Blog Notes d'Alain Juppé

2010

Publié le 05/01/2010 par Alain Juppé

Rituel des voeux. On peut s’en moquer. J’y vois pour ma part, une bonne tradition qu’il faut respecter. Les occasions sont si rares de prendre un peu de recul par rapport au brouhaha de la vie quotidienne, de faire retour sur quelques valeurs à partager, bref de nous réunir plutôt que de nous diviser.

La paix. La paix dans le monde, entre les nations, au sein de chaque nation, la paix dans nos cités, dans nos familles, dans nos coeurs. La paix n’est pas seulerment l’absence de guerre. C’est beaucoup plus: le sentiment de plénitude que procure la confiance. Confiance en soi, confiance en l’autre. « Pax hominibus bonae voluntatis ». Nous avons du mal à traduire cette formule latine. Dieu dit: « Paix sur la terre aux hommes qui m’aiment. » Il y a donc de l’amour dans la paix.

La santé, avant tout. Ici encore on peut donner une définition négative: l’absence de maladie, de souffrance, « le silence des organes » comme écrit joliment Michel Serres. Mais c’est beaucoup plus: l’harmonie avec soi-même, avec les autres, la capacité accrue de donner et de se donner. Ce n’est pas un droit, bien sûr. Le droit, c’est celui de l’égal accès aux soins. La France est sans doute le pays au monde qui le garantit le mieux. Il suffit de voyager pour s’en convaincre. Chez nous, il y a encore des failles: méconnaissance des droits, exclusion, précarité. La rue et la santé ne font pas bon ménage. Mais dans le monde, l’injustice fait scandale: systèmes de santé inexistants, y compris dans certains pays émergents; médicaments contrefaits; traitements des grandes pandémies inaccessibles, etc… Que de chantiers devant nous!

Du travail. Oui, je souhaite du travail à tous ceux qui en cherchent. Car le travail libère et anoblit. Mais le bon travail: le travail stable, reconnu et considéré, quelle que soit la nature des tâches, le travail justement rémunéré. L’égalitarisme, évidemment, est un piège, qui risque de paralyser tout esprit d’entreprise, toute volonté d’initiative et de création. Les différences existent: différences d’efficacité, d’énergie, de talent, de compétence, de niveau de formation. Tout mérite vaut reconnaisance. Mais rien ne justifie la distance sidérale que nous avons laissé se créer entre les plus bas salaires et les rémunérations extravagantes qui dépassent les bornes de la décence. Les Etats disposent de l’arme absolue pour rétablir de la mesure: l’arme fiscale.

Tous ces voeux, nous pourrons probablement les échanger à nouveau dans un an… si Dieu le veut.

Ce n’est pas une raison pour nous dispenser de les exprimer aujourd’hui. Ils constituent notre feuille de route, nos raisons de vivre et, quand la moindre parcelle s’en réalise, notre joie de vivre. Joyeuse année à tous.

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8 commentaires pour « 2010 »
  • alain
    Le 09 Janvier 2010 à 10 h 46 min
    Merci pour ces vœux Mr Juppé.
    Personnellement j'aurais aimé que vous nous parliez des SDF, une honte pour notre pays, ces gens qui souffrent du froid, des coupures d'électricité dans l'ouest et le midi, alors que l'on nous prône le "tout électrique".
    Mais ces sujets je les ai abordés dans mes commentaires à vos deux précédents billets, mais ils n'ont jamais été mis en ligne, le "modérateur" les trouvant sans doute contraires au conformisme ambiant ; pourtant mon avis est partagé par de nombreux concitoyens mais la classe politique est sourde, et les résultats des élections régionales traduiront peut-être ce "ras-le-bol" de la "pensée unique"...
    Bonne année quand même !
    alain
  • bordelais
    Le 08 Janvier 2010 à 22 h 54 min
    Mr Juppé, qu'est ce qui vous permet de dire ça :

    "
    L’égalitarisme, évidemment, est un piège, qui risque de paralyser tout esprit d’entreprise, toute volonté d’initiative et de création.
    "

    Même vous vous n'en êtes pas surs, vous ne croyez pas vous même à ce que vous écris :

    "un piège, qui risque de"

    "qui risque" : ce n'est donc pas si évident que ça...

