Blog Notes d'Alain Juppé

Au jour le jour

Publié le 19/01/2006 par Alain Juppé

Le thermomètre joue du yoyo: certains jours, il passe très sensiblement au dessus des moyennes saisonnières (= au dessus de 0°C), et puis, sans transition, plonge dans le
« rouge »:-34°C dimanche dernier au sommet des pistes de ski (en tenant compte, bien sûr, du « facteur vent », plus officiellement nommé « facteur de refroidissement éolien »). La batterie de ma voiture, qui couche dehors, m’a lâché!
Les patinoires du quartier, où Isabelle et les enfants vont évoluer, souffrent de ces variations de température: les employés municipaux qui les entretiennent amoureusement, nous expliquent qu’il faut un bon -15° chaque nuit pour que la glace soit parfaite le lendemain.

J’ai commencé mes cours à Québec.
Chaque mardi je prends le train Montréal-Québec. On répète souvent qu’en Amérique du Nord, les trains, « c’est pas terrible! » Surprise: ponctualité (à en juger,du moins, après deux allers-retours), confort, et surtout amabilité du personnel de VIA (l’équivalent de la SNCF) qui vous accueille sur le quai, vous installe à votre place, vous explique les consignes de sécurité (comment casser la vitre en cas d’urgence), prend soin de vous tout au long du voyage et vous salue cordialement à l’arrivée. On croit rêver! Et le traitement est le même en 1° et en 2°.

Mes étudiants m’ont fait forte impression. Le premier exposé oral qu’ils m’ont présenté avant-hier, sur la diversité culturelle et l’avenir de la langue française, était excellent, bien documenté et bien construit.

Deux conférences hier devant des publics de jeunes.
Le matin à Québec, dès 7h30, à l’invitation des « Jeunes de la Fonction Publique » québécoise: les conséquences de la mondialisation sur le rôle des Etats et donc sur l’avenir des fonctions publiques.
Je tente de les rassurer: je suis frappé de constater combien la nécessité de construire ou de faire vivre des Etats « capables » est aujourd’hui reconnue et proclamée, à la fois par des intellectuels (F. Fukuyama par exemple) et par des organisations internationales, à commencer par l’ONU.

Le soir à 18h à l’Université McGill devant un amphi de 200 étudiants (en grande majorité francophones mais avec une proportion non négligeable d’anglophones selon les organisateurs). Thème: la situation en Europe et en France après l’échec du référendum sur la constitution européenne. La partie « questions-réponses » qui suit mon exposé est particulièrement longue et dense. Je sors de là lessivé. Mais ils ont bien respecté la règle du jeu: rien sur la politique intérieure française et la « pré-campagne » présidentielle.

Le bureau de l’association organisatrice de la rencontre m’invite ensuite à dîner dans un sympathique restaurant japonais (sur tatamis…) C’est passionnant de les écouter: ils sont un peu atypiques car ils ont tous vécu la plus grande partie de leur jeune existence à l’étranger (l’une est née à Pékin, l »autre a passé 7 ans aux Etats-Unis…). Mais ils ont tous leur idée sur les mérites comparés de l’enseignement en France et en Amérique du Nord. Ils sont unanimes à trouver le système canadien plus souple, plus respectueux de leurs capacités d’initiative.

La campagne électorale fédérale bat son plein. Le scrutin aura lieu lundi prochain.
J’observe… Je note bien des ressemblances avec la vie politique française: les candidats en présence ne se font pas de cadeau (avec une arme qui n’existe pas chez nous: la publicité comparative – et souvent fortement agressive!- à la télé.)
Mais surtout, je vois que les intentions de vote ont évolué fortement au fil de la campagne: les conservateurs, semble-t-il, font une percée, y compris au Québec au détriment du Bloc Québécois.
C’est une règle assez généralement vérifiée en démocratie: une campagne peut changer le rapport de forces; rien n’est jamais acquis…
19/01/06

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11 commentaires pour « Au jour le jour »
  • Alain Vallée
    Le 08 Mai 2006 à 13 h 02 min
    je commence à douter de notre capacité à sortir de ce trou noir vers lequel la France semble entraînée depuis quelque temps et particulièrement depuis l'échec du référendum de la faute des mauvaises explications et de la non explication des enjeux par ceux qui défendaient le oui.

