Blog Notes d'Alain Juppé

Chère modération

Publié le 19/10/2005 par Alain Juppé

En lisant certains messages reçus sur ce blog-notes, (vous en trouverez en ligne, que je ne censure évidemment pas), je suis frappé de voir la montée de l’intolérance, voire de la violence envers certaines personnes, et tout spécialement -disons les choses sans précaution- envers les immigrés, notamment ceux de religion musulmane.
En écrivant cela, je sais que je m’expose à des rebuffades du style: « Ca vous va bien de nous faire la leçon, vous qui êtes tranquillement installé au Québec. Venez vivre dans nos banlieues et vous comprendrez. »
Pour avoir été l’élu de la Goutte d’Or à Paris pendant 12 ans , et maire de Bordeaux pendant près de 1O ans, (à Bordeaux aussi il y a des quartiers très sensibles), je ne sous-estime certes pas les difficultés et je peux comprendre l’exaspération de ceux qui sont confrontés dans leur vie quotidienne à des comportements inacceptables. Je suis convaincu que l’Etat doit jouer pleinement son rôle et se montrer intransigeant dans le maintien de l’ordre public. Mais je ne me lasserai pas de dire qu’il n’y a aucune solution à trouver dans la violence et la haine.

Dans un registre moins grave, je suis sidéré par le manque de sens des nuances de certains de mes correspondants. L’un d’entre eux m’écrit:
« Tous les jeunes Français travailleurs quittent la France pour aller s’installer ailleurs. »
Comment peut-on écrire de telles généralités?
Nous connaissons tous heureusement de jeunes Français travailleurs qui sont heureux de travailler en France!
Il y en a marre de ces généralisations abusives qui entretiennent la sinistrose à l’intérieur de notre pays et ternissent son image à l’extérieur.
Montesquieu faisait de la vertu de modération une qualité fondamentale dans toute société civilisée. Dommage qu’il ne soit plus à la mode!
18/10/05

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29 commentaires pour « Chère modération »
  • Eric Chocat
    Le 28 Mai 2007 à 16 h 36 min
    Bonjour Monsieur le Ministre de l'environnement,
    Etant installateur de panneaux solaires photovoltaïques, je viens d'apprendre qu'un rescrit publié le 8 mai 2007 par la direction des impôts pénalise de nouveau les futures installations raccordées au réseau par une TVA réévaluée à 19.6% (je trouve cela tout simplement scandaleux), au début de l'année le service des impôts avait déjà soufflé le chaud et le froid en remettant en cause le crédit d'impôts. j'ai cru comprendre lors de la campagne, qu'une tva réduite s'appliquerait sur les énergies renouvelables.
    Vous comprendrez alors que la filière soit préoccupée par ces changements de situation qui ne laissent pas apercevoir, contrairemant aux différentes déclarations des dirigeants de notre pays une volonté d'encourager le développement durable.
    en espérant que vous tiendrez compte de ce message et dans l'attente de votre réponse, recevez Monsieur le Ministre, toutes mes salutations distinguées
    Eric Chocat
  • Pierre BATTEUR
    Le 28 Janvier 2006 à 22 h 34 min
    ce qui est excessif est vain... Ancien cadre dirigeant d'entreprise, Rotarien depuis 15 ans,ancien Conseiller prud'homme CNPF pendant 13 ans, au crépuscule de ma vie (74 ans), grand père de 7 petits enfants, je mes sens moi aussi gagné par les outrances que vous dénoncez et ce bien malgré moi !
    Exemple : une de mes petites filles, 24 ans, diplomée d'une bonne école de commerce, parlant couramment l'anglais,en stage depuis 18 mois chez LVMH, ne peut intégrer cette société où elle a fait un excellent travail car sa boîte va recruter... une nouvelle stagiaire que, cerise sur le gâteau (pas le sien), on lui a demandé de bien vouloir former !
    Que pensez vous monsieur le premier ministre de ces lois faites par la droite (dont je fais partie ardemment) pour favoriser dit on le recrutement mais qui sont en fait des camouflages et des pièges pour les jeunes qui n'en peuvent plus de ne pas trouver un emploi ferme ?
    Même trouvaille pour les nouveaux contrats avec période d'éssai de deux ans... Pourquoi voulez vous que les entreprises effectuent des engagements fermes à l'expiration de la période d'éssai bien trop longue alors qu'ils pourront reprendre un autre jeune dans des conditions identiques ?
    Il serait tellement plus simple pour la droite (une vraie droite courageuse) de réformer une fois pour toutes le droit du travail et donner enfin aux entrepreneurs la possibilité de licencier facilement comme dans tous les pays anglo-saxons,le contrat à durée indéterminée dont j'ai d'ailleurs profité personnellement étant devenu de nos jours obsolète en face de la mondialisation.
    Que dire des difficultés pour créer une entreprise en France alors qu'en une demi heure à Londres il est possible de s'établir à son compte !
    Que dire monsieur le premier ministre de cette justice en France, vestige des
    dispositions régaliennes de l'Ancien Régime, où n'importe qui peut se voir mis en examen sur un seul oui-dire ou une seule dénonciation non vérifiée ?
    Que dire de cette justice dont le budget d'un peu plus de 7 % est l'un des plus pauvres des pays développés et où il y a le même nombre de magistrats qu'il y a cent ans ?
    Que dire de cette manie commode de la détention provisoire à tout va, digne des lettres de Cachet d'autre fois ?
    je ne vais pa vous faire perdre votre temps monsieur le premier ministre car on pourrait aligner des pages et des pages, mais nous en avons gros sur le coeur, en particulier pour nos descendants. Nous sommes exaspérés de vivre entre une gauche archaique et une droite qui n'ose plus s'affirmer et qui balance entre un radicalisme mou et un centrisme au gré des opportunités, prenant bien garde de ne pas faire de peine à la gauche et ayant une peur panique des syndicats qui ne représentent plus qu'eux mêmes...
    Vous avez certainement de bons auteurs : je suis en plein accord avec Claude Imbert du Point qui dresse chaque semaine un réquisitoire accablant sur ce qu'est devenu notre pauvre pays qui ne continue à survivre que grâce à ses entrepreneurs...
    Je sais que vous pensez comme moi qui suis prêt à voter à nouveau pour vous mais de gr^ce ne sous estimez pas la désespérance actuelle et en particulier le profond malaise des jeunes qui rêvent à des jours meilleurs loin de l'exagone...
    Veuillez agréer, monsieur le Premier Ministre, l'expression de mon fidèle dévouement.

    A dessein, compte tenu de votre devoir de réserve que vous vous imposez actuellement, je n'ai pas cité de noms qui me brûlent les lèvres ...
    Pierre BATTEUR
  • Vladik ZINGER
    Le 04 Janvier 2006 à 23 h 06 min
    La modération et la prudence sont elles des principes toujours très sages. En 1993, après plusieurs années de deficit, le Canada s'est réveillé avec un tel niveau d'endettement qu'elle a entrepris une vaste réforme de l'état. La dette était de 71% du PIB, en France le rapport Pebereau a remis un constat évoquant 140% d'endettement. Nous sommes donc dans une situation deux fois plus grave et nous ne voyons pas de réforme venir. J'ai quitté la France cette année, mais je m'interroge sur son avenir. Je m'interesse beaucoup à votre parcours et votre expérience au Canada (ayant étudié à Chicago). Je vous encourage vivement à puiser dans votre nouvelle vie des réponses au mal qui touche la France. La modération et la prudence peuvent légitimement laisser place à l'urgence et l'audace. Des jeunes partent pour s'exonérer des dettes que contractent les dirigeants. D'autres travaillent en France, mais souvent parce qu'ils ne peuvent pas faire autrement. Bien Cordialement.
    Vladik ZINGER
  • Bruno B
    Le 28 Décembre 2005 à 16 h 30 min
    Montesquieu disait aussi que quand les citoyens perdaient le sentiment de justice c'est la désintégration de l'état qui commence.

