Blog Notes d'Alain Juppé

Diversité culturelle

Publié le 07/09/2005 par Alain Juppé

Sur l’autoroute Ottawa-Montréal, au volant de ma voiture. Isabelle est assise à côté de moi. La nuit est superbe, douce et claire. Je décompresse après mes trois heures de cours à Gatineau. J’éprouve une impression d’irréalité: nous voici seuls, à quelques milliers de kilomètres de tout ce qui faisait notre vie depuis 15 ans.
Sentiment de liberté, de disponibilté, de curiosité. Et tout va déjà si vite!

Nous travaillons, cette semaine, avec mes étudiants, sur la diversité culturelle et linguistique.
Faut-il souscrire, sans examen, à la thèse généralement répandue selon laquelle la mondialisation efface les différences et répand une « culture globale » uniforme à travers la planète?
Les chercheurs les plus optimistes font remarquer que la mondialisation est aussi synonyme d’ouverture, d’échanges, de découverte de cultures différentes, par exemple dans le domaine du cinéma et de la musique.
Certes… mais les productions d’Hollywood réalisent 85% des recettes mondiales du cinéma en salle!
Derrière les biens culturels, tels que les définit l’UNESCO, il y a des industries culturelles et des enjeux économiques majeurs: les exportations audiovisuelles constituent le deuxième poste d’exportation des Etats-Unis, juste derrière l’aéronautique.
J’évoque la partie de bras de fer que l’Union européenne et la France ont eu à mener en 1993, lors de la conclusion des négociations commerciales multilatérales du cycle de l’Uruguay. Nous avons fini par obtenir que les biens culturels ne soient pas traités comme des marchandises « ordinaires »: un film ou un livre , ce n’est pas une voiture ou une tonne de céréales; c’est une part de notre « moi » profond, de notre histoire, de notre sensibilité. Comme l’écrit la Déclaration universelle sur la diversité culturelle adoptée par l’UNESCO en novembre 2001:
« La diversité culturelle est, pour le genre humain, aussi nécessaire qu’est la biodiversité dans l’ordre du vivant. »

Au terme d’un long combat, que nous avons mené ensemble avec la Canada et le Québec, nous avons obtenu que la question soit transférée del’OMC à l’UNESCO. En juin dernier, le Conseil exécutif de cette organisation a adopté un projet de Convention internationale sur la diversité culturelle qui, s’il était ratifié, aurait une valeur juridique beaucoup plus contraignante que celle de la Déclaration de 2001.
Nous voici maintenant dans la bataille de la ratification qui sera rude. Plusieurs pays, dont les Etats-Unis ont déjà annoncé qu’ils n’accepteraient pas un texte « protectionniste ».

Inutile de dire que le sujet est particulièrement sensible ici au Canada et au Québec.
Mes interlocuteurs me disent: ce n’est pas parce que nous portons des jeans, que nous allons au McDo ou que nous lisons Harry Potter que nous sommes moins nous-mêmes et que nous nous sentons moins attachés à notre langue et à notre vision du monde.
L’énergie, l’esprit de créativité et d’offensive que les Québécois et autres francophones du Canada ont mis à défendre et promouvoir la langue que nous avons « en partage » (selon la belle formule en usage dans l’Organisation internationale de la francophonie) forcent l’admiration.
Finalement, il ne faut jamais attendre le salut que de soi-même.
07/09/05

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8 commentaires pour « Diversité culturelle »
  • Guillaume Vandenbroucke
    Le 15 Septebmre 2005 à 19 h 31 min
    Bonjour Monsieur,

    Quelques remarques au sujet de votre article “Diversité Culturelle.”