    Et pourtant je reste persuadé que nous aurions les capacités d'être à notre place en tête de l'Europe, si nous voulions cesser de geindre et nous mettre au boulot!

    Européen convaincu et viscéralement convaincu je souffre depuis cet échec de voir nos jeunes incapables d'en découvrir les bienfaits.

    Je suis inquiet de l'état de la FRANCE, de ses institutions, de la société, de cet individualisme, de la montée des communautarismes, de notre endettement, de l'incapacité de l'Etat à se reformer,
    et surtout et c'est ce qui me rend vraiment pessimiste c'est la manière dont tous les partis veulent désigner leur candidat!

    Il faut en revenir à l'esprit de l'élection présidentielle : une démarche entre un homme et la nation, et je ne vois que vous pour incarner enfin ce renouveau!

    Il y a plusieurs manières de servir son pays c'est vrai, il faudrait le dire à tous ces gens qui rèvent de l'Elysée devant leur glace le matin...
    et qui n'en peuvent plus d'ambitions!
    à droite comme à gauche d'ailleurs!

    depuis plusieurs années, je suis sûr que des milliers de français attendent que vous reveniez pour redonner un espoir à cette majorité un peu perdue
    et pour remettre à leur place...
    ces députés qui n'ont qu'une peur aujourd'hui, celle de perdre leur siège...la France? bof! ça, on verra plus tard!!
    Une majorité qui doit faire pleurer notre Grand Charles au ciel!

    Revenez nous avons besoin d'un homme qui sache tenir sous les tempêtes et montrer le chemin!
    Revenez!

    Cordialement

    Alain Vallée
  • Bruno Pineau-Valencienne
    Le 25 Janvier 2006 à 22 h 50 min
    A FRESH START FOR CANADA / UN NOUVEAU DÉPART POUR LE CANADA

    Regard d'un Franco Canadien sur la victoire de Stephen Harper.

