Blog Notes d'Alain Juppé

2006

Publié le 25/12/2005 par Alain Juppé

Je ne pourrai répondre personnellement à toutes celles et à tous ceux, si nombreux, qui me souhaitent une bonne année 2006.
Qu’ils me le pardonnent.
Qu’ils sachent que les voeux de chacune et de chacun, y compris quand ils viennent d’inconnus, me touchent profondément.

C’est donc ici, sur mon blog-notes, que je formulerai mes propres voeux.
Voeux personnels d’abord.
Bonheur, épanouissement, réussite… beaucoup, qui ont la chance d’en avoir une, les trouveront dans leur famille; je mesure, en m’y ressourçant, l’équilibre et la force que donne le lien familial.
Pour d’autres, ce sera l’amitié, source de joies et de partages si mystérieusement durables.
Pour d’autres encore, hélas! nombreux, ne reste que la solitude… Que 2006 fasse reculer leur solitude. Chacun d’entre nous peut y contribuer, par un geste souvent modeste.

Voeux collectifs?
Je souhaite de tout coeur qu’en 2006, la France sorte de la dépression nerveuse où elle s’est enfoncée depuis des
mois.
Pour combattre la déprime, il nous faudra de la lucidité: c’est vrai, tout ne va pas bien chez nous, et des changements profonds sont nécessaires.
Mais la lucidité sans confiance en soi est stérile. Nous avons, dans nos mains, tous les atouts pour réussir ces changements. Il faut y croire!
Et puis, nous avons aussi besoin de renouer avec l’esprit de modération, ce que j’appellerai le sens de l’ombre et de la lumière.
Je suis sidéré par le goût que nous développons, ces temps-ci, pour l’outrance, la caricature, la déraison.
Prenez l’exemple du débat sur le passé colonial de la France. Mission civilisatrice pour les uns. Abomination, domination, exploitation, aliénation, esclavage pour les autres.. A-t-on entendu une seule voix dire que le bilan est tout simplement… contrasté?
Même scénario de l’outrance pour Austerlitz: culte pour les uns, honte pour les autres. Napoléon, héros révolutionnaire ou tyran sanguinaire? La controverse est vieille de deux siècles et chaque camp a de bons arguments. Bien des films ou des livres nous ont fait entendre le râle des agonisants sur les champs de bataille de l’Empire. Mais il y a le Code civil, l’Université, les bases de notre organisation administrative, si solides que nous avons, encore aujourd’hui, du mal à les faire bouger.

Allons-nous, dès lors, déboulonner toutes nos statues, et pourquoi pas, par exemple, celle de Louis XIV qui, pendant son très long règne, fit la guerre 33 ans? Et pas toujours des guerres en dentelle, comme celle dite de Neuf ans, qui commença par la dévastation du Palatinat et le mise à sac des villes de Mannheim et d’Heidelberg? Faut-il, pour autant, passer par pertes et profits le « Grand Siècle » qui vit aussi l’apogée du classicisme français et l’un des plus extraordinaires épanouissements de nos arts et de nos lettres?

Plus près de nous, les hommes politiques portent leur part de responsabilité dans le développement de cette culture de l’exagération, si étrangère, quand on y réfléchit, à l’esprit français.
Nous nous faisons plaisir parfois en vilipendant tout ce qui a été fait avant nous, même quand nous y avons participé. Il paraît que depuis vingt ans, nous avons eu « tout faux ».
Pour ma part, je ne crois pas à la vertu des révolutions en politique.
Je crois à la nécessité des changements, parfois drastiques, mais dans le respect de l’oeuvre accomplie par ceux qui nous ont précédés.
Les grands peuples ne renient pas leur histoire; ils l’assument, avec ses zones d’ombre et de lumière, pour la dépasser et se dépasser.

Sens de la mesure, goût de l’équilibre, juste appréciation de l’ombre et de la lumière, tout cela s’appelait naguère tout simplement Raison.
Je souhaite à la France, en 2006, une année de Raison.
25/12/05

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13 commentaires pour « 2006 »
  • Félix ASTOLFI
    Le 06 Janvier 2006 à 11 h 08 min
    Si je suis tout à fait d'accord sur votre analyse de la situation économique et civique dans laquelle se trouve notre pays, je suis déçu de voir que ,comme tous les hommes politiques ,vous n'abordez pas la réforme des élections. En effet, il me paraît très important, si nous voulons entreprendre les vraies réformes dont notre pays doit réaliser, de limiter à deux le mandat présidentiel et celui des députés.Aisi, me semble t-il les élus auront le courage d'entreprendre les réformes inscrites dans leur programme électoral.
    Qu'en pensez-vous?
    Respectueuses salutations.
    Félix ASTOLFI
  • Aurélien Révillon
    Le 04 Janvier 2006 à 23 h 05 min
    Monsieur Juppé,

    Tout ce que vous dites est de nature à donner à réfléchir, mais beaucoup de jeunes de mon âge qui ont perdu espoir recherche du sens et ont envie d'accomplir quelque chose, de faire quelque chose de leur vie. La raison est une des clé du succès mais elle ne s'accomode guère du sentiment d'impuissance face au "non sens économique" qui ruine notre pays.
    Donnons, donnez, de l'espoir, l'envie d'accomplir à la jeunesse et la France donnera à nouveau à voir au monde le sens des simples mots "Liberté, égalité, fraternité".