    Une personne peut parfaitement avoir une idée, bonne, la mettre en oeuvre et en faire profiter les autres sans nécessairement vouloir en tirer profiter.

    Vous savez comment ça s'appelle Mr Juppé?
    Ca s'appelle avoir du coeur.

    C'est facile mais c'est pas à l'ump qu'on apprend ça : ça c'est une évidence par contre.

    Bien à vous, meilleurs voeux et plein de bonnes choses pour vous et votre famille pour cette nouvelle année civile.
    bordelais
  • Lucrèce
    Le 08 Janvier 2010 à 16 h 12 min
    Brick à l'oeuf.
    Le costaud qui repose aux Batignolles n'a pas pu achever son voyage au bout de la nuit :c'est le lot des coeurs gros-comme-ça;tous les cardiaques le savent,le petit matin des coronaires,c'est comme l'heure de la guillotine.Le décès,c'est empirique,un évènement;la mort c'est la finitude de l'être,en l'occurrence,un homme,pas le Premier Homme,ni le meilleur d'entre-eux...non,un homme, original,un caractère;marqué par l'étrangeté,comme un autre orphelin de père-tué à la guerre- un autre méditerranéen,Albert Camus, en décrivait dans son roman.Je me souviens d'un Philippe Seguin,accoudé à une table de bistrot ,aux côtés d' Edouard Balladur,pendant la Bérésina de la campagne pour Paris.Il était ailleurs,étranger à tout ce qui se passait(les caméras, l'image,le message politique ) refermé sur ses sensations(le fond de l'air,le goût du petit café)... Un type capable de rester des heures à contempler la mer, les pieds nus dans le sable,comme Meursault le lendemain de l'enterrement de sa mère.Un être-au-monde par hyperesthésie;d'où le côté émotif,colérique décrit par son entourage.Mais rendons-lui cette justice:un gros travailleur,capable du meilleur dans le service de l'Etat;que ce soit à l'Assemblée comme à la Cour des comptes.Il n'aura pas été premier ministre,mais son oeuvre dans ces deux postes vaut largement pour la res publica le bilan de bien des exécutifs. Et puis,il y avait quelque chose de rassurant dans l'entrée, d'un pas d'ursidé,du Président de la Cour des Comptes lors des séances officielles,ce qui explique peut-être les pleurs de certains hommes politiques, à leur tour orphelins...
    Lucrèce
  • SEDAT
    Le 08 Janvier 2010 à 12 h 42 min
    La chèvre de Monsieur Séguin était ce matin sur "LCI".Bêêê...!
    SEDAT
  • Georges
    Le 08 Janvier 2010 à 11 h 33 min
    La disparition de Philippe Séguin nous remplit d'émotions et déclenche notre réflexion sur la pertinence de l'appui qu'il avait donné au projet de séparation du Québec de l'ensemble canadien. Le passage du temps, qui fait mieux voir les choses, nous inspire deux réflexions.

    M. Séguin était gaulliste dans toutes ses fibres, mais il n'a pas vu, à mon avis, que le Québec changeait rapidement et la France encore davantage.

    Donc la prédiction ou le souhait du Général de Gaulle ne s'est pas réalisé en 43 ans. Et personne, au Québec comme ailleurs n'oserait faire une nouvelle prédiction à ce sujet. Quelqu'un quelque part s'est donc trompé royalement.

    Par ailleurs, la France a donc changé rapidement, même si tout le monde ne le perçoit pas de la même manière.

    Je soutiendrais que, vue du Canada, l'intégration de la France dans l'Union européenne a durablement modifié la perception qu'a la France de son rôle dans le monde et de certaines questions de géopolitique parmi lesquelles ont peut placer la question des relations entre le Québec et la fédération canadienne. Et c'est en tout logique que le Président Sarkosy l'a reconnu.

    Depuis la ratification du Traité de Lisbonne, il faut constater que les pays membres de l'Union européenne sont devenus des partenaires autant, sinon plus interdépendants que les provinces canadiennes ou les États des États-Unis. C’est le cas, non seulement de la France, mais des tous les 27 pays membres de cette Union. Nous nous intéressons ici à la France parce que ses liens et son influence au Canada et au Québec sont indéniables, et que la modification de ses attributs ne manquera pas d'avoir des répercussions sur nos débats politiques.

