Blog Notes d'Alain Juppé

Gauche/Droite

Publié le 21/01/2005 par Alain Juppé

Vous m’interrogez souvent sur la différence droite/gauche: quel est le sens qu’on peut lui donner aujourd’hui?
Pour alimenter notre réflexion, voici un bref extrait d’un article du Monde daté du 21 janvier:
 » Au Royaume-Uni, le traitement de choc des travaillistes:
(…) Le gouvernement Blair a poursuivi la réforme de l’administration centrale entamée par les conservateurs entre 1988 et 1997. En juillet, le chancelier de l’Echiquier, Gordon Brown, a proposé de supprimer 1O4 000 des 512 000 postes de l’administration centrale d’ici à 2008.
Le gouvernement travailliste entend généraliser cinq pratiques (je me borne à en citer deux):
– le salaire au mérite. Le « performance-related pay »
est en vigueur , notamment dans l’éducation nationale et la police, où chaque agent est évalué en fonction de sa compétence professionnelle, de son dévouement, de ses rapports avec le public et de ses capacités d’adaptation. Trois quarts des bobbies ont bénéficié, en 2003, de primes liées au mérite.
– La professionnalisation des personnels. La restructuration prévoit le remplacement d’agents généralistes pas des professionnels moins nombreux mais mieux rémunérés, en partie selon leurs résultats. »
Politique de gauche? Politique de droite? Gordon Brown se situe plutôt à l’aile gauche du Labour, parti qui appartient à l’Internationale socialiste.
Le vrai choix n’est-il pas plutôt entre conservatisme et capacité d’adaptation?
Cela dit, ne simplifions pas : il y a toujours des différences, notamment en France, entre droite et gauche. Nous en reparlerons sans doute. Simplement, elles ne sont pas toujours où l’on croit.
21/01/05

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28 commentaires pour « Gauche/Droite »
  • Vincent Sébastien
    Le 30 Janvier 2005 à 17 h 01 min
    Salut et fraternité citoyen Juppé,
    Homme de gauche, n'ayant cependant jamais eu la carte d'aucun parti, je sais parfaitement, pour vous rassurer, ce qui me distingue de la droite en général et de vous en particulier. Cessons de jouer avec les mots ce qui au final n'a pour résultat que de leur enlever tout sens. Eh oui, il peut y avoir des conservatismes à gauche comme droite (Quelle découverte !) mais les conservatismes ne font pas forcément les conservateurs. Et au regard de l'histoire politique, les Conservateurs sont bien à droite. Lorqu'on est de gauche, le concept de partage est au centre de la reflexion politique et la valeur d'égalité à au moins autant de poids que celle de liberté. Etre de gauche, c'est penser avant tout à ceux que la société et l'économie maltraitent. C'est, quand on est un homme politique, ne pas abdiquer devant le pouvoir économique des grandes entrepises (je vous invite à aller voir au cinéma l'excellent documentaire "The Corporation"). C'est qu'on s'appelle Jospin ou Chirac aller voir le juge d'instruction lorsqu'il vous convoque. C'est, quand on se fait élire en parlant de la "fracture sociale", la combattre réellement plutôt que d'en faire un simple slogan électoral. C'est aussi arrêter l'hypocrisie du discours de droite sur la baisse des impôts alors que la qualité des services publics diminue. Voyez-vous, je suis prêt , pour ma part, à payer plus d'impôts si le pouvour en place est capable par exemple de me garantir un meilleur service de santé. Payer des impôts, c'est faire acdte de citoyenneté. Comme vous sans doute, je ne suis pas opposé à prendre en compte le mérite dans la rémunération des fonctionnaires mais je n'en suis pas de droite pour autant. Il me faudrait plusieurs pages pour vous expliquer tout ce qui me sépare de la droite que vous représentez. Des valeurs ô combien plus fondamentales que les petites mesures prises par les Travaillistes anglais. Vous bloguez bien mais ce message montre que vous continuez à faire de la politique. Soyez vraiment sincère. Laissez tomber vos pratiques politiciennes. Nous sommes entre nous sur le Net et pas en campagne bon sang ! Faisons un peu de philosophie politique , débarassez-vous de vos oripeaux d'énarques et dites-nous ce que signifient au fond pour vous les notions d'égalité, de liberté et de fraternité ? Nous verrons alors si vous êtes de gauche ou de droite.
    citoyen Juppé
    Vincent Sébastien
  • Dominique PDV
    Le 29 Janvier 2005 à 10 h 16 min
    Bonjour,

    La distinction droite/gauche a-t-elle un sens ? Tel un mini Socrate, je l'ai posé ingénument à beaucoup de mes camarades de classe étant jeune, et encore de temps en temps à mes amis, surtout à ceux qui affichent le plus bruyamment leur conviction.
    Leurs réponses manquent de généralité et consistent souvent à mettre en évidence telle ou telle position sur une question d'actualité politique.

    Ce faisant, elle ignorent souvent la grande variété d'opinions que les termes droite/gauche ont recouvert (combien de prises de position sont-elles passées de la gauche à la droite et réciproquement au cours des 150 dernières années ?).

