Blog Notes d'Alain Juppé

En vrac

Publié le 11/01/2005 par Alain Juppé

Beaucoup de choses à vous dire mais les journées sont trop courtes! Je n’ai pas encore trouvé le temps d’aller voir Alexandre, ni La chute. Le week-end prochain peut-être…
Vos messages appellent des réponses; pardon de mon retard.

Francis Mer, ancien ministre de l’économie et des finances, publie un livre dans lequel, dit l’AFP, il donne des leçons aux « politiques ». C’est de bonne guerre, et les leçons sont toujours utiles. D’autant que j’ai une grande estime pour F.Mer comme pour Luc Ferry . Il y a toutefois un point sur lequel je ne suis pas bien le raisonnement: dans un entretien Francis Mer/Jack Lang publié ce matin par Les Echos, je lis:
– que ce qui manque aux politiques, c’est la capacité de réfléchir et d’agir sur le long terme, ce qui est vrai;
– qu’une bonne façon de renouveler la vie politique, ce serait de limiter la durée des mandats (5 ans serait trop long!) et le nombre de mandats successifs (2 maxi).
N’y a-t-il pas une certaine contradiction entre ces deux affirmations?
Je crois en tout cas qu’on ne s’improvise pas homme politique, que c’est un long apprentissage et, d’une certaine manière, un vrai métier auquel il faut se consacrer durablement.
Ce débat est pour moi l’occasion de répondre à l’un d’entre vous qui m’interroge sur le cumul des mandats et me demande plus précisément pourquoi je suis resté maire de Bordeaux quand j’étais Premier Ministre.
Je réponds tout de go que j’ai commis une erreur et que désormais, plus personne ne le ferait. La tâche de Premier Ministre est écrasante et un plein temps y suffit à peine. Alors, pourquoi ai-je commis cette erreur? Je n’invoquerai pas les précédents (Chaban, Mauroy, Chirac) car comparaison n’est pas raison.
Ma vraie motivation, c’était de garder le contact direct avec les Français. Je savais, par expérience, que dans les palais ministériels, on perd vite le sens des réalités. On se laisse vite enfermer dans un monde qui n’est pas vraiment le monde réel. Le fait de me retrouver chaque semaine à Bordeaux, d’y rencontrer mes concitoyens de manière très décontractée, sans protocole, de traiter avec eux de questions très concrètes: emploi, logement, écoles, propreté, sécurité de la ville… tout cela m’apportait un formidable ballon d’oxygène.
C’est la raison pour laquelle je continue à penser qu’il ne faut pas avoir une vision trop systématique du cumul des mandats. Certes, il y a eu des abus et il fallait les corriger. Il y a désormais des limites, y compris un strict écrêtement des indemnités. Mais permettre à un homme politique d’exercer à la fois une responsabilité nationale (parlementaire) et une responsabilité locale (maire), je crois très profondément que c’est une façon d’assurer plus de proximité entre société civile et monde politique et que c’est donc une bonne chose pour la démocratie.

Tout autre chose maintenant. Vendredi dernier j’ai participé à l’installation d’une nouvelle organisation dénommée CALAME: Centre d’Analyse et de Liaison des Acteurs de la Méditerranée.
Son but : réunir des responsables (entrepreneurs, universitaires principalement, avec le parrainage de quelques hommes politiques) venus des pays riverains de la Méditerranée pour activer la coopération entre Nord et Sud de notre « mare nostrum ». C’est une idée à laquelle je tiens beaucoup, et qui est d’autant plus d’actualité que l’Union européenne vient de s’élargir à plusieurs pays d’Europe centrale et orientale. L’intérêt de la France (et de l’Europe tout entière) est de ne pas négliger son Sud. Parmi les multiples sujets abordés et sur lesquels je reviendrai plus tard, je voudrais en retenir un en priorité : la question démographique.
L’un des participants a rappelé des faits et donné des chiffres qui méritent réflexion: effondrement démographique au Nord de la Méditerranée, en Allemagne, Espagne, Europe centrale, à un moindre degré en France; forte progression au Sud où les taux de fécondité certes sont en train de baisser (« révolution démographique ») mais où la force acquise va continuer à produire ses effets pendant des années. Résultat: en Europe, la population en âge de travailler va baisser de 17% dans la prochaine décennie alors que le nombre des seniors va augmenter de 33%; dans le même temps, les pays du Maghreb vont être confrontés à une explosion du nombre de jeunes à la recherche d’un emploi.
Cette double évolution va poser de nombreux et difficiles problèmes. Elle m’inspire notamment une réflexion: quelle doit être notre politique de l’immigration?
J’avais déjà posé le problème, il y a quelques années, dans une étude réalisée par mon association France Moderne. Je constatais que le slogan « immigration zéro » n’avait aucun sens. D’abord parce qu’aucun pays ne pouvait réussir à le faire respecter (immigration clandestine); ensuite parce que ce n’était sans doute pas notre propre intérêt (besoins de main d’oeuvre dans certains secteurs).
Depuis lors, il ne s’est pas passé grand chose, ni en France, ni au niveau de l’Union européenne qui n’a toujours pas défini une stratégie commune.
Le co-développement est une des réponses : en aidant les pays du Sud à moderniser leurs économies et à pousser leur croissance, on peut espérer fixer sur place une partie de leur population active. Mais ce sera long et cela ne suffira pas.
Ne faut-il pas, dès lors, définir une politique plus active au Nord, en ciblant nos propres besoins? Sans « sélectionner », on pourrait du moins « organiser ». Que signifierait « une politique d’immigration temporaire de travail »? N’y a-t-il pas des exemples à prendre au Canada, en Allemagne, voire aux Etats-Unis? Il est urgent de faire preuve d’imagination et d’audace. Qu’en pensez-vous?
11/01/04

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46 commentaires pour « En vrac »
  • Rostan Schwab
    Le 22 Janvier 2005 à 19 h 19 min
    Monsieur Juppe,
    J'aimerais reagir a votre article indiquant la necessite d'hommes politiques professionels.
    Une reflexion en preliminaire: nous sommes tous politiciens. Le medecin, l'homme d'entreprise, l'artiste, le fonctionnaire, le militant associatif, participent tous a la creation ou a la mise en oeuvre de la decision politique. La question me semble-t-il est de savoir qui a le plus d impact?
    Pensez vous que dans ce processus politique, l'homme politique traditionel (maire, depute, gouvernant) est celui qui a le plus d impact? Dans un monde globalise et ou les revolutions de la communication diminuent chaque jour le role d intermeditaires, le role de l'homme politique me semble centre sur une position de "mediateur" plutot que de "decisionnaire". Est ce votre avis?

    Une question qui peut resumer cet article: Si vous aviez 25 ans aujourd'hui, que feriez vous?

    Rostan (Washington DC)
    Rostan Schwab
  • Jean de Paris
    Le 16 Janvier 2005 à 13 h 54 min
    Bonjour, les deséquilibres démographiques entre le "nord" et le "sud" de la méditerrannée sont réels et vont en s'amplifiant. Bien que la Turquie ne soit pas au sud, ce pays s'y rattache par sa culture et les centres industriels d'Izmir et d'Istanboul ne peuvent faire oublier le reste du pays. Je pense qu'il y a là une des raisons du refus de nombreux français à voir d'un mauvais oeil l'extention de l'Europe à ce pays.
    Je ne crois pas que le problème démographique soit fondamentalement lié au niveau de développement des nations, même si cela en est un paramètre. Certains pays ont de véritables ressources et n'arrivent pas à s'en sortir justement à cause d'une démographie galopante. Celle-ci pénalise dans tous les cas les tentatives de développement. On tourne donc en rond entre la poule et l'oeuf.
    Cette explosion démographique engendre et engendrera de plus en plus d'immigration, et les communautés étrangères les plus nombreuses arrivent à un seuil ou leur intégration n'est plus possible, ni souhaitée par eux-mêmes. Par exemple, je suis toujours impressionné de voir ces jeunes de 10-12 ans parler entre eux dans la langue d'origine de leur famille, alors que leurs parents parle le français. Je pense qu'une immigration de source unique est génératrice de ces faits et pose de nombreux problèmes d'intégration.
    L'immigration est certe nécessaire mais elle doit être diversifiée. Faisons bouger les gens en Europe maintenant, et cette diversité basée sur des valeurs historiques culturelles commune sera enrichissante pour tout le monde.
    Dans d'autres pays qui ont déjà beaucoup contribué à l'immigration il faut essayer de la stopper. Une des manière est sans doute une politique de développement localisé, mais ne faudrait-il pas également aider ces pays à maîtriser leur natalité ? Une évolution culturelle est nécessaire, sans doute plus qu'une évolution économique qui arrivera quand la même quantité de richesse sera partagée entre moins d'individus?
    En conclusion: Oui à l'immigration aussi variée que possible et l'instauration de quotats peut être une méthode.
    Oui à l'aide au développement, mais au développement culturel, à l'aide pour la maîtrise de la démographie et à une aide économique locale et ciblée.
    A bientôt
    Jean de Paris
  • Al Liber
    Le 15 Janvier 2005 à 19 h 49 min
    les fonctionnaires comme vous sont sur-représentés parmi les élus. Pour ré-équilibrer, c'est simple : tout fonctionnaire qui se présente à des élections doit démissionner de la fonction publique. En aucun cas il faudrait faire l'inverse à savoir fonctionnariser les battus aux élections, car cela ne résoudrait rien du tout.
    Al Liber
  • vincent Le Balc'h
    Le 14 Janvier 2005 à 03 h 31 min
    Une chose me chagrine dans vos propos. Vous dites que conserver votre mandat à Bordeaux vous à permis de garder le sens des réalités lorque vous étiez Premier Ministre. Vous faut il donc un mandat pour garder les pieds sur terre?Quelques visites bien senties, par exemple à vos anciens interlocuteurs du 18ième, n'eussent elles pas suffis? N'avez vous pas des amis au contact de ce quotidien de "Mr tout le monde"?

