Blog Notes d'Alain Juppé

Indécence

Publié le 22/04/2005 par Alain Juppé

Loin de moi l’idée d’ajouter ma voix à toutes celles qui dénigrent les « élites » françaises.
Je suis convaincu qu’un pays comme le nôtre a besoin d’élites respectées pour le tirer vers le haut.

Encore faut-il que ces élites soient responsables, ou plus simplement qu’elles conservent le sens commun.
Il y a sans doute de bonnes raisons, pour un grand groupe international, de bien traiter ses dirigeants ; la concurrence sévit sur ce marché là, aussi.
Mais enfin! 29 millions d’euros d’indemnités d’heureux licenciement ou de retraite sereine! Comment imaginer que le corps social puisse comprendre de telles pratiques?

Dans les années 80 – et c’était, je le reconnais, sous des gouvernements de gauche – l’entreprise et l’opinion se sont peu ou prou réconciliées. Les Français comprenaient qu’il ne pouvait y avoir d’économie prospère et d’emplois nombreux sans entreprises profitables.

Nous assistons aujourd’hui à la réapparition d’une fracture entre les salariés et le monde patronal.
D’un côté, les profits impressionnants des firmes multinationales du CAC 40; les rémunérations, en total décalage, de leurs PDG; et maintenant des « retraites chapeau » tout aussi décalées.
De l’autre côté, des salariés à qui l’on explique que la situation des entreprises ne permet aucune amélioration supplémentaire du pouvoir d’achat.
Il y a un hic quelque part!

La France va devoir relever, dans la décennie qui vient, des défis gigantesques.
Les uns sont intérieurs : vieillissement de la population, baisse du niveau d’activité des seniors, durée du travail inférieure à celle de tous nos concurrents etc… j’en passe et des plus graves.
D’autres défis nous viennent de l’évolution du monde autour de nous. Je ne dirai pas de la mondialisation car ce mot, utilisé à tort et à travers, finit par ne plus vouloir rien dire. Mais tout simplement de l’émergence de nouvelles super-puissances économiques. On les appelle les BRIC… Brésil, Russie (?), Inde, Chine.
C’est donc le moment où jamais de resserrer la cohésion de notre pays, de regrouper nos forces, de re-créer la confiance de la Nation en elle-même. Nous n’y parviendrons qu’en combattant l’injustice.
22/04/05

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43 commentaires pour « Indécence »
  • gilles duchamp
    Le 02 Novembre 2005 à 23 h 31 min
    Je n'ai jamais partagé dans les urnes vos convictions. Mais, comme je l'ai fait pour d'autres que vous, je ne rechigne pas à lire ceux qui ne sont pas forcément toujours de mon avis, car le jugement s'enrichit de la contradiction.
    Dans votre coup de gueule, vous notez la fracture patrons/salariés, et remarquez qu'il y a un hic quelque part... Comment le nier ?
    J'ai une (forcément modeste) analyse de la situation, de ce hic, que je généraliserai d'ailleurs à d'autres fractures : électeurs/élus et administrés/fonctionnaires.

    Or que constate-t-on ? Qu'il est des personnes qui, parce que leur parcours l'a voulu ainsi, se retrouvent finalement à ne pas avoir de compte à rendre à grand monde.
    Elles tiennent certes leur position le plus souvent de leur mérite, d'un concours réussi, d'un concours de l'ENA ou de circonstances...
    Je suis fonctionnaire, je suis donc de ceux là, et l'on entend souvent, à juste titre, que les fonctionnaires ne rendent pas compte. Mais sommes-nous seuls ?

    Il est des golden parachutes, qui apparaissent rarement dans les bilans aux actionnaires, qui ressemblent furieusement aussi à une mise hors du jugement des autres, hors du monde réel. D'ailleurs après les bourdes, à moi le pactole !
    Il est des personnages politiques qui oublient assez vite, une fois l'élection passée, qu'il existe des électeurs. d'ailleurs, après la défaite, à moi le retour comme ambassadeur ou haut fonctionnaire !

    Même dans les mouvements bénévoles, certains parviennent à s'accaparer la fonction, c'est dire !

    Je ne parle pas ici, vous l'avez compris, du commerçant qui doit gagner ses clients tous les jours, ou de ce maire d'une petite commune qui côtoie ses administrés au quotidien. Non, je parle de ceux qui, une fois la fonction acquise, s'y réfugient loin des regards, et exercent un pouvoir qui peu à peu tourne à l'aristocratie, voire au népotisme. Car c'est le fait des grosses structures, au sein desquelles chacun sait bien que ceux qui élisent ne votent pas pour l'homme mais pourl'image qu'il porte : regardez les grandes villes, les grands groupes, les grandes associations. Je ne vous apprend rien.

    Le hic ? Le fait que ces grandes structures se font de plus en plus pesante, puissantes et nombreuses, alors que les vrais démocrates s'y font de plus en plus rares : combien ont dévoyé le système, de l'électorat, de l'actionnariat, du fonctionnariat, du bénévolat, pour faire de ce qui devait être un ministère (ie un service) un simple marchepied pour leur réussite personnelle ?

    Le hic ? Des défis sont effectivement à relever. Ils n'iront pas sans un changement, profond, des mentalités. De ceux qui sont dirigés comme de ceux qui dirigent. Et, de ma modeste position, il me semble bien que tout cela passe par la culture du rendu compte.

    La LOLF devrait "aider" les fonctionnaires à le faire. Mais il faudrait aussi aider les autres.

    Les élus d'abord. Et c'est l'affaire de tous. Combien de fois je suis allé demander à mon député comment et pourquoi il avait voté tel ou tel texte , pourquoi il était absent à telle ou telle séance ? Jamais. A l'heure d'Internet, il me suffit pourtant d'aller sur le site de l'Assemblée et de consulter les comptes rendus. Mais je ne le fais pas. Les élus sont plus souvent consultés pour des passe-droits, le boulot du fiston ou le carrefour devant chez moi. Et les autres ? La citoyenneté passe sans doute par cette exigence là.

    L'entreprise ensuite. Il conviendrait que les patrons aient aussi à rendre des comptes. D'une part à leurs actionnaires lorsqu'ils en ont, et des comptes qui ne soient pas de façades comme aujourd'hui, notamment en ce qui concerne leur situation personnelle (rémunérations, primes, indemnistés de licenciements...). A leurs salariés aussi, car ils réussissent grâce au travail, mais au travail de qui au juste ? Ces rendus compte devraient être soumis au contrôle d'un organisme indépendant (donc d'Etat, mais serez-vous d'accord?).

    Nous tous enfin. Car notre société, me semble-t-il a besoin d'un grand gain d'investissement démocratique pour relever les défis de demain. Ce n'est pas en cachant la réalité, et encore moins en se cachant sa réalité, que l'on soit responsable politique, d'entreprise ou simple citoyen, que l'on pourra affronter les réalités de demain.

    Or lesdites "lois" du marché (je ne connais personnellement de lois scientifiques que celles de la physique, qui ont le mérite d'être reproductibles...) ont tout envahi : partout, en politique, en économie, dans les mouvements bénévoles, on constate une montée de l'attitude de simple consommation, qui se désinteresse du comment, du rendu compte, mais ne veut qu'un résultat : la communication est orientée dans un seul sens, du produit vers le client, les lesdites "lois" deviennnent rapidement des dictats.

    Or l'homo erectus n'est pas qu'un homo economicus. Il existe par l'échange avec son prochain, qui ne passe pas que par la valeur marchande mais par les valeurs en général.
    Il souhaite être intégré au système, être un acteur de ce système, et donc être un communiquant du système. Car être acteur, ce n'est pas uniquement être spectateur de sa consommation : c'est aussi adopter une attitude citoyenne consistant à demander des comptes aux autres (des vrais) en échange des compte rendu aux autres de ses propres actions. Droits et devoirs du citoyen économique sorte.