    Ou alors, elles fondent l'opposition droite/gauche sur une vision économique, version (désormais) édulcorée de l'opposition communisme/capitalisme. Cette façon d'aborder la politique sous l'angle du tout-économique est la dernière retombée négative de l'explication Marxiste de la réalité. C'est par ce biais indirect (nos politiques ont construit leur pensée dans le contexte d'un débat acharné gravitant autour des concepts marxistes; ils ont du mal à sortir de ce positionnement - opérer un passage dialectique à autre chose que le matérialisme dialectique) que le communisme est encore présent dans notre débat.

    Pour ma part, je pense que la vision économique n'est qu'un aspect secondaire et fluctuant de la distinction gauche/droite.

    Première remarque : les gens sont de gauche ou de droite d'abord avec leur "tripes". L'argumentation rationnelle vient après (et parfois, pour ne pas dire rarement).

    Le fondement de la différence est la réaction épidermique "C'est juste !" ou "C'est pas juste!" que l'on peut avoir face à une situation de répartition de richesse en société.

    Les gens de gauche considèrent que la situation de justice sociale idéale est l'égalité. Toute situation inégalitaire de répartition est soit injuste, soit éventuellement acceptable par réalisme désenchanté (c'est un mal acceptable, si cela permet la création de richesse pour tous; ou si la seul façon de le supprimer est le goulag,...).
    Et d'ailleurs, une répartition égalitaire est juste car tous les hommes naissent égaux en droit, en potentiel,... L'environnement social va
    éventuellement empêcher tel ou tel de développer convenablement ses potentialités. C'est donc de la responsabilité de la société de rétablir les dommages qu'elle aura causé en bridant ce développement.

    Il est clair que cette vision est loin d'être fausse. La naissance, l'environnement est un facteur primordial de réussite sociale. C'est son aspect positif. L'aspect négatif est qu'elle tend à desresponsabiliser complètement l'individu pour transférer sa responsabilité à la société, selon un contrat social total. Ce contrat implique la création en retour d'un état fort (capable de prendre en main la responsabilité de chacun).


    Du côté de la droite, la situtation est évidemment symétrique. L'égalité est injuste par nature, car, à supposer même que chaque individu ait le même potentiel, il est de sa propre responsabilité de le développer. L'injustice, vue par la droite, survient lorsqu'un individu, ayant déployé tous les efforts nécessaires et possibles, ne reçoit en retour qu'une "part de gateau" insuffisante.
    Selon cette vision, le rôle de l'état est primordial, mais son champ d'action est plus limité. Limité, car la responsabilité revient à chacun. Primordial, car il est chargé d'assurer un contrat social selon lequel les mérites personnels sont récompensés, et que les gens puisse au moins saisir la chance de se prendre en main (on ne peut pas parler de se prendre en main à celui qui meurt de faim !).

    Au delà, tout le monde s'accorde en France sur la nécessité d'organiser des filets de sécurité et d'assister les situations les plus difficiles (même si parfois certains font semblant de penser que cela est un débat réel en France).


    J'écris ces lignes pour essayer de sortir d'une vision économique de l'opposition gauche/droite. Je pense qu'il est temps de réaffirmer la nature d'un contrat social clair (à gauche comme à droite), de manière à pouvoir orienter l'action gouvernementale autour de principes cohérents.

    Dominique PDV
  • Francois DUMOLIN
    Le 26 Janvier 2005 à 22 h 58 min
    Salut Alain

