Blog Notes d'Alain Juppé

En direct de Bordeaux

Publié le 11/12/2006 par Alain Juppé

J’ai très envie de reprendre le dialogue avec vous sur mon blog-notes. Je vais essayer de trouver le temps nécessaire. Ne soyez pas surpris si je vous y parle beaucoup de Bordeaux. C’est à nouveau ma vie quotidienne et j’en suis profondément heureux.

Vendredi soir, dîner-débat devant 500 militants UMP de la 8ème circonscription de la Gironde (qui va du Cap-Ferret à Bazas!)
Je leur parle, tout au long de mon intervention, de « l’urgence environnementale ». Ils m’écoutent avec beaucoup d’attention. La prise de conscience de l’opinion est vraiment frappante.
Au moment des questions, un intervenant, qui travaille dans un centre de recherche et connaît apparemment très bien le sujet, exprime ses réserves sur les bio-carburants : compte tenu de la consommation d’eau,d’énergie, d’engrais, de pesticides… nécessaires à leur production , leur bilan écologique serait négatif. A creuser…

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8 commentaires pour « En direct de Bordeaux »
  • Tony Reix
    Le 13 Décembre 2006 à 00 h 26 min
    Il est certain que les bio-carburants ne sont pas une solution parfaite. Il serait plus efficace de réduire les distances maison-travail et d'encourager l'usage du vélo. Il y aurait tant à faire ailleurs : économie d'énergie dans les bâtiments : isolation, consommation des appareils électriques, ... Il faudrait simplement appliquer les principes connus. Mais, en France, on ne pense à agir que lorsque la catastrophe est là, devant son nez. Allez, dans 40 ans, Bordeaux sera peut-être sous l'eau ?!!!
    Tony Reix
  • Gilles Lecannelié
    Le 12 Décembre 2006 à 23 h 47 min
    Bravo pour le scoop sur le bilan négatif des biocarburants:c'est déjà bien connu, surtout si on envisageait de le subventionner:l'addition serait saumâtre, et on peut faire confiance à nos paysans pour ne pas lésiner, comme il l'ont fait avec le maîs qui pompe les nappes phréatiques.Il n'empèche que toutes les pistes sont bonnes à envisager ...Le français moyen- auquel vous ne manquez jamais de rappeler qu'il est individuellement un décheteur inconscient- compte sur vous et votre compère H. Védrine pour nous sortir quelque bon "tetrapharmakon" dont vous avez le secret, au sein du futur SAMU de la Terre.Ah!ces "sapiens", en bonnets pointus, comme des astrologues, de longues robes revêtus, endoctrinés par le vieux sapin , leur aîné, grand médecin divagant, spécialiste des fractures sociales, climatiques...Ils iront, offrant leurs bons onguents, conscients d'être prédestinés à sauver la planète,invoquant le ciel quand il tonne, gémissant quand la montagne accouche.Et , par Jupin poliorcète, n'oubliez pas la chanson des grandes villes(où il fera meilleur vivre).
    Allez, je vous chambre:votre engagement est plutôt sympathique,mais il faut bien vous rappeler parfois à moins d'envolée mystiques ( "je crois en la terre , en l'europe et les villes..", on attendra les propositions concrètes: tiens -par exemple- sur les quotas de pèche au thon rouge qui sont déjà un beau scandale écologique ...
    Gilles Lecannelié
  • philippe sathout
    Le 12 Décembre 2006 à 23 h 27 min
    j'ai bien aimé votre prestation dans cette conversation "intime" avec cette journaliste femme; vous vous en défendiez, mais c'est vrai que vous donniez ("iez" parce que c'est peut être terminé ) l'impression d'avoir un balai dans le cul, ce qui n'est pas forcément le résultat de la timidité; toujours est-il que ce recul que vous semblez avoir pris est plaisant et rends votre fondamentale intelligence plus percutante car s'exprimant de façon moins guindée; c'est le même problème sans doute pour votre ami Chirac qui est incapable de "parler" alors qu'en privé et serait très sympatique et déconneur; vous avez tous l'impression qu'il faut donner une image, parce que sans doute voulez-vous apparaitre comme le mobilier politique immuable qui traverse les régimes ; n'ayez pas peur de perdre votre place et vous pourrez parler comme les français, dire des conneries, dire que sur tel sujet vous êtes complétement sec, mais que dans tel domaine vous avez quelque chose à faire. Je ne suis pas un fervent admirateur de votre parti dont on sait à quel point il est sectaire. Si vous aviez été ce chef décontracté et portant un regard émminement interessant sur les choses, sans doute auriez vous été plus aimé. On avait envie de vous dire " vous êtes sans doute intelligent mais ne faites surtout pas de politique", comme pour Giscard.
    Je voulais donc simplement vous dire que j'avais bien apprécié votre prestation .
    Le monde serait si simple si les gens qui portent un jugement lucide et raisonnable sur les situations, de quelque bord qu'ils soient, voulaient bien se donner la peine de gouverner sans penser avant tout à leur gloire personnelle. Vous qui semblez avoir "laché prise" ne seriez vous pas tenté par cette noble tâche ?