    Dans un sondage, un de plus, sur les services publics dans lesquels les français avaient le plus de confiance, la justice terminait avant dernier.

    Ce que vous dénoncez chez vos concitoyens n'est peut-être que la résultante prévisible d'une pratique du pouvoir qui a détruit l'esprit d'unité et le sentiment de justice dans notre pays.

    A moins d'un radical changement des pratiques politiques et d'un signal fort de la part de l'état et surtout des hommes qui le font, vous ne retrouverez jamais la cohésion nationale nécessaire à la remise sur rail de notre pays.

    Nous en sommes à ce niveau là car les votres refusent catégoriquement de se remettre en question. Ils évoluent depuis trop longtemps dans une logique de corps qui les a coupé du sens d'être responsable devant les urnes et de s'engager devant leurs concitoyens.

    Retrouvons le sens de l'engagement, obligeons nous à la transparence qui est de fait à l'époque d'Internet, redonnons aux français le sentiment et surtout la preuve que leur démocratie n'a pas été détournée par une poignée à coups de grands partis, de discours creux et de loi sur le financement des partis. Retrouvons le sens du faire et non celui du parler-creux et vous verrez comment les dicours changeront et se mesurerons d'eux mêmes.
    Bruno B
  • jean-pierre beunardeau
    Le 15 Décembre 2005 à 12 h 35 min
    1905, la laicité devient une réalité politique et sort de son cadre philosophique afin de nourrir de ces plus belles lettres les valeurs républicaines. Sans l'altérité, la laicité se vide de son sens, car le ciment de notre devise républicaine " liberté égalité fraternité" ne peut avoir de sens sans cette notion fondamentale.

    Hors, ce que nous vivons aujourdh'ui n'est que le fruit d'un oubli au fil du temps de valeurs qui semblant acquisent sont petit à petit passées sous silence.
    Plusieurs facteurs inter-agissant à mon sens en sont responsable:
    1- Le premier réside dans un décrochement de l'école sur la transmission de ces valeurs
    2- le deuxième réside dans un manque de redéfinition de fonds du rôle de l'école afin d'assimiler les populations émigrantes. En somme, l'école n'est plus en phase avec les évolutions des typologies de populations et ne peut plus faire face à ces nouveaux défis.
    3- Le troisième point réside dans une mutation du monde du travail modifiant de façon profonde les disponibilités parentales.
    4- le quatrième point réside dans un affaiblissement de l'affirmation des valeurs républicaines et par un laisser faire, qui à mon sens est l'expression d'une forme de culpabilité de l'état devant son incapacité et surtout son manque de courage et d'affirmation. Les années Mittérrand n'auront rien arrager..
    5-Les deux chocs prétroliers, les crises économiques succéssives et la montée en puissance d'une forme de libéralisme débridé (sans rapport avec les valeurs humanistes du libéralisme du XIX) amènent une déception et une violence dans les rapports dans le monde du travail.
    6- Le manque de projets politiques clairs, de vision pour le pays et d'ambition ne font que nourrir les désillusions et installer une forme de lassitude, d'écoeurement, source de tous les extrémismes et du repli sur soit... instinct de protection d'un animal blessé..
    7- Un modèle économique dont les valeurs anglo-saxonnes (Weber en parle si bien concernant les protestants..) ont une prégance de plus en plus réelle sur une société française non préparer à cela, en tous les cas pour une grande majorité de français dont la mobilité sociale et économique n'est pas naturelle.
    8- un état trop paternaliste, pas assez sur un mode de responsabilisation du peuple qui en attends tout comme d'un messie.. d'où une certaine désillusion...
    9- une classe politique pas assez renouveler, ne sachant pas donner d'impulsion, ou plus exactement n'ayant plus le courage de le faire... ou alors le prix à payer est rude (1995 est un cauchemard qui à lui seul éclaire sur les contracdictions de notre modèle social..)
    10 - un syndicalisme sous représenté, dogmatique et tellement loin des réalités économiques (sauf la CFDT, et merci à Nicole pour cela..) qui réagit de façon de plus en plus violente en réponse à un durcissement des rapports entre salariés et entreprises..
    11- une société en perte de sens, terreaux des communautarismes...
    12- un monde du travail corporatiste, ou l'intérêt catégoriel passe avant le bien être collectif. Pourtant le libéralisme n'est pas autre chose que la réalisation personnelle pour un bien être collectif.Il est l'expression de l'individualité, pas de l'individualisme... Sans état fort, le libéralisme ne peut exister. Il a besoin de règles, comme tout système économique et social.


    Pour autant, La France est et demeure un pays avec des atous exceptionnels.
    Je ne suis pas pessimiste et je combat ces "intellectuels" défaitistes surfant sur une période de mutation afin de faire passer des messages alarmistes vide de propositions et riche de droits d'auteur et de tout à l'égo....
    Nous sommes un peuple de rupture et attendons trop souvent le point ultime pour passer à l'action... c'est notre histoire et notre héritage.
    Nous sommes aussi un peuple "politique" au sens noble du terme, et là est l'espoire.

    Le repli sur soi, l'intolérance, le racisme, la peur... tout cela ne sont que les expressions d'une population perdue et ne sentant plus les repère que donnent les valeurs républicaines... L'état doit reprendre sa place, les hommes politiques faire de la politique pour le bien du peuple et du pays et pas pour des ambitions personnelles vide de sens et ajoutant à la déception un dégoût de la politique et offrant au communautarisme un boulevard.
    La politique ne doit pas être du marketing avec une approche segmenter de notre société afin de "répondre" à des "besoins" spécifique selon les "segments de marchés électoraux" concernés.

    Je sais, mon intervention est un peu longue, mais la monté de l'intolérance, des peurs sont suffisament graves pour que je vous propose mon analyse, qui je l'espère sera complétée, critiquée en somme, discutée...

    Bonne journée à vous.
    jean-pierre beunardeau
  • Raphaël SAGLIER
    Le 07 Novembre 2005 à 16 h 34 min
    ... et pourtant, vous avez censuré ma "réaction" à votre article Gravité, réaction elle même intitulée "Absurde!!", et qui, loin d'être raciste, était un peu provocatrice, je l'avoue..
    Alors, refus du débat, ou refus de la différence? Ce sujet est-il votre cheval de bataille pour revenir en politique? Vous ne censurez pas les articles racistes, mais les articles gauchistes, oui?
    J'avoue être déçu, monsieur Juppé; je pensais que vous aviez une certaine idée de la république, et qu'il pouvait y avoir un débat sur ce blog, je me suis trompé.
    J'espère que vous avez au moins lu cette réaction personellement, et j'espère que la fin prochaine des troubles en france me donnera raison.
    bien à vous,
    R.SAGLIER
    Raphaël SAGLIER
  • Éric Gelineau
    Le 02 Novembre 2005 à 18 h 24 min
    Monsieur Juppé,

    À force d'en entendre parler, j'ai finalement décidé de visiter votre blog. D'une manière certes très superficielle, je me sens un peu plus près de vous maintenant. En effet, je suis un Français vivant au Québec (mais depuis 13 ans), enseignant à l'université (l'autre université francophone montréalaise, en l'occurence) et, qui plus est, j'ai entrepris des démarches afin de retourner vivre en France et il se pourrait bien que cela soit à Bordeaux puisque je compte accéder à l'École Nationale de la Magistrature! Par contre, je dois admettre être un peu plus à gauche que vous ne l'êtes!

