Blog Notes d'Alain Juppé

Condoleeza Rice à Sciences PO

Publié le 08/02/2005 par Alain Juppé

Réaction à chaud après avoir entendu Condi Rice à Sciences Po, assis entre Valéry Giscard d’Estaing et notre ambassadeur aux Etats-Unis:
– sur la forme, l’exposé est clair, bien structuré et argumenté; l’orateur s’anime, comme souvent, en répondant aux questions où elle met plus de flamme. La réplique est rapide, précise, efficace.

– Sur le fond, le message est clair : il faut ouvrir un nouveau chapitre dans les relations entre les Etats-Unis et l’Union européenne.
Entre la France et les Etats-Unis, la coopération est bien meilleure dans la réalité que dans la théorie ; et de citer tous les terrains d’entente: le Liban, le Kosovo, l’Afghanistan, la lutte contre le terrorisme ( j’en oublie ).
Sur l’Irak, triomphalisme minimum: la démocratie est en marche.
Les Etats-Unis souhaitent une Europe forte.
Ils souhaitent de même une ONU forte et active.
Bref, la volonté de « réchauffement » s’exprime très clairement.
Les actes suivront-ils ? Tout dépendra de la bonne volonté que chaque partie y mettra. Les conflits d’intérêt ou les divergences d’analyse n’ont pas disparu pour autant.
Il n’y a pas eu un mot sur l’Iran… Souci d’éviter les sujets qui peuvent fâcher ?

– Je retiens l’importance accordée dans le discours à la reprise du dialogue entre Israël et l’Autorité palestinienne. Il existe une vraie chance de progresser vers la paix . Les Etats-Unis sont prêts à s’impliquer fortement et appellent les Européens à faire de même.

– Le plus impressionnant, c’est l’invocation quasi permanente à la liberté et à la démocratie.
Le discours devient preque messianique: c’est la liberté et la démocratie seules qui peuvent mettre en échec le terrorisme, la pauvreté, le fanatisme…
Comment ne pas adhérer à cet hymne à la liberté, qui nous est présentée non seulement comme notre commun héritage, mais plus encore comme un projet pour construire un avenir de paix ?
Je suppose que cet aspect du discours sera critiqué par tous ceux qui ne supportent pas l’arrogance et la bonne conscience de la super-puissance.
Pour ma part, j’ai senti un accent de sincérité et même de foi dans la voix de Condi Rice.
08/02/05

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14 commentaires pour « Condoleeza Rice à Sciences PO »
  • Philippe Faurie
    Le 10 Février 2005 à 15 h 49 min
    Vous, comme la majorite de l'audience, sans doute vous etes laisser seduire par l'efficacite sociale americaine, leur excellence marketing. Lorsque pratique par quelqu'un qui a en plus du talent...
    Mais qu'y a t il derriere ? Ne cherchons pas forcement a etre machiavelique, mais il y a surement la volonte de re-seduire, avant tout.
    cad pas grand chose !
    Philippe Faurie
  • Stanislas Deverre
    Le 09 Février 2005 à 17 h 48 min
    Bonjour.

