Blog Notes d'Alain Juppé

Deux questions sur l’Europe

Publié le 18/04/2005 par Alain Juppé

Je viens de lire près de deux cents messages. Sur l’Europe, le débat est de plus en plus nourri.
Il est tard mais, à la lumière de ce que vous me dites, j’ai envie de poser deux questions:

– Que se serait-il passé si le Président n’avait pas choisi la voie du referendum et s’il avait laissé le Parlement trancher la question?
N’aurait-on pas assisté à un tollé sur le thème: « On prive les Français du droit de choisir eux-mêmes leur avenir! Ce choix est trop important pour le laisser aux seuls professionnels de la politique » ?
J’entends souvent dire qu’en votant NON à ce referendum, beaucoup d’électeurs expriment leur mécontentement de n’avoir pas été directement consultés sur l’élargissement aux 10 nouveaux Etats-membres.
A force de court-circuiter le peuple, on finit par le pousser dans la rue…

– Deuxième question : si le NON l’emportait, sur quelles bases la France essaierait-elle de renégocier avec ses partenaires? En d’autres termes, de quel projet européen notre pays serait-il porteur?
Celui de Mme Buffet? de M. Emmanuelli? de M. Fabius? de M. de Villiers? de M. Le Pen?
La synthèse risque de prendre du temps…
19/04/05

Partager cet article

21 commentaires pour « Deux questions sur l’Europe »
  • ERIC JL BRETON
    Le 11 Mai 2005 à 13 h 58 min
    Comment peut-on voter par oui ou par non,à un traité qui nécessite une centaine de réponses ?

    Lorsqu'on répond à la plupart des sondages, l'on ne répond pas uniquement par oui ou par non à une seule question .

    J'ai lu cette constitution intégralement .Et si j'y ai constaté des manques comme tout le monde .J'y trouve également des lois qui ne me plaisent pas .Des lois laxistes envers les soi-disant justiciers de la france et de l'union-européenne .

    La prescriptionn des faits est totalement inacceptable .Et même nombreuses attitudes et décisions de magistrats .

    Délirant, lorsque certains membres de l'ump disent "qu'ils ne faut pas contester les décisions de la justice". Leurs propos me dégoûtent profondément .


    D'autre part, je trouve que Jacques CHIRAC et Michel BARNIER ne sont pas bons dans ce débat .Ils affirment aux français que cette constitution ne sera pas renégociée .Ils estiment même qu'elle est un modèle(ou la meilleure possible) .Ce qui bien entendu ne me plaît pas, et ce qui ne plaît pas à bon nombre d'européens, qui la trouve insatisfaisante et incomplète .Dire que c'est la meilleure possible ne sert pas ceux qui veulent réellement qu'elle passe pour faire progresser l'europe .Car la plupart qui peuvent voter OUI en veulent une meilleure .Nettement meilleure .Ou au pire des cas, la changer progressivement.
    ERIC JL BRETON
  • Edouard Pasquelin
    Le 21 Avril 2005 à 15 h 56 min
    Monsieur Juppé

    je partage totalement votre avis sur la question du référendum: le Président de la République a eu raison de poser la question aux Françaises et aux Français. Il s'agit là d'un acte extrêmement courageux tant le risque est important. Mais alors que l'on semble découvrir le fossé existant entre les Français et le pouvoir politique, il me paraît extrêmement sain de nous donner la possibilité de nous exprimer sur un sujet aussi essentiel que l'Europe. Et, ce, d'autant plus que le référendum sera extrêmement serré et que chaque voix comptera réellement.
    Il nous oblige également à faire campagne sur le terrain, et à discuter avec le maximum de gens pour les convaincre. Ce n'est pas toujours évident, mais il s'agit aussi de la noblesse del'engagement politique.

    Bon courage!