    1 – Tout d’abord, le fait que 85% des recettes mondiales du cinéma en salle viennent de productions « Hollywoodienne » n’est pas un argument contre la diversité que permet l’échange. Vous confondez les opportunités offertes par l’échange et les choix qui sont fait par les gens. Est-ce que le fait que vous ayez effectue l’essentiel de votre carrière en France signifie que vous n’aviez jamais eu, jusqu’ici, la possibilité d’aller au Canada ? Non ! Cette possibilité était toujours offerte, mais vous avez choisi autrement ! Remarquez que sans la « Mondialisation, » les Français n’auraient pas accès au cinéma Américain, mais ils n’auraient pas accès non plus au cinéma Chinois, Indien, Coréeen, Africain, Pakistanais… Il me semble que dire que l’échange permet la diversité n’est pas une opinion… c’est une tautologie ! Ce que les gens choisissent de voir… est une autre question ! Encore une fois, choisir de voir un film Américain ne veut pas dire que les autres films sont impossibles à voir…

    2 – Je ne comprends pas très bien ce que signifie la phrase « les biens culturels ne sont pas des marchandises. » Mais je pense que je comprends votre inquiétude devant l’éventualité de laisser la « Culture » à la merci initiatives privées. D’où la nécessite de l’intervention publique qualifiée de protectionniste par les Etats-Unis…
    Mais je me pose tout de même quelques questions à ce sujet. Il me semble (je peux parfaitement me tromper) qu’une part très significative de la production « culturelle » Européenne, au cours de la renaissance et après, était sponsorisée par du mécénat prive !
    Je pense au commandes faites par les riches familles Italiennes, les hommes d’affaires, l’Eglise e.t.c., a des artistes comme Da Vinci, Michelangelo… Il me semble donc que l’affirmation selon laquelle le financement public de la « culture » est le moyen d’en préserver la qualité est en contradiction avec cette évidence historique ! Pour aller plus loin, je dirais même que le financement totalement public de la production culturelle semble en sonner le glas… Qu’on produit l’URSS et la Chine communiste ?

    Cordialement,
    Guillaume Vandenbroucke
  • Isabelle LE CHAFFOTEC
    Le 14 Septebmre 2005 à 11 h 59 min
    Monsieur,

    Je comprends vos interlocuteurs canadiens et québécois.Le port du jeans, la consommation de hamburgers (Mc Do), et la lecture d'Harry Potter correspondent plus à une société de consommation qui vit à vitesse grand V, et nécessairement, le confort et le réconfort sont importants.
    Le jeans c'est pratique et pas délicat.Mc Do permet de s'alimenter rapidement, à défaut de bien manger.Ce qui ne veut pas dire, qu'ils n'apprécient pas la gastronomie.Quant à Harry Potter, c'est un peu de rêve et de magie dans ce monde de brutes.Tout cela pour supporter une société plus difficile et des événements parfois impitoyables.

    En ce qui concerne le 7eme art, je ne suis pas particulièrement cinéphile, et je vais probablement vous choquer.Personnellement, je préfère les films primés américains par rapport aux films français.A mon goût, il n'y a aucune commune mesure en terme de qualité cinématographique.

    Ceci dit, pour en revenir précisément à la diversité culturelle, ne devrait t'elle pas mettre des décennies avant de s'estomper?
    Tout d'abord, nos barrières linguistiques, ensuite nos moeurs, nos coutumes et finalement nos croyances religieuses ne sont t'elles pas autant d'obstacles à une culture globale?
    Certes, une ratification, telle que vous la préconisez serait une excellente protection contre les débordements ou l'accélération de la globalisation.
    Et pour cause, dans certains pays, au régime politique très particulier; je pense à la Chine;on assiste à un timide retour à certaines valeurs traditionnelles, et en revanche à une farouche volonté de moderniser ou d'occidentaliser le pays, comme pour rattraper le temps perdu par rapport à leurs "ennemis" japonais.(Haine, non sans fondement, quand on découvre les ravages nippons de la 2nde guerre sur la population chinoise.)
    Paradoxalement, ce pays communiste, dont l'économie s'ouvre progressivement au capitalisme, semble avoir le vent en poupe.Les investissements étrangers s'accroissent, et notre intérêt ou notre hostilité face à cette nation croît.Personnellement, je ne souscris pas à la maxime de feu Napoléon "quand la Chine s'éveillera ...".Au contraire, je trouve cet éveil très stimulant.(D'ailleurs mes enfants envisagent de s'inscrire à des cours de chinois,et je les encourage vivement; car ce type de calligraphie est un véritable art que nous gagnons tous à découvrir).Je suis convaincue que des échanges culturels de ce genre sont extrémement enrichissants.Aussi, je suis chagrinée quand j'apprends que le patrimoine chinois, dont les pavillons traditionnels de Pékin sont détruits actuellement au profit des constructions nécessaires aux J.O. 2008.Quel "souffle" destructeur!
    Ces maisons n'étaient peut-être pas "protégées"par les traditionnelles tuiles de rives.Encore la tradition culturelle.(Cette superstition chinoise m'a beaucoup surprise quand je l'ai découverte.Les animaux mythiques recouvrant ces tuiles rondes sont censés protéger les habitations des mauvais esprits).Histoire de fengshui, probablement.
    Bref, pour revenir aux us et coutumes, il ya quelques mois, la T.V. française montrait de nombreux Chinois descendus dans les rues de Beijing pour protester contre la destruction de l'ancien marché de la soie.Inédit.Cela prouve bien que certains aimeraient préserver leur patrimoine culturel.C'est bien compréhensible.
    Une modernisation à outrance et la globalisation ne risquent t'elles pas d'annihiler l'originalité et le raffinement de cette culture ?

