Blog Notes d'Alain Juppé

Gravité

Publié le 03/11/2005 par Alain Juppé

Au cours des derniers jours, j’ai été submergé de messages.
Vous devinez qu’ils tournaient tous autour de la mini-tempête médiatique hexagonale dont je me serais bien passé. Pardon d’avoir décroché!

La gravité de la situation dans certaines de nos banlieues nous ramène aux vrais problèmes.
Beaucoup d’entre vous me demandez mon sentiment sur cette flambée de violences qui projette sur nos écrans de télé -même ici en Amérique du Nord – des images insoutenables.

J’ai hésité à m’exprimer.

D’abord par crainte de voir mes propos utilisés dans l’inévitable polémique politicienne que de tels événements nourrissent.

Ensuite parce que je ne voudrais surtout pas donner l’impression que j’ai des conseils ou des leçons à prodiguer.

Le sujet est trop grave, trop complexe.

Je mesure la distance qui peut exister entre la froide analyse universitaire à laquelle on peut procéder dans un cours sur la mondialisation et les mouvements de population… et les exigences de l’action qui incombe aux responsables politiques.

Et pourtant je me sens très directement touché par ce qui se passe en France, par les scènes de violence, par l’exaspération des uns, par l’incompréhension des autres, par cette peur de l’avenir qui est en train de miner notre corps social.

Je ne veux pas dramatiser.
Je sais que ces tensions ne sont pas nouvelles et qu’aux explosions de fièvre succède le retour au calme.
Mon expérience de terrain dans le XVIII° arrondissement de Paris, à la Goutte d’Or , ou plus tard à Bordeaux , dans le quartier des Aubiers ou à la Bastide, m’a marqué. J’y ai appris combien il faut de patience, de disponibilité, de capacité d’écoute, et en même temps de détermination, d’autorité et de vérité dans la « gestion » de telles situations.

Ce qui m’inquiète aujourd’hui, c’est la division qu’on sent se créer entre les composantes de la communauté nationale: français et étrangers, français d’origine et immigrés de la 2ème ou de la 3ème génération, chrétiens (souvent ô combien déchristianisés!) et musulmans…

Au delà des mesures concrètes à prendre, du dosage entre la nécessaire intransigeance sur le respect de l’ordre public et l’effort non moins nécessaire de prévention, d’éducation, de préparation à l’emploi etc…, c’est le « vouloir vivre ensemble » qui est en cause.
Avons-nous encore un projet commun? Sommes-nous prêts à en parler ensemble? Sommes-nous encore capables de rassemblement, pour reprendre un mot si cher au Général de Gaulle?

Je ne suis pas sûr de savoir répondre à ces questions. Je n’ai pas la prétention de connaître le mode d’emploi pour recréer les conditions d’un vrai dialogue.

On me dit: la société canadienne est plus tolérante; elle sait accueillir et faire vivre ensemble des communautés très diverses. Sans doute. Mais comparaison n’est pas raison. Les conditions historiques, géographiques, culturelles, sociales qu’on rencontre ici sont difficilement transposables.
Sans doute peut-on s’inspirer de certaines pratiques : le « contrat d’accueil et d’intégration » récemment créé en France doit beaucoup aux « carrefours d’intégration » québécois. Nous devrions probablement regarder en détail ce qui se passe ici quand on acquiert la nationalité canadienne: plusieurs témoignages me disent que cette acquisition donne lieu à une cérémonie à la fois solennelle et très émouvante qui veut montrer qu’il ne s’agit pas simplement d’une formalité administrative mais d’un acte d’adhésion à une patrie, à ses valeurs, à ses lois, à un ensemble indissociable de droits et de de devoirs.

On m’objectera que ce serait perçu chez nous comme un geste cosmétique. Est-ce si sûr? Dans le désarroi où nous sommes, il faut des « mesures », des « crédits », des « effectifs »… il faut peut-être aussi des symboles, et de l’humanité.
02/11/05

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43 commentaires pour « Gravité »
  • André Petit André
    Le 29 Novembre 2005 à 08 h 14 min
    Français retraité je le suis .Français je le suis , et pourtant en 45 je me suis fait tellement traiter de sale boche en tant qu'alsacien .J'ai aimé la France , j'ai travaillé pour étendre sa culture au Moyen Orient et à Madagascar .J'ai été chef d'entreprise pendant de longues années .J'avoue ne pas comprendre .La saleté et la crasse des banlieues n'est pas venue toute seule ..démission des adultes
    André Petit André
  • Matthieu Haegel
    Le 28 Novembre 2005 à 15 h 38 min
    Pour les "crédits" et les "effectifs", il semblerait que l'on soit au taquet !

    Les ressources publiques ne sont pas un puits sans fond, et à trop taper pour mener politique, on bride la machine. Non ?
    Matthieu Haegel
  • Claude Lamotte
    Le 10 Novembre 2005 à 01 h 24 min
    Monsieur Juppé,


    Avant tout, permettez-moi de vous témoigner ma plus grande estime. Ensuite, je tiens à saluer votre initiative, remarquable, qu’est la tenue de ce blog.

    Vous offrez une opportunité rare que je m’empresse de saisir: communiquer en ligne directe avec vous.

    De nationalité Belge mais résidant depuis trois années à Paris (mon épouse est française) je suis sensibilisé aux événements qui agitent actuellement la France. Même lors de mes fréquents déplacements professionnels à l’étranger, la couverture médiatique accordée à ces troubles souligne leur caractère exceptionnel.

    Vous sachant éminemment reconnu pour la pertinence de vos analyses socio-économiques, j’ai consulté votre site afin de précisément prendre connaissance de votre opinion sur le sujet et plus encore, votre vision sur ses origines, ses revendications et ses solutions.

    La lecture de votre article intitulé « Gravité » et daté du jeudi 3 novembre me laisse en définitive perplexe. Sur le fond, vous faites preuve d’une surprenante réserve sinon d’un coupable détachement.

    Je vous cite :
    « …je ne voudrais surtout pas donner l'impression que j'ai des conseils ou des leçons à prodiguer. ..Le sujet est trop grave, trop complexe… Je ne suis pas sûr de savoir répondre à ces questions. Je n'ai pas la prétention de connaître le mode d'emploi pour recréer les conditions d'un vrai dialogue… »

    Cette sélection trahit à mes yeux tous les travers que vous aspirez éviter, à savoir la polémique politicienne. Non seulement, personne ne peut vous contester le droit de vous exprimer sur le sujet mais, j’ajoute que vous en avez le devoir en votre qualité d’homme publique. Pourquoi renoncez-vous à établir clairement un diagnostic et surtout, à développer vos orientations? C’est précisément révéler votre stature d’homme d’Etat que de faire entendre votre voix dans les moments critiques. Votre vocation à servir au mieux les intérêts de la Nation exige un engagement fort. Votre expérience passée appelle, par ses succès et ses échecs, à enrichir le débat; à l’appuyer sur des faits, sur des critères objectifs d’évaluation.

    Je ne peux pas croire à votre fausse modestie. Vous avez inévitablement un avis. Et cet avis, je le tiens pour éclairé. Je souhaite simplement en connaître la teneur exacte et ce, sur les 3 axes précédemment citées à savoir : causes, finalités et remèdes. Ne pas l’exposer publiquement procèderait-il d’une stratégie délibérée?

    J’espère que vous aurez la disponibilité et la bienveillance de répondre à mes interrogations.

    Respectueusement,

    Claude Lamotte
    Claude Lamotte
  • frederic levy
    Le 08 Novembre 2005 à 01 h 28 min


    G 30 ans.
    Les voitures brulent.
    Les jeunes se plaignent de tout, de rien.
    Il me semble avoir entendu ce matin, une déclaration de VGE "La france est Paumé".
    Je suis chef d'entreprise, et actionnaire de différentes autres. Des grosses (300 pers) et des plus petites (40 pers). Toutes montées seul. Avec un état omniprésent. Omipotent, et comme vous ne devez pas sans doute l'ignorer, qui est plutot perçu par les créateurs d'entreprises comme une difficulté supplémentaire qu'autre chose...
    Pourquoi vous racontez tout cela? Parce que tout simplement, j'ai parfois le sentiment de faire le métier le plus difficile du monde, tout du moins lorsque que vous l'exercer en France. Alors l'envie de partir l'exercer ailleurs se fait de plus en plus forte.
    Le systéme français serait il tellement rouillé, voir vé-rouillé?
    La politique, celle de la cité, de Platon, la politique dans son sens le plus noble, est certainement la solution. Je vous suis. Mais a t elle la possibilité de s'exprimer? Et surtout, jusqu'à quel moment aurais-je la patience, l'énergie d'attendre? J'imagine ne pas être le seul dans cet état d'esprit. Alors Bazire parle de "France qui tombe", VGE de "France paumé", Sarkozy de "France Islamisée"... finalement quelle France? En tout les cas, aucun ne parle d'une france qui serait sur le bon chemin. Et vous quelle est votre france?
    frederic levy
  • Boris
    Le 08 Novembre 2005 à 00 h 09 min
    M. Juppé vous vous demandé si les différentes communauté ont encore un projet commun, moi je me demandes depuis quand il n’y a plus de projets commun.
    Aujourd’hui de Liberté, égalité, fraternité, il ne reste sûrement que liberté. Comment peut-on parler d’égalité entre l’éducation dans les grandes banlieues et celle dans les petites villes, entre les personnes d’origine françaises et africaines faces à l’emploi, l’accès aux grandes écoles entre un enfant d’ouvrier et de notaire. Comment peut on parler de fraternité lorsqu’une personne est battue à mort sans que personne autours ne réagissent, lorsque des services publics sont grève pour préserver l’age de leur départ en retraite lorsque celui ci est augmenté pour le secteur privé, lorsque l’on travaille un an pour vivre ensuite avec les assedics, lorsque l’on brûle la voiture de son voisin.
    Vous pensez peut être que ces remarques sont un peu faciles, c’est vrai. Mais je pense sincèrement que la situation actuelle a été créée par chacun d’entre nous, c’est le fruit de l’exclusion. Alors il est tout aussi facile de blâmer trop vite ces jeunes, bien sur leurs actes sont graves et stupide mais quel serait notre sentiment si l’on vivait à leur place. Imaginez vous au sein d’une cité, où irez vous chercher l’envie d’avancer ? Dans les chaleureuses marques d’attention de Sarkozy et des CRS ?
    Aujourd’hui j’ai le sentiment qu’en France chacun tire la couverture au maximum de son coté et que ces jeunes s’aperçoivent qu’il n’y en a plus ou il n’y en aura plus pour eux.
    Boris
  • Béatrice Noëllec
    Le 07 Novembre 2005 à 22 h 59 min
    Pardon de vous adresser un message peut-être quelque peu futile au regard de la gravité de la situation présente dans notre pays... Mais il y a quelque temps vous aviez eu la gentillesse de me répondre et de me dire que vous aussi, vous aviez beaucoup aimé Le Soleil des Scorta. Alors, l'Italie, encore et toujours, et plus précisément la Sicile, dans un livre qui a enchanté ma rentrée : L'Art de la Joie de Goliarda Sapienza, dont j'avais tout simplement envie de vous parler. Le récit heurte parfois, notamment dans ses options politiques : mais peu importe. Il s'agit avant tout du parcours d'une femme libre, et de l'hymne à la joie de ceux qui, au bout de leurs combats, sont enfin eux-mêmes.