    Combattre l'injustice, restaurer la confiance en la Nation, n'est-ce pas d'abord persuader chacun, faute de convaincre, chacun qu'il est membre d'un même corps national voire européen, et que dans un corps, le pied ne peut se porter bien si le coeur est malade ?
    Que chacun rende compte de son action est à mon avis le premier ciment de cette cohésion, qui permettra de sortir du "tout marché" ou du "tout Etat providence" pour ouvrir la voie du "tout responsable" (et pas seulement économiquement responsable, mais aussi écologiquement, voire humainement !). Utopie ? Je crains que le proche avenir n'accélère la maturation des esprits. Convaincre, c'est vaincre ensemble non ? Et une utopie vaut toujours mieux qu'une révolution ...
    gilles duchamp
  • Matthieu HAEGEL
    Le 29 Aout 2005 à 14 h 26 min
    Bonjour,

    Oui il faut des élites ! encore d'accord pour les conditions dans lesquelles le citoyen peut composer avec mais pas forcément " à la française".

    La caractéristique principale et singulière en France tient au fait que les élites politiques et de l'économie ne sont pas issus des mêmes écoles, mais de LA même école.

    Connaissant votre profil, je resterai volontiers sybillin mais personne ne peut se satisfaire de l'uniformité des profils des élites venant pour l'essentiel de l'ENA et plus particulièrement de l'inspection des finances.

    Là plus qu'ailleurs, ce sont des copains de bancs d'école qui tiennent les appareils politiques et siègent dans les conseils d'administration des grands groupes industriel et financiers. Il y a du bon mais in fine le résultat est lui très mauvais, comparativement à d'autres pays industrialisés.

    Cette "collusion" fait d'ailleurs des ravages dans l'opinion publique, et la lecture du livre "les intouchables" achèvent de convaincre le citoyen lambda que cette spécificité française est négative à la préservation de l'intérêt général.

    Au delà, on peut d'ailleurs se demander si l'incapacité à réformer l'état, ses missions, son mode de fonctionnement, son organisation ne tient pas à la présence trop forte de ceux qui ont été nourri et sont pétris de cette culture publique. Autrement dit ils ne sont pas forcément les mieux placés pour réduire le périmètre de l'état et conduire le changement.

    Le déficit en management de ces hauts fonctionnaires vient s'ajouter au pantouflage qui jusqu'à nouvel ordre n'a toujours pas disparu.

    Les noyaux durs où se croisent cette élite manquent cruellement d'une présence plus massive d'HEC ou d'écoles de commerce prestigieuses (ESSEC, ESCP), en bref de gens plus tournés par culture et par pratique vers le business et l'entreprise.

    En toute sympathie

    Matthieu HAEGEL
  • Georges Clémenceau
    Le 28 Juillet 2005 à 17 h 44 min
    monsieur,
    j'aurai le respect de vous dire immédiatement que je ne suis pas du même bord politique que vous. Simplement si je vous respecte en tant qu'homme je vous respecte moins en tant qu'homme politique (même si j'en suis sur je partage avec vous certaines valeurs la défense de l'intérét général...)
    Là où il faudra changer notre classe politique c'est en matiére sociologique.
    Si vous regardez aujourd'hui la composistion du gouvernement beaucoup ne savent même pas ne ce que travailler veux dire car il n'en ont jamais eu l'utilité.
    Issus de familles plus qu'aisées, pour certains ce sont ces mêmes hommes ou femmes qui se permettent de dire que travailler 35 heures est un luxe.
    D'autres sont des fils et petits fils d'élus ( M Raffarin ) Me Bachelot quand elle était au gouvernement...
    A gauche il y a c'est vrai parmis les élus plus de fonctionnaires et notamment plus de haut fonctionnaires.
    Le probléme qui se posent aujourd'hui c'est que l'accés au pouvoir, à gauche comme à droite est complétement verrouillé pour les classes moyennes , les artisants les petits commerçants et les employés du secteurs privé bref ceux qui représentent La France.
    Tant que nous n'auront pas résolu ce problème de représentativé...notre société ne pourra pas progresser car elle se coupera de plus en plus de sa base .
    Une fois résolue ce problème il faudra également avoir le courage de s'attaquer aux niches fiscales et revoir comment et par qui sont perçues certaines subventions.
    Je vais prendre un exemple très poussé mais reel...Dans la commune de Marchais le Prince Raignier reçoit de la part de la communauté européenne des centaines de milliers d'euro...voir plus.
    Est il logique qu'un tel contribuable soit aidé lorqu'on sait ce qu'il posséde par ailleurs ( sachant que je n'ai rien contre la Famille Rainier)

    En France si aujourd'hui je veux me former il faut que j'ai moins de 26 ans aprés ....c'est dramatique !!!!

    Alors certainement nous n'aurons pas la même analyse sur les solutions à apporter mais je suis sur que vu votre droiture et votre objectivité vous ne pourrez qu'être sinon en totalité tout du moins en partie d'accord avec cette analyse

    dans l'attente de vous lire je vous prie M Juppé d'agréer l'expression de mes sentiments les meilleurs
    Georges Clémenceau
  • Emmanuel Gonthiez
    Le 20 Mai 2005 à 13 h 50 min
    Bonjour,

    J'aimerai savoir comment imaginez vous l'avenir de notre pays face aux défis gigantesques que vous décrivez. Quand on voit l'immobilisme et le refus de changement d'une grande part de la population?
    On peut également s'interroger sur l'efficacité d'une politique à court terme et dont l'indicateur "popularité" semble être le seul pris en compte dans la conduite des réformes.
    Sans pessimisme il est difficile d'être enthousiaste et confiant face à l'avenir en France quand on a 23 ans.
    Emmanuel Gonthiez
  • Teradon Don
    Le 15 Mai 2005 à 22 h 02 min
    Ne confondez pas le privé et le public ! Les sociétés privés sont celles qui créent la richesse, pas les fonctionnaires! Du moment que le conseil d'administrattion de Carrefour a autorisé le montant de la rémunération de Daniel Bernard, eh bien, ainsi soit-il. Les critiques des uns et des autres n'est que le reflet du mauvais système d'économie sociale française qui vise à l'égalité de tous dans la pauvreté.
    Teradon Don
  • Hugues de Fombelle
    Le 10 Mai 2005 à 20 h 35 min
    Des elites sans contre pouvoir, tot ou tard, finissent par abuser du systeme. Dois-je faire un recapitulatif historique pour prouver ce point ?

    D'apres l'article "Europe's dodgy corporate governance" paru dans The Economist du 23 Avril 2005, la France est en queue de peloton pour l'application du principe "une action/un vote" avec un peu plus de 30 % seulement des entreprises y souscrivant. A titre de comparaison, plus de 9 entreprises sur 10 adherent a cette regle en Allemagne.

    Que l'on soit d'accord ou non, les dirigeants des entreprises sont d'abord (mais pas seulement) au service des actionnaires.

    Je ne connais pas la structure du capital de Carrefour, ni ses regles de gouvernance corporative, mais je ne serais pas etonne qu'une minorite du capital controle cette entreprise d'origine familiale.

    Comment s'etonner alors que de tels abus puissent apparaitre puisque l'ensemble des individus concernes font partis du meme club.

    Ce n'est pas en se scandalisant que nous pourrons changer ces habitudes, mais en faisant des reformes pour creer un veritable capitalisme populaire.