    Aurélien Révillon
  • Serge FAVREAU
    Le 30 Décembre 2005 à 22 h 39 min
    Monsieur Juppé,
    Je viens tout d'abord vous présenter mes voeux les meilleurs pour l'année 2006. Je sais que nombreux sont les habitants de Bordeaux, de la CUB ou du département de la Gironde à espérer un retour "aux affaires", dans la ville phare de notre département, de celui qui a fait ressortir Bordeaux de sa léthargie des dernières années de Jacques Chaban-Delmas. L'intérêt général est à mes yeux plus important que les intérêts particuliers, bien que je comprenne qu'un homme politique doit penser à son avenir et à aller dans le sens de son électorat. Pourtant, ne pourrions nous pas rêver un peu d'un consensus des hommes politiques de tous bords pour une idée de droite ou de gauche qui peut permettre d'améliorer le quotidien de nos concitoyens ? La France se singularise par l'esprit sectaire de certains hommes politiques qui en fait ne pensent qu'à leurs ambitions ! On le voit bien dans ce vent de repentance que l'on veut imposer aux français. Bien sûr que la colonisation ne s'est pas faite sans injustice, sans le racisme de certains.
    Mais ne constatons nous pas depuis des années que des pays indépendants souffrent aujourd'hui de la faim ? Que leurs populations sont plus pauvres qu'avant (du temps de la présence des anglais, français, espagnols, portugais ou belges) ? Que pensent les populations qui ont faim, qui voyent leurs enfants mourir de malnutrition ou de maladie ? La présence française en Algérie, au Maroc, en Tunisie ou en Afrique noire n'a pas eu que des effets négatifs ! C'est une évidence, sauf pour les gens de mauvaise foi. C'est vrai que l'article 4 de la loi décriée par tous les responsables de gauche n'avait pas lieu d'être. Nous vivions ainsi les uns et les autres avec nos propres convictions sur les effets positifs et négatifs de la colonisation depuis plus de quarante ans. Alors encore un texte législatif de trop ? Je suis un "pied-noir" âgé de 58 ans. Depuis très longtemps, j'ai réalisé que l'indépendance de l'Algérie était inéluctable. Un peuple aspire toujours à maîtriser son destin. J'ai eu l'occasion de travailler au Maroc, durant 5 ans, au service des anciens combattants qui ont lutté pour la France aux combats d'Italie, de France, d'Allemagne, puis en Indochine... J'éprouve une grande reconnaissance pour ces hommes courageux qui ont mal été récompensés. Mais ils possèdent toujours du respect, de l'admiration et parfois de la reconnaissance pour notre pays. Beaucoup de français n'éprouvent même pas ces sentiments pour la France. Les donneurs de leçon devraient se montrer plus humbles et sincères et laisser le temps et l'histoire accomplir leurs oeuvres.
    Merci monsieur Juppé pour votre blog.
    Bonne année te tous mes voeux pour vous et votre famille !
    Serge FAVREAU
  • Lucien Verrain
    Le 30 Décembre 2005 à 19 h 33 min
    Bonjour,

    Je me permet de venir apporter quelques petites précisions et réponses à mon courrier du 25:12 .
    En réponse à Monsieur DESMAZIERE, alors l'histoire étant ce qu'elle est, ne doit on rien admettre et laisser pourrir les choses ainsi ? Faites quelque chose, me dites vous, j'ai l'impression de faire quelque chose en donnant du travail à actuellement 5 personnes car je suis entrepreneur, et à travers ces 5 emplois, croyez moi je distribue énormement d'argent sous forme de charges sociales, voudriez-vous que en plus de mon activité qui doit bien me prendre entre 10 et 12 heures par jour, je me lance dans un hypothétique combat politique, alors que nous les petits entrepreneurs n'interressons strictement personne?
    Monsieur Desmazière, vous faites quoi vous pour la France ? Donneur de leçon, c'est vrai que cela est une spécialité très française .
    J'estime que tant que je donnerai la majeure partie du fruit de mon travail à ce pays, je n'ai pas de leçon à recevoir, ni même de langue française, car Monsieur, c'est avec mes mains, mon courage, mon envie et ma tenacité que je gagne ma vie, pas avec ma plume ou ma langue.Monsieur Desmazière, c'est parce que j'aime la France que j'ai un regard aussi critique envers elle, comme je l'aurai envers mon travail ou moi-même, j'adore cette nation bien-entendu et suis fier d'en faire partie, mais cela ne m'empêche pas d'avoir effectivement honte d'une partie de son passé, de son histoire arrangée .
    Les colonies n'ont pas fait que du mal, une part de bien à aussi été faite, mais l'on pourra mettre en valeur les côtés positifs de la colonisation seulement en expurgeant des consciences collective ce mal, ces injustices etc... Qui pour l'instant recouvre l'histoire des colonies d'une croute épaisse de honte pas toujours justifiée. Et ce n'est parce que j'aime mon pays que pour cela je ne dois pas être lucide et m'apercevoir que le monde est en train de changer, que des pays comme la Chine, l'Inde et autres d'Amérique latine feront demain la pluie et le beau temps de l'économie mondiale, que l'occident riche va s'appauvrir inéluctablement et que si la France ne change pas d'une manière radicale sur de nombreux points de son fonctionnement, nous allons terminer effectivement dans la position d'un pays pauvre, pas tout de suite, lentement mais surement, et mon cri de révolte vient du fait que j'ai l'impression que personne, homme politique, médias, peuple français, ne s'en rend compte . Et pour s'en sortir, nous devons passer par des réformes très importantes, "impopulaires" pour l'essentielles, et comment voulez-vous que dans notre système démocratique, basé sur la séduction des foules, des electeurs, un homme politique prenne le risque de mettre en jeu sa carrière pour sauver la France? Monsieur Juppé en 1995, conscient j'en suis sûr des problèmes que j'évoque, à été "sanctionné" par les français parce que précisement il voulait faire quelque chose, mais personne n'a rien compris, sauf ses détracteur qui ont vu ici le moyen de le faire disparaître de son poste de Premier Ministre. Le destin de quelques uns(une honte quand on pense à ceux, anonyme, mort pour la France) à souvent plus d'importance que le destin de la nation, et ça aussi nous rapproche petit à petit du mur qui nous attend .
    En réponse à Monsieur ZANUTTINI, vous connaissez je suppose la réponse de Ponce Pilate...
    Moi, je suis née en 1972, je n'ai participé ( avec la chance qu'a ma génération) à aucun conflits que ce soit, mais je suis ravi de vivre dans un pays riche qui bénéficie d'une sécurité sociale ( c'est doucement la fin mais j'aurais au moins connu ça), les allocations familiales(idem)etc...Tous cela est maintenant en grande partie financé par nous, petites, moyennes et grandes entreprises, mais ne vous êtes vous jamais posé la question d'ou venait les"richesses" de la France ?( En dehors du fait que,c'est vrai, la France fut une terre de courage et de labeurs pendant de longs siècles).
    Les français serait-ils si naïf ? Oui, assurement .
    J'en profite pour faire mes voeux de joie, santé, bonheur à tous.
    Lucien Verrain
  • ROM1 .
    Le 29 Décembre 2005 à 19 h 37 min
    A/ Colonisation : le crédo d'une afro-française*

    L'écrivain Calixthe Beyala, qui revendiqua à la fin des années 90
    une meilleure représentation des minorités dans le monde politique,
    économique et culturel, revient sur le procès fait à la France
    coloniale. A contre-courant.

    *Propos recueillis par Jean-Michel Décugis, Christophe Labbé et
    Olivia Recasens*

    *Le Point :* Vous reconnaissez-vous dans le combat mené actuellement
    par les Noirs en France ?