    En effet c’est le premier décembre 2009 que le Traité de Lisbonne est entré en application et que l’Europe a désormais un vrai visage, une vraie adresse, et que s'applique la nouvelle nationalité européenne à chaque citoyen des pays membres. Dorénavant l'Europe a un Président permanent et un Ministre des Affaires étrangères permanent. Les détenteurs de ces deux postes importants et prestigieux viennent tout juste d'être désignés: M. Herman van Rumpuy et Mme Catherine Ashton. Ce sont des personnalités peu connues, mais qui ont la lourde tâche de définir en terme clairs le mandat que leur confie la Constitution européenne et de mettre en place tout l'appareil administratif qui permettra, dans un an ou deux, à des personnalités fortes et charismatiques de donner à cette nouvelle Europe toute la visibilité et tout le poids qu'elle mérite.

    C'est donc, forte des ses 500 millions de citoyens, dotée d'un Parlement élu au suffrage universel, d'un Conseil et d'une Commission qui agit comme un gouvernement, d'un réseau diplomatique propre, d'un passeport européen et d'une monnaie unique que l’Europe est enfin prète à jouer le rôle important qui est attendu d’elle sur la scène mondiale, dans l’ensemble des Organisations internationales et dans ses relations avec les autres grandes puissances. Tout cela bien sûr dans l’intérêt bien compris de tous ses citoyens.
     
    Cette évolution de tout un continent, qui sort de cette grande crise économique, n’est pas sans importance pour nous. Dans un livre qui vient tout juste de paraître, l’État du monde 2010 (Boréal) on peut lire les analyses de 50 des meilleurs observateurs de l’actualité mondiale qui en dégagent des idées-forces pour comprendre ce qu’ils appellent le grand tournant de ce 21e siècle. Je reproduis brièvement ici ce que ces 50 analystes ont pondu ensemble, comme observation principale et comme conclusion de leur travail. On retrouve en postface un petit texte qui devrait alimenter les réflexions de tous les citoyens, mais en particulier des Québécois. On peut lire : "Rarement le monde a-t-il changé aussi rapidement autour de nous. En quelques mois, le président Barack Obama a marqué, au moins verbalement, la rupture avec son prédécesseur. Le krach financier s’est transformé en crise économique et sociale mondiale, montrant quel point le temps de la souveraineté avait cédé la place celui de l’interdépendance..."

    Il me semble, en effet qu’il y a ici matière à réflexion. Et les grands changements que l'Union européenne introduit dans le fonctionnement de l'Europe et dans la perception que nous devons en avoir, peuvent servir de point de départ. Retenons quelques éléments importants.
     
    Les pouvoirs de l’Union européenne.

    - L'Union européenne jouit d'une personnalité juridique. Elle peut et elle doit négocier et signer les Traités et les Conventions, en son nom propre et au nom de tous ses pays membres. Et elle possède les pouvoirs et les moyens de les faire appliquer dans l'ensemble du territoire de l'Union.

    - Désormais, les réunions et les Sommets entre les chef d'État et de gouvernement des pays membres de l'UE ne font plus partie du domaine des Affaires étrangères, mais plutôt des Affaires intérieures de l'Union.

    - La Constitution européenne, dans sensiblement les mêmes termes que la Constitution des États-Unis, stipule que les Institutions de l'Union doivent respecter l'identité des États. Un autre rapprochement que l’on peut faire avec les origines de l’édification des États-Unis d’Amérique est le fait que le drapeau, qui a été l’emblème du conseil de l’Europe souhaité par Churchill, et qui a ensuite été adopté par l’Union européenne, ressemble étrangement au drapeau qui a été l’emblème officiel des États Unis d’Amérique de 1777 1795. Le drapeau américain contenait alors 13 étoiles jaunes (les 13 premiers États de l’Union) disposées en cercle sur un fond rectangulaire bleu. Le drapeau européen est identique, sauf qu’il ne contient que 12 étoiles. Bien malin qui pourrait prédire si les rapprochements et les similitudes entre l’évolution de ces deux grandes puissances que sont l’Europe et les États-Unis vont se poursuivre, et si le statut des États qui les composent va se ressembler éventuellement. Je suis de ceux qui croient que ce sera inévitablement le cas. On a cependant décidé, en Europe, de ne pas utiliser l'expression, les États-Unis d'Europe, mais on en est tout proche. D'ailleurs, l'ex-président de la France et principal architecte de la Constitution européenne, M. Valéry Giscard d'Estaing déclarait déjà le 12 septembre 2002: "Nous avons désormais un système de culture fédérale".
     