    philippe sathout
  • Deux Jean Paul
    Le 12 Décembre 2006 à 23 h 08 min
    Retourne au canada barre toi!!!!!!!!!!
    Deux Jean Paul
  • YVES POUPONNOT
    Le 12 Décembre 2006 à 21 h 04 min
    Votre interlocuteur a certainement raison. Il est incocevable de se diriger vers le tout biocarburant, mais c'est une question de dosage. En attendant de trouver mieux n'est-ce pas une piste à explorer. D'ailleurs avec la rarefaction des ressources naturelles ne doit on pas se diriger vers la diversité.
    YVES POUPONNOT
  • Georges de Wailly
    Le 12 Décembre 2006 à 18 h 22 min
    Bonjour Monsieur Juppé,
    Je vous ai vu le 28/11 à Talence. Votre conférence était très intêressante. Les bio-carburants issus de l'agriculture posent un très sérieux problème de pollution. Par contre, l'utilisation des déchets verts pour la production de méthane est une piste à creuser. Les sociétés s'occuppant de l'élagage des arbres, en Grande Bretagne livrent des copeaux à la déchetterie. Le bois est broyé pour permettre une décomposition plus rapide.
    D'autres pistes viables parmi d'autres sont le chauffage par géothermie profonde et le recyclage des huiles alimentaires usagées. Cette dernière solution soulagerait les stations d'épuration.
    De toutes façon, le retard global est tel qu'il y a matière à innovation et pourquoi pas à utiliser le contexte économique pour créer des moteurs de croissance.
    Deux sites web à visiter: http://www.dublinwaste.ie/free_trade.php
    et http://www.mdi.lu/
    Encore merci pour votre intervention du 28.
    Georges de Wailly
  • marc KLEINHENTZ
    Le 12 Décembre 2006 à 16 h 19 min
    Pour peut-être un peu plus argumenter mon intervention lors de ce débat, je me permets de rebondir à votre message ici sur ce blog. Tout d’abord je trouve ce terme de biocarburant bien commode et trompeur. Ce préfixe « bio » est aujourd’hui, à mon sens, utilisé un peu trop facilement pour des raisons évidentes de communication. Dans notre cas le terme le plus approprié serait « carburant d’origine végétale ou mieux encore agricole ». Mais cela sonne tout de suite un peu moins écologique. Pour ne pas être uniquement que polémique mais apporter une réflexion construite sur ce sujet, on peut essayer de lister les inconvénients qui suffisent à engendrer le doute sur l’intérêt de ce type de carburant. Mon argumentation s’applique ici uniquement, pour ne pas être trop long à une production française (voir européenne) mais on pourrait l’étendre au niveau mondial avec d’autres inconvénients supplémentaires
    1. ces cultures sont consommatrices d’eau. Hors à mon sens, le problème des ressources en eau est le problème environnemental majeur du 21ème siècle. Alors qu’on arrive doucement à la fin des réserves en pétrole, on se rabat indirectement sur une autre réserve en danger : l’eau.. Il y a consensus chez les climatologues pour dire que dans un avenir proche les été en France seront plus secs et les hivers plus pluvieux. Hors les cultures utilisées dans la filière biocarburant sont consommatrices d’eau et cultivées en période estivale pour la plupart. La betterave, par exemple, nécessite entre 500 et 600mm d’eau pendant la phase de croissance de son tubercule qui se fait en été (nécessité de températures clémentes de l’ordre de 15°C la nuit et entre 20 et 25°C le jour) Un exemple que j’ai sur la production à partir de maïs (qui est effectivement une des plantes les plus gourmandes en eau mais qui a l’avantage d’être très parlant) : il faut 300l d’eau pour produire un kg de maïs. Si on prend une consommation moyenne de carburant pour un véhicule de l’ordre de 6l/100km, cela se traduit par une consommation de 4500l d’eau/100km. C’est édifiant !!!!!!
    2. le bilan environnemental des biocarburants va bien sûr dépendre de la filière considérée (huile, alcool, …) et du type d’agriculture pratiquée (intensive, biologique, …) mais le bilan reste négatif. Impact des engrais et pesticides, utilisation de l’eau déjà évoquée,
    3. le bilan CO2 est négatif lui aussi : énergie nécessaire à la production de la plante, à la production des engrais et pesticides, carburant utilisé par les engins agricoles et le transport des produits obtenus, énergie pour la transformation du produit
    4. la nécessité de grandes surfaces. En France pour subvenir à nos besoins, il faudrait cultiver 118% de la surface française. Au brésil pour augmenter les surfaces ils arrachent la forêt d’où un impact important sur la biodiversité.
    5. le coût. Hors taxe, le « bio » coûte cher (en euros): essence sans plomb 95 0.40, bioéthanol (E85) 0.55, Gazole 0.47, biodiesel 0.4.
    6. des conséquences sociales qui pourraient être importantes sur les pays du Sud, la filière biocarburant pour les pays du Nord étant bien plus rentable que l’agriculture destinée à l’alimentation.

