Blog Notes d'Alain Juppé

Cinéma québecois

Publié le 19/10/2005 par Alain Juppé

Au fil des années, le cinéma québecois nous a donné de grands moments de bonheur. Je pense aux films de Denys Arcand ( « Le déclin de l’Empire américain », « Les invasions barbares ») , à « La grande séduction » de Jean-François Pouliot et, dernier en date, à « C.R.A.Z.Y. », de Jean-Marc Vallée, couronné meilleur film canadien de l’année au Festival international du film de Toronto.
Je retrouve, d’une certaine manière, les mêmes émotions dans chacun de ces chefs d’oeuvre : beaucoup d’humour et même de drôlerie; des acteurs de grande humanité; les vrais sujets qui nous touchent au plus profond de nous-même: la vie, la maladie, la mort, l’amour. L’amour du couple, l’amour filial, l’attachement à la famille ou aux amis… L’enracinement aussi, dans une histoire et une terre. Sans oublier un accent québécois savoureux!
Le plus rare, le plus excitant, c’est le mélange de rires et de larmes qui fait les grands spectacles.

Pardonnez-moi de faire le lien entre le 7°art … et la politique: j’ai suivi avec inquiétude et enthousiasme à la fois les travaux de la Conférence Générale de l’UNESCO qui examinait à Paris le projet de convention internationale sur la diversité culturelle. Malgré le forcing que les Etats-Unis ont fait pour bloquer l’adoption de ce texte, la conférence l’a approuvé haut la main. C’est un succès pour la France, le Canada et le Québec qui, main dans la main, ont été à la pointe du combat.
Nous avons obtenu la reconnaissance de la spécificité des biens culturels qui ne sont pas des marchandises comme les autres; nous allons pouvoir continuer à aider nos industries culturelles qui nous donneront encore de beaux films (disques, livres etc…) sans se fondre dans le moule hollywoodien. C’est capital… et on en parle peu.
19/10/05

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10 commentaires pour « Cinéma québecois »
  • Emmanuel RAVANAS
    Le 08 Novembre 2005 à 04 h 18 min
    Cher Monsieur Juppé,
    Je ne peux que vous conseiller de voir l'excellent documentaire québécois "les voleurs d'enfance".
    Une entrée dans l'horreur de la violence, des enfants massacrés par l'existence, le tout accentué par les lourdes carences du système de protection de la jeunesse. Ca se passe au québec, ca se passe en France, souvent dans l'indifférence et dans le silence
    Qu'avons nous fait de nos enfants ?
    Cordialement
    Emmanuel RAVANAS
  • Florentin de LOPPINOT
    Le 22 Octobre 2005 à 17 h 50 min
    Je suis très heureux d'apprendre que vous serez d'ici peu de retour en France pour vous mettre à nouveau au service de votre pays. Nous vous avons bien mal rendu le rude labeur et les années de combat engagé que vous avez consacrés à la France.

    Je suis pour ma part de retour en France après quatre années en Afrique du Sud. Si j'appréhendais ce retour, être revenu ici est une joie quotidienne. La France est un pays merveilleux et dynamique. On la méprise de près, on l'idéalise de loin, la vérité est comme souvent à mi-chemin.


    Je vous prie d'agréer, monsieur le ministre, l'expression de ma plus haute considération.
    Florentin de LOPPINOT
  • Pascal TIERCE
    Le 21 Octobre 2005 à 14 h 25 min
    La petite-fille de Maurice Papon a donc été renvoyée, il y a quelques jours, de ses fonctions au sein du cabinet du ministre des anciens combattants. Apparemment non pour faute professionnelle, mais parce qu’elle est... la petite-fille de son grand-père. Cette information m’avait choqué lorsque je l’avais entendue à la radio. M. Bernard-Henri Lévy vient d’y consacrer, à juste titre, une partie de son bloc-notes dans le dernier numéro du Point.

    J’apprécie parfois diversement certaines prises de position de M. Lévy. Mais je dois dire que, dans ce cas, il frappe juste en parlant d’ignominie.

    Comme lui, je ne sais rien de cette dame ni de ce qu’elle pense. Mais, il est en effet indigne, surtout de la part d’un service de l’Etat, d’instaurer un « délit de sale famille ».

    Le Premier ministre devrait se saisir de cette affaire, s’expliquer, voire sanctionner les responsables car dans le cas contraire s’appliquerait l’adage « qui ne dit mot, consent ». Par ailleurs, un silence prolongé du gouvernement pourrait accréditer l’idée que la réalité du pouvoir républicain se trouve, non entre les mains des représentants du Peuple, mais entre celles de lobbyistes aux desseins plus ou moins douteux et inquiétants.

