Blog Notes d'Alain Juppé

COP 21 : Paris invite le monde à l’espoir

Publié le 30/11/2015 par Alain Juppé

A l’occasion du lancement de la COP21 à Paris, Alain Juppé s’exprime dans une tribune publiée par Le Figaro sur la nécessité d’atteindre un accord au Sommet de la COP21 qui s’ouvre aujourd’hui à Paris.

La France accueille, jusqu’au 11 décembre prochain, la 21ème Conférence des Parties de la Convention-Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique (COP21). Ce rendez-vous est décisif : pour la première fois depuis plus de 20 ans, la communauté internationale est proche de conclure un accord universel dont l’objectif est de contenir le réchauffement climatique en-deçà de la barre des deux degrés.

Au-delà de ce seuil, trois menaces pèsent sur nous :

Menace sur notre croissance : une élévation des températures supérieure à 2°C pourrait réduire la croissance mondiale de deux points, en raison notamment de l’augmentation des épisodes atmosphériques extrêmes.

Menace sur la paix : les dérèglements climatiques entraîneront des déplacements massifs de populations et des conflits pour l’accès aux ressources. Aux réfugiés de guerre et économiques, s’ajouteront demain les réfugiés climatiques.

Menace sur les hommes et leur santé : la pollution atmosphérique serait responsable, dès aujourd’hui, de la mort prématurée de 4 millions d’individus par an dans le monde, dont un demi-million en Chine.

Alors que le dérèglement climatique s’accélère et s’amplifie, nous atteignons aujourd’hui un point de non-retour : agir ou prendre un risque vital. Nous avons donc l’obligation absolue de nous mobiliser immédiatement autour d’une triple exigence de morale, de solidarité et d’exemplarité.

Une exigence morale à l’égard des prochaines générations : comment pouvons-nous laisser en héritage à nos enfants une « dette climatique » sans cesse accrue, fondée sur des phénomènes irréversibles ?

Une exigence de solidarité : nos nations sont interdépendantes. Le monde développé a le devoir de fournir aux pays en développement les concours financiers, techniques et institutionnels indispensables à la mise en œuvre de stratégies de croissance compatibles avec les équilibres planétaires.

Une exigence d’exemplarité : c’est en construisant de nouveaux modèles de croissance durable que l’Union européenne, même si elle ne représente que 10 % des émissions mondiales de CO2, montrera la voie.

La conférence de Paris doit accélérer la transition vers un monde moins carboné. L’économie et la société françaises ont tout à y gagner. De nouveaux moteurs de croissance sont prêts à s’allumer dans des secteurs d’avenir dans lesquels nous disposons d’avantages compétitifs majeurs et, souvent, de positions de leaders mondiaux.

Cette transition bénéficiera à nos champions industriels, à notre tissu de PME innovantes, à nos entrepreneurs, à nos territoires, à nos laboratoires de recherche, et à nos centres d’excellence scientifiques, qui ont su se spécialiser sur ces marchés, mieux et plus tôt que leurs concurrents.

L’efficacité énergétique et thermique dans le bâtiment, les transports décarbonés, les énergies renouvelables, l’agriculture durable, le traitement de l’eau et des déchets, les réseaux intelligents, la convergence des technologies numériques et des usages énergétiques et le développement des objets connectés sont autant d’espaces de conquête pour notre pays et de lieux de mobilisation de ses talents.

Je souhaite ainsi que la COP 21 adopte un accord juridiquement contraignant qui engage toute la communauté internationale. Je souhaite que les chefs d’Etat et de gouvernement s’engagent sur des mesures nationales concrètes qui permettent effectivement de contenir l’accroissement des températures en-dessous du seuil des 2°C. Je souhaite que nous nous dotions de mécanismes efficaces de vérification et de contrôle et d’un calendrier régulier de révision des trajectoires nationales.

Cette ambition impliquera un partage équitable du fardeau financier : les pays du Nord devront respecter l’engagement pris en 2009 à Copenhague et verser 100 milliards de dollars par an aux pays du Sud à partir de 2020 pour financer leur adaptation au changement climatique.

Notre responsabilité est immense. Jamais les conditions de réussite n’ont été aussi favorables.

La prise de conscience des enjeux climatiques est désormais universelle.

La Chine et les Etats-Unis, les deux plus grands émetteurs de la planète, se placent désormais aux avant-postes de l’effort climatique.

Les acteurs privés – entreprises, fonds de pension, compagnies d’assurance – et de nombreuses collectivités locales, dont la ville de Bordeaux, ont engagé des politiques climatiques ambitieuses.

Il nous faudra dès demain aller encore plus loin. Aller plus loin en promouvant une nouvelle croissance dégagée des modèles énergétiques à haute intensité carbone. Aller plus loin en posant les bases d’une tarification internationale du carbone. Aller plus loin en augmentant les dépenses de R&D publiques et privées et en engageant des programmes d’investissement dans les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique et les technologies de rupture comme le stockage de l’électricité et les réseaux intelligents. Il s’agira également d’encourager et d’aider notre jeunesse à porter cet élan de générosité et de responsabilité à laquelle elle est si légitimement attachée.

Après avoir été si douloureusement meurtri, Paris invite le monde à l’espoir. Le mouvement est lancé. Je le crois puissant et irréversible.

Alain Juppé

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé
Alain Juppé 2017
5 ans pour l'emploi
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