    Faut-il encore qu'une autre elite, la politique, puisse les mettre en oeuvre. Mais la j'avoue que l'observateur exterieur du capitalisme a la francaise que je suis (j'habitude a l'etranger) doute fortement qu'elle en a la competence et la volonte.
    Hugues de Fombelle
  • Nicolas Duffy
    Le 10 Mai 2005 à 13 h 02 min
    Bonjour Monsieur Juppé.

    Concernant les élites, que doit-on déduire de l'observation suivante : les élites façonnent le monde, le monde va mal sauf pour les élites ?

    Par ailleurs, je crois en effet que la cohésion sociale, le lien social se décomposent aujourd'hui en France et dans les autres pays d'Europe (et d'ailleurs ?). Il atteint même un degré suffisamment critique pour que de nombreuses initiatives émergent spontanément comme pour dire « la dimension politique et sociale de l'action de nos dirigeants est insuffisante, faisons les choses par nous-même ». C'est à la fois réjouissant et triste, d'autant que la somme de ces initiatives est bien moindre que les actions qu'elles compensent. Je pense par exemple aux anti-pub dont la réaction de rejet du couple consumérisme/productivisme est vraiment intéressante; aux acteurs de l'alter-mondialisme, aux AMAP ...
    Nicolas Duffy
  • jean-paul rosaye
    Le 02 Mai 2005 à 16 h 34 min
    Les récentes actions du nouveau ministre de l'économie et des finances semblent s'inscrire dans la logique que vous suggérez (rétablir un sentiment de justice sociale). Mais comment peut-on être sûr qu'il ne s'agit pas d'une décision visant à calmer les esprits? La France est-elle encore en mesure de prendre des décisions qui lui appartiennent véritablement? Le politique ne devrait-il pas bénéficier de pouvoirs accrus pour déjouer les actions non éthiques de certains acteurs économiques (qu'ils soient français ou étrangers)? Renforcer le pouvoir du premier ministre par exemple???
    jean-paul rosaye
  • Sylvain de Mullenheim
    Le 27 Avril 2005 à 20 h 11 min
    Il est vrai qu'il m'arrive de délirer. Seulement, là, non. C'est le raisonnement d'ensemble que j'attaque. Il me paraît tronqué et dangereux.

    Tronqué car on élève pas les pauvres en diminuant les riches. Tronqué car le procédé qui consiste à diminuer la part de gâteau dans l'assiette de l'autre, simplement parce qu'elle paraît trop grosse, est indigne de vous.

    Tronqué car ces 29 millions étalés sur dix ans, même à 120 000 euros par mois, représentent son salaire actuel. Et d’un paquet d’autres.

    Tronqué car l'injustice est objective, mesurable. Ici, dans le fond, il n'a fait de tort à personne. Il n’a lésé personne. Personne n’est spolié. La réaction est totalement subjective, et d'inspiration morale.

    Dangereux car si la politique économique se fait à coups de morale, laquelle est élastique et floue, où place-t-on le curseur de l'injustice ? Votre retraite, mon salaire, et celui du balayeur de la rue sont aussi des injustices, face à celui qui vit avec moins de 1$ par mois. Ou alors on décrète que l'injustice n'est pas absolue, et qu'elle se concentre au dessus de 10 millions d'euros, par exemple. Ce qui sera parfaitement objectif, naturellement. Et excellent pour l'attractivité de la France.

    Ceci étant, puisque votre statut actuel vous permet d'éviter la démagogie, vous devez vraiment être sincère. Dès lors, je me demande si un séjour dans une entreprise ne pourrait pas vous convaincre. Pourquoi pas la banque Rothschild ? Elle a vu passer des gaullistes prometteurs...


    -----Message d'origine-----
    De : Alain Juppé [mailto:[email protected]] Envoyé : lundi 25 avril 2005 17:08 À : [email protected] Objet : Re: Re: Et allez... flinguons le patron et les actionnaires, pour changer...


    Vous ne pensez pas faire des comparaisons osées en mettant sur le même plan une retraite de 3461 euros/mois... et une indemnité de 29 millions, fût-elle étalée sur une ou deux décennies ( ça fait encore 120 000 euros par mois!)? Moi aussi je vous aime bien, mais là,franchement, vous déc... Cordialement. AJ.
    Sylvain de Mullenheim
  • ELIE MARCIANO
    Le 27 Avril 2005 à 19 h 32 min
    La somme de 29 millions d'euros est énorme, c'est un fait !

    Mais bien au-delà des sommes versées à de grands patrons au moment de leur départ, même lorsque c'est à la demande du conseil d'administration, il est quand même important de se souvenir de l'action de Daniel BERNARD à la tête du groupe Carrefour, il a par la fusion avec Promodes, evité que le géant WALL MART s'installe en france avec des méthodes décriées même aux USA.
    N'oublions pas que les hypermarchés Carrefour ailleurs qu'en France contribuent aussi à conforter les exportations françaises, donc notre économie, nos emplois.
    Et si le groupe Carrefour perdait beaucoup d'argent, n'embauchait pas comme il le fait depuis toujours, alors oui cette somme de 29 M€ est indécente, seulement voilà, ce groupe gagne encore beaucoup d'agent et embauche encore beaucoup de gens, distribue de généreux dividendes même à des salariés du groupe.
    Il est bien connu que les salariés de Carrefour ne sont pas forcément les plus malheureux dans le paysage de la grande distribution, il ya franchement pire !

    Je considère que la somme est seulement choquante et que la direction, nouvelle, de Carrefour, serait bien inspirée d'augmenter les salaires les plus bas et que cela ne remettrait aucunement en cause la bonne santé financière de ce groupe.

    Et de revoir probablement à la baisse la somme octroyée à Monsieur BERNARD;

    Rassurez vous je n'oublie pas que l'ensemble des salariés de ce groupe ont eux aussi contibué au succès de cette grande et utile entreprise, mais dans une économie privé et de marché, les patrons ont toujours été tres bien payé...ainsi va la vie !

    A l'époque de Philippe JAFFRE, on a hurlé à la mort pendant quelques semaines, il a gardé ses 200 millions de francs et depuis, le groupe TOTAL/ELF n'a jamais gagné autant d'argent, ses salariés ne font pas grève tous les jours, ses actionnaires sont très heureux...merci poUr eux tout va bien.

    Moralité, oui c'est vrai, il faudrait revoir les conditions de départ des patrons de grands groupes.

    Voilà j'ai fini, je précise quand même, je ne connais pas Monsieur BERNARD, je n'ai aucun lien affectif avec Carrefour, je fais mes courses, parfois, et c'est tout.

    François MITTERAND, dont je ne partageais pas les idées, disait souvent que les français ont la mémoire sélective et courte...c'est vrai et dommage!

    Merci pour cette espace de libre expression.

    Revenez vite Monsieur JUPPE !
    ELIE MARCIANO
  • Denis Belot
    Le 27 Avril 2005 à 14 h 40 min
    Quand je lis votre texte :
    "La France va devoir relever, dans la décennie qui vient, des défis gigantesques..."
    Je dis bravo, tous les français le savent et le ressentent.
    Mais qui dit défits, dit remise en cause des uns et/ou des autres.
    Qui dit gouvrener, dit prévoir et anticiper.
    Et malheuresuement électoralisme oblige, nos élus ont souvent des difficultés à clarifier les situations, à expliquer ce que certains devront remettre en cause.
    Il est toujours plus facile de promettre des lendemains qui chantent, que des difficultés en perspective.

    Mais pour être réellement crédible, il devient indispensable de définir CLAIREMENT et avant toutes choses les remises en cause prévisibles.
    A cette condition seulement les citoyens pourront dans un deuxième temps croire réellement aux lendemains qui chantent.
    Denis Belot
  • Gerard Iserte
    Le 25 Avril 2005 à 16 h 37 min
    Le probleme n'est pas ce que gagnent les elites ou l'inegalite des revenus. Le probleme c'est qu'elles ne semblent pas jouer avec les memes regles que tout le monde et que cela cree une inegalite des chances.