    Ensuite il me semble bien que la France en crève de ses professionnels de la politique. Oh, bien entendu, il en faut. Mais il faut surtout plus de gens type Allègre, Mer... : des ministres qui sont des professionnels de leur domaines. Et qui y retournent un fois leur mandat de ministre achévé! Ils se dédoineront ainsi facilement des considérations électoralistes et des jeux de politique politicienne. Quant aux "règles du jeu" ayant court en politique, un bon directeur de cabinet ne pourra-t-il pas guider un tel profil dans les méandres des palais?

    vincent Le Balc'h
  • Robert Chelle
    Le 13 Janvier 2005 à 19 h 32 min
    Pour expliquer votre réticence à condamner le cumul des mandats et leur possibilité de les voir renouveller, vous écrivez : "Je crois en tout cas qu'on ne s'improvise pas homme politique, que c'est un long apprentissage et, d'une certaine manière, un vrai métier auquel il faut se consacrer durablement."
    Est-ce bien sûr ?
    Cet apprentissage consiste en quoi ?
    Acquérir les qualités nécessaires pour bien exercer ses mandats ? Sans doute pas. Ou bien on les a, ou on ne les a pas, et le temps ne fait rien à l'affaire.
    Acquérir les connaissances techniques nécessaires ? Inutile, il y a des fonctionnaires et des conseillers qui les ont déjà pour vous. Sans compter qu'à ce stade, chacun amène les connaissances techniques qu'il a de son secteur d'activité.
    Alors apprentissage de quoi ? Je crains que ce ne soit que du temps mis à gagner de la notoriété, de se faire des connaissances utiles, des clientèles, surtout auprès des médias, devenus l'alpha et l'omega du politicien professionnel, qui n'agit plus que par référence à ce que disent les médias, y réagissant ou l'anticipant.
    Avec respect pour l'opinion contraire, il me semble que la systématisation du politicien professionnel n'est pas une bonne chose, et contribue à la désaffection du public.
    Le non-cumul des mandats et la stricte limitation de leurs renouvellements successifs redonnerait leur chance à nombre de gens intéressés à un moment donné par le service de leurs concitoyens, mais qui n'ont aucune chance d'accéder actuellement à un système verrouillé par les professionnels qui se posent en propriétaires de leurs postes. On verrait peut-être enfin arriver en politique les femmes dont on feint de déplorer l'absence, et aussi d'autres catégories pas ou peu représentées.
    Robert Chelle
  • Marc Chiappero
    Le 13 Janvier 2005 à 18 h 43 min
    Cher Alain Juppé,
    je viens de parcourir les réactions et me réjouis du succès de votre blog.
    Je crains que vous n'ayez le temps de le lire. De plus la vision de l'électeur partielle et partiale est difficilement conciliable avec celle de l'élu un peu moins partielle et tout aussi partiale. Politique, oui c'est un métier qui comporte au premier chef la nécessité de se faire élire. Tout le reste en découle. Le système est pervers. Pardonnez moi je suis sans illusions. Je n'ai lu que les articles consacrés par le Monde à Luc Ferry. Je vais lire son livre car il me semble dire des choses très justes.
    D'ailleurs les politiques pour lesquels j'ai beaucoup d'indulgence car c'est un métier éreintant disent souvent des choses très justes... lorsqu'ils s'éloignent de la politique.
    Avec l'expression de toute mon estime
    Marc Chiappero
    Marc Chiappero
  • serge DUTRIEUX
    Le 13 Janvier 2005 à 13 h 13 min
    Oui je suis d'accord avec l'analyse sur l'immigration qu'il conviendrait d'organiser en plus de l'incitation à pousser le développement local de ces pays bien sûr.
    Mais n'y sommes-nous pas déjà par défaut tant l'ampleur réelle de l'immigration clandestine n'est pas appréciée correctement ?

    Meilleurs voeux 2005 à vous et que cette année soit celle de la découverte de ce que vous êtes vraiment par les français.
    serge DUTRIEUX
  • HUBERT ROUGIER
    Le 13 Janvier 2005 à 08 h 39 min
    Pour moi,le mandat de Maire et un mandat de temps plein...comme le mandat de Depute ou la charge d'un ministere.Je crois qu'il ne faut pas de cumul MAIRE-MINISTRE ou MAIRE-DEPUTE.Par contre je pense a une compatibilite MAIRE-CONSEILLER GENERAL ou REGIONAL.Et si le Maire travaille vraiment avec une equipe,alors c'est un autre membre du conseil municipal qui pourra lui etre DEPUTE ou SENATEUR, voir MINISTRE,et faire le lien entre la base et le sommet...ET PUIS PENSONS AU STATUT DE L'ELU...POURQUOI AU NIVEAU NATIONNAL TANT DE GENS QUI VIENNENT DE LA FONCTION PUBLIQUE OU DE LA HAUTE ADMINISTRATION ET SI PEU DE PAYSANS,COMMERCANTS,OUVRIERS,EMPLOYES...La FRANCE d'en bas ne comporte pas que des incultes et des imbeciles qui votent,elle pourrait aussi avoir quelques representants,en tous les cas beaucoup plus qu'aujourd'hui non?
    HUBERT ROUGIER
  • Didier Salaün
    Le 13 Janvier 2005 à 05 h 09 min
    Cumul des mandats :
    En règle de bonne gestion, il me semble qu'en première analyse le cumul d'une responsabilité ministérielle importante et le management d'une collectivité urbaine tout aussi importante relève du challenge impossible. Et pourtant, j'ai habité Bordeaux de 1996 à fin 1999 suite à une mutation dans le Sud-Ouest avant de m'installer, avec ma famille sur le bassin, et je reste ébahi devant la transformation de cette ville. Quelqu'un d'autre aurait-il pu le faire ? Sans doute mais quand et comment et sans doute différemment. Dans votre cas, je ne considère pas, pour les Bordelais, que ce cumul fut néfaste car l'impulsion initialement donnée doit se poursuivre.
    Didier Salaün
  • Jean-Georges BULCOURT
    Le 13 Janvier 2005 à 01 h 09 min
    Le premier ministre Erdogan,islamiste modéré (comment peut-on être islamiste et modéré?) est revenu sous les acclamations à Ankara en "Conquérant de l'Europe".
    Et l'opinion publique française, pas mal manipulée ces temps derniers par des articles lénifiants signés de journalistes, d'éditorialistes et d'experts auto-proclamés, se divise et s'interroge sur la question de l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne.
    Une connaissance primaire de l'Histoire nous permettrait pourtant de nous rappeler que la Turquie a été une grande puissance européenne ...jusqu'en I913. Elle a été, un an seulement avant le début de la Grande guerre, chassée de ses dernieres possessions européennes : l'Albanie, la Bosnie Herzégovine, le Kosovo, le Montenegro, la Macédoine, par une coalition d'états balkaniques : Elle a perdu cinq millions de sujets. Cette ultime expulsion mettait fin à cinq siècle d'une véritable croisade. Depuis le XIXème siècle d'ailleurs était posée la "Question d'Orient", et le pays qualifié d'"Homme malade de l'Europe" était la Turquie. Il fut un temps pas si lointain où l'Autriche payait tribut annuel à la Sublime Porte.On se souvient du siège de Vienne qui donna lieu à la création du croissant. Et les magnifiques piscines géothermales de Budapest sont des bains turcs.
    Nous avons célébré dans la plus grande discrétion le second centenaire du sacre de Napoléon .Si l'on considère une carte de l'Europe à l'époque de l'Empire, on constate que Napoléon dominait l'Europe occidentale, certes,et poussait son influence jusqu'à Varsovie. Mais au sud, au delà du bouclier austro-Hongrois, tous les Balkans étaient turcs. Et les chrétiens étaient sur tous ces territoires livrés au servage, au tribut et à la répression. La reconquète des Balkans par les slaves occidentaux, achevée il y a quatre vingt onze ans, peut être comparée, à une beaucoup plus grande échelle, à la reconquista de la péninsule ibérique par les espagnols au quinzième siècle. L'une a commencé quand l'autre s'achevait.Ce fut aussi une croisade.
    Bien entendu, la Turquie d'aujourd'hui n'est géographiquement pas ,ou trés peu européenne. Mais elle se dit et se veut occidentale. Ataturk en a fait un état unifié,laïc, il a interdit le port de la barbe et du fès, imposé l'alphabet latin . En même temps, il a allègrement massacré ou chassé ses minorités chrétiennes, grecques et arméniennes.
    Quant au gouvernement actuel,il vient de rétablir l'enseignement obligatoire du culte musulman sunnite dans toutes les écoles. La république turque n'est plus laïque.Elle est et sera de plus en plus ottomane et islamique.
    Mais alors, pourquoi les Turcs, dans leur grande majorité, veulent-ils devenir Européens? Posons leur la question : Il répondent qu'ils veulent entrér dans l'Union, non pour s'y fondre, mais pour en profiter. Ils y voient un débouché économique et des avantages sociaux, une élévation du niveau de vie, et un grand marché. Leur Europe est une zone de libre échange. C'est pourquoi l'Angleterre a soutenu avec vigueur, à la fois la nouvelle constitution européenne et l'entrée de la Turquie. Parce que la faiblesse de la première et le choc de la seconde - qui disposerait à terme de plus de voix que l'Allemagne! - sont le gage d'une dilution de l'idée même de l'Europe telle qu'elle était rêvée par Robert Schumann et Conrad Adenauer.
    Pour contrebalancer ce poids considérable, personne jusqu'à présent n'a pensé à achever la construction européenne par l'adhésion -et pourquoi pas?- de la Russie. De Gaulle n'avait-il pas annonçé une Europe "de l'Atlantique à l'Oural?" Il faudra y penser.
    Pour donner aux européens un sentiment d'appartenance à ...des Etats-Unis d'Europe, c'est à dire à une seule et grande Nation,il faudrait un signe fort. Il y a bien sur ce beau drapeau bleu-nuit avec douze étoiles alors que nous sommes déja vingt-cinq. Mais il faudrait un symbole vivant, un visage, une voix.
    L'idée a été exposée avec humour par un journaliste du Nouvel Observateur. Il propose d'élire...un Empereur. Dans le fond, deux siècles aprés le sacre de Napoléon,qui avait pendant une décennie unifié l'Europe, l'idée est intéressante. Simplement, dans l'Europe de Napoléon, il n'y avait pas de Turquie. Il est vrai que sans la Turquie, Napoléon n'aurait peut-être jamais été Empereur. Car la fulgurante campagne d'Italie de Bonaparte, à l'origine de sa gloire, avait été sponsorisée par le dey d'Alger, vassal du Sultan. Mais, comme disait Rudyard Kipling, ceci est une autre histoire...
    Jean-Georges BULCOURT
  • Anatole Pairle
    Le 12 Janvier 2005 à 23 h 20 min
    Je trouve parfaitement scandaleux ce qu'implique votre réflection sur le problême démographique européen.

