Blog Notes d'Alain Juppé

CPE

Publié le 19/03/2006 par Alain Juppé

Vous êtes nombreux à me demander ce que je pense du Contrat Première Embauche (CPE).
Si je ne me suis pas exprimé jusqu’à présent, c’est que je ne veux surtout pas apparaître comme donneur de leçons.

J’observe naturellement ce qui se passe en France avec beaucoup d’attention.
Et je ressens à la fois une grande inquiétude et beaucoup d’humilité.
Inquiétude car je vois que notre pays a besoin de réformes profondes; je ne crois pas qu’il soit en déclin mais il traverse une crise à la fois économique, sociale et morale. Il lui faut s’adapter aux changements du monde s’il veut s’en sortir. L’immobilisme est son pire ennemi.

Humilité aussi car je sais, par expérience, combien il est difficile de réussir les réformes, même quand elles sont nécessaires.

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21 commentaires pour « CPE »
  • Charles Gancel
    Le 12 Mai 2006 à 21 h 42 min
    La crise est passée, on pourrait dire "du passé", dans ces temps de mémoire courte.
    Je suis chef d'entreprise.
    C'est effarant qu'on ait laissé entendre qu'on pourrait désormais "renvoyer les gens sans motif..." alors qu'on ne renvoie jamais quelqu'un sans motif et que la permière leçon de management est de la faire bien, en s'expliquant, quand malheureusement on a à la faire.
    Une fois encore, on a le sentiment que tout cela a été pensé par des gens qui ne connaissent pas l'entreprise (je crois au fond qu'ils la détestent, qu'ils la perçoivent comme un ennemi de classe).
    Ils ont entravé par arroganc et maladresse le movement dont nous avons besoin, celui d'un peu de libéralisme, tout en prêchant l'inverse.
    Consternant.
    Charles Gancel
  • Res nus est Res nus est
    Le 09 Mai 2006 à 22 h 42 min
    "La France est aujourd'hui la seule " grande " démocratie dotée d'un exécutif bicéphale...

    Dans les nombreuses nations qui assument clairement leur nature parlementaire (toute l'Union européenne, la plupart des pays de l'Est, le Japon, l'Australie, le Canada, l'Inde, Israël) le chef d'Etat n'est qu'une relique inoffensive de la monarchie héréditaire, ou bien un honorable " notaire institutionnel ", même quand il est élu au suffrage universel direct (Irlande, Portugal, Autriche, pays de l'Est). Le premier ministre y est le seul chef reconnu de l'exécutif, désigné et respecté (car révocable) par la majorité parlementaire.

    Dans les régimes parlementaires, la couleur politique du gouvernement est donc celle de la majorité de l'Assemblée. Car les deux pouvoirs ont une " existence liée " : le législatif peut renverser l'exécutif, et le gouvernement peut dissoudre le Parlement....

    A l'inverse, quelques rares pays ont un régime présidentiel, le plus emblématique étant celui des Etats-Unis. La motion de censure et la dissolution n'y existent pas. La Chambre des représentants et le Sénat sont élus de leur côté, le chef de gouvernement de l'autre...

    Au vu de ce constat, la Vème République est clairement un régime parlementaire...

    Comment sortir du cercle vicieux ? Comment supprimer la dyarchie à la française ? Certainement pas en passant au régime présidentiel de pouvoirs séparés, source permanente de blocages...

    Non, la solution est dans le régime " primo-ministériel " ... Le problème est de réussir à ce que nos leaders politiques se décident, comme partout ailleurs, à briguer surtout Matignon, et non pas l'Elysée.

    Nous proposons donc deux modifications institutionnelles simples, inspirées de nos voisins européens, propices à un basculement salutaire :
    1 - Supprimer le droit de dissolution régalien, et le transférer au premier ministre ;
    2 - Faire élire le chef du gouvernement par l'Assemblée, au lieu qu'il soit désigné " royalement " par l'Elysée."

