Blog Notes d'Alain Juppé

Agora

Publié le 13/04/2008 par Alain Juppé

Pendant trois jours, la troisième édition d’Agora, organisée par la Ville de Bordeaux, a été un superbe succés.
Pourtant le thème de ces rencontres est exigeant: architecture, urbanisme, design.
Certes, de grands noms figuraient à l’affiche: Nouvel, Chemetov, Michelin, Buffi, Corajoud, Dubuisson, Bruno… pardon à tous ceux que je ne cite pas.
Les étudiants de notre école d’architecture et du paysage étaient présents par centaines.
Mais le grand public est venu et Agora a bien mérité son nom: les débats, sur la place publique, ont été animés et enrichissants.
Il est vrai que le commissaire de la manifestation qui a fait un boulot formidable, Nicolas Michelin, avait choisi un titre accrocheur: Alerte!
En jouant sur le mot bien sûr: « Alerte! il y a danger si nous ne changeons pas radicalement nos comportements pour rendre nos villes durables ».
Mais aussi: « Dans cette révolution, restons alertes, légers, joyeux, imaginatifs! »

Dans l’un des débats auxquels j’ai participé, j’ai beaucoup insisté sur la notion de « quartier ».
Même dans une grande ville comme Bordeaux, le sentiment d’appartenance à son quartier est vivace en chacun: on est de Caudéran, ou de Bacalan, ou de Saint-Augustin, ou de Saint-Michel etc… et cette revendication est riche de sens.
Dans les nouvelles opérations que nous conduisons, et qui souvent portent le sigle terriblement techno de Z.A.C. (zones d’aménagement concerté), sommes-nous capables de créer ce sentiment d’appartenance et cet esprit de quartier qui fondent en bonne part le bien-vivre ensemble?

Il y faut de nombreuses conditions!
D’abord la mixité sociale: pas de ghettos pour les riches d’un côté, pour les pauvres de l’autre. D’où l’exigence que nous avons désormais de construire, dans tout programme significatif, un minimum de 25% de logements à loyer maîtrisé, sans compter le développement de l’accession sociale à la propriété. Dans nos nouvelles opérations, nous y parvenons.

Il y faut aussi de la mixité fonctionnelle, c’est-à-dire le rapprochement habitat/emploi qui participe à la fois de la qualité de vie mais aussi du développement durable, lequel ne peut se concilier avec l’étalement urbain et les déplacements quotidiens domicile/travail qui
congestionnent nos grandes agglomérations.
C’est déjà plus difficile, même si nous prévoyons désormais des locaux d’activités dans toute nouvelle ZAC. Nicolas Michelin va plus loin et préconise la coexistence de logements, de commerces et de bureaux dans le même immeuble, ce à quoi les promoteurs rechigent encore.

Il faut ensuite un bon niveau d’équipements collectifs: écoles, crèches, gymnases, espaces verts, transports en commun, lieux de convivialité, ce qui exige effort financier et bonne programmation de la part des collectivités locales.

Sans oublier le commerce de proximité, qui apporte à la fois service quotidien, emploi et lien social.
Or, dans ce domaine, nous avons une vraie révolution à faire, individuelle et collective: basculer de l’urbanisme commercial du siècle dernier, importé d’outre-Atlantique, je veux parler de la proliférations des centres commerciaux de dizaines de milliers de m2 qui ceinturent nos villes, vers l’urbanisme commercial du XXIème siècle qui doit ré-inventer un commerce de proximité moderne, implanté au coeur des nouveaux quartiers.
Il y en a marre de ces hypers de périphérie qui vident nos centres-villes de toute vie commerciale, qui concentrent des milliers de bagnoles en fin de semaine sur d’immenses parkings asphaltés, défigurent nos entrées de ville et menacent de thrombose nos rocades et autres voies d’accés. Le secteur du Lac à Bordeaux en donne chaque samedi le triste spectacle.
Alors, nous dit-on, il faut construire de nouvelles autoroutes et de nouveaux échangeurs. Où s’arrêtera-t-on?
Ne serait-il pas plus judicieux, plus durable et plus aimable de rapprocher l’offre commerciale des quartiers de résidence, comme nous le demandons désormais dans les secteurs en construction?
Je ne suis pas sûr que ce soit la tendance.
On nous annonce même la suppression de toutes les règles et procédures qui encadrent l’installation de nouveaux hypers. Avec un argument massue, en ces temps de lutte pour défendre le pouvoir d’achat: les hypers sont moins chers que le commerce du coin de la rue et font même baisser les prix.
J’aimerais voir une étude sérieuse, sur la durée, intégrant l’ensemble des coûts individuels (notamment déplacements) et collectifs qui en fasse la démonstration…
Le commerce durable de demain n’est sans doute pas l’épicerie de grand-papa, mais pas davantage le centre commercial façon années 6O. Certes la progression continue et rapide du commerce électronique modifiera la donne. Mais le besoin de proximité ne disparaîtra pas pour autant. Du moins je l’espère. Il y a autre chose à inventer pour bâtir la ville durable, c’est-à-dire aimable à vivre pour chacun d’entre nous, mais aussi pour nos enfants et les enfanrs de nos enfants. .

