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Blog-Notes d'Alain Juppé
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15 septembre 2009 17:51
Biodynamie

Visité aujourd’hui une belle exploitation viticole en plein coeur du vignoble de Saint-Emilion. Il fait beau. Tout est calme et sérénité. Le viticulteur m’a invité pour me parler de viticulture biologique et de “biodynamie”.

La première chose qui me frappe, c’est la façon dont il replace sa démarche professionnelle dans une perspective plus large: celle de l’harmonie entre l’homme et son environnement naturel. D’emblée, il me confie combien lui semble folle l’ambition de vouloir dominer la nature. Il faut la comprendre, la respecter, vivre avec elle, dans un rapport de fraternité et non de domination. Je le sens animé d’une conviction profonde, de caractère sans doute spirituel.

Et puis, on parle technique. D’abord, culture “bio”: donc, plus d’engrais chimiques mais du compost naturel; plus de pesticides mais des préparations naturelles, un peu de soufre et de cuivre mais dans des doses qui évitent toute accumulation dans le sol. Il me confirme que la certification est exigeante et les contrôles rigoureux. De toute façon, je l’imagine mal prendre des libertés avec les bonnes pratiques.

Et puis, au delà du “bio”, l’approche “biodynamique” dont il m’explique quelques aspects: la priorité donnée au terroir, au sol et à la vie qui l’anime; mais surtout la recherche de l’harmonie avec les grands cycles des planètes et des constellations qui ont une influence sur les cycles agricoles. La Lune bien sûr, et le Soleil, mais aussi les planètes. Dans le calendrier “biodynamique”, il y a des jours pour les fruits, des jours pour les feuilles, des jours pour la terre… J’avais déjà eu des discussions sur ces pratiques qui suscitaient chez moi, je l’avoue, scepticisme et amusement. Mais là, à son contact, au milieu des vignes, je comprends qu’après tout, c’est le retour à la vieille sagesse paysanne, qui ne théorisait pas mais observait et comprenait.

La grande question que j’ai sur les lèvres, c’est bien sûr celle de la qualité du produit final: le vin est-il bon? On passe à la dégustation et j’ai ma réponse: la propriété est un grand cru classé et le mérite pleinement.

Cette forme de viticulture est exigeante. Il y faut une présence de tous les instants au contact de la vigne, un grand sens de l’observation, et l’intelligence des phénomènes naturels. Mais je sens mon vigneron heureux et fier, juste un peu triste que le vin “bio” ne représente encore qu’à peine quelques % de la production bordelaise. Je suis sûr que l’avenir lui appartient.

Les réactions (7)
1
vincent portier 15 septembre 2009 à 23:45

“L’homme doit se respecter pour respecter la Planète.Pour ne pas oublier.Pour nos enfants.Pour le Monde de demain…”
voir la très belle video de la fondation chirac sur l’environnement,elle “devrait” passer à la télévision pour marquer les esprits: http://portier.canalblog.com/archives/2009/09/15/15074936.html

2
viv 16 septembre 2009 à 11:13

vous etes “un sage”…ça y est!
je me souviens d’une conversation avec une amie bordelaise qui me disait que certaines années “son chateau” ne produisait pas car son grand-pére disait qu’il fallait accepter la frustration qu’offrait la nature, le vin n’ayant pas la hauteur des autres années, il est vraie que les grands chateaux produisent des vins linéaires (on est jamais deçu) qui n’ont rien à voir avec le vin. un ami disait que son enfant avait perdu son nez à l’école du vin, que son vin avait toujours le meme gout. quel heureux retour pour les bordeaux!

3
Sargis 17 septembre 2009 à 11:54

Bravo, pour cette prise de position qui découle d’une vraie rencontre avec un vigneron et avec son vin, en toute simplicité, et qui contribuera, sans doute, à attester du sérieux de la démarche des vignerons bio certifiés - contrairement à ce que certains dégustateurs français peuvent laisser supposer dans la presse (voir le dernier billet posté sur le blog Vin&Chère à l’adresse suivante http://blogdesgouteurs.blogspot.com).

4
Eric 18 septembre 2009 à 12:30

Monsieur le Premier Ministre,

Qui disait déjà que “la terre, elle, ne ment pas”? Vos propos, que vous le vouliez ou non, ont des relents étrangement pétinistes…La terre et les morts etc. Cela ne les disqualifie pas pour autant, loin de là! Mais quand les bobos redécouvrent les vieilles valeurs paysannes défendues par d’autres et à d’autres époques, cela fait sourire un peu.
Bien à vous
Eric

5
Cigogne 18 septembre 2009 à 14:00

merci pour ce commentaire et cette analyse ouverte d’une démarche alternative dont il pourrait être utile pour l’homme politique et d’action que vous êtesde creuser la signification non seulement technique mais aussi politique
Dans viote essai que je viens de lire avec grand plaisir et émotion “je ne mangerai plus de cerises en hiver” vous faits une rapide allusion aux AMAP Cela particiupe d’une autre démarche alternative : promouvoir d’autres rapports , pas seulement économiques, ent(re ruraux et urabisn , entre producteurs et consommateurs; d’autres rapports à l’acte productif agricole en développant une solidarité économique et humainesVous devriez réfléchir à la portée, et à la signification politique de ces alternatives qui fleurissent ici et là en F(ranc et qui selon moi sont porteuses d’une autre démarche politique au-delà des rapports de pouvoir, de la vision technocratique descendante de la réforme
A un jour prochain pour d’autres commentaires JP Gachet

6
Celest 24 septembre 2009 à 18:09

Oh oui Jupé!
J’ai eu une sensation exceptionnelle au contact d’un vigneron “biodynamique” d’un village de bourgogne…en 2004. Je suis malien vivant au Mali (absolument méconnaisseur des vins!) et je faisais des études à Dijon (avec un sujet personnel sur vititulture& environnement). Alors ce bon Monsieur parlant de biodynamie m’a complètement dynamité avec sa science: il parlait au sol et à la vigne…et son vin lui répondait!

Pardon Monsieur le Maire de Bordeaux MAIS je constate que vous n’avez pas pas cru bon d’inscrire votre VISITE AU MALI (actuellement) dans votre agenda!!! Pourtant vous savez bien toute l’estime que nous avons pour votre personne et votre expertise!

7
vincent portier 27 septembre 2009 à 22:47

Très juste,Celest. J’ai justement discuté cette fin de journée avec le responsable des vignes de Bercy à Paris. Ce Monsieur”Thierry”m’a expliqué que la méthodologie qu’il utilise est à base de lait de vache mais que comme la vigne n’a pas été traitée au sulfure et au cuivre la récolte de cette année n’a rien donné. Aussi,va t’il regarder cette article “Biodynamique”et en parler avec son collègue œnologue dés demain et se mettre en contact avec Monsieur le Maire pour connaître les coordonnées de ce viticulteur du moins si ils estiment l’article digne d’intérêt.

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