    Si notre démographie est trop basse, la solution est de trouver les moyens de l'augmenter.

    Prôner une immigration de remplacement est être purement démissionaire.

    Pourquoi ne pas faire venir 200 ou 300 millions de chinois tant qu'à faire, cela "règlerait" notre problême pour de bon...

    Non, la solution est d'en finir avec le système actuel de chômage de masse systémisé, d'en finir avec la démonisation post-pétainisme du natalisme (De Gaulle était un nataliste, non? Je ne le savais pourtant pas pétainiste..), et de permettre le rétablissment physique et psychologique de la France et de l'Europe.

    Quand au Maghreb, il lui faut impérativement optimiser ses sociétés et ses Etats.
    Syphoner ses élites et ses sans-culottes est indigne (qui plus est sous prétexte humanitaire) et préjudiciable pour tous.

    L'immigration extra-européenne en Europe ne sert que peu de gens, et de façon conjoncturelle, alors qu'elle nuit structurellement à la masse de tous les peuples concernés.
    Anatole Pairle
  • Pib Le
    Le 12 Janvier 2005 à 19 h 31 min
    Monsieur Juppe,

    J'ai bien lu votre message concernant les declarations de M. Mer et vos reactions, mais je dois avouer que je suis peu interloque par ces dernieres.

    1. "N'y a-t-il pas une certaine contradiction entre ces deux affirmations" ?
    Il ne me semble pas qu'il y ait contradiction avec le fait de prendre du recul et la limitation du nombre de mandats. Le manque de recul serait plutôt la cause de la chose politique elle-même qui rend les hommes politiques plus ou moins aveugles des qu'il rentre dans un ministere ou en fonction, et ceci pour 2 raisons :
    D'une part car si vous etes aux affaires c’est bel et bien pour avoir de lourdes responsabilites et decisions a prendre etc… qui occupent la quasi-totalite de votre temps : laissant une parcelle infime de temps libre. De surcroit, comme dans toute fonction avec des responsabilites et du pouvoir… votre quotidien est pollue par d’innombrables elements urgents et non importants et permettez moi l’expression « vous maintiennent la tête dans le guidon ». Cette masse immense de petits details qui finit de reduire a neant votre temps de reflexion restant.
    Il faudrait donc attendre d’etre dans l’opposition pour reflechir ? Cette option en revanche semble contradictoire, car les etats d’esprit semblent quelque peu anachroniques…
    D’autre part, la limitation du nombre de mandats trouve toute sa justification dans un autre cas precis: Comment fait-on pour penser a la politique long terme si votre esprit ne peut etre libere de la politique court terme ? Je m’explique : je pense que vous, hommes politiques, avez les yeux attires par la prochaine echeance electorale. Ce n’est pas un reproche car comme tout un chacun, votre propre avenir vous est-il indifferent? En 1996, le dossier du passage a l’Euro, n’a-t-il pas ete un des facteurs importants de la defaite de la droite en 1997 ? Il s’agissait d’un dossier obligatoire, que l’on ne pouvait pas esquiver, mais si vous aviez pu, l’auriez vous repousse pour le traiter a un moment meilleur afin de garantir une stabilite gouvernementale ?
    Alors qu’une obligation de ne pas se representer, si d’une part peut être aussi un peu demotivante, ce dont je doute, elle ôterait a l’interesse cette pensee obsessionnelle de la prochaine election.

    2. Je viens maintenant au « metier » lui-même… Permettez moi et je m’en excuse au prealable les 2 boutades suivantes :
    -Qu’elle ecole permet d’avoir des fonctions politiques ? Le feu de la campagne electorale ? hum…
    -« Mais qu’est ce que je vais devenir ? je suis ministre, je ne sais rien faire ! » Louis de Funes, la folie des grandeurs.
    Une citation de Montesquieu (ou autre grand penseur) aurait peut etre plus de credibilite, mais celle-ci ne symbolise-t-elle pas finalement que l’immense experience acquise dans les fonctions politiques est difficilement transferable dans la vie professionnelle ?
    La fonction politique ne serait-elle pas une sorte de devouement fait pendant une periode plutot qu’un metier ? Votre metier est-il homme politique ou inspecteur de finances ?

    La France aurait tout interet a fluidifier le transfert de competences des hommes ayant exerces des fonctions electives vers les autres secteurs professionnels et inversement. Aujourd’hui les 2 spheres sont incompatibles et nous nous trouvons dans un cercle vicieux ou des employeurs face au recrutement d’un ex-elu voulant se reconvertir seraient perplexes car persuades que ce candidat, est un peu sur « sa planete ». De son cote, l’elu qui souhaiterait « s’arreter » est petrifie a l’idee de faire face aux conséquences d’etre sur «sa planete ».
    Il faut bien casser cette machine infernale et la loi contraignante semble la seule solution. Probleme : comment des elus, scieraient-ils la branche sur laquelle ils sont assis en votant un législation contraignante pour eux-mêmes ? Manque de courage, de reflexion etc… toutes les options restent ouvertes.

    En excluant les facteurs conjoncturels comme la feminisation des fonctions electives, quel est le taux de nouveaux deputes, senateurs, etc… si mes calculs sont corrects, en 2002 seulement 30% des deputes seraient « nouveaux » alors qu’il y a eu un changement de majorite et une feminisation obligatoire ! Taux, excusez moi de le dire, ridicule… Le dernier renouvellement au senat aurait un taux de renouvellement de 55% (58% en 2001) avec l’impact de la feminisation de la vie politique compris.

    Vous evoquez la bulle de verre des palais ministeriels. Quelles imagination, motivation etc… peut avoir un homme politique apres de multiples mandats ? Les fonctions politiques seraient-elles si particulieres que le « train-train » n’existerait pas ? Il me semble qu’en plus de l’age, votre predecesseur dans votre ville (que je connais bien pour y avoir ete etudiant) est l’exemple probant du manque de dynamisme des derniers mandats de M. Chaban-Delmas. J’ai vu la ville de Bordeaux transmuter, et chaque fois que j’y retourne, je suis sidere de tous ces changements : n’etes-vous pas l’exemple que le renouvellement est plus que benefique, mais souhaitable et salutaire ? Pour Bordeaux et ses administres n’aurait-il pas ete preferable qu’il quitta ses fonctions plus tot ? Experience contre dynamisme, il s’agit d’un difficile arbitrage, mais je prends le dynamisme.
    Certes, il s’agit d’une equipe et que si une personne de change pas peut etre que l’equipe peut apporter cet oxygene nouveau… En etant la « vitrine » et le decideur, l’effet « equipe nouvelle » semble plus que limitee.

    J’ajouterai : quelle motivation peut avoir une personne de se « lancer » en politique alors qu’un elu apres x mandats et un age avance soit la seule option qui s’offre aux partis politiques pour les investitures ? Vous avez ete chef de parti politique et etes toujours decideur en la matiere : refuseriez vous l’investiture a un elu qui en est a son 3 ou 4 mandats ( et un age avance…) face a un jeune « quadra » ? Ce premier a peut etre fait « du bon boulot », mais a-t-il fait le meilleur ? (meilleur = volonte politique, idee, dymanisme)
    De plus, quel est l’interet pour les electeurs de voir toujours les memes « tetes », le manque d’imagination et de dynamisme d’un elu se reprensentant pour la Xieme fois ? La vie politique n’en sortirait-elle pas grandie ? et l’interet de nos concitoyens ne seraient-ils pas plus importants ?

    Je sais que j’apporte plus de questions que de reponses et que je suis sans aucun doute possible bien moins place que vous pour parler de l’exeercice de fonctions politiques. Votre situation actuelle (et votre blog en est un peu l’illustration), que hors de vos fonctions, votre reflexion, votre liberte de pensee et de parler et fondamentalement differente ? Il ne s’agit pas de devenir le grand sage/sorcier en retrait de la vie active, mais l’homme politique dans le feu de l’action n’a pas forcement le recul necessaire pour « penser au long terme ». Sans enlever ce surchauffent du a la fonction, la limitation du nombre de mandats permettrait de liberer un peu les esprits de nos decideurs politiques, y compris en y apportant un renouvellement d’idees (et des personens) bien plus prolifique.

