Au début de la semaine, j’ai publié mon “projet urbain n°2″ (le premier date de 1996 et il est à peu près achevé aujourd’hui).
Je l’ai intitulé: “2030. Vers le Grand Bordeaux, métropole durable.”
C’est dire combien je me sens en harmonie avec la proposition du comité Balladur qui tend à créer, dans notre pays, une dizaine de métropoles de taille européenne, parmi lesquelles, bien sûr, Bordeaux.
Trop longtemps le processus de décentralisation a négligé les villes pour s’intéresser principalement aux régions et aux départements. Or 80% environ des Français vivent dans nos villes, et c’est dans nos villes que se posent la plupart des questions sensibles auxquelles notre société doit répondre: logement, éducation et formation, emploi, transports, vie culturelle, diversité mais aussi sécurité, propreté…
Les grandes villes, tout particulièrement, sont en compétition avec leurs rivales européennes et mondiales. La France a grand besoin de renforcer le réseau de ses métropoles, à l’image de l’Allemagne, de l’Italie du Nord, de l’Espagne, voire de la Grande-Bretagne. C’est ce que propose le comité Balladur et je m’en réjouis.
D’où viendront les difficultés qui ne manqueront pas de surgir sur le chemin de cette belle réforme?
Premier débat: le périmètre de ces nouvelles métropoles. Prenons le cas de Bordeaux. Ce périmètre ne peut être celui de la CUB (la communauté urbaine actuelle avec ses 27 communes et ses 700 000 habitants environ). A la périphérie immédiate plusieurs communes font en réalité partie de l’agglomération; elles profitent à plein des services offerts par la CUB (transports notamment) sans supporter la juste part des charges correspondantes. D’où leur réticence à entrer dans la CUB. Il faudra bien faire bouger les lignes pour donner à la nouvelle métropole la taille critique du million d’habitants.
Deuxième débat: l’étendue des compétences et des moyens des nouvelles agglos. Très astucieusement le comité Balladur propose de leur transférer les compétences qu’exercent actuellement, sur leur territoire, les conseils généraux. C’est-à-dire: les collèges, les routes départementales, mais surtout l’aide sociale (RMI et RSA, protection maternelle et infantile, aide aux personnes âgées, aide aux handicapés…). C’est une extension considérable du champ d’action des communautés urbaines. Cette extension va dans le bon sens, celui d’une plus grande proximité avec les populations les plus fragiles. Mais elle va poser des problèmes: résistance des départements qui, à l’instar de celui de la Gironde, verront leur poids diminuer de moitié; interrogations des communes qui, à l’intérieur des nouvelles métropoles, perdront leur compétence générale et qui, à terme, ressembleront plus à des arrondissements parisiens qu’à des communes de plein exercice.
En vérité, la logique de la démarche Balladur, c’est l’évolution vers une organisation à deux niveaux: régional pour la stratégie de développement économique, métropolitain pour les services de proximité; du même coup, elle implique l’effacement progressif du département et de la commune traditionnelle. L’acceptation d’un tel changement n’est pas acquise.
Troisième débat: celui de la gouvernance. Dans ce domaine, le statu quo n’est pas possible. On ne peut renforcer les compétences et les moyens des agglos sans donner à leurs dirigeants la légitimité démocratique que confère l’élection au suffrage universel direct. Prenons encore le cas de Bordeaux: pendant la dernière campagne municipale, il n’y a pas eu de véritable débat sur les enjeux communautaires; la confrontation des candidats et de leurs programmes est restée dans le strict cadre communal. Ce qui ne permet pas de faire émerger une véritable conscience communautaire, autour d’un projet communautaire et pour un leadership communautaire. Si l’on veut attendre cet objectif, ce que je souhaite, il ne suffira pas de “flécher” sur des listes communales les noms de celles et de ceux qui iront siéger au conseil de communauté (les premiers de la liste); il faudra que le mode de scrutin permette aux électeurs de l’ensemble du territoire communautaire de désigner en toute transparence non seulement l’organe délibérant mais aussi le pouvoir exécutif.
On voit que les “irritants” potentiels sont nombreux. M.Balladur nous dit qu’il faut décider maintenant. Je pense que le président de la République et le gouvernement ont raison de se donner le temps de la réflexion et de la concertation.