    Pour moi qui suis de gauche (et français) les 2 idées de Brown ne me choquent pas du tout : elles me semblent même tout à fait de gauche si l'on entend par être de gauche le fait pour une société de valoriser l'égalité de ses membres dans le respect de la liberté individuelle (droits civiques). Dans ce contexte, l'Etat ne doit pas tout régenter mais simplement assurer l'égalité des citoyens, lesquels a priori ne sont pas fonctionnaires. Et parce que ses fonctionnaires utilisent pour ce faire l'impot des citoyens, ils se doivent d'etre les + efficaces possibles, plus encore que ds n'importe laquelle des entreprises privées. Il n'y a donc rien de choquant dans le fait de promouvoir le salaire au mérite ou d'augmenter la productivité de l'Etat en diminuant le nb de fonc ! Ce qui serait choquant, ce serait de diminuer le nb de fonc sans augmenter leur productivité : on diminuerait alors le périmètre de l'Etat, qui si il est bien défini, a pour objectif de garantir l'égalité dans la liberté. On ne serait alors plus de gauche...Pourquoi un grand nombre de personnes de gauche ne pensent pas comme moi ? Parce qu'elles confondent productivité et production, parce qu'elles considèrent que l'Etat doit faire ce que les entreprises ne font pas (embaucher pour limiter le chomage) et parce que il est vrai que définir la performance d'un fonctionnaire est bcp + difficile que définir la performance d'un salarié du privé dont l'objectif est, d'une manière ou d'une autre, d'augmenter le CA et la marge de l'entreprise.
    Francois DUMOLIN
  • François DANET
    Le 26 Janvier 2005 à 22 h 06 min
    De la part d'un électeur de gauche qui vote souvent à droite.
    Vous mettez en avant les qualités réformatrices des uns et des autres. Bien sûr, quand on sort de l'enfance et de ses rêves, et qu'on rentre dans l'âge adulte, on se rend compte que certaines personnes de droite sont bien plus respectueuses de valeurs dites de gauche, et inversement.
    Ce qui gêne le plus, quand on est un citoyen, ce sont les défauts des hommes politiques de gauche et de droite. En ce qui me concerne, je dirais que ce qui me hérisse le poil, c'est:
    ° pour la gauche le monopole du coeur et la démagogie
    ° pour la droite, les relations incestueuses avec l'opus dei et avec le medef
    Sorti de là, j'ose espérer qu'en leur for intérieur, la majeur partie des hommes de droite et de gauche ont du recul avec leurs idéologies respectives, qui ne sont que des déformations de la réalité, toujours plus complexe, et plus emprunte de contradictions et de paradoxes, que le socialisme et le libéralisme veulent bien le dire.
    François DANET
  • franck morel
    Le 26 Janvier 2005 à 14 h 47 min
    Je crois simplement pour ma part que le curseur gauche/droite n'est pas situé au même endroit en france, pays de tradiction colbertiste puis gaulliste ou l'Etat tien une place importante, et par exemple dans les pays anglo-saxons très libéraux.
    Unn gaulliste en france serait certainement un démocrate américain et un membre de l'aile gauche du new labour en grande bretagne. C'est la raison pour laquelle à titre personnel, j'attache une grande importan ce auw questions sociales et à la place de l'etat et je me reconnais à la fois en france dans la philosophie gaulliste et serais sans doute aux USA ou en grande bretagne classé à "gauche".
    La notion d'internationale socialiste ou libérale n'a donc pas beaucoup de sens. Il n'est que de constater par exemple l'amélioration notable des relations franco-espagnoles depuis l'arrivée de m.Zapatero au pouvoir en Espagne ou à l'inverse les difficultés entre L.Jospin et G.Schroder.
    franck morel
  • Philippe de Mornas
    Le 23 Janvier 2005 à 09 h 32 min
    Il y a un problème de fond c'est que l'on veut faire croire que la politique c'est transformer la vie en un long fleuve tranquille! Autrefois il y avait une classe de nantis qui opprimait plus ou moins les autres ou au minimu se sentait investie du pouvoir divin d'éclairer leur route.
    D'où des révolutions plus ou moins bien maîtrisées puisqu'elles se sont souvent retournées contre ceux qui les avaient soutenues (la classe du milieu rejetée par les nantis conscients qu'il n'y avait pas de la place pour tout le monde et par les opprimés)
    Alors aujourd'hui qui a des privilèges et qui n'en a pas ou moins? Droite/gauche une affaire de jalousie? Mais la politique ne serait-ce pas de faire vivre ensemble tout ce monde en faisant les nécessaires compromis. J'aimerais que droite=souplesse car notre gauche française n'est que l'héritière dee différents dogmatismes.
    Philippe de Mornas
  • Fabrice Pombet
    Le 22 Janvier 2005 à 23 h 40 min
    Cher Monsieur Juppe,

    j'aime beaucoup votre blog. Comme toujours avec le web, on se retrouve a parler a des gens qui semblent par ailleurs si loin et inatteignables, c'est tres "fun", tout ca!

    J'habite au RU depuis 3 ans (1 an en Ecosse et 2 ans en Angleterre) et je dois dire que si, en France, j'ai toujours ete Gaulliste (un jour je vous ai meme serre la main du cote de Bayeux quand vous etiez premier ministre! Je ne pense pas que vous vous en souveniez, cependant:))), en revanche, ici, je ne saurais pas pour qui voter: si vous ne le savez pas, je peux vous apprendre que les travaillistes ont une politique sociale horriblement dure, leurs reformes de l'administration cachent une bureaucratie galopante -et pratiquement payante pour tout- a la fois dans le gouvernement et a la NHS, et les services publics (en particulier les transports) me font -presque- regretter les notres les jours de greves!

    De mon point de vue, je crois qu'il est assez clair(la plupart des "Brits" a qui j'en parle le disent clairement) que les gens ne votent labour que parcequ'ils ne veulent pas voir les conservateurs au pouvoir -ce qui est amusant c'est que je crois que ces derniers n'oseraient pas faire la moitie de ce que le labour a fait pendant ces 2 mandats!

    Alors, je crois que la difference, de nos jours, ne se fait pas tellement sur la droite et la gauche, ou sur conservateurs et reformistes, mais peut etre plutot sur la capacite des hommes politiques a avoir une vision et a l'imposer ou a enjoller l'opinion publique (c.a.d les focus group) tout en suivant les avis techniques des directeurs d'administration (vous savez, ceux qui sont en charge de l'interet general...)

    J'ai aussi quelques questions pour vous:
    - Avez vous deja regarde la serie "Yes Prime minister"-dispo en DVD et VHS publie par la BBC? Elle est d'une (im)pertinence tres anglaise sur la vie politique anglaise (mais ca peut faire rire un Francais aussi, tant la comedie saisit la realite.

    - Realisez vous votre weblog avec un PC ou avec un Mac? Avez-vous une preference? Est-ce que vous surfez sur internet? Sur quels genres de site allez vous ?

    Merci pour le temps que vous avez consacre a la lecture de ce lond email!!!

