Blog Notes d'Alain Juppé

La création d’emplois

Publié le 24/08/2005 par Alain Juppé

Un ami québécois me fait découvrir les bonnes feuilles d’un récent ouvrage du brillant économiste Woody Brock, président fondateur de Stratégic Economic Decisions.

Le titre retient tout de suite l’attention:
« How the Nation that fired the most hired the most »
(Comment la Nation qui a le plus licencié est aussi celle qui a le plus embauché).

Quelques chiffres : depuis 1980, l’économie américaine a détruit 42 millions d’emplois et en a créé 67 millions; gain net: 25 millions. En Europe, le gain net n’a été que de 4 millions.

L’auteur analyse ensuite le processus qui a conduit à ce résultat et montre l’inter-action de ce qui s’est passé sur le marché du travail, le marché des biens et services et le marché des capitaux. A noter l’importance décisive de la capacité d’anticipation et de la prise de risque.

Le plus intéressant, c’est le message adressé à l’Europe.
Certes son économie souffre de rigidités excessives sur le marché du travail. Mais il ne suffira pas d’assouplir le fonctionnement de ce marché pour créer des emplois. Il faut simultanément créer les conditions d’un nouveau dynamisme sur le marché des biens et des services, pour favoriser le lancement de nouveaux produits (d’où l’importance de la création de nouvelles entreprises, et d’un effort permanent et ambitieux de recherche et d’innovation) .
Il faut de même ouvrir le marché des capitaux pour qu’il joue beaucoup mieux qu’aujourd’hui son rôle d’apporteur de capital-risque. On sait les insuffisances de la France en ce domaine malgré les initiatives prises par les autorités publiques, notamment les régions qui ont, toutes, créé leur fonds spécialisé. Mais rien d’analogue au système des Initial Public Offerings qui, aux Etats-Unis, permettent aux créateurs de lever des fonds sur les marchés pour financer leurs innovations.

Au delà des aspects plus techniques de la question, ce qui me paraît intéressant, c’est le lien que fait Woody Brock entre ces trois marchés dont l’inter-action est, selon lui, la condition du succés.

Je ne peux enfin résister à l’envie de citer une de ses phrases de conclusion:
« Perhaps the most important lesson to be learned from the US experience is the importance of taking seriously the dreams and ambitions of young people, regardless of their economic or social background.  »
(La leçon la plus importante peut-être à tirer de l’expérience américaine, c’est qu’il faut prendre au sérieux les rêves et les ambitions des jeunes, quel que soit leur statut économique ou social).

Une précision: je ne suis pas déjà gagné par la contagion américaine. J’essaie simplement de comprendre ce qui marche.
24/08/05

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36 commentaires pour « La création d’emplois »
  • Gilbert Courier
    Le 04 Septebmre 2005 à 11 h 08 min
    Celles et ceux qui ont agi sur le terrain pour faciliter la création d'emplois durables sont vraisemblablement sensibles aux idées développées par Woody Brock.
    Pourquoi a-t-on tant de mal à les appliquer massivement en France, sans sous-estimer pour autant les efforts réalisés par de nombreux acteurs économiques et institutionnels?
    Dans le cadre restreint d'un blog-notes il me semble que quelques faiblesses peuvent être soulignées :
    - Anticipation insuffisante
    - Réformes de structures tardives ou partielles
    - Atomisation des aides aux créateurs d'entreprise, procédures méritant un gros effort d'allègement,accompagnement trop limité dans le temps
    - Dialogue social inadapté
    - Dimension européenne insuffisemment prise en compte dans ses aspects sociaux, marché, programmes
    Chacun de ces points implique de nombreux acteurs, mais l'impulsion relève, à mon avis, des organismes institutionnels dont le long terme doit être le leitmotiv.
    Enfin, de nombreuses décisions restent de la compétence française.
    Gilbert Courier
  • Bleu Indigo
    Le 30 Aout 2005 à 14 h 30 min
    1. Expérience personnelle

    J'ai affaire, hélas, à l'ANPE. C'est bien dommage de dire hélas, car ce pourrait être au contraire une chance. À ma première visite, il y a plus d'un an, je ressors stupéfait que les agents qui me reçoivent n'aient pas eu la moindre curiosité sur mes compétences, mon trajet, mes perspectives, mes espérances. Ils n'ont fait qu'une chose : valider les données officielles qui me concernaient (adresse, diplômes, etc.). Au deuxième rendez-vous, que je sollicite, une femme me reproche un peu agressivement et sûre d'elle que j'ai fait de mauvais choix dans mon parcours : "vous deviez bien vous douter qu'avec un DEA de sociologie vous n'obtiendriez rien sur le marché de l'emploi". Elle me propose donc, visiblement agacée par mon cas, de visiter les pages de son abondante bibliothèque de "l'ANPE Cadre" en ciblant le métier de... couvreur. Même en faisant quelques efforts, je suis à peu près persuadé de difficilement satisfaire une clientèle dans ce domaine. Mais ceci bien sûr n'est qu'anecdotique, bien que pas forcément drôle sur le moment. Vous noterez au passage qu'avec un DEA de sociologie, la France me considère comme Cadre. Ce qui m'étonne en premier lieu, car j'ai dans l'idée qu'un cadre possède quelque rudiments administratifs lui conférant quelque capacité de gestion que je n'ai pas.

    Justement. Je sollicite quelques informations pour m'adapter à un marché de l'emploi : création d'entreprise, gestion administrative, que sais-je encore... À l'ANPE, leur métier, c'est l'emploi. Mais personne ne sait là-bas ce qu'on peut faire avec une formation en sociologie. Comme dit plus haut, c'est du no man's land, et j'aurais peut-être mieux fait de me lancer dans le bâtiment.

    Je vais abréger. Aujourd'hui, je donne quelques cours de sociologie en tant que vacataire. Je peux ne pas être repris d'une année sur l'autre, et mon petit nombre d'heures me permet très difficilement de vivre. L'ANPE, suite à un rendez-vous manqué, a décidé de me radier. Ça tombe pile pendant les vacances, période, comme on sait, où tout le monde est très demandeur de cours. Pendant ce temps, le gouvernement se félicite de la baisse du chômage. Les chiffres sont là, on est heureux.

