Blog Notes d'Alain Juppé

Discriminations

Publié le 15/11/2005 par Alain Juppé

A tous ceux qui s’interrogent sur la réalité des discriminations en France, je conseille la lecture des excellents rapports du Haut Conseil à l’Intégration (HCI) et du travail remarquable de la Cour des Comptes sur « L’accueil des immigrants et l’intégration des populations issues de l’immigration » (2004).

On y trouve d’abord une définition précise de la « discrimination »:
« Toute action ou attitude qui conduit, à situation de départ identique, à un traitement défavorable de personnes du fait de leur nationalité, origine, couleur de peau ou religion, qu’une intention discriminante soit, ou non, à l’origine de cette situation ».

Je reprends ensuite quelques rubriques de ces rapports:

– Protection sociale:
« L’égalité des droits est largement assurée. »

– Ecole:
« Les trajectoires scolaires des jeunes issus de l’immigration ne témoignent pas de discriminations significatives.
Ecoles et enseignants sont rarement dénoncés comme racistes ou discriminants.
A égalité de condition, les élèves issus de l’immigration réussissent aussi bien que les élèves français d’origine, car les familles d’origine étrangère investissent beaucoup dans la réussite scolaire.
L’échec scolaire d’une partie des enfants issus de l’immigration tient essentiellement aux conséquences du fait migratoire lui-même (naissance à l’étranger, début de scolarisation à l’étranger…) et aux handicaps socio-économiques. »
Un bémol de taille : la ségrégation entre établissements et entre classes, malgré l’existence des ZEP (zones d’éducation prioritaire)

– Logement
« Les discriminations qui existent dans le domaine du logement constituent, de l’avis de toutes les personnes auditionnées, l’un des obstacles majeurs à l’intégration des personnes immigrées ». (HCI)

– Emploi:
« Les discriminations en matière d’emploi n’ont cessé de s’étendre sous l’effet de l’approfondissement du chômage et de la progression de la xénophobie dans le monde du travail ».
Les étrangers ont été les principaux perdants de la montée du chômage depuis 1975: leur taux de chômage a été multiplié par 4 , contre 2,75 dans la population générale.

Ces rapports contiennent beaucoup d’autres informations et analyses.
Ils aboutissent tous à la même conclusion: le modèle d’intégration à la française est en panne, d’autant plus que les populations issues de l’immigration sont très fortement concentrées dans certains régions (37% en Ile de France, 11% en Rhône-Alpes, 10% en PACA… et 0;61% en Limousin selon la Cour des Comptes.

Les pouvoirs publics ont réagi devant ce constat et un ensemble de mesures très ambitieuses a été pris en 2003: je citerai notamment la création du « contrat d’accueil et d’intégration » (CAI) et surtout la mise en place de la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité (HALDE) dont la présidence a été confiée à l’ancien patron de Renault, Louis Schweitzer, et dont les pouvoirs de sanctions viennent d’être renforcés. Ce sera, j’en suis sûr, un outil très utile.
Mais, pour aller au fond des choses, toutes les mesures gouvernementales resteront insuffisantes s’il n’y a pas un changement de comportement et une authentique volonté d’intégration du corps social tout entier. Nous avons rendez-vous avec nous-mêmes.
15/11/05

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17 commentaires pour « Discriminations »
  • France Lasnier
    Le 06 Janvier 2006 à 11 h 35 min
    Comment serait-il possible en France, de faire ressortir les modèles de réussite (financière, sociale, dans le respect des valeurs humaines) de la Société Civile puis par la suite d'arriver à faire participer ces créateurs (industriels, sociaux etc..) à la vie politique française. Aujourd'hui il y a de nombreux 'Jacques Bonhomme" inconnus (c'est pour celà qu'ils réussissent car ils ne savent ce qu'ils sont)et non médiatisés qui font des choses formidables indépendemment de l'âge, religion,sexe etc...pour eux et pour la France
    France Lasnier
  • Norbert Clément
    Le 02 Décembre 2005 à 18 h 10 min
    Monsieur le Premier Ministre,
    Chacun voit midi à sa porte et, ce que je vois à la mienne,naivement, est que ce qui s'est passé dans nos banlieues révele,une profonde dégradation dans la manière dont notre pays est géré.Il sagit bien d'une véritable "trahison des clercs" qu'ils soient politiques,journalistiques,philosophiques,etc.
    On peut raisonablement penser que ce qui s'est passé, n'était pas pas de génération spontanée et que les diverses étapes de la maturation de ce problème ont été ,soit ignorées, soit volontairement cachées par manque de caractère. Le général de Gaulle (encore lui!) écrivait dans le "Fil de l'Epée" que"du haut en bas s'éfface l'initiative, s'atténuent le goût d'être responsable et le courage de parler net, s'abaisse le caractère.
    Ceux qui (peu nombreux) ont tenté bien avant la Cour des Comptes,d'attirer l'attention sur ce volcan, ont été ringardisés.Ils n'étaient pas dans l'air du temps. Pourtant, déja au XVIIeme siècle, dans la Fable "La Lice et sa compagne", La Fontaine concluait ainsi:"Ce qu'on donne aux méchants,toujours on le regrette.-Pour tirer d'eux ce qu'on leur prête,il faut que l'on en vienne aux coups;il faut plaider,il faut combattre.Laissez-leur prendre un pied chez vous,ils en auront bientôt pris quatre". Même si cela peut paraitre éxcéssif,il y a un fond de vérité immuable.
    meilleures salutations
    Norbert Clément
  • Jean-Pierre Marquet
    Le 26 Novembre 2005 à 12 h 22 min
    "Toute action ou attitude qui conduit, à situation de départ identique, à un traitement défavorable de personnes du fait de leur nationalité, origine, couleur de peau ou religion, qu'une intention discriminante soit, ou non, à l'origine de cette situation".

