Blog Notes d'Alain Juppé

Abasourdi

Publié le 21/02/2005 par Alain Juppé

Je suis abasourdi par le tumulte qu’a provoqué la décision de l’ENAP (Ecole nationale d’administration publique de l’Université du Québec) de m’accueillir à Montréal, comme professeur invité, à la prochaine rentrée universitaire.

En faisant ce choix, je pensais échapper à la pression médiatique qui pèse sur moi depuis tant d’années. C’est raté!

Je lis toutes sortes d’horreurs et de mensonges sur mon compte.
Dans tel article de journal québecois, on me reproche d’avoir « commis un acte criminel – j’ai bien lu criminel – grave ». Il est possible qu’en droit canadien, la distinction entre crimes et délits n’existe pas. Mais quand même! je n’avais pas encore conscience d’être un grand criminel. Un coup sur la tête supplémentaire…

Je lis aussi que j’ai choisi le Québec par défaut, après avoir été « rejeté » par deux universités aux Etats-Unis! Les bras m’en tombent! Comment un universitaire, puisque c’est un universitaire qui écrit cela, peut-il s’exprimer avec tant de légèreté? Il y a plus d’un an, j’avais pris contact avec une université new-yorkaise qui s’était déclarée intéressée, et nous étions convenus d’en reparler fin 2OO4 . Je n’ai jamais donné suite car, entre temps, j’ai donné la préférence au Québec qui me paraissait mieux correspondre à mes sujets de recherche. Et aussi pour des raisons de proximité affective. En tout cas, mes « offres de service » n’ont jamais été rejetées par aucune université américaine. Un mensonge de plus!

Mais je vois bien qu’il ne s’agit pas d’argumenter en raison. La passion – et la plus terrible de toutes les passions: la passion politique – s’y est mise.
J’avais pourtant le sentiment qu’à 59 ans, je pouvais encore échapper à la casse et servir, quelque part, ce qui a toujours été ma vocation : l’intérêt général. Peut-être me suis-je trompé et n’ai-je mérité qu’une forme d’opprobre universel ?
21/02/05

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24 commentaires pour « Abasourdi »
  • Richard LECOMTE
    Le 26 Février 2005 à 12 h 10 min
    votre propos du 21 fevrier relatif au tumulte qu'a provoqué la décision de l'ENAP de vous accueillir en tant que professeur associé, et surtout les propos d'un universitaire canadien, que j'ai entendu il y a deux jours sur les ondes, me conduisent-enfin- à vous témoigner mon soutien.
    il est indéniable,pour les personnes objectives,, que vous ave été, depuis plusieutrs années, l'objet d'un dénigrement organisé et d'une "destruction"politique concertée, que nous sommes nombreux à avoir ressenti non seulement comme une profonde injustice à votre égard, mais également comme, n'ayons pas peur des mots, un risque pour la démocratie de notre pays: en effet, comment, même au nom de la liberté d'expression, peut-on accepter que soit sali et atteint dans sa dignité, un homme honorable, en le diffamant en permanence, en l'accusant de tous les maux, en amplifiant outrancièrement par des qualificatifs ou des attendus inadaptés à la réalité d'une situation ,les "fautes" commises,en modifiant les faits de façon suffisamment odieuse, et ce, pour qu'il en reste quelque chose dans l'opinion publique. Le but paraît atteint!
    Je passerai rapidement sur l'insolence voulue de certains journalistes en quête de scoop, destinée à vous faire départir de votre calme, ce qui, là aussi accréditerait et renforcerait l'idée négative qu'ils veulent faire passer des caractéristiques supposées de votre personnalité.
    Ces manoeuvres, qui datent de plusieurs années,qui ressurgissent de plus belle, ces derniers jours, notamment en raison de l'affaire Gaymard ( lui aussi lâché et lynché, mais dont les éléments ne peuvent être, en rien, comparés aux vôtres), ont très certainement des motivations peu acceptables; la plus probable est, que vous paraissez à nombre de nos concitoyens,et en particulier à moi-même, être le seul homme politique -intègre et compétent-qui puisse, dans un proche avenir, exercer la plus haute responsabilité: vous représentez(iez)donc un véritable danger pour vos adversaires.
    Mais, aujourd'hui, la coupe est pleine: entendre un universitaire disant, sans gêne et sans autocontrôle, que vous avez été condamné pour corruption, et qu'en conséquence vous ne pouvez enseigner dans une école d'administration publique ( sans doute car vous donneriez le mauvais exemple!)est totalement scandaleux et inacceptable.
    J'attends, enfin, à l'instar de beaucoup d'autres, que vos "amis" politiques aient enfin le courage de vous soutenir publiquement et de dénoncer l'acharnement inique dont vous êtes l'objet ( on peut espérer).
    Sachez que nous serons extrêmement nombreux à être à vos côtés lorsque vous aurez décidé( je l'espère pour très bientôt)votre retour en politique.
    Comptez sur ma fidélité et ma participation le moment venu.