    Les électeurs canadiens avaient le choix entre «nettoyer les écuries d'Augias» en élisant un premier ministre conservateur, réformateur et vraiment libéral (Quelle ironie !) afin de donner au pays l'impulsion nécessaire pour se moderniser ou reconduire tristement au pouvoir des libéraux de Paul Martin fatigués, plus centralisateurs et interventionnistes que jamais ! Ils ont finalement tranché, punissant le premier ministre sortant plombé par une campagne calamiteuse et victime du «syndrome jospin» où se sont mêlés arrogance et cafouillages éclipsant une plateforme électorale déjà très vieillissante.
    À contrario, La presse canadienne reconnaît unanimement le succès personnel de Stephen Harper, celui ci ayant finalement réussi à reconquérir le centre de l’échiquier politique laissé vacant par les trois autres partis (Le Parti Libéral, le Parti Néo Démocrate et le Parti Vert) qui ont plutôt convoité un électorat de gauche extrêmement volatile en proie à ses propres divisions. En misant sur un fédéralisme d’ouverture, Stephen Harper a non seulement adouci son discours se faisant plus pragmatique et rassurant mais il a redoré le blason des fédéralistes au Québec en portant des coups très durs aux indépendantistes qui ont perdu des plumes dans cette élection. L’option souverainiste a certainement du plomb dans l’aile et C’EST UNE BONNE NOUVELLE pour l’unité canadienne et pour le Premier Ministre Fédéraliste du Québec Jean Charest ! Il convient de saluer au passage la lucidité politique des Québécois qui ont opté pour un Québec fort au sein d’un Canada meilleur et c’est tout à leur honneur. Ils ont compris qu’en envoyant le maximum de députés conservateurs à Ottawa, ils accroissent d’autant le poids politique du Québec au sein du futur cabinet qui devrait être beaucoup plus restreint et rajeuni. Stephen Harper n’aura cependant pas réussi à convaincre la populeuse région de l’Ontario et tout particulièrement Toronto et sa grande couronne où les électeurs se sont montrés réfractaires aux changements tout comme en Colombie Britannique où les Néo Démocrates de Jack Layton ont donné du fil à retordre aux candidats conservateurs. L’électorat canadien a sanctionné les libéraux de Paul Martin sans pour autant donné un chèque en blanc à notre jeune tout nouveau Premier Ministre lequel doit désormais faire ses preuves pour augmenter son score lors des prochaines échéances et remporter l’adhésion des grands centres urbains (Montréal, Toronto et Vancouver) qui l’ont quelque peu boudé ce 23 Janvier 2006. La victoire est courte mais le vote est historique après quatre mandats consécutifs sous la houlette des libéraux et 12 années de purgatoire pour une droite canadienne qui a su renaître de ses cendres en fondant un seul grand parti, fusionnant l’Alliance Réformiste de l’Ouest et les Progressistes Conservateurs de l’Est en 2003. Pari gagné pour Stephen Harper qui dispose néanmoins d’une marge de manœuvre étroite au parlement avec seulement 124 sièges sur 308 (155 étant le nombre de sièges requis pour obtenir la majorité) l’obligeant à nouer des alliances ponctuelles avec les autres partis au cas par cas pour appliquer son programme. Le Bloc Québécois avec 51 sièges a d’ores et déjà annoncé qu’il collabora avec les Conservateurs si ces derniers respectent leurs engagements de régler l’épineux dossier du déséquilibre fiscal entre Ottawa et les provinces et d’assurer au Québec une place de choix au sein de grands organismes internationaux comme à l’UNESCO par exemple. En général, la durée de vie d’un gouvernement minoritaire ne dépasse pas deux ans. Personnellement, je ne croirais pas que le nouveau gouvernement tombe rapidement pour plusieurs raisons. Tout d’abord les caisses des partis sont vides après 56 jours d'une campagne harassante, l’une des plus longues au Canada et je met au défi les partis de l’opposition de tenter de renverser ce nouveau gouvernement sans risquer de devoir assumer l’odieux que les électeurs leur feraient alors porter. À cet égard, les Canadiens veulent tourner la page et entrevoient désormais l’avenir avec optimisme après tous ces scandales qui ont éclaboussé le parti libéral. Ils aspirent donc à plus de stabilité. En second lieu, la démission de Paul Martin à la tête du parti libéral va canaliser toutes les énergies des libéraux pour lui trouver un successeur et il est pratiquement certain que les couteaux vont voler très bas ! Dans ces conditions, les conservateurs peuvent jouir d’un certain répit ...Les défis sont donc importants pour Stephen Harper qui a toutes les qualités pour assumer ses nouvelles responsabilités et saura user habilement de ses talents de négociateur pour moderniser le pays et raffermir les liens entre «les deux solitudes» tel que l’avait exprimé notre Gouverneur Générale Mikaële Jean lors de son assermentation en référence aux peuples et aux individus de l’Est et l’Ouest Canadien, éloignés géographiquement mais aussi culturellement. Sur le plan économique, les mesures fiscales et les baisses d’impôts promises devraient fouetter une économie canadienne déjà très robuste et amplifier la création d’emplois. Les Etats-Unis peuvent compter sur un allié sûr notamment dans la lutte contre le terrorisme qui frappe partout jusqu’en en Afghanistan où les troupes canadiennes, très exposées et ayant déjà payé un lourd tribu, font un travail remarquable dans des conditions périlleuses, tout comme les militaires français à leurs côtés, engagés sur ce théâtre d’opérations dans le seul but de faire triompher la démocratie. Par ailleurs les litiges commerciaux avec les Etats-Unis ne manquent pas eu égard à la question du bois d’œuvre mais l’heureux élu fera preuve de beaucoup plus de doigté que son prédécesseur. Il devra également veiller à diversifier les relations commerciales avec d'autres pays afin d'assurer la prospérité aux générations futures et les rendre moins vulnérable sur le plan économique. Faut il rappeler que plus de 80% de nos échanges se font avec les États-unis. L'enjeu est important mais l'intéréssé l'a souligné au tout début de sa campagne.
    Puissions nous espérer que l’élection de ce jeune Premier Ministre de 46 ans, économiste de formation, lancé sur les traces de Brian Mulroney qui fut le chantre du libre échange avec Ronald Reagan dans les années 80 avec l’avènement de l’ALENA, inspire le courant réformateur libéral français et la classe politique dans son ensemble compte tenu des liens étroits et indéfectibles qui unissent nos deux pays. BONNE CHANCE STEPHEN !


