Blog Notes d'Alain Juppé

Beijing

Publié le 22/05/2005 par Alain Juppé

48 heures à Pékin dans le cadre d’un colloque sur le « partenariat Chine-Union européenne », organisé par le Foreign Policy Center de Londres et la China Academy of Social Sciences.

D’abord, le choc de la rue!
Mon premier séjour à Pékin remonte à 1991. J’en avais gardé le souvenir d’une ville grise (il est vrai que c’était au mois de mars et qu’on sortait à peine de l’hiver), aux rues envahies de myriades de vélos.
14 ans après : sous un chaud soleil de printemps, la végétation a éclaté; partout des fleurs, des pelouses, des arbres. Est-ce déjà la préparation des JO? Sur des kilomètres, l’autoroute qui relie l’aéroport à la ville est ornée de magnifiques rosiers. Dans l’immense avenue où se trouve mon hôtel, plus de vélos (sauf quelques rescapés sur des pistes cyclables, il est vrai de belle largeur), mais autant de voitures individuelles que sur les Champs Elysées. Des buildings flambants neufs dont j’aime bien l’architecture, plutôt cossue, avec quelques clins d’oeil à la tradition chinoise (les toits…); toutes les enseignes d’Europe: Lamborghini accroche mon regard! Les trottoirs sont nickel (j’ai encore la déformation professionnelle de l’élu local). Très peu de SDF (comment dit-on en chinois?). Seule touche « pays encore en développement » : aux carrefours, des employés municipaux (je suppose), armés de grands drapeaux, facilitent la traversée des piétons; les petits boulots doivent encore être légion. A l’hôtel, le personnel est aux petits soins… et pléthorique.

Grâce à un ami retrouvé par hasard, j’ai la chance de passer la soirée dans un lieu étrange, presque « parisien », dont l’existence eût été inimaginable il y a 15 ans: un site de plusieurs dizaines d’hectares, au coeur de la ville, où fonctionnaient naguère (où fonctionnent encore sur une petite partie du terrain) des usines installées grâce au concours du grand frère soviétique (dans les années 50) et principalement orientées vers l’industrie d’armement. Peu à peu les ateliers ferments et sont remplacés par… des ateliers d’artistes ou des galeries de peinture qui s’épanouissent avec bonheur dans les vieux hangars de béton . Je visite l’une de ces galeries, très en pointe. Tout un symbole : elle expose la vareuse de Mao, moulée dans le plâtre, sans tête et sans corps, vide. La censure laisse passer; mais on me raconte que tout récemment, la police est intervenue pour faire enlever une statue de Bouddha dont les traits ressemblaient par trop à ceux du Grand Timonier.

Pendant deux jours, les sessions de travail se succèdent. Y participent des Européens et des Chinois, responsables politiques, universitaires,intellectuels, hommes et femmes d’entreprise… C’est passionnant.
J’introduis les débats des deux dernières sessions. L’une sur la gouvernance mondiale: j’y aborde les évolutions récentes de la gouvernance européenne, c’est-à-dire la constitution européenne. Visiblement les Chinois qui attendent beaucoup de l’Europe pour éviter le tête-à-tête avec les Etats-Unis et qui savent le rôle moteur de la France dans la construction européenne, ont du mal à comprendre ce qui se passe chez nous. Ils ne sont pas les seuls si j’en juge aux réactions des Anglais, des Allemands, des Italiens, des Portugais et autres Européens qui participent au colloque.
Dernière session : le partenariat stratégique global entre l’Union Européenne et la Chine, et la préparation du nouvel accord qui devrait être conclu au deuxième semestre de cette année sous présidence britannique.
Je souligne que, face à l’ascension de la Chine (« China’s rise »), on peut avoir peur et réagir en menant une politique d’endiguement (« containment »); on peut aussi avoir confiance en l’avenir et choisir la voie du partenariat. C’est la seconde voie que, de manière unanime, les Européens ont choisie.
Nous sommes donc prêts à aider la Chine à relever les immenses défis qui sont devant elles : création d’emplois pour les centaines de millions de ruraux qui veulent quitter la terre pour venir travailler en ville; besoins énormes d’énergie et de matières premières; atteintes graves à l’environnement (air, eau…).
Mais nous gardons les yeux ouverts, et nous voulons un partenariat équilibré. Je cite 4 priorités pour les Européens:
– des relations commerciales équilibrées, ce qui devrait exclure les explosions brutales de certaines exportations chinoises, susceptibles de déstabiliser certaines de nos industries de main d’oeuvre et de détruire nos emplois (je pense bien sûr au textile). Exclure aussi les pratiques commerciales déloyales, comme la contrefaçon.
– Une meilleure prise en compte de la protection des grands équilibres naturels, à commencer par une application plus vigilante du Protocole de Kyoto.
– L’apaisement des tensions régionales, auquel l’Union Européenne peut apporter sa contribution pour éviter les poussées de fièvre comme celles qui surviennent périodiquement avec le Japon, ou les discours belliqueux à l’encontre de Taiwan.
– La réduction de l’écart qui subsite entre modernisation économique et libéralisation politique.