    Richard LECOMTE
    Richard LECOMTE
  • Richard Crevier
    Le 26 Février 2005 à 06 h 59 min
    Dans de droit canadien, la concussion est passible de cinq ans de prison ferme. On a vu des hommes politiques emprisonnés pour ce qui en France ne serait considéré que comme des broutilles. Outre le fait que la Justice canadienne est indépendante, la démocratie exige des élus du peuple qu'ils soient sans taches, déclarent leurs revenus, paient leur appartement, remplissent leurs obligations fiscales et ne s'enrichissent pas dans l'exercice de leurs fonctions. Les Québécois ont eu raison de vous inviter : vous pourrez ainsi leur inculquer les mœurs françaises et les arracher à leur moralisme ridicule afin de les ramener aux pratiques de l'Ancien régime.
    Nous aimerions connaître le nom des universités américaines qui ont eut la légèreté de se priver de vos lumières. Depuis que je lis votre blog, je peux apprécier votre profondeur de pensée et il est dommage que le monde anglo-saxon ne puisse en profiter.
    J'aimerais pouvoir lire les commentaires que suscitent vos propos, sans censure, bien entendu. Je remarque que les miens ne figurent jamais nulle part. Pourquoi ?
    À la prochaine !
    Richard Crevier
  • Simon Blouin
    Le 26 Février 2005 à 04 h 15 min
    Bonjour M. Juppé,

    Je vous fait ici part d'un courriel que j'ai fait parvenir à l'association étudiante de l'école nationale d'administration publique (Québec) jeudi le 24 février. Je suis moi-même étudiant à temps partiel à cette école. Nous espérons que vous accepterez l'invitation de l'ENAP de venir enseigner à Montréal et que les étudiants de la ville de Québec pourront aussi avoir, à l'occasion, accès à votre enseignement. Si c'est le cas, je ne manquerai pas de m'inscrire au cours qui me permettrais de bénéficier d'un tel privilège. Nous avons hâte de vous voir et de vous entendre ! Merci d'avoir pensé au Québec pour cette prochaine étape de votre fructueuse carrière.

    Voici donc le courriel adressé hier à
    L'association étudiante de l'ENAP.
    ____________________________

    Bonjour,

    Malheureusement, je ne pourrai être à l'assemblée générale extraordinaire de l'AEENAP jeudi le 24 février. Je suis père de deux jeunes enfants et je ne puis m'absenter pour participer à cet événement.

    (...)

    M. Juppé a-t-il été suffisamment puni par rapport à l'importance d'une faute dont il n'était probablement pas l'instigateur et qu'il réprouvait peut-être? J'ai un ami français qui me dit qu M.Juppé est un homme d'une grande valeur à bien des points de vue, y inclus sur le plan de la rigueur. Tout cela ne ressemble-t-il pas à de l'acharnement contre cette personne, qu'on a déjà même traité de ''repris de justice''?

    Je crois qu'il faut, dans la mesure du possible, faire preuve d'ouverture et de générosité dans nos interventions et nos relations avec les autres. Il faut arriver à renverser le cercle vicieux qui peut être associé à la méfiance, au corporatisme, etc. Pour moi, c'est la base du succès dans une société civilisée. L'intervention de l'AEENAP dans ce dossier a t'elle été suffisamment constructive ? Ce n'est pas ma perception, bien que je salue l'intensité de l'engagement de nos représentants dans ce dossier.