    Ce qui me plaît dans ce texte, c'est qu'il ne se réfère pas à la notion de "race", mot qui pourtant traîne partout... y compris dans certains textes officiels !

    Il n'est pas un seul scientifique pour avaliser cette notion dépassée, et je souhaiterais vivement que le législateur entreprenne un nettoyage de nos textes de lois qui pourraient, éventuellement, se trouver encore pollués par ce mot. La France n'est pas les États-Unis, où la "race" fait partie des éléments du signalement dans les rapports de police !

    J'ai enseigné neuf années en Côte d'Ivoire. Là-bas, dans le dossier médical des élèves, figure aussi une rubrique "Race", et je ne connais pas un seul Ivoirien qui ne croit dur comme fer que "les races existent" – comme disaient mes élèves. Aucune raison de penser que c'est différent dans le reste de l'Afrique, et c'est bien triste de songer que les principales victimes du racisme, les Africains, soient si attachés à cette dangereuse lubie.
    Jean-Pierre Marquet
  • Pierre-Yves Bureau
    Le 20 Novembre 2005 à 15 h 44 min
    Monsieur le Premier Ministre,

    Quelques suggestions à votre appréciation pour tenter d'apporter des réponses nouvelles en matière d'emploi à la crise des banlieues que connaît actuellement notre pays:

    • La mise en place d’une ANPE mobile destinée à s’implanter au minimum un jour ouvrable par semaine dans chaque quartier en difficultés. Bon nombre d’offres d’emploi sont à pourvoir dans les PME (commerces de bouche, hôtellerie, restauration, etc.), le rôle de l’Etat doit par conséquent être de favoriser la rencontre de l’offre et de la demande.
    • Le lancement de campagnes ciblées de sensibilisation aux métiers de l’hôtellerie et de la restauration où 400.000 offres d’emploi restent à pourvoir.
    • La généralisation des travaux d’intérêt général comme alternative à la prison et comme première étape vers un premier accès ou un retour à l’emploi.
    • La mise en place d’une «discrimination positive économique et sociale» caractérisée par des incitations fiscales à la création d’entreprises. Ces incitations pourraient prendre forme par la multiplication des zones franches urbaines que vous avez créées à partir de 1995 dans les quartiers dits difficiles. Actuellement au nombre de 85, leur nombre devrait prochainement être porté à 100. Cet accroissement pourrait se poursuivre en parallèle d’une réévaluation de 2% par an du pourcentage de salariés issus des quartiers en difficultés devant être embauchés par les PME bénéficiant des avantages fiscaux et exonérations de cotisations sociales au sein des zones franches urbaines (pourcentage actuellement à un tiers). Cette réévaluation devrait nécessairement s’accompagner d’un accroissement de la formation professionnelle dans les quartiers en difficultés.

    Cordialement,




    Pierre-Yves Bureau
  • marcel gendrot
    Le 20 Novembre 2005 à 14 h 01 min
    bonjour

    On ne peut plus appeler un chat un chat.

    Sous couvert d’anti-racisme, les médias sont monopolisés par les gauchistes et démago en tous genres.

    Les animateurs ne font pas jouer leur rôle qui consisterait à inviter des hommes politiques de tous bords. Sans oublier toutefois, de donner la parole aux politiciens qui ne représentent presque qu’eux même, les verts ou les communistes, par exemple, pourvus qu’ils aient un langage gauchisant.

    Et quand un personnage tient un discours un peu trop à droite on s’empresse de lui en foutre plein la g….. Afin de le discréditer aux yeux des téléspectateurs.

    Le CSA ferme les yeux sur ces abus, même lorsqu’ils sont commis sur les télévisions publiques.

    J’étais très longtemps un homme de gauche. Mais vraiment là je dois dire que c’est fini.

    Mon épouse et moi nous travaillons depuis 30 ans. Trente ans qu’on se lève à 4h du mat pour gagner notre vie. On ne se sent pas privilégié pour autant.

    Trente années pendant lesquelles nous passons à la caisse. Avec nos cotisations sociales, Rds, Csg, impôts direct et indirect. Sans avoir reçu 1 centime de l’état.

    Dans notre immeuble, il y a plus de gens qui se la coulent douce que de gens qui bossent. Et ils n’ont pas l’air malheureux. RMi pour certains, chômage pour d’autres, plus les aides de la commune, ça va bien merci.