    Edouard Pasquelin
  • Philippe Thiébaut
    Le 21 Avril 2005 à 09 h 42 min
    C'était surement le choix à préconiser!Pour une fois chacune et chacun est acteur et non spectateur .
    Pour une fois chacune et chacun y va de sa méthode d'analyse et de conviction.
    Pour une fois chacune et chacun touche à sa limite de synthése et à l'écoute del'argumentaire des uns et des autres.
    Pour une fois chacune et chacun apprendra à relativiser l'information rapide et simpliste qui brosse dans le sens du poil.
    Peut etre tout ceci fera école sur un vote en général .La démocratie directe engage vraiment.

    Quant à la renégociation en cas d'une victoire du NON.. a entendre les propos des uns et des autres j'avoue n'avoir jamais entendu à cejour une seule proposition mais plus une prétention à nier et à déformer le travail de ceux qui y ont travaillé longtemps .Il y a une grande prétention française au regard des autres europeens qui ont le meme cerveau que nous semble t il!
    Notre pays vit de grosses difficutés qui touchent un nombre important de personnes en ce moment .Il faut les analyser et trouver des solutions ...l'Europe en est une... en se dotant d'une boite à outils :le traité!
    Philippe Thiébaut
  • philippe seillan
    Le 20 Avril 2005 à 22 h 05 min
    En parcourant votre article je réalise que votre deuxième question (quel non à l'Europe) est un argument de poids et qu'il devrait être plus développer dans la campagne.
    En y réfléchissant, le oui est une réalité, concrète, le président en donne le poids en gramme. Le non est un fantasme. Il est logique de préférer un fantasme à une réalité, mais le passage à l'acte est dangereux.
    philippe seillan
  • sylvie bernasconi
    Le 20 Avril 2005 à 18 h 59 min
    bonjour Mr Juppe
    je suis de votre avis, quand vous dites qu'il fallait consulter les français sur la constitution européenne, il me semble que cela est primordial. je pense que la montée du non dans les sondages est dù au climat actuel et social qui règne en france, les inquiètudes et les problèmes quotidiens des français, j'y suis moi-même confrontée, j'essaie de rester positive, mais ce n'est pas facile tous les jours, mais je ne mélange pas les deux débats. Si le non l'emportait, ce serait un peu compliqué, entre les motivations du non pour la droite, celles de la gauche sont différentes, également celles du parti comuniste. Je n'ai pas encore décidée, si j'allais voter oui ou non au référendum pour la constitution européenne, je me pose encore beaucoup de questions à ce sujet.
    cordialement !
    sylvie bernasconi
  • Benjamin C.
    Le 20 Avril 2005 à 12 h 43 min
    Pour moi le Parlement aurait dû ratifier ce traité sans passer par la voie du peuple français qui ne vote pas en nombre et ne comprend pas vraiment les enjeux du référendum. Le NON semble progressé, encore une fois il ne s'agit que de statistiques mais si les gens ne votent, les indécis ou ceux qui auront autre chose à faire en ce 29 mai, les conséquences pourront être graves, ou du moins elles retarderont le processus et cela pour la honte du peuple français initiateur de l'UE comme elle doit l'être. Je ne serai pas chez moi pour voter car en vacances en Espagne, mais je voterai tout de même par le truchement d'un ami de confiance et la procuration. Au passage je critiquerais le système français à ce sujet, qui ne facilite vraiment pas la tâche, car vivant à l'étranger, j ai plusieurs fois parler aux employés de l'ambassade de France, et des gens désagréables m'ont clairement dit que je ne pourrai pas voter car non inscrit au consulat avant le 31 décembre, date à laquelle je ne savais pas que j'allais atterrir dans ce pays et y vivre effectivement. Après avoir insisté auprès de la Mairie de ma commune d'origine, ils m'ont indiqué clairement la démarche à suivre sans le moindre soucis.
    Facilitons le vote et l'information pour tous les français et cessons la langue de bois et les raisons du style "mais vous devez savoir où voter", car on ne sait pas toujours le futur!
    Cordialement,
    Benjamin C.
  • solange saint-arroman
    Le 20 Avril 2005 à 09 h 28 min
    Bien entendu, il fallait un référendum. Mais celui-ci n’a pas été préparé intelligemment.
    C’était le moment de faire ce que j’appelle dans mon métier de la « prospective appliquée »