    Lorsqu’un homme politique se croit un destin national, il est judicieux d’éviter de paraître cautionner ce genre de dérapage nauséabond.
    Pascal TIERCE
  • Alain Hodé
    Le 21 Octobre 2005 à 13 h 34 min
    Bonjour,
    Suite à votre coup de coeur, j'ai loué, "la grande séduction" et "les invasions barbares". Pas déçu du tout. Ils ont ce quelque chose, d'humain et d'émouvant qui rend ce peuple si attachant. J'ai décidé que le Québéc serait ma prochaine patrie, car plus proche de ma mentalité.

    Salutations
    Alain Hodé
  • Michel DUBOIS
    Le 21 Octobre 2005 à 07 h 24 min
    L’UNESCO a approuvé à une écrasante majorité la spécificité et la diversité culturelle.
    Ce sont donc des années d’efforts conjugués récompensées.
    Les Etats-Unis, isolés, doivent s’incliner.
    Mais que pense l’OMS de l’aide à nos industries culturelles ?
    Les Américains ont-ils dit leur dernier mot ?
    Quoiqu’il en soit, ne boudons pas notre plaisir…
    Michel DUBOIS
  • Charles A
    Le 20 Octobre 2005 à 19 h 23 min
    Monsieur Chirac reçoit chaleureusement Hugo Chavez…Je veux bien que Ce Monsieur Chavez défende incidemment la vision d’un monde multipolaire rejoignant sur ce point Jacques Chirac…Mais il défend aussi Fidel Castro, son héros (ou plutôt son zéro dont il se fait le héraut…) ce qui devrait suffire à lui montrer moins d’égard. Sans parler de son attitude vis à vis de l’Iran. (je ne connais pas sa position vis à vis de la Corée du Nord…mais j’ai une petite idée…)

    Sur la forme, Monsieur Chirac donne ainsi l’impression amusante de chatouiller les Etats-unis comme le Général de Gaulle avait eu l’occasion de le faire en son temps…A ceci prés qu’en cas de crise de Gaulle montrait qui étaient vraiment ses alliés. C’est ainsi que dans la crise des missiles Cubains il déclarait “La parole du Président Kennedy me suffit !“. Même si ce sont des gestes symboliques, ils donnent des signes « forts » et contribue à maintenir ou défaire la confiance.

    AU-DELÀ de l’aspect « marketing », sur le fond je trouve dommage qu’on prenne le luxe de défendre des concepts certes louables mais avec des gens peu fréquentables qui ont des alliés dont nous condamnons farouchement les pratiques.
    Pour simplifier…qui est le plus à convaincre dans cette histoire ? Est-ce Bush d’accepter une vision multipolaire ou Castro de renoncer à la dictature communiste. Attention à ne pas se tromper de cible et donner involontairement l’impression de soutenir des régimes que par ailleurs nous condamnons.

    Nous donnons une image décalés de notre pays (c’est un euphémisme), certes nous trouvons des alliés pour défendre une vision (quoi de plus normal), mais quelle alliance et pour quoi faire… Défendre un monde multipolaire c’est très bien mais le défendre avec des gens comme Chavez et pourquoi pas Castro et tous les dictateurs de la planète ne nous attirera certainement pas la sympathie des démocraties que l’on veut convaincre…
    Charles A
  • Olivier Lacroix
    Le 20 Octobre 2005 à 13 h 55 min
    "C'est capital... et on en parle peu"

    C'est exactement ce que je me suis dit en en commençant la lecture de ce message.

    On parle très peu de ce point alors qu'il est ultra important sur le plan économique mais surtout sur le plan politique.

    L'anglais a et continue de prendre une place très forte à travers le monde alors que le français lui est en perpetuelle régréssion.

    Cette avancée doit s'inscrire dans un projet plus large qui est celui de la Francophonie(langue et cultre Française).

    Si nous ne nous occupons pas de ce problème sérieusement, la situation sera telle que le déclin de la Francophonie serait un signe fort de déclin de la France.

    Je ne suis pas toujours d'accord avec ce que font les hommes politiques français sur la manière dont ils abordent certains dossiers, mais là il faut rendre à César(Renaud?) ce qui appartient à César, c'est une victoire importante non seulement de la culture Française mais aussi de toutes les autres cultures du monde.
    Olivier Lacroix
  • Pascal TIERCE
    Le 20 Octobre 2005 à 11 h 29 min
    Relevé dans la presse, un sondage CSA/Profession politique : 55% des personnes interrogées se déclarent favorables « dans le contexte économique et social actuel » à un gouvernement de coalition droite-gauche, à l’instar de l’exemple allemand. Accessoirement l’enquête montre que 57% des Français placent le PS au sein d’un « gouvernement idéal ».

    Même s’il ne s’agit à priori que de politique-fiction, je dois avouer que ce sondage me laisse perplexe. Une telle coalition n’est pas particulièrement dans la tradition politique de notre pays, sauf peut-être en cas de circonstances exceptionnelles. Et encore ! Est-ce à dire que, dans l’esprit d’une majorité de nos concitoyens, les politiques de droite et de gauche sont finalement si proches qu’un gouvernement d’union nationale est possible ?