    Non de dieu à 18 ans j’ai pris mes clics et mes clacs et j’ai cherché un job à 700 Km de chez moi. Il faut leur amener le boulot sur place à tous ces soit disant délaissés de la république.

    Et puis regardons la vérité en face. Quand on siffle le drapeau français dans un stade, c’est qu’on n’aime pas ce pays. Le reste n’est que baratin….

    Je pense parfois à ceux qui ont perdu un gosse sous les drapeaux en Algérie. Ils doivent bien être amer de voir que ceux qui ont obtenu leur indépendance, avec raison il est vrai, sont maintenant chez nous à essayer d’imposer leurs coutumes, leur religion, leurs foulards et tout ce qui est entre en conflit avec notre histoire judéo-chrétienne.

    Et je n’ai pas de carte au FN.

    Vraiment y en a marre, on nous prend vraiment pour des caves…
    marcel gendrot
  • ROM1 .
    Le 16 Novembre 2005 à 23 h 35 min
    "Banlieues : la révolte des exclus de la
    > mondialisation Ulrich Beck - DR Les origines des émeutes
    > dans les banlieues françaises dépassent le cadre national, estime
    > le sociologue allemand Ulrich Beck dans la Süddeutsche Zeitung. Les
    > notions de "chômage", "pauvreté" et "immigrés de la deuxième
    > génération" ne suffiraient pas non plus à expliquer l'éruption de
    > violence destructrice. "En fait, nous assistons à l'émergence d'une
    > nouvelle ligne de conflit au XXIe siècle. La question clé est la
    > suivante : que va-t-il arriver à ceux qui restent exclus du
    > meilleur des mondes de la globalisation ?" "La mondialisation de
    > l'économie a provoqué une nouvelle scission du monde", poursuit
    > l'auteur. "Ignorant les frontières nationales, elle a fait naître
    > des centres industrialisés en croissance rapide à côté de déserts
    > improductifs qui ne se trouvent plus seulement 'là-bas' en Afrique,
    > mais aussi à New York, Paris, Rome, Madrid ou Berlin. L'Afrique est
    > désormais partout. Elle est devenue le symbole de l'exclusion."
    > "Autrefois, les riches avaient besoin des pauvres pour s'enrichir.
    > Les nouveaux riches de la mondialisation n'ont plus besoin des
    > pauvres. Voilà pourquoi les enfants français d'immigrés africains
    > ou maghrébins, qui vivent une existence sans perspectives dans la
    > périphérie des grandes villes, ne sont pas seulement pauvres, pas
    > seulement chômeurs. Car les notions de pauvreté et de chômage,
    > telles que nous les entendons, proviennent du jeu de pouvoir dans
    > une société de classes organisée sur la base de l'Etat-nation. Un
    > jeu de pouvoir où la pauvreté était le résultat de l'exploitation -
    > ce qui est de moins en moins vrai dans le monde actuel." La
    > violence dans les banlieues serait donc au fond le signe d'une
    > "révolte des inutiles". "L'économie mondialisée peut croître sans
    > eux. Les gouvernements peuvent être élus sans leurs voix. Ces
    > jeunes sont des citoyens sur le papier, mais en réalité ils sont
    > des non-citoyens et constituent donc une accusation vivante de tous
    > les autres. Même le mouvement ouvrier ne sait pas comment les
    > appréhender."
    ROM1 .
  • Robert Benier
    Le 16 Novembre 2005 à 22 h 06 min
    En lisant le livre récent livre de Philippe De Gaulle sur son père, on y trouve un diagnostic intéressant sur l'incapacité de la France, lorsqu'elle fait face à un problème, de le traiter. Elle essaye toujours de chercher à l'ignorer en le contournant, en faisant comme s'il n'existait pas.