    Je vous ai vu en effet à côté de l'ancien Pdt à Sciences Po hier. Ancien de l'IEP moi-même cela faisait plaisir que pour une fois un événement d'importance soit organisé dans cet enceinte. L'organisation d'ailleurs n'était guère exceptionnelle (vous étiez bien un peu tous les uns sur les autres) mais bon c'est coutumier en France. Soit dit en passant vous ne trouvez pas que M. le directeur a adopté récemment un look étrange pour un patron de Sciences Po ?
    Sinon concernant votre remarque j'y souscrit pleinement, à part peut-être l'aspect "nous avons déjà bcp d'actions en commun". Pour avoir rencontré M. Galbraith (le célèbre ambassadeur américain de l'ère reagan à paris) je crains hélas que le mal qui a été fait est profond et durable. Sans admettre une "arafatisation" de notre président (malgré des similitudes bien évidentes) il faut toutefois se demander si la France a eu tort de soutenir la politique nettement anti américaine (en tout état de cause on ne peut pas parlé de PRO américanisme ni même de soutien neutre) de ces 2 dernières années.
    La courtoisie de la "timide" Mme Rice ne dissimule pas moins une rigueur idéologique que certains parmi nous envie certainement, et à juste titre, vous le notez.
    Bref, nous jouons encore actuellement, bien que nous l'ayons probablement déjà perdu, notre rang de puissance mondiale.
    L'amérique nous rend visite comme lorsque les sénateurs romains de la république victorieuse de Carthage visitaient les vieux états grecs désunis.
    Dans la décennie à venir l'Allemagne,cette nouvelle Macédoine, lorsqu'elle sera dirigée par un CSU deviendra en quelques mois, probablement à la faveur d'une double crise économique et politique en europe, le leader de notre continent. D'ici là notre armée sera incapable soyons clairs d'envoyer plus de quelques centaines de soldats sur des terrains qui nous sont désormais réellement devenus étrangers.
    Qu'en pensez-vous ? quel sera l'avenir de notre pays lorsque par exemple la Chine subira les contre-coups de sa croissance (quasi spéculative) et que le monde, peut-etre tremblera?
    Stanislas Deverre
  • dominique weill
    Le 09 Février 2005 à 17 h 32 min
    Cela fait plaisir de voir cette femme brillante et élégante qui a tant travaillé pour se voir confier de telles responsabilités, qu'elle porte haut, avec un physique un peu frêle mais volontaire.
    On sent que tout ce qui pouvait être vulnérable ( qui s'exprime peut être par le piano,) a été patiemment et sagement gommé.
    Qu'il reste une forte conviction entièrement dévouée à son pays qu'elle cherche à représenter le mieux possible.
    c'est quand même une belle leçon.
    Et enfin, elle est noire, et c'est ce vieux réactionnaire et conformiste de BUSH qui lui offre un tel poste!
    Rien est simple et à force de trop réduire la politique américaine pour la fustiger, on passe à côté.
    Il suffit d'écouter les spécialistes du microcosme ou du micro-climat, commenter négativement, à la télévision, les élections irakiennes qui , n'en déplaisent aux dits spécialistes de la terre brûlée, ouvrent une ère nouvelle.
    Il s'en passe des choses passionnantes actuellement !

    Cordialement à vous qui nous poussez à écrire, à formaliser nos pensées passagères.

    dominique weill
  • D. L.
    Le 09 Février 2005 à 16 h 22 min
    j'ai tendance à penser que, même si de puissants lobbys sont à l'oeuvre pour orienter la politique étrangère des Etats-Unis, le principal moteur de leur action est la vision messianique du monde des dirigeants de ce pays.
    Au fond, pourquoi tous les peuples n'auraient pas le droit de vivre dans un pays ou les valeurs des Etats-Unis, liberté, démocratie et religion chrétienne, feraient loi. Je ne doute pas que cela parte d'un bon sentiment, mais c'est faire preuve de tellement d'arrogance face à des civilations multi-séculaires, de tellement peu de cas des cultures et particularismes locaux, que cela me choque.
    Je suis totalement pour l'ingérence dans les affaires nationales quand des gens sont en danger, mais laissons faire l'ONU, sa diversité garantit que son action sera adaptée.
    D. L.
  • sébastien ditleblanc
    Le 09 Février 2005 à 16 h 10 min
    L'administration Bush semble avoir définitivement trouvé son credo en matière de politique étrangère : la défense et la promotion de la liberté dans le monde.

    Certes, il y a la pauvreté et les maladies. Mais, au-dessus, il y a plus important encore et c'est cela, en priorité, qui devrait guider nos politiques étrangères.

    On est désormais loin des tergiversations qui ont précédé la guerre en Irak : le lien avec Al Qaida, d'abord, les ADM ensuite, la chute de saddam enfin. A présent, la grille d'analyse est claire : il y a les bons pays, où les peuples sont libres, et les mauvais, où ils sont opprimés.