    Toujours à propos de diversité culturelle et en reprenant la "prophétie" de Napoléon, que je trouve déplaisante,je ne peux m'empêcher de penser à une autre culture, dont certaines tendances extrémistes actuelles me font peur, contrairement,au très mal nommé "péril jaune".Pourtant, les échanges culturels d'antan nous ont montrés que l'Islam a aussi su apporter sa pierre à l'édifice mondial en contribuant à la vulgarisation de l'arithmétique, de la médecine et de l'astronomie.Nous leurs devons notamment la préservation d'antiques écrits de philosophes grecs, que nous n'avions pas su sauvegarder.En Espagne, l'art mauresque signe fréquemment le passage de cette civilisation parmi nous, et enrichit aussi notre patrimoine culturel.Quant aux chinois, ils doivent à la Perse leurs magnifiques porcelaines aux motifs bleus cyan.L'ancienne et merveilleuse route de la soie ayant permis de perpétuels échanges commerciaux et culturels.En ces temps bien lointains, les juifs, les musulmans, les chrétiens et autres confessions ont connus certaines périodes de cohabitation pacifique.
    Aujourd'hui, c'est la stupeur.Les tensions semblent s'accroître.Encore hier aux infos, la destruction des synagogues de la bande de Gaza m'a choquée.Quelle sauvagerie!
    Malheureusement, on aborde le délicat et épineux thème de la religion.Pourtant,il faudra bien trouver des solutions là aussi.

    En terme de différence culturelle et de tolérance, je pense souvent à une bibliographie tirée des écrits de Callisthène, historiographe du plus célèbre élève d'Aristote.Je songe alors à ce conquérant qui avait de grandes qualités, et aussi des défauts; car plus jeune j'étais admirative face aux récits décrivant l'attitude magnanime de ce jeune homme.En son temps, il avait déjà compris qu'il fallait préserver et respecter les us et coutumes, et les croyances de chaque pays conquis.Ainsi, les nouveaux administrateurs étaient toujours choisis parmi la population locale.Il y a de cela 2300 ans.
    Alors préservons ces différences culturelles qui font le charme et la richesse de notre belle planète.

