Blog Notes d'Alain Juppé

France-Allemagne

Publié le 22/01/2013 par Alain Juppé

Cet après-midi, j’ai fêté le 50ème anniversaire de la signature du Traité de l’Elysée entre l’Allemagne et la France au milieu des jeunes d’un grand lycée bordelais. Ils étaient plus d’une centaine, attentifs et curieux.

J’ai très brièvement rappelé le pourquoi et le comment de cette signature historique entre le Général De Gaulle et le Chancelier Adenauer. J’ai rappelé les succès de l’entente qu’ils avaient ainsi scellée. Un seul exemple: grâce à l’Office franco-allemand pour la jeunesse, 8 millions de jeunes français et allemands sont partis à la découverte du pays partenaire.

Certes la relation franco-allemande ne fut jamais un long fleuve tranquille!

Quand De Gaulle décida, en 1966, de faire sortir la France des structures intégrées de l’OTAN, il n’était sûrement pas en phase avec les dirigeants allemands. Dans les décennies qui ont suivi, les relations entre Paris et Bonn, puis Berlin, ont connu des hauts
et des bas. Valéry Giscard d’Estaing écrit que leur âge d’or fut la période 1974-1981… celle de son septennat. Et il est vrai que sa complicité avec Helmut Schmidt fut étroite. Entre Mitterrand et Kohl, il y eut des temps forts (la célèbre poignée de mains à Verdun, immortalisée par une photo géniale), mais aussi des incompréhensions (au moment de la réunification…). Chirac et Schroeder commencèrent mal et finirent bien. De même pour N. Sarkozy et A. Merkel.

Les relations personnelles sont importantes. Mais les questions de fond le sont plus encore. Et, de ce point de vue, il est clair que les intérêts ou les positions de nos deux pays ne sont pas toujours convergents. Je ne passerai pas ici en revue la liste de nos différences, qu’il s’agisse, pour m’en tenir à la période actuelle, de la conduite des politiques économiques, des choix énergétiques, des questions de défense ou des options stratégiques, par exemple au moment de la crise libyenne.

Mais ce qui a caractérisé au fil du temps, et même quand les temps ont changé – je pense bien sûr à la réunification allemande et aux conséquences qu’elle a eues sur les comportements des Allemands et sur la représentation qu’ils se font de leur pays et d’eux-mêmes – constamment donc, qu’ils soient à gauche ou à droite, nos dirigeants et, pour ce qui nous concerne, nos Présidents ont toujours eu la volonté, je dirais presque l’obsession de trouver les bases d’une entente franco-allemande, condition nécessaire et souvent suffisante de tout progrès en Europe.

En est-il de même aujourd’hui? Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il y a doute. On ne sent pas, à Paris, la même force de conviction, le même souci de faire précéder toutes les rencontres européennes d’étroites concertations entre nos deux pays, pour établir des positions communes.

Ce serait une erreur capitale que de laisser se distendre le lien franco-allemand. L’Union Européenne ne peut pas fonctionner sans lui. Et il ne doit pas s’agir simplement d’une position défensive, pour préserver l’acquis. Nous avons besoin que l’Allemagne et la France, ensemble, reprennent l’initiative pour que le « coeur européen » se muscle et que, du mal de la crise naisse un bien, c’est-à-dire une intégration renforcée des politiques monétaires, budgétaires mais aussi fiscales des pays qui partagent toujours le rêve d’une Europe capable de jouer dans la cour des grands de ce monde.

Je disais aux lycéens bordelais: « Est-ce une utopie? Peut-être. Mais je préfère un peu d’utopie à beaucoup de résignation. »

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé
Alain Juppé 2017
5 ans pour l'emploi
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