    *Calixthe Beyala :* Revendications et souffrances sont à prendre en
    compte, mais la passion domine la raison. Il y a une
    instrumentalisation de l'Histoire au service d'ambitions
    personnelles qui conduit à une fragmentation de la société
    française. On assiste actuellement à un brouillage, un parasitage de
    l'information. Je préfère rester en retrait.
    On a beaucoup trop parlé de Dieudonné. Quant au Cran, il s'agit
    d'une organisation virtuelle. Les Noirs ne connaissent pas ses
    dirigeants. Ils ne savent pas d'où ils sortent. Ils s'en méfient
    beaucoup et refusent d'y adhérer. Si l'on continue à exacerber les
    frustrations et les haines, je crains que cela ne conduise à une
    radicalisation de la communauté.

    *Le Point :* L'identité des Noirs en France doit-elle forcément
    passer par une remise en question de l'histoire de France ?

    *Calixthe Beyala :* C'était une nécessité de reconnaître l'esclavage
    comme un crime contre l'humanité et de faire étudier cette page
    triste de notre histoire à l'école. La colonisation fait aussi
    partie de l'histoire de France et doit être étudiée comme telle. Ce
    n'est pas une histoire de Blancs ou de Noirs.
    C'est une mémoire collective. Elle est certes douloureuse, triste,
    condamnable, mais il est primordial d'utiliser un vocabulaire apaisé
    pour l'évoquer. La droite a commis une erreur monumentale avec cet
    article 4 de la loi du 23 février 2005 sur le rôle positif de la
    présence française outre-mer. Cet article a troublé et choqué les
    minorités. C'est une histoire trop récente pour pouvoir en juger.
    Même les historiens ne sont pas capables de dire exactement quels
    ont été les bienfaits et les méfaits de la colonisation. Alors
    comment peut-on légiférer là-dessus ? J'espère que cette loi va être
    abrogée. Cela étant, il n'y pas d'un côté les méchants Blancs et de
    l'autre les gentils Noirs qui ne sont que des victimes. On ne peut
    en parler en opposant une communauté à une autre.
    C'est un schéma réducteur qui cristallise les haines. Je peux
    comprendre la colère des Afro-Français, mais je veux leur rappeler
    que si nous ne sommes pas responsables de l'histoire de France, nous
    sommes comptables de cette histoire. Comptables de son passé
    glorieux et honteux, comptables des réussites, mais aussi des
    échecs. En devenant français, on choisit la France dans sa totalité,
    et pas simplement la partie qui nous arrange.
    L'histoire des peuples se construit aussi avec de la violence, des
    scandales et des erreurs. Il n'y a pas que les lumières, il y a
    aussi les ombres. On ne peut pas mettre la France au banc des
    accusés en s'excluant de la communauté nationale, car la France,
    c'est aussi nous.

    *Le Point :* C'est un discours difficile à entendre en ce moment, non ?

    *Calixthe Beyala :* Oui. Mais je veux rappeler aux descendants de
    colonisés, dont je fais partie, qu'il faut apprendre à vivre
    sereinement avec cette histoire-là, dépasser les rancoeurs. Il faut
    tenir un discours plus responsable par rapport à notre jeunesse.
    J'ai entendu une élue déclarer que la langue française était une
    langue de guerre. Là, je suis intimement blessée.
    L'identité d'un être humain n'est pas seulement ethnique, elle est
    aussi linguistique. Attaquer la langue française, c'est m'attaquer.
    M'attaquer dans ce que je suis. Je suis une Afro-Française qui
    pense, rêve, écrit en français. C'est la langue des Lumières, de
    Diderot, de Voltaire, mais aussi de Senghor. Au Cameroun, où je suis
    née, il y a 365 dialectes. Aujourd'hui, le français me permet
    d'échanger avec le Sénégalais, l'Ivoirien, le Gabonais, l'Algérien,
    le Marocain, le Tunisien... S'il avait fallu imposer une langue
    africaine, cela se serait sans doute fait aussi dans la violence. Le
    français est une langue conquérante qui a été remodelée, s'est
    enrichie avec d'autres formes de pensée, d'autres sensibilités,
    d'autres sons.

    *Publié dans /Le Point/*

    *B/ Condamner tous les colonialismes*

    La colonisation a-t-elle été bénéfique aux colonisés ?
    Comme l'écrit Albert Memmi, lorsqu'une civilisation se trouve en
    contact avec une autre civilisation techniquement plus avancée, elle
    en recueille forcément quelques avantages. En ce sens, oui, la
    colonisation a eu quelques aspects positifs.
    Mais si les colonisateurs ont construit des routes et des écoles,
    c'est qu'ils en avaient besoin et non pour servir les colonisés.
    Aussi la colonisation est condamnable d'un point de vue moral.

    *Confusion des débats*

    La loi du 23 février 2005 porte sur la " reconnaissance de la nation
    et la contribution nationale en faveur des Français rapatriés ".

    Cette loi prévoit que " les programmes scolaires reconnaissent en
    particulier le rôle positif de la présence française outre-mer,
    notamment en Afrique du Nord, et accordent à l'histoire et aux
    sacrifices des combattants de l'armée française issus de ces
    territoires la place éminente à laquelle ils ont droit ".

    Dans cette affaire, deux débats ont été confondus.

    Le premier débat porte sur le fait que ce n'est pas le rôle des
    politiques à définir le contenu des cours d'histoire.

    Le deuxième débat porte l'aspect historique de la colonisation.

    Cette loi a suscité également un débat en Algérie.
    Plus de dix-huit millions d'Algériens étaient appelés à voter
    récemment sur une Charte présidentielle pour la " réconciliation
    nationale ", censée mettre fin à la crise et aux violences
    politiques qui ont fait 150 000 morts depuis 1992 et tourner la page
    du terrorisme.

    Dans le cadre de ce référendum, le Président de la république
    algérienne Abdelaziz Bouteflika a fait campagne contre la France
    qu'il a qualifiée de coloniale, de révisionniste et de négationniste.

    Abdelaziz Bouteflika a comparé la colonisation française en Algérie
    à l'Allemagne hitlérienne. " Qui ne se souvient des fours de la
    honte installés par l'occupant dans la région de Guelma (...) ? Ces
    fours étaient identiques aux fours crématoires des nazis. " Il a
    réclamé de la France " une reconnaissance de tous les actes commis
    durant la période de colonisation, y compris la guerre de libération
    ", remettant par ailleurs violemment en question la loi française du
    23 février 2005.
    Ainsi pour Bouteflika, il faut tourner la page malgré les 150 000
    morts mais plus de 40 ans après l'indépendance, il ressasse son
    refrain de la colonisation : Bouteflika n'a pas hésité à déclarer
    que " l'Algérie avait le niveau de développement civilisationnel de
    la France avant que celle-ci ne la détruise ".

    Tout comme les dictateurs arabes instrumentalisent la question
    palestinienne et l'antisionisme qui camoufle en fait leur
    judéophobie, Bouteflika instrumentalise la colonisation pour
    justifier 40 ans de régression et de meurtres.