    2. Positions

    C'est là tout le problème, les chiffres. Comme dit par quelques autres de vos lecteurs, vous vous intéressez à l'emploi par les chiffres. Seul indicateur d'une bonne santé, ils ne traduisent pourtant pas la dynamique de votre pays adoré. Pensez bien qu'une personne comme moi, comme bien d'autre c'est certain, est parfaitement capable de s'adapter à un marché, de se former pour de nouvelles perspectives, et, si les emplois successifs permettent de vivre correctement, et incitent à progresser, de construire de nouvelles choses pour élever non seulement les chiffres de l'emploi, mais aussi la qualité du travail.

    Vous avez en France une somme considérable de jeunes et de moins jeunes plein d'énergie, de rêve et de connaissances. Des gens capables de faire de ce pays une nation formidable, éclairée, dynamique et vivante. Nous n'avons strictement rien contre un libéralisme tant que celui-ci est contrôlé et ne vient pas dévorer les valeurs humaines auxquelles tiennent particulièrement tous les Français. Renforcez des emplois dignement payés, où patrons et employés puissent trouver leur compte et donner aux entreprises de belles envolées. La précarité du travail devient insupportable, le mépris à l'égard de ceux qui ont pourtant fait beaucoup pour s'en sortir détruit les énergies, anéantit les volontés, et laisse dire ensuite à notre Président qu'il est étonné de voir un tel pessimisme. Vos "cerveaux" fuient le pays, les pauvres s'appauvrissent, les entreprises licencient massivement sans contrainte au regard des chômeurs qu'elles créent.

    À 36 ans, je n'ai pas de famille, pas de travail véritable, et j'ai pourtant acquis quelques connaissances et expériences : sociologie, sciences criminelles, édition, PAO, journalisme, et j'en passe. Je veux bien admettre que je me démerde mal, mais si la France m'aidait un peu, comme elle pourrait parfaitement aider des milliers d'autres personnes, ça changerait beaucoup la donne.

    Une seule fois dans ma vie j'ai voté pour un homme de votre parti. Mais c'était en fait contre un autre que je ne citerai pas. Les Socialistes, ils m'ont suffisamment déçu pour que je ne les soutiennent plus. Alors, que reste-t-il ? L'extrême-droite n'aura jamais mon suffrage. Une droite sarkozienne non plus. L'UMP est décevante (désolé de vous le dire, mais bon, ça doit peu vous affecter). Les centristes, pfff. L'extrême gauche...

    Vous cherchez des choses qui marchent ? Alors cherchez encore. Nous, on espère en des perspectives... en vain. Et sitôt qu'on propose des choses intéressantes, on nous demande d'être réalistes. Alors, M. Juppé, soyez un peu utopiste. Vous verrez, au final, c'est couronné de gloire. Et des idées, je vous assure, il y en a plein. Et les meilleures sont souvent les plus simples.
    Bleu Indigo
  • Pierre Malaterre
    Le 30 Aout 2005 à 05 h 30 min
    Il sera fort intéressant d'avoir votre perception du Québec après 6 mois notamment sur :
    - Les syndicats
    - les ordres professionnels
    - Le protectionnste Québécois
    - le politiquement Correct
    - Les belles routes du québec :)))
    - la non reconnaissances des diplômes et expériences professionnelles des immigrants.
    - le système éducatif du primaire à
    l'université
    - Votre perception de la place du Québec dans la fédération Canadienne.
    - le climat
    - les taxes et impôts
    - et j'en passe ....

    Malheureusement on imagine que nous n'auront pas de réponses sur certains sujets , toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire et j'imagine que vous êtes un invité du Québec donc tenu à un droit de réserve