    Face aux événements des banlieues, j'ai un peu le sentiment que les français n'ont toujours pas compris que le chomage est la matrice de tous les maux.
    La seule intégration possible c'est d'avoir un diplôme ET un emploi. Il n'y en a pas d'autre. Tout le reste que n'est que paroles creuses. La politique de la ville ? Nécessaire, certes, mais elle ne remplace pas la nécessité de maintenir le taux de chomage à un niveau acceptable au sein d'une population. Les valeurs de la république? Elles sont surtout partagées par ceux qui se lèvent tôt pour aller travailler et payer des impôts. L'oisiveté, le"no future" vous écartent non seulement des valeurs de la république, mais de TOUTES les valeurs.
    Je n'ai entendu aucun commentaire sur l'effet destructeur sur la société d'un taux de chômage bloqué à 10% sur une très longue période.
    La cause de la persistance du chômage en France a été analysée et expliquée par d'innombrables ouvrages. Mais rien n'y fait. Lorsque M.Juppé a été nommé, sa priorité était le chomage. Quand M. DeVillepin a été nommé en 2005, sa priorité encore le chomage. Plus ça change, plus c'est pareil, mais l'effet corrosif de l'inactivité sur la société française a continué de faire son oeuvre.
    Poutant, il n'y a pas de fatalité à ce niveau. L'Espagne, qui est moins riche et moins nantie que la France, a réuissi à faire baisser son chômage de 20% à 7ou 8% actuellement.
    Robert Benier
  • nicolas albrespy
    Le 16 Novembre 2005 à 17 h 04 min
    je voudrai mettre en gras les derniers mots de votre billet (et donc le sens même du billet):la discrimination, le racisme et tout ce qui va avec, ce n'est pas (véritablement) l'affaire du gouvernement...Le gouvernement, l'Etat sont là pour sanctionner les abus quand ils adviennent, pour tenter de remettre dans le droit chemin ceux qui s'en ecartent (et ainsi decourager ceux qui voudraient s'en écarter dans l'avenir)...mais ce n'est pas Dieu...n'en déplaisent à ceux qui on cessé d'avoir une religion parceque l'Etat providence avait été inventé...
    Nous avons tous des réactions surprenantes dans certaines circionstances: tu n'es pas raciste mais ton fils marié à une étrangère te choque, tu n'es pas homophobe tant qu'ils ne t'approchent pas trop, tu n'es pas macho mais ta femme qui gagne plus que toi te frustre...Nous en sommes tous là à des degrés divers, et en effet si nous voulons progresser, c'est un rendez vous avec nous même qui nous attend, et pas avec l'Etat...Celui ci pourra créer toutes les lois possibles contre l'insécurité mais si dans la rue nous continuons tous comme aujourd'hui à marcher tête baisser en accélerant le pas alors que quelqu'un se fait agreeser, rien ne changera jamais...il n'y aura jamais assez de policiers pour stopper tout ça...Et ceci est identique pour le racisme, il n'y aura jamais de loi nous obligeant à donner le même sourire à la vieille dame du premier qu'au marocain du cinquième.
    Nous sommes ensemble bien plus fort que l'Etat et les délinquants...bien plus fort que les racistes et ceux qui discriminent... Alors cessons de chercher un responsable aux echecs de nos attitudes...
    nicolas albrespy
  • tarik el aroussi
    Le 16 Novembre 2005 à 14 h 01 min
    En plus de la concentration des populations issues de l’immigration dans certaines région, viens s’ajouter le fait que cette dernière soit mono couche sociale (que vous soyez malien ou algérien du moment que vous êtes ouvrier ou chômeur vous allez vivre dans ces banlieues)