    La constitution va entraîner une nouvelle façon de légiférer, donc il va y avoir des conséquences « en cascades » sur la société européenne et dans chaque pays les conséquences ne seront pas les mêmes. Chacun de nous est concerné jusque dans le quotidien. Les jeunes ont bien compris.
    A partir de cette prospective, on pouvait construire des scénarios, « extrapoler » des probabilités de faits sociétaux. Chacun se serait senti concerné. A partir de là, on pouvait aussi anticiper les risques et on pouvait lancer des opérations participatives là, c’est de la gestion. Une société nouvelle pouvait se mettre en marche, avec les jeunes. C’était cela que les jeunes voulaient entendre. C’était cela qui devait se produire lors de l’émission.
    Ce qui s’est passé était une évidence, mais je suis restée stupéfaite que le Président se retrouve dans cet état d’incompréhension…Cela prouve à quel point la politique gère l’urgence, une politique réactive et la prospective politique est ramenée à la portion congrue, elle reste théoricienne et non applicative.

    Nous sommes entrés dans l’ère du participatif, il est grand temps de le comprendre et de le mettre en place.

    La constitution sort et déjà ceux qui l’ont vue disent « on a commencé à lire, puis on a abandonné ». Nous sommes encore dans les différences de langages. Un handicap supplémentaire. Plutôt que de sortir cet épais document, ne valait-il mieux pas avoir un document didactique et compréhensible par tous ? Le texte intégral restant sur Internet et dans les mairies, les associations, etc…Et en plus, est-ce en papier recyclé ?
    solange saint-arroman
  • Maël Gormand
    Le 20 Avril 2005 à 08 h 17 min
    Je voulais vous signaler une interview du Monde de Luca Cordero di Montezemolo. Il donne un très bonne argument pour le oui: Arretons d'être égoïste. Nous sommes en train de nous endormir sur nos acquis. Si nous ne réagissons pas, nous allons nous faire manger tous crus par notre propre bétise. Ce n'est pas parcque nous n'empechons pas directement le liberalisme a l'americaine, que nous, Européens, allons devenir des sauvages... (le phrasé de ce résumé est de moi, non de lui.). Et il a raison. Ce n'est pas parcqu'il n'y a pas de barrière en haut d'une falaise que tous le monde va ce précipiter dans le vide. Nous avons une conscience, une éducation et une culture dans ce continent.
    Maël Gormand
  • Laurent Lataste
    Le 19 Avril 2005 à 13 h 46 min
    bonjour!!!
    Il est vrai que le referendum a des vertus. Mais il n'empêche qu'il est plus simple de se faire une opinion sur la durée du mandat du chef de l'Etat que sur plus de 400 articles d'une constitution. Avouez que lorsqu'on essaye de s'attaquer à cette constitution et que l'on est pas allé à la fac de droit on est vite largué.Il est là le problème et la crédibilité du monde politique plutôt négative fait que les Français se demandent ce qu'il y a de caché derrière ces mots.
    C'est pourquoi je pense que c'était au parlement de décider.
    Je suis un fervent partisan de la construction européenne et voir que tout risque d'être bloqué à cause d'une mauvaise interprétation de la part des Français me révolte.
    Avec le parlement il n'y aurait pas eu ce risque. Mais je garde un petit espoir quant à l'issue du scrutin, vraiment petit!!!!
    On risque de regretter le choix du referendum, bien qu'il soit une expression démocratique à banaliser, mais de grâce que ce genre de scrutin dans les années avenir ne traite que des questions accéssibles à tous!!!
    Laurent Lataste
  • Julien Blavette
    Le 19 Avril 2005 à 11 h 49 min
    Je suis tout à fait d'accord sur le fait que le référendum était nécessaire, préférable à une ratification parlementaire. Toutefois, à ceux et celles qui reprochent à la France et à l'Europe de n'avoir pu s'exprimer sur l'adhésion des 10 derniers pays, je leur rappelerai qu'à l'époque où l'adhésion de "ces pays de l'Est" a été discutée, un consensus semblait se dégager tant il apparaissait normal que ces pays qui sortaient du bloc communiste et qui rêvaient d'Europe depuis des années, puissent enfin rejoindre l'Union. C'est un peu facile aujourd'hui de remettre en cause ce consensus. Une fois de plus, le "camp" du NON a trouvé un argument facile, pour ne pas dire simpliste.
    Julien Blavette
  • Paul-Eric HEUGAS
    Le 19 Avril 2005 à 11 h 11 min
    Si aujourd'hui le projet du OUI est réel, concret, même si visiblement il reste encore trop inaccessible à tous, qu'en est il du projet du non?