    La plupart des gens pensaient bien connaitre les regles du jeu, celles qu'on leur avait appris a l'ecole et qu'ils avaient vu fonctionner pendant des decennies. Mais ils s'apercoivent qu'elles ne fonctionnent plus, et que le decalage entre la facon dont elles devraient fonctionner et la realite est subtil et ambigu. L'education est un bon exemple.

    Par contre il semble que certain peuvent naviguer le systeme et obtenir des resultats favorables. Certain meme le font tout en reaffirmant la perenite des vieilles regles avec grandiloquence.
    Et quelque part la majorite pense que l'on se fout d'elle et qu'il y a des tricheurs.

    Les elites ne font pas leur boulot de rendre le monde plus lisible, elles ne disent pas la verite, au mieux elles sont aussi desorientees que le vulgaire au pire elles cherchent simplement a tirer leur epingle du jeu pendant que ca dure.
    Gerard Iserte
  • G- Chevalet
    Le 25 Avril 2005 à 14 h 21 min
    Bonjour M.Juppé !

    C'est vrai : c'est hallucinant de constater de tels décalages de rémunération entre patrons et salariés.

    Mais je trouve que le plus terrible , comme l'écrit M.Mer dans son dernier ouvrage, c'est l'incapacité des managers de ces entreprises - magnifiquement profitables - qui preferent rétribuer les actionnaires (hausse du dividende de l'action et baisse des parts du capital et donc hausse du dividende et ainsi de suite ... pour rien de tres productif en tout cas...) plutot qu'investir dans de la recherche fondamentale, dans de nouvelles technologies, ....

    La France perd là de nombreuses et precieuses années d'investissements capitalistiques !

    Bien cordialement,
    G- Chevalet
  • george-philip Chartier
    Le 25 Avril 2005 à 11 h 58 min
    Nous avons l'air de découvrir que nous sommes rentrés depuis longtemps dans l'epoque de l'argent roi facilement gagné .La querelle est ancienne depuis qu'il est plus facile de gagner sa vie en plaçant son argent en bourse que de vivre des fruits de son travail ... Les memes qui critiquent à juste raison les salaires mirobolants de certains dirigeants de sociétés multinationales sont souvent les memes qui "s'esbaudissent" devant certains footballeurs dont monsieur Zidane qui touchent le concernant 7 millions d'euros de salaires par an et je ne compte evidemment pas les recettes annexes tirées de contrats publicitaires. Ce sportif touchera donc en 5 ans ce que le Pdg de Carrefour touchera jusqu'à l'age de 85 ans puisque la retraite "chapeau" inclue cette clause ce que tout le monde oublie un peu vite...Les valeurs sont ainsi inversées et le marchand de réve ( artiste ou sportif) est plus considéré aujourd'hui que le créateur de richesse , le savant ou le medecin. Cependant que faire à l'heure où Rome n'est plus dans Rome et où nous vivons dans une economie mondialisée où le marché prime depuis longtemps sur l'individu? Les politiques doivent etre un recours permettant de parler haut et fort quand il le faut et surtout quand certaines barrieres n'existent plus. Peguy disait " Pire qu'une ame asservie , c'est une ame habituée". Nos dirigeants doivent pouvoir dire un jour qu'elle est le sens de notre république : doit -on tout accepter au risque de voir surgir une forme d'ammoralisme dans les rapports humains ou sociaux comme on le voit aujourd'hui ou doit on expliquer ce que sont nos valeurs? Il ne suffit pas d'avoir le mot "République ou citoyen" a chaque coin de phrase comme je l'entend parfois: des entreprises "citoyennes", des objectifs "républicains" etc !!! La République s'est batie sur 2 choses: l'acceptation et l"application de la loi par tous et pour tous et la vertu. Pour cela nous en revenons au politique et l'exemplarité qui doit etre la sienne( conf Gaymard ou l'enrichissement personnel de certains); Pour autant est ce le cas? Montesquieu dont vous etes l'admirateur à juste raison pour son esprit de modération ne disait il pas :"je sais trés bien qu'il existe des princes vertueux mais je dis que dans une monarchie (républicaine?) il est trés difficile que le peuple le soit" ...
    george-philip Chartier
  • Hélène FOURCADE
    Le 25 Avril 2005 à 09 h 32 min
    Monsieur le Premier Ministre, très cher Alain,
    Comme je comprends et je partage votre indignation devant le "parachute" plus que doré sur tranche attribué à l'ex-PDG de Carrefour. Comme le faisait remarquer hier Nicolas Sarkozy au "Grand Jury RTL-Le Monde", il existe bien d'autres activités, qui nécessitent d'immenses qualités de gestionnaire, voire de visionnaire, pour lesquelles la "retraite chapeau" n'existe pas. L'exemple cité par le Député de Neuilly, à savoir le fait qu'un ex-Ministre, en fait de "parachute", n'a guère que six mois de salaire, était particulièrement parlant.
    Mais que dire lorsqu'une catégorie de "travailleurs" cherche par tous les moyens à se soustraire à une obligation faite à l'ensemble de la population active ? Bien plus que les millions d'Euros perçus par un ex-PDG remercié pour gestion approximative, la minute et quelques secondes de travail quotidien supplémentaire des employés de la SNCF me donne envie de hurler à l'injustice. Des millions d'Euros, je ne saurai jamais ce que c'est... A moins de gagner au LOTO, ce qui relève de la plus pure fantasmagorie. Par contre, comme des millions d'autres salariés, je vais accomplir le devoir de solidarité envers les personnes âgées et les handicapés pendant que d'autres, au statut déjà si favorable, auront trouvé le moyen de s'y soustraire. Voilà quelque chose de bien concrêt pour tous ceux qui travaillent chaque jour et qui ne rechigneront pas à leur devoir. J'aimerais rappeler à tous ceux qui devront travailler le 16 Mai et qui, pour beaucoup, devront faire appel aux "services" de la SNCF pour rejoindre leur lieu de travail, qu'ils devront probablement se contenter d'un horaire de Dimanches et Fêtes. En langage courant, cela veut dire que leur train habituel ne sera pas au rendez-vous, et qu'ils devront certainement partir plus tôt, et rentrer plus tard qu'à l'ordinaire, afin que les employés de l'Etat, payés par leurs impôts, ne perdent pas un jour de congé. Participer, avec tous les autres employés du pays, à l'effort de fournir un peu de leur temps pour financer des mesures en faveur des personnes âgées ou des handicapés est inimaginable pour tous ceux qui affichent une bannière rouge en manifestant, mais ne veulent surtout pas se mêler au "prolétariat ordinaire". J'avais crû comprendre que le décrêt concernant cette journée de solidarité était clair, et que ce temps supplémentaire ne pouvait en aucun cas être fractionné. Encore une fois, il se révèle qu'une loi sera contournée par une minorité de privilégiés, pendant que tous les autres, qui ne peuvent mencacer sans cesse de paralyser tout un pays par une grève, devront s'y plier. C'est lamentable et indécent...
    Hélène FOURCADE
  • P Leclercq
    Le 25 Avril 2005 à 02 h 45 min
    Mr le premier ministre
    Cher Alain

    Effectivement, les multinationales du CAC 40 ont récemment engrange des profits tout-a fait impressionnants. Dans une économie libérale et encore plus dans une économie sociale de marche, il y a une chose que la puissance étatique doit surveiller comme du lait sur le feu. C’est le respect de la libre concurrence, sur tout les segments du marche. L’état doit surveiller, que dans un domaine, une énorme compagnie n’est pas en train d’atteindre la taille critique, qui finit par la poser comme étant un quasi-monopole capable de fausser les règles normales de la libre concurrence.

