Blog Notes d'Alain Juppé

Appel à l’unité

Publié le 01/06/2014 par Alain Juppé

Une fois le séisme passé, il faut reconstruire.

D’un côté, le socialisme français en pleine déroute, sans doute pour longtemps parce que le parti socialiste et la gauche en général sont prisonniers d’une vision du monde dépassée.

De l’autre côté, le Front National qui nous promet une France barricadée dans ses frontières, protectionniste, fermée à l’Europe avec laquelle nous faisons l’essentiel de nos échanges; une France rétrograde, passéiste, fermée aux évolutions des moeurs et de la société qui change sous nos yeux ; une France apeurée, hostile à la mondialisation , fermée aux autres et à l’enrichissement mutuel des cultures.

Notre responsabilité est lourde : pour éviter que notre pays ne s’engage dans l’une ou l’autre de ces impasses , il nous faut reconstruire une grande force politique capable de redonner aux Français confiance en eux-mêmes, dans les atouts de la France, dans notre avenir commun en Europe et dans le monde.

Cette force politique aura d’autant plus de chances de convaincre une majorité de Français qu’elle rassemblera largement tous ceux qui se sentent de droite et du centre.

C’est très exactement le projet qui a conduit à la création de l’UMP. Pendant des années, nous avions souffert des rivalités entre le RPR et l’UDF qui, en 1981, puis en 1988 nous avaient valu de sévères défaites. Si nous avons gagné les législatives de 1993, ce fut grâce au travail en commun que les dirigeants du RPR et de l’UDF avaient eu la sagesse de mener à bien. Après le premier séisme que constitua le 21 avril 2002, il apparut clairement que l’union de le droite et du centre devenait une condition de survie. C’est alors qu’est née l’UMP qui regroupait en son sein des gaullistes, des libéraux et des centristes. Elle a fait bloc en 2007 autour de Nicolas Sarkozy, et a ainsi contribué à sa victoire.

Il nous faut aujourd’hui renouer avec ce principe fondateur tout en prenant en compte, cela va de soi, le contexte de 2014 qui n’est pas celui de 2002.

L’UMP est un grand parti de droite qui rassemble des sensibilités diverses.

La droite la plus vigoureuse, qu’elle se dise forte, populaire ou sociale, y a toute sa place, dès lors qu’elle reste intransigeante dans son refus de tout rapprochement avec le FN.

Il y a aussi des centristes au sein de l’UMP. Il est dommage que nous n’ayons pas su garder dans nos rangs tous ceux qui avaient fondé avec nous l’UMP et qui se sont regroupés dans l’UDI.

Et il y a dans l’UMP des responsables et des militants, qui dans la fidélité à leurs racines libérales, sociales, gaullistes sont soucieux de rassembler le plus largement possible, et d’apaiser les tensions qui fragilisent notre société.  

Racines libérales, parce que le libéralisme, dans l’histoire des idées politiques, c’est d’abord le combat de la liberté contre l’oppression. Liberté de la personne humaine qu’on voit menacée aujourd’hui , dans nos sociétés démocratiques , par des techniques de communication intrusives, irrespectueuses de nos vies privées, que nous devons absolument maîtriser si nous voulons échapper à des formes nouvelles d’oppression. Racines libérales aussi parce que l’histoire nous apprend que seule la liberté d’entreprendre, d’innover, de créer dans une économie de marché, évidemment régulée, est source de croissance et d’emploi.

Convictions sociales parce qu’une société et une économie ne connaissent la stabilité que si la cohésion sociale est assurée. Et pas de cohésion sociale sans solidarité entre ceux qui peuvent le plus et ceux qui peuvent le moins, à condition que le principe de responsabilité s’impose à tous pour éviter les abus.

Attaches gaullistes enfin qui, pour moi, signifient amour de la France, de son histoire, de sa culture, de sa langue, de son message humaniste… bref de tout ce qui fait son identité heureuse, y compris l’ouverture aux autres dès lors que les autres respectent nos valeurs.

Je suis convaincu que ces diverses sensibilités peuvent s’épanouir au sein d’une UMP fidèle à son principe fondateur.

Mais, même renforcée, l’UMP ne gagnera pas seule. Elle doit parler avec ses partenaires du centre qui sont prêts à partager avec elle une vision commune du gouvernement de la France et des profondes réformes qui conditionnent le sursaut français. Je souhaite sur ce point comme sur d’autres une clarification de notre ligne politique qui ne peut venir que du congrès de nos militants. Si j’ai parlé de congrès re-fondateur, c’est bien dans cet esprit. A chaque sensibilité de faire ses propositions. A nos militants de fixer le cap.

 

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé
Alain Juppé 2017
5 ans pour l'emploi
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