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Copenhague et la crise

Publié le 7 décembre 2009 par Alain Juppé

J’entends parfois dire que l’urgence, c’est de lutter contre une crise dont nous ne sommes pas encore sortis. Et que, pour le réchauffement climatique, on verra plus tard.

Je ne vous surprendrai pas en exprimant mon désaccord total avec cette vision des choses.

D’abord parce que la « croissance verte » peut, en elle-même, constituer une réponse à la crise. Les technologies vertes nous ouvrent de riches perspectives de création d’entreprises et d’emplois. Le président Obama en fait l’un des point forts de sa stratégie de sortie de crise. Et, dans les axes prioritaires d’investissement que Michel Rocard et moi-même avons proposés, elles figurent en bonne place.

Mais il y a une raison plus profonde. Je crois qu’à l’origine de la crise et au coeur du défi écologique, on retrouve les mêmes ressorts. Les deux sont en vérité le fruit amer de la démesure humaine. Culte de l’argent pour l’argent, cupidité, arrogance, d’un côté; gaspillages, avidité, égoïsme, volonté de domination de la nature à courte vue , de l’autre… les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Et les remèdes sont du même ordre: retour au sens de la mesure, recherche d’une vision à long terme des conséquences de nos décisions, respect des équilibres tout à la fois de la société et de la nature.

Ce n’est pas un hasard si le même avertissement a été lancé par ceux qui combattent la crise et par ceux qui prônent un développement durable: « Ne recommençons pas comme avant! Changeons de modèle économique! »

Déjà l’an dernier, le 24 décembre, dans une tribune parue dans le journal La Croix, je souhaitais, avec tous les autres signataires du texte, que nous trouvions les chemins d’une « sobriété heureuse ». SOBRIETE, et non DECROISSANCE GENERALE. Il nous faut évidemment organiser la décroissance des gaspillages multiples dont la « société de consommation » donne le détestable exemple. En revanche nous avons besoin d’une nouvelle croissance, plus respectueuse des équilibres naturels, pour subvenir aux besoins de tous ceux qui manquent encore du nécessaire. HEUREUSE, parce que  développement durable  ne rime aucunement avec privation, austérité ou punition; c’est au contraire une voie nouvelle vers un monde où les valeurs de partage et d’harmonie (avec nos semblables et avec notre environnement naturel) seront davantage à l’honneur. J’en conclus donc: sortie de crise et succès de Copenhague, même combat.

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