Nous n’avons pas toujours été d’accord sur tout, Séguin et moi, c’est le moins qu’on puisse dire. Nous nous sommes même opposés vivement en 1988/1989 sur la manière de conduire le RPR; ou bien encore en 1992 sur le traité de Maastricht qu’il combattait et que je soutenais. Nous avons aussi mené des combats côte à côte, en particulier la campagne présidentielle de Jacques Chirac en 1994/1995.
Mais au delà des divergences politiques, et de la différence de nos tempéraments, il y avait aussi une forme d’affinité entre nous, entre les deux produits de la “méritocratie” républicaine que nous étions. Et une estime mutuelle, pas toujours exprimée mais, je le crois, profonde. J’avais en tout cas pour lui de l’admiration et sa disparition prématurée me peine sincèrement. Il pouvait apporter beaucoup au débat politique, et à la France.
Je retrouve par hasard dans mes papiers une lettre de sa main, qu’il m’a adressée le 29 octobre dernier. Je la cite:
“Je n’avais pas eu le temps de te lire… Et pourtant nous avons dit - à peu près - la même chose sur l’identité nationale … et son grand débat. Ma modestie naturelle m’empêche de dire que “les grands eprits etc etc…”
Il joignait à sa lettre une copie du script de l’interview qu’il avait donnée à Michel Grossiord le 29 octobre sur les ondes d’Europe1:
Question de M. Grossiord: “Un grand débat sur l’identité nationale vous semble-t-il utile aujourd’hui?
Réponse de Ph. Séguin: “Je suis tenu au devoir de réserve. La seule chose que je puis vous dire, c’est que si vous tapotez sur l’ordinateur que vous avez en face de vous, au mot nation on vous renverra probablement à Ernest Renan. Ernest Renan, il y a des pages qui sont tout à fait remarquables.”
Je citais ce texte de Renan dans mon blog le 27 octobre dernier.
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29 janvier 2010 à 13:04
Simple conseillère municipale élue aux dernières élections, je suis en période de large doute sur ma présence et la qualité de mes relations avec ma municipalité. Je lis votre commentaire sur vos liens avec Philippe SEGUIN. Pour ma part,la nature humaine s’est à nouveau révélée à moi sous un tout autre jour dans le cadre de mon mandat. Comment gérer cet état de fait sans y perdre son âme et sa motivation ? Votre expérience, votre intelligence et vos études (que je n’ai pas) sont des denrées qui ont, sans doute, contribué à créer chez vous une statégie de protection personnelle. Si vous deviez la résumer, comment la décriveriez vous ? |
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29 janvier 2010 à 17:15
Bonjour Mr Juppé, |
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Monsieur le Premier ministre,
Quand j’entends les dénégations de Nicolas SARKOZY, au sujet de la proposition qu’il vous aurait faite de succéder à Philippe SEGUIN, et qu’aujourd’hui je vois qu’un Parquet aux ordres relaye la haine du même Nicolas SARKOZY, dans l’affaire VILLEPIN, je me dis que la Nation française a grand besoin d’Hommes d’Etat…