    Très respectueusement

    Isabelle Le Chaffotec

    Post-scriptum: Je n'ai plus le temps d'aborder le sujet sur "le retour du religieux", notamment aux E.U..Une autre fois, je vous parlerai de l'anecdote survenue, il y a quelques années, à 4 de vos concitoyens (mon époux, mes enfants et moi) perdus en "pays" mormon près des Rocheuses dans un patelin nommé de surcroît Paris, comme notre capitale.
    Isabelle LE  CHAFFOTEC
  • Francois Truffart
    Le 09 Septebmre 2005 à 07 h 38 min
    Merci de nous faire de vos émotions et de votre expérience d’expatrié mais aussi de nous faire partager les contenus de vos cours . Le Canada est effectivement un lieu de prédilection pour aborder la question de la diversité culturelle face à la globalisation, entendue souvent comme une américanisation des modes de vie : Le cinéma est un exemple pertinent, non seulement parce qu’il est depuis toujours un vecteur de d’exportation culturelle et économique essentielle pour les intérêts des Etats-Unis, mais aussi parce qu’aussi dans ce domaine, il faut se garder d’un manichéisme trop simpliste : Certes comme vous le soulignez, Hollywood occupe aujourd’hui 85% des écrans de l’hémisphère nord, en particulier en Europe et au Canada où le pays, hors Québec, est même considéré comme faisant partie intégrante de leur marché domestique par les distributeurs hollywoodiens : Mais la France et le Canada se retrouvent ici pour avoir mis en place des systèmes astucieux qui profitent de cette situation pour financer leur propre production : C’est le cas français de la taxe sur les entrées en salles qui, quelque soit le film, est reversée directement comme une aide a la production nationale. Dans ce cas, il n’y a aucune entrave au marché bien au contraire . Ainsi, le succès de TITANIC a permis a lui seul en 1998 la mise en production de plusieurs films français. Au Canada, les autorités fédérales et provinciales ont mis en place des systèmes de déduction fiscale pour attirer les tournages étrangers en particulier en provenance de Los Angeles. Idée assez géniale quand on sait que les décors naturels en particuliers ceux des villes sont similaires. Combien de films censés se dérouler a New York ou à Detroit ont été en grande partie tournés ces dernières années à Vancouver ou à Toronto. Je crois savoir qu’une partie des richesses engendrées par ces tournages est aussi promise à la production nationale du Canada. De part mes fonctions passées, j’ai eu plusieurs fois l’occasion d’évoquer la question de la diversité culturelle avec les représentants de la Motion Picture Association, qui défend les intérêts des Studios a Washington et dans le monde et dont son président accompagne régulièrement le Président américain dans ses voyages a l’étranger. Il semblait depuis quelques années que l’attitude des américains sur cette question avait quelque peu évolué depuis les débats de 1993 sur l’exception culturelle, dont vous aviez été, comme Ministre des Affaires Etrangères, un des plus actifs défenseurs. Leur argument était le suivant concernant le cinéma – avec sans doute l’idée de ne pas céder sur d’autres domaines des négociations sur le Commerce mondial : Grosso Modo, 85% du marché en salles (voire plus pour la vidéo)est une part suffisante pour les studios américains et, tant qu’elles ne l’entravent pas, des politiques publiques de soutien au productions nationales sont acceptables. D’autant qu’il y aura toujours dans les box offices locaux des succès nationaux . D’où l’idée, plutôt que d’affronter directement les Européens sur la question de la diversité culturelle, de prendre des intérêts dans les économies locales, tant au niveau de l’exploitation (réseaux de salles multiplexes), de la diffusion (réseaux câblés, chaînes de télévision, ,magasins vidéo, internet), de la distribution que de la production (cf. le débat sur le film de Jean-Pierre Jeunet produit par Warner a ce sujet ). Il reste que les risques actuels d’une diminution des recettes de l’industrie cinématographique américaine due principalement a la piraterie mais aussi a une baisse très nette depuis un an des entrées en salles, annoncent sans doute un nouveau durcissement des studios sur la question de la spécificité des biens culturels, obsédés par le maintien coûte que coûte de leurs parts de marché. La menace pourrait aussi venir de l’intérieur puisque, même si les films étrangers représentent moins de 4% du box office total, un film français s’est distingué en entrant dans le top 10 des meilleurs succès de l’été aux US : Les manchots de la Marche de l’Empereur ont déjà conquis les cœurs de plus de 6 millions d’Américains… et canadiens.
    Bien a vous, et j’espère que vous saurez résister entre deux cours à la tentation de la Starbuck mania, symbole absolu de la mondialisation version US, et qui commence enfin (grâce a des capitaux espagnols faute d’investisseurs français interessés ) a s’implanter chez nous.
    Francois Truffart
  • Jean Huy
    Le 08 Septebmre 2005 à 21 h 54 min
    On veut se protéger de la « culture globale » répandue par Hollywood. On défend l’exception culturelle française, on sanctuarise la diversité. Normal. Notre identité se nourrit de sa différence.