    Res nudus est
    Res nus est Res nus est
  • Eric Desbenoit
    Le 09 Mai 2006 à 11 h 19 min
    Monsieur Juppé,
    Vous parlez d'immobilisme. Or, j'observe que quelque soit les gouvernements qui se sont succédés, il y a toujours eu des personnalités de la vie politique pour parler d'immobilisme (dans l'opposition généralement).
    Cela étant dit, des réformes peuvent être entreprises pour ne pas laisser notre pays sur le bas-côté. Le problème, c'est qu'il y a toujours des Français qui ne sont pas prêts. A croire, que personne ne veut évoluer et rester sur ses acquis. Les ministres et premiers ministres qui ont tenté des réformes n'ont pu aller jusqu'au bout (vous, C. Allegre, J.-P. Raffarin, D. de Villepin, etc…). Je pense que les problèmes que posent les réformes ne sont pas une question de couleur politique mais plutôt une question de "longueur d'onde". Beaucoup de nos concitoyens n'ont pas intégré le principe d'intérêt général et sont prêt à rester en arrière pour sauvegarder le peu d'acquis qui leur est propre. Je ne dis pas que l'on doit tout sacrifier. Il est tout à fait possible de réformer (sans que cela soit une énième réforme pour faire joli) et de garantir aux Français leur situation propre. Une réforme doit être préparée avec tous : c'est dans le dialogue (mot bien à la mode) que l'on peut faire comprendre à tous ce qui est nécessaire de faire.
    Je ne suis ni de droite ni de gauche. Lors des élections, je vote pour une personne, pas pour un parti, ce qui a fait que des fois j'ai voté à droite et des fois à gauche. Je rêve d'un gouvernement sans clivages, composé d'hommes et de femmes qui seraient capables de mettre leur couleur de côté pour discuter autour de la table de la République et gouverner dans l'intérêt général. De partir tous dans une direction différente fera que l'on se perdra tous, alors que si l'on part tous sur le même chemin, on aura plus de chance d'y arriver : c'est le principe de "l'union fait la force".
    Eric Desbenoit
  • Michel HONORE
    Le 08 Mai 2006 à 18 h 49 min
    Monsieur Juppé,
    J'ai été militant RPR pendant 10 ans et je prie Dieu pour que vous restiez au Canada pour le restant de vos jours .
    ON SE FOUT , TOTALEMENT, de ce que vous pouvez penser du CPE et du reste !
    ON NE SOUHAITE PLUS VOUS VOIR à PLUS DE 50 KILOMETRES DE PARIS !
    Vous n'êtes qu'un De Villepin déplumé, mais sous le crâne , vous de parfaits JUMEAUX !!

    Verifiez mes dires : Je m'appèle Michel HONORE
    Michel HONORE
  • Heiner Troendle
    Le 08 Mai 2006 à 14 h 34 min
    Mon cher Juppé,
    je lis votre Blog depuis un moment déjà avec beaucoup d'intérêt.
    Pour expliquer qui vous écrit là quelque donnés en rafale :
    Je suis allemand, né à Bâle, grandi à la frontière, études à Mc Gill, immigré en France par amour de la culture, du peuple et du motto de la France.
    Petite information supplémentaire je suis photographe - graphiste (www.cybertroendle.tk si l'art vous intéresse). Et, ah oui, j'ai vous ai vu 100 fois passer en vélo devant moi (marché du Colbert.
    Je m'inquiète énormément pour le future de la société française car personne n'évoque le vrai problème social qu'on a crée et qu'on maintient artificiellement.
    Pourtant il n'est pas difficile de comprendre qu'avec 80% de charges patronales peu de patrons soient prêts à créer des emplois, mis à part les postes clés indispensables au fonctionnement et que si tout le monde gagne le SMIC ou moins il faut déverser des aides d'état importants. Donc au lieu de rester au Québec vous devriez rentrez chez nous car si la France veut progresser il nous faut un type comme vous, un businessman qui sait manier ses pions et affronter ses adversaires pour installer une politique sociale intelligente. (Et franchement Sarko et acolytes c'est la honte de la France, il sont trop... ben trop con quoi).
    Ce n'est pas que je vous aime particulièrement bien ou que j'allais ouvrir le Juppé Fan -Club, mais au moins vous jouez franc jeux, so Juppé come back home and save our economy. You could do it, man really.
    Cordialement
    Heiner
    (Votre soutien teuton en France, lol)
    Heiner Troendle
  • josette sarrail
    Le 08 Mai 2006 à 14 h 05 min
    j'espére que votre éloignement officiel des affaires de l'état vous ont permis d'analyser le comportement irrationnel des citoyens français qui ont été bercés depuis des decennies par les sirénes du tout ou rien (d'ou sont exclues les valeurs fondamentales d'une société porteuse d'espoir : DROITS- DEVOIRS -TRAVAIL -EFFORT- RESPECT ) tout est bafoué , le profit est roi ,argent facile ,écraser le voisin , chacun pour soi ,seuls les chiens qui aboient ont droit de cité ,la rue gouverne ,la classe politique est complétement discréditée se contentant d'encaisser les royalties de leur mandat et tous leurs actes sont subordonnés à agir pour plaire et surtout pour conserver leur fond de commerce .......droite- gauche -centre -extremes :c'est copie conforme chacun veut le pouvoir pour dominer et régenter les autres !!!!!pour exemple derniéres présidentielles : dans les situations de périls pour leur survie nous avons assisté à des alliances contre nature d'idéologies diamétralement opposées !!!! la france est dans le coma et la classe politique incapable de la guérir !!!!d'OU viendra le zorro capable de réapprendre à la nation française d'etre la FRANCE je crains que cela soit dans la douleur car depuis trente ans tous les décideurs politiques ont largement contribué à ce délabrement vous meme n'avez pas su ou "PU" appréhender e probléme .....le carcan d'un parti empéche -t-il l'action ...... ??? objectivement je pense OUI c'est la raison pour laquelle je qualifie le Parti de FOND de COMMERCE

    voila ma réflexion et je trouve incongru que ceux qui vous ont cloué au pilori hier vous interrogent aujourd'hui !!!!! un peu de dignité serait la bienvenue......car vous méritiez mieux et je salue votre distance avec tous les gesticuleurs du cirque !!!!!!!!
    josette sarrail
  • Philippe Gay De Vernon
    Le 08 Mai 2006 à 13 h 24 min
    Je vous remercie sincèrement de la sagesse qui a toujours été la votre.
    Même éloigné de votre pays natal, vous restez à mon sens, un homme politique capable d'appréhender les problèmes de la France.
    Je pense que vous avez trouvé votre voie, dans la réflexion grace à cet exil.
    Philippe Gay De Vernon
  • Olivier GORDE
    Le 08 Mai 2006 à 07 h 26 min
    Monsieur Juppé,