    Bruno Pineau-Valencienne, MBA





    Bruno Pineau-Valencienne
  • Benjamin Aim
    Le 20 Janvier 2006 à 22 h 12 min
    Bonjour Monsieur,
    je suis étudiant français résident depuis 2 ans à Montréal. Je trouve que les mots liberté et respect ont des nuances appréciables ici. Libertés de choix, de changer, de penser, de créer sans contrainte. Respect de soi, des autres, des différences et de l'environnement.

    Je fais des études en sexologie, discipline scientifique qui a pour objet la sexualité humaine. Inutile de préciser que la sexologie en France est un autre métier et que j'aurais du mal à la pratiquer dans les mêmes conditions qu'au Québec. Mais on verra bien... je pense qu'elle en a besoin comme tout autre pays moderne.

    Je pense qu'on aime "mieux" la France quand on prend du recul. Vue d'ici, la France souffre de beaucoup de frustrations et manque de motivations communes. La vie médiatico-politique française est la plus intéressante et la plus riche du monde. Je n'ai que 24 ans et il y a une phrase (amusante et m'effrayante à la fois) qui est prononcée tout azimut par tous les représentant(e)s politiques qui ne pensent qu'à leur avenir politique, que j'entends depuis que je suis né : "ce que les Français veulent c'est...". Et ils se trompent tous, évidemment, car on ne sait ap snous-mêmes ce que l'on veut... on sait ce que l'on ne veut pas. D'abord je pense qu'en France, on choisit plus un homme (ou peut-être une femme) qu'un programme, avec tous les risques que cela comporte. Personnellement je ne crois pas en l'homme providentiel qui sauverait le pays. Je crois en l'exemplarité de la classe politique. Comment prôner le respect de l'autre quand les elle ne s'autorespecte pas et qu'elle ne respecte pas ses engagements ? Comment rassembler un peuple quand ceux qui les représentent "s'extrémisent" ? Comment intégrer les citoyens à la politique ? Pour cela, il faut être sincère, il faut les y intéresser. Il faut arrêter la politique sparadra à la française qui réagit au lieu de prévenir. Pour cela, il ne faut pas de biais médiatique et il ne faut pas "d'élite intellectuello-philosophico-merdique" qui pensent savoir mieux que tout le monde parce qu'ils ont écrit quelques livres. Je pense qu'il faut redynamiser la citoyenneté française en réinventant des rassemblements républicains citoyens (mix entre cahiers de doléances et des propositions de solutions concrêtes), peu importe les clivages idéologiques, politiques, culturels et sociaux ; une sorte de tribune citoyenne nationale.
    Pour finir, une petite citation de Jean-Francois Revel : "La civilisation démocratique est entièrement fondée sur l'exactitude de l'information. Si le citoyen n'est pas correctement informé, le vote ne veut rien dire."

    Respectueusement
    Benjamin,

    PS : Pourquoi ne pas réagir aux réactions sur votre blog ? Le débat serait plus enrichissant...

    Benjamin Aim
  • François Tremblay
    Le 20 Janvier 2006 à 20 h 16 min
    Vous qui semblez si bien connaître le Québec, vous devriez savoir que la grande majorité des gens prennent le bus ou le covoiturage pour se rendre à Québec. Le train coûtant deux à trois fois plus cher, c'est peut-être pour cela qu'on vous accueille sur le quai. Je vous garantis que personne ne vous attend quand vous descendez du bus... J'espère que votre vision de la France n'est aussi pas biaisée que celle que vous avez du Québec. Enfin, cela fait à peine un an que vous êtes ici, vous êtes dans la phase de découverte et vous comparez tout avec la France mais restez ici plus longtemps et vous verrez que si toutes les réalités ne se ressemblent pas, l'herbe n'est pas plus verte ailleurs. De plus, la SNCF fait un très bon travail compte tenu du nombre de passagers et de la réalité française. Il aurait été bon d'en faire part.
    Cordialement
    François Tremblay
  • cedric belmar
    Le 20 Janvier 2006 à 20 h 05 min
    bonjours mr le maire !