    J'ai lu avec intérêt ce commentaire que vous avez intitulé «Chère modération». Les évènements qui ont cours actuellement à Clichy nous montrent à quel point il existe un problème grave en France et que la modération est justement bien absente et de ces actes violents, et des commentaires qui les ont précédés ou suivis.

    J'aimerais vous poser la questions suivante. Sans même tenter de justifier une telle violence qui m'est de toutes façons intolérable, ne croyez-vous pas que, si l'on en cherche les causes, on en arriverait à conclure que la France y a une part de responsabilité?

    En effet, la France a toujours eu, à mon sens, une attitude bien maladroite par rapport à ses minorités, qu'elles soient ethniques, religieuses, sexuelles, linguistiques ou autres. Que l'on pense à cette déclaration de Jacques Chirac, il y a plusieurs années, comme quoi il n'y a en France qu'une seule langue, que l'on pense encore à la fameuse interdiction des signes religieux ou même au rejet des revendications des Corses, la France s'est toujours fiée à un concept d'égalité dit républicaine ignorant les situations individuelles. Pourtant, depuis Aristote, on admet que l'égalité exige un traitement différent pour les situations différentes.

    On voit notamment toutes les conséquences que cela a eu en termes d'acculturation et de non-intégration envers les personnes issues de l'immigration et que l'on a voulu assimiler sans tenir compte de leurs originies.

    Ne croyez-vous pas que la France devrait prendre exemple sur la façon, sans doute plus subtile et efficace, dont le Québec traite ses minorités?

    En vous remerciant d'avance pour votre attention et, qui sait, votre réponse éventuelle.

    Bien à vous.

    Éric Gelineau
  • Emmanuel Noblet
    Le 02 Novembre 2005 à 09 h 47 min
    Monsieur Juppé,

    Suite à votre commentaire -vertueux-, je ne peux que vous signaler un article au ton fort différent au sujet des événements inqualifiables de Clichy-sous-Bois: "L'autre colère de la banlieue" (http://www.liberation.com/page.php?Article=335437#).

    Il n'en reste pas moins qu'il m'a fait réagir comme suit (je ne sais pas ce que Montesquieu pensait de la collégialité).

    Madame, Monsieur,

    Merci pour cet article au ton résolument différent: il est porteur d'éclairage plus que tout autre jusqu'ici. Les propos d'André Decroix ont le mérite de recadrer et l'action du gouvernement (dont le fil conducteur devrait être le verbe et non les qualificatifs, aussi "flamboyants" puissent-ils être) et celle de l'opposition... Ayant été personnellement confronté au problème de la réinsertion des jeunes en bout de course (j'effectuais mon service militaire au sein des Commandos Marine lors de la mise en place des "Contrats Courts Marine", chose assez cocasse, par un gouvernement socialiste), je ne peux que rebondir sur le dernier témoignage de Sébastien Peyrat: son discours un rien intellectuel et angélique repose sur le postulat que tous ces gens sont 1) des citoyens, 2) des citoyens dotés de raison, ce qui est loin d'être le cas pour tous. Lorsque vous êtes confronté au jour le jour à des personnes dont le champ lexical est extrêmement limité et dont les capacités d'articulation d'arguments se limitent au maximum à deux enchaînements, la pédagogie a ses limites. Un exemple concret: les personnes auxquelles nous étions confrontées étaient souvent des français d'origine maghrébine ("beurs") ou sub-sahariennes ("noirs"), ils avaient parfaitement intégrés le fait que nous traiter de racistes nous mettaient facilement en porte à faux (il est d'ailleurs assez drôle de remarquer que dans ce cas, ils se rattachaient volontiers aux avantages de la République en nous menaçant d'en appeler à la Justice...): le seul moyen que nous pensions avoir trouvé afin de mettre un terme à ce raccourci avait été de toujours avoir un encadrement mixte... ce qui ne les empêchait en rien de continuer... Pierre Desproges aurait volontiers conclu par un "étonnant, non?" Seul l'instauration d'un rapport de force (seul élément mutuel) nous a permis de mener à bien notre mission (sur des sections de 20 à 30 personnes, 4 à 5 étaient irrécupérables, ou plus précisément relevait de la médecine et plus du travail social, 15-20 suivaient le nouveau "credo", i.e. étaient "stabilisés", Et une petite dizaine avait le déclic (formation de maître-chien / agent de sécurité et permis de conduire à la clé): rien que pour eux, ça valait le coup de se faire insulté du matin au soir.

    Un autre élément aurait sans doute renforcé votre article: on le voit, le nombre d'intervenants sociaux est impressionnant, le tissu associatif ayant toujours été très dense. Quel est le total des dépenses allouées à ces associations? L’opposition facile du "tout répressif" au « tout prévention » s'en verrait sans doute fort diminuée. Je pense que le chiffre devrait être surprenant.