    On le voit dans ce cas, les salaries de cette entreprise sont au bord de l’explosion sociale, ils ont fait une grève qui leur a rapporte un ticket restau en plus par jour. Les actionnaires ont vu le cours de l’action être divise par 2 en 10 ans. Les fournisseurs agricoles en fruit et légumes en sont a la nième manifestation de mécontentement, car réduits a vendre sous leur prix de revient a cette grande distribution, qui les étouffe manifestement.

    En 13 ans, dixit le goden parachute licencie, les profits de cette firme ont été multiplie par 8 alors que le chiffre a été multiplie par 4. Alors, ou est le bug ? Cette firme multinationale, n’aurait elle pas atteint la taille critique et une position tellement dominante sur son marche, lui permettant presque de faire un bras d’honneur a tout le monde.
    Grâce a quoi, les membres salaries du conseil d’administration, peuvent s’octroyer des rémunération indues.

    Notre dernier ministre des finances a tente de faire une table ronde, afin que la grande distribution daigne bien baiser ses prix, pour répercuter pour le profit des consommateurs une partie des ces fabuleux profits.
    (les prix ont baisse de qcq % ) .

    Il faut bien voir, qu’un marche de 450 millions de consommateurs, a travers 25 pays, va devoir être supervise, par une autorité puissante, efficace et reactive.Aux USA il existe une loi antimonopole qui a déjà démantelé plusieurs entreprises privées ( ex ATT ) et aussi une SEC ( COB) tres active.

    Ces entreprises, avaient atteint une taille tellement importante, qu’elles étaient capables par leur taille, de fausser la libre concurrence, de laminer les profits de leurs fournisseurs, d’imposer leurs prix aux clients, de léser leurs actionnaires, et d’exploiter leurs salaries.
    Une telle autorité supérieure du marche en Europe, capable, a la limite, de lever ponctuellement un impôt exceptionnel pour profit trop indécent, ou capable de démanteler un cartel, pourrait être décidée grâce a la nouvelle constitution.
    Je suggère même, que les membres du G7 réfléchissent a se mettre d’accord au niveau mondial pour encadrer ces firmes multinationales et lutter contre ce genre de dérives dans la mesure ou ces compagnies sont actives sur plusieurs continents. ( c’est un peu ce que tente V Poutine en solo, face a certaines compagnies pétrolières )
    Amicalement votre


    P Leclercq
  • Franck Chassagnac
    Le 24 Avril 2005 à 22 h 59 min
    J'aimerais avoir votre avis sur deux événements récents, sur deux actualités peut-être pas si éloignées l'une de l'autre : les indemnités indécentes de l'ancien patron de Carrefour et le maintien du jour de pentecôte férié à la SNCF en échange d'une minute cinquante-deux secondes de travail quotidien en plus. Ces deux "abus" me paraissent participer du même manque de morale républicaine. Dans mon enfance, et je suis sûr que vous avez entendu maintes fois cette même phrase, mes deux grand-père me disaient souvent : " ça ne se fait pas " J'ai l'impression que ces valeurs parfois républicaines, parfois catholiques se sont dissoutes dans notre société moderne. Le but paraît être aujourd'hui d'abuser au maximum du système, fut-ce au détriment des autres. Dans le même registre et malgré tout le bien qu'on peut penser d'Hervé Gaymard, 6OO m2 à l'étoile quand on est ministre de la République, ça ne se fait pas.
    Quelle est la cause de ce recul de la morale républicaine : la crise que traverse l'éducation nationale ? Un effet tardif de mai 68 ? Le recul de l'influence de l'église catholique ? Mais surtout comment peut on faire pour redonner a tous , quel que soit le niveau qu' on occupe sur l'échelle sociale ,un plus grand sens de l'intérêt général ?
    Franck Chassagnac
  • Philippe Thiébaut
    Le 24 Avril 2005 à 18 h 17 min
    Je suis allé voir le film de Radu Mihaileanu . Beau film ambitieux ,intelligent et populaire qui peut se voir dés qu'on est en age de s'interroger un peu largement sur ce qui fait poids dans la vie et l'histoire de l'etre humain .J'avoue avoir été submergé d'émotions pendant la projection .Mais ce qui me touche peut etre autant c'est moins cette vague émotive que la gravité du cri de poussé dans le désert ...cri primal douloureux et libérateur ...de ce peuple resté dans ce camp qui n'a pas cessé de s'étirer depuis 1984 ...eux sont restés là encore !
    Philippe Thiébaut
  • René Dallot
    Le 24 Avril 2005 à 16 h 31 min
    Tout a fait d'accord avec votre analyse. Ce n'est pas comme cela que l'on réduira la fracture sociale.
    Quand on apprend que ce groupe à supprimer a des collaborateurs des rayons poissonnerie et autre sensibles aux règles de l'hygiène une indemnité de 60 euros/ an pour les aider à avoir une tenue impeccable. Cela qui ne perçoivent même pas 1000 euros par mois.
    De telles attitudes encouragent le non pour le 29/05.
    Que les politique osent parler haut et fort ?
    Le Général l’aurait certainement fait.
    René Dallot
  • Antoine Guichardon
    Le 24 Avril 2005 à 15 h 26 min
    Je suis aussi indigné par la facon dont les riches peuvent aspirer la richesse toujours plus à eux dans ce systeme fondé sur la liberté.. non pas que je remette la liberté en cause, elle est pour moi le socle de tout.. mais la liberté doit absolument s'accompagner d'exigences de cohésion sociale et de répartition équitable des richesses, c'est ce que j'aimerais voir apparaitre extrement clairement dans le projet de constitution, au dela des mots employés...
    Parce qu'on touche là le fond de l'affaire.. l'enrichissement perpétuel des riches, au détriment de plus en plus d'exclusion.. Quand on voit la stagnation des salaires, l'augmentation des loyers toutes ces dernieres années, on se dit qu'il y'a comme un gros probleme de répartition quand on laisse le systeme s'exprimer en l'etat... ca date pas d'hier.. Et la clé du probleme elle est bien là, qu'on nous raconte pas d'histoire...
    Faut il laisser les choses se faire en flirtant toujours plus avec la limite de rupture ? Faut il permettre aux riches de pouvoir etre toujours plus riches au détriment des autres ? Pas sur
    Y'a pas 36 solutions, y'en a 2 :
    - que les riches changent de mentalité, et que l'argent arrete d'etre leur but premier dans la vie... gros travail, sur lequel la prise est difficile
    - contraindre l'aspiration de la richesse et avec cet argent.. augmenter le pouvoir d'achat, financer massivement de vraies formations pour les chomeurs, employer des gens dans des domaines utiles à la société qui peuvent etre anti-economie libérale, partager éventuellement le travail pour etre solidaire, reconstruire des banlieues humaines.. voila
    C'est ça qu'il faut changer.. Faut etre volontaire, courageux, ca va pas etre facile de casser du riche.. Mais a t on le choix ?
    Est ce que la nouvelle constitution peut permettre d'aller dans cette voie, c'est cela que je ne sais pas tres bien
    Antoine Guichardon
  • dominique MOREL
    Le 24 Avril 2005 à 12 h 44 min
    L'Europe est une construction inachevée qui appelle la contribution active de tous les citoyens des 25 pays. L'entreprise est immense d'autant que tous la veulent plus démocratique, plus humaine et donc nécessairement performante sur le plan économique pour pouvoir assurer le niveau de vie de tous, voulu pour tous.
    En dépit des caricatures grossières et des surenchères corporatistes, préserver les acquis ne peut pas se faire sur le modèle de l' Etat-providence français transposé au niveau européen. En effet, ayons l'honnêté de reconnaître que ce modèle qui a été longtemps un atout pour notre cohésion socilae est aujourd'hui mis en faillite par la médiocrité de sa gestion, qui fait qu'il y a en France un million d'enfants vivant sous le seuil de pauvreté, qui fait que les régimes spéciaux largement plus favorables sont aujourd'hui déficitaires et renfloués par le régime général, qui fait qu'une majorité réclame d'être toujours plus assistée, qui fait que régulièrement des erreurs monstrueuses de gestion du bien commun - cf : Le Crédit Lyonnais, les 35h ou les nationalisations - créeent de lourdes dettes supplémentaires à la charge de tous, y compris pour nos enfants et petits-enfants et restent impunies
    Seul un projet fondé sur des valeurs authentiquement démocratiques et libérales, où les lois et réglements garantissent non seulement les droits mais aussi les devoirs de tous les acteurs, où les plus faibles sont réellement soutenus pour pouvoir retrouver dignité et autonomie, permettra aux européens d'assurer notre pérénité vis à vis des menaces multiples, équité et solidarité entre ses membres.