    Pardon pour les fautes d'orthographe (inatteignable est un mot dangereux). Je suis desole de toucher votre sensibilite d'agrege de grammaire ;-)
    Fabrice Pombet
  • Ivan F.
    Le 22 Janvier 2005 à 22 h 09 min
    Vous passez, pour des raisons qui m'échappent un peu (au vu de vos derniers avatars), auprès des commentateurs politiques pour un esprit brillant, rapide, précis et cultivé. Il ne m'a pas échappé par contre que vous êtes résolument à droite, aussi votre petite démonstration me laisse-t-elle dubitatif...que voulez vous finalement démontrer? que la gauche, dont l'archétype serait le new labour, est moins conservatrice que les conservateurs (c'est à dire la droite...) ou juste que le new labour est en fait un parti de droite?
    Si vous voulez juste démontrer que la droite aujurd'hui cherche à toute force à chambouler l'ordre établi, trop favorable à son goût aux salariés, retraités, chômeurs, fonctionnaires et assistés de tout poil, et se trouve donc tout naturellement du côté du "mouvement", permettez moi de vous dire que vous devez certainement pouvoir trouver mieux...salutations précaires.
    Ivan F.
  • Claude-Nicolas Lerogue
    Le 22 Janvier 2005 à 22 h 02 min
    effectivement, en tant que libéral de droite, je me sens souvent plus proche de certains hommes politiques de gauche (pas ceux qu'on entend le plus en ce moment) que des Gaullistes, donc tout ça est bien compliqué.
    Claude-Nicolas Lerogue
  • philippe THIEBAUT
    Le 22 Janvier 2005 à 20 h 53 min
    c'est vraiment une question qui me trotte dans la tete depuis un moment :pour vous c'est quoi la différence enre la droite et la gauche aujourd'hui? ça signifie quoi exactement ? En 2007 on ne pourrait pas avoir enfin un débat plus intelligent et moins partisan!
    philippe THIEBAUT
  • alain madelin
    Le 22 Janvier 2005 à 20 h 10 min
    tu le sais alain. Le vrai clivage est entre "plus d'état" ou plus de liberté (le libéralisme). Tu es en ce qui te concerne dans le camp du plus d'état et tu y retrouves tes frères énarques de gauche !

    A +
    alain madelin
  • philippe bodard
    Le 22 Janvier 2005 à 18 h 58 min
    félicitations pour votre porte ouverte le pb en france est que l'on gouverne contre son camp!
    le fait est simple droite liberté et responsabilité individuelle l'état n'est là qu'en régulateur , gauche liberté individuelle et responsabilité collective l'etat est la en législateur ...!
    philippe bodard
  • Charles de Taxis du Poët
    Le 22 Janvier 2005 à 17 h 01 min
    Que de baratins dans les réponses trop longues! C'est plus simple à exprimer clairement, la Droite fait d'abord de l'économie pour financer le social, la Gauche fait du social pour essayer ensuite de le financer par l'économie. C'est un autre état d'esprit.
    Charles de Taxis du Poët
  • brigitte lamothe-casanova
    Le 22 Janvier 2005 à 16 h 53 min
    je suis prof, ou plutôt je l'étais jusqu'en septembre dernier. Je suis maintenant, selon l'expression pleine de tact de renaud dutreil, un corps mort. Mais je bouge encore.
    je n'ai connu que le salaire au mérite, puisque la rapidité de l'avancement des prof. est fonction de 2 notes combinées : note administrative -attribuée par le proviseur- et note pédagogique -attribuée par l'inspecteur pédagogique régional. L'avancement le plus rapide tout au long de la carrière, et donc la perception du traitement le plus élevé possible, représente (globalement) 120 000 euros, voire plus. Alors, est-ce de droite ou de gauche, chais pas, mais c'est.
    brigitte lamothe-casanova
  • Pierrick MARTIN
    Le 22 Janvier 2005 à 10 h 51 min
    Cette tentation de gommer les différences entre la gauche et la droite, cette volonté de dépasser ce prétendu clivage (tout comme la réflexion sur une Troisième voie, ce "Third Way" si cher au New Labour) : ne nous trouvons-nous pas là justement en présence d'une réflexion, d'une pensée politique vouée à se déporter (plus ou moins progressivement, plus ou moins rapidement) vers la droite ?
    En d'autres termes, ne s'agit-il pas là d'une sorte de "tarte à la crême" de la pensée politique de droite, qui consiste à faire croire (à se persuader aussi ?...) que le clivage droite-gauche n'existe plus ? Voire plus simplement : la droite n'annoncerait-elle pas depuis si longtemps la mort de ce clivage pour mieux conclure à sa victoire, à sa suprematie ? Ne serions-nous pas justement ici en présence d'un discours excessivement partisan, et clivé ?
    Enfin, peut-on encore aujoud'hui brandir le Labour (et toutes ses ailes) comme une image crédible et représentative d'une quelconque forme de gauche ?... Personnellement, j'en doute.
    Il reste une droite, une gauche. Deux cultures politiques qui, si elles peuvent, par instants et par certains de leurs aspects, présenter quelques connexions envisageables, n'en demeurent pas moins deux blocs encore solidement antagonistes. Deux ensembles de référents, de mentalités et de pratiques qui s'opposent frontalement.

    Pierrick MARTIN.
    Pierrick MARTIN
  • Xavier B.
    Le 22 Janvier 2005 à 00 h 48 min
    En haut, en bas ...