    En conclusion, je dis surprenant et pas dérangeant: ce qui manque à ce gouvernement (comme aux précédents du reste), ce n'est pas tant les moyens que la vision. Je rebondis sur les propos de Sonia Imloul: les "barbus" disposent sans doute de moins de moyens, mais au moins, leur vision est claire... A quand des conférences de presse communes (et alignées) entre MM. de Robien, Sarkozy, Borloo et Begal?
    Emmanuel Noblet
  • francois d
    Le 30 Octobre 2005 à 01 h 47 min
    Bonsoir monsieur Juppé
    mon entrée dans la vie professionnelle il y a quelque année s'est faite brutalement mais m'a servi de leçon. Depuis tout petit le discours parental s'est toujours articulé autour du leitmotiv suivant: travailles bien à l'école mon garçon. Seules les stratégies de motivation ont varié pour conserver leur effiacité. Sur la fin c'était: travailles bien à l'école mon garçon et tu pourras choisir ton avenir. J'ai fais de mon mieux, et le système scolaire me l'a rendu. A mesure que la selection se faisait ma faible constitution physique s'avéra être de moins en moins un handicap majeur pour pouvoir prétendre au respect. J'avais toutefois acquis un certitude après quelques années de système scolaire: Pour être tranquille faut pas la ramener. Terrible constat de collégien, mais manifestement la tactique du mutisme fonctionnait doublement. Transparents aux autres élèves, je ne constituais pas un cible intéressante, tandis que les enseignants se contentait d'évaluer ma prestation écrit faute de pouvoir m'entendre. En quelques années toutefois, l'école m'avait appris l'intolérance que je ne trouvais pas dans ma famille. Le bac en poche je n'ai pas retrouvé la parole pour autant dans le système quasi militaire qui précéda dans mons cas l'accès au écoles d'ingénieurs francaises. Malgré tout, Je pensais bien que toutes ces contraintes étaient le passage obligatoires qui menait à une plus grande liberté future conformément à la prédiction familiale. Je ne parvenais à assurer cette docilité extérieure que par une radicalité intérieure croissante. Je développais donc un forme d'extrémisme asymptomatique qui échappait à tout diagnostic familial ou scolaire. Et même si le régime a complètement changé avec les conditions très favorables réservées au futur ingénieur , on lui parle d'élite, de guerre économique, on dépense beaucoup d'argent pour lui. Puis vient la sortie diplôme en poche un petit DEA en plus on ne sait jamais, la météorologie du travail n'est pas très radieuse. Mais bon ca ne pouvait pas être pire que cette ancienne surveillante de lycée que je connaissais et qui alignait les CDD depuis ses premières années de fac, à 35 ans elle en avait fini avec la fac depuis belle lurette, restait les CDD et la précarité. Mais un ingenieur ca ne fait pas de cdd, en trois mois, ca trouve un boulot. Un an plus tard je trouvais enfin une activité professionnelle qui nécessitait des connaissances de collégien et pour laquelle mon employeur me formait pendant un mois dans une de ses filiales pour pouvoir toucher des aides au titre des formations. J'avais acquis mon indépendance en échange d'une docilité professionnelle le temps d'un CDI, mon extremisme lui était forgé, ainsi qu'une méfiance instinctive vis à vis de l'entreprise.Celui d'une partie de la société semblait également avoir suivi un chemin parallèle. J'avais développé également une certaine forme de haine de la société dont on se sent marginalisée. J'ai eu des collègues d'origine marocaine ou bien tunisienne. Il me racontait combien il était difficile de trouver un logement lorsque l'on s'appelle Mamadou ou Hassan . Ils étaient hypersensibles sur le thème du racisme, s'indignant pour un rien, probablement à cause d'une trop longue exposition au regards intolérants, peut être le mien si j'avais du louer des appartements. Pour échapper à cette société, j'ai fini par voter avec mes pieds jusqu'en Suisse. Je constate par contraste depuis presque une années combien la société francaise est agressive au quotidien, le sens collectif semble s'y être beaucoup estompé, ce que reflète les mouvements politiques qui tendent à être des structures voués à servir des destinées indviduelles et à n'importe quel prix. Un cas exemplaire et spectaculaire est celui de l'amiante pour lequel toute l'information était disponible, les connaissances indiscutables, il suffisait de gouverner. Mais je m'égare, le quotidien suisse me semble beaucoup plus paisible, le sentiment d'apartenance à une collectivité sociale beaucoup plus fort qu'en France, et l'attention aux autres plus manifeste. Cela ne signifie pas absence de xenophobie evidemment, elle est sans doute aussi presente qu'en France.
    Alors qu'il grandissait en France mon extremisme a peut être une chance de guérir ici.
    cordialement
    francois
    francois d
  • dominique weill
    Le 23 Octobre 2005 à 14 h 39 min

    On entend des discours d'une extrème radicalité, coupés complètement du réel.
    Il ya même , je trouve , une forme de snobisme, à qui sera le plus radical, chez les libéraux ou à gauche.
    Si on tient un discours intransigeant mais aussi, modéré, et ... un peu scupuleux face à la complexité des problèmes, on se fait traiter de "bourgeoise bien installée", si on pense que nous avons besoin d'une nouvelle révolution industrielle au sens ou la planète est en danger et que dans une certaine mesure "la maitrise du monde " a échoué, peu de gens acceptent ce diagnostique, à droite. Pourquoi ?
    Parfois en vous lisant , je trouve vos réflexions sur la mondialisation , trop optimistes, pas assez critiques.
    Un manque d'anxiété fondamental sur la marche de ce monde et du progrès technocratique au dépens de la Nature qui exprime actuellement sa vive hostilité à nos méthiodes et modes de vie ( 19 à 22 ° à Paris fin Octobre, les inondationsun peu partout en France et dans le sud est de l'Italie sans parler des ouragans...)
    On est ravie que l'UNESCO ait adopté quasi à l'unanimité (sauf les EU et ..hélas. Israel) le principe de l'exception culturelle mais cela ne suffit pas.
    Pourquoi attendre 5 ans pour supprimer les sacs plastique !!Pourquoi ne pas mettre le paquet sur des voitures propres au niveau mondial, tout de suite .
    Un de vos correspondants reprochait assez vivement aux politiques leur absence d'anticipation.
    Car les problèmes sont connus et les solutins ne sont pas interchangeables.
    Mais je suis comme vous, les discours très radicaux me font peur.
    Cordialement.DW
    dominique weill
  • Kamal B
    Le 23 Octobre 2005 à 06 h 46 min
    Bonjour Alain,

    Je lis ton article et je souris. Oui, il y a du racisme en France comme partout dans le monde. Il existe à différents niveaux et ce depuis la nuit des temps. Entre le bon p'tit vieux campagnard qui déteste les '75', et les 'gros racistes' que nous pouvons rencontrer à la télé, le panel est large.
    Les français ne sont peut être pas plus raciste que les autres. Par contre ils sont moins ouverts que les autres. Je suis moi même fils d'immigré marocain, et mon travail me ballade en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis et Canada, etc, ce qui me permet d’interpréter la question de racisme différemment. Et je ne pense pas que ce soit qu’a l’Etat de réagir.

    Lorsqu’on analyse le monde depuis sa création, les populations ont toujours bougé. Des pays se sont formés, pour ensuite être découpées en autres pays. Certains seront récupères via des mouvements de guerre de territoires, de religions ou de colonisations, etc… De la sont nés les fameux «racismes», ou les anglais n’aimaient pas les français, ou les maghrébins n’aimaient pas les peuples d’origine d’Afrique Centrale, etc… Ensuite tout a été documenté (dans une certaine mesure) pour être transmis aux nouvelles générations. Notons en passant que Charlemagne n’a jamais stoppé les Arabes à Poitiers, mais les Maures. De plus, sachez qu’au Maroc, les petits enfants ont des cours coraniques avant d’entrer en primaire. Dans ces cours, on leur dit qu’il n’y a qu’un seul Dieu, c’est Allah et rien d’autre. Imaginez ce qu’il se passe dans certaines dérives fanatiques (maîtres ou élèves).
    L’éducation, selon sa qualité, va influer sur nos comportements, surtout pendant notre jeune enfance. Petit, tout ce qui est différent va nous sembler étrange. Ensuite on va soit comprendre, soit garder en tête de faire attention, soit tout simplement chercher à l’éviter.
    En grandissant, chacun se fera sa propre opinion sur tel ou tel sujet, entre autre le sujet qui nous intéresse ici. Selon l’environnement familial et social, selon la localité, selon la personnalité, selon les expériences, l’individu va opter un comportement raciste ou pas.

    Pour les français, j’ai envie de dire qu’il y a une petite spécificité. On ne cherche pas à comprendre tel ou tel sujet, on entend des choses, on les répète souvent en les déformant, etc… On pense que c’est chez nous en France qu’on est le mieux. On raisonne encore sauvegarde du travail, syndicats, cotisations de retraite, le franc, et les immigrés. Savez vous ce que les anglais & américains pensent de nous ? Plus on se plaint, plus on est content. French are happy when they are unhappy.
    Vivant dans un système social (et tant mieux pour le «petit»), on se renferme dans l’ignorance, jusqu'à parfois créer un immobilisme (On ne veut pas chercher a comprendre). J’ai été expatrié 4 ans en Grande-Bretagne, et de retour au siège lyonnais, il m’a fallu a peine un mois pour ressentir la lacune intellectuelle française.

    Au-delà de la notion de racisme comme nous en parlons ici, il y aussi la notion de respect de l’individu. Prenons l’exemple des personnes a mobilité réduite. Nous avons ici un retard tant honteux que phénoménal. Les places de stationnements réservés sont souvent occupées par des non-handicapés, les rampes d’accès aux immeubles administratifs, sociaux et commerciaux manquent encore, les distributeurs de billets de banques ne sont pas adaptés. On regarde encore bizarrement une personne sur son fauteuil roulant. Lorsque celle-ci a besoin d’aide, les gens ont l’impression d’aider plus par politesse que par réelle compréhension.