    Lorsqu'on a la prétention comme Bouteflika et bien d'autres de
    réécrire l'histoire, il convient d'aller jusqu'au bout !

    La colonisation de l'Algérie par la France est condamnable tout
    comme par exemple la colonisation des berbères par les
    arabos-musulmans ?

    " Maghreb ", étymologiquement, peut être traduit par " couchant " ou
    " ouest ". Les arabes désignaient ainsi la partie la plus
    occidentale de leur conquête djihadiste et de leur colonisation.
    Le mot " Maghreb " est ainsi un terme colonisateur, puisqu'il
    désigne l'Afrique du Nord même pas comme un territoire arabe de
    l'Ouest, mais comme l'Ouest lui-même ! C'est comme si, sous la botte
    nazie, on aurait appelé la France " Westland " (pays de l'Ouest) et
    qu'on continuerait à l'appeler ainsi.

    *Les Indigènes de la République, la colonisation post-coloniale et
    les émeutes*

    Qu'en pensent les Indigènes de la République qui exigent
    l'abrogation de la loi du 23 février 2005 ?

    Je suis pour l'abrogation de la loi du 23 février 2005 mais pas pour
    les mêmes raisons qu'eux.

    L'appel des Indigènes de la République est critiquable parce qu'il
    entretient délibérément la confusion entre esclavage, colonisation,
    discrimination et interdiction des signes religieux (le foulard
    islamique) à l'école. Et cela relève à mes yeux de la dénégation de
    la vérité historique.

    Les Indigènes de la République refusent de parler de tous les
    aspects de la traite négrière, notamment la filière "
    arabo-musulmane " et d'admettre que la traite négrière n'a pas été
    une le monopole de l'Europe, que ce sont les musulmans qui, en
    contact très tôt avec l'Afrique noire par les pays entre Niger et
    Darfour et par ses places marchandes de l'Afrique orientale, ont le
    premier pratiqué à grande échelle la traite négrière. . Il n'y eut
    pas une, mais trois filières de traite. De 1450 à 1867, les grandes
    nations européennes ont déporté et vendu 11 millions d'Africains aux
    Amériques. Mais, depuis le VIIe siècle, avec l'expansion de l'empire
    musulman, jusqu'aux années 1920, les traites orientales ont conduit
    à la déportation d'environ 17 millions de personnes. Quant à la
    traite "interne", entre royaumes africains, elle a réduit en
    esclavage près de 14 millions de personnes.

    Alors, oui pour un débat sur la colonisation mais non aux
    manipulations des Indigènes de la République : les Indigènes de la
    République manipulent les mots avec leur affaire de " colonialisme
    post-colonial " en ressassant le refrain suivant :"tu es arabe, donc
    tu es colonisé, donc tu es mal traité ".

    Pourquoi les Indigènes de la République ne demandent-ils pas des
    repentances de la part des arabo-musulmans qui ont eux aussi été des
    colonisateurs? : car en tant que kabyle d'origine, je condamne le
    colonialisme de la France mais aussi le colonialisme arabo-musulman.

    Dans un texte très récent publié sur le site islamiste oumma.com et
    intitulé " Décolonisation : le plan B ", les indigènes de la
    République parlent de victoire pour eux dans le débat public et
    annoncent leur intention de décoloniser tout le territoire français:
    c'est écrit mot pour mot

    Si un Etat est jugé colonial, donc étranger, illégitime, la lutte
    contre lui deviendrait dès lors légitime : c'est le but recherché
    par le mouvement des Indigènes de la République qui vise à faire
    d'un français vivant sur le sol de ses ancêtres un colon, un
    occupant illégitime, une personne à combattre. Aussi comment ne pas
    percevoir que les agressions des enseignants, émeutes de banlieue
    avec destruction des voitures et des bus, caillassages de pompiers
    et de policiers, destructions d'écoles etc. sont des mises en
    pratique de cette idéologie qui fait de l'Etat et des Français
    l'ennemi à abattre ?

    Alors non à la colonisation mentale des Indigènes de la République!

    *par Messaoud Bouras*

    *C/ Les vieux habits des " Nouveaux Indigènes "*

    Je voudrais me présenter en écho à ceux qui se sont désignés comme
    les Nouveaux indigènes de la République et qui viennent d'exposer
    les motivations du Manifeste qu'ils ont lancé en réponse à la
    marginalisation et au mépris dont ils font l'objet aujourd'hui en
    France. Sidi Mohammed, ex universitaire d'Oran, et qui se présente
    comme philosophe et comme l'initiateur du Manifeste a eu recours à
    une littérature affligeante du passé colonial algérien que je
    connais bien car j'ai été indigène jusqu'à 15 ans. J'ai été " faite
    " française d'une façon autoritaire de 1956 à 1962 date à laquelle
    je suis devenue Algérienne. En 1971, alors que je demandais un titre
    de séjour comme étrangère à la Préfecture de police de Paris, j'ai
    appris que j'étais restée Française. Aujourd'hui, je suis donc
    Française et Algérienne et je vis en Algérie.

    Qui je suis? Je partage avec beaucoup d'entre vous une identité
    complexe et je me suis souvent interrogée sur mes choix, et
    notamment celui d'être Algérienne avant que Française. Ce choix peu
    paraître peu probable car mon trajet intellectuel et militant est
    une lutte constante contre mon assujettissement à une identité
    d'origine, celle de indigène musulmane algérienne. Dans un même
    mouvement je refuse d'être assujettie à cette identité et je
    revendique mon identité algérienne. Pour beaucoup mon affirmation
    d'algérianité en retrait de ma francité paraît paradoxale. Ajoutons
    à cette complexité mon appartenance exclusive à la culture
    européenne et notamment française.
    (...)

    -Premier point : En vous écoutant il m'est venu à l'esprit que ce
    mal être pourrait exprimer la difficulté d'être Français et d'être
    issu d'une génération qui a lutté contre la France. Nous/vous avons
    été, par nos parents et de nous même anti-Français. Il y a là
    quelque chose de difficile à assumer et qui reste un non-dit pour
    les enfants d'Algériens émigrés naturalisés Français ou réintégrés
    dans la nationalisation française. Dans ce dernier cas remarquons
    que la réintégration exerce un poids encore plus lourd en ce sens
    que la procédure qu'elle évoque nie et condamne la période de
    décolonisation. L'Algérien réintégré dans la nationalisation
    française prend le risque d'être le négationniste de sa propre histoire.