    Al-1 c'est par ce refrain de mon pays que je salue ton super blog. J'écris des haïkus à mes heures perdues alors je t'en dédie un :

    Modeste artisan gravit les montagnes
    Al-1 disciple de Montaigne
    Croit à l'homme son progrès

    A bientôt et salut des îles
    Xavier B.
  • Christophe S
    Le 21 Janvier 2005 à 22 h 28 min
    Il devrait y en avoir plus que ce que l'on voit. Le problème de la droite, c'est qu'elle devrait incarner le pôle de la liberté de l'individu dans la société, face à la gauche qui prône plutôt l'égalité et la solidarité orchestrées par l'état, et qu'elle ne l'incarne pas.

    Ceux qui votent pour la droite espèrent toujours un peu qu'arrivée au pouvoir elle désserera (au moins un peu) l'étau de l'état sur nos vies, mais non, rien ne se passe. L'empilage de lois, de règlementations, de contraintes, ne s'arrête jamais.
    Tout cela pour notre bien je n'en doute pas, mais cela pèse lourd...d'autant plus lourd que le plus souvent comme disait Céline (à propos de Picasso je crois) 'vous faites des choses qu'on ne vous demande pas'.

    Quand donc les hommes politiques de droite feront-ils le pari de la liberté individuelle ?
    Voila à mon sens ce que devrait être la distinction fondamentale entre droite et gauche.
    Christophe S
  • Pierre-Géraud Claret
    Le 21 Janvier 2005 à 21 h 43 min
    Monsieur Juppé,

    Proposez une équation mathématique à une assemblée de physiciens. Ils utiliseront, pour la plupart, tous la même formule (ou une variante de celle-ci) pour la résoudre.
    La politique n’est pas une science exacte, heureusement. Cependant, pourquoi à un problème donné les solutions de droite et celles de gauche sont-elles si différentes et tellement critiquées par la partie adverse ?

    La modernisation de l’état est une priorité. On ne gère plus une entreprise de télécom en 2005 comme il y à 50 ans. Il en va de même dans les secteurs hospitaliers, universitaires, administratifs, … À droite comme à gauche on semble en être conscient.
    Pourtant, là encore, les divergences semblent insurmontables et les affrontements stériles.
    Chaque camp arguant de qualités et de principes qu’il ne prête pas à l’autre. Je vous invite à écouter sur ce sujet la très bonne chronique du 21 janvier d’Olivier Duhamel (http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/matins/).
    Face à ces grands problèmes de société, le pragmatisme n’impose t’il pas un dialogue entre la gauche et la droite avec une réflexion et une prise de décision commune afin de dégager LA formule qui résoudra l’équation.

    Comment parler du clivage droite-gauche sans évoquer l’alternance. Bien que synonyme de démocratie (loin de moi la proclamation de l’autocratie), ne constitue t’elle un risque de tergiversation incessant alors que nous avons besoin de stabilité politique pour régler les problèmes à long terme ?

    Enfin, alors que le centre et les extrêmes sont de plus en plus présents dans le débat, la dichotomie entre droite et gauche n’est elle pas dépassée ?
    La façon de penser et donc de faire de la politique n’est elle pas à reconsidérer ?

    Merci de vos réponses et de votre avis,

    Pierre-Géraud Claret.
    Pierre-Géraud Claret
  • Cédric Barennes
    Le 21 Janvier 2005 à 21 h 14 min
    Je considère pour ma part que rechercher, comme on le fait trop souvent, ce qui différencie ou éloigne la gauche de la droite est le meilleur moyen de nous enfoncer encore un peu plus dans un puits sans fond dont nous ne saurons sortir...
    Cette stratégie de différenciation pousse à la caricature et la radicalisation permanente tandis que nous devrions, pour dépassser la sinistrose ambiante dont vous parlez par ailleurs, ne nous consacrer qu'à la recherche du compromis en usant de pédagogie...

    Qui ne voit pas qu'un trop grand nombre de responsables politiques rangent l'intérêt général durable loin derrière l'intérêt particulier éphémère ? Qui ne voit pas qu'il faudrait commencer par briser l'actuelle logique des partis tant elle sous-tend de principes iniques comme celui qui veut que l'on ne vote que comme un seul homme. Si la baguette magique existait, il faudrait au plus vite effacer de la mémoire de nos 577 députés toutes leurs références passées (appartenance à un parti, relations développées entre eux...) et leur demander alors simplement de se réunir autour d'une table et d'élaborer le projet réaliste qu'il nous manque depuis 30 ans : nul doute que leurs visions du monde seraient proches...