    et oui pour beaucoups de bordelais vous l'etes toujours !
    je suis jamais venu sur ce " blog " ,l'emission du mercredi 18 janvier sur france 3 " des racines et des ailles " consacrée a Bordeaux m'en a convaincu.

    je me presente belmar cedric , bastidien de toujours ,dea en economie et finances internationales,32 ans sans emploi malheureusement,on s'est croisé !(ikea bx lac ,j'avais un job etudiant "caddyman " mr etait avec madame ),puis a d autres situations plus officieles.

    l'emission du 18 janvier " des racines et des ailes " m'a laissée pleine d'emotions,etant de la rive droite je visualise la façade des quais tout les jours ,de la petite lumiere du matin à celle du soir,me disant tout simplement c beau !
    Mais ce reportage et cette candidature de bordeaux à' l'unesco m'a fait un profond plaisir :bordeaux que j'ai toujours connu,ville du patrimoine mondial,ça fait tres chaud au coeur !

    Pour beaucoups votre arrivée sur bordeaux,en tant que maire fut une surprise mi landais-mi parisens :il est pas du pays ,un pion pour cacher les affaires de chaban ,les travaux,le metro est un luxe pour bordeaux et les impots qui vont avec !

    Cependant dans ce reportage ,dans cette renaissance de bordeaux confirmée par tous ,je regrette que l'emulsion si forte de votre travail soit si peu affiché,et je pense tres sincerement que deja la possibilité que l'unesco retienne cette candidature tiend beaucoups a vous.

    voila le pourquoi de ce mot !

    à bientot !
    cedric belmar
  • paul vidal
    Le 20 Janvier 2006 à 19 h 03 min
    Monsieur Juppé,

    suite à notre rencontre éclair sur le vieux port de Montréal un dimanche après-midi d'avant Noêl, j'ai nourri le souhait de vous faire part de deux initiatives fortes prises par le Québec dès 1997 en matière de lutte contre le chômage et qui semblent porter de beaux fruits;

    Dans le cadre d'une loi dite 150, une métamorphose du service public de l'emploi a été entreprise sur les principes suivants:
    - la réponse apportée aux usagers constitue la primauté et la clef d'entrée de tout;
    - remise à plat et réduction des multiples mesures et dispositifs complexes entremêlés;
    - assouplissement du cadre normatif et contrôles à postériori,
    -décentralisation des modalités de mise en oeuvre des orientations stratégiques, avec participation des partenaires à tous les niveaux,
    - affectation budgétaire tenant compte des handicaps et atouts régionaux,
    - imputabilité et responsabilité budgétaire aux différents niveaux,
    - évaluation ponctuelle des impacts
    - relance systématique des usagers 12 semaines après la fin des parcours d'insertion,
    - élaboration d'un dispositif d'information sur le marché du travail


    Les solutions qui ont été appliquées sur ces bases et dans un contexte étrangement ressemblant à celui que nous connaissons en France aujourd'hui (politique de l'emploi coûteuse et peu efficace, complexités et rigidités nombreuses, pas ou peu de coordination entre partenaires et dispositifs,approches segmentées par caractéristiques "civiles ou sociales" -jeunes, séniors, femmes, handicapés,cadres etc-, pas de visibilité organisée du marché du travail ...)semblent donner de très bons résultats à travers le prisme des indicateurs de l'OCDE (et notamment par comparaison à la situation française)

    IL y a donc, de mon point de vue, deux facteurs de succès essentiels à prendre en compte:
    - la réforme de l'institution du service public de l'emploi (devenue "Emploi-Québec")
    - l'outil d'information sur le marché du travail (appelé l'IMT)

    Ces deux éléments ont contribué à transformer l'action publique, à la rendre visible et lisible; une mention particulière pour l'IMT qui est devenue une réfèrence pour les professionnels et le grand public en quête d'information sur les perspectives de métiers et des secteurs professionnels (à des niveaux géographiques fins et à 5 ans), au moment de construire des parcours et des dispositifs de formation, notamment;