    Pourquoi personne ne pose la question à ceux qui ont choisi ce choix?

    Pour une raison simple et vous l'expliquez fort bien dans votre analyse c'est que la synthèse des revendications du nom est impossible car les motivations de ses partisans sont inconciliables.

    Voilà le vrai danger du non, c'est qu'il n'y a aucun projet clair et lisible.

    Je reste d'autre part extrêmement circonspect sur cette idée de renégociation.
    Si la majorité des Pays vote pour le oui pourquoi renégocier?
    L'Irlande et le danemark ont voté non au traité de Maastrich ce dernier a t-il été renégocié?

    Le projet est aujourd'hui d'inspiration Française dans l'optique, peu probable, d'une renégociation il deviendra certainement d'inspiration plus anglo saxone et là nous rentrerons dans un liberalisme plus dur.Quel choix restera t-il à la France pour ratifier ce nouveau texte? le referendum avec cette fois ci un danger réel de mise à l'ecart de la France, ou la voie parlementaire avec ce que celà effectivement induit comme frustration pour les français de ne pas être consultés?

    en conclusion et pour revenir au premier point osons la confrontation des projets (oui/non)et les français verront bien (je le souhaite)que le seul choix porteur d'avenir reste le OUI même si, comme dans tous projets, certains aspects sont perfectibles