    Qui donc ne perçoit pas, s'il prend le temps de s'arrêter, que le seul chemin possible n'est ni noir ni blanc, ni à gauche ni à droite ?
    Cédric Barennes
  • Yves RICHARD
    Le 21 Janvier 2005 à 20 h 30 min
    cher Alain Juppé, aujourd'hui je vais vous dire un secret, juste entre nous (et nos très chers bloggueurs...). Je crois que les Français attendent qu'on leur dise : -"Mes chers compatriotes, le destin historique de la France est d'être LE moteur de la construction Européenne (avec les autres pays qui le veulent bien sûr, vive l'émulation!), de se montrer la plus généreuse, et -tenez-vous bien- pour cela il faudra faire de sacrés efforts et peut-être même des sacrifices!
    c'est autour de cet "effort de paix", vital pour notre avenir, que notre société doit s'organiser (et notamment la politique sociale envers ceux qui subiraient plus que les autres les conséquences de cet effort). C'est dans ce contexte que notre modèle social puisera sa logique, et se sauvera loin du nihilisme où il se traîne"
    "c'est également dans ce cadre que les vicissitudes quotidiennes des travailleurs, les relations inter-communautaires se redéfiniront vers un idéal collectif qui en vaille la peine"
    bref les Français ont besoin de dirigeants qui leur montrent la direction, et ne se contentent pas de l'intendance.
    bien à vous
    Yves RICHARD
  • jean-michel aupetit
    Le 21 Janvier 2005 à 19 h 23 min
    Tout à fait d'accord sur vos reflexions concernant la rénumération au mérite mais il faudrait y ajouter un plus: les contrats à durée déterminée. Ancien anesthésiste à la retraite, ayant travaillé pendant toute la fin de ma carrière en intérim, (avec le plaisir extraordinaire, de me trouver confronté sans arrêt à de nouvelles formes d'exercice); autant j'ai trouvé décevant le fait d'être nommé à 30 ans médecin public et être sur de son avenir, quoiqu'il arrive, sans avoir à se remettre en cause. Ce qui me laisse imaginer des services publics voire des pans monopolistisque dépendants de l'état dans lequel les postes devraient être remis en cause tous les 5 ans : contrats à durée déterminée renouvelables dans les services publics ( Telecom Finances, Hôpitaux EDF GDF, SNCF etc....) Les contrats de recherche au USA en sont un exemple) mais je n'ai pas de grandes illusions.

    Bonne année !!!

    jean-michel aupetit
  • Antoine d'Engremont
    Le 21 Janvier 2005 à 17 h 48 min
    En effet ne simplifions pas. Il est tentant de procéder par analogie. Ne serait-ce que du fait de notre appartenance à un monde qui se globalise chaque jour un peu plus. Cette conscience de l'interdépendance croissante des économies et des cultures tend je l'espère vers un jeu à somme positive qui contribue à enrichire la boîte à idées commune. Mais ce qui vaut pour certains combats universels sur lesquels on ne peut transiger, tel que par exemple l'abolition de l'esclavage, ne revêt pas nécessairement le même degré de pertinence pour d'autres. Et cela du fait de ces fameux domaines d'exception, je vous l'accorde, plus ou moins fantasmés, qui rendent caduque toute tentative de transposition de certains modèles de réussite. Les parts respectives du conservatisme paralysant et du rejet légitime sont souvent difficiles à apprécier. Pourtant là réside la clé de toute greffe réussie. Les hommes politiques raisonnant par analogie sombrent parfois dans une certaine complaisance à l'égard de ces raccourcis intellectuels qui permettent de faire mouche lors d'un débat télévisé. Et on les comprend: citer des exemples de réussite (ou de volonté réformatrice affichée) chez nos chers voisins offre cet avantage de pouvoir faire ressortir exclusivement les bons côtés. L'herbe est toujours plus haute chez le voisin... Mais cela occulte donc le fait que chaque exemple pris séparément fait partie d'un tout relativement indissociable. On ne peut se contenter de justifier la nécessité d'un allègement des prélèvements obligatoires en France par le simple fait qu'ils atteignent des niveaux supérieurs à la plupart des autres pays occidentaux. Cela conduit à ignorer que le faible niveau de ces prélèvements aux Etats-Unis par exemple est en partie compensé par une charité privée bien plus développée. Le principe de la responsabilité individuelle propre aux pays anglo-saxons s'accompagne paradoxalement d'une conscience plus aigüe de la nécessité de redistribuer au moins une partie des richesses accumulées. Un abaissement trop rapide de ces prélèvements obligatoires pourrait donc avoir un effet désastreux en France, caractérisée par une générosité privée bien plus faible qu'aux Etats-Unis, où celle-ci est motivée par d'authentiques sentiments mais aussi par un calcul un peu cynique: acheter la paix sociale. Pourtant, une fois le constat clair que la situation actuelle de la Sécurité Sociale devient insoutenable et mène à une faillite certaine à horizon court-moyen terme, il faut agir. Mais tout ajustement doit être contrôlé et progressif. Cela passe par l'éducation des citoyens au sens large, qui incombe en partie aux hommes politiques. Ces derniers se doivent donc de rejeter avec véhémence tout discours simpliste et démagogique, qui prétenderait apporter des solutions miracles en un temps record. Méfions nous des idées simples, des hommes politiques appelant à notre bon sens commun malheureusement parfois défaillant. Souvenons nous du pouvoir de conviction des sophismes! Dans le débat sur le clivage droite / gauche, refusons donc les schémas de pensée réducteurs qui opposent la raison au coeur, ces deux là étant également indissociables, en tout cas en ce qui concerne la chose politique...
    Antoine d'Engremont
  • jules conso
    Le 21 Janvier 2005 à 13 h 19 min
    Votre réflexion me laisse perplexe, et j'aimerais que vous la développiez.

    Voici quelques miennes idées qui vous permettront peut-être d'appuyer votre réponse :

    1 - La distinction droite/gauche peut être simplement mécanique. Dans une démocratie élective, il y a un spectre d'opinions. Le centre ne repose pas sur un contenu idéologique, mais sur la ligne qui départit les 50% des électeurs qui sont en accord avec une idée des 50% qui sont en désaccord avec elle. Ainsi, la France, qui est globalement favorable à l'intervention de l'Etat, ne se partage pas sur cette question, mais sur le quantum de cette intervention. Ainsi, en France vous pouvez être un conservateur très favorable aux services public, position tout à fait inimaginable aux Etats-Unis.