    Bonne chance à vous

    Un français Natif de Talence
    au Québec depuis 6 ans
    Pierre Malaterre
  • Didier REMER
    Le 30 Aout 2005 à 04 h 01 min
    Votre analyse se confond avec ma réalité quotidienne... la France est un pays qui se caractérise par ses multiples plans et autres commissions pour l´emploi... J´ai 35 ans,suis toujours à la recherche d´un emploi, et me trouve confronté aux pires situations car notre pays ne s´impose pas les réformes qui lui seraient on ne peut plus salutaires... La réalité prend de telles proportions au point que je n´arrive même plus à entrevoir un avenir dans le pays que j´aime, et qui pour moi est dans une dérive relative. J´ai le souvenir de vos déclarations sur l´emploi, certains critiquaient votre approche sur le dossier, mais finalement, l´histoire nous le démontre encore, ce sont bien ceux qui portent les plus grandes réformes qui sont les premiers à subir les pires conséquences. La France devra bien un jour se regarder dans le miroir et comprendre que le politique, seule, ne peut être l´unique acteur de cette indispensable partition du renouveau de la conscience collective. Un pays qui s´est laissé embarquer dans les 35 heures de madame Aubry, un pays qui a érigé l´assistanat en principe destructeur de l´émulation créatrice, car je puis vous le dire, les passerelles entre la création d´entreprise, et donc d´activité, sont de véritables terrains minés, trop souvent le jeune créateur est confronté à de multiples difficultés sur son quotidien éxistentiel qui compliquent l´épreuve de la création et parfois plus encore. Ma soeur est à NY, souvent nous parlons de cette différence d´approche de la problématique de l´emploi entre les Etats-unis et la France, elle me rappelle souvent, qu´aujourd´hui, elle serait incapable de retrouver, à quarante ans un poste équivalent en France, qu´elle serait suspectée directement d´être un mauvais élément avec des petites phrases telles que: "Si vous étiez si compétente, pourquoi ne pas rester aux Etats-Unis" " A votre âge on ne s´offre plus le luxe de choisir un autre destin professionnel...". Croyez moi je suis bien le dernier à penser que le modéle anglo-saxon puisse être considéré comme modèle unique, mais il a le mérite de positionner les différents acteurs de l´emploi, avec un pragmatisme que la France se devra d´adopter rapidement. Sans faire le procès de l´ANPE, j´ai l´intime conviction qu´il faudra donner cette mission (bien trop souvent considérée comme charge) aux proféssionnels que sont par exemple les sociétés prestataires du travail temporaire, l´état ne doit pas manquer de faire l´économie d´une telle mesure, car il s´agit bien là d´une économie d´échelle indispensable pour de bons résultats. Je ne crois pas que la solution actuelle qui tend a stigmatiser les demandeurs d´emplois comme d´uniques profiteurs d´un toujours plus hypothétique état providence soit la réforme la plus judicieuse que se devait d´adopter la France. La précarité touchent de nombreux diplômés, cadres, et jeunes gens qui eux sont devenus trop rapidement le contingent d´un personnel stagiaire corvéable á merci, n´oublions pas que le stage était un éxcellent moyen d´intégration il y a encore une dizaine d´années, mon oncle dirige un grand groupe métallurgique européen, il ne me cache même plus que pour lui c´est une réalité acquise. Les actionnaires imposent un rendement optimisé par une masse salariale toujours plus compréssée, et quant bien même si le secteur se porte trés bien, il faut prívilégier la politique des futures fusions et préserver les acquisitions au niveau mondial.Il y aura une embauche progréssive mais lente, et conforme à la pyramide des âges du groupe. La France n´est-elle pas aussi dans une configuration équivalente? C´est l´innovation qui pourra apporter ces réponses, les pôles de compétences que le gouvernement a décliné dans plusieurs régions et donc activités diversifiées sont une chance qui arrive un peu tard, certains diront qu´il vaut mieux tard que jamais... c´est la caractéristique de notre pays, véritable locomotive de la recherche et de l´innovation (ITER, EADS, ARIANE; TGV en son temps, BIOTECHNOLOGIES...) et éternel dernier wagon du train de la réforme. Sans compter úne politique fiscale de l´entreprise que je considère comme suicidaire dans une logique libérale devant encourager la croissance d´une nation, moteur de l´union européenne. Les politques ne sont pas tous intéréssés à la performance de l´économie, le perpétuel jeu des échéances électorales à venir bloque les initiatives les plus porteuses, le calendrier de nos gouvernants ne correspond en rien avec celui des impératifs de l´économie, c´est aussi pour cette raison que la France se perd dans un égocentrisme toujours plus dangereux. Le chef d´état qui arrivera a imposer dés le départ à son gouvernement un pragmatisme sans faille pour l´économie n´est pas encore né! Enfin, j´espére que votre mission au combien valorisante dans ce pays de l´autre réalité économique, vous donnera l´envie de continuer plus que jamais a nous donner votre réfléxion éclairée sur le sujet, car sur ce point elle n´a jamais souffert de manque de réalisme.
    Bien cordialement.
    Didier REMER
  • joel bourdeau
    Le 30 Aout 2005 à 01 h 00 min
    La question n'est pas de savoir combien d'emploi ont été perdu et gagné, ce qu'il faut connaitre ce sont les salaires versés au nouveaux employés. Il ne serait pas étonnant que la somme des salaires des 45 millions d'emplois perdus soit superieure à celle des 65 millions d'emploi gagnés
    joel bourdeau
  • Francois de Berard
    Le 29 Aout 2005 à 21 h 36 min
    Message d'un jeune... en stage a New York... Il est grand temps que la France valorise sa jeunesse... Je suis assistant a l'universite de droit a Nanterre... Combien de fois ai-je entendu des professeurs me resortir le grand classique: "les etudiants sont de plus en plus mauvais" (merci pour nous qui furent leurs etudiants). C'est une catastrophe... Alors que, pour prendre l'exemple du droit, les cours sont de plus en plus complexe, les matieres de plus en plus denses. A cela s'ajoute le fait que la majorite des etudiants maitrise des technologies qu'une minorite de professeur pratique (et encore mal...)Face a un professeur doutant par avance des capacites de son eleve (relation fondamentale dans l'education - donc pour la societe) quel enthousiasme du cote de l'eleve???

    Je crois qu'il ne s'agit pas tant d'americanisme que d'optimisme et de confiance en soit... et il nous en manque

    Si vous avez du temps, heureux d'entendre vos reflexions.
    Francois de Berard
  • Thomas Margenet-Baudry
    Le 29 Aout 2005 à 21 h 07 min
    Monsieur le Premier Ministre,

    Je réagis pour la première fois à l’un de vos messages, bien que je fréquente votre site depuis un certain temps.

    Je me permets de réagir car j’ai moi-même lu l’ouvrage de Brock, et suis, ayant également vécu une expérience « américaine », très sensible aux questions que vous soulevez dans ce message.

    Je suis un jeune (plus si jeune d'ailleurs, puisque je fête mes 30 ans aujourd'hui!) avocat d’affaires spécialisé en fusions/acquisitions et opérations de marchés. J’ai une double formation juridico-économique franco-américaine (j’ai l’impression d’écrire une lettre de motivation ! – il n’en est rien), et après avoir vécu 4 années extraordinaires aux Etats-Unis, à New York exactement, je suis de retour en France depuis un an maintenant.

    Sans rentrer en effet dans les détails techniques (fabuleusement intéressants par ailleurs), je voulais simplement témoigner auprès de vous de la chose suivante : vous ne pouvez vous imaginer à quel point un retour en France comme celui que j’ai vécu est un choc pour un jeune actif comme moi, qui plus est quotidiennement impliqué dans la vie économique et juridique réelle du pays.

    Je dirais simplement que je suis animé personnellement d’un grand espoir que vous puissiez revenir de cette expérience nord américaine avec des idées nouvelles et surtout un esprit nouveau, et que vous puissiez (et désiriez), dans le cadre d’un retour à la vie publique que je souhaite personnellement, favoriser (voir guider) la « révolution » (ce mot est politiquement un peu chargé, mais je n’en trouve pas d’autre) dont la France a besoin aujourd’hui.

    En référence à la dernière phrase de votre message : Sans illusion, sans reniement de ma culture ou de mes pères, je peux vous dire qu’après 4 ans, j’ai été moi-même dans une large mesure gagné par la contagion américaine.

    Très respectueusement,

    Thomas
    Thomas Margenet-Baudry
  • Laurent Bernard
    Le 29 Aout 2005 à 19 h 09 min
    Bonjour,
    Francais, vivant aux Etats Unis (Michigan), VP des Ressources Humaines d'une societe americaine de 14,000 salaries dont 1,500 en France, j'essaie comme vous, de comprendre pourquoi avons nous cette machine a creer des emplois ici aux Etats Unis et pas chez nous.
    Vous avez raison sur un point, ce ne sont pas des mesures uniques de flexibilite du travail (embauche licenciement) qui seront l'unique reponse. Mais Elles font partie des changements necessaires.
    Par example: notre societe a connue ces 4 dernieres annees une crise importantes. Parceque la France a ete la plus difficile, la plus longue a se restructurer elle est a la traine dans son redressemement et n'a pas commence a re- embuacher alors que USA-UK-Allemagne le font depuis un an.
    La vitesse pour redevenir profitable influe sur la vitesse a reinvestir et a embaucher.
    Mais au dela de ces mesures, c'est le systeme dans lequel nous sommes,la culture dominantequi pose probleme.