    Les medias vont aussi nous habituer au cliché typique de l’arrestation d’un noir pour le reportage du nouveau pistolet laser (le Taser), aux documentaires apitoyables sur la vie des cités, et j’en passe. Pour beaucoup, la Pologne est encore un pays de mendiants. Les émissions de variétés semblent aussi provoquer, avec leur bande-annonce du style «Charles Aznavour, le chanteur le plus aimé des français». Désolé, j’aime beaucoup ce que fait Mr Aznavour, mes amis anglophones aussi. Le chinois a toujours le rôle de cuisinier, de chauffeur de taxi ou ninja au cinéma. Le maghrébin est toujours celui qui fait rire. Saviez vous que les policiers en Angleterre sont tous de nationalités différentes, d’orientation sexuelle différentes, et de capacités physiques différentes ?

    Il existe des solutions pour éradiquer le racisme en France, mais ce ne sera jamais fait a 100%. C’est un grand chantier, et il ne faudra pas se voiler la face sans pour autant brandir le drapeau anti-racisme. Il faut attaquer à la source, réviser le contenu de notre système éducatif, faire prendre conscience aux medias de l’importance de leur rôle dans un tel challenge, et surtout ouvrir le monde a tous via différents moyens. Mon premier exemple serait d’accélérer les offres d’expatriations. La France a aboli le service militaire, mais cette économie financière aurait pu être dépensée vers des programmes d’aides a la découverte d’un pays quelconque. Ubifrance serait ici la plateforme idéale pour orchestrer ces opérations. De plus, nous pourrions permettre aux jeunes de s’absenter une année ou deux du cycle scolaire pour leur permettre de vivre une expérience professionnelle a l’étranger, et donc d'elargir leur etat d'esprit. Ici nous réussirons cette mission a plus de 50%.

    En parallèle, il faut aussi accélérer les créations d’entreprises. Inciter encore plus les jeunes créateurs, simplifier les démarches et les coûts. Demain, avec l’aide d’internet, on devrait pouvoir créer son entreprise le matin avec une carte bancaire et commencer a facturer le soir même.
    Certains secteurs professionnels ont aussi besoin d’être «secoués», comme celui des avocats/notaires/experts, celui de la médecine, celui de la justice, etc.. Tous ces secteurs «notoires» ne doivent plus être fermés aux français d’origine étrangère.

    Le système administratif aussi a besoin d’un dépoussiérage. Simplifions encore plus nos documents, maintenant que nous avons les moyens modernes nécessaires. Saviez vous que pour une demande de renouvellement de passeport, un français d’origine étrangère doit fournir sa carte d’identité française et un …justificatif de nationalité française !!


    Alain, la notion de racisme est grande, et la réponse (comme les faits) n’est pas toujours la où on la croit. A mes yeux, les politiques qui ont essayé de traiter le sujet de racisme en France m’ont toujours paru le faire plus par publicité qu’autre chose, un peu comme tous ceux qui se sont intéressés au conflit Israelo-Palestiniens, car ils n’avaient ni l’expérience ni l’ouverture d’esprit nécessaire. Le sujet du racisme ne se traitera que par le modernisme.

    Cordialement,

    Kamal B.
    Kamal B
  • Francois Heizmann
    Le 22 Octobre 2005 à 20 h 58 min
    "Dans un registre moins grave, je suis sidéré par le manque de sens des nuances de certains de mes correspondants. L'un d'entre eux m'écrit:
    "Tous les jeunes Français travailleurs quittent la France pour aller s'installer ailleurs."
    Comment peut-on écrire de telles généralités?"

    Vous même quand vous étiez premier ministre avez vous fait preuve de nuances en décrètant une belle augmentation des impots sur le revenu des français ?

    "Nous connaissons tous heureusement de jeunes Français travailleurs qui sont heureux de travailler en France!"

    Heureux de travailler en France dites-vous. Vous avez raison beaucoup le sont, sincèrement et honnêtement.
    Et ce malgré l'acharnement des deux tueurs d'entreprises et d'entrepreneurs uniques à la France.
    Je parle de Bercy et de l'URSSAF.
    Organisation tueuses d'entreprises principalement car sauf avoir fait l'ENA, il est impossible de respecter les consignes absconses de ces choses.

    "Il y en a marre de ces généralisations abusives qui entretiennent la sinistrose à l'intérieur de notre pays et ternissent son image à l'extérieur."

    Mais ces généralisations abusives ne sont-elles pas simplement le reflet de l'image que nous donnent ce qui nous dirigent, malgré les efforts louables de ceux qui nous gouvernent ?

    "Montesquieu faisait de la vertu de modération une qualité fondamentale dans toute société civilisée. Dommage qu'il ne soit plus à la mode!"

    Ah ! Modération disparue.
    Vous êtes maintenant loin de l'hexagone et probablement vous ignorez que les impots locaux ont cette année augmenté en moyenne d'une valeur très nettement supérieure à l'augmentation des revenus de français.
    Alors, à qui donner l'exemple de la modération ?
    Francois Heizmann
  • Jean-Yves Mesnil
    Le 22 Octobre 2005 à 18 h 01 min
    Bonjour,

    je pense que le défi consiste à intégrer. ainsi nous éviterons l'islamisme et l'amertume que peuvent ressentir les immigrés et leurs enfants.

    je suis entrepreneur et je pense que la France n'est pas un eldorado pour les étrangers, qui n'ont pas le sentiment d'avoir un avenir dans notre pays. c'est cela le vrai probleme, ceci est aussi valable pour les autres...qui partent.

    salutations

    mettez la doudoune :-))
    Jean-Yves Mesnil
  • Cyril Girard
    Le 21 Octobre 2005 à 17 h 31 min
    J'ai dernièrement eu la chance de rencontrer Mohamed Diaby, jeune ivoirien venu passer son bac en France et reçu à l'age de 13 ans et demi. Ce jeune homme est aujourd'hui en deuxième année de prépa scientifique. Il a 15 ans, et sera probablement dans dans trois ou quatre ans un grand ingénieur. S'il est heureux que la France ait accueilli ce jeune homme, il est tout aussi heureux qu'il ait choisi notre pays pour venir y faire ses études. L'enrichissement, ce me semble, est égal pour les deux parties, et c'est tant mieux. Ainsi vient-il en partie compenser par sont talent l'absence de ces jeunes Français partis jouer pour d'autres pays. Ce n'est pas vous qui viendrez nier la richesse de ce type d'échange...
    Cyril Girard
  • M C
    Le 21 Octobre 2005 à 08 h 26 min
    Le format des blogs ne prêtent pas vraiment à la modération ; d'ailleurs, je suis très impressionné par votre capacité à rester justement très pondéré et précis dans vos posts. Cela m'amène à vous faire remarquer que les politiques français ne font pas vraiment preuve de modération, en particulier dans leurs votes au Parlement. En effet, les parlementaires d'opposition votent systématiquement ou presque contre les projets déposés par la majorité. Par exemple, en son temps, la droite a voté presque unanimement contre le PACS et plus récemment, la gauche a voté contre la réforme des retraites. D'ailleurs, revenues au pouvoir après l'alternance, les nouvelles majorités s'amusent rarement à abroger les lois qui sont en réalité bipartisanes. Hors, beaucoup d'hommes politiques ont pris le temps de lire Montesquieu ou encore Tocqueville. Par leur absence de modération et par leurs calculs politiciens, ils ont tout simplement perdu le sens de l'intérêt général et donc leur crédibilité.
    M C
  • Richard PICHET
    Le 20 Octobre 2005 à 23 h 58 min
    Il y a quelques mois le premier ministre israëlien qualifiait la France d'anti-sémite. Mais la France, enfin une bonne partie des français manipulés par les discours fachisant des extrèmes (de droite et de gauche même combat) deviennent de plus en plus intolérant et xénophobe surtout envers la religion musulmanne.