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7 commentaires pour « Agora »
  • Valerie B
    Le 16 Avril 2008 à 15 h 43 min
    J ai assisté à votre débat et notament sur les quartiers il serait intéressant de réellement sensibiliser les entrepreneurs et les citoyens par exemple faire connaitre par des associations de quartiers les nouveaux venus ou les plus anciens ou les plus jeunes par exemple la fete de la musique peut etre un jour dynamique pour les quartiers impliquers non seulement le contribuable mais aussi le consommateur
    Valerie B
  • Philippe Thiébaut
    Le 14 Avril 2008 à 20 h 04 min
    Bravo Monsieur le Maire pour cette passionnante manifestation j'y suis allé en famille et mes enfants étaient vivement interessés par cette manisfestation prenant le relais de l'école. J'ai appris moi meme des nouvelles notions comme celle des fuites de CO2 des habitations... il y a avait un débat au rez de chaussée à propos des trémies de la place Pey Berland ...l'architecte responsable parlant de "cicatrices" décidées voila quelques années sur cette place...et qu'il fallait masquer cette "horreur"de son point de vue par deux blocs en verre pour mieux redessiner cette place...bon ,je viens de repasser devant à l'instant, j'ai un peu de mal quand meme...tout ceci est tres subjectif...et tellement irrationnel...le projet doit "évoluer"c'est vraiment joliment dit pour dire qu'il ne convient pas..j'ai beaucoup aimé les conclusions de Mr MICHELIN pour cloturer les trois jours... la façon dont on devait se réapproprier nos cadres de vie ...sans oublier ceux qui manisfestaient dehors ....il a fini par cette phrase "Mesdames et Messieurs l'heure du pétrole est finie et ça va etre dure pour tout le monde "
    C'etait aussi avec l'espoir que les choses changent car les architectes savent faire! J'ai reellement passé un bon moment citoyen qui fait reflechir ne serait ce que sur la façon dont on doit s'impliquer dans nos quartiers et changer nos habitudes. Encore une fois merçi. Amicalement.
    Philippe Thiébaut
  • viviane castede-couderc
    Le 14 Avril 2008 à 00 h 43 min
    monsieur, cela se voit bien que vous ne faites pas les courses. Comment voulez-vous transporter les courses d'une famille de 5 personnes dans des rues où l' on doit circuler à pied avec 3 enfants qui vont un peu partout. Avez-vous transporté un micro-ondes ou un ordinateur dans un bus? ou un frigo le long de la rue sainte-catherine pour rejoindre un parking payant... toujours avec 3 enfants qui ...
    Désolée pour vous ,mais les hypermarchés avec parkings gratuits, pas de contraventions si on dépasse le temps de stationnement parcequ'un des enfants à soif, à mal aux pieds etc...avec à proximité un coffre de voiture qui receptionne le contenu du marché, eh oui c'est bien plus pratique. On ne peut pas refuser les voitures pour privilégier le bien etre de quelques habitants et vouloir que ces autres habitants chassés des centres villes y viennent pour y acheter, y payer des parkings (très chers) y payer des contaventions ( grace à une police municipale très agressive) et s'y fatiguer inutilement. Vous faites la chasse aux voitures, assumez!
    viviane castede-couderc
  • christine mirabel pareyt
    Le 13 Avril 2008 à 23 h 54 min
    Bonsoir,
    Ce soir je suis inquiète et j’aimerai savoir si se sentiment vient de mes angoisses féminines où d’une situation qui se tend de plus en plus… vous me dites ?
    Ce soir j'ai lu votre article sur la ville, les 2 premières réactions : une proposition de développement de commerce à domicile via le net, une inquiétude sur les OGM. J'ai également fait un tour sur le site de « world watch institute » et lu un article sur la flambée des prix de l’alimentaire à travers le monde. Cette préoccupation de confort pour nous : moins de légumes ou de viande, plus d’achats au supermarché (on y vient…), devient un drame dans les pays moins riches (les femmes égyptiennes réclament du pain, nous nous étions (de façon très malsaine) presque habitués aux famines de l’Afrique noire mais là : c’est l’Egypte !...). alors quoi faire ? envoyer des sacs de farine ? cela les aidera sur qqes semaines mais va faire encore baisser le prix des productions locales d’ici qqes mois et renforcer le déséquilibre sur le prix des produits alimentaires de base.
    Revenons à Bordeaux, au sein de mon entreprise, la majorité des salariés sont rémunérés aux salaires minimum. Elles consomment pas mal de produits préparés, elles se donnent qqes trucs et astuces pour collectionner les bons de réductions et autres systèmes fidélisation : elles ne consomment que des grandes marques qui ont les moyens de mettre en œuvre ces systèmes, est ce que ce sont celles qui contribuent au progrès durable ? que proposer à ces personnes? Elles n’ont même pas une info simple et claire sur les provenances et les interventions humaines sur ces produits (où ? par qui ? dans quelles conditions ?)
    Moi j’ai la chance de gagner un peu mieux ma vie mais ne peux plus aller chez « le boucher du coin » qui est le seul à pouvoir maitriser le circuit raccourci sur la provenance de « sa » viande, il est devenu trop cher…
    Que faire ? que pouvons nous faire à notre niveau : habitant de bordeaux, salarié dans une entreprise dans cette ville…
    Moi, Je n’ai pas envie d’acheter de la viande dans un super marché parce qu’elle a parcouru 10 fois plus de kilomètres que celle de mon boucher du coin. Je n’ai pas envie de manger du riz cultivé par des petits agriculteurs qui gagneraient mieux leur vie et renforceraient l’équilibre agricole de leur pays en cultivant des produits locaux vendus sur place. Mais voilà, malgré un salaire au dessus de la moyenne (2300 € nets) avec mes 2 filles en garde alternée, je ne peux pas acheter bio, équitable, ou en commerce de proximité… et il y a aussi la question du temps : je ne peux pas tout faire, travailler 40 à 45 heures en moyenne par semaine (ah, « travailler plus pour gagner plus !... ») et prendre le temps de trouver des aliments qui répondent à mes préoccupations d’environnement ou sociales… Il y a qqes mois, j’ai proposé de faire venir une association qui fournit des « paniers » au sein de mon entreprise. Je n’ai pas trouvé le nombre de personnes suffisant : pas le temps de cuisiner… (et oui : les bons de réduction, ça rend accro aux plats préparés !...)…
    Je ne suis pas d’un naturel pessimiste mais j’aimerai partager ces inquiétudes avec vous parce que je suis sure qu’il y a des solutions !... bordeaux a une taille et une réactivité qui permettra de réagir avec « l’élasticité » de la proximité et la puissance de sa taille ? Alors… vous me dites ?
    Bonne soirée
    Cordialement
    Christine
    christine mirabel pareyt
  • philippe d.
    Le 13 Avril 2008 à 20 h 07 min
    Ces incursions à rythmicité variable selon chacun dans les hypermarchés et centres commerciaux de périphéries me semblent être ressenties par beaucoup, et de plus en plus, comme des corvées abrutissantes et déhumanisantes. Jacques TATI aurait bien pu filmer cela. Circulation dans l’encombrement des rocades d’accès, recherche de la place de stationnement puis du chariot et enfin des produits objets de la quête.
    Enfin… Enfin presque, parce qu’il y a encore la file d’attente à la caisse, le chargement des biens acquis dans le coffres des véhicule, la remise en place du panier à roulettes sous son abri, sans compter aussi, la sortie du parking, la re-circulation sur la rocade…
    Les samedis du bonheur en somme !

