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Blog-Notes d'Alain Juppé
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13 juillet 2010 10:15
Tenir le cap

Le Président de la République, hier soir, a montré sa détermination à mener à son terme la réforme des retraites. Il a raison et ses explications ont été convaincantes.

Depuis que l’on connaît le détail de cette réforme, j’ai dit qu’elle me paraissait à la fois nécessaire et équilibrée. Sans doute mérite-t-elle encore quelques améliorations, notamment sur la question de la pénibilité ou celle des carrières longues. Mais le coeur du dispositif  est incontestable : pour toutes les raisons que le Président a rappelées hier soir, nous ne pouvons pas nous dispenser de faire ce que tous nos partenaires européens ont fait, à savoir reculer l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans et en tirer les conséquences sur l’âge de liquidation des pensions à taux plein sans décote. Combien de socialistes n’ai-je pas entendu en convenir… hors micro ! Promettre, comme le font les leaders du parti, qu’en cas de victoire en 2012, la gauche reviendra à 60 ans est totalement irresponsable.

Le Président nous a dit en outre que nous devions gérer nos finances publiques de manière “rigoureuse”. C’est, à mes yeux, un impératif absolu si nous voulons casser la spirale infernale des déficits et de l’endettement. 

Mais, dans le même temps, nous devons nous fixer un objectif ambitieux de croissance pour faire reculer le chômage. Bien placer le curseur entre rigueur et croissance, voilà aujourd’hui l’un des plus grands défis de la conduite de la politique économique. Nous en avons longuement parlé lors des “Entretiens de Bordeaux”, le week-end dernier. J’aurai l’occasion d’y revenir plus précisément. Mais d’ores et déjà, je veux insister sur une priorité qui s’est imposée à nous : il faut accompagner l’effort de maîtrise de nos dépenses publiques courantes d’un investissement massif dans les dépenses d’avenir ( et au premier chef l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation). C’est tout le sens des propositions qu’a faites la commission que j’ai co-présidée avec Michel Rocard et que le Président, le gouvernement et le parlement ont approuvées. Il est nécessaire que ce grand plan d’investissement se concrétise le plus rapidement possible. C’est pourquoi nous attendons la mise en place à brefs délais du conseil de surveillance prévu par la loi ; il doit en effet s’assurer que les intentions affichées sont bien respectées et qu’une “usine à gaz” administrative ne paralyse pas les initiatives.

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