    D'ailleurs, il faut sérieusement envisager que la réforme souhaitée du Conseil de sécurité de l'ONU ne puisse se faire que lorsque l'Union européenne prendra sa place dans un Conseil élargi, en remplacement de la France et de la Grande Bretagne qui y détiennent chacun un siège permanent. Cela mettrait l'Europe, avec une seule voix, sur le même pieds que les États-Unis, la Chine, la Russie et les autres.

    - L'Union européenne doit mettre en place un service diplomatique complet et autonome, en recrutant ses 5,000 principaux éléments dans les services diplomatiques des pays membres. Sous la gouverne du Parlement européen et de la Ministre des Affaires étrangères de l'Union, ce réseau se déploira dans les cent et quelques Bureaux de l'Union européenne dans autant de pays et dans les Organisations internationales. On ne parle pas beaucoup encore de la disparition éventuelle des services diplomatiques nationaux, mais on la voit très bien venir.

    - L’Union européenne a beaucoup plus de poids et de pouvoir que ce que l'on voit dans un survol rapide: Ainsi,
    - le Budget de l'Union pour l'année 2010 est de l'ordre de 190 milliards de dollars.
    - les décisions sont prises à la majorité des voix. Donc plus de droit de veto et de politique de la "chaise vide"
    - les lois et règlements de l’Union européenne, qui sont deux fois plus nombreux que ceux des pays membres, s’appliquent intégralement sur la totalité du territoire de l'Union
    - la Cour européenne de Justice peut invalider toute décision des tribunaux natinaux.

    - l’Union européenne représente seule ses 27 pays membres, y compris bien sûr la France, l'Allemagne et les 25 autres, dans un nombre toujours plus grand de Forum mondiaux et d’Organisation internationales. C’est le cas dans l’Organisation mondiale du Commerce, comme la Conférence de Copenhague sur l’environnement,
    et dans une multitude de négociations multilatérales ou avec avec des pays tiers, sur des sujets aussi variés que la pêche, l'énergie, l'environnement, les tarifs douaniers, le contrôle des frontières, le terrorisme, et bien d’autres.
     
    L’Union européenne, un force contre les divisions.

    Si l'Union européenne a connu des succès impressionnants au cours des cinquante années qui l’ont vue passer de 6 à 15 puis à 27 États membres, c'est parce que ces pays, fiers, puissants et indépendants depuis des millénaires, situant dans ce contexte l'essentiel de leurs propres intérêts, sont parvenu à abolir leurs frontières, à dégager des politiques communes essentielles à leur progrès, à conclure de nombreux transferts de compétences vers les institutions européennes, et à adopter une monnaie commune tout en confirmant le rôle essentiel de l’Union européenne sur le vieux Continent de même que sa présence et son influence dans le monde.