    On ne peut qu'adhérer à ce discours. Encore faudra-t-il, à mon sens, qu'il se prolonge en actes et qu'il se précise dans sa mise en oeuvre :

    1) Qu'il se prolonge en actes : on ne peut tenir ce discours et maintenir des liens étroits avec des pays comme l'Arabie Saoudite, c'est une question de cohérence ;

    2) Qu'il se précise dans sa mise en oeuvre, parce que le discours de Rice, s'il fixe des objectifs que l'on peut unanimement partager, ne donne pas d'indication sur la manière de les atteindre. Les débats multilatéralisme/unilatéralisme, guerre préventive/guerre d'agression demeurent et, par conséquent, les risques de division entre alliés, lors de prochaines crises, également.

    Comme deux amis qui ont connu une brouille et qui se rabibochent, Français et Américains apprécient de se revoir autour d'une table et font preuve de courtoisie. Mais le rabibochage est-il durable si les non-dits demeurent ?

    sébastien ditleblanc
  • Evariste Galois
    Le 09 Février 2005 à 11 h 55 min
    je trouve les Americains arrogant en venant jusqu'ici sans présenter aucune excuse pour les propos qu'ils ont tenu sur nous autres Francais ( de nazi et de décérébré etc..) alors que nous étions dans le vrai, et qu'on ne se laissait pas manipuler avec leur soit disant armes de destructions massives. Je pense que nous, Européen, nous sommes plus aptes a comprendre et parler de paix que ce bas peuple belliqueux. Pourquoi chercher des nois' a l'Iran qui pour le moment se tient tranquille? peut être pour ce coup là bien attiser le moyen orient qui, il est vrai, est trop calme en ce moment... L'Europe ne pourra être forte sur le plan international que le jour où tous les pays qui la composent arrêteront de tirer la couverture pour eux, et que tous parleront d'une unique voix. que penser des pressions americaines qu'on subit divers pays de l'est au moment de rentrer dans l'union Européenne?
    La guerre est médiatique de nos jours, les americains sont venus juste pour dire au monde entier que nous ne souhaitons pas faire la "paix avec eux" et donc créer un plus fort sentiment anti francais dans leur pays. Heureusement quand on voyage la bas on est rassuré, la plupart ne savent même pas où est la France, ni même quelle langue on y parle.
    @micalement
    Evariste Galois
  • Bertrand DENIAUD
    Le 09 Février 2005 à 11 h 29 min
    la sincérité affichée par le secrétaire d'état hier me laisser tout de même une impression bizarre si l'on se reporte ne serait-ce qu'un an en arrière.
    nous ne sommes donc plus un vieux continent comme le prétendait donald rumsfeld?
    si Madame RICE a modifié son point de vue sur ce sujet, en est il de même pour tout le monde à Washington ?
    et si non , qui l'emportera dans l'esprit du Président Bush?
    on supposera que le message transmis par le représentant du président des Etats Unis aura reçu l'aval de ce dernier et qu'elle a donc exprimé une volonté commune.
    je pense que nous devons de toute façon prendre acte de la façon d'aborder les choses et ne pas jouer les trop fortes têtes au risque de réellement tout gâcher.
    Bertrand DENIAUD
  • Marc BELLET
    Le 09 Février 2005 à 11 h 16 min
    Cher monsieur Juppé,
    Du fond de mes nuits blanches, enfin, une bonne nouvelle !
    Je viens de lire fortuitement un article de Roger Vailland, écrit, six mois avant sa mort, pour le Nouvel Observateur du 26 novembre 1964
    Quelle pleine actualité ! Roger Vailland dit alors de cette époque que " jamais, de mémoire d’homme, le peuple français (et pas seulement lui) n’a été aussi profondément " dépolitisé " comme on dit ". Il fait appel à son expérience - non pour y chercher quelques grands hommes dont il dit qu’il ne se cache pas de les admirer (Thorez et Togliatti viennent de mourir) - mais pour "comprendre pourquoi... et dans quelles circonstances... (les) hommes de tous les jours et de tous les temps se mettent tout d’un coup - et quelquefois tous ensemble - à se conduire en politiques ".
    Il se souvient avoir " déjà vu ce peuple désintéressé ". En 1932, où " les Français... ne voulaient plus entendre parler d’Hitler ni de Mussolini ; ils commençaient d’acheter des tandems pour le dimanche ". Puis, 1936, le Front populaire, où " pendant quelques semaines... un très grand nombre de Français furent des politiques et crurent au bonheur ". En 1942 - l’affreuse année où "un peuple tout entier paraît ne plus penser qu’au ravitaillement ". Puis, la mi-1943, où la Résistance se développait et où " la plupart des Français commençaient de se conduire en politiques ".
    Et, pour Roger Vailland, en 1964, " nous voici de nouveau dans le désert ". Moins de quatre ans plus tard, un certain mois de mai voyait des millions de femmes et d’hommes se mêler de politique. Il avait donc raison d’écrire : " Je ne veux pas croire qu’il ne se passera plus jamais rien. "
    Loin de moi l’idée de faire dire à Vailland plus qu’il n’a écrit. Je pense profondément comme il le disait (à propos du peintre Soulages) : " Laissons les messages aux prophètes et aux facteurs." Cependant, on ne peut s’empêcher d’observer qu’aujourd’hui, dix ans après le " tous ensemble " de 1995 qui vous a laissé "droit dans vos bottes", la politique donne l’impression de se discréditer elle-même.
    Pourtant, la politique dont Roger Vailland dresse l’éloge n’est pas celle du démenti des promesses par les actes, pas celle d’enchaînement de " coups " et de magouilles, pas celle de la délégation de pouvoirs, pas celle d’une pensée unique insidieuse.