    Nous avons manques la creation d'emplois dans le domaine des services parceque l'on a parle de "petits boulots" et donc devalorise ces creations d'emploi si importantes aux Etats Unis.
    La creation d'entreprise, la prise de risque ne sont pas valorises.
    La relation entreprise /universite absente.
    Et notre systeme scolaire devalorise plus l'ensemble de nos jeunes qu'il ne donne confiance et prepare mal nos elites a ce mondes global.

    Les memes personnes veulent empecher une OPA sur Danone mais l'empechent d'etre plus competitive (affaire LU)
    Rien n'est fait pour valoriser le travail, developper le commerce (je n'ai jamais autant depense qu'en vivant aux Etats Unis car enfin l'ouverture des magasins correspond a mon rythme de travail)ou encore encourager les changements de carriere...
    La France n'est pas "Business Friendly" et c'est la notre drame.
    La France n'est pas sur le declin , elle est simplement de moins en moins attractive.Elle s'ouvrirait pour oser ensuite se regarder et changer cela l'aiderait.
    La premiere chose que l'on apprend en tant qu'expat c'est sa culture. Je vous souhaite un bon apprentissage comme fut le mien.
    Je salue votre initiative, vous souhaite bon courrage, et je continue a penser qu'en 1995 la France a manque l'opportunite de se reformer comme vous le souhaitiez. On ne vous a pas soutenu au dessus pour faire cette revolution "Thatcheriene" on le paie aujourd'hui.
    Cordialement
    Laurent Bernard
    Laurent Bernard
  • BASSIM BOUBEKEUR
    Le 29 Aout 2005 à 17 h 42 min
    Bonjour M.Juppé,

    Permettez moi de vous encourager dans votre nouvelle activité, et que celle-ci vous apporte joie et réconfort pour vous et votre famille.

    Vous faites part dans votre message du formidable dynamisme de l'économie américaine et de ses origines.

    S'agissant de la création des entreprises et donc des emplois, il faut y voir l'importance non pas de la création des entreprises mais surtout le financement des nouvelles entreprises.

    C'est justement ce qui fait défaut en France, l'accompagnement des nouvelles créations d'entreprise.


    Bien à vous

    Bassim BOUBEKEUR
    BASSIM BOUBEKEUR
  • Martial COCAGNE
    Le 29 Aout 2005 à 14 h 45 min
    M. Juppé,
    Je vous souhaite une bonne acclimatation à cette ville merveilleuse que je connais un peu. J'ai vu cependant Montréal l'hiver et, comme vous le savez, que le climat est tout autre (nous avons connu jusqu'à -40° C).
    Juste une question: Envisagez vous un retour politique futur?
    J'espère en effet que votre exode n'est que temporaire. Je considère que vous manquez beaucoup à la vie politique Française où l'on a, me semble-t-il, besoin de s'attacher beaucoup plus aux idées qu'aux querelles de personnes.
    Cordialement
    Martial COCAGNE
  • Georges SERRAULT
    Le 28 Aout 2005 à 15 h 25 min
    Si, en France, le mot "libéralisme" est devenu un "gros mot", c'est parce que les effets de cette politique sont plus proches de l'anarchisme que de la liberté d'entreprendre.
    J'ai 58 ans, et j'ai toujours connu la liberté d'entreprendre, ayant créé et dirigé moi-même deux entreprises.
    Mais je découvre depuis deux décennies l'anarchie et la malhonnêteté intellectuelle de la majorité des politiciens et la malhonnêteté tout court d'une bonne partie des acteurs économiques et non des moindres.
    Quelqu'un a comparé le libéralisme à l'idéologie communiste pur et dur. Il a raison.
    Vouloir abolir les frontières est une utopie et une énorme erreur. Ce serait comme supprimer les cloisons étanche dans un navire. Au moindre trou dans la coque, le navire entier sera inondé.
    On le voit déjà : les maladies, les déviances politiques, économiques et sociales, ... voyagent maintenant allègrement à travers le monde. Et les avions dont la santé est victime du libéralisme véhiculent tout cela à la va-comme-j'te-pousse !
    Georges SERRAULT
  • Fred Varin
    Le 27 Aout 2005 à 16 h 18 min
    C'est bien là le problème.
    Citons, entre autres :
    1) le fait que perdre un emploi pour en retrouver un autre est un traumatisme
    2) une carrière se construit dans une seule entreprise
    3) travailler moins fait plus de place aux autres
    4) travailler vieux fait moins de places aux jeunes

    La liste est longue... c'est la France des préjugés.
    Fred Varin
  • Jacques DUMON
    Le 27 Aout 2005 à 15 h 46 min
    Mr Juppé,
    Je vous remercie de votre réponse.
    Je me souviens de ce qu'a dit un Raymond Barre amer en quittant son ministère quand la gauche a pris le pouvoir en 1981, je cite (à peu près): "Je laisse 365 milliard de francs dans les caisses de l'Etat. Ca leur permettra de faire la fête pendant un an à raison d'un milliard par jour".
    Mr Barre avait vu juste, mais il n'avait pas prévu que la fête allait durer jusqu'à aujoud'hui, sous un gouvernement de droite.
    En effet, convertissez en francs les 1200 milliards d'Euros de la dette actuelle, et vous verrez qu'on n'est pas loin du milliard (de francs) par jour depuis 1981.
    Donc demain nous pourrons rajouter 1 milliard de francs au déficit et 7 milliards de plus vendredi prochain.
    Les quelques 60 ou 70 milliards € d'intérêts versés annuellement au service de la dette, soit plus que la totalité de l'impöt sur le revenu, ne seraient-ils pas mieux employés à créer des infrastructures et des emplois au lieu de finir dans ce gouffre?
    Quelqu'un va-t-il tirer enfin le signal d'alarme? Je suis sidéré par l'apathie de la classe politique.
    Tout le monde s'en fout. Avant la guerre on disait " l"Allemagne paiera..." on sait comment ça s'est terminé. Certains prétendent que la note sera prise en charge par l'Europe, d'où l'insistance à nous faire approuver la Constitution Européenne. Cela relève du fantasme...
    Un chef d'entreprise qui gèrerait ainsi sa société serait depuis longtemps débarqué par son conseil d'administration, ou mieux, en taule...