Le débat qui suit est riche.
J’en retiens, parmi beaucoup d’autres, deux constats:
– l’assurance chinoise, qui conduit nos interlocuteurs à envisager que d’ici quelques années, les transferts de technologie se fassent dans les deux sens. Ils veulent construire de grands groupes multinationaux et en faire des leaders mondiaux. Gare au réveil, si nous n’anticipons pas.
– Il n’y a plus de tabou dans la discussion. Il y a dix ans,ils se fermaient dès qu’on abordait le problème des droits de l’homme et de la démocratie. Aujourd’hui, ils revendiquent toujours leur spécificité, mais ils acceptent que le sujet soit mis à l’ordre du jour.

Malgré leur briéveté, ces voyages vous plongent dans le bain et font percevoir des réalités qui restent un peu théoriques dans les volumineux dossiers qu’on peut ingurgiter avant le départ.
22/05/05

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11 commentaires pour « Beijing »
  • Jean-Paul MORATIN
    Le 28 Mai 2005 à 14 h 38 min
    Monsieur le Premier Ministre,

    Le NON à l’Europe ou "Le coq dans sa basse-cour"

    1956 : La France présente en Afrique et en Asie commençait à voir son empire colonial s’effondrer.
    1957 ; le Traité de Rome était signé par les pays fondateurs de l’Europe et donnait de l’espoir à tout un continent meurtri dans sa chair par deux guerres atroces et dans son âme par le nazisme et par le communisme, idéologies qui ont fait plus de 150 millions de morts innocents. La France, La France, l’Allemagne, le Benelux et l’Italie créaient les fondations d’un projet fantastique.

    Charles de Gaulle disait à Konrad Adenauer qu’il était Français et Européen. Il avait le 21 décembre 1951 écrit que la "Communauté européenne doit être une confédération d’Etats, avec un pouvoir confédéral commun, auquel chacun délègue une part de souveraineté, en matière économique, de défense et culturelle".

    1989 : Le mur de Berlin était abattu et la démocratie s’ouvrait dans les pays de l’Est soumis à la dictature communiste de Moscou. Un vent de liberté soufflait à l’Est.

    2002 : l’€uro devenait la monnaie commune et permettait aux citoyens européens de circuler librement en utilisant la même monnaie qui allait pouvoir donner une stabilité monétaire.

    Le 29 octobre 2004, les chefs d’Etat ou de gouvernement signent le Traité établissant une Constitution pour l’Europe.

    Il nous a fallu près de 50 ans pour passer de 6 à 25 et commencer à vivre cette Europe que rêvait Charles de Gaulle, celle de l’Atlantique à l’Oural.

    Alors que l’on fantasme sur le plombier polonais, les Tchèques, les Hongrois, et tous ces pays devenus démocraties, nous regardent d’un oeil ahuri devant notre attitude négative devant ce traité conçu par des européens de droite et de gauche dans une commission présidée par un français, Valery Giscard d’Estaing.

    Allez vous demain casser la marche en avant de l’Europe ?
    Allez vous vous isoler et vous replier sur un tout petit territoire ?
    Allez vous dire NON à l’espoir de plus de 400 millions de citoyen qui veulent se rassembler pour affronter unis un nouveau monde qui sera dominé par la Chine qui tient aujourd’hui les clés de la finance mondiale.
    L’ultralibéralisme est en Chine ou en Inde !
    Au nom d’un antiaméricanisme primaire, préférez vous vous faire avaler par ces deux pays qui n’ont plus aucun complexe et qui sont les deux futurs requins.
    Croyez vous que le coq gaulois chantera lundi matin si vous votez NON : Le coq sera déplumé et prêt à être croqué par ces nouveaux prédateurs.
    Ce traité est un compromis entre les libéraux anglo-saxons et les socio démocrates du nord de l’europe.

    Voter NON, c’est jouer à l’autruche qui refuse de voir les grands changements du monde.

    Voter NON, c’est jouer à la carpe grasse dans sa petite mare et vivre dans la vase.