    Un mot quand même sur la situation actuelle : je suis personnellement très favorable à l'"affirmative action". On ne peut pas continuer à se draper dans les grands principes de l'égalité républicaine pour justifier l'immobilisme, alors que celle-ci est battue en brèche tous les jours. Bien sûr il faut refuser le communautarisme : mais peut-on nier que tous, du fait de nos parcours, de nos origines sociales, de nos choix, nous appartenons à des communautés ? Lorsque les grands postes de l'Etat sont distribués depuis toujours selon une logique immuable de "corps", personne ne crie au communautarisme !!! Et on pourrait multiplier les exemples... Les gens les plus défavorisés, lorsqu'ils "font corps", précisément, inspireraient-ils plus de peur que les autres ? Cette défiance n'est-elle pas aussi à l'origine de l'incompréhension et de la violence ?

    Merci de votre attention et de votre blog. Bien à vous
    Béatrice Noëllec
  • Fabrice SOBLER
    Le 07 Novembre 2005 à 22 h 58 min
    Comme vous l’indiquez dans votre message, la situation est grave et complexe en ce moment pour la France. Beaucoup de paramètres doivent être considérés et la solution miracle n’existe certainement pas. Pouvons-nous tout de même essayer de comprendre les causes profondes de ce malaise à partir de quelques interrogations ?
    Au-delà de la casse et des comportements répréhensibles de la part de jeunes individus, ne doit-on pas voir là une révolte certes barbare mais provoquée par un ras le bol, une absence totale de repères, de limites ?
    Même si ces actes sont inadmissibles, ne faut-il pas prendre du recul et considérer le facteur humain (sentiment d’injustice, d’exclusion de la part des jeunes de banlieue) ?
    La délinquance n’existe-t-elle pas à tous les niveaux (du cadre dirigeant de haut vol au voyou de quartier) et sous toutes ses formes ?
    La France d’en bas n’est-elle pas celle qui vit de plein fouet les problèmes que connaît notre société ?
    Que faut-il penser du rôle pernicieux joué par la télévision (où il faut faire du show, du sensationnel, du spectacle pour gagner des parts de marché), par la publicité (où les techniques de marketing sont de plus en plus développées pour influencer le comportement des individus y compris les plus jeunes) ?
    Le modèle de l’économie de marché n’a-t-il pas des limites ? Ne comporte-t-il pas des inconvénients (exclusions, inégalités) ?
    Enfin, que faut-il penser de l’individualisme, de l’égoïsme, du manque de communication entre les individus, du manque d’initiative de la part des individus pour résoudre ensemble les problèmes dans un intérêt commun ?
    Fabrice SOBLER
  • Frederic Godfrin
    Le 07 Novembre 2005 à 22 h 28 min
    Citoyen francais a Montreal, j'avoue que voir les images de la ville-lumiere illuminee par les feux de voiture ca me met mal a l'aise... Bien triste image pour la France quand meme! Et force est de constater que M. Sarkozy confirme mon opinion : ce n'est pas un dirigeant mais juste un dangeureux homme de spectacle avide de pouvoir! "Chasser les racailles" en voila une solution qu'elle est bonne M. Sarkozy! Eliminer les problemes plutot que de les resoudre c'est certes plus facile... Plus triste encore : alors que la population la plus pauvre de notre pays se revolte, au sommet de l'Etat on assiste a une lutte de pouvoir a qui sera le plus en vue sur le front des emeutes... Et la encore LA solution : sanctions, arrestations, poursuites, emprisonnements... Dramatique de voir que nos dirigeants se contentent de tourner l'evenement a leur avantage plutot que de chercher une maniere totalement desinteressee de resoudre l'exclusion dans notre pays. Ca sent de nouveau la correctionnelle aux prochaines presidentielles!!! Mais le resultats sera toujours le meme : "Nous vous avons entendu"... Ca doit etre dans la meme ligne que De Gaulles et son fameux "Je vous ai compris", encore aujourd'hui on se demande ce qu'il a compris, tout comme on se demandera ce que Chirac et ses accolites auront entendu! Et la gauche dans tout ca vous me dites? Desesperemment absente, totalement insipide, et toujours avec le meme discours : "les mechants c'est la droite, preparez-vous a voter pour nous, on a rien a vous proposer mais on est pas de droite!"... Comment voulez-vous que les francais trouvent un quelconque optimisme? Continuez comme ca chers dirigeants et la France va vous exploser au visage et les tetes vont tomber comme aux pires moments de la Terreur (c'est une image bien sur)!
    Frederic Godfrin
  • Damien Damien
    Le 07 Novembre 2005 à 22 h 25 min
    Il aura donc fallu une catastrophe humanitaire d'ampleur inégalée pour que la frontière Indo-Pakistanaise s'ouvre. Tout du moins, fasse mine de s'ouvrir.

    Et pendant ce temps là - en France - des émeutes particulièrement violentes et nombreuses secouent chaque jour et chaque nuit nos banlieues. De nombreux auteurs - écrivains, chanteurs ou cinéastes - avaient bien sûr prévu le phénomène depuis longtemps et mis en garde nos élites. En effet, que des personnes désespérées et vivant des dans conditions épouvantables en arrivent à de tels agissements n'est en rien surprenant. Cela semble même tomber sous le sens, comme le veut l'expression populaire.

    Ainsi - par conséquent - si les agissements en question sont certes illégitimes et particulièrement injustifiables, ils sont parfaitement compréhensibles.

    Il aura donc fallu cela - une flambée de violence spectaculaire - pour que certains de nos hommes politiques, de nos penseurs ou de nos journalistes, comprennent l'ampleur et la gravité de la question sociale dans ces zones - dans ces quartiers et dans ces villes.
    Il aura donc fallu cela pour qu'ils comprennent l'impérieuse nécessité de lutter rapidement et efficacemment contre la pauvreté, l'insalubrité et l'insécurité dans nos banlieues.

    Avant qu'il ne soit encore plus tard que trop tard.

    On évoque désormais la nécessité d'un "Grenelle des banlieues". L'expression revient ainsi de plus en plus ces jours-ci.
    At last.
    Ce n'est pas trop tôt, comme dirait l'autre.

    Mais au-delà de ce simple et facile constat, la question qui se pose est celle du traitement de cette violence. Et c'est bien là tout l'enjeu du débat.

    Ainsi, c'est précisément sur ce point que vont s'illustrer - par leur étroitesse d'esprit - les mêmes qui ne comprennent pas que l'on puisse être libéral et social. Une fois n'est pas coutume.
    Les mêmes qui manient l'amalgame avec talent, en tout domaine et en toute occasion.
    Les mêmes qui manipulent les esprit dans l'inique dessein de soigner leurs névroses.

    Car en effet, l'alternative me semble évidente :
    - soit l'on justifie - à des fins notamment électorales - des crimes et des délits ignobles, et je crois par conséquent que l'on prépare un nouvel et explosif "21 avril" - avec un deuxième tour sans candidat de gauche en 2007.
    - soit au contraire, l'Etat lutte sans relâche contre une minorité de criminels agissant à l'endroit même où des dizaines de milliers de pauvres, malades ou désoeuvrés restent malgré tous leurs maux dans le cadre de nos lois républicaines.

    En effet, en stigmatisant une minorité, Sarkozy me semble effectuer clairement la distinction entre "fauteur de trouble" et - en vrac - "jeune, immigré, chômeur, rappeur, musulman, habitant de cité, maghrébin, africain, et caetera".
    Cette distinction - dans l'opinion publique - est essentielle.
    A défaut, il y a fort à craindre que le débat politique ne se résume à un dialogue extrême-gauche contre extrême-droite, poussant les démocrates et les républicains à déserter le champ politique pour rejoindre des terrains plus délicats.

    Pour ma part, j'ai un rêve.
    Celui d'une société dans laquelle les individus seraient courageux – moins lâches. Une société où l’honnêteté intellectuelle serait érigée au rang de valeur fondamentale. Concrètement, un ensemble social où chacun serait apte à reconnaître ses erreurs, ses limites, et à prendre en compte l’intérêt général de l’ensemble social qui lui permet de survivre.

    Mais ce raisonnement devient inepte dès lors que l'ensemble social n'assure plus la survie de chacun de ses membres.

    Et c'est exactement l'enjeu même du débat.

    La refonte - par delà nos Institutions - de notre façon de comprendre et de faire la politique.
    La construction d'un nouvel idéal social et économique qui prendrait en compte chacun des acteurs - passifs ou actifs - qui constituent aujourd'hui notre société.
    L'acceptation définitive et constructive des différentes composantes sociales, relgieuses et ethniques formant aujourd'hui notre nation.
    La compréhension de l'importance majeure de chacune de ses composantes dans l'avènement et la pérennisation d'une société tolérante, libérée de ses entraves idéologiques, économiquement prospère et redistributrice.