    Cela est différent de la notion ancienne de ghettos ou toute la communauté réside- (du médecin issu de cette communauté au chômeur)- et ou peut naître une sorte d’émulation voir de compétition entre les différents membres en terme de réussite.

    Ce qui me pousse à penser que le problème n’est pas simplement d’intégration mais aussi de norme et de repère.

    TL

    PS : Comment expliquez-vous que le niveau des immigrants arrivants en France soit l'un des plus bas d'Europe ?

    tarik el aroussi
  • claude et monique semin
    Le 16 Novembre 2005 à 12 h 39 min
    Le sujet est brulant, mais il couvait depuis longtemps, dites vous . Hélas, certes, il a concerné tous les gouvernants mais malheureusement sans trop de succès malgré les sommes énormes investis ( environ 50 milliards €) rien à coté du nouveau plan Borloo qui prévoit encore 23 Milliards )! Sommes inutilement dépensées, plans mutiples que les uns et les autres s'attachent à démonter ou à reprendre,non; mais on tente à remedier aux conséquences des problèmes et non aux causes profondes, et ce, par idéologie ou calcul politique, naïveté, manque de courage .
    Les causes profondes sont : une absence de politique d'immigration controlant réellement en nombre entrée et qualité des immigrants; un probléme de culture qui pourrait être, aussi mais pas seulement, un probleme de religion; une situation économique défavorable, notamment le chomage, dont la politique laxiste encourage à ne rien faire et profiter du "systeme", le fameux modele social à la française .
    Pour mieux illustrer mon propos, je ferai un retour en arrière . Entre les 2 guerres, pour pallier aux trop nombreux disparus de la 1° guerre mondiale le gouvernement français a fait appel à l'immigration étrangère pour repeupler les campagnes (Aquitaine notamment) et pourvoir de main d'oeuvre les industries de l'Est, du Nord et de la région parisienne . A la fin de la 2° guerre, de nombreux portugais sont venus pour rebatir la France et participer à l'immense effort de reconstruction . A-t-on été confronté à des émeutes , des echauffourées avec la police, des problèmes d'échec scolaire ? Pas que je me souvienne en tout cas, alors que les conditions d'accueil et de vie étaient bien souvent précaires . Mais nous avions besoin de ces gens et ces gens aspiraient à une vie meilleure car la vie dans leur pays était bien souvent miséreuse .
    Bien sûr, les conditions d'emploi étaient différentes et une des causes profondes de notre problème, le chomage n'existaient pas . Mais nous avions à l'époque accueilli des émigrés pour des raisons précises : qualifications, localisalisation et surtout en nombre controlé car nous étions demandeurs . Oh , certes, il y avait des passeurs et des clandestins et certains marchands d'esclaves qui "livraient" de nuit sur les chantiers de reconstruction, mais globalement cela ne se passait pas trop mal . Nous controlions et poursuivions ces traficants d'êtres humains .
    Mais surtout, ces étrangers étaient de la même culture que la nôtre et aussi, pour la plupart, de la même religion . A voir et entendre tous ces émigrés de l'époque, vouloir apprendre notre langue et s'interdire des fois de parler la leur, suivre nos institutions, à voir la fréquentation des écoles avec bien souvent des éleves si assidus qu'ils en étaient les leaders, nous pouvons affirmer que leur intégration ( je hais ce terme) s'est bien passée . Ils respectaient les règles de la République, on parlait de Devoirs à l'epoque et non que de Droits multiples . La grande différence, entre ces émigrés et ceux actuels ( depuis 30 ans ), est qu'ils sont de culture différente . En ce sens, j'agrée avec votre analyse concernant les relations entre la République et les religions . Mais moi je dirai avec Une religion et sa culture qui en découle car ce n'est pas la religion elle-même qui cause probleme, mais son interprétation et les modes de vie qui en découlent . Accepter et encourager les regroupements familiaux et de ce fait favoriser la polygamie est contraire aux lois de la République,et aussi à notre culture, empêcher les enfants d'aller en classe est dramatique pour les autres enfants, ... A-t-on des problèmes avec les autres religions ? A-t-on des problèmes avee les asiatiques, certes quelques problèmes de delinquance, mais pas d'intégration ( Voir le nombre de vietnamiens qui ont rejoint notre pays après la fin de la guerre du Vietnam ) ? . Non . Il y a bien un probleme avec l'Islam, non pas avec l'Islam en soi, je le répète,mais avec l'usage et les moeurs en découlant qui, de plus, bien exploités par certains, attisent le ressentiment et peut developper la révolte, en tous cas, le désordre . En acceptant trop que nous puissions en recevoir sans controle du nombre et de la qualité ( le président Mitterand lui-même ayant encouragé cette immigration à des fins poiltiques a jugé que " Trop c'est trop") ; en encourageant le regroupement familial ( Grave erreur de jugement du Président Giscard d'Estaing ) ; en maintenant à bout de bras un systeme social( le président Chirac le prone et le porte , en vain, à bout de bras ) qui n'encourage pas le travail et coûte à tous, et en particulier à l'emploi ; voilà les graves erreurs et les problémes de fonds politiques auxquelles il nous faut maintenant s'attaquer pour remédier aux causes .
    Peut-on revenir sur le regroupement familial ? Peut-on mettre en oeuvre une immigration sélective ? Peut-on démonter le systeme de couverture du chomage ? Peut-on faire appliquer le doir à ceux qui y dérogent ?
    Je ne sais , j'espère que d'aucuns y pensent et y travaillent et surtout, auront les c....... pour le faire et le mettre en oeuvre .
    Mais ce que je sais c'est que la situation ne peut qu'empirer et refaire l'autruche ou tergiverser aménera à une guerre civile . L'écart entre les pays pauvres et les pays riches ne cesse de se creuser , et donc, l'aspiration, même au risque de leur vie, des candidats à l'émigration de l'Afrique va augmenter . Le formidable effet de la mondialisation, notamment des pays de l'extreme orient ; le rééquilibrage entre les pays de l'Est nouvellement européens même si à terme provoquera un plus pour notre pays, va réduire encore le nombre d'emplois, en tout cas, en changer leur nature, dans les pays de l'Europe occidentale .