    Bien à vous,

    Simon Blouin

    Service des études documentaires
    Assemblée nationale du Québec

    Édifice Jean-Antoine-Panet
    1020, rue des Parlementaires, 5e étage
    Québec, Qc
    G1A 1A3
    Tél. : (418) 644-7426


    Simon Blouin
  • patrick berthet
    Le 25 Février 2005 à 18 h 18 min
    Cher Alain Juppe.
    Je suis,somme toute,assez surpris de votre desarroi face au tolle que votre hypothetique presence dans une universite canadienne a pu susciter.
    Les anglo saxons sont certainement plus regardants que nos concitoyens en matiere de probite.
    Il me semble que loin de vous en offusquer il serait opportun que vous y reflechissiez afin de redonner un souffle nouveau a la politique "made in france" qui s accomode assez facilement de comportements contraires a l ethique .
    Ceci dit,il ne m appartient pas de vous juger,je souhaite apporter mon temoignage de citoyen engage.
    Salutations.
    patrick berthet
  • pierre henri guillaud
    Le 25 Février 2005 à 17 h 46 min
    Monsieur le premier Ministre,
    n' avez vous pas le sentiment de faire partie d' une generation sacrifiee d' homme politique, qui paye très cher ( voir H gaymard) le retour de baton apres des années d' insousiance? apres cette generation, il y' aura d' autres hommes politiques, pas plus honnetes mais certainement plus prudents, et qui auront a coeur de ne pas risquer de discrediter completement la classe politique aux yeux de l' europe, par de telles erreurs de jugement ( voir encore h gaymard) ?
    bon courage en tout cas, autant je suis pour qu' aucun homme politique n' echappe à la loi, autant l' acharnement mediatique me degoute.
    pierre henri guillaud
  • Isabelle BRIENS
    Le 25 Février 2005 à 17 h 44 min
    Ou bien je n'ai rien compris au droit, ou bien celui qui a subi une condamnation pénale a payé sa dette à la société. Il ne s'agit plus de savoir ce qu'il a fait ou pas fait, c'est déjà examiné et jugé. Et il peut faire tout ce qui ne lui a pas été interdit par le jugement. Ensuite, c'est une affaire de lois et de réglements intérieurs au Québec. Si rien ne s'oppose dans ceux-ci à ce que vous y soyez admis comme professeur, alors je ne vois pas bien pourquoi plein de courriers vous "rejugent". Dure vie que celle d'homme public. Etes-vous sûr d'en avoir encore envie ?
    Isabelle BRIENS
  • Jean-Louis Tartempion
    Le 25 Février 2005 à 17 h 19 min
    Et bien oui. Vous êtes comme bcp de zommes politiques. Déconnecté de la réalité. Avoir profité de sa situation pour loger favorablement son fils. Avoir escroqué du fric aux entreprises pour votre parti. Tout ça c'est au détriment du porte-monnaie de million contribuables pauvres et moins pauvres et vous croyez encore que c'est n'est pas un crime.
    La "justice" a été généreuse avec vous mais soyez sûr qu'aux yeux de beaucoup de français honnêtes vous ne serez plus à jamais qu'un repris de justice.
    Jean-Louis Tartempion
  • vpicard vincent picard
    Le 25 Février 2005 à 17 h 01 min
    Cher Al1,
    si j'apprenais que vous deviez intervenir à la fac de rouen (celle où j'ai fait mes études de droit) je crois me réinscrirais immédiatement. Même en deug I !
    bon courage et bonne chance !
    V.
    vpicard vincent picard
  • Jean Husband
    Le 24 Février 2005 à 18 h 30 min
    Dear Mr Juppé,

    Ignore all of these gosips.
    You know people, they always have to say something.
    The problem is that they do not see themself in the mirror but they see the neighbour's kitchen.


    Good luck, take it easy.