    Cordialement
    Pib

    PS : je m’excuse de vous presenter un texte sans accent, mais me trouvant dans un pays anglophone, les specificites de la langue francaise, ne sont pas celle de l’informatique…
    Pib Le
  • Jean-René BEZU
    Le 12 Janvier 2005 à 19 h 19 min
    Bonne question :
    "Que signifierait "une politique d'immigration temporaire de travail"?
    Mais elle a déjà été posée en 1950/1960 : on 'importait' une main-d'oeuvre de travail provisoire, aussi bien d'Espagne ou du Portugal que de Kabylie ou de Pologne. Des hommes seuls qu'on logeait en 'foyers' et qui étaient censés rentrer chez eux après la fin de leur contrat.
    Les Ibériques (et les Polonais) l'ont fait, avec leurs économies, ou se sont discrètement intégrés.
    Les Maghrébins ont préféré rester, puis faire venir leur famille (le regroupement). On les comprend.
    Votre question néglige le formidable appétit d'Occident qui hante l'immense majorité des peuples d'Afrique et d'Asie : ils sont prêts à signer tous les contrats qu'on leur proposera, à subir les pires conditions de travail et de logement, à une condition - essentielle - : c'est que leurs enfants aient un avenir meilleur que le leur, et chez nous. Donc, on retombera, quota ou non, dans les mêmes problèmes : une fois le contrat terminé, les 'travailleurs provisoires' (ou tempo- raires, ou saisonniers, ou etc..) n'auront qu'une obsession : RESTER !
    Mes propos n'ont rien d'hostile, car je les comprends très bien, pour avoir vécu longtemps en Afrique de l'Ouest et au Maroc. Simplement, votre axe de réflexion est un brin utopique. Mais il est vrai qu'il ne faut jamais renoncer à l'utopie...
    Bien cordialement
    Jean-René BEZU
  • Pierre-Emmanuel Thiard
    Le 12 Janvier 2005 à 18 h 45 min
    Bonjour Monsieur Juppé,

    à lire votre article sur la politique migratoire et les premières réactions qui en découlent, trois commentaires me viennent à l'esprit :

    1°/ Vous avez totalement raison, et sur le constat (vieillissement de la population etc.), et sur la solution : il a été mille fois démontré qu'une immigration maîtrisée était bénéfique à l'activité. La croissance des Trente Glorieuses a, ainsi, été largement soutenue par l'immigration nord-africaine des années 1950-1960. Dit autrement, la vieille rengaine de la "préférence nationale" est une ineptie économique, en plus d'être inacceptable moralement. Vous avez donc raison de poser le débat de la ré-ouverture de nos frontières en réponse à nos difficultés économiques.

    2°/ En revanche, cette politique ne sera efficace que si elle est maîtrisée et, surtout, optimalisée : il faut que cette immigration réponde exactement à nos besoins. Cela suppose une bonne évaluation de nos besoins en amont, et une orientation individualisée des primo-arrivants en aval.
    Le "Contrat d'accueil et d'intégration", mis en place par le Gouvernement, serait une excellente base de départ : s'il est actuellement prévu pour le seul volet "accueil", il serait intéressant d'envisager son intégration dans le dispositif plus global d'intégration, voire de jugulation des flux migratoires.

    3°/ Enfin, comme le soulignait l'un des intervenants, il sera nécessaire d'accompagner cette politique d'immigration d'une refonte de notre politique familiale. Actuellement, tout le monde s'accorde à dire que cette dernière est opaque, dispersée, parfois incohérente, et, en conséquence, peu lisible.
    Deux pistes pour l'améliorer :
    a) recentrer les aides actuellement existantes sur le 1er enfant, car on s'aperçoit que c'est dès celui-ci que les difficultés financières apparaissent ;
    b) Ne plus se focaliser sur le seul aspect financier, mais repenser également l'équipement en infrastructures (crèches, maternités, équipements scolaires ...) et les politiques d'accompagnement des choix professionnels (meilleure prise en compte du partage temps de travail-garde de l'enfant à domicile).
    Pierre-Emmanuel Thiard
  • Régis de Gouville
    Le 12 Janvier 2005 à 16 h 56 min
    Monsieur le Premier Ministre


    Votre article du 11/01 aborde deux thèmes très importants. Le premier est celui du cumul des mandats. Moi je constate dans ma petite zone que mon député se comporte plus comme un conseiller général qu’en député de la France. Je vais régulièrement aux réunions qui sont organisées et je n’y entends jamais un discours sur la politique de la France et ou sur les projets soit du gouvernement soit de l’UMP. A chaque fois j’en sors avec tristesse et je le dis. De même quand j’entends des Ministres annoncer qu’ils entrent en campagne pour obtenir un nouveau mandat je me pose la question : « le travail de Ministre n’est-il pas un travail à plein temps ? » il serait plus compréhensible d’abandonner un mandat avant de courir après un autre. Ce cumul contribue à la confusion des rôles, c’est au sein des échanges dans les partis politiques que le concret doit rester présent à tous. Votre expérience est bien là pour montrer que la pédagogie est la clé de la réussite, hors aujourd’hui qui fait l’effort d’expliquer ? A propos de l’Europe, par exemple, avant la dernière intervention du Président imposée par le problème de la Turquie qui et quand nous avait parlé de l’avenir de l’Europe ? En résumé sur ce sujet si chaque élu faisait totalement son travail dans son domaine et uniquement le sien on ferait d’énormes progrès.
    L’autre thème est celui de la démographie. S’il est bien un domaine où l’on peut voir venir les choses c’est bien celui là. Une pyramide des ages ne se monte pas en cinq ou dix ans et cela fait longtemps que notre Europe vieillit et les pays du nord ont des perspectives dramatiques. La France n’est meilleure que grâce à l’immigration. On a ici une base accessible à tous pour expliquer pourquoi il faut faire l’Europe, que c’est une question de survie, mais bizarrement c’est un sujet interdit ou que l’on refuse de traiter. La noblesse du politique est de regarder vers l’avenir et de nous montrer le chemin et ses embûches …hélas !hélas ! hélas !
    Le Général de Gaulle disait que quand tout allait mal il fallait regarder loin et haut c’est un réflexe que nous avons perdu.
    Régis de Gouville
  • Benjamin Broustet
    Le 12 Janvier 2005 à 16 h 13 min
    Cher Monsieur Juppé,

    J'espère sincèrement que vous trouverez le temps d'aller voir La Chute car je suis très curieux de connaître vos impressions sur ce film. Pour ma part, je l'ai visionné la semaine dernière et je ne saurais que vous le recommander. Certes il est difficile de dire qu'on a aimé ce film tant les personnages y sont détestables, mais je trouve le film tres intéressant d'un point de vue historique et psychologique. Il permet de comprendre et de cerner le manipulateur et le malade psychiatrique qu'était Hitler mais aussi de voir comment il jouait avec la vie de millions de gens en jouant aux petits soldats autour d'une carte avec quelques généraux endoctrinés. Ce film interpelle également le spectateur car il a le mérite de nous rappeller qu'avant d'être un monstre aux yeux de tous, Hitler était aussi un homme (que l'on voit dans le film à certains moment attentionné avec son personnel)qui a par choix ou faiblesse mentale laissé le côté sombre de son âme prendre le dessus. Et je trouve que d'un certain point de vue, ceci peut être analysé comme une mise en garde qui s'adresse à chacun de nous : nul n'est à l'abri d'être séduit par la haine, soyons vigilants !
    On peut néanmoins comprendre la polémique car s'intéresser à Hitler est déjà quelque-chose de dérangeant en soi tant l'homme ne mérite respect ou admiration à aucun égard. D'autre-part, certain détails historiques ne seraient pas conformes, comme le suicide de Goebbels et de sa femme par exemple (cf. Le Point n° 1680 - Hitler et les Allemands), mais d'un point de vue personnel, je trouve simplement que ce film est intéressant car il suscite la réflexion et il faudrait être bien dérangé ou peu instruit pour être fasciné par le personnage.
    Je ne peux qu'une nouvelle fois vous recommander d'y aller et j'espère que vous nous ferez part de vos commentaires.
    Pour la petite anecdote, j'étais assis juste derrière votre successeur à la mairie quand j'ai vu le film.

    Je vous salue Monsieur Juppé, et revenez-nous vite, vous nous manquez.

    Benjamin (Bordeaux).
    Benjamin Broustet
  • michaël darmon
    Le 12 Janvier 2005 à 16 h 04 min
    Bonjour,
    Sur CALAME, je pense que le développement Euromed est l'avenir de l'Europe et de la France. D'autant que cela est porteur de leçons sur la coexistence entre les cultures. Je note ces derniers temps un nombre d'ouvrage qui revisitent la période de l'âge d'or espagnol en Andalousie (ex,la Confrérie des éveillés de Jacques Attali).
    cependant, malgré les initiatives et les enthousiasmes, la politique européenne en fait-elle vraiment une priorité? Le processus de Barcelone est peu actif. je me souviens d'un projet de conférence régionale sur l'avenir de la région euromed qui devait se tenir à Marseile, annoncée par Jacques Chirac lors d'une visite dans la cité phocéenne en novembre 1999 et qui n'a jamais vu le jour..
    Michaël Darmon (France 2)
    michaël darmon
  • Julien De Furiani
    Le 12 Janvier 2005 à 15 h 25 min
    Effectivement Mr Juppé,vous avez voulu en faire un tout petit peu trop à l'époque.Vous avez joué avec les français,avec leurs ressources et leurs droits.Malgré que je sois quelqu'un fonciérement de droite,votre politique était exécrable et retrograde.Moins que ce vilain personnage qu'est Mr Mer certes.

    Je pense que vous devriez rester un peu en retrait de la politique,et ne pas donner de leçons à des gens qui font bouger ce pays
    Julien De Furiani
  • Nicolas Reitzaum
    Le 12 Janvier 2005 à 14 h 20 min
    Je viens de finir le témoignage de Francis Mer (la méthode de l'entretien m'interdit de parler d'essai) et, vous lisant, je me confronte à un paradoxe : pourquoi les personnages brillants du privés ne veulent-ils pas faire de la politique (ou alors en fin de carrière) alors que nous sommes confrontés à un vrai déficit d'innovation dans ce domaine ?