    Faire de la politique, comme Vailland le montre, ce n’est pas seulement s’informer, regarder la télévision, même si elle était objective. Pour lui, " Avoir des opinions ne suffit pas non plus. L’opinion, par définition, ce n’est pas une certitude et encore moins une action raisonnée ; quant à l’opinion publique, les tyrans d’Athènes savaient déjà la fabriquer. Se conduire en politique, c’est agir au lieu d’être agi, c’est faire l’histoire, faire la politique au lieu d’être fait, d’être refait par elle.
    "Le caractère scandaleux pour l’esprit du temps - 1964 ou 2005 - de " l’éloge de la politique " appelle une réflexion créatrice. Quelque chose qui ressemble à ce que Roger Vailland annonçait, quatre ans avant son article, dans son roman la Fête :
    " - La révolution est démodée, dit Jean-Marc.
    - Elle a changé de nom (répond Duc). Elle prendra des formes inimaginables. "
    Cet article, décidément, est d’une bonne lecture, à la fois enrichissante et opportune.
    Marc BELLET
  • Jack Laivan
    Le 09 Février 2005 à 10 h 59 min
    La liberte n'a de valeur que si elle est vecue et non pas martelee a coup de canons. Comme toutes le valeurs d'ailleurs.
    Et me semble-t-il, les Americains ont perdu beaucoup de leur liberte dans cette croisade. Je ne citerai que le Patriot Act et les detentions hors droit (meme pour les Americains sur leur sol). Les discours de CR ont un accent de propagande, et me rapellent ceux des pires dictateurs du siece dernier.

    Jack Laivan
  • Olivier Lacroix
    Le 09 Février 2005 à 10 h 24 min
    J'espère que la classe politique française n'est pas aussi impréssionnée qu'elle semblel'être de l'attitude de l'administration Bush.

    Le fait que les américains nous brossent dans le sens du poil ne doit pas nous faire oublier la réalité de la situation.