    Jean Husband
  • Françoise Daubigné
    Le 24 Février 2005 à 17 h 46 min
    Laissez tomber ce professeur qui parle sans vous connaître et qui s'arrête aux apparences, à la fumée. Que celui qui n'a jamais parlé sans savoir lui jette la première pierre.
    En revanche, ce qui est révoltant, c'est la publicité donnée à cette décision. Car tout le monde connaît des échecs, des humiliations, des insultes, mais cela fait partie de la vie et on en guérit. Mais on se remet plus difficilement, sauf force d'âme que je vous souhaite, d'attaques qui s'apparentent à une chasse à l'homme, de la part d'ennemis anonymes et tenaces : les envieux et les médiocres (Georges Brassens les nommait autrement).
    A défaut de guérir, essayons de comprendre ce qui attire la foudre sur certains hommes politiques, depuis Bérégovoy jusqu'à Gaymard, en passant par Baudis et vous-même. C'est, me semble-t-il, qu'ils ne sont pas seulement des politiques, ils ont autre chose dans leur vie, par exemple la fierté de leur réussite à partir d'origines modestes, l'amour de leur famille, des convictions religieuses, le goût de l'écriture, une vie intérieure, enfin quelque chose qui insulte la médiocrité, qui dérange les esprits étroits. Cela ne cadre pas avec l'image simpliste que l'opinion se fait du politique : une bête, entièrement livrée au goût du pouvoir et à l'ambition. De ces politiques-là, comme de Louis XIV (je vous laisse trouver d'autres exemples) rien ne sera critiqué, ni le mépris du peuple, ni l'aplomb dans le mensonge, ni la corruption, ni même l'assassinat (virtuel, bien sûr, "quoique", dirait Raymond Devos). Les autres, comme vous, ont laissé apparaître un fragment de chair sous la carapace ... c'est le hallali sonné par le canard enchaîné et repris par la horde de ceux qui se réjouissent des humiliations des autres.
    Conclusion :"Heureux l'homme qui ne prend pas le parti des méchants, ne s'arrête pas sur le chemin des pécheurs et ne s'assied pas au banc des moqueurs" (psaume 1, traduction oecuménique de la bible.)
    Françoise Daubigné
  • Jean-Paul Moratin
    Le 24 Février 2005 à 17 h 31 min
    De droite, tu as pêché et tu iras aux enfers
    De gauche, tu as pêché, tu seras pardonné.
    Mazarine vient de sortir un ouvrage sur sa vie. Les moralisateurs de gauche se taisent ou mieux, glorifient le "génie" mitterandien.
    Hervé Gaymard fait une grosse boulette qu'il tente de réparer avec maladresse, Montebourg "le chevalier blanc" de la gauche,tente de l'assassiner politiquement.
    Le pardon, la compassion pour la gauche, le pilori pour la droite !
    Jean-Paul Moratin
  • Loïc Bertrand
    Le 24 Février 2005 à 15 h 42 min
    Monsieur le Premier Ministre,

    Je ne doute pas un seul instant de l'injustice qui vous a frappé, dans le dossier des emplois fictifs à la Mairie de Paris.

    Cependant dans cette affaire, vous avez souhaité être le fusible, le lampiste, et donc vous avez été condamné.

    Dans ces périodes incertaines, où notre jeunesse a fortement besoin de repères et d'un rappel fort aux essentielles valeurs qui fondent notre société, acceptez, Monsieur le Premier Ministre, qu'on ne puisse au Québec vous donner patte blanche pour enseigner.

    Certes,les étudiants de la ville de Montréal risquent d'être privés de vos mérites et d'un esprit humaniste et lumineux. S'il vous plait, veuillez toutefois ne pas être ABASOURDI, par les réactions que suscite votre éventuelle nomination à l'ENAP.

    Je vous ai combattu en 1995, lorsque Premier Ministre, vous vouliez imposer "à la France d'en bas" des réformes sans pédagogie préparatoire, et donc ressenties injustes.Depuis, votre programme a été appliqué.

    En voulant à tout prix enseigner au Québec, faisant fi de votre passé judiciaire, je crains Monsieur le Premier Ministre, que vous n'ayez décidé de définitivement brouiller l'image de votre entière intégrité qui n'est pas à contester.

    Je vous prie, Monsieur le Premier Ministre, d'accepter l'expression de mon sincère et profond respect.

    Loïc.Bertrand.