    Je ne crois pas que les professionnels de la politique cherchent systématiquement à écarter les hommes et les femmes d'affaires ; je crois simplement que le combat des uns est différent de celui des autres. L'économique innove et prend des risques, le politique propose puis négocie sa durée. Il est donc difficile de créer un climat de compréhension mutuelle.

    Profession politique ? Certainement, mais, comme le dit Francis Mer, il serait peut-être souhaitable que l'on organise un carrière "aérée" (un petit tour dans le privé, un petit tour dans le public, comme aux Etats-Unis) car le politique a besoin de l'économique et vice versa.
    Nicolas Reitzaum
  • Laurent Fontagnol
    Le 12 Janvier 2005 à 13 h 49 min
    Bonjour Monsieur le premier ministre, je profite de l'occasion pour vous souhaiter ainsi qu'à votre famille une belle année 2005. (je pense aussi aux nombreux visiteurs de ce blog ;-)

    Le cumul des mandats est selon moi nécessaire pour exercer d'une façon logique et efficace les décisions prises à Paris vers les régions et mieux encore dans les villes. Il est en effet indispensable qu'un acteur majeur de l'action gouvernementale puisse écouter, sentir sur le terrain les réalités de la vie quotidienne de la population. Cela étant il doit être délicat de conjuguer l'emploi du temps et les priorités qu'exigent les différents mandats mais je pense que pour exercer le pouvoir le plus dur est d'accepter de déléguer et de constituer une équipe soudée autour de l'élu. Je pense qu'avec de tels atouts il est possible et souhaitable d'être Maire et Ministre ou plus encore...Vous avez réussi à Bordeaux Monsieur Juppé et pour ne pas être trop partisan on peut dire qu'à Pau Mr Labarrère conjugue avec succès son rôle de sénateur, il fut aussi ministre et député et toujours Maire de Pau.
    Il est vrai que trop de reponsabilités ne peuvent être correctement assumées mais deux mandats c'est il me semble logique (sauf dans le cas de président de communauté Urbaine il est indispensable que le Maire de la Ville principale préside). Enfin pour être plus léger cette question me fait penser aux plaintes des présidents de clubs de rugby qui engagent des joueurs internationaux et qui se plaignent pourtant de l'absence de ces derniers pour les matchs du championnat de France lors des tournées avec l'équipe de France. Merci pour cette tribune, au fait serait-il possible de vous rencontrer pour échanger des idées?
    à Bientôt j'espère...Laurent
    Laurent Fontagnol
  • max gabriel
    Le 12 Janvier 2005 à 13 h 38 min
    la politique au long terme par opposition au long cours, se doit très très vite de prendre en compte ces données du viellissement et de l'apauvrissement en têtes de nourissons pour la population active ( les ) des prochaines décades.Cela entraine, je suppose une reflexion plus large intégrant l'europe nouvelle dont certaines parties faibles vont nourir une partie des manques. Quant à l'explosion démo du magrheb oui, nous devons avec intelligence compétence et coeur ouvrir les vannes mais commencer à nous organiser à l'intérieur pour ceux déjà là depuis 10 20 30 ans et dont apparament le fait de s'appeler mohamed en dépit d'un 3eme cycle ferme encore les accès pleins et entiers .
    Enfin, j'ai l'impression que nous devrions avoir une vision encore plus "planisphère" ...au moment ou le monde s'émeut des pays "tsunamisés" dans une somptueuse cacophonie.C'est bien là je crois qu'il est INDISPENSABLE d'agir, et pardon d'employer un gros mot, mais une
    dictature " molle " permettrait une nouvelle vision et organisation planétaire plus rapide que par l'addition de démocraties anciennes ou naissantes dont le timing est hélas décalé. Il y faut une harmonie consensuelle.
    Or, chacun tirant a hue et a dia ne nous mènerait qu'au chaos.
    (la plaque anniversaire de la rue de rivoli 1946-1996 cinquantenaire du plan marshall indique en peu de mots ce qu'il convient de faire aujourd'hui : combattre le chaos, la pauvreté, entre autres)justement par une vision long terme dont une est la situation démo de nos contrées. ( outre le développement chinois et indien )
    Bonnes volontés, oui, compétence et coeur, oui.
    Facile a dire. Mais je crois en nos politiques quand ils ne jouent pas aux écoliers de maternelle.
    transformer l'espoir en réalité, est bien le "job" des politiques et des concitoyens conscients et actifs.
    Bien a vous, et..allez voir la chute.
    max gabriel
    max gabriel
  • Jean-Georges BULCOURT
    Le 12 Janvier 2005 à 12 h 18 min
    On vous a reproché d'avoir été Premier Ministre et Maire de Bordeaux . Vous vous êtes contredit en disant d'une part que c'était une erreur que vous regrettiez ; d'autre part que c'était le moyen le plus sur pour un homme d'Etat de ne jamauis perdre le contact avec sa base, avec la vie en somme.Je me rallie ardemment à cette seconde définition . Vous avez en quelques anées transformé Bordeaux, d'une façon si irréversible, si spectaculaire, que votre successeur à la tête de la Cub, leader de votre opposition d'alors,n'a surtout rien changé au programme que vous aviez déterminé, en ayant la sagesse de prendre, à l'avance et en profondeur, le temps de vous concerter et de déterminer la meilleure voie. La justesse d'un comportement se trouve confirmée lorsque un adversaire d'hier se définit comme un continuateur et non comme un réformateur.
    Autre point : Si vous aviez eu le temps (et peut-être l'état d'esprit qui a été le vôtre avec l'environnement politique si particulier du Bordeaux post-Chaban) de restructure la France comme vous l'avez fait pour cette ville, je pense que nous ne serions pas dans le marais national actuel.
    C'est bien de vous porter en première ligne comme vous le faites, au contact direct des gens. J'aimerais qu'au lieu de vous ressasser un passé qui est mort, vos interlocuteurs du Blogg se projettent un peu en avant,aec la volonté d'enrichir votre réservoir à idées pour un futur qui continue d'être votre objectif, et notre commune passion.
    Jean-Georges BULCOURT
  • Géraud DU DESCHAUX
    Le 12 Janvier 2005 à 12 h 13 min
    Cher Alain Juppé,

    Je suis tout à fait d'accord avec l'idée que vous avancez à la fin de votre réflexion du 11/01. Il faut que la France repense sa politique d'immigration, en faisant venir les personnes dont elle a besoin, et en n'acceptant pas ceux qui ne peuvent rien lui apporter. Cette façon d'aborder les choses n'est sûrement pas très "politiquement correcte", mais il est urgent à mon sens qu'on puisse enfin parler d'immigration d'une manière rationnelle, ce qui est devenu impossible en France depuis que JM Le Pen s'est approprié ce sujet d'une manière exclusive.
    Pour moi, le critère qui doit être mis en avant dans la politique d'immigration de notre pays, c'est le critère du travail. Qui veut venir en France muni d'un contrat de travail, ou d'une qualification ou d'expériences professionnelles laissant à penser qu'il en sera bientôt pourvu, doit être accepté chez nous. Voila qui permettrait à la fois d'attaquer le problème du choc démocratique que vous évoquez et le problème de l'intégration des immigrés. Je suis en effet convaincu que c'est par le travail que vient l'intégration dans une société.
    Cette proposition n'a rien de révolutionnaire, c'est ce qui se passe aux Etats-Unis. Il devient urgent de mettre en place un tel système en France.

    Avec toutes mes amitiés,

    PS : allez voir La Chute svp, je suis impatient de connaître vos réactions
    Géraud DU DESCHAUX
  • Lionel DEVIC
    Le 12 Janvier 2005 à 12 h 04 min
    Monsieur le Premier Ministre,

    Je me permets de réagir vivement à votre réflexion relative à l'avenir de la politique d'immigration, conforme à l'analyse que vous aviez déjà publié dans Le Monde il y a maintenant plus de deux ans je crois.
    Sur le constat, il n'y a rien à redire : vieillissement des population du Nord, boom démographique au sud.
    En revanche, sur vos solutions, je ne comprends vraiment pas pourquoi vous ne dites même pas un mot de l'urgence qu'il y a de mettre en place en France une véritable politique familiale !
    La population française est en train de vieilir et il semble que la seule solution à proposer soit d'organiser une immigration "sélectionnée". C'est mettre un peu la charue avant les boeufs.
    Dans le contexte d'intégration déjà difficile en France, il me semble inconséquent de laisser entendre que les portes de notre pays devront s'ouvrir plus largement (même si c'est au profit d'une immigration "de qualité").
    Lionel DEVIC
  • Philippe Seigneur
    Le 12 Janvier 2005 à 12 h 02 min
    Monsieur,

    Il s'agit en fait de la régle adoptée outre-atlantique, limitation des mandats dans le temps et dans l'espace, à la façon du sénateur romain Cincinatti. Ceci ajouté à une refonte en trois niveaux institutionnel, la grande commune, la grande région, et le gouvernement, me semblenet indispensable pour éviter un certain carrièrisme et des cumuls sont il est permis de douter de l'efficacité. Il n'y aurait pour autant, une impossibilité de progresser et de faire de la politique un métier tout du long de sa vie. A la limite, bien au contraire. Mais cela éviterait "les incrustes" et le ratissage des pouvoirs peu à même de promouvoir un sain exercice de la démocratie et des représentations politiques. Mais il est vrai que de telles règles élimineraient plus sûrement les mauvais qui ne pourraient si facilement se maintenir. Ajoutons à cela des primaires dans les grands partis, et la démocratie n'y gagne t-elle pas?

    Je suis sûr qu'un homme de conviction et de talent comme vous n'aurait, bien au contraire, rien à en redouter. Il y aurait çà et là, des Cincinatti efficaces pour le temps qui leur serait donné.

    Bon assez causé. C'est un dialogue non ?

    Je lirai la suite de votre blog du jour (12/11° plus tard.