    Voter OUI, c’est choisir l’intelligence, c’est pratiquer la stratégie du dauphin face aux nouveaux requins que sont la Chine et l’Inde.

    http://blogs.nouvelobs.com/JPMoratin/

    PS
    Dimanche, si le NON l'emporte, les français de droite du OUI devront se rassembler pour redresser la France, quitte à remettre en cause les institutions.
    Vous êtes le seul homme politique de droite à avoir la capacité à apporter ce renouveau dont nous avons besoin.
    Dans l'épreuve que vous surmontez, vous avez fait preuve de grandeur par votre dignité et votre silence.
    Membre de l'UMP, je me refuse de voir ce grand parti se transformer en un champ de bataille de prétendants infantiles à la Présidentielle de 2007.
    Lundi, nous saurons si cette période néfaste qui a duré 25 ans aura cessé.
    La France devra retrouver sa grandeur au sein de l'Europe.
    Elle devra faire preuve de courage et d'abnégation pour se réformer de fond en comble pour réussir le XXI ème siècle.
    Deux de mes 3 enfants sont partis travailler aux USA et un neveu en Chine !
    Ils n'avaient pas leur place dans notre pays malgré leurs diplômes et leurs qualités personnelles.
    Je suis au chômage depuis 5 ans et je continue à me battre. J'ai pourtant donné 18 années de mon temps comme élu municipal et maire-adjoint d'une commune de 8 000 habitants. Je suis "trop vieux" pour toutes les organisations auxquelles je propose mes compétences.
    Je crois encore à l'avenir de la France mais j'ai honte aujourd'hui d'entendre un jeune hongrois journaliste à Bruxelles me dire : « Nous avons souffert pendant 60 ans du nazisme et du communisme et vous Français, vous allez dire NON alors que vous avez construit l'Europe. Vous cassez notre rêve ! »
    A nous de leur prouver le contraire.

    Jean-Paul MORATIN
  • François-Gilles EGRETIER
    Le 23 Mai 2005 à 19 h 28 min
    Votre récit de voyage rend terriblement d'actualité la vision d'Alain PEYREFITTE dans son célèbre "Quand la Chine s'éveillera" écrit en 1973. J'aime votre réflexion qui préfère le partenariat et l'anticipation par la connaissance des voyages au réflexe de peur qui paralyse tellement notre société française ; la peur n'évitant pas le danger, il s'agirait qu'on puisse regarder la réalité en face et que devant 1,3 milliards de Chinois, nous ne serons pas trop avec nos quelque 450 millions d'Européens et une longueur d'avance de technologie et de dévelopement pour nous défendre.

    L'opportunité historique d'un traité établissant une constitution pour l'Europe devrait à la lueur de votre récit créer une sorte de réflexe européen en incitant chacun d'entre nous à bâtir cette Europe politique pour approfondir les conditions de notre sort désormais commun dans les meilleurs conditions démocratqiues et politiques.

    La semaine qui s'ouvre dédiée à l'innovation devrait être une source de méditation pour tous les indécis ; en faisant le choix de se faire confiance mutuellement le 29 mai prochain, en adoptant un grand texte fondateur qui n'est certes pas parfait mais qui innove autant par son existence même que par les garanties de progrès qu'il nous offre, les Français pourraient affronter leur avenir au lieu de se répandre en jérémiades stériles sur le mode : "après le plombier polonais qui nous prend notre travail ! Que va-t-on faire face à ces millions de blousons et pantalons déferlant sur l'Europe du textile en défiant toutes les règles de la concurrence ?

    Sans vouloir faire de catastrophisme, je crois utile que nos dirigeants, lors de ces derniers jours de campagne, en appelle davantage à notre sens de la responsabilité car à refuser l'avenir qu'on se propose de dessiner ensemble, notre vieux continent se tranformera à terme en musée à ciel ouvert que des flots de Chinois attendris viendront visiter en cars gigantesques !

    Alors pour éviter cette "grévinisation", votons OUI !

    Bien fidèlement à vous,

    FGE
    François-Gilles EGRETIER
  • Jean-Christophe DELUMEAU
    Le 23 Mai 2005 à 11 h 42 min
    Cher Alain, avec mon plus grand respect.