    2 - Le second critère que l'on peut imaginer est substantiel. Et je crois que c'est celui-là sur lequel on vous demande de vous prononcer.

    En substance, quelles sont les valeurs que vous privilégiez ? J'entends par "privilégier" que lors d'un choix, et toutes choses étant égales par ailleurs, vous préférez l'une et délaissez l'autre.

    Préférez-vous l'individu ou la société ? Préférez-vous l'Etat ou les collectivités non institutionnelles ? Préférez-vous le contrat ou la loi ? Vous reconnaissez-vous dans une moralité prescriptive ou permissive ? Etc.

    Et parmi ces valeurs, lesquelles définissent vos allégeances partisanes ?

    Si je suis méfiant face à l'action de l'Etat, suis-je un libertaire de gauche ou un libéral conservateur ?

    3 - A cet égard, je me permets donc une critique de nos leaders politiques (et de vous-même ; mais puisque vous ouvrez la discussion, j'attendrai votre réponse avec plus que de l'intérêt).

    Si vous vous contentez de dire que toutes les valeurs sont prioritaires, vous n'offrez pas de critères qui permettent à l'électeur de choisir de façon substantielle. Ce qu'on peut attendre que vous fassiez.

    En guise d'exemple : Faut-il réprimer pénalement la consommation de drogue (dure/douce ; peu importe) ?

    Vous pouvez répondre qu'il le faut, car la consommation de drogue est un danger pour l'individu et que le risque pénal est dissuasif. Ce faisant, votre position tend à privilégier l'Etat (ou la société si vous voulez) à l'individu, car elle présuppose que l'individu n'est pas libre de se faire du tort. C'est une position Etatiste que l'on peut, dans la tradition française rattacher à la gauche.

    Vous pouvez répondre qu'il le faut car la drogue est un vice et que la société peut agir pour l'élévation morale des individus. Il s'agit d'une position de gauche quant au rôle de la société, mais de droite quant au contenu de la moralité (traditionnelle).

    Vous pouvez répondre qu'il ne le faut pas car la liberté de se nuire n'appartient qu'à l'individu. C'est une position liberale/libertaire, qui se partage équitablement entre la gauche et la droite.

    Vous pouvez enfin répondre qu'il ne le faut pas car le droit répressif n'est pas adapté à la sauvegarde des individus qu'il punit. C'est une position qui intéresse le rôle de l'Etat, et que l'on peut classer à gauche à raison de son amoralisme (mais pas immoralisme).

    Somme toute, ce que l'on peut attendre de vous, c'est que vous disiez :

    1 - Quelle est votre position (elle n'est pas substantiellement de gauche ou de droite)
    2 - Quelles en sont les motivations (elles peuvent être de gauche ou de droite)

    Ainsi nous serait-il plus aisé :
    1 - de faire notre choix
    2 - de connaître votre position

    Sans doute direz-vous que ce n'est pas si simple ; que les choix méritent la nuance ; que l'on peut-être de droite et favorable à une position de gauche, et inversement.

    Vous voulez posez des questions ? Mais ce n'est pas votre rôle, si je puis me permettre. Lorsque vous sollicitez le rôle de représentant, dans une démocratie représentative, c'est pour "décider". Il vous appartient, en effet, de faire des choix. Il me semble que l'on peut attendre que vous que vous vous prononciez, afin que nous puissions choisir.

    Le soupçon est facile, aujourd'hui, et l'on pourrait croire que votre invocation de la complexité/incertitude n'est qu'une façon de ne pas se prononcer, pour ne pas déplaire.

    Ou allez-vous jouer sur le choix entre adaptation et conservatisme ? C'est un procédé discutable : admettons que je démontre que la polygamie favorise la natalité : puis-je opposer à votre indignation (probable) la distinction entre adaptation et conservatisme ?

    En sollicitant votre indulgence pour la vivacité de ces dernières remarques, je vous souhaite une bonne année (car c'est la période des voeux)
    jules conso
  • Philippe Sage
    Le 21 Janvier 2005 à 12 h 43 min
    Politique de Droite ? Politique de Gauche ?

    Les bons mots sont toujours un peu vains, mais ont le doux avantage de détendre l’atmosphère !
    Alors, il ne serait pas impossible de dire que nous avons pu observer des hommes dits de Gauche ayant recours à des tactiques adroites ; et des hommes dits de Droite, prendre des décisions un peu gauches.

    Mais que devient Droite ou Gauche quand l’homme parvient à la fonction suprême ?
    N’est-il pas le Président de TOUS les français ?
    Ces deux mots, Droite et Gauche, ne se confondent-ils pas quand il s’agit de conduire une nation ?
    Celui qui a l’étoffe [comme l’on dit] d’un homme d’Etat ne doit-il pas avoir pour seule ambition, celle de veiller à la défense de la Liberté, de l’Egalité et de la Fraternité, trois mots simples et pourtant si difficiles à conjuguer, trois mots qui dépassent les notions de Droite et de Gauche ?
    Et si c’est sa seule ambition, alors cet homme n’est-il pas le meilleur d’entre nous ?