    - Deuxième point : J'ai le sentiment inconfortable que dans les
    revendications d'aujourd'hui portées par ceux qui se désignent comme
    Les Nouveaux indigènes de la République il y a l'idée que les luttes
    contre la colonisation d'hier ouvrent à un droit spécifique d'être
    Français pour les enfants des anciens colonisés qui ont lutté contre
    la France pour être débarrassés de la France. Ainsi le droit pour
    les anciens colonisés n'est plus d'être Algériens et de vivre en
    Algérie, mais de vivre en France et d'être Français. Une sorte
    d'indemnisation. Et plus encore ce qui s'inscrit ici avec la
    démarche de la réintégration est l'annulation de toutes les années
    d'affrontement dans lesquelles se sont précisées les différences
    entre les deux peuples, le colonisé et le colonisateur.

    - Troisième point : Le combat des Nouveaux indigènes me semble être
    en retard d'une guerre, c'est le cas de le dire. Il me rappelle
    irrésistiblement la mobilisation contre l'Indigénat en Algérie qui a
    précédé la lutte pour l'indépendance. était l'ensemble de lois s'appliquant aux Algériens qui refusaient
    d'accéder à la nationalité française pour ne pas abandonner le droit
    personnel défini par la tradition coranique<. Les élites politiques
    réformatrices qui s'étaient mobilisées contre l'Indigénat à partir
    des années 20 autour du groupe des Jeunes élus, ne réclamaient pas
    l'indépendance de l'Algérie, mais l'abolition des lois spéciales,
    donc l'accès à la nationalité française dans le respect des
    différences culturelles et cultuelles. Comme les politiques "
    indigènes " des années 20, et les Oulémas (mouvement religieux)
    jusque dans les années 60, les Nouveaux indigènes de la République
    mettent la culture sur le même pied d'égalité que les droits de
    l'Homme. Les anti-indigénats de l'époque ne présentaient-ils pas le
    droit d'être musulman comme un avatar du droit à la liberté ?
    L'exemple emblématique de cette démarche aujourd'hui est la
    revendication du droit de se voiler qui est présenté lui aussi comme
    un avatar des droits de l'homme/des femmes dans de nombreux cercles
    militants, jusque dans la Ligue des droits de l'Homme, organisatrice
    de cette rencontre. Les Nouveaux indigènes de la République ne
    seraient-ils pas plutôt Nouveaux anti-indigénat, et ne seraient-ils
    pas en retard d'une bataille ?

    - Quatrième point : Sur la méthode employée. Comment pouvons-nous
    dire sérieusement qu'en France, il y a des indigènes ? Les Nouveaux
    indigènes prennent en otage notre passé douloureux, d'indigènes et
    de colonisés, pour mieux perpétuer des méthodes employées pendant la
    lutte contre le colonialisme que l'on peut expliquer et absoudre par
    les nécessités de cette lutte, (et regretter cependant). Ils
    brandissent une identité et explique, sinon encourage
    l'arraisonnement à cette identité au nom de la fidélité à ce passé
    douloureux. Ils tracent ainsi en filigrane le portait du traître à
    la mémoire. Il n'y a rien de nouveau dans cette démarche et on
    retrouve là longtemps après le style du FLN. Cela n'est pas si
    bizarre car nous sommes bien malgré nous des produits de la pensée
    unique, et c'est pour cela que nous devons redoubler de vigilance.
    Attention, nous voilà de nouveau les victimes du colonialisme, et
    cette fois ci sans colonialistes. Dans cet aveuglement se joue le
    présent. Nous avons été élevé dans le giron de la lutte de
    libération et de l'anticolonialisme. Pour cela nous avons accepté
    une identité sommaire dans laquelle nous nous sommes tous glissés.
    Il n'y avait plus des hommes, des femmes, des riches, des pauvres,
    des communistes, des traditionalistes, des Berbères, des citadins
    des paysans, etc il y avait un Algérien nationaliste.

    - Cinquième point : Où se situe aujourd'hui les combats et les
    enjeux pour les Français d'origine algérienne ? La colonisation et
    la décolonisation est le passé duquel il faut avoir le courage de se
    détacher si nous voulons arriver à l'heure à d'autres rendez vous. <
    Une des bonnes manières est de mieux connaître ces époques, de les
    historiciser, ou les livrer à l'histoire, et c'est bien que cette
    rencontre ait commencée par des historiens les exigences d'aujourd'hui je dirais que nous sommes sur le chemin
    qui mène de la libération à la liberté. Cela veut dire, que nous
    devons trouver les moyens de sortir de cette identité collective qui
    a été construite pour la libération et arriver à la liberté, la
    liberté de chacun, de soi. Quand je lis l'appel des Nouveaux
    indigènes que les organisateurs on mis au centre de cette table
    ronde, je trouve multiplié par 1000 tous les stigmates qui nous ont
    maintenus pendant des décennies dans le carcan de la libération et
    qui ont permis au Pouvoir algérien de s'organiser comme il s'est
    organisé pour faire de l'Algérie ce qu'elle est aujourd'hui : il n'y
    ait plus âme qui vive, il n'y ait plus de société civile. Nous avons
    été ratiboisés par l'héritage du colonialisme.

    On nous a parlé avec beaucoup d'efficacité de l'exclusion des
    enfants d'émigrés. En tant que femme je comprends bien ce discours.
    Je sais ce que cela veut dire être exclue, mais je sais aussi que
    dans l'échelle des aliénations il y a pire que l'exclusion, c'est
    l'inclusion/exclusion. Nous, les femmes Algériennes savons que si
    nous affirmons notre liberté par rapport à la communauté d'origine,
    si nous réclamons le droit d'être autre chose, d'aimer ailleurs ( la
    tribu qui n'aime pas ses femmes ne tolère pas qu'on les aime),
    d'être dévoilées, libre penseur, mauvaises élèves, nous soulevons
    l'ire et l'opprobre générale. Mais quand nous réclamons le droit de
    parler pour occuper notre place dans cette identité algérienne,
    l'enrichir, la façonner, alors on nous fait taire. Nous sommes
    exclues du lieu de l'identitaire. La démarche que nous propose ce
    Manifeste renforce cette inclusion/exclusion, elle dresse de nouveau
    les limites qui enferment le qui/ je/ suis.