    votre retour en France est planifié et je me permets de vous dire qu'il nous serait agréable de vous voir enrichir le débat national. Et quand je dis nous je pense aux Elus locaux et acteurs professionnels dont je suis, qui considèrent qu'actuellement la préparation des échéances politiques nationales prochaines est impérieuse.
    Tout ne peut pas se concentrer sur un projet de loi sur l'immigration et l'annonce d'un scenario de rupture. L'UMP ne peut pas être au service d'un seul homme. Des propositions sérieuses de gouvernance, de réformes institutionnelles doivent émerger maintenant. Votre capacité à prendre du recul, votre vision internationale sont des atouts : osez le retour en France dans le débat national !
    Merci de votre écoute et très sincèrement, Olivier Gorde.
    Olivier GORDE
  • Aurélien Bon
    Le 17 Avril 2006 à 11 h 12 min
    Petite réponse à Frédéric Godfrin : les entrepreneurs n'auront pas le droit de licencier des salariés syndiqués, femmes enceintes...Vous me direz très naïvement qu'ils les licencieront pour d'autres motifs, où même sans motif ; et bien ceci est faux, et bien la preuve que la campagne de désinformation de la gauche unie et des syndicats a bien fonctionné. En France, un employeur n'a pas le droit de les licencier, surtout que le CPE ne déroge pas au code du travail qui s'applique dans le cadre d'un CDI classique ; le patron qui licienciera un employé syndiqué ou une femme enceinte sans motif (ou pour un motif autre) sera différé par le salarié au prud'homme et sera "quasi" certain de perdre...
    Outre la méthode avec laquelle le CPE a été vulgarisé, je continue à être un grand défenseur du modèle flexi-sécurité pour l'emploi...à condition que la sécurité à la sortie soit assurée, ce qui était malheurement le cas pour le CPE : en cas de licenciement pendant la période d'essai, l' indemnité est égale à 8% de la rémunération brute, en cas de rupture du CPE après quatre mois de travail, si le salarié n'a pas droit à une allocation chômage parce qu'il n'a pas suffisamment cotisé, il recevra une allocation forfaitaire de 16,40 euros par jour pendant deux mois (460 euros par mois). En dehors de ce cas précis, les règles d'indemnisation du chômage s'appliquent normalement, Le droit individuel à la formation s'ouvre dès la fin du premier mois...
    Aurélien Bon
  • hugues garrigues
    Le 04 Avril 2006 à 01 h 26 min
    Le CPE a été présenté de façon désatreuse à l'opinion publique. Les véritables enjeux n'ont pas été présentés: les entreprises françaises ont engrangées des bénéfices monstres mais elles restent toujours frileuses quant à l'embauche. Pourquoi? Les charges salariales sont trop importantes pour prendre des risques. Les indemnisations également, pourtant, elles sont nécessaires.
    Le CPE ne devrait pas être applicable aux sociétés de plus de 50 employés.
    Ce contrat apporte la flexibilité nécessaire aux PME, souvent dernier maillon de la chaîne de production, subissant tous les contre-coups du marché.

    Je pense qu'il est préférable pour un jeune de travailler 1 an voire 2, au risque de se faire licencier. C'est toujours ça de pris, cela apporte au moins un peu d'expérience professionnelle à des CV peu étoffés ou simplement remplis de diplômes.
    Cela permet également aux jeunes d'effectuer une transition entre leur parcours d'étudiant et les réalités du monde professionnel.
    Etre opérationnel au sein d'une entreprise nécessite au bas mot 3 années d'expériences. Le CPE est une porte ouverte vers un apprentissage: manipuler des outils de production, de gestion, les logiciels, la concertation, les réunions, le travail en équipe,....

    Je trouve que certains hommes politiques, dont M. De Villepin fait partie, sont indescents.
    Son discours est à des années lumières des véritables enjeux. Où est le dialogue? Où est la concertation?

    Je ne me retrouve dans aucun courant politique mais je ne suis pas apolitisé.

    Cela fait des années que j'attends un homme ou une femme capable d'assumer sa vision, ses choix, son passé avec transparence et sans peur du "qu'en dira-t-on ?". Sans calcul politique.

    Le véritable calcul politique ,s'il en est un, est l'honnêteté, l'écoute, l'action, la transparence et le courage.

    Les gens ont cruellement besoin d'entendre la vérité du quotidien à laquelle ils sont confrontés, de l'entendre de la bouche d'un homme politique.

    Est-ce si compliqué?

    Le problème des hommes politiques réside dans leur appartenance à un parti.

    Par définition, leurs partisans occulte le reste d'une partie de l'opinion. Comment avoir une vision réaliste du "terrain" ?
    Il faut réunir les entrepreneurs représentant différentes tailles d'entreprises (il existe des groupes d'entrepreneurs pour la création d'entreprises), des salariés non syndiqués, syndiqués, des maires, des représentants des forces de l'ordre, de la sécu, de l'anpe....une CONCERTATION ELARGIE.