    Philippe Seigneur
  • Nicolas Gallet
    Le 12 Janvier 2005 à 11 h 45 min
    bonjour M.Juppé

    Je tiens à vous interpeller sur le thème de l'emploi en France. Le constat est simple : 10% de chomeur depuis 25 ans...lamentable. Je suis sympathisant UMP, mon père à sa carte et mon oncle est élu en touraine. Néanmoins, je suis plus que déçu par la droite en général. J'ai un bac+5 et je suis au rmi depuis 1 an, est ce normal..? est ce le but du rmi, je ne crois pas. Quelles son les vraies mesure pour relancer l'emploi, j'ai dit les VRAIES. Vous les connaissez comme moi mais personne ne veut s'y mettre vraiment, c'est honteux!assouplir le droit du travail, baisser les charges des entreprises, baisser Drastiquement le nbre de fonctionnaire(et pas 7000)etc... ce serait trop long. Prenez l'exemple de l'Angleterre et des USA!!!! J'ai l'impression que les représentants du peuple st completement déconnectés de la réalité et qd j'entends M. Raffarin dire que ça repart, avec 1.7% de croissance pour 2005, je rigole... Le résultat est que moi et bcp de mes amis pensons quitter la France pour l'Angleterre ou les USA, et pourtant j'aime mon pays. c'est vraiment triste.
    Nicolas Gallet
  • Rémy Allou
    Le 12 Janvier 2005 à 11 h 44 min
    Hey ! Bon je me presente je m'appelle Rémy j'ai 15 ans et je trouve que c'est une bonne initiative pour un homme politique de ce lancer dans un blog (cela nous permet de découvrir une personalité qui se cache deriere ces longs discours souvent trop ennuyant! ). Bref c'est amusant, meme divertissant de vous voir ainsi .
    Rémy Allou
  • julien barre
    Le 12 Janvier 2005 à 11 h 37 min
    Vous exposez bien les chiffres, le problème connu de tous. Quel solution?
    Si quelqun se met à parler de politique de la famille ou nataliste, alors il est piqué de fashiste, vieux con, conservateur....et j'en passe.
    Soyons claire, il faut inciter les gens à enfanter par une reconnaissance du statut famillial, des subventions.
    Monsieur Juppé vous n^^etes pas étranger à cette politique puisuqe Monsieur chirac alors maire de paris proposait des suvbentions de ce style.
    Pourquoi la droite à t elle peur de tel propositions?
    julien barre
  • Pierre RIMBAUD
    Le 12 Janvier 2005 à 11 h 37 min
    Il n'y a pas de contradiction entre la non renouvelabilité des mandats et la nécessité d'inscrire l'action politique dans la durée. Au contraire : c'est bien parce que la quasi totalité du temps politique doit être consacré à la prochaine REELECTION que le politique est condamné aux promesses à court terme et à la démagogie électoraliste.
    Accordons des mandats LONGS et non renouvelables, afin de favoriser le désintéressement et l'alternance des hommes.
    Et, bien sûr, permettons la REVOCATION (très conditionnelle, mais sans délai) des incapables et des malhonnêtes.
    Pierre RIMBAUD
  • matthieu quelle importance?
    Le 12 Janvier 2005 à 10 h 09 min
    Bonjour;

    Je suis un peu surpris de vous découvrir sur un blog. Mais après tout, pourquoi pas. Ma première question concerne l'adresse: pourquoi avoir choisi cette adresse ridicule?
    Une deuxième question dans la foulée: ce blog marque-t-il votre volonté de revenir en politique? Si oui, pourquoi, alors que vous aviez annoncé votre "sortie" de la politique si jamais vous étiez condamné à une peine "infâmante"?

    Ce commentaire sera bien évidemment effacé pour laisser place à des commentaires hagiographiques... Tant pis, j'aurais au moins écrit ce qui me tenait à coeur.

    Salutations
    matthieu quelle importance?
  • Gilles MARGOTTON
    Le 12 Janvier 2005 à 09 h 56 min
    j'ai lu avec attention votre article sur le besoin d'immigration qui permettrait à la France de faire face au vieillissement de la population et à la baisse de sa population dite "active"; si l'on se contente d'une analyse purement économique il est évident qu'il va nous falloir aller chercher de la main d'oeuvre à l'étranger et qu'il nous faudra acceuillir un nombre conséquent d'étrangers pour satisfaire notre économie.
    N'oublions pas cependant la dernière leçon des présidentielles. Même si la France de part son histoire a su assimiler nombre d'étrangers provenant de Pologne, d'Espagne, d'Italie, et d'Afrique centrale, il faut se poser la question aujourd'hui de savoir si elle est capable d'assimiler à la foi des populations itinérantes d'europe de l'est souvent en marge de notre économie, si elle peut supporter la population chinoise, certe organisée, travailleuse, mais qui tarde parfois à vouloir s'assimiler et préfére vivre en "clans" et enfin la population d'afrique du nord avec ce risque d'acceuillir certains intégristes eux mêmes rejetés de leur pays d'origine. Nous avons certaines banlieues en Seine Saint Denis qui sont au maximum d'assimilation possible; Le niveau supérieur est la formation de "ghettos" en marge de notre societé, fonctionnant en autarcie, avec le danger de l'extrémisme tant du coté des islamistes que du coté de la population locale.
    Vous avez cité l'éducation comme une priorité et le danger du refus par certains jeune issus de l'immigration d'apprendre et connaitre les auteurs juifs, impurs à leurs yeux.
    Ne faut il pas maitriser les flux plutôt que de vouloir une main d'oeuvre à tout prix?
    Vous citez justement le cas du Canada qui a une politique très ferme vis à vis des immigrés. Il faut en effet avec un age limite, avoir des diplomes et un casier judiciaire vierge pour pouvoir travailler et vivre au Canada. La lutte contre l'immigration clandestine est une priorité et des moyens importants sont dégagés en coopération totale avec les USA.
    Je ne pense pas que cette politique soit possible en France; Nous devons déjà traiter des problèmes d'intégration des étrangers en situation régulière.
    Il n'est pas question ici de cautionner la politique fiction et démagogique du FN mais il faut se poser les bonnes questions pour ne pas revoir les chemises brunes dans notre pays voire en Europe.
    Cordialement.
    Gilles MARGOTTON
  • Charles Bigey
    Le 12 Janvier 2005 à 08 h 57 min
    Bonjour

    Homme politique est un vrai métier et souvent les nouveaux venus semblent un peu décalé. Les anglais via les cabinets fantomes et aussi des postes de lien entre un ministère et le parlement permettent cet apprentissage. Le problème en France n'est pas à mon avis le nombre de mandat (les francais ont le choix théorique de dire non) mais plutôt d'organiser une meilleure démocratie tant dans les structure que dans les parties. L'impression est que quand on a le pouvoir tout est mis en oeuvre pour le garder ou le remettre dans les mains de celui que l'on a choisi (exemple votre cas où tout le monde se dit que M. Chirac essaiera de vous le donner).
    Quant aux cumuls vous avez surement raison, les hommes politiques devraient avoir un poste mais sans envergure au niveau local : conseiller municipal peut être.

    Quant à l'immigration nous "importons" illégalement une main d'oeuvre pas/peu qualifiée et nous obligeons à partir un main d'oeuvre qualifiée (pourquoi ne pas proposer au delà d'un certain niveau d'étude des permis de séjour longue durée).

    Charles Bigey
  • Nicolas Vanbremeersch
    Le 12 Janvier 2005 à 07 h 22 min
    Je ne partage pas votre point de vue sur ce sujet. Nul besoin d'être maire pour rester en contact avec les électeurs. Etre conseiller municipal suffit amplement, ou bien tout simplement s'organiser pour celà, avec des assistants, des permanences, un lien constant et organisé avec sa circonscription.
    Un des problèmes majeurs de la faiblesse de notre parlement, comme le rappelait notamment l'institut montaigne dans un rapport sur l'efficacité du travail parlementaire, est l'absence de travail effectif des députés, qui passent autant de temps dans leurs autres mandats. Avec deux tiers de cumulards, on perd presque la moitié du temps de travail effectif qui pourrait être requis.
    Or, le travail parlementaire demande du temps, pour maitriser les dossiers, vous en savez quelque chose.
    Dans la plupart des pays développés, les limites existent.
    Enfin, vous faites de la politique un métier, et c'est là mon plus grand désaccord. La représentation politique est une mission. Le brassage entre la société et ses représentants, le renouvellement de ceux-ci est une condition pour assurer une cohésion, une responsabilité des électeurs. Le maintien, à long terme, d'une classe d'élus, qui en font leur carrière, est très dommageable, pour les électeurs, car ils se rejettent derrière ce système qui ne change pas, et pour les élus, car ils se coupent d'une expérience concrète au sein même de la société, et ont naturellement tendance à renouveler un système qu'ils connaissent. Sans parler de l'endogamie élus/fonctionnaires, qui joue en plus dans une culture des élus qui se différencie énormément de celle du peuple.
    Nicolas Vanbremeersch
  • Patrice Lamoureux
    Le 12 Janvier 2005 à 07 h 12 min
    L'abonnement téléphonique de France Télécom dont on parle et reparle dans le cadre de son augmentation est un point sensible pour les français. Nous sommes dans un marché de dupes où la position de l'opérateur qui a financé le réseau sur fonds publics se plie de mauvais gré à la concurrence. Le passage incontournable par l'abonnement en fait une "vache à lait" et la seule réponse pour augmenter les rentrées de trésoreire. Personne ne croit sincèrement au jeu de la baisse des tarifs qui ne font que répondre à l'offre des autres opérateurs? La position dominante du groupe France Télécom atteint des limmites du supportable d'autant que son endettemnet abyssal est largement collematé par les Pouvoirs Publuics c'est-à dire l'ensemble des Français. Avez-vous un avis sur ce sujet. Je suis abonné à FT, Orange et wanadoo.
    Patrice Lamoureux
  • Gilles FRANCOIS
    Le 12 Janvier 2005 à 07 h 05 min
    Bonjour,
    Ne pensez-vous pas qu'il y a un probleme quand on ne vois en l'immigration qu'une possibilité d'obtenir une "main d'oeuvre" ?
    L'immigration n'est donc pour vous qu'un moyen de "produire plus" ? Les gens que l'on accepte en France ne sont donc pas voués a autre chose ? C'est un tel raisonnement qui a engendré la situation d'instabilité dans laquelle nous sommes aujourd'hui. Accueillir des immigrés, les faires travailler durement a l'usine, les parquer dans des cités dortoir "temporaires". Cela ne m'etonne qu'a moitié que les enfants de cette génération soient si désabusés, partagés entre la haine de cette france qui a exploité leurs parents et qui à présent les rejette, et la colere envers leurs parents qui se sont "laissés faire". Lire à ce sujet l'excellent bouquin de Stéphane Beaud et Younès Amrani intitulé "Pays de malheur".

    ne croyez vous pas que la banalisation de tels pensées soit un probleme ?
    Voir l'immigration comme une touche parmis d'autres du clavier economique n'est il pas tout simplement une erreur grossiere ?