    Loïc Bertrand
  • Thierry LOBUT
    Le 24 Février 2005 à 11 h 23 min
    Que pensez vous de ce qu'écrivait Spinoza : "se repentir, c'est pêcher deux fois" ?
    Thierry LOBUT
  • PATRICE LEGER
    Le 23 Février 2005 à 21 h 28 min
    C'est vrai, vous payez le prix fort et je ne pense pas que vous soyez un homme foncièrement malhonnête! Vous avez été léger, inattentif!
    A l'époque du premier jugement, j'avais envoyé un courrier à Libération et à Sud-Ouest, ce dernier journal ne l'ayant d'ailleurs pas publié, dans lequel j'exprimais le sentiment de beaucoup à savoir que dans votre fonction et par la formation que vous avez reçue vous vous deviez de dire LA vérité. Franchement, vous ne saviez pas comment était rémunérée votre propre secrétaire? Et puis , ........ et puis l'appartement auparavant rénové aux frais de la Mairie de Paris...! Comment donner des leçons aux Français lorsqu'on ne s'applique pas à soi-même la rigueur que l'on souhaite pour les autres? Voyez monsieur Gaymard aujourd'hui, quelle crédibilité donner à son discours demain?
    Les Canadiens quoique Québécois ont sur ce plan une culture profondément anglo-saxonne: une mise en cause, un soupçon implique automatiquement une démission préventive, ici, non! Vous, non ! Monsieur Gaymard non plus, d'ailleurs!
    Nous, électeurs anonymes, nous sommes las de ces travers, de ces arrangements avec les lois qui décrédibilisent la classe politique toute entière, qui poussent un nombre croissant d'électeurs vers l'abstentionnisme en attendant le triste et dangereux sauveur qui viendra balayer tout cela!
    Non, décidément, je ne peux pas vous pardonner!
    Patrice LEGER
    PATRICE LEGER
  • Roger Roy
    Le 23 Février 2005 à 21 h 28 min
    Vous dites être abasourdi par "le tumulte" provoqué...Je crois que votre réaction ressemble à celle des déliquants qui nous disent après leur délit: "il n'y a rien là!" Qu'est-ce que j'ai fait de mal?" "C'est pas si grave" "C'est pas juste que vous me punissiez!" Et dans leur for intérieur:"je pourrais peut-être recommencer ailleurs avec plus de succès ou encore " je pourrais devenir caïde et enseigner aux autres comment faire sans se faire prendre.
    Parlons maintenant de "passion". Pourquoi n'aurions-nous pas une grande passion pour l'équité, pour la justice, pour l'honnêteté? Pouquoi ne faudrait-il pas s'indigner devant les malversations de nos hommes et femmes politiques?
    Parlons maitenant de votre "vocation de servir l'intérêt général" Je crois que vous avez de vous-mêmes une image idéalisée qui ne correspond pas à la réalité de certaines de vos actions.
    Malheureusement je crois que vous la changerez pas.
    Vous qui trouvez qu'on exagère à votre sujet tombez vous-mêmes dans l'exagération lorsque vous vous dites victime "d'opprobre universel".
    Si vous venez skier au Québec ou suivre un cours universitaire en éthique,(malheureusement je ne puis vous recommander l'ENAP!) vous ne susciterez aucune réaction négative.
    Si ,enfin, par malheur pour ma fille diplômée de l'ENAP, vous venez enseigner votre art au Québec,je vous recommande vivement de vous adjoindre monsieur Alphonso Gagliano qui crie lui aussi à l'injustice et se cherche de l'emploi. Il s'est dévoué lui aussi à sauver notre pays en empruntant tous les détours possibles dans la gestion des fonds publics.Il pourra vous mettre en contact avec d'ex-présidents de Sociétés de la Couronne passés maîtres dans l'art de "servir" leurs amis et parfois même le pays avec l'argent de l'Etat.
    Avec toute le tendresse due à un homme de vocation
    Roger Roy
  • Francine Beaudoin
    Le 23 Février 2005 à 20 h 41 min
    Je comprends votre désir d'oublier votre condamnation et de fuir la France. Une fois de plus vous utilisez la ruse pour déjouer les règles et plus précisément l'ordre du tribunal.Quant à moi je ne désire pas que vous veniez enseigner l'administration publique à nos jeunes. Votre exemple d'administrateur qui se demande encore ce qu'il a encore pu bien faire de mal serait sans doute nocif pour nos jeunes.
    Ils pourraient en conclure que ,même reconnu coupable de fraude, on peut toujours s'arranger pour enseigner l'art d'être un serviteur de l'état.
    Venez donc vous reposer chez-nous ou suivre un cours de base en éthique mais laissez nos étudiants tranquilles.
    S'ils veulent des modèles comme le vôtre,nous en avons un grand nombre qui défilent devant la Commission Gommery et qui clament,comme vous, qu'ils n'ont agi que par dévouement à "l'intérêt général". Comme vous ils avaient cette "vocation".
    Francine Beaudoin
  • Luc Gagné
    Le 23 Février 2005 à 19 h 38 min
    Comment pouvez-vous être surpris d'une telle réaction ? Les étudiants de L'ÉNAP préfèrent simplement avoir pour professeur une personne qui aura toujours fait preuve d'éthique et d'imputabilité dans son travail comme fonctionnaire au service de l'État et du bien commun. Ce qui n'est manifestement pas votre cas.

