Blog Notes d'Alain Juppé

Berlin

Publié le 29/10/2008 par Alain Juppé

Jacques Toubon, que j’ai bien aimé retrouver, m’avait invité à m’exprimer, à Berlin, devant le Haut Conseil Culturel franco-allemand qu’il préside.

Question: « une politique culturelle européenne est-elle souhaitable? »

Je souligne, pour commencer, qu’aux termes des traités, la politique culturelle relève principalement de la responsabilité des Etats. Et puis, existe-t-il « une » culture européenne dont l’Union pourrait assumer la promotion? Le champ culturel n’est-il pas d’abord celui de la diversité

Ma réponse à la question posée est pourtant positive: je pense que l’Europe devrait s’impliquer davantage dans la politique culturelle.


En premier lieu, la culture est facteur de cohésion. Elle a le pouvoir, un peu mystérieux, de fabriquer de l’unité avec de la diversité. Peut-être parce qu’elle fait appel à ce qui, dans la nature humaine, nous tire vers l’universel: nos émotions les plus fondamentales, la joie, la peur, l’amour…, mais aussi à la réflexion, à la raison. D’où vient, sinon, que les tragédies grecques de l’âge classique nous touchent encore et nous fassent réfléchir?
Plus prosaïquement, la culture est aussi un puissant levier de développement économique et social, notamment grâce aux industries culturelles dont les Etats-Unis, par exemple, ont fait un véritable fer de lance. En Europe, 5 millions d’emplois et près de 3% du PIB.
Enfin, pour l’Europe comme pour chacun de nos pays, la culture est vecteur de rayonnement et d’influence.
Je développe chacun de ces arguments et je suggère trois priorités pour l’investissement culturel de l’Union: le plurilinguisme à l’école; la mobilité des jeunes, Erasmus bien sûr, mais pas seulement pour les étudiants; le soutien à la coopération décentralisée, principalement celle des villes. Je rappelle que Bordeaux est jumelée avec Munich et que nos échanges de collégiens et de lycéens sont fructueux.

L’ambassadeur de France, mon ami Bernard de Montferrand, aquitain et président, par ailleurs, du FRAC Aquitaine (fonds régional d’art contemporain), avait organisé un déjeuner avec plusieurs personnalités allemandes engagées dans le combat pour le développement durable. Je suis heureux de retrouver Joschka Fischer dont la pensée est toujours aussi pénétrante. Il soutient que la crise financière et la dépression qui menacent peuvent être une chance; elles peuvent accélérer la marche vers une autre croissance (véhicules propres, isolation thermique des bâtiments, énergies renouvelables…). De manière plus surprenante,il estime qu’on ne pourra pas se passer du charbon. Un des participants lui objecte que la technologie de « charbon propre » ne sera pas disponible avant 10 ans.

Rencontre avec Angela Merkel à la Chancellerie. Nous avons toujours bien « accroché » elle et moi, depuis le temps où elle présidait la CDU et moi l’UMP. L’entretien est détendu et passionnant.

Je termine ma visite à Berlin sur le site d’une éolienne de dernière génération (18Om de hauteur) qui fournit l’électricité d’une population de 15 000 habitants. L’Allemagne est très en avance sur nous, aussi bien pour l’éolien que pour le photovoltaïque.

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé
Alain Juppé 2017
5 ans pour l'emploi
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