    Je tient à ajouter que bien que n'étant (farouchement) pas de votre couleur politique, je ne peux qu'apprecier le principe de votre BLOG (meme si en général le concept du BLOG est un crime contre l'humanité, voir à ce sujet l'affligeant site http://www.skyblog.com/ )
    Gilles FRANCOIS
  • David Z
    Le 12 Janvier 2005 à 01 h 29 min
    Il est bien rare que j'échoue à réprimer l'envie de vous écrire. Hélas (en un sens), le temps est arrivé. La France entretient un rapport douloureusement conflictuel avec l'immigration, ce n'est un secret pour aucun "immigrant de seconde génération". Sans verser dans la réponse du style "ma vie, mon oeuvre", j'aimerais simplement souligner que le Canada offre un modèle intéressant mais très imparfait dans son application. Si il existe une semi-sélection relative à la profession, la reconnaissance des acquis professionnels est excessivement variable et l'intégration au marché du travail plus ou moins douloureuse. Là encore je préfère vous faire grace de mon vécu personnel, et j'en resterais simplement sur une affirmation forcément péremptoire puisque pas étayée de chiffres. Je poserais une question également, d'ordre émotif. Comment peut-on espérer une immigration positive et une bonne intégration quand des enfants nés sur le sol français et partageant une culture commune sont traités dans leur société (non pas d'accueil mais de naissance) d'immigrés de seconde génération ?
    David Z
  • Cédric BARENNES
    Le 11 Janvier 2005 à 22 h 51 min
    Après lecture de l'interview de Francis Mer à laquelle vous faites référence, je prends le risque d'interpréter ses propos quelque peu différement et de n'y voir nulle contradiction : il me semble appeler de ses voeux des décisions sur un certain nombre de sujets qui font consensus et que celles-ci soient mises en oeuvre indépendamment des majorités qui peuvent se succéder au pouvoir. Au fond, ce qu'il regrette ce sont bien les coups de barre à gauche succédant aux coups de barre à droite et donc l'absence de continuité dans l'action. Le jour où nos responsables politiques auront la sagesse de rechercher davantage ce qui est acceptable par le plus grand nombre plutôt que ce qui les distingue de leurs opposants en grossissant le trait, je crois effectivement que nul ne sera plus irremplaçable et que la limitation des mandats dans le temps aura tout son sens !
    Cédric BARENNES
  • philippe thiébaut
    Le 11 Janvier 2005 à 21 h 17 min
    Cher Alain , comment çà marche une politique d'immigration temporaire du travail?
    philippe thiébaut
  • Cédric RAT
    Le 11 Janvier 2005 à 21 h 01 min
    Monsieur le Premier Ministre, puis-je vous faire part de la situation des Hôpitaux en France ? Nous manquons de médecins. Les recrutements de médecins étrangers constituent donc aujourd'hui une pratique incontournable correspondant à une forme d'immigration sollicitée et bienvenue dont les médias se font probablement insuffisamment l'écho. Si vous fréquentez les hôpitaux, vous connaissez probablement la situation de ces très nombreux médecins étrangers travaillant en France, souvent comme FFI (Faisant Fonction d'Interne) et dès lors peu rémunérés. Je veux citer la situation du CHU à Angers recrutant une Chef de Clinique d'origine bulgare, la situation des hôpitaux du Mans et des Sables d'Olonne où les Urgentistes sont d'origine algérienne, espagnole ou marocaine, la situation de l'Hôpital de Challans où les radiologues et cardiologues sont d'origine algérienne, italienne, marocaine... La situation actuelle correspond à une pénurie de soignants que l'augmentation brutale des numerus clausus ne permettra pas de corriger avant ... 20 à 30 ans ! En effet, la multiplication par 2 des effectifs par promotion d'étudiants en médecine pose dès lors un problème de qualité pédagogique et il semble difficile d'aller au delà ! Dès lors il n'y aura pas d'alternative à une immigration valorisée car indispensable, pour soigner nos ainés, comme nous-même dans quelques années ! ... Juste une question avant de terminer : comment l'homme politique brillant que vous êtes (tout au moins à mes yeux) a-t-il pu participer à une telle politique de réduction de "l'offre de soins" (notamment à travers la limitation drastique des numerus clausus), quand on voit aujourd'hui combien elle apparaît inadaptée ? Quelles projections a-t-on utilisé, quels experts a-t-on sollicité pour se tromper ainsi ? Car ma foi, et sans rien avoir contre l'immigration, n'est-ce pas la fierté nationale et la force de la nation qui sont en cause lorsque l'on est plus capable de "se soigner soi-même" et que l'on doit faire appel à l'aide internationale ...? ... on envoie quelques french doctors aux 4 coins du monde mais l'on sollicite massivement les médecins du monde pour soigner nos ainés ne trouvant plus de médecin traitant dans les villages ... Ah ... quelle mondialisation !...
    Cédric RAT
  • Raphaël Ader
    Le 11 Janvier 2005 à 20 h 39 min
    Cher Monsieur,
    Juste quelques réflexions. D'abord pour dire qu'humainement, l'immigration du sud vers le nord est toujours, comme l'avortement, un constat d'échec. Il n'est que de voir les Africains qui vendent leurs gris-gris sous la Tour Eiffel, ou aux Tuioleries. On voit dans leurs yeux que la France n'est pas leur pays. Qu'ils s'y sentent mal. Que leurs habitudes de vie apprises durant l'enfance sont bouleversées au delà de l'imaginable. Pour moi qui ne suis pas un spécialiste, qui n'ai pas fait d'études sur la question, qui suis un simple observateur de la rue comme elle est et non comme on la rêve, c'est terrible. Je me sens mal de voir ces gens peut-être beaucoup plus intelligents que moi prostituer leurs éventuels talents pour des salaires de misère.
    Dans mon immeuble où j'habite un chambre de bonne, on ravale. Un gros chantier, dans la cour, où quatre constructions sont contigües. Les ouvriers sont tous soit immigrés, soit issus d'immigrés. Les responsables du chantier sont tous blancs. C'est un constat. Il est pénible à écrire. Est-on réellement sûr que plus aucun Français ne veut travailler dans la maçonnerie, dans le ravalement de façades, dans la chaufferie, etc, pour ainsi faire appel à des gens qui auraient des qualifications à faire valoir, mais qui ne trouvent aucun autre débouché, simplement du fait de leur origine géographique ?
    Pour moi, faire venir de la "main d'oeuvre" de l'étranger pour assurer des tâches que soi-disant, désormais, on se refuse à assurer est une mauvaise solution. Tous se sont moqués de Jean-Pierre Raffarin quand il lança son concept d'intelligence de la main. Mais il avait raison. En quoi un sculpteur est-il si différent d'un ouvrier du bâtiment ? Pourquoi l'un serait artiste et non l'autre ?
    Par manque d'argent, j'ai effectué avec des amis un déménagement. J'ai monté un lit chez moi, cinq étages sans ascenceur. A trois, nous avons mis trois quarts d'heure, ou pas loin. Parce que nous n'avons pas cette intelligence-là, que nous sommes même de grands couillons, et je peux vous dire à quel point nous nous sentions couillons après cet "exploit". Les ressources humaines existent, mais les entreprises, par paresse et appât du gain, préfèrent déléguer à des gens qu'elles payent trois ou quatre fois moins cher, parfois même sans assurence, au black. Issus de l'immigration, bien sûr.
    Mes parents ont fait repeindre dans leur maison, à la campagne. Les ouvriers étaient tout trois polonais. Parce que les charges imposées par l'etat sont tellement énormes qu'on ne peut plus faire face. Baissons drastiquement les charges, Monsieur Juppé, et je vous assure que les entreprises se remettront à embaucher des gens qui sont au chômage en ce moment et qui n'attendent que cela : faire parler leur intelligence à eux.

    Et le racisme dans tout cela ? Eh bien il existe. Il est d'ailleurs bien plus fort qu'on ne se l'imagine aussi. Le Front national n'en est même pas un symptôme. Il ya nombre de gens qui votent à gauche ou pour François Bayrou, considérant l'Ump comme trop à droite, qui agissent en racistes. Je ne prendrai que l'exemple d'une entreprise : Auchandirect. De la livraison à domicile de produits de grandes surfaces. Après nombre d'appels, Auchandirect s'est résolu à ne plus confier la tâche de livreurs qu'à des gens au look de Français de souche. Et les ventes sont reparties de plus belles. Les livreurs français sont très contents, ils ont du boulot. Les clients ne les reçoivent pas comme des chiens, ainsi qu'ils le faisaient avec les étrangers, et tout le monde est content. Donc faites un effort, vous n'avez plus le pouvoir, Monsieur Juppé, mais vous gardez une influence énorme sur le jeu politique. Baissez les charges de moitié ou des trois-quarts, pas d'un demi-point par-ci, un demi-point par-là. Soyez francs du collier, et laissez les entreprises renouer avec une politique d'embauche de gens laissés pour compte qui auraient vraiment leur mot à dire.
    Raphaël Ader
  • François COMBY
    Le 11 Janvier 2005 à 18 h 22 min
    Bonjour,

    Allez, moi aussi, après tant d'autres, je me lance. J'ai été très content de découvrir ce blog, qui nous découvre une autre facette de votre personnalité, loin derrière la pseudo-polémique sur l'auteur du blog. Et tant mieux si cela permet de rapprocher les (certains) français de la politique.