    « Au milieu de la grande barbarie naturelle, les êtres humains ont parfois (rarement) pu créer de petites places chaudes irradiées par l'amour . De petits espaces clos, réservés, où régnaient l'intersubjectivité et l'amour». Michel Houellebecq.

    www.unsibeaubordel.blospot.com
    Damien Damien
  • Pascal SIMONI
    Le 07 Novembre 2005 à 21 h 59 min
    Mr le premier Ministre,

    Dans votre article vous nous parlez du contrat d'accueil et d'intégration au CANADA, ce qui me parait etre un acte solennel fort positif.
    Cependant en France, nous possédions un service nationale qui inculquait aux jeunes des valeurs républicaines et de solidarités.
    Si je ne m'abuse, le service national obligatoire a vu sa fin s'annoncer lorque vous étiez en place à Matignon.
    Pour mémoire :

    En 1996, vote de la réforme du service national avec un rendez-vous citoyen de 6 jours à partir de 2002, étendu aux filles en 2003. Engagement volontaire pour un service national de 9 à 24 mois qui peut être effectué dans la défense, la solidarité, la coopération internationale ou humanitaire.
    Le 8 novembre 1997 : promulgation de la loi 97-1019 du 28 octobre 1997 portant la réforme du service national.
    Début de la professionnalisation..

    Aujourd'hui l'armée recrute...mais ne remet plus des personnes dans le droit chemin avec une formation qui était parfois plus que nécessaire.

    Merci de m'avoir lu.

    Pascal SIMONI
  • François Balley
    Le 07 Novembre 2005 à 21 h 51 min
    Tout le tralalala est de retour. Je viens d'entendre Villepin à TF et il n'a pas pu s'empêcher en dernier lieu de nous envoyer son sermon sur le racisme qui existerait en France et qui, toutes les études le prouvent (sic!) est un phénomène de société.

    Qu'on ne vienne pas raconter d'histoires.
    Ces jeunes que touchent le chomage. Ils ont au maximum 20 ans et devraient encore être scolarisés. Sinon, dans le Languedoc, on recherche, vainement, 3500 maçons, qui est pour? Personne.
    Quand on veut bosser, a fortiori quand on est jeune, on peut TOUJOURS trouver du boulot.
    Mais il est probablement plus confortable de se créer un bout de terrain sans foi ni loi pour y faire les deals que l'on souhaite. Se payer des fringues de marques, rouler en Béhème, voilà ce qui les intéressent.
    Je suis gérant de société et je roule en mégane commercial afin de pouvoir récupérer la TVA sur ce produit de "luxe". Je suis toujours dans la tranche qui n'a droit à rien mais qui paye pour tout le monde.
    Moi, ça commence vraiment à me chauffer tout cette M..... Et je prédis pour bientôt un retour du baton qui va mettre la France sans dessus dessous. Les politiques feraient mieux de prendre le problème à bras le corps avant qu'il ne soit trop tard.
    Une fois que le seuil de tolérance sera dépasser, il sera très difficile de tout faire rentrer dans l'ordre.
    PS : Je vous donne une solution. Si vous pouviez la transmettre à vos amis politiques :
    Rendre les parents coupables des exactions de leurs enfants.
    François Balley
  • Serge Hartmann
    Le 07 Novembre 2005 à 20 h 42 min
    Cher Monsieur Juppé,
    Un des principes fondateurs de la république est que la loi est la même pour tout le monde. Un crime doit être jugé et condamné, quelque en soient les motifs.
    Dura lex, sed lex.
    Qu'il s'agisse d'un petit trafiquant de banlieue ou d'un grand magouilleur des hautes sphères - quand un citoyen sait qu'autour de lui existe l'impunité, il ressent une profonde injustice.
    Celui qui paie ses contraventions, qui parfois est persécuté par le fisc même quand il est de bonne foi, ne comprend pas que d'autres personnes soient au-dessus des lois et puissent commettre tous les jours des crimes impunis.
    Cela le touche directement - lorsqu'il se fait agresser, ou qu'il a tout simplement peur de sortir de chez lui.
    Il n'est pas question dans mon propos de différencier les "bons français" des "méchants étrangers". Le principe est bien plus simple que ça : une république forte doit se donner les moyens de faire respecter ses lois.
    Serge Hartmann
  • Santa S
    Le 07 Novembre 2005 à 18 h 50 min
    Bonjour,

    Merci de votre disponibilité et des propos fermes mais mesurés, prudents mais éclairés de votre dernier post.

    Je voudrais vous dire que j'ai cotoyé de ces jeunes racailles. C'est quasi inévitable quand on a une vingtaine d'années parce que leur idéologie (simpliste) est à la mode. Hélas oui, ces jeunes sont à la mode. Allons donc, ils ne sont pas en manque d'intégration, croyez-moi. MAIS ils sont totalement "drivés" par la TV. Et c'est la TV qui divise les uns et les autres. Ces jeunes ne rêvent que de Porsche et de mannequins esclaves sexuelles. C'est bien cela qui les éloigne du travailleur besogneux (soit 75% des Français). Pas la politique d'intégration. Eux, ils veulent le "living large", et comme ils le veulent tout de suite, et bien il reste le crime. Et ses actes de bravoure. Et si en plus ceux-ci sont médiatisés (encore la TV) alors leur allant est décuplé. Et voilà comment on aboutit à la situation actuelle. Le quart d'heure de célébrité se prolonge comme on peut.

    Il est également à la mode de prendre le Français pour un con, un lâche, un benêt. Tous les enfants qui sont dans des écoles primaires et au collège avec une forte mixité sociale le savent. Les enfants français d'origine ceci ou cela, disent je suis 'ceci" ou "cela". Ils ne disent pas "je suis Français". La France est un pays magnifique. Je suis Française et fière de l'être. La France donne tous les moyens nécessaires à chacun de s'intégrer.

    Les allocations familiales, l'école et l'université gratuites. Ca, c'est des moyens d'intégration. Maintenant, si chacun préfère se bercer d'illusion devant la télévision et jouer au cowboy, c'est la faute de la télévision, pas de la politique d'intégration.

    Si on reparle de discrimination positive, je crois que là, ce sont les Français de souche, n'ayant pas de travail, qui vont descendre dans la rue. De la fermeté, un peu de sérieux, un peu d'autodérision, voilà ce qui manque à ces jeunes de banlieues en mal de publicité.

    Merci de votre attention. Et je me permets d'ajouter qu'il faut avoir grandi avec ces jeunes là pour comprendre tout ça sans être sujet à des faux semblants. Cela dit, si vous interrogez les jeunes des lycées actuellement, il y a un conformisme tel dans le discours "officiel" des jeunes qu'on vous dira "ces jeunes sont des victimes" blah blah blah... C'est aussi la peur qui fait tenir ce discours. Personne n'ira se distinguer en disant : "oui, ces mecs-là, ce sont des jeunes avec un excédent de connerie. Et ils se montent la tête parce qu'ils cultivent l'esprit de clan et se croient invincibles. Ils croient qu'ils vont pouvoir imposer leur loi au monde. Comme dans les films". Ne leur parlez pas de bosser et de gagner honnêtement leur vie. Ca, c'est pour les caves de Français. Un alibi bien commode pour ne pas avoir à bosser : "ouais, de toute façons, ils recalent toujours les Arabes et les Renois aux entretiens". Faux et archi faux. Un Arabe ou unn Renoi qui s'exprimera très bien en entretien, il est évident qu'il fera forte impression. Et qu'il sera bien utile dans une boîte. Mais pas un qui arrive en trainant les pieds avec un air frondeur, et qui parle sur un ton désagréable.