    Qui va payer, et quand ? SVP Mr Juppé pouvez-vous m'éclairer?
    Cordialement.

    J. DUMON
    Jacques DUMON
  • Ewa Ewa leignadier
    Le 27 Aout 2005 à 14 h 08 min
    Ce que Brock dit des jeunes me parait
    très important, comment la droite en
    France a-t-elle si longtemps "couru"
    derrière la gauche et tu ce qu'elle,
    je l'éspère, savait? Comment avez-vouz
    laissé faire sans réagir? Comment disait-on déjà :mieux vaut perdre une
    élection que son âme.C'est quand mêmele
    seul pays en Europe ou le mot "libéralisme" est un gros mot!!!
    Ewa Ewa leignadier
  • Serge BIDAULT
    Le 27 Aout 2005 à 11 h 38 min
    On détruit des emplois d'un côté et on en crée d'un autre.
    Si le bilan est positif, ce qui n'est bien évidemment pas le cas en France, les politiciens qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez (gouverner, c'est pourtant prévoir) sont contents.
    Sauf que le bilan SOCIAL est, lui, désastreux. Les emplois détruits engendrent du malheur dans les foyer touchés. Et même si la personne licenciée retrouve du travail, le mal psychologique est fait, l'angoisse s'installe désormais et le stress dans le nouvel emploi aussi.
    Et en France le déficit d'emplois est faramineux. Le stress de la population y est proportionnel.
    Serge BIDAULT
  • Ian AMAR
    Le 27 Aout 2005 à 11 h 22 min
    KELIAN, JOURDAN et dix mille autres…
    Des élus locaux de la Drôme, depuis une semaine, crient au scandale comme des vierges effarouchées au sujet de la déconfiture des entreprises Kélian et Jourdan à Romans. Ces catastrophes économiques vont détruire plusieurs milliers d'emplois. Et le scénario romanais se déroule plus ou moins partout en France chaque mois et ce depuis des dizaines d'années.
    En Mairie de Romans, mardi 23 août 2005, 80 élus (oui quatre vingt !) - certains bardés de leur écharpe tricolore qui leur laisse sans doute à penser qu'ils peuvent tout se permettre et son contraire - "hurlaient au scandale" et en appelaient au Premier Ministre qui est lui-même le principal responsable-exécutant de la politique amenant à cet état de chose (avec ses prédécesseurs bien sûr).
    Mais enfin ! Qui a organisé les conditions pour que ces scandales financiers, économiques et sociaux se produisent ? CE SONT BIEN LES ELUS FRANÇAIS ! Et des élus de tous niveaux. Car les élus nationaux, les ministres, le Président de la République qui mènent cette politique destructrice ne peuvent exister et agir que parce qu'ils sont soutenus par des élus de tous niveaux jusqu'aux maires et conseillers municipaux des petites villes. Et dans les villes, nos élus ne créent-ils pas aussi les conditions de la destruction des entreprises, des commerces et des emplois ? Ils peuvent toujours crier le contraire, chacun le sait et le constate chaque jour dans sa ville.
    Ces élus se moquent-ils ou sont-ils idiots ?
    Une idéologie est le pire des fléaux pour l'humanité car elle empêche de réfléchir. On la suit et on l'applique aveuglément sans se préoccuper des effets et conséquences parce que, un jour, quelqu'un qu'on croit intelligent et honnête mais qui ne l'est pas a dit que c'est bien de faire comme ça ! Et comme des moutons, tout le monde politique suit bêtement. Les dégâts directs et collatéraux se succèdent pendant des années, de plus en plus graves, et nos élus continuent. Quand les électeurs leur disent "stop !", ils… continuent !
    Après l'ignominie du nazisme, on a eu celle du communisme. On a maintenant LE LIBERALISME. Au nom de ce libéralisme, on détruit tout ce qui faisait la cohésion de notre pays et sa prospérité tant économique que sociale. On ignore les voix des électeurs qui ne valent plus rien car sans cesse détournées ou ignorées par ceux-là même qui les ont demandées. On détruit le droit de chacun en créant des Lois iniques, imbéciles et dénuées du bon sens le plus élémentaire. On crée les conditions favorables et on laisse détruire l'outil de travail et le gagne-pain de millions de Français. On protège les minorités lobbyistes égoïstes au détriment de la nature, des citoyens et de l'avenir de la population. On se permet tout sur tout et de toutes les manières possibles, bref on a le droit de tout faire… Et de tout dire, notamment que la France va bien avec 1 026 milliards d'euros de déficit ! Ce n'est pas de la malhonnêteté, cela ?
    Parce qu'il est plus facile de ne pas réfléchir et que l'idéologie libéraliste le permet, les Français paient la pauvreté d'esprit et le manque de courage de leurs élus avec la perte de leur emploi ou leurs conditions de vie dégradées.
    La destruction des règles, de l'organisation harmonieuse, de la morale et de l'honnêteté sociale par nos élus, du plus grand au plus petit, permet aux voyous, qu'ils soient des rues ou de la bourse, de détruire la société française et de s'en mettre plein les poches en volant les citoyens.
    On arrive, entre les combinards, les hypocrites et les inconscients d'une part et les opportunistes, les profiteurs et les malandrins de toute nature d'autre part, à une situation similaire à celle qui nous occupe à Romans. Il arrive même que des élus locaux prêtent la main aux gens sans scrupules en leur donnant l'argent du peuple (Oh ! ceux-là conviendront qu'ils étaient inconscients et naïfs - sinon inconséquents - en certifiant, la main sur le cœur, qu'ils étaient de bonne foi). Les "voyous" fermeront les usines quelques mois après avoir empoché les subventions ! A propos, les actionnaires de Kélian et de Jourdan ont-ils empoché des subventions de certains de ces 80 élus indignés ?
    Les Français, en tout cas ceux qui ont les yeux ouverts, ne sont plus dupes et en ont marre. A Romans, des politiciens inconséquents et irrespectueux à l'égard de la population nous font la grande scène du trois : des gesticulations et des lamentations destinées à nous faire croire qu'ils se préoccupent de notre bien-être alors que, n'ayant pas encore atteint l'âge de la retraite, ils ne pensent qu'à sauver leur siège aux prochaines élections.
    Comment croire en leur sincérité ? Cela fait des années que la société française va mal et souffre de gredinerie destructrice. Si nos chers élus avaient fait leur boulot au lieu de s'adonner à la secte du libéralisme, Kélian, Jourdan, et des dizaines de milliers d'autres entreprises seraient toujours en vie, leur savoir-faire conservé et nos emplois aussi. Il n'est bien sûr pas question de s'enfermer dans une forteresse mais de là à saccager nos services publics, notre patrimoine économique et social, notre environnement et de pourrir la vie de millions de citoyens…
    Des politiques imbéciles et même malhonnêtes, certaines pouvant être qualifiées de racket (énergie, transport par exemple) nous emmènent chaque jour un peu plus vite dans le mur… mais nos élus locaux ne bronchent pas ("après moi le déluge, en attendant j'en profite" ?) sauf quand cela se voit trop comme à Romans et que leur mandat bien aimé est en péril.
    On voit de manière éclatante, ailleurs et à Romans, de quelle droiture, de quelle honnêteté, de quel attachement aux devoirs de la justice et de la morale notre pays, nos vies et celles de nos enfants dépendent !
    Ian AMAR
  • François BESSON
    Le 26 Aout 2005 à 16 h 19 min
    Je comprends que vous soyez tenté par le libéralisme monsieur le Premier Ministre. Après avoir essayé beaucoup de formules pour créer des emplois, pourquoi ne pas essayer la flexibilité intégrale qui semble vous intéresser ? Pourquoi ne pas tenter de libérer complètement l'économie en levant tous les obstacles au licenciement ? Cette question vous titille semble-t-il....