    Il y a donc urgence à remedier aux causes profondes tout pen continuant à pallier aux conséquences , mais dans le respect du droit et des lois de la République . Nous aimons trop notre pays pour assiter à sa périclitation sans réagir .
    claude et monique semin
  • Philippe Thiébaut
    Le 16 Novembre 2005 à 12 h 37 min
    Bonjour , à la lecture de votre article tres interessant d'ailleurs ( qui confirme l'injustice sociale qui sévit en banlieue) je me pose des questions sur le fonctionement des rouages de l'Etat et de ses priorités .Aujourd'hui le logement l'école la santé l'emploi sont ils encore des bases ("gravées dans le marbre") de nos projets communs? A quelle vitesse remonte les données des problémes! Vous qui avez été aux responsabilités de l'Etat comme Premier Ministre ne pensez vous pas qu'il y a des lenteurs aux analyses?
    Par exemple tout le monde s'accorde à penser aujourd'hui que votre initiative de zones franches en 1996 est un total succes pourvoyeur d'emplois mais on entend aujourd'hui en 2005 de la part de ceux qui ont monté des entreprises en zone franche qu'il a fallu embaucher des personnes extérieures aux banlieues pour des questions de formation.Je suppose que tout ceci n'est pas aussi simple que ça à régler mais peut etre faudrait il etre plus pragmatique?
    Cordialement. T.p
    P.S: Je vous invite à vous rendre à l'institut du monde arabe à Paris il y a une exposition sur l'age d'or des sciences arabes passionnante.
    Philippe Thiébaut
  • Josick Croyal
    Le 16 Novembre 2005 à 08 h 16 min
    Autochtone, je suis bien passé à la trappe dans la définition même de la discrimination que vous mettez en avant. C’est bien là une attitude de sous développé de la feuille de constamment faire référence à ce qui est « haut » ou considéré comme tel : « grand professeur », « haute autorité », « allah akbar »… Mr Juppé, vous êtes bien un ENArque dans le sens ou ces deux prétendues « grandes » institutions que sont l’ENA et Polytechnique font tristement écho à deux instruments d’occupation de la romanité, à savoir l’EthNArchie et l’eXarchat.
    Comme Sarkosi avec sa Bible de la République des 30 glorieuses, livre déjà écrit, vous êtes un agent du passé, agent de l’étranger à la vie que vous ne comprenez aucunement. Vous avez donc toutes les raisons de continuer à me censurer car je ne peut être que politiquement incorrect à l’égard de votre conception incorrecte de la politique, politique d’occupation car passant systématiquement à la trappe ce que ressent l’autochtone, autochtone bafoué voire même violé et cela depuis des lustres.
    Le Canada à fait un pas vers cette reconnaissance sous le thème du « garçon invisible » :
    http://www.eurowrc.org/01.eurowrc/06.eurowrc_fr/canada/36.fr_canada.htm
    La même chose avec une présentation plus officielle : http://www.phac-aspc.gc.ca/ncfv-cnivf/violencefamiliale/html/nfntsxinvisible_f.html
    Par ailleurs j’ai eu vent d’une étude d’une institution officielle qui annonçait que majoritairement (80%), les élèves des grandes écoles présentaient des troubles liés à leur enfance. Ainsi l’indispensable bizutage pour tirer un trait, renier ses origines, et commencer une toute nouvelle vie comme inéluctablement « agent de l’étranger ».
    Josick Croyal
  • alexandre cournol
    Le 16 Novembre 2005 à 06 h 17 min
    Je suis un etudiant français en mba vivant aux usa .
    Je suis français métis d'origine du cap vert.
    Aux usa ,certaines reactions par rapport aux évènements en ile de france sont très interessantes:beaucoup d' americains ne comprennent pas pourquoi en france dans certaines communes peuplées a plus de 70% de minorités(comme c'est le cas a clichy sous bois),le maire n'est pas representatif de la population.
    Les américains pensent que certains problèmes relatifs aux minorités ,tels que le manque de patriotisme ou la mauvaise image de l'islam,peuvent etre résolus plus facilement par un maire lui meme issu de ces minorites(CNN ,le 12 novembre).
    Atlanta,New orleans,sont des villes "afro-americaines" avec des maires afro americains.
    Pensez vous que cela est possible dans certaines villes françaises?
    alexandre cournol
  • Etienne Matter
    Le 16 Novembre 2005 à 03 h 06 min
    M. Juppé, je me permets de vous faire une remarque. En lisant les réactions des personnes qui vous écrivent, je note un grand nombre de fautes d'orthographe et de grammaire.
    Vous avez pris le parti de publier leurs écrits tels quels, ce qui montre que vous ne censurez rien. Je remarque d'ailleurs que vous publiez aussi bien les encouragements que les critiques les plus vertes.
    Je trouve normal de faire attention aux fautes lorsqu'on écrit à une personnalité ou qu'on risque d'être lu par de nombreuses personnes, c'est une marque de respect.
    Des gens ont suggéré des solutions au problème des banlieues, et effectivement c'est un peu cela. On écrit comme on mange, puis on jette l'emballage par terre que l'on soit dans la rue ou dans sa cage d'ascenseur.
    Un jeune chômeur qui ne se donnerait pas plus de peine pour rédiger une lettre de motivation ne réussirait jamais à se faire embaucher.
    Ma question est donc : pour le bien de tous, et sans se départir d'un certain flegme, ne devriez vous pas conseiller aux personnes qui vous écrivent l'utilisation d'un correcteur orthographique ?
    Bien à vous. E Matter.
    Bien
    Etienne Matter
  • Véronique Robet
    Le 16 Novembre 2005 à 00 h 33 min
    En 1995,à l'occasion du 27 eme sommet de l'Organisation de l'Unité Africaine,qui se tenait au Nigéria,le Président du Sénégal ,Monsieur Abdou Diouf déclarait au Figaro :"vous risquez d'être envahis demain par des multitudes d'Africains qui ,poussés par la misère, déferleront en masse sur les pays du Nord. et vous aurez beau faire des législations contre l'émigration, vous ne pourrez pas arrêter ce flot car on n'arrête pas la mer avec ses bras ...