    La visite de Madame Rice n'est ni plus ni moins que la premiere étape "d'un plan B" dont le but est le même que "le plan A".
    Olivier Lacroix
  • Joel Legendre
    Le 09 Février 2005 à 09 h 51 min
    Bonjour

    John Bolton, en transfert de
    responsabilite au Dept. d'Etat
    americain, et neanmoins de passage a ce
    titre en Extreme - Orient, Coree du sud
    et Japon, a ostensiblement et
    longuement ironise lundi sur les
    intentions humanistes europeennes
    concernant la Chine avec en toile de
    fond le dossier sur la levee par l'UE
    de l'embargo sur les ventes d'armement
    a la Chine.

    Bolton devant un parterre attentif tout
    en appelant "our European friends" a
    reflechir aux consequences de la vente
    de nouveaux materiels tels les systemes
    informatiques comme le C4ISR, le
    systeme des systemes, a egalement fait
    echo aux propos de Condi Rice evoquant
    les retrouvailles transatlantiques.

    3 Questions :

    1) Dans ces conditions et tout en
    sachant que de chaque cote de
    l'Atlantique, des cooperations plus
    discretes se mettaient en place, a
    divers niveaux, publiques ou privees, y
    compris pour les technologies
    militaires, quel veritable partenariat
    peut on attendre entre la France et les
    USA, entre une Europe mefiante face une
    administration GW Bush 2 ?

    2) Combien de temps faudra t il
    attendre pour ameliorer nos mauvaises
    relations au sens large, y compris
    culturelles, qui affectent tous les
    corps de metiers traitant avec les USA
    et leurs "allies immediats"?

    3) Que peuvent faire selon vous les
    autorites et le secteur prive francais
    pour que la mefiance reciproque franco
    (europeenne) americaine baisse d'un ton
    et que peu a peu, par des cooperations
    symboliques (Enseignement, echanges
    culturels, Irak, Afrique, Coree du
    nord?) laisse la place a une
    cooperation qui pour ne pas etre
    empreinte de naivete a l'egard des
    intentions a tendances "imperiales" des
    administrations americaines, permettent
    a nos pays, constitues du meme berceau
    culturel, de vivre en meilleure
    harmonie?

    Merci.

    Joel
    Joel Legendre
  • Alexandre Robin
    Le 09 Février 2005 à 05 h 17 min
    Bonsoir monsieur Juppé,

    Je suis quotidiennement les billets sur votre blog, encore plus par intérêt personnel que professionnel (je suis chargé de projets Internet au Parti Québécois). Je trouve l'initiative très intéressante, d'autant plus que vous êtes, le seul homme politique de votre envergure à alimenter quotidiennement un blog. Le caractère très concret et accessible de votre démarche est à mon avis susceptible de défaire un peu de ce cynisme si répandu face à la politique.

    Je souhaitais simplement vous faire part de mon sentiment face à la "sinistrose" de certains Français, que vous avez évoquée il y a quelques jours. Ma copine étant française, j'ai fréquemment l'occasion d'échanger sur la politique française et européenne avec des Français qui vivent ici à Montréal ou ailleurs. Ce qui me frappe, c'est la constance avec laquelle mes amis français insistent souvent sur les aspect plus négatifs. La France ne ferait pas assez bien économiquement et socialement, les vertus de la construction européenne ne seraient pas si évidentes... bref, un certain défaitisme transparait, particulièrement lorsque commencent les comparaisons avec les États-Unis. Ça détonne avec l'attitude franchement positive (sinon enthousiaste!) de beaucoup de québécois de ma génération face au rôle de la France et de l'Europe dans le monde.

    Bien sur, nous ne vivons pas toutes les difficultés de l'aventure européenne et les aléas de la vie politique française au quotidien, mais quand même... je n'ai aucune difficulté à croire au "European Dream" de Jeremy Rifkins, pour citer un américain.