    Mais que l’on soit voyageur ou que l’on rencontre un 'étranger' autour d’un verre, et voilà qu’on se réjouit de lui trouver une culture commune, et de pouvoir partager avec lui nos impressions sur le dernier Star Wars ou sur la filmographie de Steven Spielberg…

    Vraiment. Elèverait-on un tel rempart administratif contre l’entrée de la Turquie dans l’Union, les pays musulmans ou asiatiques inquiéteraient-ils autant les français, si cette "culture globale", fusse-t-elle américaine, était mieux partagée ?

    Je suis fier de ma « différence culturelle » … mais à trop la défendre, cela tourne vite à une attaque en règle contre la culture américaine, qui ne mérite pas ça.

    Merci pour votre blog. Humain, utile, intéressant. C’est assez nouveau, je trouve, chez une personnalité politique française.
    Jean Huy
  • Frederic Godfrin
    Le 08 Septebmre 2005 à 21 h 03 min
    Ce que vous dites me fait penser a une discution que j'avais avec un ami. Il se plaignait de l'appauvrissement culturel de la France, par exemple dans le domaine de la musique, aujourd'hui largement domine par le phenomene Star Academie. On peut y voir une explication au nombre grandissant d'artistes quebecois qui se font un nom en France : le Quebec a su preserver un dynamisme culturel que la France a perdu ces dernieres annees.
    Certes la France fait encore partie des quelques rares pays developpes qui ont reussit a preserver des productions locales, pour s'en convaincre il suffit de voir le palmares des meilleures ventes de musique encore largement squatte par les groupes francophones ou encore que plus de la moitie des entrees au cinema en France sont realisees par des productions francaises (chiffres dont revent nos voisins europeens).
    Mais le probleme souleve avec mon ami tenait plus a la qualite artistique. Cela parait assez subjectif, mais je prefere voir au sommet des ventes musicales un auteur-compositeur-interprete qui presente quelque chose d'original et d'inconnu, plutot qu'un diplome marionette-interprete de la Star Ac' qui assoit son succes sur une enieme reprise de chanson deja connue de tous les francais...
    C'est un phenomene inquietant qui se voit un peu partout en France... Le public se satisfait de quelques artistes "standardises" (et je devrait aussi mettre artiste entre guillemet). Cela se voit aussi au cinema qui a mesure qu'il progresse ressemble de plus en plus au cinema americain. Je pense en fait que la France a succombe aux sirenes du profit plutot qu'a celles de l'Art.
    C'est une difference fondamentale que j'ai decouverte entre le Quebec et la France : les quebecois jugent encore majoritairement sur la qualite artistique de ce qu'on leur presente, tandis que les francais, de plus en plus, jugent a la duree d'apparition dans le petit ecran.
    La culture est encore un des nombreux domaines dont la France devrait s'inspirer au Quebec...
    Frederic Godfrin
  • Anne-Marie LARRIEU
    Le 08 Septebmre 2005 à 15 h 06 min
    Monsieur Juppé,
    j'ai apprécié votre article sur la diversité culturelle et j'aurais voulu le transmettre par mail à un ami québécois né francais.Cependant la fonction "envoyer cet article à un ami " n'existe pas. Pourriez vous demander à vos techniciens d'y remédier?
    Hier matin j'ai été attristée par les propos de Monsieur De la Tour d'Artaise sur France Inter (chaque jour un chef d'entreprise est interrogé). C'est le PDG du groupe SEB (SEB CALOR ROWENTA TEFAL MOULINEX et KRUPS). Il annoncait donc de futures délocalisations de la production francaise vers les pays émergeants à la forte demande en biens d'équipements ménagers, en invoquant un rapport de 1 à 60 entre les couts de productions francais et chinois.
    Je crains une nouvelle "afaire Moulinex" qui a fait beaucoup de dégats humains ...
    Que vont devenir les salariés francais de ces usines ? je pense particulièrement à ceux de Lourdes qui ne sont pas prêts à quitter leur belle région. Et pour aller où?
    Ce serait donc ça la mondialisation?
    La France va t'elle se reconvertir en pays uniquement touristique ? (ouvrons vite des gites et chambres d'hôtes et mettons nous à l'anglais). Ceci dit, les québécois commencent à délaisser notre beau pays en raison du coût de la vie, j'ai entendu des remarques dans ce sens.
    Je vous invite à écouter cet interview (ou plutôt cette entrevue) sur internet sur le site franceinter.com. C'était l'émission sur les entreprises mercredi 7 septembre à 7h50 environ.