    Ce sera comme les hordes que vous avez connues dans votre Moyen-Age...Les population du Nord et du Sud vivent dans le même village planétaire.

    Votre intérêt est d'aider l'Afrique à se développer...C'est ici en Afrique que votre aide doit fixer nos masses humaines "

    Bernanos avait-il bien prophétisé ?
    Est-il encore possible d'aider l'Afrique ?
    Véronique Robet
  • Evariste Galois
    Le 15 Novembre 2005 à 22 h 50 min
    j'ai lu comme souvent avec interet votre billet. malgré tout j'ai un petit souci avec ce passage : § dernier "Les pouvoirs publics ont réagi devant ce constat et un ensemble de mesures très ambitieuses a été pris en 2003: je citerai notamment la création cu "contrat d'accueil et d'intégration" (CAI)"
    je me demandai ce que signifiait : la création CU "contrat d'accueil et d'integration"?
    serait ce de la digilexie, ou un terme de francais encore inconnu pour moi : comme par exemple l'equivalent du 'es' chez les professeurs mais pour les contrats?
    Mais bon je sais que comme d'hab : je ne vais pas être mis en ligne sans meme un mail :D
    Evariste Galois
  • François CB
    Le 15 Novembre 2005 à 15 h 53 min
    Bonjour Monsieur,

    Il y a sur le site du Figaro une interview passionnante d'Alain Finkielkraut au sujet de la crise des banlieues. Vous la trouverez ci-dessous. Qu'en pensez-vous ?

    FCB

    Alain Finkielkraut : «L'illégitimité de la haine» Propos recueillis par Alexis Lacroix
    [15 novembre 2005]
    Le philosophe Alain Finkielkraut (1) dresse un premier bilan des émeutes dans les banlieues.

    LE FIGARO. – Quels enseignements politiques et intellectuels tirez-vous des émeutes ?

    Alain FINKIELKRAUT. – Je suis terrifié par cette violence. Terrifié, mais pas étonné. Il y avait des signes avant-coureurs : la Marseillaise conspuée lors du match France-Algérie, les agressions de lycéens pendant une manifestation contre la loi Fillon. Il y avait aussi des livres avertisseurs comme celui d'Emmanuel Brenner, Les Territoires perdus de la République, ou le rapport de juin 2004 du ministère de l'Education nationale sur les signes et manifestations d'appartenance religieuse dans certains établissements scolaires des quartiers difficiles. On y apprenait notamment que l'enseignement de l'histoire était accusé par certains élèves et ceux qui les influencent de donner une vision judéo-chrétienne, déformée et partiale du monde. Les exemples abondent, du refus d'étudier l'édification des cathédrales ou d'entendre parler de l'existence de religions préislamiques, aux turbulences que provoque inévitablement l'évocation de la guerre d'Algérie ou du Moyen-Orient.

    Certains ont été jusqu'à parler de «guerre civile». Qu'en pensez-vous ?

    Il n'y a pas de guerre aujourd'hui entre les Français de souche et les autres, ni même entre la France des villes et celle des banlieues. Les premières cibles des violents sont les voisins. Et ce sont eux qui réclament une restauration de l'ordre républicain. La sympathie pour les vandales est beaucoup plus répandue chez les bobos écolos qui font du vélo à Paris que parmi les automobilistes pauvres du 9-3.
    Y avait-il d'autres signes annonciateurs des émeutes ?
    Voici un charmant couplet de rap : «La France est une garce, n'oublie pas de la baiser jusqu'à l'épuiser comme une salope, il faut la traiter, mec ! Moi, je pisse sur Napoléon et le général de Gaulle.»

    Mais les excès de la sous-culture musicale ont-ils vraiment un lien de causalité avec ces violences ?

    Si ceux qui mettent le feu aux services publics, qui lancent du haut des tours d'immeubles des boules de pétanque sur les policiers ou qui agressent les pompiers, avaient la même couleur de peau que les émeutiers de Rostock dans l'Allemagne réunifiée des années 90, l'indignation morale prévaudrait partout.

    L'indignation morale prévaut quand même dans certains lieux !

    Non, ce qui prévaut, c'est la compréhension, la dissolution du sentiment de l'injustifiable dans la recherche des causes. Dans l'hypothèse Rostock, politiques, intellectuels, journalistes, responsables d'associations, chercheurs en sciences sociales – tous crieraient comme un seul homme : «Le fascisme ne passera pas !» Mais comme ces lanceurs de boules et de cocktails Molotov sont des Français d'origine africaine ou nord-africaine, l'explication étouffe l'indignation ou la retourne contre le gouvernement et l'inhospitalité nationale.
    Au lieu d'être outragés par le scandale des écoles incendiées, on pontifie sur le désespoir des incendiaires. Au lieu d'entendre ce qu'ils disent – «Nique ta mère !», «Nique la police !», «Nique l'Etat !» –, on les écoute, c'est-à-dire que l'on convertit leurs appels à la haine en appels à l'aide et la vandalisation des établissements scolaires en demande d'éducation. A ce décryptage qui n'est que poudre aux yeux, il est urgent d'opposer une lecture littérale des événements.

    Loin de la culture de l'excuse ?