    cdt
    Paul-Eric HEUGAS
  • Jean-Marc Pistre
    Le 19 Avril 2005 à 09 h 48 min
    Bonjour Monsieur le Premier Ministre,
    Je me suis permis il y a quelques jours de vous faire part de ma reflexion selon laquelle il aurait mieux valu que le Congrès se prononce plutôt que de choisir la voie référendaire. Vous m'aviez alors répondu ce que vous précisez dans votre message.
    Je comprends votre réponse mais il est alors incontestable que la stratégie retenue est catastrophique : il aurait certainement fallu "occuper le terrain" dès l'annonce du referundum plutôt que laisser la parole aux partisans du non.
    Conclusion : le non va certainement l'emporter.
    Jean-Marc Pistre
  • Philippe Engrand
    Le 19 Avril 2005 à 09 h 46 min
    Les 2 questions que vous posez sont bonnes, assurément, mais ça dépend pour qui. Je ne pense pas que ce soit ces questions là que se posent les partisans du NON, et tous cas pas les électeurs. J'en conclus donc que ces 2 questions ne sont pas pertinentes dans le débat contre les partisans du NON.
    Je pense qu'il faut recentrer le débat sur 2 choses parfaitement liées. 1. la constitution est une régle du jeu. M. Chirac l'a bien dit, avant de se faire enfermer par des questions "terrain". 2. la vrai question est : avons nous toujours envie de jouer le même jeu ?
    Si on organisait un vote au niveau de tous les joueurs de foot pour décider de quelles régles footbalistiques nous allons appliquer, d'aucuns diraient que c'est un progrés de mettre des règles sur le papier. Mais d'autres en profiteraient pour dire que finalement, le monde du foot est tellement pourri qu'ils veulent changer de jeu. Certains voudront jouer aux dominos, d'autres au rugby, d'autres s'en moquent du sport ... Il faut donc convaincre que le foot est un bon sport, qu'il procure de bonnes choses et qu'en changer serait une bétise.
    Revenons à l'Europe. Ce qui ne change pas dans la constitution c'est le livre 3, qui reprend les anciens traités. C'est l'un des thèmes préférés du NON. Cela veut dire que ceux là, et les français qui les suivent, ne veulent pas des traités antérieurs, donc pas de l'Europe telle qu'elle est. Je pense que l'argumentation doit se recentrer sur : l'Europe telle qu'elle est fait-elle plus de bien que de mal ? Lorsque cela sera acquis, on pourra défendre que les autres parties de la constitution permettent de faire encore mieux. Est-on fière de cette Europe ci, ou voulons nous en changer ? Ca c'est la vraie question. Qu'est ce que cette Europe ci a apporté aux français ? C'est à cette question qu'il faut répondre en priorité, je pense ...
    Philippe Engrand
  • Mathieu Pellerin
    Le 19 Avril 2005 à 09 h 40 min
    La question est de savoir s'il est vraiment court-circuiter ou bien s'il cherche n'importe quel prétexte pour l'être...
    Pour vous répondre je pense que si la France avait choisi la voie parlementaire, l'argument selon lequel nombre de pays, dont l'Allemagne même si cela est par obligation, font de même aurait suffit à apaiser le débat...
    Mathieu Pellerin
  • Nicolas Gascoin
    Le 19 Avril 2005 à 08 h 56 min
    Je voyais hier soir un débat sur France 2 opposant le OUI (JF Coppé et le président du parlement européen J Borrel) au NON (De Villiers et un historien-écrivain). Malgré les énervements habituels de tels débats (probablement signe de la conviction des participants), les idées véhiculées par chacun ont pu s'exprimer clairement. Dommage qu'un tel débat soit programmé si tard. Comme à l'accoutumer en TV, les meilleures émissions sont reléguées en fin de case horaire…
    Mais il mérite de savoir pourquoi le débat a été clair. Peut-être parce que la présence d'un européen non Français permet de sortir du débat d'idée franco-français. Cessons de réagir sur ce texte, qui nous est proposé, comme sur une quelconque orientation de la politique nationale. Sortons des clivages et dépassons les petites mesquineries ou les tiraillements qui existent.
    La voix du OUI devrait, je crois, s'exprimer a travers d'autres européen. Hier, le plaidoyer était clair. A chaque argument europhobe de De Villiers (semblant d'ailleurs très vide d'argument quitte à donner des vérités peu convaincantes et qui semblaient fausses d'après Borrel), Borrel savait recentrer le débat autour du texte. Cette constitution ne peut pas répondre aux maux liés à l'Europe (ou d'ailleurs qui n'y ont rien à voir). Un exemple simple: le système de vote au sein de l'UE ne donne que 18% pour la France et l'Allemagne contre 33% si le texte est adopté. Qui peut s'en offusquer en France? Cela permettrait pour les agriculteurs de conserver leurs aides. Si une directive (comme celle de Bolkestein) ne plait pas, actuellement avec le mode de vote, un refus de la directive semblerait ne pas pouvoir peser à plus de 33%. Avec le traité, ce serait 47%. Qui peut s'y opposer? De Villiers semblait d'ailleurs bien désarmé à ces simples constatations. Il n'y répondra pas.
    Ce texte semble donc être une règle faite pour vivre à 25 quand les traités précédents concernaient 15 pays (ou moins) avec une population donnée. La constitution permet de donner les règles de votes (par exemple) en tenant compte de la nouvelle carte européenne. C'est cela qu'il faut expliquer. Prendre des exemples concrets et des personnes non partie prenante à la politique française. Un duo qui ne peut que convaincre. J'en suis. Milles fois, j'en suis.
    Nicolas Gascoin
  • Frédéric Ballion
    Le 19 Avril 2005 à 08 h 21 min
    Bordelais d'origine et expatrié depuis de nombreuses années, c’est avec plaisir que j'ai eu connaissance de votre Blog-Note que je parcours toujours avec grand intérêt. Vos deux questions sont d’importance et pour moi elles sont très étroitement liées.
    J’ose espérer que lorsque les Français iront aux urnes et voteront Pour ou Contre la constitution européenne ils le feront en connaissance de cause. J’ose espérer... Mais voilà, qu’en est-il en réalité? Combien de Français ont-ils pris connaissance du texte? Combien d’entre nous ont vraiment essayé de se faire une opinion? J’espère qu’une majorité l’ont fait, mais je n’en suis pas convaincu lorsque j’entends le type de question que les gens posent à ce sujet. Ce choix est trop important pour le laisser aux seuls professionnels. Certes, mais la démocratie n’implique-t-elle pas de la part des électeurs d’être des citoyens responsables? Voter ce n’est pas seulement placer un bulletin dans une urne - et même cela il semble que se soit difficile à faire si on se réfère au taux de participation. Voter c’est surtout exprimer un choix qui devrait être mûrement réfléchi et répondre à des aspirations personnelles profondes. Il ne faut pas se tromper de débat et profiter de cette élection pour régler des comptes, l’enjeu est trop important. Car comme vous le dites très justement qu’elle serait l’issue du non a cette consultation? Quel est le projet de la France si le non l’emporte ?
    Frédéric Ballion
  • stéphane LALANNE
    Le 19 Avril 2005 à 08 h 06 min