    Bien sûr, il y a, il reste les « convictions ».
    Sont-ce alors les « convictions » qui seraient plutôt de droite, de gauche, plutôt qu’une politique ?
    Mais combien de « convictions » au sein d’un même parti, de Droite, ou de Gauche ?
    Vous-même, l’avez constaté plus souvent qu’à votre tour !

    Le débat sur la Constitution Européenne montre, voire démontre, à quel point les notions de Droite et de Gauche peuvent s’effacer au nom de l’avenir des peuples.
    Ou s’exacerber quand elles en font fi.

    Pourtant, il est utile d’avoir une Gauche, une Droite, car les débats qu’elles suscitent encore, permettent à une nation d’avancer, de réfléchir, de choisir.
    Avant, de se rassembler.

    Et puis sans Droite, ni Gauche, il n’y a plus qu’une seule politique.
    Celle d’Alexandre où d’Hitler.
    Celle de la chute des peuples.

    PS : Au fait ! Avez vous lu l'article de Daniel Schneiderman paru dans le Libération en date du vendredi 21 janvier ?
    Philippe Sage
  • sébastien ditleblanc
    Le 21 Janvier 2005 à 12 h 27 min
    Sur le même sujet, on se rappelle l'intervention de Blair à l'Assemblée Nationale : "Il n'y pas de politique de gauche ni de politique de droite ; il y a une politique qui marche et une politique qui ne marche pas" !.

    Pour ma part, je pense que les différences se font moins désormais sur les sujets économiques que, d'une part, sur les sujets de société (mariage gay, dépénalisation du cannabis, ...), et d'autre part sur la manière de construire l'Europe (pour ou contre le traité par exemple).

    De sorte que les différences sont à présent plus marquées à l'intérieur des grands partis traditionnels (PS et UMP) qu'entre certains de leurs membres respectifs (DSK n'est-il pas plus proche de vous, par exemple, que d'Emmanuelli et n'êtes-vous pas vous-même plus proche d'un Fabius que d'un Madelin ?)

    Ainsi,sous le rouleau compresseur de la globalisation, les marqueurs se déplacent en gros d'un paradigme social (la gauche, c'est les classes laborieuses ; à droite, c'est les classes possédantes ), vers un paradigme culturel (quelle liberté pour l'individu dans la société, et quelle identité pour la France dans l'Europe).

    Sur ce sujet, le dernier livre d'Alain Touraine est très éclairant.

    Sébastien Ditleblanc


    sébastien ditleblanc
  • Maud Kestler
    Le 21 Janvier 2005 à 12 h 20 min
    Il y a une réelle différence entre la gauche et la droite, puisque la gauche prône la culture accessible à tous alors qu'elle subventionne à tous va des spectacles peu populaires, contrairement à la droite qui malgrés une image un peu clichée de conservatrice est tournée vers le grand public. Nous avons une conception différente de l'éducation car, à droite on souhaite que chacun s'épanouissent professionnellement alors qu'à gauche c'est le diplome généraliste pour tous.
    Le problème n'est pas tant celui des idées car elles sont souvent très diverses et passionnantes, mais ce sont les comportements d'une grande partie des parlementaires et des membres du gouvernements qui ont oublié qu'ils étaient des citoyens quoiqu'ils arrivent. On peut certes avoir un grand dessein, mais la chute nous guette à tout momment. La politique doit être une passion, c'est une vie consacrée à son pays, mais ce n'est pas son interet personnel.
    Maud Kestler
  • Patrick Humphrey Tiburce Chninkel
    Le 21 Janvier 2005 à 11 h 00 min
    Le Labour poursuit au Royaume Uni une politique qui est finalement si à droite que les Conservateurs n'ont plus de programme.
    Les Britanniques ne voient plus vraiment de différence entre les partis. Aux élections générales de cette année, Tony Blair a de grandes chances de gagner malgré son fiasco sur la crise irakienne.
    Patrick Humphrey Tiburce Chninkel
  • Olivier Lohio
    Le 21 Janvier 2005 à 10 h 14 min
    Bonjour,
    Tout d'abord BRAVO, tant pour votre parcours que pour cette nouvelle voie de communication...
    Je suis actuellement en deuxième année de thèse en chimie organique à l'université de Rennes 1 et souhaite après un post-doc en pays anglophone intégrer l’industrie française (et non m’expatrier, ce qui est très à la mode…). On a de cesse de nous dire que la France manque de scientifiques de "haut niveau", or les embauchent de jeunes chercheurs sont loin d'être à la hauteur des espérances, notamment dans l'industrie qui aujourd'hui n'innove plus. Lorsqu’on part du fait que l’Europe veut que 3% du PIB de chaque état soit consacré à la recherche et que la volonté politique assure de sa participation à hauteur de 1% (ce dont je ne doute pas), il n’en est pas autant des 2% qui doivent provenir de l’industrie…Quelles mesures politiques peuvent, selon vous, inciter les industriels ( constitué en grande partie d’ingénieurs qui n’ont aucune formation en matière de recherche…) à un retour vers une politique d’innovation ? (et donc éviter le phénomène de la « fuite des cerveaux »…)
    Je vous remercie par avance pour les éclairages que, j’en suis sûr, vous m’apporterez.
    Veuillez agréer mes respectueuses salutations.

    Olivier Lohio
    Olivier Lohio

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé
Alain Juppé 2017
5 ans pour l'emploi
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