d'objectivité - car la conjoncture actuelle ne comporte rien qui soit, ni très pressant, ni très alarmant - c'est le moment de le faire.

    Les conditions qui ont pu, naguère, susciter le « Gold Exchange Standard » se sont modifiées, en effet. Les monnaies des Etats de l'Europe occidentale sont aujourd'hui restaurées, à tel point que le total des réserves d'or des Six équivaut aujourd'hui à celui des Américains. Il le dépasserait même si les Six décidaient de transformer en métal précieux tous les dollars qu'ils ont à leur compte. C'est dire que la convention qui attribue au dollar une valeur transcendante comme monnaie internationale ne repose plus sur sa base initiale, savoir la possession par l'Amérique de la plus grande partie de l'or du monde. Mais, en outre, le fait que de nombreux Etats acceptent, par principe, des dollars au même titre que de l'or pour compenser, le cas échéant, les déficits que présente, à leur profit, la balance américaine des paiement, amène les États-Unis à s'endetter gratuitement vis-à-vis de l'étranger. En effet, ce qu'ils lui doivent, ils le lui paient, tout au moins en partie, avec des dollars qu'il ne tient qu'à eux d'émettre, au lieu de les leur payer totalement avec de l'or, dont la valeur est réelle, qu'on ne possède que pour l'avoir gagné et qu'on ne peut transférer à d'autres sans risque et sans sacrifice.

    Cette facilité unilatérale qui est attribuée à l'Amérique contribue à faire s'estomper l'idée que le dollar est un signe impartial et international des échanges, alors qu'il est un moyen de crédit approprié à un Etat.

    Évidemment, il y a d'autres conséquences à cette situation.

    Il y a en particulier le fait que les Etats-Unis, faute d'avoir à régler nécessairement en or, tout au moins totalement, leurs différences négatives de paiements suivant la règle d'autrefois qui contraignait les États à prendre, parfois avec rigueur, les mesures voulues pour remédier à leur déséquilibre, subissent, d'année en année, une balance déficitaire. Non point que le total de leurs échanges commerciaux soit en leur défaveur. Bien au contraire ! Leurs exportations de matières dépassent toujours leurs importations. Mais c'est aussi le cas pour les dollars, dont les sorties l'emportent toujours sur les rentrées. Autrement dit, il se crée en Amérique, par le moyen de ce qu'il faut bien appeler l'inflation, des capitaux, qui, sous forme de prêts en dollars accordés à des Etats ou à des particuliers, sont exportés au dehors. Comme, aux États-Unis même, l'accroissement de la circulation fiduciaire qui en résulte par contrecoup rend moins rémunérateurs les placements à l'intérieur, il apparaît chez eux une propension croissante à investir à l'étranger. De là, pour certains pays, une sorte d'expropriation de telles ou telles de leurs entreprises.

    Assurément, une telle pratique a grandement facilité et favorise encore, dans une certaine mesure, l'aide multiple et considérable que les États-Unis fournissent à de nombreux pays en vue de leur développement et dont, en d'autres temps, nous avons nous-mêmes largement bénéficie. Mais les circonstances sont telles aujourd'hui qu'on peut même se demander jusqu'ou irait le trouble si les États qui détiennent des dollars en venaient, tôt ou tard, à vouloir les convertir en or ? Lors même, d'ailleurs, qu'un mouvement aussi général ne se produirait jamais, le fait est qu'il existe un déséquilibre en quelque sorte fondamental. Pour toutes ces raisons, la France préconise que le système soit changé. On sait qu'elle l'a fait, notamment, lors de la Conférence monétaire de Tokyo. Étant donné la secousse universelle qu'une crise survenant dans ce domaine entraînerait probablement, nous avons en effet toutes raisons de souhaiter que soient pris, à temps, les moyens de l'éviter. Nous tenons donc pour nécessaire que les échanges internationaux s'établissent, comme c'était le cas avant les grands malheurs du monde, sur une base monétaire indiscutable et qui ne porte la marque d'aucun pays en particulier.