    J'ai eu le meme choc que vous en decouvrant Shanghai en Janvier dernier. Vous pourrez consulter mes impressions a l'item "Shanghai 2005" sur mon Blog a l'adresse suivante: http://delumeau-japon.blog.lemonde.fr/delumeaujapon/

    Ceci pour en venir au Referendum. Quand je vois la reaction des Francais au Lundi de pentecote travaille et a la tentative d'instaurer un service minimum pour les transports, j'en viens a me demander si la raison non-avouee de la force du NON dans les sondages ne vient pas de la prise de conscience, somme toute assez realiste, qu'avec un tel etat d'esprit, la France n'a aucune chance de relever le defi de la competitivite face a l'ardeur au travail des pays de la Chine ou meme de l'Est de l'Europe elargie... Mais vous connaissez mon optimisme -vu du Japon- en ce qui concerne la France en particulier.

    Avec ma plus respectueuse amitie et mon admiration indefectible. Vous etes le bien venu a Kobe.
    Jean-Christophe DELUMEAU
  • Tony Reix
    Le 23 Mai 2005 à 11 h 22 min
    Vous louez la beauté des nouveaux immeubles de Pékin. Il me semble que leur construction a nécessité l'expropriation de milliers d'habitants, la destruction d'habitations centenaires, la disparition d'un mode de vie traditionnel.
    Ces Chinois ressemblent beaucoup aux Américains : ils n'ont aucun remords à détruire les reliques du passé. Seule compte la fuite en avant, l'esbrouffe et le profit. N'oubliez-pas que ces mêmes Chinois ont détruit le Tibet, et que Mao leur a appris à haïr leur passé.
    Souvenez-vous que leur administration est totalement pourrie : chacun n'a qu'un seul but : s'enrichir sur le dos des autres. (voir l'histoire de ces paysans expropriés pour faire de la place pour un nouvel aéroport : l'argent de leur dédommagement n'est jamais arrivé jusqu'à eux.) (voir l'histoire de la dissémination du SIDA chez les paysans à cause de l'avidité de fonctionnaires).
    Un beau pays, ma foi.
    Amicalement.
    Tony Reix
  • Pierre Martin
    Le 23 Mai 2005 à 01 h 58 min
    On aurait tendance à l'oublier mais à quelques encablures un peu plus l'Est de ce que l'on pourrait appeler le Nouvel Eldorado se trouve la deuxième économie du Monde.

    Installé depuis quelques mois au Japon, je suis surpris par ce pays que je découvre alors que nous avons tendance à l’oublier pour nous focaliser sur la Chine.

    Que ce soit, par exemple, en matière d'automobile (quasiment toutes les voitures neuves sont des hybrides fonctionnant à l'essence et à l'électricité), d'écologie (le recyclage est généralise, nous avons dix poubelles à la maison, alors que les logements sont plus petits qu'en France !!), de transport (amélioration du réseau ferré à grande vitesse, construction d'un nouvel aéroport international sur une île artificielle pour éviter les nuisances) et bien sur d'électronique (Sony vend aujourd’hui avec succès des ordinateurs et des appareils photos alors qu’elle était absente de ces marches il y a peu), le Japon avance et a de quoi nous surprendre si nous n'y prêtons pas attention.

    Certes, la Chine nous menace aujourd'hui avec ses T-shirts bon marches et, bien sur, il convient de réagir, mais les japonais avec leurs inventions à forte valeur ajoutée sont de redoutables concurrents qu'il ne conviendrait pas d'oublier.

    Petit clin d'oeil, les trottoirs sont impeccables ici aussi.