    Conflits d'intérêts.

    Il est temps que les privilèges et les sacrifices de chacun soient posés sur la table. Il est temps de faire des choix.

    Il est temps d'agir!

    Et lorsque vous plannifiez, n'oubliez pas la donnée de base:
    la démographie et la courbe des âges!

    Nous vivons dans un monde complexe. Où est l'approche systémique?

    Nul besoin d'avoir fait des hautes études pour comprendre les enjeux du marché de l'emploi, des futurs besoins, des retraites....

    J'ai fait huit années d'études, j'ai travaillé en parallèle. J'ai trouvé un travail dans ma branche, j'ai été licencié car l'entreprise a déposé le bilan.
    J'ai râmé. Je ne connais que trop bien les carences du système, de l'ANPE, de la CAF, de la sécu.

    Sans appui familial, je serai aujourd'hui à travailler dans une grande surface.

    Ou à la rue.

    Mais j'ai des diplômes.

    Si les choses n'évoluent pas dans les 10 prochaines années, c'est simple, le peuple fera le travail à la place des politiques.

    Ne rien faire est un aveu d'impuissance.

    Et pourquoi ne pas être franc? Pourquoi ne pas dire aux jeunes qui travaillent que le système de financement des retraites ne sera plus en place lorsque viendra leur tour?

    Pourquoi ne pas exposer vos intentions? Votre volonté politique, votre vision?

    Pourquoi ne pas dire: "vous voulez conserver cet acquis? Et bien cela est possible mais il y a un prix et quelques sacrifices".

    Mais vous ne faites rien alors, acculé, le jour où le choix s'impose, vous faites les mauvais choix, ceux qui ne profitent à personne mais qu'on ne peut plus éviter.

    Alors discutez entre vous et agissez! Je ne me casse pas le cul au travail pour voir mes impôts partir dans un obscur maëlstrom. Où est la transparence?

    Je veux bien payer des routes, des écoles, un système de santé, de retraite, des hommes qui gèrent, des hommes qui surveillent, qui gardent.

    Rendez les comptes accessibles au public de façon simplifiée. Quelle est la répartition, quels sont les principaux postes de dépense?

    Comment se fait-il que je n'en sache rien si ce document existe?
    A quel niveau faut-il monter pour avoir l'accès à l'information?
    Bien sûr, comme tous les français, j'entends parler chaque année au JT d'un rapport sur les comptes de l'Etat, et après?

    Je trouve que les politiques menées par les conseils généraux sont assez exemplaires.

    Dès que je suis confronté à des fonctionnaires d'Etat, celà devient très compliqué et complètement improductif. Ca fait mal de voir qu'on alimente un système si mal géré!

    ENA?

    Pas une seule entreprise ne tiendrait le coup si elle était gérée comme l'Etat gère ses institutions.

    Je sais bien que l'Etat n'est heureusement pas là pour faire du profit.Mais je ne trouve pas non plus que l'intérêt public soit réellement défendu.

    Les Français sont prêts pour les réformes. La tâche n'est pas simple pourtant elle n'a rien d'irréalisable.

    Les grandes réformes nécessitent de grande décisions: elles appartiennet au peuple!
    Présentez un projet, faites-vous aider par des conseiller en comm s'il le faut et prévenez que ce projet de réforme sera soumis à validation par référendum.

    Que la France entière soit responsable de ses choix. Ce poids ne doit pas être porté par une faction d'hommes politiques.

    Là se trouve le mérite, là se trouve la véritable satisfaction. Mais parlez et et parlez vrai!
    hugues garrigues
  • Jean Marc expat
    Le 03 Avril 2006 à 22 h 21 min
    Je trouve votre detachement(apparent ?) sur cette question un peu decourageant.
    Vous avez vous meme fait l'experience que n'est pas Thatcher qui veut.
    Elle a opere son pays sans anesthesie pour faire d'une economie basee sur une industrie vieillissante et obsolete une nouvelle puissance basee sur la finance,le commerce, le real estate et les services.Cela n'a pas ete sans mal.Ce que nous vivons maintenant n'est rien compare a l'insurrection quasi permanente qu'elle a du affronter a l'epoque,avec des syndicats autrement plus puissants.
    Elle a fait front, convaincue du bien fonde de ses reformes,mais surtout, et c'est le plus important, soutenue par le corps electoral, qui a salue sa determination en renouvelant son mandat. Bref, elle"en avait",mais dans le respect des institutions et du suffrage universel.
    Cette reforme est mal venue.En fin de cycle electoral, alors que rien , dans le discours comme dans la posture, ne l'annoncait, cette soudaine volonte de passage en force au Parlement, cette meconnaissance frappante , non pas de l'attirance constatee a toute les periodes pour le defoulement anti-tout de nos adolescents, mais par l'angoisse des parents pour l'avenir de leurs enfants, pour les preserver de ce que eux ont connus: une insecurite economique persistante en France depuis plus de 25 ans, tout cela releve d'une precipitation d'amateur.
    Les gamins qui ne revent que d'etre fonctionnaires, ce n'est pas eux, c'est la pulsion protectrice de parents qui ne croient plus en rien, ni a la France, ni en l'Europe, ni en demain.
    Le recul sur les reformes serait une faute.
    Quand on s'engage, on va jusqu'au bout.Etre impopulaire est l'honneur du politique, si sa conviction est totale.
    Dans le cas contraire, si le but du politique n'est qu'assurer son maintien en poste, la tentation extremiste reviendra .Le cauchemar blond oxygene et borgne, devant ce naufrage qu'est le CPE, redevient d'actualite.