    J'espère, par cette présentation -très succincte- saura attirer votre attention sur des expériences qui, j'en suis persuadé, pourraient utilement inspirer la politique française en la matière

    Si vous souhaitez en faire la découverte concrète, les contacts à établir se situent au niveau d'"emploi-Québec"; connaissant bien les personnalités qui portent avec conviction et efficacité ces évolutions institutionnelles, je peux aussi vous communiquer des noms

    Je vous souhaite un excellent séjour dans ce magnifique et attachant Pays

    Paul Vidal

    ANPE France
    paul vidal
  • Paul-Eric HEUGAS
    Le 20 Janvier 2006 à 17 h 20 min
    Notre paradoxe en France aujourd'hui est à la fois de stigmatiser l'incapacité de nos politiques à nous redonner de l'optimisme et insidieusement de les rendre responsable de tous nos maux , mais aussi d'attendre d'eux la solution à tous nos problèmes attendant le "messie" qui apportera solutions a chacun ou le temps d'une campagne électorale aura toutes les bonnes idées pour résoudre les problèmes cruciaux de notre Pays.(c'est fou comme un an avant chaque élection présidentielle nos hommes politiques ont des idées rénovatrices et salvatrices..)
    Il ne s'agit pas bien sûr d'occulter le rôle extrêmement positif de l'Etat dans notre Pays (éducation, soins, infrastructures etc..)certes perfectible mais qui a le mérite d'exister et ma foi de n'être pas le plus mauvais loin sans faut, mais si l'on attend tout de cet état nous nous transformons en assistés et donc en mécontents permanents.
    Lorsque nous serons dans une logique 80/20, je dois réaliser 80% des efforts pour améliorer mon quotidien et l'état m'apporter les 20% restants et non comme aujourd'hui je fais l'effort pour 20% non seulement nous aurons une autre vision des politiques et de la limite de leurs actions ces derniers devant aider et accompagner la mutation de notre Pays mais surtout nous seront plus heureux sachant que le résultat dépend de nous même pour l'essentiel.
    L'initiative est dans cet objectif essentielle et doit être encouragée.
    Nous éviterons ainsi d'être de nouveau déçu par le flot de promesses qui ne vont pas tarder à nous être adressées a quelques mois d'une échéance présidentielle et qui seront aussi vite oubliées ,l'élection faite, qu'il n'en n'aura fallut pour les imprimer sur papier glacé.

    cdt
    Paul-Eric HEUGAS
  • xavier merrheim
    Le 20 Janvier 2006 à 10 h 02 min
    Bonjour Mr Juppé
    C'est sûr qu'un bel exposé d'étudiant remotive énormément l'enseignant. Cela fait croire en l'Avenir et donne un sens à notre métier. En France, nous avons toutefois tant de mal à faire fructifier cette énergie et leur capacité d'initiative. Difficile parfois de motiver une jeunesse avec un taux de chomage des jeunes aussi élevé. Difficile de donner un sens à des études qui ne sont plus la garantie de trouver un emploi. Et que dire de ces jeunes diplomés des "quartiers difficiles" qui restent désespérement sans emploi. "La situation en Europe et en France après l'échec du référendum"... Peut-être avez-vous parlé du manque de confiance en l'Avenir de la population française, de sa méfiance vis à vis de la classe politique. Qui va nous proposer un vrai projet d'espoir pour les prochaines élections ? Les fausses promesses et le populisme ne vont-ils pas triompher ? La mondialisation peut-elle nous offrir autre chose que la précarisation ?
    Désolé de vous donner des nouvelles aussi pessimistes de la France qui vont détonner avec votre sérénité retrouvée. Ne prenez pas froid. Très cordialement.
    xavier merrheim
  • Louis-Alexandre Chiesa-Alciator
    Le 20 Janvier 2006 à 02 h 41 min
    Bonsoir , et encore bonne année à vous !

    Cette remarque sur le froid m'a fait penser à deux pays où j'ai vécu : Norvège et Suède . Il y a dans la population de ces deux pays une formidable attitude collective face à un climat qui peut etre difficile ; d'autant plus que plus encore qu'au Canada l'hiver y est sombre .