    Il appartient aux dirigeants d'avoir le cran de le dire à tous et d'en démontrer la voie des possibles. A défaut, pas d'Europe pour la France le 29 mai 2005, ...et une France en faillite économique et sociale à très brève échéance ! C'est peut-être le prix à payer pour refonder une France de l'avenir ? C'est peut-être le raisonnement inconscient (?) du discours suicidaire de notre classe dirigeante fédérée - sur le oui comme sur le non - autour du mensonge du mythe du modèle français ?



    Dominique MOREL
    dominique MOREL
  • gabriel fradet
    Le 24 Avril 2005 à 07 h 50 min
    visiblement vous ne connaissez pas bien l'affaire Carrefour...
    Parlez en à Michel BON qui, au passage s'était offert aussi un joli bouquet!
    Et l'affaire s'est compliquée de la fusion avec Promodes!
    un deuxième point est la médiocrité, la petitesse de ce pays dans son hostilité. Ca ne gêne pas les français que leurs vedettes gagnent des sommes absurdes, bien plus scandaleuses...puisqu'elles oeuvrent pour leur jouissance!
    Enfin quelle méconnaissance du monde. Ces Groupes sont mondiaux...comprenez ce que cela veut dire...
    gabriel fradet
  • fra,coise clergeau
    Le 23 Avril 2005 à 22 h 18 min
    bonjour
    je ne voterai pas oui au referendum je suis pour l europe mais pas celle que vous nous avez preparee vous qui avez ,en plein debat sur les retraites eu l audace de prendre tranquillement la votre tres privilegiee de fonctionnaire a 55 ans et de continuer a travailler (quelle reforme cette reforme des retraites on se moque du monde)les importations chinoise,leurope les deecouvre! les differences fiscales,l europe les decouvre! le nivellement des etudes au college et au lycee(vous n avez rien fait en20ans et on a vu l expression orale des jeunes devant le vieux chirac) vous ne faitres rien les politiques vous gerez mais n avez pas de projet la jeunesse est a l image de la classe politique desabusee mais elle ( la classe politique a l argent notre argent et le pouvoir
    je voudrais aller m installer en dehors de la france et non pour des raisons fiscales .......
    fra,coise clergeau
  • Julien Hohenstaufen
    Le 23 Avril 2005 à 20 h 14 min
    Les élites ne se fourvoient-elles pas lorsqu'elles s'adonnent au populisme (J. Halliday et Laurie plutôt que P. Boulez, BHL plutôt que Derrida) ou à un goût suspect (la techno & le rap plutôt que le quatuor à cordes ou Don Giovanni)?
    Julien Hohenstaufen
  • gilles chambon
    Le 23 Avril 2005 à 19 h 24 min
    Mr Bernard n'a que le produit qu'un dirigeant de grosse P.M.E. parti de rien , en retire en la vendant à l'age de la retraite . Serait-ce illégitime que l'équivalent revienne à un dirigeant salarié qui a x par 10 en 15 ans le résultat d'un tel groupe , le hissant à la 2iéme place mondiale de la distibution .Applaudissons à cette réussite qui rejaillit sur la France .G.C.
    gilles chambon
  • sylvie bernasconi
    Le 23 Avril 2005 à 19 h 05 min
    bonjour Mr Juppe
    je suis de votre de votre avis qu'il ne faut hurler avec les loups, c'est vrai que la france a besoin d'élites respectées pour valoriser le pays, je ne doute pas qu'il y ai en france des elites responsables qui soient responsables, j'ai lu moi-même l'article sur ce sujet, je trouve cela choquant qu'on donne 29 millions d'euros de licenciement à ce monsieur, effectivement, comment peut-on imaginer les français puissent comprendre de telles pratiques. C'est vrai, que nous assistons aujourd'hui à une fracture sociale entre les salariés et le patronat, comment peut-on faire des profits impressionnants, avoir des rénumérations complètement décalées de leurs PDG, et de l'autre côté, expliquer aux salariés, que la situation de l'entreprise ne permet pas d'amélioration de leur pouvoir d'achat, c'est vraiment les prendre des imbéciles, en restant polie, il y a vraiment quelque chose qui ne vas pas dans ce pays, je ne crois pas que la durée du travail soit en cause, il est quand même normal, même si les français vivent plus vieux, qu'ils doivent travailler plus longtemps, surtout pour les métiers pénibles, il faudrait revoir aussi les conditions de travail dans les entreprises qui sont parfois déplorables, et que les chefs d'entreprise soient plus responsables, et bien d'autres choses qui alimente cette fracture sociale, c'est pas gagné, il y a du boulot, je souhaiterais, moi aussi qu'il n'y ait plus d'injustice dans ce pays, mais malheureusement, cela reste du domaine du rêve !
    restons positifs !
    rêvons !
    cordialement !
    sylvie bernasconi
  • Isabelle BRIENS
    Le 23 Avril 2005 à 14 h 58 min
    Ma réaction à ce billet n'est sûrement pas politiquement correcte. Désolée si je vous blesse.

    Premièrement : Avez-vous lu le compromis de départ de Monsieur B. et vu le chèque qui l'accompagne ? Moi non. N'est-ce pas encore un de ces débats que les français adorent et qui reposent sur la rumeur ? Souvenons-nous de ce médecin cloué au pilori pendant des jours et des jours par les medias pour "euthanasie" et qui s'est retrouvé trois ans plus tard avec un non-lieu... et un juge qui a souhaité dans son ordonnance que la même publicité soit donnée au début et à la fin de cette affaire.

    Deuxièmement : s'il est avéré que Monsieur B. a touché des sommes de cet ordre, elles ne sortent pas de la poche du contribuable, mais des profits d'une entreprise qu'il a gérée. Sous réserve qu'il ne la compromette pas en faisant ce prélèvement, très important il est vrai, qu'y a-t-il de choquant sinon qu'on en veut toujours, en France, à celui qui sait gagner de l'argent ? Ce n'est pas mon cas, loin de là... alors bravo à ceux qui savent le faire : ils ne me choquent pas, ils me donnent de l'espoir !