    Bon, ne nous plaignons pas, certains n’ont pas ces soucis ; certains d’ici ou de beaucoup plus loin dont la presse se fait l’écho, mais si peu en fait…
    Justement peut-être, un peu plus de mesure, de proximité, et je reprends votre mot si vous le permettez parce que si pertinent me semble t-il, d’amabilité.
    L’amabilité dans la Cité. Oui, si je peux là aussi me permettre de le dire, c’est bien trouvé !
    Comment prétendre résoudre un conflit, une famine, revenir à un équilibre sur notre planète sans commencer par écouter, par apprendre à écouter, à dialoguer dans l’espace de proximité de son lieu de résidence.
    On passe à coté de l’essentiel, l’essentiel d’aujourd’hui et celui de demain.
    Enfin, je crois…
    philippe d.
  • daniel ciccia
    Le 13 Avril 2008 à 18 h 38 min
    Pensons à Broadway, le chemin des boulangers, mais aussi à celui des poissonniers. Ce qui n'est pas réalisable en réel, les commerces étant eux aussi implantés en fonction d'une géographie et d'une historicité des lieux urbains, l'est dans l'économie numérique.
    Je fais cette réflexion à la suite de la lecture de votre note, Monsieur Juppé, parce qu'un jour, j'ai regardé comment fonctionnaient un certain nombre de pizzaiolos, vendeurs de kebabs, etc. Certains avaient consenti un investissement pour se doter d'une petite flotte de deux roues pour assurer des livraisons de leurs produits.
    Je voyais à côté le buraliste, vendeur de journaux et de magazines, le fleuriste, deux rôtisseurs, un traiteur.
    Je me suis dit qu'il y avait un manque d'organisation et de coordination entre eux et, parce que j'aime bien éprouvé un peu les choses, j'ai réalisé en même temps que m'efforçais d'apprendre une langage informatique, PHP pour ne pas le nommer, j'ai réalisé un site internet de base pouvant s'adapter à tous types de commerce et je l'ai proposé, gratuitement, à deux des pizzaiolos, en essayant de développer cette idée, en me disant qu'une prochaine étape pouvait être l'unification en virtuel de ces potentiels, chacun restant maître dans ce qu'il fait la cuisine, la confection de composition florales, etc, mais que la partie "déplacement" elle pouvait être commune et identifiée on pas comme comme le scooter de pizza-pizza mais celui de l'avenue des Pyrénées, puisque c'était elle mon banc de réflexion.
    Les consommateurs aiment la qualité des produits, le contact avec un petit commerçant, mais ils aiment aussi l'organisation, ce les hypermarchés savent très bien faire avec des économies rationalisées.
    Je pense que le commerce de proximité, s'il veut conserver son nom doit l'adapter à son époque et optimiser son service.
    Cela passe par une organisation sur internet, un déploiement sur la téléphonie mobile, de sorte que de chez soi il soit possible de commander sa pizza (c'est une obsession chez moi sans doute due à mes origines) une bouteille de vin, des croissants le matin avec un journal.
    Et même, en poussant très loin le raisonnement, en créant un système de gestion des itinéraires via les potentiels de la géolocalisation appliquée à l'itinérance.
    De sorte que même l'entreprise qui assure les livraisons soit vraiment opérationnelle et que chaque parcours destiné à servir un nombre x de clients soit aussi parfaitement que possible économique et ponctuel.
    Deux clés pour gagner une crédibilité et manifester la modernité et l'identité du commerce local.
    Deux univers ne sont pas incompatibles.
    Je ne suis pas hélas ingénieur pour développer de telles choses, mais j'y ai pensé.
    C'est un drôle de remue-méninge que vient de m'inspirer votre note du jour.
    Quand les premiers ordinateurs sont sortis, j'ai eu un Amstrad et je l'aimais bien.
    daniel ciccia
  • christophe chassin
    Le 13 Avril 2008 à 18 h 22 min
    Monsieur Juppé,