    Bonne chance

    Luc Gagné
    étudiant et fonctionnaire
    Luc Gagné
  • Tous ensemble! Tous ensemble!
    Le 23 Février 2005 à 19 h 24 min
    Monsieur,
    Vous vous offusquez que l'on vous considère comme un délinquant (criminel est un peu fort, dans cette affaire...)mais vous avez été condamné, non?
    De plus, alors que vous êtes à l'origine de l'allongement de la durée de cotisation des salariés du secteur privé, vous avez demandé , et obtenu, votre mise à la retraite anticipée...( cohérence politique!!!!)
    Et bien profitez-en, et arrêtez de vous offusquer...
    Tous ensemble! Tous ensemble!
  • Geneviève Larivière
    Le 23 Février 2005 à 16 h 23 min
    Suite à la lecture d'un article paru dans le quotidien québécois Le Devoir (23 février 2005, p. A1, par Marie-Andrée Chouinard), je constate que les mauvaises nouvelles voyagent toujours plus rapidement que les bonnes.

    Tel que mentionné dans l'article, l'assemblée étudiante de l'ENAP tiendra un vote demain (24 février), et je doute que les 80% des professeurs consultés approuvant la venue de M. Juppé soient renversés par les étudiants.

    Le Québec (et les gens qui le constituent) a toujours vécu dans les extrêmes, ne sachant jamais sur quel pied danser entre l'indifférente totale ou la réaction brutale. Si nos révolutions sont tranquilles et que nos assemblées pacifiques se terminent en arrestations violentes, il est peu surprenant de voir la venue d'un homme politique français controversé provoquer autant de réactions.

    Pour avoir séjourné en France durant toute l'année 2003, je peux assurer que bien peu de Québécois sont en mesure de juger adéquatement de la situation de M. Juppé: les informations qui parviennent jusqu'ici quant au procès sur les emplois fictifs sont distribuées au compte-gouttes. En soi, ce n'est pas étonnant: il se passe aussi des choses ici, et les Québécois se sentent beaucoup plus concernés par l'actualité régionale qu'internationale -vieille règle journalistique.

    Ce qui caractérise les Québécois (et la plupart des « occidentaux capitalistes »), c’est la rapidité avec laquelle ils s’enflamment devant un scandale, ou une controverse. Pensons au scandale des commandites (gouvernement du Canada) et au procès qui le couvre en ce moment-même : chacun a son mot à dire, à tort ou à raison, et tout le monde en fait une vendetta personnelle. Je pourrais donner plusieurs autres exemples, le Québec ne manque pas de petites histoires « scandaleuses et croustillantes ».

    Je déplore les réactions colériques, mais je ne peux qu’adopter une attitude de silence navré devant les faux érudits qui se prononcent de façon catégorique : encore une fois, tout doit être tout noir, ou tout blanc. Vive l’extrémisme ! Mais aucun Québécois ne prendra la peine, individuellement, d’enquêter sur le personnage d’Alain Juppé, et s’arrêtera aux informations dont il dispose bêtement. Les bons coups de Juppé ? Personne ne les connaît. Pas ici. Et même en France, j’ai eu du mal à obtenir des détails.

    Je n’ai peut-être que 24 ans, je ne suis pas étudiante à l’ENAP, je ne peux pas changer le monde, je n’ai pas la prétention de m’y connaître en politique, je n’ai pas de leçons à donner aux Québécois, je ne suis pas profondément gauchiste, mais je continue à déplorer la fermeture d’esprit des gens.

    Monsieur Juppé, si la qualité de votre enseignement et de vos recherches est digne de votre personnalité, les étudiants qui bénéficieront de vos cours auront un excellent professeur. Je crois qu’il n’en tient qu’à vous de prouver à toutes les mauvaises langues qu’ils ont tort de confondre vos actions politiques et votre humanisme. Car vous en avez, il suffit de le démontrer.
    Geneviève Larivière
  • Michel Tremblay
    Le 23 Février 2005 à 15 h 38 min
    Bonjour Monsieur!
    Étant à l'aube de la soixantaine, je puis vous dire que nous aussi, nos vierges s'offensent facilement.Pourtant, il y a eu dans notre plus meilleur pays du monde, comme dirait notre ancien Crétin national, des situations beaucoup plus graves et tendancieuses que la vôtre et ces mêmes vierges ne s'en sont pas offusqué pour autant.
    Bienvenue chez nous.
    Un chauffeur d'autobus du Québec
    Michel Tremblay
  • F Off
    Le 23 Février 2005 à 15 h 10 min
    Vous avez été condamné pour des faits graves lié à aux charges publiques qui vous avaient été confiées. Que, cette condamnation connue, une université décidé de faire appel à vos services, c'est son droit le plus strict. Mais que des universitaires décident d'exprimer leur opposition à une telle décision est également leur droit. Et j'avoue partager leur analyse, de la même façon que je trouverais étrange qu'on fasse appel à Bernard Tapie pour enseigner la déontologie du football ou la gestion des entreprises...
    F Off
  • France France
    Le 22 Février 2005 à 18 h 24 min
    Vous ne méritez pas cet excès d'indignité.