    Jean Marc expat
  • Isabelle Le Chaffotec
    Le 03 Avril 2006 à 18 h 47 min
    Monsieur,
    Demain, jour J exposant n pourrait-on dire aux vues de la fréquence des manifestations en France ; fruit d'un certain "génie français" de plus en plus pointé du doigt par les autres puissances étrangères.
    Je ne choisis pas le meilleur moment pour en parler, mais face à l'intansigeance et l'obstination d'une soi-disant majorité des français, je ne peux contenir ma colère et j'écris au risque de vous paraître trop acerbe.
    La grogne des anti-CPE ne se tarit malheureusement pas. Pourtant, le Conseil Constitutionnel a avalisé la loi sur l'égalité des chances. Comme vous le savez, le président de la république s'est exprimé clairement à ce sujet, et demande même l'élaboration d'une nouvelle loi visant à rectifier deux des points de discorde de la loi promulguée. N. Sarkozy, au nom de l'UMP, s'est engagé à travailler immédiatement sur ce projet avec les députés.
    Personnellement, je ne comprends pas l'entêtement des anti-CPE. Que veulent-ils de plus ? Semer la pagaille, fragiliser plus le bilan économique,ou obtenir la démission du gouvernement en place, voire plus ? Je crains que la dernière hypothèse soit celle qu'ils cherchent à provoquer. J'y vois une forme de sectarisme. Manipulations politiques de la gauche, et des différentes tendances d'extrême gauche qu'elle tracte dans son sillage, sans parler des syndicats. Bref, la jeunesse a bon dos et sert bien les desseins inassouvis de ces petits leaders en mal de pouvoir qui ne sont pas charismatiques.
    Je ne crois pas que ce soit en étant démago à l'extrême, que l'on aide ses concitoyens à sortir du marasme, alors que notre pays a besion de réformes pour émerger et être dans la course, dans un monde qui évolue de plus en plus vite et nécessite des investissements personnels et financiers de plus en plus lourds. Face à un éventuel retour de la gauche au pouvoir, je m'écrie : NON merci !

    Je suis stupéfaite d'entendre ici ou là, que des enseignants de l'enseignement public expliquent aux élèves pourquoi ils sont contre le CPE, précisant qu'ils participent aux manifs et emmènent même leurs enfants. Là, je me dis "Pauvre France". Pas très étonnant que l'on retrouve de très jeunes gens, inexpérimentés du monde du travail, en train de brandir des bannières contestataires dans les rues ces derniers temps. Après tout, les jeunes sont "malléables" et leurs aînés en profitent de manière éhontée.

    J'ai moi-même des enfants et je m'inquiète pour leur avenir, mais je ne pense pas qu'on puisse aider ses enfants en les faisant descendre dans la rue. Mon aînée a 20 ans, et pas une seule fois, elle n'a songé à manifester contre le CPE. C'est une bosseuse et elle trouve logique qu'il faille faire ses preuves. Quant à la précarité, autour de moi, j'entends des employeurs préciser que si des employés ne satisfont pas au contrat de travail, ils n'ont pas besoin du CPE pour mettre fin au contrat en cours, car il existe vraisemblablement assez de dispositions légales pour y remédier. Alors pourquoi persistent-ils à s'obstiner ? D'ailleurs, les concernant, je me demande quelle est leur part de dialogue. Laissent-ils les anti-blocages s'exprimer ? Ils nous ignorent. Je les entends systématiquement parler du retrait du CPE ou rien. Est-ce là un comportement démocratique ? S'inspireraient-ils de leurs aînés, anciennement trotskistes ?
    A vrai dire, je trouve cela plutôt effrayant, surtout quand on pense aux résultats qui en ont découlés dans les pays de l'Est. Tableau peu élogieux.

    J'avoue éprouver un sentiment de honte quand je regarde l'actualité des chaînes étrangères, et pourtant je suis française. Je ne me reconnais pas dans ces hordes braillardes et je ne m'en réclame surtout pas. Il faut noter que les autres concitoyens européens sont interloqués par le comportement actuel des français. Ils ne semblent pas comprendre.

    Tout cela ne présage rien de bon. Je finis par être convaincue que l'avenir professionnel de mes enfants ne se fera pas en France. S'expatrier sera peut-être la solution d'avenir.

    Très respectueusement

    ILC
    Isabelle Le Chaffotec
  • Gilbert ZANUTTINI
    Le 03 Avril 2006 à 18 h 45 min
    Bonjour Monsieur Juppé, bonjour le Canada.

    Les Français sont-ils devenus fous ?
    La maladie pourrait-elle contaminer le reste de l'Europe ?