    Ceci est dû, comme souvent d'ailleurs, à une méconnaissance de la religion en elle même. J'ai eu l'occasion de débattre avec un militant frontiste qui se plaisait à sortir une sourate de son contexte. Se complaisant à prover que la religion musulmane était une religion uniquement composée de brimade et d'appel au djihad.
    Il n'a pas été très difficile de lui rappeler que la Bible elle-même (la loi du talion, les pêchés capitaux,...) n'était pas exangue.

    La victoire du non le 29 mai dernier est aussi une de ces conséquences du replis sur soi.

    Les français doutent et sont aigris... la classe politique ne se renouvelle pas (pas beaucoup de nouvelles têtes).
    Et les mois qui nous séparent de la présidentielle de 2007 ne me rendent guère optimiste quand à l'issu du scrutin. Plus on avance plus je suis peruadé qu'on va se retrouver avec le choix entre la peste et le choléra... Le Pen ou Besancenot.
    Richard PICHET
  • Marine XXX
    Le 20 Octobre 2005 à 13 h 27 min
    Monsieur Juppé,
    Je réagis à votre coup de gueule concernant les réactions à vos propos sur l'immigration.
    Nous n'en sommes plus aujourd'hui à calfeutrer le navire mais à regarder du coté des canots de sauvetage.
    1/Avez vous entendu parler du rapport Obin?
    Pourquoi ce rapport a t il été dissimulé? Pourquoi les journalistes n'en parlent pas?
    2/Vous parlez de la Goutte d'Or ou vous avez été élu.
    Savez vous que près de quarantes policiers ont été chassé du quartier par une émeute sur le boulevard Barbes?

    Je ne comprends vraiment pas pourquoi l'on continue à manier cet angélisme naif concernant l'immigration.

    Pourquoi la France va t elle si mal? parceque l'esprit national a disparu. Plus personne autour de moi ne croit plus en l'avenir de ce pays parceque les gens ne se reconnaissent plus dans leur voisins. Ce n'est pas une question de couleurs, car les premieres victimes de la situation sont les antillais.
    Savez vous que les associations caritatives font face a de gros problemes de dons?
    Quand à la tv on voit les files d'attentes du secours populaire, des restos du choeur, on ne voit que des gens en boubous ou voilés.
    Comment le grand public peut il avoir envie de donner un coup de main a ces associations quand il est persuadé que ces gens ne souhaitent pas devenir leurs voisins, s'integrer.

    Alors, peu a peu, chacun d'entre nous se dit " a quoi bon la solidarité nationale"? A quoi bon payer mes impots? ...le voilà le mal francais, et c'est exactement ce qu'il se passe pour l'elargissement de l'europe.
    Les petites gens comme moi, nous avons la certitude que l'on nous fait avaler des couleuvres, encore et encore, toujours plus.

    Comment voulez vous que je réagisse quand je vois que certains vont brailler dans la rue pour reclamer des logements alors qu'ils n'ont pas de papier , alors que je ferme ma g**** et attends depuis 9 ans un logement?
    Est ce qu'il faut faire des choses illegales (venir en France, travailler au black, faire du bizness de marchandises volées) pour avoir des droits?

    J'entends partout "on a des droits, on n'est pas respecté etc..." Mais qu'en est il des gens comme moi et mes filles qui ne peuvent pas sortir de notre immeuble après 18H? Pourquoi lorsque ma fille se fait traiter de p*** quand elle porte un jean, le policier du coin me conseille de lui dire de porter un gros pull?

    Vous avez de la chance vous, de pouvoir partir ailleurs.
    Rappelez vous que ce n'est pas le cas de 90% de vos concitoyens.

    Marine XXX
  • Françoise BRUNET
    Le 20 Octobre 2005 à 11 h 19 min
    Organisée par la LICRA et l'UNSS, sports scolaires, j'ai accompagné l'entraineur RICARDO et 2 joueurs RIO MAVUBA et MAROUANE CHAMACK a un débat avec 200 lycéens hier matin.Après la prise de parole d'une jeune fille arbitre décrivant ses difficultés face au sexisme : première réaction d'un jeune, je suis pour les femmes à la maison, comme ma mère, ma grand mère et mes soeurs. Réaction de Marouane: je suis, malgré la culture de ma famille, pour l'intégration et pour le libre choix de ma petite soeur.
    Deuxième remarque: les français n'ont qu'à s'adapter à nos habitudes. Réaction de Marouane et de Rio : ils ont affirmé leur fierté d'être français. La matinée a été riche en échanges vrais. Mais le constat fait par les enseignants présents et les adultes: 4 jeunes de couleurs seulement sur l'ensemble des 200 participants. comment les sortir des cités ou ils se replient sans même vouloir faire du sport?Les interrogations de RICARDO ,le Brésil est un pays de mixité, on le voit au club avec nos 4 brésiliens, et pourtant le Brésil est une terre de grande violence.L'immigration est le sujet prioritaire de nos réflexions.BISES.FRANCOISE
    Françoise BRUNET
  • Yves RICHARD
    Le 20 Octobre 2005 à 00 h 32 min
    bonsoir
    enfin quelques minutes pour faire un tour au "bistrot des copains". Votre article sur les propos xénophobes que vous recevez rejoint une préoccupation personnelle. En effet, il se produit de façon plus ou moins claire une conjonction de deux phénomènes inquiétants et qui se nourrissent l'un l'autre: l'expression d'une xénophobie débridée, ou en voie de l'être, et l'utilisation de celle-ci dans les discours politiques. Le premier phénomène est sans doute permis par le terrorisme, et les tensions moyen-orientales. Le second, par le "parler vrai" de certains surtout à droite, ou la version, plus insidieuse de l'extrême gauche "noniste", cajolée par une partie du PS. Les signes avant-coureurs sont inquiétants : la montée des extrêmes aux présidentielles, et le non au référendum, où l'union des extrêmes a battu la coalition centriste en flagornant la xénophobie primaire du peuple, dans ce que je serais tenter d'appeler un véritable "passage à l'acte" politique. On pourrait ajouter le racisme ordinaire clairement installé et revendiqué entre les diverses communautés, dans les banlieues. Selon moi, cela est dû à une terrible incompréhension de ce qu'est la xénophobie de la part des "spécialistes" de la question. Je pense, pour ma part, que la xénophobie est une réaction tout à fait naturelle, et qui donc n'est pas honteuse en soit, mais qui doit être réprimée, c'est à dire traitée un peu comme, si vous voulez, le complexe d'oedipe. Or, l'attitude de notre société, en diabolisant cette tendance, nous conduit plutôt à la refouler, dans la honte et l'incompréhension. Malheureusement, ce qui est refoulé de la sorte ressort toujours à la moindre occasion, sous des formes plus ou moins rationnelles. C'est je crois ce qui se passe actuellement dans notre société, et que vous constatez dans vos messages. Je crois donc que la formule de Montaigne doit être prise au sens éthymologique du terme : vertu de modération au sens d'une véritable force, celle par laquelle nous réprimons nos penchants xénophobes. C'est sans doute de cette "répression" que pourraient naître la France et l'Europe de demain.
    qu'en pensez vous?
    bien à vous (et content de vous retrouver, car je ne vous avais pas écrit depuis trop longtemps à mon goût...)
    Yves RICHARD
  • Rose Craon
    Le 19 Octobre 2005 à 15 h 54 min
    Comment ne pas souscrire à cette "apologie" de la modération? La généralisation est une figure du discours avant d'être une figure de la pensée. De nombreux hommes politiques y recourent avec la conviction de toucher ainsi plus facilement le coeur des électeurs. Mais pourquoi est-ce aussi souvent quand les politiques se retirent (je pense à vous, mais aussi à F. Léotard) qu'ils en viennent à ces considérations de philosophie politique que l'on rêverait de voir mises en oeuvre?
    Rose Craon
  • Pascal TIERCE
    Le 19 Octobre 2005 à 14 h 37 min
    Bon ! Puisque tout le monde fait des citations ou référence aux grands Anciens, je n’en voudrais d’en rester là et vous proposerais « Ne quid nimis ». Lorsque j’étais étudiant, nous traduisions cela par « Ne pas en faire de trop », façon de justifier un certain dilettantisme. Mais une traduction plus correcte serait « L’excès en tout est un défaut ». Monsieur de Talleyrand disait de son côté que tout ce qui est excessif est insignifiant. Nous rejoignons ainsi l’idée de Montesquieu d’élever la modération au rang de vertu.