    Pour vous rassurer et vous permettre de retrouver votre sérénité sur la question, nous vous apportons quelques réponses :

    - Contrairement aux entrepreneurs anglo-saxons les patrons et petits patrons français chercheront toujours à réduire les effectifs pour augmenter leurs bénéfices plutôt que d'embaucher pour développer leur entreprise. Parce qu'ils ont l'esprit de lucre et pas l'esprit d'entreprise...

    - Parce que dans notre monde néo-capitaliste, le travail n'est plus une valeur mais une simple variable d'ajustement : le modèle idéalisé donné en symbole de réussite au peuple est le créateur de start-up qui trouve une bonne idée, lève des fonds et prend sa retraite sur son yacht à 40 ans... Dans ces conditions sociologiques comment voulez-vous inciter les patrons à créer des emplois : ils ne pensent qu'à une chose - tirer rapidement le plus d'argent possible de leur entreprise avant de s'en défaire.

    - Contrairement à ce qui est souvent avancé en France, il est très facile de licencier. Je sais, j'ai dirigé une agence de publicité et d'internet de 70 personnes. entre 2000 et 2002 (sous gouvernement "socialiste" !...) j'ai licencié environ 30 personnes et embauché environ 30 personnes. Sans aucune difficulté si ce n'est deux procès gagnés aux prud'hommes... Alors qu'on ne vienne pas me dire qu'il est difficile de licencier, c'est archi-faux !... Il s'agit juste d'un mauvais prétexte pour ne pas payer les justes indemnités dues aux salariés et accroître un peu les bénéfices : le petit sou ! Le dernier petit sou !...

    - C'est bien sous le gouvernement "socialiste" de Lionel Jospin que la France a le plus créé d'emplois... Malgré les contraintes "épouvantables" (selon les libéraux) faites au droit de licencier... Ok, la conjoncture était favorable, mais quand même. Ce n'est pas le code du travail qui freine la croissance... C'est l'apathie de nos gouvernants et leur totale incapacité à dégager des perspectives stimulantes pour l'esprit d'entreprise, leur inaptitude consternante à proposer une vision cohérente de l'économie, et leur incurie dans la conception et la préparation de grands projets qui stimulent l'économie : n'oubliez jamais que l'internet et les nouvelles technologies californiennes dont on nous rebat les oreilles comme le modèle de l'économie libérale, ne sont que le fruit d'un colossal déversement de budgets militaires (2000 milliards de dolars entre 1980 et 2000 ! Oui Oui vous avez bien lu...) fédéraux sur l'économie de la Californie et du Texas. (Le reste des USA, nottament les Etats du centre, faute des mêmes budgets, se morfondent dans une apathie économique dramatique...).

    Je comprends, monsieur le Premier Ministre que vous soyez intéressés par l'essai de Woody Brock. Mais ne vous y laissez pas prendre. Cherchez plutôt un moyen de convaincre Villepin d'entreprendre des très grands travaux, de lancer de grands programmes de recherche (énergies nouvelles entre autres : les nucléaire "étatique" ne nous a pas trop mal réussi , non ?...) et de pratiquer une relance de la demande intérieure plutôt que de chercher à toujours satisfaire la demande globale donc extérieure par une précarisation sans cesse plus grande des forces vives de la Nation.

    Bien à vous.
    François BESSON
  • Nicolas Rivain
    Le 26 Aout 2005 à 13 h 49 min
    Cher Monsieur Juppe,

    Et voila deja 15 ans que je vis a Montreal comme professeur de litterature.

    Attention aux apparences en Amerique du nord. Effectivement, on licencie facilement et on engage tout aussi simplement; mais ca ne donne que l'apparence de fonctionner. Il y a beaucoup moins d'interaction que semble le dire le livre que vous avez lu. En realite, il y a une chasse quotidienne a l'emploi, une angoisse permanente de se faire licencier sans preavis...

    Il ne faut jamais perdre de vue comment se traduit en pratique une theorie ou des statistiques.

    Ceci-dit pour apporter un bemol a l'ouvrage que vous lisez et qui semble ne se contenter que d'un aspect des choses.