    je suis ravie que votre séjour au Québec se passe pour le mieux. Ce doit être un bel enrichissement culturel et une grande chance pour vos enfants.
    Cordiales salutations de Lyon
    Anne-Marie LARRIEU
    Anne-Marie LARRIEU
  • Christophe OLIVIER
    Le 08 Septebmre 2005 à 11 h 46 min
    Bonjour M. Juppé,

    vous parler de protection de la culture à l'OMC. Je suis d'accord avec vous, mais il me semble que la mondialisation amene des choses bien pire. Pourquoi trouve-t-on ainsi normal que les discussions sur les médicaments génériques contre le Sida se fassent au niveau de l'OMC ? Ne serait-ce pas du ressort de l'OMS ?!

    Notre monde marche vraiment sur la tete, la possibilité de sauver des vies en créant des médicaments génériques se décident sur un point de vue commercial, alors
    que de telles décisions devraient pouvoir être imposées par l'OMS. Bien sûr il faut que la solution soit juste : juste rémunération des sociétés qui ont investie dans la recherche. Mais pour sauver des vies il ne devrait pas y avoir de négociations marchandes ! L'argent avant tout ?!

    Exemple actuel : Les laboratoires Roche ont "généreusement" donné plusieurs millions de dose de Tamiflu en perspective de la grippe aviaire qui va probablement déclencher une épidémie mondiale.

    Pourquoi Roche ne passe pas plutot un accord avec l'OMS pour que d'autres labos puissent produire des antiviraux comme le Tamiflu ? Il y a urgence à produire suffisamment de doses pour protéger la population mondiale.

    Ce serait trop beau... il vaut mieux garder précieusement la formule, et faire de l'argent lorsque l'épidémie aura vraiment commencé. Ce jour-là je ne doute pas que le prix du Tamiflu et le cours des actions Roche grimperont...

    Notre santé ne devrait pas être laissé uniquement aux mains des marchands.
    Christophe OLIVIER
  • Pierre B.
    Le 07 Septebmre 2005 à 20 h 32 min
    Je viens de lire votre bel article sur la diversité culturelle.
    La dernière phrase evoquant le salut me donne envie d'une suite à mon premier message concernant la zone franche.
    Fin septembre, dans Nice Matin Corse, article intitulé * Nostalgie de la zone franche * . Vous etiez donc cité. C'etait en 1996.
    A cette époque, je dirigeais une entreprise de quinze salariés, dont l'activité etait exclusivement liée au tourisme. J'ai donc vécu cela en prise directe.
    Ce que je veux vous dire, c'est ceci. Si ma culture n'est pas trop médiocre, vous avez été le seul homme politique, depuis l'empire, capable de prendre une vraie mesure pour notre île, courageuse, efficace, intelligente, realiste et adaptée. En quelques mois, les effets benefiques etaient évidents.
    Par la suite, vos successeurs l'ont modifiée, puis supprimée. Elle a été remplacée par un credit d'impôt, objet de toutes les critiques, à juste titre.
    Mon intime conviction est que votre decret, certes limité dans la durée, etait LA solution pour notre région. Elle aurait dû inciter l'etat à la reflexion pour se diriger vers un statut particulier directement inspiré de votre initiative. Un rendez vous manqué avec l'histoire. Les conséquences sont tragiques.

    Cet hommage me tenait à coeur.

    Soyez assuré, Monsieur Juppé, de ma profonde sympathie.

    Pierre B.

    P.S. Si vous le souhaitez vous pouvez publier ce message.

    Pierre B.

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé
Alain Juppé 2017
5 ans pour l'emploi
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