Blog Notes d'Alain Juppé

Alain Juppé à Marseille : son entretien avec La Provence

Publié le 28/10/2015 par Alain Juppé

Alain Juppé poursuit son tour de France. Mercredi 28 octobre, le maire de Bordeaux se déplaçait, sur le terrain, à Marseille, à l’occasion notamment de la 2ème Université européenne de l’Association Française des Communes et des Régions d’Europe, en présence de Jean-Claude Gaudin, sénateur et maire de Marseille et de Martine Vassal, présidente du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône.

Journée de travail et de réflexion avec l’Association Française des Communes et Régions d’Europe, à Marseille, en pré…

Posté par Alain Juppé sur mercredi 28 octobre 2015

Lors de ce déplacement, Alain Juppé s’est prêté au jeu de questions-réponses avec le journal La Provence. Retrouvez ci-dessous ses propositions et ses réflexions, notamment sur les questions européennes, la crise des migrants mais aussi la politique pénale. 

La Provence : Vingt ans après les moments difficiles que vous avez vécus en tant que chef du gouvernement, vous bénéficiez aujourd’hui d’une forte cote de popularité et êtes candidat à la primaire de la droite et du centre. Qu’avez-vous que vos concurrents n’ont pas ?

Alain Juppé : Ça, c’est les électeurs qui le diront. Je m’adresse bien entendu à tous les électeurs de la droite et du centre et toutes les personnes de bonne volonté qui voudront venir voter. Je leur présenterai mes propositions, j’ai commencé à le faire sur l’éducation, la défense, et je continuerai à le faire sur les fonctions régaliennes de l’État. Ils se prononceront à la fois sur les projets et la personnalité des candidats en présence.

Mais au-delà …

A.J. : Je pense que j’ai de l’expérience et que je peux inspirer de la confiance. Je ferai un mandat unique et je m’engagerai sur des propositions claires avec un contrat de confiance avec les Français car je pense que c’est ce qu’il manque aujourd’hui entre les gouvernants et les gouvernés. J’annonce clairement la couleur du projet que je compte mener à bien lors des cinq ans de ce quinquennat.

Vote après vote, le Front national progresse dans l’électorat. Les politiques de droite comme de gauche n’ont-ils pas une part de responsabilité en donnant parfois le sentiment qu’ils sont coupés du pays réel ?

A.J. : Moi, je ne suis pas coupé du pays réel. Comme tous les maires, je suis en permanence au contact de la population, au contact de mes concitoyens. Ce que j’ai fait à Bordeaux plaide pour moi. Et puis, il y a aussi la ligne politique qui est la mienne et que j’airésumée en trois mots : apaiser, en évitant les conflits inutiles, rassembler le plus largement possible, et même au-delà des frontières traditionnelles des partis, et, enfin, réformer, c’est-à-dire agir pour faire des réformes structurelles. Je crois que ce message correspond bien à ce que les Français attendent.

Les 6 et 13 décembre, les Français élisent leurs conseillers régionaux. Si le Front national arrivait en tête dans une ou deux régions, vous appelleriez à un front républicain pour lui barrer la route ?

A.J. : La question ne se pose pas parce que nous n’arriverons nulle part en troisième position. Pour autant, je me refuse à faire du triomphalisme par avance. La situation est parfois difficile dans un certain nombre de régions. Il faut poursuivre la campagne jusqu’au bout. Ce sera dans tous les cas une étape décisive pour le grand rendez-vous de 2017.

L’Europe est secouée par la crise des migrants. Ce qui se traduit par des poussées populistes dans plusieurs États de l’Union. Comment répondre à cette crise et à l’inquiétude des Européens ?

A.J. : Cette crise est majeure et va durer. Tant qu’il y aura autour de nous, je pense au Proche-Orient ou à l’Afrique, des pays dévastés par la guerre ou la misère, il sera très difficile de dissuader les migrants de venir. Donc, ce sont des solutions à long terme qu’il faut envisager notamment grâce à un grand partenariat renouvelé entre l’Europe et l’Afrique. À court terme, l’Europe n’a pas été à la hauteur de la situation. Elle n’a envisagé qu’un seul aspect de cette crise qui est l’aspect humanitaire. Bien sûr qu’il fallait accueillir les personnes en train de se noyer dans la Méditerranée, mais elle a complètement négligé l’autre aspect qui est le contrôle de nos frontières. Ce n’est que lors de la dernière réunion du conseil européen que l’on a enfin évoqué la nécessité de mettre sur pied une police européenne des frontières, un corps de garde-frontières européens que j’appelle de mes voeux depuis des mois et des mois ! L’Europe n’a vraiment pas été à la hauteur et c’est ce qui peut expliquer l’hostilité qu’elle suscite ici ou là, comme en Pologne.

Trois personnes, dont deux mineurs, ont été abattues dimanche matin à Marseille. Comment réussir à restaurer la sécurité dans notre pays alors que les gardiens de prison sont démoralisés et que la police est accusée de rester l’arme au pied face à des casseurs comme à Moirans ?

A.J. : En changeant de politique pénale. Tant que la politique pénale de la garde des Sceaux consistera à dire : il n’y a pas de place dans les prisons et donc on ne met plus les gens en prison, il ne faudra pas s’étonner du sentiment d’impunité qu’il y a ici ou là. Aujourd’hui, 70 % des peines prononcées ne sont pas exécutées dans les termes où elles ont été prononcées. Il faut une réponse pénale à la hauteur des défis qui nous sont lancés.

Ne faut-il pas aussi plus de policiers, dont les effectifs ont été diminués sous Nicolas Sarkozy ?

A.J. : L’essentiel, je le redis, est la réponse pénale. Les policiers voient souvent leurs efforts ruinés par l’absence de sanctions. Il faut évidemment donner plus de moyens aux forces de l’ordre – on ne peut pas tolérer des zones de non-droit – mais il faut que derrière il y ait une réponse pénale adaptée pour exercer l’effet de dissuasion absolument nécessaire. Aujourd’hui, les alternatives à la prison comme la contrainte pénale ne sont pas prises au sérieux.

Vous avez écrit un livre sur le thème de l’éducation. La France est globalement en échec…

A.J. : Il faut relativiser. Il y a des éléments de succès, même d’excellence, mais il y a aussi des échecs. L’échec, c’est d’abord les 150 000 jeunes qui décrochent au sortir du lycée. C’est aussi l’embouteillage dans nos universités faute d’une véritable politique d’orientation et d’information. Il faut donc renforcer nos points forts tout en réparant les faiblesses. J’ai d’ailleurs fait des propositions en ce sens.

Propos recueillis Frédéric Cheutin du journal La Provence. Pour accéder au site cliquez ici.

Alain Juppé a profité de ce déplacement pour participer à plusieurs tables rondes à l’invitation du Club de femmes chefs d’entreprises Alta femina et de ses Comités de soutien locaux.  Le quotidien La Provence consacrant un article le jeudi 29 octobre intitulé « La leçon européenne du Candidat Alain Juppé ». Dans un tweet, le maire de Bordeaux a partagé son sentiment après sa visite du MUCEM :

Partager cet article

0 commentaires pour « Alain Juppé à Marseille : son entretien avec La Provence »

Ajouter un commentaire

Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé
Alain Juppé 2017
5 ans pour l'emploi
inscrivez vous à la newsletter

Les derniers tweets

Sur Facebook

GALERIE INSTAGRAM

Bordeaux