    Merci.
    Santa S
  • william biard
    Le 07 Novembre 2005 à 17 h 27 min
    Intégration
    Je suis d'accord avec vous M. Juppé, il n'y a pas de modèle transposable et chaque pays possède en soi ses propres solutions.
    A Outremont, Juifs ashkenazes et Libanais sont venus avec leurs richesses. A Montréal, les Italiens avec leur sens du labeur, à Montréal-Nord les Haïtiens avec leur misère. Alfredo Pisapia, multimillionnaire italien de Westmount du BTP (Pisapia Inc) me disait, à propos de son succès: "je ne fais pas de préférence aux Italiens, mes ouvriers sont italiens, mes architectes français, mes ingénieurs allemands, mes avocats juifs. A chacun ses compétences".
    On en est loin ici en France. Depuis 30 ans que je vis dans ce pays, je vois un communautarisme nié.
    Or, paradoxalement, je crois que ce communautarisme est nécessaire à l'intégration. Les Grecs ont besoin de leur quartier grec, les Chinois de leur quartier chinois etc... non pour y vivre mais pour s'y retrouver, y retrouver leurs racines, les valeurs de leurs parents immigrés et mesurer tout l'avantage qu'ils ont à avoir adopté leur nouvelle nationalité avec ses propres valeurs.
    Les Juifs ne sont pas dans un ghetto à Outremont, ils vivent dans tout Montréal mais s'y retrouvent pour être heureux d'être ensemble, tout comme les Grecs de la rue Saint-Laurent. Par contre, à Montréal-Nord, nous avons laissé un ghetto Haïtien s'installer avec toutes ses conséquences.
    La différence entre ghetto et quartier ethnique doit être mesurée. Empiler des immigrés les uns sur les autres, des Turcs avec des Arabes (qui se détestent), des Maliens musulmans avec des Gabonais chrétiens, dans une sorte d'apartheid caché, comme on le fait en France, ne peut qu'engendrer la violence. Les disséminer dans la population peut-être l'une des clés. Mais pas la seule.
    Par contre le quartier ethnique, en tant que lieu de rencontre et de commerce, de retour aux racines comme dans un musée, est, il me semble le signe d'un début d'intégration. Celà signifie que les immigrés de première génération ont trouvé leur place économique légale dans la société, tout en faisant bénéficier leurs hôtes de leur culture. C'est ainsi que l'on a plaisir à se promener dans le XIIIe à Paris pour découvrir les différentes cultures asiatiques.
    Or que constate-t-on en France depuis trente ans: que ces quartiers se créent peu à peu, à Bordeaux St-Michel avec les rues arabes et espagnoles, et inévitablement (puisque paradoxalement c'est vital à l'intégration) mais dans la difficulté.
    En effet, contrairement à tout bon entendement, les banques françaises, plus soucieuses de gestion actionnariale que de capital risque, n'investissent pas dans les micro-entreprises, pas plus pour les Français que pour les immigrés d'ailleurs, contrairement à ce que font les banques canadiennes (Un ami banquier québécois me disait, il y a longtemps: "quand j'investis dans dix projets, s'il y en a un qui réussit, je suis remboursé des neuf autres, s'il y en a deux, je fais mon bénéfice"). Sur l'exemple de la tontine asiatique, modèle mondial s'il en est, il est urgent de détourner les immigrés des économies parallèles dans lesquelles la xénophobie ambiante et inévitable, les enferme. L'argent a toujours attiré l'argent et dans leur rage de vouloir être intégrés, les jeunes réclament avant tout des emplois. Laissons les s'organiser entre eux en toute confiance selon leurs motivations en leur donnant l'impulsion économique de base, mais pas une impulsion venue de l'Etat, une impulsion venue du monde économique. Les allocatons par milliard, non. Les crédits à l'initiative économique oui et qui tienne compte des réalités de terrain.
    william biard
  • Sofia Silicy
    Le 07 Novembre 2005 à 15 h 01 min
    Monsieur, Je suis quelqu'un qui ne fait pas de politique en général, sauf pour aller voter et c'est souvent l'intégrité du candidat qui me motive plutôt que sa couleur politique. Je suis tellement effarée et abasourdie par la mollesse de la réaction de l'Etat depuis dix jours que je scrute les blogs politiques des uns et des autres pour comprendre ce qui se passe en France. Partout ailleurs, dans le monde, ces émeutes n'auraient pas été tolérés plus de trois jours et en France, elles durent depuis dix jours sans rien qui permette de présager qu'elles vont s'épuiser d'elles-mêmes ! On a des tueurs absolument inconscients qui sont dispersés dans tout le pays et tout cela passe comme si c'était une fatalité ! Personne ne veut prendre la situation à bras le corps et en attendant, les ennemis de la République avancent sans rencontrer de résistance ! Et jusqu'où ? Et jusqu'à quand ? Je dois dire que je ne suis pas française de souche, mais naturalisée à la suite d'un mariage avec un Français de souche. J'ai, toutefois, pleinement adhéré aux valeurs de la République française, et considéré mon intégration à la France comme un grand honneur. C'est comme un mariage. Cela implique une loyauté et le respect des lois. Or, il me semble que les immigrés qui posent problème en ce moment, refusent du fond du coeur d'être français et gardent les yeux fixés sur leur patrie d'origine, bref, à l'étranger. A partir de là, comment pourraient-ils s'intégrer ? Ils entretiennent dans leur coeur une haine pour la France et la justifient par le colonialisme et la situation des banlieues. Ils n'arrivent même pas à comprendre qu'un ministre de l'Intérieur a le droit et le pouvoir de les réprimer quand ils font des actes répréhensibles parce qu'ils ne reconnaissent pas son autorité ! C'est pourquoi, il me semble que vous êtes sur la bonne voie en pointant la procédure de naturalisation. C'est quand même à celui qui est accueilli dans un pays, (et qu'on ne parle pas de travailleur exploités en France, car beaucoup d'immigrés non maghrébins se sont trouvés dans le même cas), selon moi, à faire les efforts pour se faire aimer par le peuple autochtone et à s'adapter à ses valeurs, non le contraire ! C'est la norme partout et tous les immigrés ont agi de la sorte ! Il me semble qu'en France, c'est vraiment l'adhésion aux valeurs républicaines qui forme le ciment entre les provinces, les classes, les origines des gens ! Et j'ai pu constater que les maghrébins qui acceptaient de s'intégrer trouvaient du travail et vivaient comme tout le monde en étant acceptés par les autres. Il me semble donc que vous avez raison et que la question cruciale est dans la volonté du candidat à s'intégrer. Cordialement.
    Sofia Silicy
  • Maurice Maouani
    Le 07 Novembre 2005 à 14 h 57 min
    Ce qui se passe n'est pas la conséquence de l'échec de telle ou telle politique de la ville...

    Si on arrête 5mn la langue de bois, il y a toujours eu des nantis et des pauvres, des guettos et des beaux quartiers, des chanceux et des malchanceux. Propos dérangeants, mais terriblement réalistes, que ce soit à l'échelle de notre ville, pays, continent, de notre histoire ou de la planète.

    Plus sournois est à mon sens la dictature de l'image. Ce matin, les journaux publient la carte de France (ou plutôt le hit-parade) des voitures brulées. 25 à Bordeaux, 38 à Lille, 33 à st-Etienne, etc ...

    Sous couvert de la bienséante liberté de la presse, la machine à faire de l'audience est lancée.

    L'information (nauséabonde de préférence) est devenu un bien de consommation. On n'informe plus pour informer, on informe pour vendre. Et ça c'est inacceptable.
    Ce n'est pas d'un énième plan de traitement du malaise social des banlieues que l'on jugulera le problème.

    Coupez les émetteurs de télévision et de radio pendant 1 mois et nous y verrons plus clair.

    Que les marchands d'image ou de papier cessent de se drapper dans leurs idées bien pensantes. Ils ont une lourde responsabilité dans la déliquescence de notre société et la morosité galopante
    Maurice Maouani
  • un élu local -
    Le 07 Novembre 2005 à 14 h 39 min
    Avec toute l'admiration que j'ai pour vous, Monsieur Juppé, il n'en reste pas moins que nous n'avons pas affaire ici, loin s'en faut, à une question d'intégration. Ces gamins sont français, né en France et la plupart d'entre eux ne connaissent leur pays que parce que leurs parents parlent la langue d'origine. Le problème est surtout dans le déphasage des valeurs de ces gens avec celles de nos mondes - et je ne parle volontairement pas des valeurs républicaines.
    Depuis peu de temps, enfin, les trafics de grande ampleur de leurs grands-frères sont stoppés et les contrevenants arrêtés. Voilà qui met fin à l'argent facile, à l'écran plasma changé tous les trimestres, aux téléphones portables dernier cri, aux voitures sur-équipées... Comment faire accepter à des gamins qui voient l'argent affluer que pour vivre, il faut aller à l'école pour apprendre pui travailler. Pourquoi cet effort quand en plus, l'argent de poche est donné par l'Etat (la situation de chomeur est un simple paravent) ?

    Nous parlons d'effort et de respect de la loi à des enfants qui vivent dans la facilité et l'illégalité.

    Alors sachons dire stop.
    un élu local -
  • Etienne Luneau
    Le 07 Novembre 2005 à 00 h 47 min
    Monsieur Juppé,

    Je partage votre inquiétude, pour ne pas dire angoisse, face à la situation dans nos banlieues, où les incidents se multiplient sur tout le territoire.

    Tout comme vous, je ne sais pas si nous sommes capables de tous nous rassembler au coeur de notre très chère "unique et indivisible patrie", qui se doit d'assurer l'intégration de nous tous.

    J'ai le sentiment que tout cela va encore faire monter les sentiments extremistes et réactionnaires et ainsi faire le jeu de l'extrême droite... à 18 mois de la présidentielle.
    Et je vois déjà le scénario du 21 avril 2002 se profiler à nouveau avec JM LE PEN au second tour avec une véritable "chance" de l'emporter.

    Et pourtant il nous faudra éviter cela et même si, aujourd'hui, rien ne semble pouvoir être fait pour contrer cette montée de la violence dans nos banlieues, il nous faudra nous remonter les manches.
    Il nous faut tout d'abord arrêter, juger et punir tous ceux qui ont commis des violences.
    Il nous faudra ensuite proposer à ceux qui veulent s'en sortir, des solutions nouvelles pour qu'enfin l'ascenseur social fonctionne et que chacun d'entre nous puisse apporter à la France ses compétences et son savoir-faire.

    Alors même si la situation n'est pas très encourageante ces jours-ci, il nous faut aller de l'avant et être force de propositions pour qu'enfin la France retrouve un modèle d'intégration économique et sociale pour toutes les françaises et tous les français: riches, pauvres, jeunes, vieux, blacks, blancs, beurs, d'ici ou d'ailleurs.

    La mobilisation et l'implication de tous, et donc avec vous Monsieur Juppé, sont la seule voie pour permettre à la France d'évoluer dans le bon sens.

    Cordialement.

    Etienne Luneau
  • Andrée Comtois
    Le 05 Novembre 2005 à 13 h 54 min
    Bonjour M.Juppé,
    Je lis régulièrement vos textes, et je les trouve la plupart du temps instructifs et accrocheurs, ils nous donnent le goût de nous informer plus sur ces sujets. Merci pour ça.
    Dans quelques uns de vos derniers textes, vous faites référence à l'accueil fait aux immigrants ici, que tout serait beaucoup plus facile ici pour eux.
    Je pense que la réalité est très différente. Quand vous habitez Montréal, si vous habitez à Outremont et l'autre personne habite à Montréal Nord, c'est très près et très loin en même temps.
    Beaucoup de gangs de rue, la plupart formée de jeunes haitiens sont présentes dans le secteur nord (plus pauvre) de la ville. Les apparts à $400 par mois ne sont pas disponibles partout. Vous pouvez habiter montréal pendant des années, et ne jamais croiser cette réalité. L'exemple de cette jeune fille de 18 ans, interviewée à l'occasion d'un reportage sur la communauté juive de Montréal. Elle nous disait que jusqu'à ce qu'elle fréquente l'université, elle croyait que Montréal n'était habitée que par sa communauté! Vous direz que c'est une question d'éducation, oui mais c'est une image.
    Je crois que tout n'est pas si simple pour les nouveaux arrivants. Nous sommes peut-être plus tolérents que d'autres, mais ça n'est pas une règle. Il y a une grande différence à l'accueil selon votre pays d'origine.
    A une prochaine