    Electeur de droite depuis toujours, je m'étonne de votre silence au sujet de la loi OGM que la majorité vient de voter. Je sais que l'environnement est un sujet qui vous tient à coeur, et je ne comprends pas votre discrétion.

    Vous l'avez compris, je suis contre les cultures massives d'OGM dans notre pays. Tout simplement parce que j'estime que c'est une loi liberticide. Les cultures OGM vont en effet contaminer inévitablement les cultures traditionnelles du fait de la dissémination. A l'avenir, je ne pourrai donc plus, si je le souhaite, consommer des aliments sains et authentiques. Les cultures OGM vont me priver du droit de me nourrir comme je le veux, ce qui est à mes yeux inacceptable. Je dirige une start-up, nous avons créé un service internet très innovant (nous cherchons des fonds et des partenaires pour le commercialiser), donc je n'ai rien contre l'innovation et le progrès, bien au contraire. Mais pour moi, le progrès doit toujours être synonyme de liberté. Avec les OGM, ce ne sera pas le cas : ce "progrès" sera totalitaire. Et sans retour. Quelle responsabilité pour les hommes politiques d'avoir voté cette loi ! et quel sentiment de trahison pour les citoyens ! Pour moi, la droite est maudite pendant 20 ans.

    Apparemment, il y a un pacte droite/gauche autour de ce sujet, car les media et les politiques font tout pour éviter d'aborder le sujet ou pour nous influencer en faveur des OGM (voir Figaro, etc..). Les enjeux éconmiques sont-ils à ce point importants ? N'est-il pas possible de faire seulement de la recherche et de déposer si nécessaire des brevets sans mise en culture à grande échelle ? Doit-on céder aux semenciers et à certains agriculteurs, qui ont pu empoisonner les sols et dégrader notre environnement sans être inquiétés pendant des décennies. Les gens ne supportent plus ce type d'abus, cette impunité, cette capacité de nuisance extraordinaire d'un petit nombre sur la majorité. Il faut que cela cesse.

    Bien cordialement

    Christophe CHASSIN
    christophe chassin

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé
Alain Juppé 2017
5 ans pour l'emploi
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