    Monsieur le Premier Ministre,


    Suite à notre dernier échange électronique, j'attire votre attention sur un récent consultation réalisée par le journal Le monde auprés des internautes.


    La question était "avec la Constitution européenne, pensez vous que l'influence de la France en Europe serait plus ou moins importante" ?

    Sur 10 187 personnes qui se sont exprimées (ce qui n'est pas rien et concerne une tranche de la population qui n'est pas la moins informée),

    Seuls 23 % ont dit que la position de la France se trouverait renforçée.

    25,3 % se sont prononcés au contraire pour un affaiblissement de la position de la France.

    48,5 % ont dit qu'elle ne serait ni plus ni moins importante alors que 3,2% étaient sans opinion.

    Conséquence, l'argument lié au poid renforcé de la France dans la nouvelle architecture institutionnelle (que j'ai développé dans mon mail précédent) et qui a été développé notamment par le président du Parlement européen dans les colonnes de ce journal , n'est pas entendu pas l'opinion.

    Vous rendez vous compte qu'au fond plus de 75% des personnes qui se sont prononcées n'ont pas compris la Constitution sur ce point?

    Il faut dire que cela n'est pas dit de façon suffisamment claire par le Traité lui même...

    Ce sondage est me semble t-il à méditer. Il faudrait faire une véritable campagne d'information à grande échelle sur les apports directs de la Constitution en terme d'influence pour la France, le couple franco allemand et l'Europe des 6 par rapports aux nouveaux entrants

    Or les médias ne font pas ce travail. On nous parle de nouveaux gadgets institutionnels et d'une belle déclaration de droit.

    Je pense que ça attise chez les français un désintérêt pour des règles bien éloignées de leur préoccupations concrètes et de leur situation difficile.

    En revanche, leur montrer par des chiffres concrets que le poids de la France est accru, qu'on n'est plus presque au même niveau que la Pologne ou l'Espagne comme dans le système de Nice, c'est important.

    En pesant plus on pourra mieux défendre nos aides à l'agriculture et notre fameux (sic) modèle social. Le Président Chirac a abordé de façon intéressante la question de la PAC jeudi mais n'a pas dit précisemment pourquoi avec la Constitution, on pourra plus facilement obtenir un budget conséquent.



    Hier soir, lors de l'émission "mots croisés" sur France 2, De villiers et Gallo ont tout fait pour faire taire Copé et le président Borell quand ces derniers ont abordé la question de l'influence de la France avec les pourcentages au sein du Conseil...

    Le camp du "non" sait que là est son point faible...

    Il faut que les médias nationaux donnent une information objective sur les droits de vote.