    Néanmoins, la modération et la prudence n’excluent pas de s’interroger sur les raisons de ces réactions, parfois épidermiques, quand sont abordés les thèmes de l’immigration, de l’intégration, des banlieues…

    Je suis toujours surpris par la faculté qu’ont certaines « bonnes âmes » à minimiser, voire à nier jusqu’à l’absurde les problèmes qui dérangent leur conscience. Un exemple cent fois entendu : S’il y a de la violence et des trafics dans les banlieues, ce n’est pas la faute de casseurs ou de délinquants mais de la police qui n’a pas su engager un vrai dialogue constructif et tolérant... La provocation étant la tâche principale de la police, chacun sait cela !

    Arrêtons de nous cacher derrière notre pouce ! La situation dans nos banlieues est en grande partie due à une absence de politique pérenne d’immigration et donc d’intégration.
    Pourquoi, dans les années soixante, période bénite du plein emploi, les industriels français, plutôt que de moderniser leurs usines, ont-ils fait le choix d’avoir recours en masse à une main d’œuvre étrangère, notamment africaine, laissant le traitement du problème social à la charge de la société ? Pourquoi, à la fin des années 70 et durant la décennie suivante, alors que la situation de l’emploi s’était retournée après deux chocs pétroliers, la France a encouragé, par une réglementation soit inexistante soit laxiste et incohérente l’immigration (clandestine ou pas), faisant de notre pays celui des droits de l’hommisme ... et des allocations pour tous ? Pourquoi ne s’être alors pas préoccupé des conséquences sociales, pourtant évidentes à terme, du regroupement familial ? Jusque dans les années soixante, l’intégration pouvait se faire par le travail. A partir des années quatre-vingt, nombre d’immigrants sans qualification ni travail n’ont plus vu la nécessité de faire quelques efforts d’intégration ; le logement, la nationalité et les allocations étant attribués quasiment de droit. Mais qui pourrait leur jeter la pierre ?

    Ainsi, avant d’accuser globalement les immigrés de tous les maux de notre société, il conviendrait d’abord que nous répondions à cette question : Qu’avons nous fait pour empêcher ces dérives ? Depuis 40 ans, sur ces sujets, nous bricolons au gré des intérêts économiques ou politiques des uns, et de la bonne conscience des autres. Mais on ne construit pas l’avenir d’un pays sur du bricolage. Où en est, aujourd’hui, en France, la volonté de vivre ensemble, si chère à Renan ? Je vous avoue un certain pessimiste pour la suite.
    Pascal TIERCE
  • Emmanuel de Galbert
    Le 19 Octobre 2005 à 12 h 25 min
    Je suis parfaitement d'accord avec vous sur la nécessité d'une certaine modération, cependant nier l'exode d'une partie de la population active me parait encore plus dangereux.
    Je suis moi-même employé en Allemagne mais ma mission se termine bientôt et je cherche un poste pour après. Dans le secteur dans lequel je travaille (un peu particulier je l'accorde: la finance), les différences en terme de rémunération et de lourdeurs administratives entre des places comme Paris d'un côté et de l'autre Londres ou New-York sont telles qu'elles font hésiter avant de choisir.
    Emmanuel de Galbert
  • Michelle MOLLIER
    Le 19 Octobre 2005 à 11 h 57 min
    Bonjour. On ne parle pas des immigrés que ne font pas parler d'eux. Bien sûr qu'il faut faire preuve de modération. Encore faudrait-il qu'il y ait la même attitude en retour. Je comprends et partage le sentiment d'exaspération, voire de rejet, que vous évoquez. Je n'étais pas comme ça avant, avant le 11 septembre 2001 et le sifflement de notre Marseillaise au stade de France. Les incivilités, la fraude manifeste dans les bus et le métro (à Lyon, elle est devenue visible car on doit tous passer devant une borne), la condition des femmes et surtout des jeunes filles, le port du voile islamique... n'arrangent pas les choses. Dommage, pour nous d'abord, et pour ceux qui restent ainsi en marge de notre société. Mais veulent-ils vraiment s'intégrer, s'assimiler comme on disait au temps du Général de Gaulle qui ne voulait pas que Colombey-les-Deux-Eglises devienne Colombey-les-Deux-Mosquées (cf Alain Peyrefitte) ?
    Michelle MOLLIER
  • Aurélien Révillon
    Le 19 Octobre 2005 à 10 h 03 min
    Monsieur Juppé,

    Je me permets de réagir à votre réaction. Moi même sortant de l'école, un choix s'est offert à moi : rester à Londres où j'étais en stage et bien gagner ma vie en progressant rapidement dans un univers de travail anglo-saxon, qui n'a pas tous les avantages mais est plus motivant; ou revenir en France, où l'on ne recrute que des personnes avec de l'expérience, pour des postes souvent bien en deçà du niveau de compétences acquis et mal payé. Je ne noircis pas le tableau j'en sors juste. Alors vous allez me dire que je n'ai qu'à retourner à Londres si la vie y est si douce. Mais non, j'ai choisis la France. Je ne me pose pas en héros, mais je ne crois pas qu'il faille abandonner un pays qui a si cruellement besoin de réformes.
    Nous devons, nous la jeunesse de France, regarder les efforts de nos parents pour reconstruire un pays en ruines après la guerre. C’est à nous de nous relever les manches et de moderniser ce pays, son fonctionnement, ses instances politiques même. Car à mon sens il n’y a plus que lassitude face à une classe politique carriériste, impuissante, incapable de donner l’exemple et de porter les aspirations d’un peuple. Je ne dis pas cela pour vous, car bordelais, l’un des grands aspects qui a motivé mon choix de revenir en France est le travail qui y a été fait. Vous avez redonné espoir à une ville entière. Les jeunes bordelais sont fiers de leur ville. Nous sommes férocement attaché à notre patrimoine si riche et à cette culture qui malgré tout subsiste et se bat pour être reconnue.
    Tout le monde peut faire des erreurs, le tout étant d’en assumer les conséquences. J’espère que vous reviendrez à Bordeaux continuer de donner espoir à cette ville, qui est le terreau même du renouveau français.