    Quelqu'un à dit, nous avions pensé qu'il y aurait eu une convergence
    entre l'idée de la décolonisation avec les idées de la liberté. ²
    Hélas c'est la convergence du pire qui a eu lieu. La libération et
    les luttes de décolonisations ont joué et jouent encore contre la
    liberté. On nous invite de nouveau à une lutte de libération avec
    tout ce qu'elle charrie avec elle comme nous avons pu le voir. Sans
    le dire explicitement les interventions ont posé la question
    controversée de l'universalisme et du relativisme culturel. Les
    Français d'origine algérienne ont la chance de pouvoir lutter dans
    un cadre normatif qui les reconnaît et qui leur offre les moyens
    d'imposer leur droit à l'égalité et à être libre de toutes
    discrimination. Chance que nous n'avons pas au pays. demande ce que je suis, je dis que je suis ressortissante
    algérienne. Je ne suis pas citoyenne algérienne, je n'ai aucun droit
    de citoyenne en tant que femme et en tant que citoyenne. Les hommes
    n'ont pas plus de droit que nous, sauf celui de nous dominer. C'est
    pour cela que nous n'arrivons pas à nous émanciper, parce que c'est
    le seul droit que leur laisse le pouvoir en place : dominer les
    femmes, c'est le totem des sociétés musulmanes. Le président
    Bouteflika dans une fausse confession a dit à une journaliste : " je
    peux faire une nouvelle loi sur les hydrocarbures, mais je ne peux
    pas toucher au code de la famille. " sic< Les français d'origine
    peuvent dire qu'ils sont citoyens et se battre avec ça et pour ça.
    Nous pouvons parler de discrimination, de racisme. Il a du racisme
    en France, oui, mille fois oui, mais il y a des lois. Nous ne
    pouvons pas ignorer qu'il y a un écart entre la loi et la pratique
    mais et c'est là l' un des défis les plus grands pour la société
    française, tous Français confondus mêmes problèmes en Espagne, en Italie<. Comment passer du principe
    abstrait de l'universalité des droits à un principe d'universalité
    concrète. L'exemple de la lutte des femmes peut nous indiquer une
    piste à suivre. Nous avons commencé notre lutte pour l'égalité en
    critiquant l'universalité la française que l'on opposait aux luttes
    spécifiques. Mais nous sommes approprié l'universalisme aujourd'hui
    sans état d'âme. Comme les Algériens qui luttèrent pour
    l'indépendance se sont servis de la Déclaration universelle des
    droits de l'Homme pour fonder leur combat devant les instances
    internationales. C'est le chemin dans ce sens qu'il reste à faire
    aux Français et les Français d'origine autre porteur d'une
    différence doivent les forcer à la raison. Il faut faire le chemin
    dans ce sens et pas dans l'autre sens en revenant au passé.

    Pour finir, et en forme de prière. L'indigénat est un mot qui a un
    sens, une histoire douloureuse. Il renvoie à une loi d'apartheid
    contre laquelle nos parents se sont élevés, et se sont fait tuer.
    Alors laissons l'indigénat là où est l'indigénat dans le temps et
    dans l'espace. Nous devons avoir un minimum de connaissance et de
    respect de notre histoire algérienne même si nous sommes restés,
    devenus, ou réintégrés Français. Le malheur de la colonisation de
    l'Algérie et la gloire de la décolonisation n'ouvrent pas à un droit
    particulier pour les émigrés et à leurs enfants naturalisés ou
    réintégrés dans la nationalité française. Leur histoire à eux se
    prolonge d'un nouveau chapitre, loin de leur pays d'origine, et
    c'est à eux de l'écrire. Avec des mots nouveaux. Virginia Woolf
    disait pour expliquer le peu de talent des femmes écrivains, que le
    ressentiment d'être femme les empêchait d'atteindre le clair géni de
    Shakespeare. Je la paraphraserais en disant que les Français
    d'origine algérienne par ressentiment laissent passer les fruits de
    leur choix grave et difficile, celui d'être Français. J'ai entendu
    ici des personnes qui mettaient leur intelligence au service d'une
    pensée manipulatrice et dangereuse et j'y voyais la marque d'un
    profond ressentiment celui de n'être pas reconnu à sa propre valeur.
    Le Manifeste des Nouveaux indigènes n'est pas la meilleure manière
    d'atteindre cette place qui leur est due. La bataille qu'il nous
    propose est une bataille d'arrière garde.

    *par Wassyla Tamzali*, avocate, Algérie. Septembre 2005

    ROM1 .
  • Dominique Durieux
    Le 29 Décembre 2005 à 13 h 13 min
    Tocqueville , homme de raison, disait :" Si le passé n'est pas là pour éclairer l'avenir , l'homme marche dans les ténèbres" .
    Cette auto-flagellation permanente n'est -elle pas alimentée par des hommes politiques et des journalistes qui n'ont plus grand chose à dire puiqu'on expatrie les meilleurs ?
    Avec mes sentiments respectueux
    Dominique Durieux
  • Marc Chiappero
    Le 28 Décembre 2005 à 23 h 54 min
    Bonjour! s'il suffisait de former des voeux pour que tout aille mieux!
    Navré Cher Alain Juppé,j'ai cru longtemps au sursaut mais comment y croire encore dans un pays que trois ou quatre centimètres de neige suffisent à paralyser, années après années. Je rentre de Paris. le TGV a pris près de deux heures de retard entre Paris et Marseille pour se trouver bloqué par un train en panne à Bandol!
    J'ai eu le temps de lire le catalogue de voeux pieux du rapport Camdessus!

    Une fois de plus des milliers d'automobilistes se sont trouvés bloqués sur les autoroutes. Cela est-il possible au Canada?
    Meilleurs voeux cependant et au plaisir d'entendre à nouveau parler de vous.
    Votre blog à fait école et tout le monde s'y met.
    Cordialement
    MC
    Marc Chiappero
  • patrick bal
    Le 28 Décembre 2005 à 18 h 58 min
    Oui, il s'agit de raison et de mesure. Tout me montre que cette idée qui me taraude depuis longtemps doit s'étendre et mérite le travail auquel il nous faut nous attendre.
    L'on voit des esprits en divagation de plus en plus souvent et sur n'importe quoi, signe que l'on perd ses repères.
    Tant de malheurs qui perdurent, croissent et multiplient dans le monde, mais dans une quasi béatitude un peu troublée toutedois, de certains qui "jouent la montre", au beau milieu d'acquis qui disparaissent dans l'inconscience coupable du nombre, et cela alors que nous voyons bien que les moyens d’améliorations très sensibles sont accessibles ! Mais cela, à la fin des fins, pour peu que l’on déplace quelque peu le curseur de la démocratie sur les crans suivants.
    Permettez-moi d’insister sur une idée qu’on qualifiera comme l’on veut mais qui est simple comme le bon sens.
    Cela demande que l’on révolutionne quelque peu les habitudes qui se sont figées depuis après-guerre, en France en particulier mais pas seulement.

    Je prétends, toutes observations faites (nous faisons tous les mêmes) qu'au lieu de raisonner en termes d’argent à déplacer sur des crises, on peut raisonner en termes de temps disponible, de niveau d’intérêt pour chacun de participer à la vie de la collectivité.
    Que l’on raisonne en terme de temps, d’enthousiasme pour des causes proches, et non en terme de répartition de deniers.