    Andrée Comtois
  • Hugues de Fombelle
    Le 04 Novembre 2005 à 18 h 08 min
    Mr Juppe,
    Par la magie de la blogosphere, j’ai découvert ce texte. Je le soumets à votre lecture attentive. C’est la première fois que je lis un propos décryptant avec autant de finesse intellectuelle la confusion de vocabulaire française du mot libéral et de ses dérivés. Il y du Aron dans ce Daniel Riot, l’auteur. Avant d’agir, il faut d’abord comprendre. Ce texte nous y aide fortement. Cordialement.
    ----------------------------------------------------------------------------------
    Nous sommes dans une crise du sens et des valeurs, qui naît d’abord d’entreprises de détournements sémantiques. Le mot "LIBERAL" notamment est complètement détourné de sa signification, des valeurs qu’il incarne. Ce n’est pas un mot de droite ni de gauche : c’est un mot-valeur, un mot-sens. Pourquoi ne pas s’y attarder ?
    Sans doute les indispensables traductions accentuent-elles les difficultés... Les mots n’ont pas le même sens, ni la même valeur, d’une langue à l’autre, surtout quand ils se rapportent plus à des concepts, des idées, des idéaux, qu’à des réalités, des faits, des choses... Piègés, les mots ! A prendre « comme les ailes d’une mouche », redirait Pascal Guignard. « Libéralisme » fait partie de ces mots détournés de leur sens, trahis, défigurés, empoisonnés.
    L’un des « scandales » (un mot qu’adorait Marchais !) de la campagne référendaire française vient du fait que des esprits intelligents ont réussi à transformer le mot « libéral » en « gros mot », en insulte, en repoussoir.
    A quoi renvoie le mot « libéral » ? A ce qui se rapporte à la Liberté et aux Libertés.
    Liberté : un mot phare. Un mot de Lumière. Qui peut se permettre de le salir, de l’insulter ? Celles et ceux qui ne veulent pas lui donner autant de sens que de valeur. Celles et ceux qui ne se rendent pas compte que la Liberté est un combat incessant, et que les libertés sont des conquêtes sans cesse à consolider, à protéger, à renforcer.
    Si « J’écris ton nom : LIBERTÉ », comment puis-je oser raturer, déchirer, insulter les mots « libéral » ou « libéralisme » ? Si les mots sont piègés, c’est la plupart du temps parce que, par facilité, donc par paresse, par ignorance ou méconnaissance, par souci de caricaturer, par soumission aux « doxa » à la mode, on les coupe de leurs racines et on pratique ces amalgames et ces confusions qui font tant de ravages...
    Trois confusions relèvent particulièrement de ce que Michel Rocard appelle justement un « déficit de culture économique et politique » : libéralisme, capitalisme, libre-échangisme...
    Le premier congrès de la « Gauche européenne » qui vient de se terminer par une « Déclaration d’Athènes », généreuse dans ses objectifs mais naïve (donc dangereuse) dans ses formulations, illustre trop bien ces "détournements de sens", ce "kidnapping des réalités" et les fuites qu’ils trahissent...
    Ce qui est nommé « politiques néo-libérales » et « néo-libéralisme » désigne en fait l’ « hyper-capitalisme », ce « capitalisme financier et prédateur » qui n’est ni dans les traditions chrétiennes-démocrates, ni dans les socialistes, humanistes, personnalistes qui ont fait ce que « l’Europe » a de meilleur en elle.
    Nous ne le disons pas assez ; Les États-Unis, par exemple, ne sont pas une puissance « libérale », mais un empire « capitaliste ». Les « néo-conservateurs » de Londres, de Chicago et d’ailleurs, ne sont pas des « libéraux » mais des... conservateurs. Le marché et la démocratie ne sont pas synonymes : la Chine l’illustre trop bien.
    Le Conseil de l’Europe a été bâti sur l’idéal libéral, cet idéal de LIBERTE qui prend valeur et sens grâce au Droit, un Droit fondé sur ces droits de l’Homme que contestent tous les anti-libéraux, tous les ennemis de la Liberté et des libertés, de droite et de gauche.
    L’Union européenne a été construite sur l’idéal libéral, cet idéal de LIBERTE qui prend valeur et sens grâce à la paix, à la sûreté intérieure et extérieure, à une prospérité partagée, à une organisation sociale qui concilie épanouissement individuel et solidarité collective.
    Que la géo-finance internationale et cette « économie casino », favorisées par les nouvelles technologies, une « globalisation » mal maîtrisée et une mondialisation... insuffisante, porte atteinte à ces mariages de la Liberté et de la Solidarité, du Droit et de la Justice, des intérêts particuliers et de l’intérêt général, c’ est une évidence. Que les « maîtres du monde » (qui ne siègent pas à Bruxelles) aient tendance à oublier que « le laisser-faire et le laisser-passer » ne signifient pas « laisser faire et passer n’importe quoi, n’importe comment et à n’importe quel prix », c’est une réalité flagrante. Que les combats doivent être intensifiés, à tous les niveaux, pour instaurer plus de justice dans tous les secteurs, et pour placer l’Homme au cœur de toute action humaine, c’est un constat incontestable.
    Mais la mode de « l’anti-libéralisme » cache en fait une peur de la Liberté, de cette liberté qui rime avec responsabilité. C’est tellement plus facile de pratiquer une culture d’opposition, de revendication, de contestation, qu’une culture de l’action, de l’amélioration, d’un progrès qui ne devienne pas synonyme de régression.
    Les détournements de vocabulaire, surtout quand il s’agit du « mot Liberté », sont en fait le miroir d’un détournement du regard : ce sont les réalités qui sont souvent difficiles à regarder. Bien des crises naissent des conflits entre l’imaginaire, qui nourrit la pensée idéologique, et le réel. Ce réel, on peut le changer en bien, grâce à des idéaux et à des idées qui partent des réalités et ne les nient point. C’est sans doute à gauche, aujourd’hui, qu’il importe de réhabiliter le plus le mot LIBÉRAL

    Hugues de Fombelle
  • a g
    Le 04 Novembre 2005 à 17 h 53 min
    Attention Monsieur Juppé, vous vous lepenisez là, la faute aux étrangers, a l'immigration, bien sur...
    Ces etrangers qu'on etait bien content de trouver à une époque pour construire nos routes, nos voitures et que l'on jette ou stigmatise quand on en a plus besoin.. Cette logique on la connait déjà bien dans les entreprises ou l'on se sert des gens comme des kleenex...
    La dignité humaine regresse
    Vous appelez à "vouloir vivre ensemble", mais qu'est ce que vous pensez que cela signifie ?.. Vous pensez que dans les ghettos de Neuilly on est pret a faire quelque chose de sérieux pour les ghettos des banlieues ?
    Il faut des moyens pour ameliorer le sort des banlieues, et les moyens on sait ou ils se trouvent, faudrait commencer a le comprendre, au lieu de gerer l'elastique à la limite de la rupture...
    Parce que c'est cela que signifirait "vouloir vivre ensemble"
    Mais plus on est riche, plus il doit etre difficile de partager hein
    a g
  • Alexandre urwicz
    Le 03 Novembre 2005 à 20 h 21 min
    Cher Alain,

    En Algèbre, on dit qu’il faut toujours revenir à l’origine du problème pour tenter d’y voir plus clair puis d’envisager de trouver des solutions. L’équation de notre banlieue est finalement assez simple, mais les solutions peuvent être multiples… L’application d’une solution doit intervenir sur une génération entière et non pas sur une ou deux mandatures. L’énorme majorité des délinquants correspond à des enfants en difficulté, achevant souvent leurs études dans les SEGPAs et autres ZEP. Je pense qu’il faut même agir en amont et donner un pouvoir d’autorité incontesté aux profs des écoles qui en sont bien la première forme, aux yeux des enfants. Si cette première forme est démissionnaire, peu confiante, déprimée et non motivée, le danger se crée bien là. L’enfant verra sa révolte acceptée ou tolérée et construira son modèle sur la contestation au frontière de l’inacceptable. On connaît la suite. Il faut donc permettre aux profs d’agir avec des moyens adéquats. 1. Une instruction civique renforcée dès le plus jeune âge, inculquant les notions de citoyenneté et de respect de l’autre. 2. Des visites de professionnels plus nombreuses : magistrats, policiers, juges afin de matérialiser les barrières réelles de notre pays. 3. Mobiliser les parents. On instruit à l’école mais on n’élève pas l’enfant. Il faut aller plus loin sur les possibilités graduelles de sanctions financières ( Bref, je suis énervé car nous avons des hommes politiques qui échafaudent sur le court terme, comme les spéculateurs financiers. Aucun empire financier ne s’est établi par une spéculation (j’ai 15 ans de finance internationale dans les pattes… !), aucun système de répression ne fonctionne dans l’instant. « Tu ne brilleras point mais tu dureras…. ». A méditer.
    Alexandre urwicz
  • Jean Philippe Eliard
    Le 03 Novembre 2005 à 18 h 35 min
    Monsieur,
    Il est étonnant que nulle part, ni dans vos propos sur ce sujet des banlieues, ni dans les réactions, il ne soit question d'éducation.
    Je ne suis pas spécialiste d'éducation, ni de sociologie, ni des banlieues, et encore moins du "conrat social", mais je pense que le problème des ces "jeunes des banlieues" est lié (ente autres) à un problème d'éducation. Est-ce que des enfants de 10 à 18 ans, ayant reçu une éducation "normale" de la part de leurs parents, restent à zoner tard le soir, brûlent ds voitures, volent, se livrent à des trafics en tous genre, ... ??? Est-ce cela, de la part de parents, que remplir sa part du contrat social ?
    Je pensais naïvement qu'une soirée de collégien, en semaine, devait être remplie entre dîner et devoirs.
    Parlez-en aux profs de collège de ces ZEP ...
    Arrêtons l'hypocrisie de l'égalité des chance qui n'existerait pas. Ceux qui veulent avoir les mêmes chances de réussite sociale que les autres devraient commencer par travailler en classe et le soir. Ce n'est pas cela qui coûte cher.

    Cordialement

    J Ph Eliard
    Jean Philippe Eliard
  • Louis Antoine Thillet
    Le 03 Novembre 2005 à 17 h 10 min
    Il faut avoir en tête de favoriser le sentiment d'appartenance à une communauté nationale, qui implique des droits, bien entendu, mais aussi des devoirs. Nous devons développer à nouveau un sens de la responsabilité, qui est la condition même du pacte républicain et de la solidarité nationale. (...)
    Au-delà du lien qui s'établira entre les citoyens et la Nation, imaginer un service national rénové, c'est aussi répondre à l'attente des jeunes de notre pays. Hier, faire ses premiers
    pas dans la vie sociale et professionnelle était une démarche naturelle et presque spontanée ; aujourd'hui, c'est devenu pour beaucoup une épreuve redoutable. Or, en perdant confiance en l'avenir, c'est en eux-mêmes que de plus en plus de jeunes Français pourraient perdre confiance.
    Ce phénomène est grave : une société qui se révélerait incapable de faire une place à sa jeunesse serait menacée de péril. Le nouveau service national doit donc être un élément essentiel de notre démarche, pour donner aux jeunes générations les moyens de trouver leur autonomie, et d'affirmer un lien renouvelé avec la Nation. C'est dire que l'enjeu des discussions que nous avons aujourd'hui est décisif pour l'avenir de la collectivité nationale.