    On peut ajouter le nombre de Parlementaires (78 au lieu de 72 dans le Traité de Nice) même si la situation créée par la Constitution est ici précaire et doit être confirmée (article I-20)

    Ce n'est pas perdu ! Battons nous.


    Stéphane LALANNE
    stéphane LALANNE
  • isa isa
    Le 19 Avril 2005 à 01 h 42 min
    AFP du 16/04 :

    [ Bernard Bot, le chef de la diplomatie des Pays-Bas, où la population sera consultée sur la Constitution le 1er juin dans la foulée des Français, a en revanche plaidé pour que "tous les 25 pays" de l'UE "s'expriment sur ce traité".

    "Seulement après, à la fin de tout le processus", les 25 pourront déterminer "qui a été contre, qui a été pour, pour quelles raisons certains pays se sont prononcés contre et si nous pouvons, dans la mesure où cela s'avèrerait nécessaire, changer quelque chose à ce traité", a-t-il estimé. ]

    Encore un argument bidon du OUI qui vole en éclat. On les entend partout les partisans du OUI, dont Chirac récemment, qui nous jurent une renégociation impossible. Force est de constater que certains partenaires européens n'ont pas du tout la même analyse...

    Ici notre partenaire batave fait tomber d'un coup deux mensonges du oui-ouisme français ; d'une part il nous dit que la France ne sera pas le seul des 25 à dire NON (Chirac par exemple nous avait pourtant assuré que nous serions "le (seul) mouton noir" et d'autre part il est tout à fait possible d'amender cette Europe. Une Europe moins bureaucratique, plus démocratique et respectueuse des libertés des états et des peuples européens.

    Encore un coup dur pour le OUI frileux ; osez l'Union européenne du changement et du progrès, votez NON !

    isa isa
  • Etienne MATTER
    Le 19 Avril 2005 à 01 h 34 min
    M. Juppé,

    vous avez bien raison de rappeler qu'en votant NON on se trouve sur la même ligne que M. Le Pen, M. De Villiers. Un électeur de gauche qui pense à ce choix ne peut manquer de se questionner. Il y a un non de droite, presque d'extrême droite d'ailleurs, disons très conservateur et un non de gauche, disons de 'vraie' gauche (pour ne pas dire de gauche extrême). A mon avis, le point commun, ce sont les travailleurs, un peu de classe moyenne, la 'France du bas', le petits retraités, bref toute un catégorie de personnes qui sont mécontents et effrayés de la tournure sociale que prennet les évènements depuis 2 ans. Pour rejoindre votre première question, ils pourraient d'ailleurs descendre dans la rue pour se défendre s'ils se sentaient un tout petit peu plus menacés. Le point commun c'est la baisse de leurs revenus et un constat 'après paiement des impôts, il ne nous reste plus rien.'. Ils pouvaient économiser et avoir quelques perspectives, ils n'en n'ont plus.
    Voyez les ponctions : pensions de reversion des veuves, hausse des impôts locaux, redevance télé plus stricte, sur-activité policière en direction des automobilistes qui transforme les policiers en auxilliaires des services fiscaux (les amendes de 35,75 euros pleuvent, je connais des gens qui ont 50% de bonus assurance et qui payent depuis 1 an environ 100 euros par mois, alors qu'à Paris il est impossible de se garer), baisse de 5% à 10% du pouvoir d'achat due à l'euro (touchant 60 millions de personnes) et hausse des loyers de 5% à 10% (20 millions (?) de locataires) dans le même temps, CSG et RDS en hausse constante (30 millions de cotisants), hausse du tabac (13 millions de fumeurs), hausse du gas-oil (15 millions (?) de diesels).

    Constat amer des français dont je parlais 'on nous étrangle'. Impression qu'ils ont 'les caisses de l'état sont vides, alors on nous fait payer toujours plus'. Passage de la durée de cotisation retraite à 42 ! ans (mais qui donc espère encore pouvoir toucher sa pleine retraite ? Pas les femmes (congés maternité, 75% des temps partiels sont des femmes), pas les étudiants (entrée vie active 25-27 ans et donc retraite entre 67 ! et 72 ! ans), pas les cols bleus (périodes de chômage, délocalisations, fermetures massives dans l'industrie).

