Blog Notes d'Alain Juppé

Alerte orange

Publié le 28/03/2013 par Alain Juppé

 L’économie française doit affronter une situation d’une extrême gravité.

Le contexte européen est, c’est le moins qu’on puisse dire, peu favorable. L’année 2013 sera une année de stagnation. Les turbulences de la zone euro qu’on pensait derrière nous sont brusquement ravivées par le cafouillage désastreux auquel a donné lieu la « gestion » de la crise chypriote. Comment des personnalités responsables (lesquelles au juste? car tout le monde se renvoie la balle) ont-elles pu annoncer une ponction sur des dépôts bancaires de moins de 100 000 euros, alors même que les instances de la zone euro s’étaient engagées à garantir les dits dépôts? C’est le meilleur moyen de provoquer la panique des petits épargnants dans toute la zone, avec des conséquences sismiques sur le système bancaire. C’est aussi un terrible encouragement à l’euro scepticisme, qui est en train de se transformer en un sentiment de franche hostilité envers l’Europe dans de nombreux secteurs de nos opinions publiques.

Quant à la France, elle se trouve aujourd’hui piégée.

Le discours ambiant depuis un an qui a stigmatisé l’entreprise privée et les entrepreneurs (assimilés aux « riches) , le sévère matraquage fiscal qui a frappé toutes les catégories de contribuables ont mis en panne tous les moteurs de la croissance: l’investissement, suspendu non seulement dans les grands groupes mais aussi dans les PME , la consommation freinée par la baisse du pouvoir d’achat dont l’INSEE vient de dresser le constat, sans parler de l’exportation qui souffre de notre perte de compétitivité.

Résultat: croissance zéro. Avec les conséquences que l’on connaît: montée persistante du chômage, détérioration des comptes publics. Aucun des objectifs affichés par le nouveau Président et le nouveau gouvernement n’est atteint.

Il va être terriblement difficile de sortir de la trappe.

Nous serons cette année l’un des tous premiers émetteurs de dette publique de la zone euro. Si nous voulons éviter que les marchés se montrent réticents à notre égard, il faut leur prouver notre détermination à maîtriser nos déficits, même si nous prenons, avec l’accord de Bruxelles, un peu plus de temps que promis.

Or il n’y a que trois leviers pour réduire les déficits publics: la croissance et elle n’est pas au rendez-vous; l’augmentation des recettes et nous n’avons plus de marge de manoeuvre fiscale au delà de l’énorme ponction déjà dans les tuyaux; et enfin la réduction des dépenses. Nous n’y couperons pas, ce qui va nous exposer à deux risques majeurs : le risque de retarder le retour de la croissance, par l’effet récessif des  amputations budgétaires (je pense notamment au budget de la défense qui ne peut être encore réduit sans remise en cause fondamentale de ses missions et sans grave fragilisation de notre industrie de défense) et un risque politique dont il est difficile d’apprécier la mesure. 

Les économies budgétaires incontournables seront, en effet, terriblement impopulaires. Appelons un chat un chat. Il s’agit de savoir si nous sommes prêts à accepter:

– une réforme de la politique familiale qui rompra avec le principe d’égalité des prestations sur lequel elle est fondée depuis un demi-siècle;

– un nouveau report de l’âge de départ à la retraite et un allongement supplémentaire des durées de cotisation;

– une refonte de l’indemnisation du chômage qui tienne compte du récent et très lucide rapport de la Cour des Comptes;

– les moyens de faire respecter strictement l’objectif national annuel d’évolution des dépenses de santé;

– une simplification de ce qu’on appelle le « millefeuille » territorial, c’est-à-dire l’empilement des structures communales, intercommunales, départementales, régionales et étatiques;

etc…

Toutes ces réformes sont explosives.

Pour avoir une chance de les faire comprendre et accepter, il faut maintenant une thérapie de choc : dire la vérité; sonner le rassemblement en renonçant à des réformes non prioritaires qui divisent les Français ; changer de discours et de politique économique en remettant au premier plan de nos objectifs l’investissement, l’innovation et la compétitivité.

Le Président en a-t-il l’intention ? la volonté ?  les moyens politiques face à une majorité profondément divisée et qui commence à lui mener la vie dure? Réponse ce soir… 

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé
Alain Juppé 2017
5 ans pour l'emploi
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