    Pierre Martin
  • Yves RICHARD
    Le 22 Mai 2005 à 22 h 12 min
    bonsoir,
    lorsque j'étais encore étudiant, j'ai eu l'occasion de séjourner à Pékin, qui était sans doute l'une des villes les plus fascinantes qu'il m'ait été donné de connaître. Déjà en ces années (98-99) le souffle immense du réveil chinois m'avait profondément séduit. Je me souviens aussi de la tentation forte de l'expatriation, que j'avais vécue comme un rêve d'aventure, ainsi que mes collègues étudiants. Mais à y regarder de plus près, ce rêve était-il un rêve d'aventure, de conquêtes ? Je crains qu'il s'agissait plutôt d'un désir de fuir, loin de la grisaille de la vieille Europe, loin de nos éternelles querelles de clochers,de nos grandeurs et de nos illusions perdues, vers un pays qui ne serait qu'élites et avenir. Dans ce rêve de Chine, il y avait l'abandon de mon Histoire, et la recherche de la fortune. L'aventure pourtant, n'est-ce pas cher Alain Juppé? c'est l'Europe, c'est la liberté et la justice qu'il nous faut toujours construire et porter haut devant le monde. L'aventure d'aujourd'hui nous entraîne vers un long chemin grisâtre qu'il nous faut avoir la patience et le courage de suivre, vers la réconciliation des frères ennemis que sont les Etats Européens. Malheureusement, sur ce chemin les embûches sont nombreuses, et les nuages sont épais qui s'ammoncellent sur notre avenir, le vent aussi chez nous souffle bien fort, mais pas toujours dans la bonne direction. Aujourd'hui, c'est sûr, l'aventure, la vraie, la dangeureuse, c'est ici qu'elle se trouve!
    Yves RICHARD
  • Philippe Thiébaut
    Le 22 Mai 2005 à 22 h 00 min
    Je me réjouis de vous retrouver sur votre blog.Votre analyse de votre séjour m'a plu sur l'affirmation de la confiance en l'avenir et du partenariat . C'est peut etre ce qui manque actuellement chez nous d'une façon générale ;le référendum en est peut etre l'illustration meme.Cependant en gardant" les yeux ouverts " j'ai lu cette semaine dans le Courrier International p56 exactement un article à la page :économie .intelligences. du Financial Times signé
    d'Alexandra Harney concernant les trucs et astuces des patrons chinois pour dissimuler les véritables conditions de travail qui me parait interessant à lire .Je pars apres demain à Beijing et suis impatient de humer mes propres impressions de voyage .J'essaierai de me connecter sur votre blog pour voir si ça marche .Bien cordialement.
    Philippe Thiébaut
  • Jean-Noël LEJAL
    Le 22 Mai 2005 à 20 h 03 min
    Vos remarques me semblent pertinentes. L'avénement de la Chine comme grande puissance est l'événement majeur de cette décennie. Malheur aux économies qui ne s'adapteront pas. Les pays du Club Med (France, Italie, Espagne) sont dans une position délicate : peu d'investissement dans la recherche, faible productivité, emplois insuffisants dans les services et exposition à la concurrence chinoise sur leur activité.L'Allemagne investit dans les biens d'équipement et semble mieux partie. Bien qu'electeur de gauche, je trouve votre blog intéressant à lire et bien argumenté.
    Jean-Noël LEJAL
  • Sylvain de Mullenheim
    Le 22 Mai 2005 à 18 h 53 min
    Enfin revenu ! Tant mieux.
    La Chine… je vous envie d’avoir participé à cette session. Une année passée à Singapour m’a amené suffisamment près de la Chine pour que je puisse, d’une de ses bordures, tenter d’en appréhender la masse, mais trop loin pour que j’en aperçoive les yeux. Depuis ce séjour je suis persuadé que le cœur de la planète bat en Chine. A toujours battu en Chine. Et que l’histoire occidentale du monde est un fragment de l’histoire chinoise, comme le furent la domination mongole ou l’invasion tibétaine. Trop importante est cette masse, même endormie, même implosée. A côté de l’Empire du milieu, l’Histoire offre deux nouveauté : le voisin indien, aussi colossal, et la place hypertrophiée des États-Unis. Face à cela, je ne vois d’avenir au monde européen qu’élargi à la méditerranée, de Rabat à Istanbul. Ce qui nous obligera à modifier notre vision de l’Union vers une perspective centrée sur la « Mare Nostrum ». Quand la Chine s’éveillera, le monde romain renaîtra.
    Sylvain de Mullenheim
  • Grégoire Gatbois
    Le 22 Mai 2005 à 18 h 04 min
    Dans mon métier j'ai appris à distinguer les intentions des comportements : la meilleure intention du monde peut se traduire par des comportements peu louables (est-il nécessaire de prendre un exemple dans lequel vous pourriez vous reconnaître?...), des comportements merveilleux à observer peuvent avoir pour origine et pour moteur des intentions fort manipulatrices ! En ce qui concerne nos "amis" (bénéfice du doute) chinois (leurs dirigeants), si l'amélioration de leurs comportements semble remarquable (à l'intérieur et à l'exterieur) la question qui reste en suspend est bien celle de leurs intentions...Et sur ce sujet, je me demande bien qui dispose d'une réponse sérieuse, construite, et lucide. Vous peut-être ? Dans ce cas je l'attends.
    Grégoire Gatbois
  • Jacques Peter
    Le 22 Mai 2005 à 18 h 01 min
    Dans votre message Beijing vous dites que vous avez proposé aux chinois des échanges commerciaux "équilibrés". Pourquoi pas tout simplement "libres".
    Les consommateurs ont tout à gagner des échanges libres, et tout particulièrement des textiles bon marché puisque toutes les familles en consomment. Pourquoi les punir avec des taxes ou des quotas? Est-ce juste?
    Le commerce est fait pour les consommateurs, pas pour les producteurs.
    Jacques Peter

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé
Alain Juppé 2017
5 ans pour l'emploi
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