    Comment peut-on faire baisser le pouvoir d'achat (de 10% à 20%) de millions de personnes et leur casser de cette manière le moral sans s'en rendre compte ?

    Ces sacrifices (réels ou supposés ou ressentis peu importe) ne seraient supportables que si ces français pouvaient se dire 'Il y a une justice et une morale tout de même, nous qui payons tout cela, on nous considère, on ne nous laissera pas tomber ...'
    C'est pourquoi je vous disais qu'il y avait une réelle aspiration de justice et de morale chez ces français.
    Or ce n'est pas le cas.
    Imaginez les dégâts que font les 'affaires' !
    Ces français, on leur dit qu'ils sont endettés à cause des banques (Le Lyonnais, même la poste les a grugés avec ses placements !), des malversations de dirigeants (Messier, Pinault), des affairistes (Sirven), des 'world companies' (toucher les subventions d'aide à l'emploi, rester 2 ans et déménager à la cloche de bois ...).
    Ont-ils tort de croire que l'euro-capitalisme est profondément injuste ?
    Peuvent-ils continuer ainsi ? Mettez-vous à leur place.
    C'est malheureux, mais si le OUI ne l'emporte pas, les conséquences sociales en seront à mon avis très graves. Je pense que ce référendum fait apparaitre une nouvelle redistribution de la carte politique en profondeur cette fois.
    Le président, capitaine du vaisseau, a sondé à sa droite('N'ayez pas peur, la constitution est fille de la France', allusions transparentes pour l'électorat catholique) et le résultat est clair : Pas de marges de manoeuvres de ce côté là, mais de solides écueils. Toutefois à défaut de conquérir des voix, il peut 'limiter la casse' et 'fixer' cet électorat.
    Il va maintenant sonder sur sa gauche, et il lui faudra être très habile pour faire le grand écart et convaincre non pas '2 français sur 3', mais 'un français sur 2'.
    Ma conviction est que le résultat sera très très serré et que toutes les bonnes idées seront bienvenues. J'apprécie les idées que vous portez et je vous crois honnête dans vos convictions.
    Un groupe de travail pour un argumentaire destiné à sonder à gauche existe t-il ?
    Respectueusement E MATTER
    Etienne MATTER
  • Simon K
    Le 19 Avril 2005 à 00 h 42 min
    S'il n'y avait pas eu de Référendum, les citoyens n'auraient pas été responsabilisé dans ce choix. Et je crois que c'est exactement ce que n'a pas souhaité le Président de la République. Du coup nous sommes confronté a nos vieux démons - mais cette fois nous devons les affronter collectivement, entre citoyens, sans bouc émissaire. Parce que même si les uns et les autres essaient encore une fois de plus de faire porter le chapeau à des "responsables", en dernière instance c'est tous les français qui seront sanctionnés par un choix négatif. En fait c'est une très belle épreuve, une opportunité pour élever le débat et l'action au dessus des querelles et conflits d'intérêts habituels. Mais je crois que si le Non l'emporte nous allons passer à côté de cette opportunité – ce qui risque de se solder par un retour en arrière vers des divisions incessantes entre partis, groupes de pression et personnalités diverses. En tout cas vu l’enjeu, je suis d’accord avec la suppression d’un jour férié pour financer une campagne du Oui.
    Simon K
  • Yves RICHARD
    Le 18 Avril 2005 à 23 h 44 min
    bonsoir,
    Je ne suis pas si sûr, au fond, que les arguments de l'extrême gauche et ceux de l'extrême droite soient si incompatibles...
    bien à vous
    Yves RICHARD

Ajouter un commentaire

Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé
Alain Juppé 2017
5 ans pour l'emploi
inscrivez vous à la newsletter

Les derniers tweets

Sur Facebook

GALERIE INSTAGRAM

Bordeaux