    Je vais m’arrêter là mais je reste à votre disposition pour en discuter. Beaucoup de sujet reste à approfondir ou à ouvrir (coexistence des différents types d’agriculture, quelle agriculture pour demain, place des OGM, le dérèglement climatique et les mesures à prendre, etc…). L’écologie et le développement durable ont besoin d’un porte parole crédible et brillant. J’espère que vous serez celui là. Amitiés
    marc KLEINHENTZ
  • George-Philip CHARTIER
    Le 11 Décembre 2006 à 15 h 45 min
    J'ai recemment lu dans un document que les camions et les bus (de ville ou non) etaient particulierement responsables de la pollution atmospherique notamment dans les coeur de ville de part leurs rejets de co2 et de particules dans l'air. La premiere urgence ne serait elle pas que l'Europe se penche déjà sur ce phénoméne en dotant le parc automobile dédié à ces activités de transport de nouveaux moteurs moins polluants (le gpl par exemple ferait chuter la pollution de ces véhicules de prés de 30 %). Dans ce meme contexte et si nous voulons vraiment faire baisser la pollution n'est il pas grand temps de faire evoluer la fiscalité environnementale non pas comme le veulent certains en taxant plus celles et ceux qui polluent (comment le citoyen lambda fait il pour payer son libre d'essence surfiscalisé pour aller travailler?) mais en baissant de façon substancielle tous les impots et taxes touchant du materiel réputé comme utile à la lutte contre l'effet de serre. Les incitations fiscales actuelles ne sont pas adaptées et largement insuffisantes.
    George-Philip CHARTIER

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé
Alain Juppé 2017
5 ans pour l'emploi
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