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14 mars 2009 à 0:21
13 mars 2009 Alain Juppé ou l’histoire de France revisitée : Charles de France 1446-1472, duc de « Guyenne », ( ancienne appellation de la région d’Aquitaine ) était le frère du roi de France Louis XI, contre lequel il ne cessa de comploter dès l’accession de celui-ci au trône de France le 22 juillet 1461. Fort heureusement, près de 548 ans plus tard… …et après l’accession de Nicolas Sarkozy à la Présidence française, c’est avec plaisir que la blogosphère prend acte que l’ex premier ministre Chiraquien Alain Juppé vient de prendre la décision de soutenir Dominique Baudis aux européennes, après avoir été tenté un temps, de rejoindre le camp anti-sarkozyste de monsieur de Villepin, notamment dans l’affaire du rapprochement de la France avec l’Otan, alors que chacun sait bien que « ni la France ni l’Europe n’ont les moyens à ce jour tout du moins, d’assurer leur défense comme leur sécurité, à eux-seuls. Pour « autant », cela se fera un jour, car l’Europe devra se donner les moyens à plus ou moins long terme d’assumer seule son indépendance. La construction de l’Europe par le vote massif des français en juin prochain, y contribuera sûrement. Lundi 16 mars, Alain Juppé recevra donc notre candidat Dominique Baudis à Bordeaux, pour donner le coup d’envoi des européennes, pour la région du Sud Ouest. Nous vous espérons nombreuses et nombreux, à venir fêter ensemble ces retrouvailles à Bordeaux, où après la nomination de madame Christine de Veyrac en 2 ème de liste, Alain Juppé est quasiment assuré désormais d’avoir un troisième de liste bordelais. Et quand bien même le 3 ème de liste serait un Languedocien ! De quoi s’agira-t-il là encore sinon de faire gagner notre candidat Dominique Baudis contre la gauche ! La guerre de cent ans n’aura donc pas lieu au sein de l’UMP, contrairement à ce qui se passe au PS de Martine Aubry ( la blogosphère dans son ensemble s’en félicite, et se sent soulagée ). Il est vrai qu’attribuer 3 premières places seulement, pour près de 150 postulants, n’est jamais chose aisée. Pour autant, n’oublions jamais qu’au-delà des conflits d’intérêts ou de personnes, comme les socialistes nous en donnent trop souvent le triste spectacle, il s’agit pour nous, « gens de droite et d’ouverture », de défendre Nicolas Sarkozy contre le déni de démocratie avec lequel flirte cette gauche, qui de statut d’opposition négative, est passée progressivement aujourd’hui à celui…d’anti-républicain. Gold31 |
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14 mars 2009 à 11:22
Oui au Grand Bordeaux! L’étape suivante est une région du grand sud-ouest. Merci à Alain Juppé se s’associer à Dominique Baudis pour ce projet ambitieux! |
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14 mars 2009 à 15:44
Quelle clairvoyance! Si tous nos hommes politiques de droite, de gauche et même du centre étaient pourvus d’une honnéteté intellectuelle comparable à la vôtre nous aurions déja fait un grand pas. |
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14 mars 2009 à 20:27
Cher monsieur, Sinceres salutations |
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15 mars 2009 à 11:25
Le sujet concerne plutot le dernier livre et l’émission de hier sur France trois. Monsieur, L’ironie est un phare qui éclaire le terrain de l’intelligence.J’aime bien quand vous terminez un raisonnement impeccable par un coup de flash, que d’aucuns peuvent juger caustique, mais qui remet les choses dans un vrai contexte où la réalité ne peut exclure le cocasse. La perspicacité n’est pas toujours facile à assumer. Votre livre est épatant et- vous avez le chic pour pour trouver les titres:” J’aimerai toujours le temps des cerises, c’est de ce temps là que je garde au coeur…” Dernier point: Merci. |
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15 mars 2009 à 15:04
J’ai tant aimé votre livre… Son prélude amoureux. Votre questionnement « Mais juste avant le big-bang ? Et pourquoi le big-bang ? » Votre frayeur quant à « l’arrogance des certitudes », votre persévérance. J’en retiens tant de choses, loin du « pédagogisme » ambiant. « L’esprit d’entreprise et l’esprit de partage ». Votre définition du militantisme, « une communion. D’idées, de convictions, de projets, de fidélités ». S’obliger à « beaucoup lire et beaucoup travailler ». Votre amour de l’idée européenne… « Car il faut faire aimer l’Europe ! », vous qui restez « un gaulliste européen militant ». Je partage ce que vous retenez de Michaëlle Jean, et de tant d’autres êtres, dont vous nous entretenez avec tant de mesure. Vous avez bien raison, « c’est le désir qui fait tout ». ô combien « l’amour de la liberté » est bien l’essence. Oui, « le moment est venu de reconstruire un humanisme déniaisé ». Mille mercis, d’autant de lumière. |
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15 mars 2009 à 17:23
Bonjour Monsieur Juppé, |
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4 mai 2009 à 9:52
Bonjour M. Juppé, |
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[quote]On voit que les “irritants” potentiels sont nombreux. M.Balladur nous dit qu’il faut décider maintenant. Je pense que le président de la République et le gouvernement ont raison de se donner le temps de la réflexion et de la concertation.[/Quote]
Pour sûr.