Blog Notes d'Alain Juppé

Des hauts et des bas en politique

Publié le 31/03/2010 par Alain Juppé

Il y a à peine plus d’un mois, la cote du président Obama était au plus bas. La presse européenne, française tout particulièrement, soulignait ses échecs, tant en politique intérieure que sur la scène internationale. Les sondages de popularité montraient une réelle désaffection de l’opinion américaine à son égard.

En quelques jours, le vent a tourné. 

Obama a réussi à faire adopter sa réforme phare de l’assurance maladie; même s’il a dû faire quelques concessions à ses opposants, elle reste ambitieuse.

Obama a également remporté un incontestable succès diplomatique, en signant avec les dirigeants russes un nouvel accord de réduction des arsenaux nucléaires américain et russe, ce qui le met en bonne posture pour aborder la prochaine conférence d’examen du traité sur la non prolifération nucléaire.

Et notre Président, en visite à Washington, l’assure du soutien sans faille de la France et de l’Europe.

Comme quoi, on peut rapidement revenir de la roche Tarpéienne au Capitole. Ce qui peut aussi se vérifier en France.

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2 commentaires pour « Des hauts et des bas en politique »
  • Romulus
    Le 07 Avril 2010 à 14 h 52 min
    M. Juppé,

    Une interprétation hasardeuse de votre dernier paragraphe, que j’aimerais relier à votre intervention du 29 mars 2010 sur BFM où vous indiquiez votre disponibilité pour la candidature présidentielle, me permet d'écrire ici pour vous témoigner mon enthousiasme et mon encouragement.

    Aucune personne politique ne m’a jamais intéressé pour voter.

    Il en irait différemment pour vous. Mon affection va à votre personnalité dont je perçois l’émotivité, la droiture et l’intelligence analytique. Et j’ai censuré notamment l’adjectif grand pour rester courtois.

    J’espère que votre sens sacrificiel, pour la logique d’un parti de masse, pour vos obligations envers vos administrés bordelais, ou pour tout autre devoir que vous vous imposez, cèdera la place à votre légitime ambition, ou, si vous préférez, d’une manière plus générale, à la nécessité de candidatures d’hommes ou de femmes de valeur à la tête de l’Etat.

    Je me promets même de m’inscrire à votre parti si les primaires appelées de nos vœux se réalisaient et si vous redescendez - pas trop « rapidement » (sic) - de la roche tarpéienne !

    P.S. : Pour que cette note ne ressemble pas à une idylle de printemps, et pour faire diversion en m’étonnant naïvement que raison et passion ne semblent pas s’accorder, je vous indique surveiller sévèrement vos futures propositions sur le bouclier fiscal à 50 % : s’il est certes très mal construit (il ne constitue finalement qu’un second plafond à l’ISF et intéresse essentiellement les propriétaires) au regard des revenus fournis par l’effort du travail (compte tenu de l’exonération ISF de l’outil professionnel, d’un impôt sur le revenu maximum de 40 % et de la non prise en compte des autres prélèvements sociaux obligatoires) sa pérennité ne saurait pour autant être remise en cause, car ce régime est le seul à garantir un espace de liberté (bassement matériel il est vrai) ou de sécurité juridique (habeas argentus : imaginons une remise en cause par l’administration de l’exonération ISF susvisée pour non respect d’une des nombreuses conditions sibyllines du dispositif) vis-à-vis de la toute puissance publique.

    Bien à vous,

    Lyon, le 7 avril 2010
    Romulus
  • vianney
    Le 06 Avril 2010 à 21 h 43 min
    Certes oui, mais pour l'instant ce qui est certain c'est que nous somme sur la roche Tarpéienne et que pour atteindre le Capitole, il faudra entendre le peuple et ne pas se murer dans l'autisme.
    Un pas même symbolique pour atténuer le sentiment d'injustice aurait été le bienvenu, par exemple en revenant sur le bouclier fiscal et en le ramenant à ce qu'il était sous Villepin soit 60% . Cette mesure simple aurait eu l'avantage d'éviter sa suppression, qui aurait été ressenti par le président à tord comme un aveu de faiblesse alors qu'elle n'aurait été que l'adaptation d'un projet (qui était probablement opportun en 2007) à la réalité d'une situation exceptionnelle que représente la violente crise économique que nous traversons.
    Le candidat Sarkozy lui même avait prévenu qu'il pourrait faire des erreurs, mais que cela n'était pas grave puisqu'il se disait prêt à les admettre et à corriger le tir si nécessaire : c'était du pragmatisme ou plus simplement de l'intelligence ; l'inverse s'appelle orgueil et entêtement et sûrement pas intelligence !
    Par ailleurs une telle mesure aurait permis d'allier le geste à la parole : ouvrir le gouvernement aux Villepenistes en se rapprochant de sa politique : il y avait tout à gagner, car de Villepin ne constitue en aucun cas une menace car trop illuminé et animé par le seul désir de vengeance, ça ne fait pas un candidat et encore moins une politique ! En revanche s'allier les partisans qui voient en lui un possible avenir (sans trop y croire car ils ne sont pas dupes, mais craignent que le Sarkozy de 2007 ne perdre la partie en 2012) aurait été politiquement plus judicieux. Cela aurait aussi permis de couper l'herbe sous les pieds des Moscovici (QS ce matin sur la bande FM) et autres qui se régalent de pouvoir crier à l'autisme et à l'injustice. Le président sous estime probablement l'impact d'un tel discours qui passe très bien y compris chez ses électeurs de 2007. Il souffre probablement d'isolement, entouré qu'il est de flagorneurs de tout poils tel Alain Minc, qui lui disent chaque jour combien il le comprennent le soutiennent et le rassurent faussement en le coupant de l'opinion. Opinion qu'il sera désormais difficile d'inverser.
    L'exemple d'Obama n'est pas superposable à la rupture qui se trame chaque jour un peu plus entre le président Français et le peuple. Qui pourra lui dire qu'il se trompe, qui osera lui dire ? Vous pouvez peut-être lui dire fort de votre expérience, car vous avez aussi pu mesurer combien le décalage entre le discours de campagne et la politique menée peut avoir comme effet désastreux (cf. 1995)
    Pour les Socialistes, un boulevard idéologique s'est ouvert avec le crise financière de 2008; ils ne semblaient pas être en état d'en profiter tant leur désarroi était grand. Avec l'aide du président, ils commencent à se dire que la victoire est possible, voire probable. Ils commencent à trouver une cohérence et les expériences du passé les aideront à ne pas commettre les même erreurs qu'en 2007. Les prétendants (pas seulement ceux à la candidature, mais aussi ceux aux postes ministériels et aux cabinets ministériel) commencent déjà se mettre en position éligible pour les dits postes, c'est dire que la confiance a changer de camp.
    Alors en effet il est possible d'inverser la tendance radicalement car le président Sarkozy a de la ressource et du talent mais cela exige de sa part un haut niveau d'autocritique ce dont il ne semble à ce jour pas capable. Si tel est vraiment le cas, comme certains le disent déjà, cela conduira la droite à abîme !
    vianney

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé
Alain Juppé 2017
5 ans pour l'emploi
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