    L'avènement de l'égalité des conditions est-elle compatible avec le respect de la liberté ? L'oeuvre de Tocqueville peut se comprendre comme une analyse de la dialectique égalité/liberté. Tocqueville veut comprendre la tension qui existe entre ces deux valeurs afin de délimiter les dangers qui guettent la démocratie. En effet, le paradoxe le plus moderne énoncé par Tocqueville est que les sociétés démocratiques peuvent engendrer un régime non-démocratique, une nouvelle forme de despotisme. C'est l'enrichissement et le désir d'une plus grande satisfaction matérielle qui sont à l'origine d'effets pervers. Dans les sociétés égalitaires, chacun est préoccupé par la préservation de son bien-être matériel et par la quête de l'égalité. Cela se traduit par une inertie des citoyens qui se replient sur leur vie privée, sur leur propre sphère d'activité. "Individualisme" est le nom que donne Tocqueville à ce phénomène : "l'individualisme est un sentiment réfléchi et paisible qui dispose chaque citoyen à s'isoler de la masse de ses semblables et à se retirer à l'écart avec sa famille et ses amis; de telle sorte que, après s'être ainsi créé une petite société à son usage, il abandonne volontiers la grande société à elle-même (...). L'individualisme est d'origine démocratique, et il menace de se développer à mesure que les conditions s'égalisent." Certes, l'individualisme est révélateur d'une autonomie individuelle, mais Tocqueville s'inquiète du repli sur soi. Tout d'abord, il déplore la labilité du lien social. Ensuite, il comprend que l'individualisme affaiblit la capacité de résistance des citoyens : isolés, ils sont plus faibles pour lutter contre la menace du despotisme. Enfin, l'inertie de l'homo démocraticus se traduit par une désaffection démocratique et par la dégradation de l'esprit public. Occupés à régler leurs affaires, les citoyens cultivent le risque de négliger la chose publique et peuvent abandonner aux gouvernants la gestion des affaires du pays. Ils s'appuient immodérément sur la puissance publique qui doit en contrepartie garantit protection et quiétude. "Au dessus de ceux-là (des hommes semblables et égaux), s'élève un pouvoir immense et tutélaire qui se charge seul d'assurer leurs jouissances et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux". Les individus des temps démocratiques sont infantilisés par un pouvoir qui prend en charge la satisfaction de leurs besoins. On sent poindre une critique de l'Etat-Providence... Plus largement, Tocqueville pense que l'individualisme conduit à une perte des vertus civiques, laissant l'espace du pouvoir à n'importe quel despote!

    Plus concrètement : le lien social qui relie les Français et l'Etat est-il rompu en France ? Ou de nouveaux liens ne sont-ils pas en train de naître ? Communautarisme, mouvements sociaux, religieux, groupuscules natifs de constestation de l'autorité de l'Etat ? Autant de dangers de rupture du lien social entre les Français et l'Etat qui fut si fort à l'avènement du gaullisme, et même au-delà de la France.
    Nous nous posons la question.
    Ce qui est certain c'est que le délire et la logorrhée règnent en ce moment dans "l'hexagone".

    Alors Monsieur Juppé et vous amis canadiens, auriez-vous des solutions ?
    Merci de l'envoyer dans la boîte à coucous de la France et à bientôt.
    Gilbert ZANUTTINI
  • maryelle laborde
    Le 21 Mars 2006 à 18 h 44 min
    Ou comment amener la France à sortir de som immobilisme.
    Le général de gaulle disait que les français étaient des veaux, pas gentil! mais je dirai qu'ils se sont tranformés depuis en Autruches! Mutation !
    J"avoue que pourtant d'une nature "battante" et optimiste, je commence sérieusement à être inquiète quant à la capacité d'adaptation des français face aux profondes mutations qui nous attendent pour les années à venir. Les jeunes en particulier ne réclament que sécurité ,sans précarité ni flexibilité,pas de prise risque,de la considération et des égards, ils parlent beaucoup de leurs droits "à" ,mais vers quoi pensent-ils pouvoir aller,comment peut-on leur laisser encore l'illusion qu'ils vont obtenir indéfiniement encore plus de bien-être, d'avantages sociaux, de loisirs et d'argent tout en perdant le gout de l'effort...Quand je vois le jeune président de l'UNEF, 25ans, faire un cours sur l'emploi des jeunes, sur le mal-fondé du CPE, alors qu'il n'a pas eu encore l'occasion de travailler, parce qu'il en a les moyens! quelle chance, moi à son age j'étais étudiante en fac et je bossais depuis l'age de 20ans!Les bras m'en tombent.
    La faute à qui? aux parents , aux enseignants, aux partenaires sociaux,aux partis de gauche et à tous ceux qui lachement sont toujours contre tout ce qui peut déplaire? Démagogique, facile mais irresponsable! La FRANCE va trés mal, elle veut rester sur des acquis qui n'ont plus lieu d'être,(ex des retraites et des privilèges type SNCF!!incroyables à notre époque mais qui font encore plus d'envieux et qui restent le fer de lance des syndicats, qui sous prétexte de tirer tout le monde vers ces hauteurs là, aveuglent un certain nombre de naifs qui y croit à ce monde meilleur.Mais faire croire à la possibilité d'un Eldorado avec ce qui se passe par ailleurs dans les quartiers sensibles et défavorisés, c'est monstreux, malhonnêtes et hyperdangereux)
    Je ne peux m'empécher d'avoir en tête l'image qu'un grand nombre de français sont tous assis sur un arbre énorme, avec des branches qui s'appellent retraites , sécurité sociale, droit du travail, temps de travail à 35h,RTT,ils sont tous bien accrochés, et cet arbre, à la prochaine tempête venue d'on ne sait où ,va tomber d'un seul coup, comme après la tempête de 1999, tout ce monde va se retrouver par terre, ça va leur faire drôle!Et qui sera responsable? Un vent violent, le vent du changement, de la mondialisation, que les français pour éviter de le sentir venir ne trouvent rien de mieux que de se mettre la tête dans le sable, comme les autruches!
    Celà me rappelle la réflexion de la femme de cet archevèque anglais qui apprenant que vraisemblement l'homme descendait du singe, demandait à son entourage de ne pas en faire état car "si la nouvelle venait à se répandre"...
    Vous avez expérimenté cet état d'esprit pendant vos fonctions de 1er ministre, mais des années après, nous en sommes toujours au même point, et c'est ce qui m'inquiète, car le monde autour de nous a déjà sérieusement bougé.
    Bien à vous.
    maryelle laborde
  • Hervé GRAFFE
    Le 21 Mars 2006 à 18 h 22 min
    Prenez 100% des jeunes français de moins de 26 ans salariés ou en recherche d’emploi :