    Troisièmement : ce n'est pas Monsieur B. lui-même qui a refusé aux salariés d'un supermarché du groupe une augmentation d'un euro de leurs tickets restaurant : ce refus, lui, me choque beaucoup, mais je ne vois pas de raison de faire le lien entre un directeur local pingre, et un PDG de groupe qui a bien négocié pendant des années pour son groupe, et qui maintenant, viré par l'actionnaire, négocie bien pour lui-même.
    Isabelle BRIENS
  • gabriel fracet
    Le 23 Avril 2005 à 12 h 51 min
    vous ne comprenez rien à rien!
    Je ne discute pas le montant . Vous n'êtes pas choqué par les émouments d'un Zidane ni par ses inroyables prix de vente d'un joueur de foot?....ni par ce que gagent des bateleurs d'estrade.
    Non vous êtes scandalisé par ...un entrepreneur et cela est caractéristique. Et un entrepreneur à succés.
    Bernard a raison (même si c'est excessif). Car Bernard n'est plus français. Il est mondial. Il ne se compare qu'à ses compétiteurs.
    Nous nous n'avons plus que ces Gaymard et autres (vous voyez qui je veux dire?)
    Souhaitez vous que les "génies" français de l'entreprise se vendent à des groupes anglo saxons , par exemple? ou nippons?
    Maisz vous haïssez l'entrerpise, non?
    Vous n'avez rien compri au monde comme il va .
    J'espère que, pour le principe, Bernard tiendra bon.
    On compare avec Bilger mais Alsthom était en faillite et si Bernard accompagnait Raffarin en Chine, je suppose que ce n'était pas le cas de Carrefour.
    Rappelez vous un de vos amis de l'ENA naguère...Michel BON quoi osait écrire un article choquant aux yeux des faux culs de bénitier dans le Monde, aprés son départ de carrefourt. je ne vous ai pas lu alors mais Bon était votre copain, non?
    Ah que ce pays et ceux qui se pretendent ses élites sont petites ;médiocres. BerkKKK
    gabriel fracet
  • Alain Lefebvre
    Le 23 Avril 2005 à 12 h 28 min
    Bravo pour votre coup de gueule Mr Juppé.Pitoyable provocation d'un grand groupe vis à vis des partenaires de son entreprise c'est à dire ses clients,ses salariés et ses actionnaires.Trop c'est trop ! Quelque soient les dispositions d'un contrat de travail je crois me souvenir que l'enrichissement sans cause est un délit ! Manager une entreprise c'est aussi combattre l'injustice , et appliquer les mêmes règles pour tous qu'ils soient salariés ou mandataires sociaux.Les primes et autres libéralités sont en général versées en fonction de la contribution de chacun aux résultats de l'entreprise.Que pèse la contribution de l'ex pédégé ? Les actionnaires de Carrefour ont sans aucun doute un avis sur la question.
    Dans cette France déboussolée ou la fracture sociale s'élargit , ou personne en charge n'est plus capable de donner des réponses claires aux problémes sociaux ou institutionnels en fonction de la nouvelle donne Européenne , c'est une fois de plus un nouveau boulevard qui s'ouvre sur le NON.
    40000 lecteurs sur le blog ! Belle contribution à des échanges enrichissants . Continuez et surtout revenez....souvent.Bien à vous.
    Alain Lefebvre
  • Alain VERNEAU
    Le 23 Avril 2005 à 11 h 43 min
    Bravo pour ce coup de gueule du 22/04!
    Pourriez vous faire passer votre message, en le complétant sur le statut de la plupart des patrons de PME et de TPME qui ne "gagnent" pas de telles sommes en cas d'arrêt d'activité:pas de matelas doré, pas de droit aux allocations chomage.
    Alain VERNEAU
  • gerard betti
    Le 23 Avril 2005 à 10 h 16 min
    je suis surpris par votre réaction en effet l'argent verse au pdg pour son départ va payer l'impot ( 50 % ) et les cotisations sociales la collectivité va en profiter ! pour renflouer le déficit sohhaitons que cela se reproduise plus souvent cet argent leur aooartient et puisque cela nous profite (par l'impot etc la polémique est mal venue salutations
    gerard betti
  • Franck Capdeville
    Le 22 Avril 2005 à 23 h 30 min
    Bonsoir . Vous êtes à juste titre indigné . Mais pouvez vous pour autant être surpris ? Moi pas . Notre civilisation est celle du fric ( et du Q ) , du pognon , du blé , à tout prix et coûte que coûte. Alors , goutte d'eau dans la mer , partie émergeante de l'iceberg que cette péripétie à seulement 29 briques ( ou 38 ? bof !) Il y a déjà eu Messier parmi tant d'inconnus , et il y en aura beaucoup d'autres .
    Où je suis atterré , en revanche , c'est quand j'entend notre inestimable ministre de l'économie , des finances et ... des affaires sociales prononcer vingt fois sur France 2 ( Mazerolles) la locution "services publics marchands"! C'est un peu pour moi comme parler d'un pape athée .
    Bien sûr , vous me répondrez qu'après avoir géré une grande métropole on ne peut que s'incliner devant cette inévitable rentabilisation tous azimuts . Mais peut-on dès lors s'étonner que ,sur la rive opposée , des dizaines de milliers d'enfants meurent de faim , comme au Darfour ? Quand j'étais môme , autant dire dans une autre vie , les adultes prédisaient qu'en l'an 2000 , les transports en commun seraient gratuits !
    Franck Capdeville
  • T. T.
    Le 22 Avril 2005 à 23 h 09 min
    Monsieur,

    Malgré toute l'estime que je vous porte, je me demande quelle légitimité vous avez pour affirmer : « encore faut-il que ces élites soient responsables, ou plus simplement qu'elles conservent le sens commun. » Excusez-moi, mais c'est vraiment l'hôpital qui se fout de la charité. A observer les querelles internes qui rythment aujourd'hui l'actualité du PS et de l'UMP, l'image que renvoie les « élites » politiques françaises n'est pas franchement celle de la « responsabilité ». Quant au « sens commun »...
    En tant que citoyen, votre indignation est légitime. En tant que politique, elle est « indécente ».

    J'aurais donc une question : c'est en tant que citoyen ou en tant que politique que vous vous exprimez ? Si c'est le citoyen qui parle, j'attends que vous vous indigniez de l'irresponsabilité des politiques.

    Bien à vous (malgré tout),


    //fin du message//
    La suite est uniquement pour vous.
    Ne vous sentez pas obligé de publier mon message pour montrer que vous acceptez la critique. Cela m'est bien égal que d'autres personnes le lisent. Sincèrement, vous m'êtes sympathique, mais là vous avez besoin d'être mis en face de vos propres contradictions.
    Thomas
    T. T.
  • Grégoire Gatbois
    Le 22 Avril 2005 à 22 h 45 min
    Ces montants étonnants (au moins autant que les salaires de footballeurs qui perdent ou d'artistes à talent uniquement médiatique) sont possibles aussi car le successeur qui est souvent celui qui pousse dehors le prédecesseur, s'achète ainsi la paix des braves, une bonne conscience et un précédant qu'il pourra utiliser à son profit lorsque le moment de son propre départ sera venu. Aussi, ces montants incompréhensibles sont à mettre sur le compte de la gestion précédente...le nouveau patron n'en est pas la cause...c'est donc plus facile de payer et ça permettra de taper sur la gestion précedente sans complexe !
    Alors Bravo à Bilger qui a rendu sa prime, Bravo à Fourtou qui tente de récupérer celle de Messier...Mais attention il faudra être exemplaire quand la roue aura tournée !
    Grégoire Gatbois
  • Laurent Barthélemy
    Le 22 Avril 2005 à 21 h 40 min
    Il y a côté « politiquement correct » qui me surprend un peu dans ce message … bien sûr qu’il peut paraître indécent de toucher l’équivalent de 300 années de la rémunération d’un cadre supérieur en indemnités de licenciement.

    Mais le même cadre supérieur toucherait, dans le même cas de figure, facilement 10 années de la rémunération d’un smicard, et sans que personne ne s’en offusque.

    Alors … posons nous la question : combien ce PDG a-t-il rapporté à son entreprise ? Quel montant de richesse a-t-il créé ? Combien d’emplois de cadres ou d’ouvriers cela a-t-il généré ? Son indemnité de départ ne constitue-t-il pas, au-delà de clauses contractuelles et de la concurrence, une ultime prime pour services rendus ?