    ( extraits du discours de Monsieur Alain Juppé au Sénat et concernant la suppression service militaire. )
    Dommage que l'on ne vous ait pas entendu... que de temps perdu.
    Louis Antoine.
    Louis Antoine Thillet
  • Sylvain de Mullenheim
    Le 03 Novembre 2005 à 16 h 46 min
    La banlieue ressemble de loin au point de croisement de plusieurs plaques telluriques. Elle est d'abord une tentative de créer une ville hors de la cité, d'où le clivage entre son architecture bétonnée et l'attrait du centre. Elle est aussi le point de friction entre deux populations, autochtone et immigrée. Elle devient ensuite une épine entre deux systèmes, celui de l'intégration traditionnelle voulue sur le papier, et celui des ghettos de la réalité. Au delà, se profile la lutte entre le modèle économique français en déclin, et celui qu'impose au quotidien la première puissance mondiale, pour lequel la banlieue est cruellement défavorisée en terme de formation et de capital. Cerise sur le gâteau, la banlieue devient l'expression du malaise des sociétés européennes face au déclin de leur foi religieuse, qui a bâti leur civilisation, et à la vitalité parallèle de l'Islam, en proie à de violents remous. Dès lors j'ose modestement penser que le traitement du problème de la banlieue ne relève pas des domaines sociaux et policiers, mais d'une politique intégrée, en déclinaison d'une vision globale. Celle-ci pourrait repenser le rapport de l'individu à ses concitoyens, à son propre avenir et à l'Etat. Les Français du XXIème siècle attendent-ils de l'Etat les mêmes droits et devoirs que leurs aïeux du début du XXème ? Eclaircir la vision que nous avons de nous-même mérite peut-être l'allocation de quelques crédits de recherche... Il doit bien rester un ou deux Montaigne, Montesquieu, Toqueville, Péguy ou autre dans ce pays.
    Sylvain de Mullenheim
  • pierre bénas
    Le 03 Novembre 2005 à 14 h 31 min
    Mais pourquoi tant de haine?
    depuis 3 générations,nous n'avons accumulé que des erreurs,incompétences,inconséquences,aveuglement,égoisme,racisme sournoi,etc....Et maintenant avec le chomage en plus ,c'est la "chienlit"
    les médias se régalent, jettent de l'huile sur le feu,et nos politiques sont toujours aussi irresponsables!Il faudrait une grande manifestation ,avec tous les partis, toutes les confessions, toutes les races, qui irait occuper ces quartiers appelant au calme et a la fraternité; je rève?
    Mais apres, il faut du concret ,du durable , de l'irreversible!
    En sommes nous capables?
    Et l'egalité des chances n'existe toujours pas à l'école!!!!!
    pierre bénas
  • Emilie Dubecq
    Le 03 Novembre 2005 à 14 h 12 min
    Bonjour Mr Juppé,

    Quel plaisir de vous lire! Je me présente : Française, 30 ans, j'ai expatrié les 8 dernières années à Montréal. J'ai acquis la nationalité canadienne en 2002. J'ai eu l'opportunité de vivre cette inoubliable expérience qu’est la cérémonie de citoyenneté, qui ne consiste pas seulement à prêter serment à la reine... Ils vous accueillent chaleureusement et très sincèrement ; ce qui fait un merveilleux pays d’accueil. En effet, ce que vivent les cités actuellement en France, est tout le contraire. En tous cas, vous ne devinerez jamais ma fierté d'avoir adhérer à ce pays. Je suis heureuse de vous voir au Québec, et espère que vous arriverez à importer quelques bonnes idées en France.
    De retour en France depuis un an, cela m'est très difficile de me « réintégrer ». La recherche de travail est une réelle barrière insurmontable, comparativement au Québec. Pourquoi la France n'arrive pas à se sortir de ce trou? Il me semble que nous n’avons jamais cessé de parler du problème du chômage en France ? Je sais que le gouvernement actuel fait son possible mais vous savez, rentrer après 8 ans dans ces conditions, avec du recul, je ne le conseillerai à personne de mon âge.
    Et c'est malheureux car la France est tout de même mon pays natal, mais mon conjoint et moi sommes maintenant obligés, pour des raisons professionnelles, de s'expatrier une nouvelle fois vers l'Angleterre....

    Au plaisir de vous lire,

    Emilie Dubecq
    Est-ce que la première neige a pointé son nez ? Avez-vous profité du merveilleux été indien ?
    Emilie Dubecq
  • Arnold Giocosa
    Le 03 Novembre 2005 à 13 h 35 min
    Constat d'urgence. Que cette question des banlieues et de l'intégration soit mise sur le terrain politique sereinement et très rapidement. Qu'une voie de conciliation soit tracée au plus vite pour éviter que celà ne devienne le centre du débat des présidentielles. Au risque de donner la parole à des "partis" qui ne devraient pas peser autant sur cette étape politique qui je l'espère marquera un tournant pour la France. Et que les partis majoritaires mettent de côté leurs ambitions pour donner un nouvel élan aux Français.
    Arnold Giocosa
  • Noel Melet
    Le 03 Novembre 2005 à 11 h 35 min
    Monsieur Juppé, votre constat sur notre monde français actuel est criant de vérité - nous sommes face à un choc de cultures différentes - nous glissons doucement vers la libanisation de notre pays et bientôt peut-être verrons nous apparaitre des milices d'auto-défense - c'est grave - mais peut-on se laisser menacer voire agresser sans cesse sans réagir ? Les hommes politiques de tout bord refusent de se tendre la main pour régler un problème d'importance. La prévention a échoué - il est temps de reprendre la France en main et de rétablir la véritable paix civile que peuvent souhaiter tous les Français.
    Bien cordialement
    Noel Melet
  • Idir Aït-Hamou
    Le 03 Novembre 2005 à 11 h 26 min
    Bonjour,
    Ce titre un peu rentre-dedans n'est pas spécialement critique envers vous mais reflète mon exaspération face à un véritable problème qui, n'étant en apparence que de mots, fait oublier les actes qu'ils engendrent.
    Ce problème, le voici: comment pouvez-vous écrire une expression comme "immigrés de deuxième ou troisième génération" par comparaison avec "français d'origine"? Je suis fils d'immigré, et suis extrêmement fier à tous les niveaux. Mais je n'accepte vraiment pas qu'on me considère comme un immigré de 2ème génération. La vie de mon père se résume à sa volonté d'intégration pour ses enfants, et par une simple phrase vous regardez cela avec je ne sais quelle recul. Je suis français à 100%. Non pas 50% ou 99,99%. 100% car être français et avoir la considération qui va avec, c'est jusqu'à preuve du contraire avoir ses papiers en règle. Rien d'autre, quoique qu'on en pense. Le problème avec les jeunes qui brûlent des voitures, ce n'est pas qu'ils soient immigrés de 2ème génération en France, mais bien qu'ils soient des français vus comme des immigrés aux aspirations, volontés ou fiertés différentes de la normalité.
    Ils sont français, rien d'autre. Et la République n'a pas à les appeler différemments pour mieux accepter le fait qu'elle les délaissent ou ne les considèrent pas assez.

    Salutations
    Idir Aït-Hamou
  • laurent Tulasne
    Le 03 Novembre 2005 à 10 h 44 min
    Bonjour,

    Je ne peux que vous encourager à lire "la misère du monde" de Bourdieu est ses collègues pour avoir quelques outils de compréhension. Par ailleurs, et cela me désole, on ne peut que constater le divorce d'une classe politique qui fait profession de la représentation ; et du reste de la population. Il est bien évident que dans ce cas, les objectifs avoué et poursuivis sont différents. Si tout le monde avait de quoi vivre décemment, une grande partie des problèmes seraient simplement résolus. Evidement, cela remet en cause les options économiques et politiques depuis plusieurs décennies. Je suis désolé de faire mon "gaucho" mais
    laurent Tulasne
  • sébastien (paris)
    Le 03 Novembre 2005 à 10 h 39 min
    Je pense, comme vous, que la République doit avoir ses propres symboles. A sa façon, c'est aussi une forme de religion : réunir - relier - chaque membre de la communauté nationale autour de règles communes. Elle aussi a besoin de rites. Ceux que vous évoquez ou encore, par exemple, l'absence de signes religieux à l'école.

    Car, face aux mouvements communautaristes et intégristes, la République doit proposer autre chose qu'un corps mou, prêt à se déconstruire sous l'effet des coups de boutoir assénés ici ou là. Peut-il y avoir une cohésion nationale, si l'on oublie, justement, ce que recouvre l'idée de Nation, à savoir le respect de valeurs et de principes qui transcendent (encore la religion !)les individus.

    Sur les violences dans les banlieues, il est à craindre que la propagation se poursuive, par défi aux propos jugés provocants du ministre de l'intérieur et par la focalisation des médias qui suscite la surenchère.

    Comment éteindre un feu qui se nourrit de la frustration quotidienne et de l'exposition ponctuelle ?