    25% sont au chômage, le CPE ne risque pas de les gêner, au contraire, il peut leur offrir des opportunités.

    Voyez maintenant les 75% qui travaillent :

    Parmi ceux là, il parait que 70% sont titulaires soit d’un CDD soit d’un contrat d’intérim.
    La mise en place du CPE ne peut que leur être profitable, elle ne contribue certes pas à leur précarisation.

    Qu’en est-il des autres 30% (heureux bénéficiaires actuellement d’un CDI) ?

    Estimons à 15% le nombre de ceux qui sont entrés dans la fonction publique (ou dans une entreprise à statut similaire). La mise en place du CPE ne risque pas de les inquiéter non plus.

    Il nous reste maintenant 15% :

    Admettons que parmi ceux-ci environ 10% sortent bien armés du système éducatif. Les entreprises privées leur proposeront toujours (CPE ou pas) un CDI pour continuer à les attirer.

    Je pense par exemple aux jeunes formés dans les IUT, les écoles d’ingénieurs, les écoles de commerces, dans certains DESS ….

    Au final, ils ne restent alors qu’environ 5% (des 75% ) de jeunes salariés qui risquent avant 26 ans de se voir proposer un CPE au lieu d’un CDI si le CPE est effectivement institué !

    Je ne sais pas si mes chiffres sont exacts (je ne travaille pas à l’INSEE) ni combien de jeunes chômeurs pourraient trouver un emploi grâce au CPE mais je vous laisse tirer les conclusions de cette analyse rapide sur les réels motifs des manifestations anti-CPE.
    Hervé GRAFFE
  • Jean-Marc Dahan
    Le 20 Mars 2006 à 00 h 39 min
    Monsieur Le Premier Ministre,

    J'espere que ce que votre reflexion sur le CPE est edulcore par votre volonte de retourner un jour aux affaires. (si je peux me permettre l'expression).
    Je me presente, je m'appelle Jean-Marc et j'habite a New York depuis 5 ans. Je travaille 7 jours sur 7 parce que j'aime ca. Ici tout le monde ne pense qu'a l'argent et aux moyens d'en faire. Ici on ne croit pas au Pere Noel, on sait que pour survivre dans cette ville il faut travailler, et travailler dur. A me preter au jeux, je suis devenu un drogue du travail. Je ne suis pas milliardaire, mais je sais ce que le travaille m'a apporte dans cette ville ou je suis arrive avec $1,000.00 en poche.
    Je fais partie des gens qui disaient en 95 lors des grandes greves, il nous fait c... ce Juppe a nous bloquer le pays. Et bien aujourd'hui je me dit que vous aviez raison, vous aviez de l'audace. Je realise que lorsque le General qualifier de veaux les francais, mon Dieu, il avait mille fois raison.
    Bref, pourquoi ce peuple est si borne, a peur du changement, refuse le travail, considere son patron comme un enemi. Ces gens la n'aspirent qu'a vivre dans la mediocrite ?
    Pour en finir, je vais vous raconter un petite une histoire.
    Il y a 2-3 semaines, Monsieur Bloomberg, maire de New York a vire sur le champs un employe municipal parcequ'il l'a pris en train de jouer au solitaire sur son poste de travail.
    Moi, cela ne me choque pas. Je travaille a mon compte, et personne ne me paye lorque je suis en train de me divertir, pourquoi un employe aurait-il ce privilege. Tolerer ce comportement aurait ete ce moquer de l'argent du contribuable qui paye cet employe.
    Monsieur le Premier Ministre, raconter cette histoire a des francais qu'ils ne veulent pas d'une periode d'essai de 2 ans.
    Ici, public/prive on est revocable ad nutum. Le taux de chomage est de 5% .....Simple coincidentce ? Je ne pense pas.
    Dans l'espoir tres sincere de vous lire et de vous revoir dans un gouvernement et meme plus si affinite avec le peuple.
    Jean-Marc
    Jean-Marc Dahan
  • P Leclercq
    Le 20 Mars 2006 à 00 h 29 min
    Mr le premier ministre
    Cher alain