    Mon "problème" sur le cumul des mandats ne vient pas dans le cumul au même moment de mandats différents. On voit d'ailleurs toute l'hypocrisie de la règle qui veut qu'un ministre ne soit pas maire. Il devient premier adjoint, garde parfois son ancien bureau et redevient maire à la fin de son exercice ministériel.
    Non, le problème vient plus de la succession répétée de la même personne au même mandat. Quand ce n'est pas de père en fils (ou fille, ne soyons pas sexiste). L'apport de sang neuf, de nouvelles idées est bénéfique, quel que soit la qualité du prédécesseur. Et puis dégagé de toute angoisse de réelection, un homme politique ne peut que donner le meilleur de lui même, sans arrière pensée (cf. le deuxième mandat des présidents américains).

    Mais cela pose un autre problème, au moins aussi important, c'est l'élargissement du vivier des hommes politiques. Combien de député sont d'origine de la fonction publique ? Bien plus que la proportion que l'on en trouve dans la population française. Et c'est bien normal puisqu'ils peuvent, sans aucun risque pour leur carrière, se mettre en disponibilité. Je me demande même si le problème n'est pas plus accru à gauche qu'à droite.
    Une réforme de fond permettant à tout à chacun d'avoir une expérience dans la vie politique, avec l'assurance de retrouver son poste dans le privé (comme pour les délégués syndicaux qui sont protégés ?) donnerait surement un souffle nouveau à notre vie politique.
    Qu'en pensez-vous
    François COMBY
  • adrien robine
    Le 11 Janvier 2005 à 18 h 20 min
    Je voudrai réagir sur ce que dit M. Mer sur le manque de vision à long terme des hommes politiques. Je pense que c'est juste mais aussi insuffisant. Je crois qu'il manque plus largement dans notre pays une culture d'anticipation dans toute l'administration. Ce n'est pas dans la culture de nos diplomaties d'anticiper les évenements, les tractations, nous n'avons pas de cultre du "un coup d'avance" pour pouvoir réagir dans toute les situations et pouvoir se projeter dans l'avenir.
    Certes les hommes politiques n'ont pas de visions sur du long terme ( ou en tout cas peut d'entre eux a partir du moment ou ils sont confrontés aux difficultés de gouverner!) mais est ce que ce n'est pas plutot le probleme de toute notre adminitration et donc un probleme de formation de nos dirigeants ( de nos élites???).
    Ne pourrait on pas enseigner cette curiosité et ce gout pour l'anticipation, pour la strategie(à toute les échelles) et ne plus uniquement compter sur notre "french flair" qui devrait nous sortir de toutes les mauvaises passes sous pretexte que nous sommes francais???
    Merci.
    Merci pour vos textes.
    adrien robine
  • Yves RICHARD
    Le 11 Janvier 2005 à 17 h 37 min
    le problème de l'immigration est aussi lié au modèle d'intégration "à la Française". Que viennent chercher les immigrants ? la France bien sûr ! Or celle-ci est en plein doute précisément sur cette identité. c'est peut-être le "projet France" qu'il faudrait définir clairement -ne serait-ce que pour nous-même.


    Yves RICHARD
  • laurent lataste
    Le 11 Janvier 2005 à 16 h 43 min
    Cinq ans c'est juste la bonne durée pour voir fleurir ses idées et ses projets. Simplifier l'administration arrangerait bien des politiques et ferait aboutir plus facilement et plus vite bon nombre de leurs réalisations. Et limiter le nombre de mandat est absurde je trouve. Moi je ne demande pas à un homme politique de s'inscrire dans la durée ou pas, je lui demande d'être compétent, qu'il soit jeune ou vieux ou qu'il soit au pouvoir depuis 40 ans c'est pas grave l'essentiel est qu'il soit un vrai gouvernant au sens noble du terme....

    En tant que Bordelais je tenais à vous remercier pour ce blog, et j'espère très sincèrement vous revoir très vite, à Bordeaux, ou ailleurs.....
    laurent lataste
  • Antoine RENAULD
    Le 11 Janvier 2005 à 16 h 32 min
    Bonjour Monsieur,

    Mon profil en bref : bientôt 30 ans, marié, engagé en politique depuis 10 ans, élu municipal et communautaire, délégué ump de circonscription par ailleurs fonctionnaire territorial en poste en cabinet, comme conseiller auprès du nouveau Maire de Toulouse, JL Moudenc.
    Je suis depuis le début convaincu du bien fondé de votre affirmation : la politique, du moins l'exercice de mandats locaux ou nationaux, est un vrai métier. Alors que cette affirmation choque souvent au premier abord, tous ceux à qui j'ai pu détailler le quotidien d'un élu local convergent vers ce même constat : pour éviter les dérives (incompétences et inconsistances...) il faut professionnaliser l'action politique et reconnaître là, un vrai métier.
    Pour autant, comment organiser cette réalité sans dénaturer le relatif égal accès démocratique existant ? J'en arrive souvent à une conclusion pragmatique : commencons par réduire sensiblement le nombre d'élus.
    Il me semble évident que pour 100 élus locaux, peut-être 15 ou 20 seulement ont une réelle action (sans même parler de la pertinence du nombre de collectivités...). Réduire leur nombre permettrait au public de mieux identifier qui fait quoi, et sans doute favoriserait une sélection qualitative, en plus de limiter le coût de fonctionnement de la démocratie locale.
    Pour conclure, nous parlons depuis si longtemps de simplification administrative or, force est de constater que le système se complique sans cesse. Alors de là à professionnaliser officiellement la vie politique... cela ne risque-t-il pas de prendre encore du temps ?
    Vous félicitant vivement pour votre blog,
    Antoine RENAULD
    Antoine RENAULD
  • Vincent 900
    Le 11 Janvier 2005 à 16 h 25 min
    Bonjour Alain, et meilleurs voeux pour cette année 2005. Qu'elle soit pour vous, je le souhaite, celle du renouveau.

    Concernant la carrière d'homme politique, je partage pleinement votre point de vue : vouloir limiter le nombre de mandats successifs (je ne parle pas ici du cumul), c'est considérer qu'un homme politique n'est bon que quand il est novice. Or, c'est tout le contraire qu'on observe. Dans le gouvernement Raffarin I, les ministres issus de la société civile sont ceux qui ont le moins bien réussi à gérer la pression médiatique, la gestion de leurs réformes, et le poids des responsabilités en général. Francis Mer ayant eu l'avantage sur Luc Ferry d'avoir dirigé de grands groupes, mais le privé et le public n'ont rien à voir.

    Et si certains hommes politiques "durent" pendant des dizaines d'années, il faut d'abord se dire que nous sommes en démocratie, et que ce sont les électeurs qui décident. D'ailleurs, assez "curieusement", les gens critiquent les hommes politiques en général, mais surtout ceux qu'ils ne connaissent pas. Par contre, leur maire, ou leur député, ils les trouvent admirables. Paradoxe grandiose ! Ne serait-ce l'indice que nous jugeons trop souvent des choses par ce que nous croyons savoir d'elles, sans chercher à aller au-delà des préjugés et des a priori ?


    Concernant la politique de l'immigration, il est certain que la main d'oeuvre étrangère va (re-)devenir absolument nécessaire. Ne l'est-elle pas déjà ? Un certain nombre de problèmes socioculturels sont néanmoins certains :
    - d'abord, il faut une immigration de personnes qualifiées. Toutes les branches qui recrutent actuellement ne cherchent pas que des personnes qualifiées, mais il paraît normal que le travail non qualifié disponible serve à embaucher des chômeurs non qualifiés (si, si, ça existe) ;
    - ensuite, il faut effectivement une immigration qui privilégie les missions temporaires en France, et ce pour plusieurs raisons : 1/ on ne peut pas continuer avec la désastreuse politique du regroupement familial ; 2/ on ne peut pas continuer à "piller" les forces vives de pays en voie de développement, formés chèrement par des pays qu'ils désertent ensuite en masse ;
    - comment les Français vont-ils accepter que co-habite des étrangers qui travaillent, et un chômage de masse ? Je souhaite sincèrement que les politiques aient le courage d'expliquer clairement aux chômeurs que nombre d'entre eux ont certes eu accès à l'Université, ont certes pu faire des études parfois longues, mais que faute de sélection suffisante, les filières dans lesquelles ils se sont engagés sont bouchées. Et qu'ils doivent donc se requalifier vers des métiers aujourd'hui peu attractifs a priori, mais qui le sont tellement à la pratique ! Je parle évidemment de tous les métiers intégrant une dimension technique ou manuelle, et l’on pourrait aussi parler des métiers de service.
    - obliger les étrangers venant travailler en France à maîtriser les rudiments de la langue et des valeurs françaises. La barrière de la langue étant un danger aussi bien pour ceux qui viennent travailler en France, que pour ceux qui considèrent les immigrants comme des envahisseurs d'un nouveau type.


    Ce ne sont que quelques réflexions, et je suis sûr que vous avez déjà eu l'occasion de réfléchir à tous ces sujets. J'espère vous revoir prochainement de nouveau "en responsabilité".

    Cordialement,


    Vincent
    Vincent 900

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé
Alain Juppé 2017
5 ans pour l'emploi
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