    Il se peut bien que des citoyens, en Europe et ailleurs, s’en étonnent et même manifestent contre cette évolution de l'Europe, mais il faudra leur rappeler que les Chefs d'États ou de gouvernements, démocratiquement élus, dans tous les pays membres ont, depuis 50 ans, discuté, approuvé et appuyé cette évolution. Ils étaient conscients de l'importance et des fondements historiques de la souveraineté de leurs pays, mais ils ont tous compris que le progrès de leurs économies et le bien-être de leurs citoyens devaient passer par cette mise en commun des mécanismes et des ressources essentielles à l'atteinte de ces objectifs. Il est donc relativement facile de comprendre pourquoi le Président de la France ait dit récemment "qu'on n'arriverait pas le convaincre que le monde avait besoin de plus de division". Chacun reste libre de partager cette opinion, mais l'Europe, en ce XXIe siècle, en fait une éclatante démonstration.
    C'est dans ce contexte que le Président Sarkosy a écrit, le 16 février 2009, à Pauline Marois, chef de l'Opposition offcielle à Québec et chef du Parti québécois et à Gilles Duceppe, chef du Bloc Québécois, un parti politique fédéral canadien, qui siège à la Chambre des communes à Ottawa avec 48 députés élus exclusivement au Québec, répondant à leur lettre du 4 février. Certains ont voulu interpréter cette lettre comme une sorte de recul, ou d’excuses, du Président de la France par rapport à des propos tenus un peu plus tôt dans lesquels il disait abandonner la position de "non ingérence, non indifférence" de ses prédécesseurs. Mme Marois et M. Duceppe lui reprochaient cet abandon.
    Vous verrez que le texte et le ton de cette lettre de M. Sarkosy ne peuvent certainement pas être pris pour des excuses. Lisez plutôt: "Depuis mon élection, j’ai eu pour but de refonder la relation franco-québécoise en lui donnant un nouvel élan et en élargissant plus encore le champ de notre coopération.
    Je souhaite que cette nouvelle relation franco-québécoise s’épanouisse en harmonie avec la relation que la France entretient avec le Canada dans son ensemble. Cette communauté d’action est déterminante pour faire avancer les causes auxquelles nous tenons. La victoire commune que nous avons remportée pour la reconnaissance de la diversité culturelle en est l’illustration. Je pense également au projet de nouvel accord entre l’Union européenne et le Canada, pour lequel le Québec joue un rôle moteur. Cette communauté d’action est d’autant plus nécessaire dans le contexte de la crise économique mondiale que nous subissons, dans laquelle la langue française et les valeurs de la francophonie que nous portons ensemble constituent l’un de nos atouts les plus précieux."
    Il faudra bien admettre que la France n’est plus de qu’elle était, et en tirer les conséquences.
     
     
    Georges
    Georges
  • viv
    Le 07 Janvier 2010 à 11 h 09 min
    P. Seguin vient de déceder, c'est je pense un grand vide qui se crée dans la politique francaise...10 ans après Chaban...
    viv
  • alcalde_ernesto
    Le 07 Janvier 2010 à 10 h 35 min
    Beaucoup d'émotion ce matin et une très grande tristesse à l'annonce de la disparition de Philippe Séguin
    alcalde_ernesto
  • FRONTE
    Le 05 Janvier 2010 à 22 h 47 min
    Par tradition, en début d'année les vœux souhaitent souvent santé et travail. Mais quel travail? Dans son billet de vœux, M. Alain Juppé écrit " le travail libère et ennoblit " ... La même phrase ou presque, en allemand devient le tristement célèbre "arbeit macht frei " qui ornait l'entrée de camps d'extermination ; ces mots y ont acquis une connotation de féroce ironie qui resurgit parfois dans les circonstances pénibles.
    Dans l'année qui vient de passer, une trentaine d'employés de France Télécom se sont suicidées pour des motifs liés à leur travail ; la direction a expliqué qu'il n'y avait rien d'anormal compte tenu des statistiques nationales ; puis des enquêtes ont mis en lumière une direction insouciante du stress des employés. Le fait est que, sauf catastrophe retentissante, les drames du travail sont volontiers négligés.

    Quant aux risques liés aux activités humaines, même les plus révoltants sont occultés, pour peu que cela convient à des responsables sans scrupules; la gravité de cette réalité est attestée par quatre arrêts de la Chambre criminelle de la Cour de cassation , prononcés tous le quatre contre une seule et unique personne, moi; j'ai refusé mon soutien à des pratiques lucratives et j'en ai rapporté les transgressions aux règles de sûreté applicables aux réacteurs nucléaires. Les magistrats n'ont sanctionné que moi, le rapporteur ; ainsi le silence sur les pratiques embarrassantes a été préservé et l'image des transgresseurs a été sauvegardée . Dans ce cas, le travail aura finalement "ennobli" et "libéré" que les adhérents à des méthodes similaires à celles d'une maffia . Alors je pense que les vœux qui se réfèrent au travail devraient être plus prudents sur la nature du l’activité, et ne pas encourager celles qui pour le bonheur des uns admettent un drame pour les autres ou la honte . Tommaso Fronte
    FRONTE

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé
Alain Juppé 2017
5 ans pour l'emploi
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