    Cordialement
    Aurélien Révillon
  • jean-claude turcq
    Le 19 Octobre 2005 à 08 h 50 min
    je suis particulièrement bien placé pour critiquer votre remarque: je fais correctement et sérieusement mes démarches d'emploi, et pourtant je n'essui que des refus. A chaque fois dans ma vie que j'ai osé faire preuve d'initiative et de volonté manifeste à l'innovation, à la recherche et à créer des choses, la France à chaque fois m'a renvoyé plus bas que terre, et m'insulte de n'être rien d'autre qu'un "batard d'étranger" (ce sont des propos que l'on me tenait lors d'entretien avec des entreprises au sujet d'un DUT informatique,j'avais 17-18 ans. aujourd'hui je suis rmiste, et à part les mensonges et autres affabulations de chirac avec sa "cohésion sociale", je reste actuellement rmiste.

    pourquoi tous ces jeunes "français" qui ne sont pas du tout considéré comme 'français" par l'état ne choisirai-t-il pas la violence ? à l'heure actuelle cela ne procure que des avantages à satisfaire de la vengeance de ne pas avoir le droit d'exister et un gout modéré pour le "risque".

    Dans ma région, les seules postes que les entreprises françaises m'accordent, ce sont des postes d'animateur BAFA pour faire le clown avec un nez rouge devans un public totalement désintéressé (à cause des jeux videos). Sinon, on fais exprès de me traiter de fainéant.

    Vous savez, si la France, au lieu de nous trainer dans la boue à longueur d'année, de prendre du plaisir à nous réduire plus bas que terre parce que l'on ne correspond pas à une image du "bon français", moi j'aurai déjà cherché à créer mon entreprise dans l'informatique depuis des années.

    avez vous remarqué qu'actuellement en France, les jeunes ne rêvent plus du tout à un métier ?? aujourd'hui ils ne font qu'espérer obtenir un poste digne d'intérêt.

    Au lieu de continuellement sanctionner et punir les chomeurs, le gouvernement actuelle devrait plutôt faire respecter "le respect" , de promouvoir le gout de la réussite sociale par la démonstration de réussite d'insertion (pas celle bidons engendré par des contrats précaires et autres fumisteries de contrat d'avenir), moi je parle de poste en CDI, en contrat nouvelle embauche, en CDD pour des gens qui "recommence une nouvelle vie à partir de rien".

    Actuellement, la démarche du gouvernement consiste à punir et sanctionner tous les gens qui refusent d'être conforme au désidérata de l'état. même si je suis entièrement d'accord avec eux qu'ils faut punir ceux qui faudrent, comment ce fait-il qu'à aucun moment depuis 3 ans, ils ne démontrent aux français comment réussir et s'élever dans la société française ???

    Moi j'ai été sidéré par les propos du ministre de l'éducation nationale qui voulait promouvoir l'envie d'entreprendre aux jeunes. A mon époque, l'éducation nationale m'a fait passé pour un moins que rien, un bon à rien parce que je parlais de la manière dont les USA donnait envie aux jeunes de créer leurs sociétés.

    Si le gouvernement français était beaucoup plus tolérant envers ceux qu'elles considèrent comme des "moutons noirs' et des "gens indésirables" la violence n'aurait pas sa place, Monsieur le ministre !!!

    jean-claude turcq
  • Claude Rollier
    Le 19 Octobre 2005 à 08 h 49 min
    J'ai eu l'impression d'être visé parmi les exclus de dialogue en lisant votre message sur la modération.
    Qu'un modérateur élimine les messages à caractère injurieux ou diffamatoire est une nécessité pour tout forum ,mais requiert de ne pas censurer tout propos non politiquement correct si le titulaire du blog veut un échange ouvert et sincère .
    Sans la liberté de blâmer il n'est point d'éloge sincère.....manchette d'un Figaro autrefois libre et maintenant cire-pompe .
    Or,pour en revenir à mes propres propos sur l'attractivité du nouveau monde sur les jeunes Français ayant choisi d'y poursuivre leurs études au MIT ,Harvard et autres ,je considère que vous refusez ce type d'échange libre ,le débat contradictoire sans censure préalable.
    Si ce thême vous parait piégé ,je vous propose de comparer les situations d'EDF qui devrait changer de statut sans toucher au pouvoir qu'y détient une CGT toute puissante et Hydro-Quebec .Dans les deux cas les investissements colossaux ont justifié au début une emprise publique ,mais jamais Hydro n'a été soumis à la tutelle dominante d'un syndicat de salariés ,marxiste et inféodé au PCF .
    Claude Rollier
  • Michel DUBOIS
    Le 19 Octobre 2005 à 08 h 33 min
    Là où vous parlez d’intolérance j’y vois moi une forme de « racisme ordinaire »…
    Les jeunes de nos banlieues ne sont pas pires que les autres. Ils sont confrontés, trop tôt, à des difficultés que nombre d’entre nous ne soupçonnent pas : précarité, violence, pauvreté, chômage, …
    Rien d’étonnant que certains basculent vers des actes illégaux. Ils ne sont qu’une minorité mais on s’acharne à ne voir qu’eux, en oubliant ceux qui vivent une intégration parfaite.
    Oui, notre société banalise et généralise trop souvent. L’information et la désinformation médiatiques sont devenues des biens de consommation qui laissent peu de place à la réflexion et à la modération.
    J’espère que les prochaines générations seront plus enclins à la curiosité et qu’elles « frotteront leur cervelle à celle des autres » pour une meilleure compréhension de ces populations qui sont désormais nos concitoyens à part entière (comme avant elles les polonais, les portugais, les espagnols,…).
    Enfin, j’aimerais ajouter que résoudre le problème de la pauvreté et redonner de la dignité à nos banlieues résoudraient bien des problèmes sociaux auxquels nous sommes confrontés.
    Bien cordialement à tous,
    Michel DUBOIS
  • aymeric vincent
    Le 19 Octobre 2005 à 08 h 04 min
    bonjour,

    je suis complètement d'accord avec vous. Le défi de tous, hommes politiques ou non, est de ré-enchanter notre pays.

    OUI on peut rever en France
    OUI on peut vivre en France
    OUI notre pays a de grandes forces

    Cessons de voir exclusivement les mauvaises étoiles et avancons d'un pas pour être sous la bonne étoile.
    aymeric vincent
  • Michaël BULLARA
    Le 19 Octobre 2005 à 01 h 49 min
    "Etre dans le vent, c'est avoir un destin de feuille morte !"
    Cela vous rappelle sans aucun doute une phrase prononcée à l'automne 1994 (après un certain 4 novembre)...
    En fait, je crois que ce n'est pas Montesquieu qui n'est plus à la mode ; mais ce sont ses enseignements qui ne sont plus véhiculés.

    Pour ce qui est de la sinistrose, rassurez-vous, nous sommes de plus en plus nombreux, notamment chez les jeunes socio-pro, à souhaiter la combattre avec ardeur.
    Certains imaginent et travaillent même sur la mise en oeuvre de dispositifs qui favoriseraient la promotion de nos réussites et du positif.
    Mais, cher Alain, il faut nous y aider !




    Michaël BULLARA

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé
Alain Juppé 2017
5 ans pour l'emploi
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