    En d’autres termes : n’est-ce pas un mauvais débat, accentué par le fait qu’il s’agit du secteur de la grande distribution qui pratique sans doute des méthodes contestables, mais qui génère tant d’emplois en France ?

    Le vrai objectif n’est-il pas, plutôt, pour réconcilier les français et l’Entreprise, d’enseigner les bienfaits de l’économie de marché, le caractère naturel de l’offre et la demande, les vrais enjeux de la mondialisation, le besoin de créer de la richesse, l’espoir d’accéder à une condition meilleure par le travail ?

    La fracture entre les français et l’Entreprise est surtout dûe, je pense, à un « poulidorisme » ancré, mâtiné d’un gros zeste de « cégétisme » depuis des décennies, le tout conduisant à un défaitisme malheureusement alimenté par les innombrables exemples d’élites qui, justement, ne montrent pas toujours l’exemple.
    Laurent Barthélemy
  • Philippe Engrand
    Le 22 Avril 2005 à 20 h 35 min
    Je crois que l'un des mal français est bien résumé dans cette phrase : nos élites perdent le sens commun. 30 millions pour un départ, ou 600 m2 pour un logement, c'est du même acabit. Rémunérer la compétence et le risque, certes. La loi de l'offre et la demande s'applique, soit. Mais si c'est au risque d'une perte totale de confiance dans la vie politique et économique de la part des français "moyens" qu'aura-ton gagné ? Un "21 avril" tous les 3 ans ? Lors du premier, celui de 2002, finalement seul Jospin en a tiré les leçons, mais personne d'autre. Est-ce que le nouveau 21 avril, celui du 29 mai, si le pire se produit, permettra une réelle prise de conscience et un véritable changement de gourvernance ?
    Ou est-ce que tout ne sera qu'un éternel recommencement ? Et si les partisans du NON avaient raison ? Après tout, pourquoi un grand coup de pied dans cette fourmilière ?
    Le problème, c'est que si l'on vote NON, on se sanctionne nous-même, et pas ces élites que l'on souhaite condamner. Eux sans sortiront toujours. Alors que nous, nous avons besoin de l'Europe ...
    Philippe Engrand
  • alain cornette
    Le 22 Avril 2005 à 20 h 24 min
    a 5 semaines d un vote important 29 millions d euros :indecence. il y a 2 mois un loyer tres cher :indecent .lundi de Pencote travaille gratis :indecence ;250 heures par mois payees 1440 euros : j ai beau avoir beaucoup d admiration pour vous moi militant UMP que dois je dire a mes camarades de travail qiu gagnent la meme chose ?
    alain cornette
  • Vicnent PINTE
    Le 22 Avril 2005 à 18 h 57 min
    si on prend une société telle que PSA, ce sont 220 000 salariés dans le monde (la grande majorité en france...)

    et bien, 29 millions d'euro, soient 29.10^6, c'est tout simplement 13 euro par mois par salarié !

    Et bien, oui, moi, ça ne me dérange pas de donner 13 euro par mois à payer mon PDG. Surtout s'il a des résultats comme en a Peugeot Citroën depuis 6 ans...

    Et encore, ça, c'est pour son départ... le reste du temps, il devait gagner quoi ce monsieur ? allez, 5 millions d'euro par an ? ben, ça fait juste 2 euro par salarié et par mois ! il est où le problème ?
    Vicnent PINTE
  • M Courtecuisse
    Le 22 Avril 2005 à 18 h 50 min
    Je ne porterai pas de jugement sur cette affaire car je ne suis pas actionnaire de Carrefour. Mais pour repositionner le contexte, je me permettrai trois remarques : (i) le capital de Carrefour est relativement contrôlé par la famille Halley et quelques autres actionnaires et donc c’est donc probablement en connaissance de cause que ces actionnaires ont octroyé ces conditions de sortie et dans une économie – même sociale – de marché, seuls les actionnaires sont à même de juger du niveau approprié de la rémunération des dirigeants, (ii) que la rémunération supposée correspond au 40ème rang de la rémunération annuelle des patrons américains (le N°1 étant à 230 M$) et (iii) que H. Lee Scott, le patron de Wal-Mart et potentiel prédateur de Carrefour, gagne 10 M$ par an.

    Pour info : les dix plus fortes rémunérations aux US : 1/ Terry S Semel /Yahoo / 230 M$ - 2/ Barry Diller / IAC/InterActiveCorp /156 M$ - 3/ William W McGuire / UnitedHealth Group / 124 M$ - 4/ Howard Solomon / Forest Labs / 92 M$ - 5/ George David / United Technologies / 88 M$ - 6/ Lew Frankfort / Coach / 86 M$ - 7/ Edwin M Crawford / Caremark Rx / 77 M$ - 8/ Ray R Irani / Occidental Petroleum / 64 M$ - 9/ Angelo R Mozilo § Countrywide Financial / 57M$ -10/ Richard D Fairbank / Capital One Financial / 57M$
    M Courtecuisse
  • Alexandre Loubry
    Le 22 Avril 2005 à 18 h 36 min
    Je ne partage pas votre point de vue.

    Les règles de l'entreprise sont telles que les actionnaires décident de la rémunération des dirigeants via les mandataires sociaux. Et les dirigeants décident des rémunérations des salariés. Il y a donc une césure nette entre les mécanismes de rémunération des uns et des autres : l'image d'une "cagnotte" commune qui pourrait permettre d'arroser les salariés avec le montant de la retraite-chapeau du PDG est illusoire.

    Il faut se sortir de la tête l'idée que les dirigeants sont des salariés comme les autres. Ce n'est pas le cas. Si on veut que ça change, il faut procéder à de sacrés changements dans la gouvernance d'entreprise !!!

    Votre indignation, je la comprends, mais elle relève de schémas chers à la gauche - pas d'un libéralisme réaliste, désolé.
    Alexandre Loubry
  • jacques DEISTING
    Le 22 Avril 2005 à 18 h 23 min
    Je ne suis pas de votre bord mais je dis quand même bravo pour le courage de votre article.
    Il serait grave que les français n'aiment plus leurs entreprises.
    Comment les cadres de Carrefour peuvent motiver leus équipes aprés ça?
    jacques DEISTING
  • sébastien (paris,75)
    Le 22 Avril 2005 à 17 h 49 min
    Comme d'autres avant lui, Daniel Bernard a trouvé la formule de l'enrichissement garanti, indépendamment des résultats de gestion.

    Est-il normal de prendre 29 millions d'euros lorsque sa société ne remplit pas les objectifs qu'elle s'était tenue d'atteindre ?

    Soit on gagne et on ramasse la donne, soit on perd et on assume. Ici, à tous les coups on gagne. La gestion sans risque du patron superfonctionnaire !

    Sur ce point, pour le coup, une régulation est nécessaire.
    sébastien (paris,75)
  • D. L.
    Le 22 Avril 2005 à 17 h 32 min
    Bonjour,

    le problème n'est pas tant que M Bernard s'arrange avec sa morale, et accepte cet argent (que ferais-je, si on me le proposait ?), mais plutôt que les conseils d'administration des entreprises françaises, organes de controle théoriques, soient composés de copains cooptés, version grande famille un peu consanguine.

    "Et, Daniel, je signe pour tes 38 millions, mais tu penseras à ton vieux pote quand il prendra sa retraite, ok ?"

    Maladie du capitalisme français. Remarquez, vu les résultats des entreprises du CAC40, ce n'est pas une maladie très handicapante ...
    D. L.

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé
Alain Juppé 2017
5 ans pour l'emploi
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