    Dans le même ordre d'idées, je ne sais trop quelle crédibilité accorder aux rumeurs qui vous envoient bientôt enseigner ici à Montréal, mais je crois que vous y trouveriez votre compte, ne serait-ce que par le regard différent que nous portons sur votre pays.

    Je termine en vous souhaitant le meilleur succès dans vos projets. Peu importe vos ambitions, sachez que j'aurai droit de vote en France (par effet du mariage...) dans 3 ans et demi ! :)

    AR.
    Alexandre Robin
  • Yves RICHARD
    Le 08 Février 2005 à 23 h 26 min
    bonsoir,
    ne trouvez-vous pas que l'historicisme des américains nous ramène à la grande époque sartrienne -pour le meilleur et pour le pire?
    Personnellement, j'ai été profondément blessé par les injures de la diplomatie américaine (en 2003), et je suis fier que la France ne se soit pas compromise dans ce genre d'erreur. ce sont sans doute ces mots qui seront les plus durs à effacer. mais bien sûr il faut les effacer.
    Comme beaucoup de Français, j'ai au cours de cette "épopée" pré-irakienne, ressenti jusqu'au vertige la faiblesse de notre pays, et combien la conscience cette faiblesse nous le rendait plus attachant. Jai ressenti que cette faiblesse, vécue dans la dignité, nous conduirait vers la volonté de grandir, simplement parce que le monde en a besoin.
    Peut-être le discours de C.Rice est-il un témoignage de respect pour la droiture de la France dans son adversité ? peut-être se veut il un échos à celui de Dominique de Villepin à l'ONU, qui aurait pu l'émouvoir, elle aussi ?
    qui sait, on peut rêver non?
    bien à vous
    Yves RICHARD
  • Vincent Le Biez
    Le 08 Février 2005 à 22 h 16 min
    Après les différents que notre pays a connu avec les USA sur la crise Irakienne, je pense qu'il est sage de retrouver des relations plus saines. Il ne s'agit pas de se déjuger : la France avait raison de s'opposer au recours à la force en Irak PARCE QUE les raisons invoquées étaient falacieuses. Car l'idée du droit d'ingérence n'est pas condamnable en soi, et le fait de destituer un dictateur n'est pas une mauvaise chose. Aujourd'hui, il serait très dangereux de souhaiter un échec des USA en Irak : il en va de la stabilité de la région, voire du monde. Beaucoup, en France, par antiaméricanisme souhaite au contraire que les choses tournent mal, on a presque l'impression que certains se réjouissent à chaque incident avec ce petit air "si on avait écouté la France...". De même, on dépeint M. Bush comme l'ennemi absolu alors qu'il est incontestablement plus proche de nos valeurs que n'importe quel dictateur ou terroriste. Bien que je désapprouve totalement G.W. Bush, notamment sur sa façon de mêler politique et religion, je pense qu'il est sincère quand il invoque l'expansion de la liberté et de la démocratie pour justifier son intervention en Irak. Parfois, je redoute que nous Européens, nous ayions abandonné ce combat et que nous nous accomodions trop facilement des régimes autoritaires en place dans le monde. L'idée selon laquelle c'est aux peuples de se rebeller contre le pouvoir oppresseur et non pas à une puissance étrangère d'intervenir est assez confortable pour nous qui vivons dans une zone de paix et de démocratie, mais notre situation n'était elle pas similaire quand les Alliés nous ont libéré du joug nazi, auraient ils du attendre que nous renversions de nous même les nazis ? Je pense qu'il faut reposer (dans le cadre de l'ONU) la question du droit d'ingérence, qui en certains cas devrait devenir un devoir d'ingérence. Mais cela suppose une véritable concertation internationale et la garantie que ce motif honorable n'est pas en fait le prétexte masquant des intérêts divers (économiques, géopolitiques, ...).
    Ne nous trompons pas d'ennemis, la démocratie n'est pas suffisament forte au plan mondial pour que l'on se permette de nous diviser entre nous.

    Vincent Le Biez
    Vincent Le Biez

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé
Alain Juppé 2017
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