    Quelle base ? En vérité, on ne voit pas qu'à cet égard il puisse y avoir de critère, d'étalon, autres que l'or. Eh ! oui, l'or, qui ne change pas de nature, qui se met, indifféremment, en barres, en lingots ou en pièces, qui n'a pas de nationalité, qui est tenu, éternellement et universellement, comme la valeur inaltérable et fiduciaire par excellence. D'ailleurs, en dépit de tout ce qui a pu s'imaginer, se dire, s’écrire, se faire, à mesure d'immenses événements, c'est un fait qu'encore aujourd'hui aucune monnaie ne compte, sinon par relation directe ou indirecte, réelle ou supposée, avec l'or. Sans doute, ne peut-on songer à imposer à chaque pays la manière dont il doit se conduire à l'intérieur de lui-même. Mais la loi suprême, la règle d'or - c'est bien le cas de le dire - qu'il faut remettre en vigueur et en honneur dans les relations économiques internationales, c'est l'obligation d'équilibrer, d'une zone monétaire à l'autre, par rentrées et sorties effectives de métal précieux, la balance des paiements résultant de leurs échanges.

    Certes, la fin sans rudes secousses du « Gold Exchange Standard », la restauration de l'étalon -or, les mesures de complément et de transition qui pourraient être indispensables, notamment en ce qui concerne l'organisation du crédit international à partir de cette base nouvelle, devront être concertées posément entre les Etats, notamment ceux auxquels leur capacité économique et financière attribue une responsabilité particulière. D'ailleurs, les cadres existent déjà où de telles études et négociations seraient normalement menées. Le Fonds monétaire international, institué pour assurer, autant que faire se peut, la solidarité des monnaies, offrirait à tous les Etats un terrain de rencontre approprié, dès lors qu'il s'agirait, non plus de perpétuer le « Gold Exchange Standard », mais bien de le remplacer. Le « Comité des Dix », qui groupe, aux côtés des États-Unis et de l’Angleterre, d'une part la France, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas et la Belgique, d'autre part le Japon, la Suède et le Canada, préparerait les propositions nécessaires. Enfin, il appartiendrait aux Six États qui paraissent en voie de réaliser une Communauté économique européenne d'élaborer entre eux et de faire valoir au-dehors le système solide que recommande le bon sens et qui répond à la puissance renaissante de notre Ancien Continent.

    La France, pour sa part, est prête à participer activement à la vaste réforme qui s'impose désormais dans l'intérêt du monde entier.
    KIMALU
  • vianney
    Le 24 Juin 2010 à 07 h 46 min
    18 juin, la voix qui s'est élevée en effet ce jour de 1940, reste unique, tant la personnalité, l'intégrité et le sens de l'intérêt suprême de la nation de son auteur étaient forts.

    Que penser de ceux qui tentent un plagia du dit "appel", les 18 ou 19 juin depuis 1940 : l'auteur du plus récent est ridicule, illuminé, mégalomaniaque et certainement très peu d'intérêt pour l'avenir de la nation mais beaucoup d'intérêt pour son propre avenir. Nuisible ! Dangereux !

    Peu de personnes aujourd'hui dans le personnel politique réunissent autant d'intelligence, d'intégrité et de sens de l'intérêt général. Vous êtes de ceux là et devez vous mettre en position de jouer une rôle de premier plan lors des prochaines échéances, car c'est le sens de l'intérêt général qui le commande.
    L'actuel président se représentera c'est désormais acquis. Certains espéraient probablement que non mais qui en doutait ?

    Pourquoi ne pas lancer un mouvement qui ne soit pas nécessairement dissident mais qui ferait entendre une autre voix et infléchirait la future campagne vers plus de hauteur de vue et plus de dignité ?
    Il ne faut pas laisser le terrain libre aux illuminés orgueilleux et revanchards. Ils n'apportent rien au débat et mènent un combat personnel dans le seul but de nuire et de résoudre un problème d'égo surdimensionné.

    A vous de jouer donc : de représenter et de rassembler ceux à qui le général s'adressaient en juin 40, ceux qui ne renoncent pas aisément, qui ne rendent pas les armes, qui ne se résignent pas à la médiocrité, et enfin qui ont de l'ambition pour leur pays et pour l'image qu'il doit donner à la face du monde.
    Vous êtes leur voix il vous faut la faire entendre !
    De nombreux autres vous suivront !
    Cordialement
    vianney

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé
Alain Juppé 2017
5 ans pour l'emploi
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