    Nicolas Rivain
  • fabien merlo
    Le 26 Aout 2005 à 11 h 17 min
    Fort bien monsieur le Premier ministre. L'Amérique crée plus d'emplois qu'elle n'en détruit, faisant mieux que la vieille Europe, notamment en France où les derniers chiffres de l'INSEE sont catastrophiques.
    Mais quels emplois ? Voulez-vous absolument importer ce qui marche aux USA et en Angleterre : les travailleurs pauvres, pas de sécurité sociale.
    Ca marche pour les chiffres, pour les statistiques. For bien. Mais pour remplir son assiette, avoir un toit, se prendre quelques vacances de temps à autre, on fait comment ?
    fabien merlo
  • Yves RICHARD
    Le 25 Aout 2005 à 23 h 24 min
    bonsoir, je me permettrais une remarque supplémentaire sur cet article. Mais tout d'abord, je tiens à préciser que je ne suis pas (vous l'avez peut-être remarqué) soupçonnable d'être perméable aux théories anti-patronales en vogue dans notre pays. Pourtant il faut bien l'avouer, je pense que les patrons Français sont un peu méprisants vis à vis de l'innovation. Bien sûr, quand ils vous font visiter leurs entreprises, ils ne vous le présentent pas de cette façon. Pourtant, la légèreté avec laquelle ils s'occupent de la qualité de leurs ingénieurs, de leur outil de production, du savoir-faire de leurs entreprises est très préoccupante. Les raisons me semblent simples. Tout d'abord la mode du "cost killing", qui constitue une tentation irrépressible de réduire les crédits de R&D, et les investissements à long-terme ou hasardeux (notamment le financement de la recherche fondamentale). Dans la même veine: les procédures dites "de qualité", véritables idéologies, qui parviennent à transformer une entreprise de taille moyenne en une véritable administration chinoise, totalement perdue pour toute créativité. Nos patrons les adorent. Enfin, bien sûr, le turn-over ultra-rapide à la tête des sociétés et dans les rangs des actionnaires, qui incite au raisonnement à court-terme. Bien sûr, c'est une tendance générale (et il y a sans doute des exceptions), mais elle est plus marquée encore en France qu'ailleurs, il me semble. Les patrons, qui sont nos élites doivent aussi, parfois assumer une part de resonsabilité dans notre situation nationale. Trop souvent, ils rejettent cette responsabilité sur les hommes politiques ou les syndicats. C'est souvent justifié, mais, pour ce qui concerne l'innovation, il y a des progès à attendre d'eux. bien à vous
    Yves RICHARD
  • Patrick LIEVRE
    Le 25 Aout 2005 à 21 h 26 min
    Je suis cadre dans une banque depuis bientôt 10 ans, et je suis au regret de constater le manque de culture financière des français. L’entreprise reste encore un miroir aux alouettes pour certains ou un lieu "d'exploitation " pour les autres. Je rencontre trop peu de créateurs ayant d’une part un projet viable et d’autre part un sens ne serait-ce que sommaire de notre système financier. Il y a dans ce pays un vrai déficit de connaissances du monde bancaire et des marchés financiers. Bien sûr, il n’est pas donné à tout le monde d’appréhender ceux-ci de manière exhaustive mais tout de même, il m’arrive encore aujourd’hui d’être surpris pas la méconnaissance de certains chefs d’entreprise chevronnés. Le français lambda est quant à lui bien loin de ces considérations et assimile un directeur d’une entreprise cotée au CAC 40 à un dirigeant d’une PME de 50 salariés qui risque son patrimoine au quotidien pour avoir un jour eu la folie de croire qu’il pouvait créer de la valeur ajoutée. Comment leurs faire comprendre que sans entrepreneur digne de ce nom il n'y a pas de vrai dynamique possible dans une économie de marché et donc de création d’emplois. Il y a donc un sérieux travail de fond à réaliser comme le soulignait un représentant d'Euronext pas plus tard que cet après midi sur BFM : " ce que mes filles ont appris sur l'économie d'entreprise durant leurs études secondaires se résume aux crises financières dont la plus connue, la crise de 1929".
    Un tel travail de sape commencé dès l’adolescence ne peut que desservir l’entreprise et celui qui l’a dirige.
    Devons-nous, nous résoudre au déclin ou verrons-nous enfin un jour une idéologie positive (du point de vue de l'opinion publique) de l'entreprise. C’est à mon sens la base, bien avant toutes les recettes importées de chez nos voisins, fussent-elles excellentes.
    Patrick LIEVRE
  • colette martin
    Le 25 Aout 2005 à 19 h 42 min
    monsieur le Maire de Bordeaux(car pour moi c'est une fonction ds laquelle vous avez remarquablement réussi ,je vis à Bordeaux par intermittence et ai pu le constater)

    je souhaite que votre foi ds les rêves les aspirations de la jeunesse puisse se concrétiser ,car je remarque plutôt qu'actuellement en dehors peut-être des éléves sortis des "grandes écoles ",le fait d'êtte jeune est un handicap qui suscite méfiance suspicion et en tout cas dévalorisation des compétences acquises ds les études ou sur le terrain et baisse des salaires ,c'est une caracrèristique temporaire qui est exploité par les entreprises qui plutôt que proposer des contrats correctement rémunérés prèfèrent proposer des stages sous-rémunérés .Pour travailler ds notre pays lorsque l'on est jeune il faut bcp de foi pour ne pas préférer la voie de l'assistanat,c'est un constat amère qui détermine à prôner aux jeunes qui ns entourent(encore faudrait il s'entendre sur ce que recouvre le terme de jeunes ) de tenter leur chance ds des pays étrangers ds l'attente que l'état d'esprit change et qu'enfin l'expèrience tant sollicitée soit acquise puis reconnue.Je suis frappée ds les annonces d'emploi soit l'on est trop jeune et sans une éxpérience suffisante soit l'on est trop vieux ,la période réeelement active s' est très sensiblement réduite ,comment ne pas s'étonner de l'engouement pour la fonction publique protectrice? qui elle en tous cas se donne le temps de former ses cadres,en les rémunérant correctement et que penser de la France des loisirs de la retraite du temps libre prônée étalée ne serait chaque jour qu'au journal de la mi-journée de tf1 ,mais où est présentée la france qui travaille celle qui réussie,qui s'en soucie?
    Voilà queques féflexions rapides et désordonnées que suscitent votre dernier message ,bien à vous profitez bien de cette ouverture et de ce temps de réflexion retrouvé .
    colette martin
  • Eric Dumont
    Le 25 Aout 2005 à 18 h 20 min
    Il serait peut etre temps que vous lisiez Schumpeter et son concept de la destruction creative....