    L’argent a déjà fini par manquer : on a multiplié à l’excès des dépenses dans une sempiternelle fuite en avant et qui conserve des institutions en mal d’évolution ; l’on puise dangereusement dans les réserves accumulées, malgré tout, au fil des décennies (la signature de la France) et, ce qui est presque aussi grave, dans du crédit auquel les générations futures ne pourront faire face.

    L’argent de l’Etat va à des choses que le cours des événements et nos décideurs ne permettent pas de maîtriser ; et pas toujours aux bonnes personnes ni dans des proportions équitables.
    Je soutiens qu’il faut qu’on réfléchisse à ce que doit et peut être l'impôt. Il s’agit d’une participation de chacun à la vie du corps social ; les gens se sentiraient mieux avec eux-mêmes, et traîtés avec plus de justice et d'équité, si, au moins, ce qu'ils font ou peuvent faire était reconnu.
    Je propose de réduire les pertes de temps et d’énergie en revoyant la copie de nos démocraties. Il faut et il est possible de limiter les inutilités, offrir de l’espoir et des formations et emplois aux jeunes sans attendre qu'ils soient déboussolés, aux retraités sans penser qu'ils sont vieux au point de ne plus rien savoir dès qu'on les a priés de ne plus travailler, et aux gens désoccupés par la combinaison des problèmes de la vie.
    Et cela est possible dans l'unique sphère des services publics (où j'inclus tout ce qui est associations, syndicats, collectivités territoriales, pompiers, gendarmerie, santé, éducation nationale, entreprises publiques...)
    Et je promeus cette idée selon laquelle on peut payer son impôt en donnant du temps (à mon avis jusque 3 ou 4 ans par personne sur notre sol sont possibles : il n'est que de considérer le temps passé à ne pas trouver d'emploi pour un jeune, à le quitter quand on est vieux et à en retrouver un entre les deux étapes) ; parce que le temps est, malgré tout la seule richesse de certains ; au demeurant, on a, le plus souvent, le mal de savoir comment le dépenser pour n'en avoir pas les moyens...,
    La vie collective recèle de besoins non étanchés (que M. JL Borloo comme d'autres a bien vus d'ailleurs, mais à grands frais), auquels chacun peut apporter sa pierre ; ceci aurait le mérite, à condition de convenir que l'impôt doive bien être payé par tous sans exception, dans l'équité, de permettre à tous, et en particulier au plus démunis, de se réinsérer dans le jeu social, et de fournir à la société, en contrepartie de niveaux de dépenses au pire équivalents, les services étendus et améliorés dont elle a besoin.
    Ceci ouvre aussi et surtout, pour peu qu'on arrive à créer un statut de l'élu qui le permette enfin, ou à rapidement créer les conditions d’une avancée vers cela, un univers démocratique qui soit celui vers lequel toute démocratie doit tendre, pour que chacun ait la reconnaissance et le rôle qu'il mérite dans sa société.
    Le curseur étant encore un peu plus loin, nous pourrions aussi éviter de voir les mêmes visages à la télévision, d’entendre les mêmes voix sur les ondes, pendant des décennies, et le pouvoir confisqué par ce microcosme figé qui en vient à montrer même de l’autodétestation.
    Le politique est plébiscité par le peuple pour agir en son nom. Il n’est pas bon pour le pays que ce peuple ne s’y reconnaisse pas. Puisque dans cette situation, nos institutions n’ont pas été assez fines pour l’éviter et depuis trop longtemps, il convient de revenir à la définition des éléments des rapports entre ce peuple et cette représentation.
    Il s’agit d’un travail colossal, mais combien enthousiasmant.
    Je crois que cela peut remettre en marche notre pauvre France à moindre frais et pour une efficacité maximum.
    J'espère susciter vos commentaires, remarques et critiques.
    Très respectueusement
    patrick bal
  • Gilbert ZANUTTINI
    Le 28 Décembre 2005 à 16 h 57 min
    Ecoutez Monsieur Verrain. Moi je suis né en 1947 et je n'ai jamais fait de mal à personne. Bonne et heureuse année.
    Gilbert ZANUTTINI
  • P Leclercq
    Le 26 Décembre 2005 à 12 h 09 min
    Mr le premier ministre cher alain

    Pour mes vœux 2006 je citerai Platon , Aristote et les quatre vertus cardinales qui devraient peut-être, plus inspirer nos concitoyens, comme certaines star médiatiques, ou d’autres responsables politiques dans leurs actions et leurs discours .

    Les vertus cardinales sont des attitudes fermes, des dispositions stables, des perfections habituelles de l’intelligence et de la volonté qui règlent les actes, ordonnent les passions et guident la conduite. Elles procurent facilité, maîtrise et joie pour mener une vie moralement bonne. L’homme vertueux, c’est celui qui librement pratique le bien.
    Les vertus cardinales sont au nombre de quatre :
    · la prudence, qui dispose la raison pratique à discerner en toute circonstance le véritable bien et à choisir les justes moyens de l’accomplir ;
    · la tempérance, qui assure la maîtrise de la volonté sur les instincts et maintient les désirs dans les limites de l’honnêteté, procurant l’équilibre dans l’usage des biens ;
    · la force, c'est-à-dire le courage, qui assure dans les difficultés la fermeté et la constance dans la poursuite du bien, affermissant la résolution de résister aux tentations et de surmonter les obstacles dans la vie morale ;
    · la justice, qui consiste dans la constante et ferme volonté de donner à chacun ce qui lui est dû.
    ( D’après wikipedia les Vertus cardinales )
    Si chaque Français essayait de se les rappeler avant d’agir, nul ne doute que le maintient de la paix civile en serait grandement facilitée.

    Alors oui effectivement, je vais acheter le dernier numéro du point Quand la France dominait le monde Le siècle de Louis XIV.
    Mais, plus que par le glaive de nos armées, c’était grâce à nos grandes lumières que la France rayonnait. Molière, Corneille, Racine, Colbert, Vauban, La Fontaine, Pascal, Le Nôtre, Madame de Sévigné...L'Europe, subjuguée, se mettait à l'école de Versailles . De louis XIV à Waterloo quelle équipée !

    C’est vrai que depuis la roue a bien tourné, mais rien n’est jamais définitif … on va revenir au sommet.