    Celui qui ne comprend pas son passe, est condamne à le revivre
    (goethe )
    Nulle part au monde, les lois d’une République se trouvent régulièrement mises en cause par cette alliance des étudiants, des syndicats, et des forces politiques de gauches qui à un an d’une élection majeure commencent déjà leur tamtam de rassemblement, et dont le CPE leur fournit la motion de synthèse idéale qui leurs permet de se rassembler et de se définir comme anti-CPE.
    Apres un petit zeste de Sondage Express, et voilà dans les médias presse et télé acquis aux pensées de gauche, de quoi contester et rejouer mai 68 tous les ans , Etre Français républicain c’est manifester violemment dans la rue comme en 1789 … 1968 … 2006 …

    On note au passage l’effet pervers du Quinquennat, qui en synchronisant élection présidentielle et celle des députés déclenche cette pré campagne 12 mois à l’Avance. L’absence de primaires officielles à l’Américaine, est ici compensée par le défilé dans les rues. Le mandat effectif pour gouverner est donc raccourcit d’une année….
    Totalement en accord avec vous que << L'immobilisme est notre pire ennemi >>. Alors ces manifestations régulières
    dans la rue, sont elles saines ? Vivons-nous dans une démocratie équilibre ? Je préfère manifester mon accord avec le CPE sur les Blogs !

    En tous cas les autres pays nous regardent sûrement avec un certain scepticisme …
    Cordialement

    P Leclercq
  • Max Deschamps
    Le 20 Mars 2006 à 00 h 29 min
    Monsieur
    La question fondamentale, une fois de plus posée par la pression de la rue sur les décisions gouvernementales et sur le vote des parlementaires librement élus, est celui de la valeur du vote démocratique exprimé lors des élections en faveur d'un projet politique. Il est étonnant de constater que chaque gouvernement réformateur en France voit ses décisions systématiquement remises en cause en cours de mandat par le diktat de la rue. La démocratie s'exprime t'elle dans le choix d'un programme politique concrétisé par le bulletin de vote de chaque citoyen glissée dans l'urne suivant des règles partagés ou doit elle s'exprimer dans la rue, selon la " loi" de celui qui crie le plus fort (voir les excécrables A.G. dans les amphis des universités françaises et le chantage par les multiples grèves des services publics). Cette pression coercitive de la rue ne remet t'elle pas en cause les fondements même du système démocratique . Qu'en pensez-vous ?
    Max Deschamps
  • Christophe T.
    Le 19 Mars 2006 à 23 h 12 min
    Comme vous, j'observe la France depuis l'Amerique du Nord. Je suis triste de voir la jeunesse de mon pays resister contre toutes les reformes, contre tout changement. (l'inverse de 68!)
    Triste de voir cette jeunesse qui a pour desir les 35h et a comme "reference" les avantages sociaux des fonctionaires.
    Ne rien faire ce n'est pas rester immobile, mais reculer!
    Nous les Francais, qui bien souvent nous posons en donneur de lecons, ferions bien d'ouvrir les yeux et de regarder autour de nous.
    La vraie mission des hommes politiques de droite et de gauche, c'est d'expliquer cela, et pas de maintenir le status quo, en attendant les prochaines elections!
    Christophe T.
  • Frédéric Godfrin
    Le 19 Mars 2006 à 23 h 10 min
    Moi j'ai surtout honte de l'inefficacité criante de nos gouvernement successifs... C'est pas sur la masse qu'il faut rejetter la faute du manque de réformes, mais bien sur les politiciens incapables de les expliquer ou qui se trompe carrément de réforme... Le CPE ca n'améliorera la condition que d'une seule petite catégorie de la population : le patronat! Ca changera rien pour les jeunes sinon de les inciter à bosser comme des forcenés pour ne pas se faire virer et à éviter de se syndiquer! Ce sera tellement facile pour un patron désormais de virer un employé qui se syndiquera! Les réformes c'est censé faire progresser le pays, pas faire régresser des droits obtenus de longue lutte par nos aïeux.
    Je crois bien que je vais rester au Québec, jusqu'à maintenant je me disais que ce n'était pas en quittant le pays que je vais le changer, mais voyant un premier ministre borné imposer ses vue ultra-libérales à un peuple largement opposé à ce choix, je me dis que finalement j'ai autant rester en Amérique du Nord, c'est pareil.
    Frédéric Godfrin
  • michele Loizil
    Le 19 Mars 2006 à 18 h 00 min
    Monsieur Juppé, vous êtes bien placé pour savoir combien il est difficile, dans notre beau pays, de se moderniser, de faire les réformes pourtant indispensables si nous ne voulons pas nous retrouver en bout de file des pays industrialisés.Nous devrions avoir honte de voir des pays comme l'Irlande, la Grèce, l'Espagne...sur le point de nous donner des leçons d'adaptation, et de nous dépasser si nous continuons ainsi!!
    michele Loizil

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé
Alain Juppé 2017
5 ans pour l'emploi
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