    Les casseurs ne réclament pas plus d'écoles, plus de crèches, plus de gymnases, plus d'autobus : ils les brûlent. Et ils s'acharnent ainsi contre les institutions et toutes les médiations, tous les détours, tous les délais qui s'interposent entre eux et les objets de leur désir. Enfants de la télécommande, ils veulent tout, tout de suite. Et ce tout, c'est la «thune», les marques vestimentaires et les «meufs».
    Paradoxe terminal : les ennemis de notre monde en sont aussi l'ultime caricature. Et ce qu'il faudrait pouvoir réinstaurer, c'est un autre système de valeurs, un autre rapport au temps. Mais ce pouvoir-là n'est pas au pouvoir des politiques.

    La communication politique a-t-elle abdiqué devant la «vidéosphère» ?

    La vulgarité sans fond des talk shows, la brutalité des jeux vidéos, l'éducation quotidienne à la simplification et à la méchanceté rigolarde par les «Guignols de l'info» – tout cela est hors de portée des hommes politiques. S'ils s'y opposaient d'ailleurs, les éditorialistes dénonceraient aussitôt une atteinte totalitaire à la liberté d'expression. Peut être le ministre de l'Intérieur – mais est-il le seul ? – a-t-il tendance à trop spectaculariser son action.
    Et le terme de «racaille» ne devrait pas faire partie du vocabulaire d'un responsable politique. Mais les mots manquent devant des gens qui, se sentant calomniés ou humiliés par cette épithète, réagissent en incendiant des écoles.

    Mais ils sont frappés par des taux de chômage record !

    Aujourd'hui où le coeur de l'humanisme ne bat plus pour l'école, mais pour ses incendiaires, nul ne semble se souvenir qu'on ne va pas en classe pour être embauché mais pour être enseigné. Le premier objectif de l'instruction, c'est l'instruction. Celle-ci, au demeurant, n'est jamais inutile. De même que la République doit reprendre ses «territoires perdus», de même la langue française doit reconquérir le parler banlieue, ce sabir simpliste, hargneux, pathétiquement hostile à la beauté et à la nuance. Ce n'est pas une condition suffisante pour obtenir un emploi, mais c'est une condition nécessaire.

    Personne n'invente cependant les discriminations !

    Dans cette affaire, il faut évidemment se garder de stigmatiser une population. Né polonais en France, je suis moi-même un immigré de la seconde génération, et je me sens résolument solidaire de tous les élèves noirs ou arabes qui, parce qu'ils préfèrent les diplômés aux dealers, se font persécuter, racketter, traiter de «bouffons». Ceux-là doivent être aidés ; la discrimination à l'embauche doit être inlassablement combattue ; il faut oeuvrer sans relâche à l'égalité des chances, aller chercher l'excellence dans les cités, détruire les grands ensembles, désenclaver les banlieues. Pour autant, il serait naïf de s'imaginer que ces mesures mettront fin au vandalisme.

    Comment pouvez-vous en être sûr ?

    La violence actuelle n'est pas une réaction à l'injustice de la République, mais un gigantesque pogrome antirépublicain.

    Cette violence ne serait donc pas une riposte à l'abandon des «territoires perdus» ?

    Si ces territoires étaient laissés à l'abandon, il n'y aurait ni autobus, ni crèches, ni écoles, ni gymnases à brûler. Et ce qui est proprement insupportable, c'est de décerner aux auteurs de ces exploits le titre glorieux d'«indigènes de la République». Au lieu de cela, on aurait dû décréter l'illégitimité de la haine et leur faire honte, comme on fait honte, bien qu'ils soient aussi des cas sociaux, aux supporters qui vont dans les stades pour en découdre et qui poussent des grognements de singe chaque fois qu'un joueur noir a la balle. La brûlure de la honte est le commencement de la morale. La victimisation et l'héroïsation sont une invitation à la récidive.

    L'expiation des crimes du colonialisme conduit-elle à l'embrasement des banlieues ?

    Non, bien sûr. Mais à vouloir apaiser la haine en disant que la France est en effet haïssable et en inscrivant ce dégoût de soi dans l'enseignement, on se dirige nécessairement vers le pire. Ces révoltés révoltants poussent jusqu'à son paroxysme la tendance contemporaine à faire de l'homme non plus un obligé, mais un ayant droit. Et si l'école elle-même les encourage, alors c'est foutu.

    Est-ce le modèle français d'intégration qui est en crise ?

    On parle beaucoup de la faillite du modèle républicain d'intégration.
    C'est absurde. L'école républicaine est morte depuis longtemps. C'est le modèle post-républicain de la communauté éducative supersympa et immergée dans le social, qui prend l'eau. Modèle, hélas, indestructible car il se nourrit de ses fiascos. A chaque échec, il réagit par la surenchère. Et c'est reparti pour un tour : au mépris de la vérité, l'école française noiera donc demain la diversité des traites négrières dans l'océan de la bien-pensance anti-occidentale.
    On enseignera la colonisation non comme un phénomène historique terrible et ambigu, mais comme un crime contre l'humanité. Ainsi répondra-t-on au défi de l'intégration en hâtant la désintégration nationale.
    (1) Dernier ouvrage publié : Nous autres, Modernes (Ellipses).
    François CB

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé
Alain Juppé 2017
5 ans pour l'emploi
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