    Il est donc permis de faire une lecture plus sombre de ce sondage et d’y voir une critique en négatif des positions des uns et des autres qui laisserait le rôle de l’opposition véritable aux seuls partis extrémistes. Dans la mesure où la critique est plus aisée que l’Art de gouverner, l’avantage, en cas de constitution d’un tel gouvernement de coalition, serait indéniablement entre les mains des extrémistes de tous poils.

    L’Allemagne n’est pas la France et il me semble que l’importation du consensus germanique en matière de coalition pourrait se révéler dangereux dans le jeu politique français.
    Pascal TIERCE
  • olivier fourdrinoy
    Le 20 Octobre 2005 à 10 h 58 min
    monsieur Juppé,

    il y a des erreurs de calcul qui pénalisent beaucoup la confiance des français dans leurs élites. Monsieur Copé vient de faire une belle démonstration de sa méconnaissance de la société.
    je cite:"
    "Ce sont bien les revenus modestes et moyens qui en seront les premiers bénéficiaires, à hauteur de 70% si c'est le seul impôt sur le revenu et cela va jusqu'à 80% si l'on y associe la prime pour l'emploi", a expliqué le ministre.
    Il a affirmé que "70% du coût de la réforme irait bien aux personnes gagnant entre 10.000 et 40.000 euros par an soit entre 1 et 3,5 SMIC".
    ceci en réaction aux éclaration de l'ofce qui déclarait que 70% des baisses d'impôts prévues dans le budget 2006 iront aux 20% des foyers imposables les plus riches.

    Or, ce que ne semble pas imaginer monsieur Copé, c'est qu'avec 40.000 euros par ans, on est dans les 10% des salariés les plus riches. Et je ne parle pas des français. J'enlève les chomeurs, les temps partiels, les retraités etc..., pour l'ensemble des français, au dessus de 40.000 euros de revenu annuel, il n'y a plus grand monde (bon, lui il est au dessus alors forcément, il ne voit pas bien).

    je pense qu'il s'agit de pure démagogie, et cela très volontairement de la part de monsieur Copé. Et le problème, c'est qu'à force de mener ce genre de discours, et même si madame Parisot nous explique que l'on est trop simplistes pour comprendre l'économie, le problème c'est que l'on se sent constamment pris pour des "cons" (je ne vois pas d'autres mots). Alors voter UMP ou PS ou quoi que ce soit (le PC a qd meme participé à un gouvernement de privatisations), les gens s'en foutent royalement. On élirait le prochain président par SMS que ca ne changerait pas grand chose à la qualité des débats.
    Certes le FN fait peur, mais il y a deux tours, et puis un monsieur Sarkozy qui leur a pris leur gagne pain et sans oeil de verre.

    Mon seul espoir en politique, est que l'une de ces élites redescende un peu sur terre un jour, et profite de ses entrées pour faire une politique au service de l'homme (et non de l'entreprise, ou de la croissance, ou de l'économie, ou de la sécurité ou contre le terrorisme, ou pour l'emploi), une politique au service de l'homme réglera tout le reste. J'ai cru un quart de seconde que monsieur Fabius avait cette volonté mais bon, ça n'a pas trompé les gens très longtemps.

    la politique, c'est franchement déprimant, plus on s'y intéresse, et plus c'est écoeurant, plus on monte dans les sphères de la société, et plus on descend dans les sous bassements de la nature humaine.

    si vous voulez rentrer dans l'histoire monsieur Juppé, revenez, mais à gauche, et pas dans une fausse politique de gauche qui sert le néo libéralisme à la louche(la troisième voie), non soyez au service de l'homme, rien que de l'homme.

    on peut toujours réver
    olivier fourdrinoy
  • gabriel Fradet
    Le 19 Octobre 2005 à 06 h 52 min
    je le répète en parcourant les contributions de certains vos lecteurs:
    la publication de vos réflexions respecte leur présentation, leur aération...Et ces textes ne sont pas toujours trés courts. Mais ils restent lisibles.
    Il n'en va pas de même pour la publication des contributions des lecteurs qui deviennent de vrais pavés qui rebutent...des étouffe-chrétiens!
    Pourquoi cette différence de traitement?
    Et, malgré ma récente intervention, son maintien?
    Cette inégalité devant le traitement de texte serait-elle symbolique?
    Demandez au moins leur avis aux contributeurs à défaut de votre conseil ou de votre fournisseur.
    Gabriel Fradet
    Inutile de me répondre, évidemment. Respectez l'effort que font ceux qui vous écrivent!
    gabriel Fradet

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé
Alain Juppé 2017
5 ans pour l'emploi
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