    Comme vous, je reste humble. Rétablir l'ordre est un préalable, mais ce n'est pas facile. Et assurer le développement de ces territoires est une gageure, au moment où les marges de manoeuvre budgétaires sont si faibles.



    sébastien (paris)
  • max capdeville
    Le 03 Novembre 2005 à 10 h 39 min
    Dernier blog : gravité !!!
    Le sujet est grave en effet et ce qu'il se passe dans les banlieues parisiennes ne peut laisser personne indifférent, même ceux qui sont éloignés de ces champs de violence : que l'on soit expatrié momentanément au Québec ou habitant les lointaines campagnes de la France profonde. Il est déterminant pour notre avenir commun que soient adoptées "séance tenante" des mesures indispensables pour le retour et le maintien durable de la paix sociale. La seule mesure qui pourrait calmer immédiatement les esprits serait une communication télévisée solennelle du Chef de l'Etat et de lui seul(avant la fin de la présente semaine), qui annoncerait que tout sera mis en oeuvre pour que le dialogue soit rétabli entre la jeunesse et l'Etat. Il devra dire tout d'abord que le personnel de l'Etat et des Collectivités (en particulier policiers, gendarmes, agents municipaux, éducateurs, etc.) affecté sur le terrain des banlieues au quotidien sera véritablement formé pour répondre à ses missions quotidiennes. Des stages mis en place sans délai porteront sur le nouvel aspect comportemental de ces agents, la pratique et l'usage d'un nouveau langage qu'il conviendra de tenir, sur la psychologie de terrain à adopter, sur l'association étroite avec les autorités morales, civiles et religieuses, des banlieues, etc... Dire que des moyens en hommes et en matériels seront affectés avant la fin de l'année. Il devra dire que l'Etat ne reconnaît pas en chaque jeune des banlieues un délinquant potentiel... Nouveau comportement et nouveau langage des agents de l'Etat qui n'excluera pas la fermeté, et la plus vive, quand elle sera nécessaire. Mais il faut de toute urgence regarder les français et les jeunes dans les yeux pour leur dire que, plus jamais, en France, l'Etat et ses représentants ne reconnaîtront pas des droits à chaque personne, chaque citoyen, vivant sur le territoire national. Leur dire que personne en France n'est un paria et ne sera jamais considéré comme tel. Cependant, il lui faudra rappeler ensuite la nécessité absolue du respect du droit par tous, dire avec force que personne n'est et ne sera jamais au dessus des lois. Il lui faudra conclure en disant qu'il est indispensable pour notre avenir commun que les français réapprennent à vivre ensemble, réapprennent à se respecter mutuellement.
    A mon avis tout est là, et pas ailleurs. Quand les gens, dont ces jeunes des banlieues, se sentiront considérés et respectés, quels qu'ils soient, sans considération ethnique, sociale, religieuse, etc. la paix sociale reviendra et s'installera durablement. Les problèmes REELS liés à la prise en charge de l'éducation, de la formation, de l'emploi, du logement, doivent cependant rester prioritaires, parallèlement à l'adoption de ces mesures. Le chaos est engendré par le manque d'espoir et de respect, et il faut que le Chef de l'Etat dise dans son allocution à la France et à cette jeunesse qu'il la reconnaît, qu'il lui donne tout son respect et tout son soutien ainsi que celui de la France...qu'il lui porte ainsi un message d'espoir. Ceci est peut être facile à écrire, pourtant, à mon sens c'est la seule voie vers le rétablissement des valeurs qui ont fait que, quoiqu'en disent des esprits chagrins, le flambeau de l'esprit des lumières de la France, de ses valeurs éternelles, éclaire et sert encore d'exemple et d'espoir à des millions et des millions d'hommes dans le monde.
    max capdeville
  • Joël SOLARI
    Le 03 Novembre 2005 à 10 h 09 min
    Cher Alain,

    Je rejoins tout à fait votre analyse. Le problème est, nous le rencontrons à tout niveau, que nous avons des droits certes mais aussi des devoirs et malheureusement ceux-ci sont trop souvent occultés. La montée de la violence est inquiétante et je pense que ce n'est pas en utilisant des termes extrèmes, qui ne font qu'attiser les haines envers ceux qui les profèrent, que nous pourrons éradiquer ces phénomènes de manifestations de colère et de casse . La concertation et la négociation sont bien plus souvent préférables à la répression ! Ce qui n'empêche pas de punir les casseurs pour retablir l'état de droit !

    Bien à vous,

    Joël
    Joël SOLARI
  • charles b
    Le 03 Novembre 2005 à 09 h 38 min
    Que pensez vous des analyses qui disent qu'entre la gauche qui pré-suppose que nous avons tord à cause de la colonisation ... et de la droite traditionnelle qui ne voit que le rétablisement de l'ordre (avec pour certains un mépris des être humains parl'utilisation de terme type racaille), il faille plutôt traiter ce problème comme celui des pieds noirs qui sont arrivés en France, qui en voulaient à la métropole mais qui voulaient en réalité fortement s'intégrer.

    Que pensez vous du discours d'Azouz Begag ? Et des demandes des responsables politiques locaux qui demandent une police de proximité (proche physiquement et intégré) contrairement à ce qui a été fait depuis 3 ans (exemple d'un commsisaire de Toulouse a qui il avait été reproché de vouloir établir un lien avec certains "jeunes" de banlieu).
    charles b
  • pierre petitbon
    Le 03 Novembre 2005 à 09 h 00 min
    Difficile de dire que les émeutes ne sont dues qu'à Sarkozy. Une fois de plus les jeunes voyous sont excusés et c'est le pompier qui est accusé.
    Le train Paris Granville et inverse s'arrête à Dreux et depuis 15 ans je serre les fesses chaque fois que je le prend. Il faut maintenant une dizaine d'agents de sécurité pour le tronçon paris Dreux ou Inverse. Pas de Sarkozy. La main tendue? Mais ils connaissent parfaitement le système pour vivre dans ce pays où "largent tombe du ciel". L'Islam est né d'un prophète guerrier d'emblée et conquérant dans des zones inoccupées (le christianisme n'a pas ce péché originel puis dans les 350 premières annnées de son existence). Chaque fois qu'il s'est heurté à une force constituée il a échoué (Byzance, Charles Martel...). Constantinople est tombée sous les ottomans seulement 800 ans plus tard! et nous en supportons encore les scories (Ex Yougoslavie) faute de pensée forte et d'analyse occidentale entre la papauté et le patriarchat. Déchristianisés dans les cultes et rites mais pas dans le fond culturel.
    Non le processus rituel de naturalisation canadien ne serait pas cosmétique. Banaliser tout conforte la banalisation de la transgression. La discipline "minimale" et la notion de l'autre n'est pas accessoire.
    Trop facile d'opposer le terrain à la pensée grandiose. Sarkozy est plus gaulliste qu'il n'y parait il résiste à la fatalité. Je ne défend pas la personne je souligne la croisée des chemins.
    Le terrorisme n'est pas seulemnt le résultat des bombes on sait bien qu'il impose d'abord le SILENCE. Il faut bien que ceux qui sont loin de la rétoorsion parlent pour ceux qui a proximité sont condamnés à la fermer
    pierre petitbon
  • jean-claude
    Le 03 Novembre 2005 à 08 h 37 min
    Monsieur le ministre,
    je comprends votre situation selon le camp adverse parce que je suis presque un peu dans la même situation qu'eux tout en étant très différent!

    Au lycée, on me disais souvent que je n'avais aucun avenir en france parce que je ne suis qu'un étranger. aujourdh'ui je suis rmiste. Je fais correctement mes démarches à l'emploi et pourtant les employeurs refusent catégoriquement de me répondre et aujourdh'ui le gouvernement ne sait discuter qu'en terme de sanctions.

    je ne suis pas de nature violente parce que j'ai conscience de ma maturité d'esprit, mais à la place de ces jeunes de quartier comment peut faire pour ne pas sombrer dans la violence et le refus pur et dur de la société française ? surtout lorsque l'éducation nationale, comme moi je l'ai vécu, vous dira à longueur d'année que vous n'avez aucun avenir ??

    comment faire pour ne pas sombrer dans la haine et la violence lorsque la seule réponse en matière d'emploi consiste à financer des postes d'animateurs bafa en contrat précaire (pour ne pas être capable de prendre un logement) qui n'ont pour seule objectif que de financer les partis politiques (socialistes et communistes dans le nord). comment ne pas sombrir dans la conception d'un meutre comme solution finale lorsque les entreprises font exprès de vous considérer comme des moins que rien puisque vous êtes rmistes ??

    moi, je pose beaucoup de questions sur les choix rééls en matière d'emploi du gouvernement français !
    jean-claude
  • Roland De l'Isére
    Le 03 Novembre 2005 à 08 h 14 min
    < La gravité de la situation dans certaines de nos banlieues nous ramène aux vrais problèmes >
    Effectivement, les vrais problèmes qui vous reviennent sur la figure comme "un boulet de canon". Il parraît que l'on récolte ce que l'on sème, et en guise de semence, vous avez beaucoup semé, mais vous n'avez pas était capable de séparer le bon grain du reste. Vous avez gardé le bon grain pour votre conso et avez jeté sur "la France d'en bas" le reste et en plus cela continu encore aujourd'hui, j'en veux pour preuve ce qu'il se passe actuellement.

    < Et pourtant je me sens très directement touché par ce qui se passe en France, par les scènes de violence, par l'exaspération des uns, par l'incompréhension des autres, par cette peur de l'avenir qui est en train de miner notre corps social. >
    Vous êtes de ceux qui avez bien participé. Le véritable drame est que ce que nous vivons et très simple tellement simple que vous êtes dans l'incapacité à voir la réalité en face. Comment pouvez-vous imaginee la vie d'un individu sans aucune ressource financière ? Comment l'imaginer alors que vos ressources JOURNALIERES sont "n" fois supérieure au revenu de misère MENSUEL que vous dispensez généreusement. Etonné que tout explose ? Vous voulez voir la réalité en face ? Je vous conseille 2 choses simples :
    1 - prenez le temps de vivre 1 mois, 1 seul mois avec non pas un RMI mais un SMIC avec toutes les charges que vous avez inventé pour vous gaver.
    2 - dans le même temps prenez votre longue vue et regarder par le bon coté, cela vous évitera d'avoir une vision scotomique de notre cotidien.

    < Je ne suis pas sûr de savoir répondre à ces questions. Je n'ai pas la prétention de connaître le mode d'emploi pour recréer les conditions d'un vrai dialogue. >
    Ha bon ? Pourtant vous avez éteé un Maire, Ministre même un Premier Ministre, et vous ne savais pas ? Mais alors qu'avez-vous fait à part encaisser les "émoluments" dues à vos diverses charges que vos copains vous ont donnés sans vraiment en avoir le mérite ?