    Et pourtant , les voir se promener , faire du sport , les hommes d'affaires promener leurs enfants en poussette , mon voisin tailler des buches par -7 en chemise , sur les pistes de ski de fond dans la banlieue d'Oslo des grands-mères de 70 ans par -18 ...

    Ces images d'hommes faisant face avec énergie et joie , malgré les tristes problèmes d'alcoolisme et de dépression de ces pays , ce sont des images qu'il faudrait toujours avoir en tete quand un petit peu l'on sombre dans la tristesse ou l'abattement .

    La "sinistrose" , les "déclinologues" : quand la vie c'est de sortir par grand froid , travailler pour soi et pour les autres par -20 , faire prendre l'air pur à ses enfants , quelle place y a-t-il pour ces états d'âme bien superficiels ?


    Certains se choquent de certaines "affaires" ; de faits divers sordides vieux comme l'humanité ; de "pauvres toujours plus pauvres et riches toujours plus riches" .

    Moi , ce qui me choque , c'est un dimanche de mars 2005 avec Strasbourg sous 30 centimètres de neige fraiche et -5 , sans le moindre enfant jouant dehors . Est-on encore un homme quand l'on prend peur du froid , de la neige , surtout avec notre médecine moderne ? Vit-on encore quand on ne vit le plaisir que par procuration ou par contraste avec la souffrance des autres ?

    Il y a des gens qui passent à coté de plaisirs si simples . Le déclin est peut-etre à voir là-dedans .
    Louis-Alexandre Chiesa-Alciator
  • PATRICK THENAISY
    Le 19 Janvier 2006 à 23 h 10 min
    Monsieur Juppé,
    Lire votre blog régulièrement est un grand plaisir que je fais partager à nombre de mes amis de toutes tendances.
    J'apprécie particulièrement ce que votre éloignement nous fait comprendre : à savoir que la France vue de l'étranger est un pays superbe (ce dont je me suis égalementrendu compte)et ce que la France pourrait retenir du Canada.
    De nombreux points mais certainement pas la publicité comparative des candidats politiques.
    Rien que d'imaginer une pub comparant une candidate de gauche avec un candidat de droite (toute ressemblance...)dévaloriserait encore plus les politiques français. En ont'ils besoin...
    Dans cette période déjà pré-électorale, il me semble préférable, loin de tout artifice publicitaire, qu'un homme ou une femme, comme en son temps Jacques CHIRAC, se lance.
    Qu'il (ou elle), à la rencontre de nos compatriotes, propose une vision pour notre pays et un chemin à suivre.
    Je crois les Français assez sages pour lui accorder leur confiance.
    Peut être que ce courriel, s'il est publié, donnera des idées à un(e) candidat(e), pour se déclarer.
    Tout plutôt que : "Machin-Trucmuche : le comparatif".
    Cordialement.
    PATRICK THENAISY
  • Isabelle LE CHAFFOTEC
    Le 19 Janvier 2006 à 19 h 24 min
    Monsieur,
    Hier soir, FR3 présentait Bordeaux dans le cadre de l'émission " des racines et des ailes ". Le grand théâtre a été le point central de la présentation. Il est magnifique et c'est un excellent choix, puisqu'il est le plus beau monument de la ville, pour ne pas dire son joyau. Le passé commercial et maritime de la ville a été évoqué, de même que son triste passé négrier.
    J'ai appris également que les protestants d'Europe du Nord ont été en partie à l'origine de l'essor commercial de Bordeaux. Le mois dernier, dans Bordeaux mag., j'ai déjà trouvé un article sur les protestants et Bordeaux. Je m'étais empressée de l'expédier à ma famille alsacienne et protestante luthérienne. J'ai fait des heureux à l'autre bout de la France. Hier soir en regardant l'émission sur Bordeaux ils ont du être comblés. Ainsi, par son riche patrimoine culturel cette ville justifie vraiment sa candidature et j'espère bien qu'elle gagnera.
    Très respectueusement
    ILC
    Isabelle LE CHAFFOTEC

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé
Alain Juppé 2017
5 ans pour l'emploi
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