    Meilleurs vœux 2006 !

    http://leclercq.over-blog.com/
    P Leclercq
  • Joël DESMAZIERE
    Le 26 Décembre 2005 à 08 h 18 min
    Il était inutile de signaler que vous n'étiez pas fier et plutôt pessimiste. Déjà quand on parle de la France on met un F majuscule comme moi, Monsieur, car je suis fier d'être français. Vous dites "voyager" et bien vous ne semblez pas regarder beaucoup autour de vous. L'histoire est effectivement ce qu'elle est (et vous semblez meilleur en histoire qu'en français) mais pourquoi toujours revenir en arrière, regardez devant vous Monsieur VERRAIN et ça c'est l'avenir. Si par contre vous trouvez que ça ne va pas investissez-vous : dans la politique, les associations, aidez les plus faibles, les possibilités ne manquent pas...
    Faites changer l'histoire plutôt que de bougonner et de la subir et ne faites pas comme tous ces gens qui disent que tout va mal... et qui ne votent pas...
    Allez "Bonne Année".
    Surtout pour vous Monsieur JUPPE de qui j'attends beaucoup (si vous voyez ce que je veux dire).
    Tous mes voeux vous accompagnent.
    Joël DESMAZIERE
  • N A
    Le 26 Décembre 2005 à 03 h 51 min
    On n'apprend jamais aussi bien à connaitre son pays que lorsque l'on en est loin...Tout comme tant d'autres personnes, je suis cette année exilé à l'étranger, et c'est de loin que je peux regarder mon pays et le "juger" comme jamais je n'ais pu le faire précédemment...Bien sûr notre pays n'est pas au meilleur de sa forme, bien sûr il est temps de retrousser nos manches et de faire quelque chose pour redresser sa légère dérive...Mais alors que l'on quitte parfois son pays emplis de ce cynisme français si caractéristique (et j'étais plutôt chargé de ce type de bagages lors de mon départ) je dois bien avouer que la distance m'a considérablement rapproché de ce petit bout de terre d'où je viens et qui, même pour nos très chers voisins anglo-saxons, représente encore une terre digne d’intérêt (si si je vous assure). Alors peut être devrions nous cesser cinq minute de "gueuler le cul planté devant la télé" que rien ne va car :
    1: Tout ne va pas mal, je crois très humblement connaître deux-rois pays dans le monde où la situation me semble être, peut être, légèrement plus mauvaise que chez nous.
    2: La France, ce sont les français donc nous...nous y avons donc tous un rôle à jouer, lâchons un peu le canapé.
    3: Le cynisme et la négation perpétuelle de soi n'ont jamais fait avancer grand chose (sinon d'ailleurs cela ferait bien longtemps que la France d'avant 2006 serait la première puissance mondiale)....
    Alors en ces beaux jours de fêtes, souhaitons que 2006 soit le tournant des esprits et des corps qui nous mènera enfin vers cette "joyeustrose" si attendue...
    Bonnes fêtes à tous...
    N A
  • Lucien verrain
    Le 25 Décembre 2005 à 21 h 22 min
    Monsieur Juppé,

    Je viens vous souhaiter une bonne et heureuse année, ainsi qu'à votre famille .
    L'année qui se présente est de mauvaise augure pour les artisans, je vous rappel que les 20% d'abbattement fiscal dont nous avions droit jusqu'a présent vont "sauter", que les charges patronale et salariale vont augmenter, ce qui va sans nul doute en "plomber " certain qui ont des trésoreries deja mise à mal par le racket incessant de l'administration française, savez vous que actuellement environ 25 entreprises par jour, mettent la clef sous la porte ? Je vous invite à faire un tour dans les chambres des métiers et commerce pour aller voir dans les salles de stages de gestions obligatoire pour y constater qu'il n'ya pratiquement plus de français de souche qui entreprennent,pourquoi ?
    Mais au vu du peu d'effort fait auprès des trés petite et petite entreprises, vu le matraquage fiscal dont ces entreprises sont victimes, il est évident que l'on interesse personne, nous sommes tous juste bon pour payer le gouvernement et se taire sous menace d'un controle fiscal .
    Je crois qu'il faut être en dehors du monde du travail et de l'entreprise, ou bien avoir beaucoup d'argent devant soi(donc de quoi voir venir) pour considérer que la france a de l'avenir, il faut manquer totalement de lucidité, ou être ailleurs .
    Non Monsieur Juppé, la france n'est plus un grand pays, et ( je voyage un peu) nous passons pour des fainéant et des arrogants donneurs de leçons dans le reste de l'occident, je suppose que vous n'êtes pas sans le savoir, mais je comprend, vous avez quelques chose à vendre aux français, votre image, votre retour, et par experience ( 1995)vous savez que les français execre d'entendre la vérité, sinon c'est la sanction. Machiavel disait : Le peuple est de glace à la vérité mais de feu aux mensonges, il avait tout compris .
    Quant au passé de la france, pour l'instant j'ai honte d'être français tant que l'on avouera pas toutes les saloperies et autre méchancetés que l'armée coloniale à perpetrée inpunéement, voudriez vous que l'on trace un trait sur la répression sénégalaise au lendemain de la guerre 14-18, les populations ( hommes, femmes et enfants) détruites dans toutes les colonies, de manière infâmes , cruelles et toujours injustes .Doit on toujours passer sous silence le fait que l'on à littéralement volé, dépouillé ces pays ? Je pense que les allemands sont plus courageux que nous en ce qui concerne le passé, eux ont acceptés de revenir sur le nazisme, de reconnaitre le mal fait et par dela d'être pardonné, reconnu etc ...
    La france serait-elle un pays de lâche ? Au vu de ce qui s'est passé en 39-45, on a tout lieu de le penser, "on a pas été très courageux", et sans les américains...
    La révolution française, un simple coup d'état , financé par les bourgeois qui voulait la place des nobles et qui l'ont eu , les révolutionnaires, des mercenaires, allemand pour la plupart, grassement payé par leurs donneurs d'ordres. Mais on écris l'histoire qui nous interesse.
    Observez un coup d'état dans un pays d'afrique, vous saurez comment s'est déroulé cette fameuse révolution franchouillarde(mercenaires, financements occulte, terreur, etc...), souvent ces "faiseurs de coup d'états" se disent "les gardiens de la révolution"!!!.eux aussi .
    Non Monsieur Juppé, ne me demandez pas d'être fier de ce pays, qui a l'histoire traffiquée, bidouillée, arrangée et que sais-je, qui ne veut pas reconnaître les atrocités, les injustices qu'elle a commise par le passé et qui de plus continue de pointer son nez, sa " french arrogance" au plus haut que ses mensonges le permettent .
    La seule chose à laquelle je suis fier d'être français, c'est quand je regarde l'équipe de France de football et sa diversité d'origine.
    Voila monsieur Juppé se que je pense de ce pays vieillissant, lâche et fainéant . La sinistrose aigu en somme, mais la vraie,pas juste pour faire de l'esprit.
    Mes respects

    Lucien verrain

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé

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