    < ... doute. Mais comparaison n'est pas raison. Les conditions historiques, géographiques, culturelles, sociales qu'on rencontre ici sont difficilement transposables.... >
    Surtout ne pas tenter de le faire. Surtout continuons à poser des rustines sur des lois totalement dépassées et adaptées à vos besoins propres. Surtout ne pas chercher une autre façon de vivre, surtout regardez et encouragez les grandes entreprises dont les patrons sont vos grands copain, à "jeter" les salariés à la rue pour gagner toujours, plus. Surtout continuez à alimenter le feu qui couve. Je reste persuadé que le jour où les gens n'en pourront plus vous serez dans l'incapacité hélas (comme toujours) de pouvoir réagir, la France sera à la une des journaux au même titre que l'Iraq.


    Le geste cosmétique et celui que vous (politique) pratiquez. La preuve ? Un domaine simple :
    L'interdiction de fumer dans les lieux publics. Vous avez tellement peur des grands patrons tueurs que l'UMP à voter contre un projet de loi d'un Ministre de votre bord, vous vous êtes tiré une balle dans le pied (une de plus).

    Un français d'en bas que vous tirez chaque mois un peu plus vers le bas.


    Roland De l'Isére
  • Pascal MOULIN
    Le 03 Novembre 2005 à 06 h 38 min
    L'embrasement des banlieues soulève de multiples questions.

    A propos de la grenade dans la mosquée, un responsable de la police a indiqué aussitôt formellement aux médias que le gaz en cause était du gaz poivré, qui n'était pas utilisé dans les grenades dont sont dotés les services de police chargés du maintien de l'ordre.

    Pourtant, Nicolas Sarkozy lui-même reconnaissait lundi matin qu'il s'agissait bien d'une grenade de la police, tout en notant qu'on ne savait pas encore qui avait jeté cette grenade dans la mosquée.

    Tout le monde s'accorde à dire que ces faits doivent être tirés au clair.

    Force est de constater qu'une information a néanmoins été présentée initialement comme certaine : la grenade ne pouvait pas être du type de celles qu'utilisent les services de police; ce qui s'est révélé être faux.

    Quel crédit les habitants de la cité et les fidèles de la mosquée concernée voudront-ils accorder aux résultats de l'enquête lorsque celle-ci sera terminée, après un aussi mauvais début ?

    Plus généralement, la gestion de la crise par l'équipe gouvernementale pose à l'évidence la question de la concurrence entre Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy.

    La fougue du second, resté seul quelques jours à gérer la crise, n'est pas forcément bonne conseillère.

    La concurrence entre le numéro un et le numéro deux du gouvernement n'amène-t-elle pas, consciemment ou non, une phase d'observation – dommageable - sur la manière dont l'autre va s'en sortir ?

    La constitution de ce gouvernement, confrontant au quotidien les ambitions de Dominique de Villepin et de Nicolas Sarkozy, méconnaît, à la vérité, l'intérêt du pays.

    Aussi respectables que soient les ambitions personnelles de ces deux responsables politiques, ces ambitions ne peuvent être au dessus de l'intérêt général.

    Ce qui est en cause ici, ce ne sont pas tant les hommes, qu'une situation objective de "cohabitation" qui se révèle désastreuse, parce qu'elle crée, mécaniquement, une rivalité peu propice au traitement rapide et adapté des difficultés qui se présentent et à la recherche de solutions aux problèmes des Français.

    Beaucoup se souviennent sans doute ce que Jacques Chirac a dit lors de l'interview du 14 juillet 2004 :

    "Ce qui me concerne en revanche, c'est le bon fonctionnement de l'Etat et donc du gouvernement. Comprenez bien que si vous avez un Premier ministre qui a un ministre par ailleurs président du principal parti de la majorité, ça veut dire en clair que vous n'avez plus de Premier ministre. Evidemment parce que la décision, elle est celle du Président, qui s'impose alors qu'il y a un Premier ministre et par conséquent on touche là au bon fonctionnement des institutions et je dirais à l'efficacité gouvernementale, à cette solidarité, à cette collégialité dont je parlais tout à l'heure..."

    "… Le Premier ministre qui, comme dans presque toutes les grandes démocraties, est le chef de la majorité, a naturellement vocation à être le Président. Ce n'est pas le cas d'un ministre, car je le répète : un ministre Président du principal parti de la majorité cela veut dire que le Premier ministre n'a plus aucune autorité et par conséquent pour répondre à votre question si tel ou tel ministre, car il y en a plusieurs qui semble intéressés, si tel ou tel Ministre veut se lancer dans la campagne, s'il est élu Président de l'UMP, il démissionnera immédiatement ou je mettrai fin à ses fonctions. Ceci dans l'intérêt de nos institutions, ce n'est pas un problème personnel."

    Jacques Chirac a changé d'avis ensuite. Loin de moi l'idée de lui contester ce droit. Certes.

    Mais, aujourd'hui, la pratique quotidienne du fonctionnement de l'État ne révèle-t-elle pas des dysfonctionnements tels qu'il faille constater que l' "intuition" première de Jacques Chirac était la bonne, en sorte que - dans l'intérêt supérieur du pays - cette situation de cohabitation ne peut être maintenue ?
    Pascal MOULIN
  • Koffi A
    Le 03 Novembre 2005 à 06 h 23 min
    Bonjour M. Juppé,

    Je suis un « étranger » vivant depuis plusieurs années dans « notre » attachant pays.

    J’avoue que je suis surpris par le caractère équilibré de vos propos. On finira par se convaincre que vous gagnez constamment en sagesse, du haut de votre « recul » !

    Très peu de responsables politiques cultive aujourd’hui cette fondamentale idée de « communauté nationale » que vous développez. Le décès inacceptable, à quelques jours près, du bon père de famille français et des deux jeunes gens montre bien qu’il n’y a pas la sécurité des « bons » contre l’insécurité des « racailles ». Quelles que soient les subdivisions utilisées, français de souche, français d’origine, étrangers etc., nous avons tous les mêmes besoins et les mêmes exigences de sécurité et de paix.

    Je partage les solutions que vous proposez mais il me semble qu’il faut préciser le mode opératoire. Dans l’intérêt de tous, l’irrespect doit appeler une sanction proportionnée. Mais pendant que l’on sanctionne, il faut, au même moment, en même temps, traduire dans les faits les symboles, les signes d’humanité que vous évoquez.

    C’est là un important problème de synchronisation. Le ministre de l’Intérieur est dans son rôle. Que les autres concernés fassent aussi leur travail et le fasse savoir pour qu’il n’y ait pas d’oubliés. On médiatise certainement beaucoup l’intransigeance, pas assez les symboles, les signes d’humanité qui restaurent l'espoir.
    Koffi A
  • francois m
    Le 03 Novembre 2005 à 05 h 57 min
    J'aime quand vous dites "à un ensemble indissociable de droits et de devoirs"

    Il faut rétablir un contrat moral entre l'état et le citoyen.

    Que chaque citoyen respecte les lois ; à nos classes dirigeantes de montrer l'exemple, en faisant preuve de plus d'intégrité, de responsabilité et de transparence; Le « chef » doit montrer l'exemple pour devenir crédible et respecté.

    Il faut aussi faire en sorte que chacun ait sa chance et sa place dans la société: en témoignant tout d’abord du respect et de la confiance puis en permettant à chaque citoyen de s'épanouir. Certes cela sera difficile dans le contexte actuel : globalisation, fragilisation de l’Europe, contexte économique difficile, …

    Et n’oublions pas, "Egalité, fraternité, liberté" …

    francois m
  • abderrazak moumeni
    Le 03 Novembre 2005 à 05 h 23 min
    bonsoir

    J'ai pu lire ton article "gravité "
    mais je crains que tu refuse de voir une réalité , c'est que la France d'aujourd'hui a radicalement changé dans le fond et les idées de valeurs républicaines n'ont plus de sens car ces valeurs ne répondent pas aux vrais questions du sens de la vie et de savoir comment se comporter avec son prochain.
    Or ces questions du sens sont des questions fondamentalement religieuses
    et l'erreur fatale des élites est davoir séparer l'état de la religion , car sur quelle base spiritituelle l'état va adhérer les individus surtout si ces individus ne se reconnaissent pas dans ces valeurs

    Donc il est urgent de changer de philosophie politiques en intégrant le fait religieux comme une composante majeure dans l'adhésion des individus

    Bref pour la république les jours sont comptés et je crains que beaucoup de citoyens risquent de refuser de voir ces changements et risque de se radicaliser dans leur folie d'un passé de la France qui n'est plus d'actualité

    voilà j'espère que tu auras l'intelligence pendant ton exil de méditer sur les religion monothéistes et que cette méditation t'aide à comprendre que ce sont les religions monothéistes qui sont à la base de ce monde moderne ( car ces religions ne sont pas des inventions humaines mais bien d'un message révélé à des prophètes)

    Alors mon cher alain ne passe pas à côté de l'histoire et comprend que la France ne peut pas se couper du monde et ni du passé du bassin méditérannéen et notamment du monde arabo musulman qui est le berceau des civilisations modernes

    je t'invite à une discussion profonde sur la place du religieux dans le paysage politique et ne refuse pas ce dialogue car c'est la question fondamentale pour l'avenir de la france ( beaucoup de citoyens comme moi commencent à prendre conscience qu'il est nécessaire d'avoir un dialogue politique sincère et honnête avec les religions ayant un grand passé civilisationnel)

    abderrazak moumeni
  • bernard marcout
    Le 03 Novembre 2005 à 04 h 34 min
    Monsieur,
    Votre analyse est certes parfaitement juste, et vous parlez en parfaite connaissance de cause.
    Mais il ne faut pas non plus se voiler la face. Cette violence n'est que l'oeuvre de minorités. Une fois de plus. Et si elle s'étend si facilement, d'une manière si efficace, qu'on ne peut s'empêcher de penser qu'elle est parfaitement orchestrée, organisée, pour ne pas dire "prévue". Par qui ? Tout simplement par la gauche qui utilise ce moyen pour affaiblir le gouvernement et se présenter comme les sauveurs de la France. Cela me rappelle les émeutes de mai 1968, où ces "étudiants" forcenés mettaient le feu aux poudres, dans tous les sens du terme. Des "étudiants" qui avaient souvent plus de 40 ans...
    bernard marcout

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé
Alain Juppé 2017
5 ans pour l'emploi
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