    Sauf que si vous continuez à dire les mêmes absurdités technocratiques, éloignées des réalités (cf. vos articles sur le "réchauffement climatique" ou le tissus d'âneries sur le referendum espagnol et vos pseudo-arguments pour ce projet de traité giscardien, vous serez rejetés comme les Anglo-Bourguignons pendant la Guerre de Cent Ans.

    Vous êtes dans la situation des janissaires turcs. Enfants hongrois volés par les ottomans et dressés par leurs ravisseurs à combattre contre leurs parents.

    C'est ainsi qu'avec la meilleure foi du monde (du monde...), vous trahissez la France en croyant la servir.

    Fabius a été plus subtil que vous. Parce qu'il a écouté la leçon du réel. Pas celle des fiches techniques de l'ENA.

    Courage. Et arrétez de lire des auteurs US. Parlez-nous de l'histoire de France. Etes-vous comme la plupart des dirigeants actuels pour qui cette histoire se limite au XXème siècle?

    De ceux qui rejettent tout ce qui vient "du fond des âges" (c'est de qui cette expression?)

    C'est le carême. Il y a deux conversions : celle de la tête, puis celle du coeur. Au lieu de vous affliger sur votre sort et de rester raide. Détendez-vous. Lâchez un peu. Et promenez-vous en France, comme ça, humant l'air. Goûtez la province. Faîtes de petits tours dans les Eglises, seul. Au fond, à côté de la petite lumière rouge, il y a le tabernacle : Jésus présent dans sa Sainte Eucharistie. Il vous aime. le savez-vous? Qu'en faîtes-vous? Lui qui a dit "Sans moi, vous ne pouvez rien faire".

    Allez, bon carême. Dieu vous bénit. "Ne vous affligez pas : la joie du Seigneur est votre secours"
    France France
  • Jean-Pierre Persohn
    Le 22 Février 2005 à 17 h 55 min
    Il ne fait pas de doute que le retour ( "passage momentané" me plairait mieux)à la vie ordinaire des hommes publics ne se fait pas aussi facilement que l'on pourrait le croire. Ces remous à la surface d'une eau en principe calme n'en sont pas moins dérangeants, à fortiori pour l'intéressé, mais ne servent je crois qu'à stigmatiser ce que, après analyse, il convient de nommer jalousie...Il me semble que dès que l'homme d'état, qui semble inaccessible pour l'électeur moyen, n'est plus sous les feux de la rampe, tous les aigris, les mal élus, les perdants, se défoulent si celui-ci envisage une reconversion. Haro sur le baudet! Baudet au demeurant assez chargé par un système politique qui n'avance qu'à pas mesurés, quand la vie politique, elle, produit des grandes enjambées. Bien faire et laisser braire, tel serait le conseil que je suis tenté de vous donner, les ânes sans doute peu nombreux qui donnent de la voix aujourd'hui ne sauraient, à mon avis, gêner un pur sang de la politique, fût-il aux écuries un certain temps...Je n'ose imaginer notre avenir politique sans un étalon, une référence.

    Le sud gironde vous salue bien.


    Jean-Pierre Persohn
  • Sylvain de Mullenheim
    Le 22 Février 2005 à 08 h 55 min
    C'est facile à dire, mais réjouissez-vous : si on vous canarde toujours, cela prouve que vous n'êtes pas mort. Et puis, ce professeur canadien qui vous tire dessus, je suis sûr que, dans le fond, il s'agit d'un grand sensible qui désire que l'on s'intéresse à lui, qu'on l'écoute et qu'on l'aime. Pourquoi ne pas lui proposer un câlin ?
    Sylvain de Mullenheim

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé

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