    Eric
    Eric Dumont
  • isa Cabos
    Le 25 Aout 2005 à 16 h 42 min
    Merci pour votre article du 25/08.
    Il est actuellement démontré par les analystes financiers que la valeur financière actuellement mesurée représente parfois entre 5 à 30% de la valeur réelle de ses entreprises.
    (Starovic, Danka and Marr, Bernard. Understanding corporate value: managing and reporting intellectual capital (Cranfield University School of Management. London: Chartered Institute of Management Accountants, 2003)
    Dans un monde globalisé, la différence culturelle, la multiplicité des savoir-faires est une source de richesse bien plus importante qu'on l'affirme actuellement.
    Pour lancer une initiative privée, il faut avoir des rêves et pour avoir des rêves il faut avoir confiance en soi.
    Peut être les principes de développement durable favoriseront-ils l'émergence de l'économie de la connaissance.
    (http://www.interfacesustainability.com/whatis.html)
    Le système scolaire américain cherche à encourager ce qu'il y a de meilleur dans chaque individu dès la plus tendre enfance. Cela peu porter à avoir des rêves. Le système scolaire français recherche une tête bien faite, ou les filières scientifiques sont plus prestigieuses que celles de commerce...
    En Chine l'esprit d'entreprise n'a pas été diminué par 50 ans de communisme.
    Développer un nouvel outil de financement est certainement une bonne initiative si elle peut s'accompagner de nouvelles valeurs. Ne disait-on pas dans une pub il y a environ 20 ans ... "en France on a pas de pétrole mais on a des idées" !
    isa Cabos
  • Paul-Eric HEUGAS
    Le 25 Aout 2005 à 16 h 09 min
    Hier je vous adressais un message concernant la réforme inévitable de l'état avant (ou en même temps)de grandes réformes sur l'emploi et la création d'entreprise.

    J'ai bien conscience que l'exemple ci dessous ressemble plus à un article du canard enchainé qu'a un exemple concrêt de réforme mais lorsque je lis aujourd'hui dans le compte rendu du conseil des ministres celà:

    "Sur proposition du ministre de la Culture et de la Communication :

    M. X (n'ayant rien contre l'homme j'ai supprimé le nom) est nommé directeur du livre et de la lecture. "

    ..je reste pantois!
    je pensais que nous étions lancé dans les grandes réformes nécessaires au redressement de la France, je m'aperçois qu'il existe des postes (surement bien rémunérés avec assistante/bureau/frais de mission etc..)dont je ne pouvais pas imaginer l'intitulé (quant à en savoir le contenu...).

    est-on vraiment sérieux..??
    Paul-Eric HEUGAS
  • jean yves dalibo
    Le 25 Aout 2005 à 15 h 56 min
    L’image, insoutenable de cruauté, continue toujours de susciter un profond dégoût chez ceux qui la regarde : des groupes de " casseurs " lynchent de jeunes et innocentes victimes lors des manifestations lycéennes du 8 mars 2005 contre le projet Fillon, les frappant avec d’autant plus de violence que leur supériorité numérique – à 10 contre 1 – anime leurs cœurs remplis de haine. Les poings, les pieds, les barres de fer, les battes de base-ball répandent sur le sol de la République le sang des victimes lycéennes, sous l’œil impuissant des CRS qui redoutent une émeute meurtrière en cas d’intervention.

    Ces images de lâcheté, dignes des exactions S.A. contre les juifs durant la Nuit de Cristal, provoquent un émoi légitime et exige une dénonciation générale. Mais qui sont ces nazillons ? Quelles sont ces brutes fascisantes contre lesquelles la sévérité exemplaire de la Justice doit s’appliquer ?

    Et là, à regarder de plus près, un malaise encore plus violent s’empare de nos consciences empêtrés de certitudes bien-pensantes : première remarque, les victimes sont toutes blanches tandis que les agresseurs sont tous noirs, parfois maghrébins… Deuxième remarque, les agresseurs ne s’en prennent pas aux lycéens juste pour leur voler leurs portables et pratiquer une délinquance dite classique, mais pour le simple fait qu’ils sont blancs…

    Le journal Le Monde du 16 mars, pourtant peu suspect de complaisance avec le " sentiment d’insécurité " agité par l’extrême droite, confirme la réalité de ce racisme anti-blanc dans les propos outranciers des agresseurs. Ainsi Heikel, tunisien d’origine, affirme être venu à la manifestation pour lyncher des " bouffons, des petits français avec des têtes de victimes ". " Se venger des blancs ", " casser du petit blanc ", autant de motivations profondément racistes qui animent une partie non négligeable de ces jeunes résidant en Seine-Saint-Denis. Variante du racisme anti-blanc, le racisme anti-blond : Rachid affirme ainsi que les " bolos " - c’est-à-dire les blancs – sont " plutôt blonds ". Patty conclut : " les bolos regardent par terre parce qu’ils ont peur, ce sont des lâches ".

    Le silence assourdissant des médias, associations et politiques

    Alors que la saine réaction des médias aurait été automatique, presque spontanée, si des blancs avaient frappé d’innocentes victimes noires, un silence assourdissant frappe les médias quand la couleur de peau des agresseurs et des victimes s’avère complètement inversée, comme si l’horreur du crime dépendait davantage de l’identité des protagonistes que du fait criminel.

    Alors que le MRAP ou même SOS-Racisme auraient répondu par une manifestation monstrueuse contre " la montée du racisme " si des militants F.N. avaient tabassé d’honnêtes passants maghrébins, le déchaînement de violence de ces " nazis noirs " ne semblent guère émouvoir leurs instances dirigeantes, et quasiment aucune franche condamnation de ces actes racistes anti-blancs n’émanât de leurs communiqués de presse.

    Alors que notre Président de la République serait certainement intervenu avec gravité pour dénoncer la violence de skinheads abrutis contre des foyers d’immigrés, force est de constater que ceux qui nous gouvernent font mine de n’avoir rien vu, de n’avoir pas avoir entendu les hurlements de douleur et les pleurs des victimes lycéennes lors de ces manifestations transformées en chasse à l’homme.

    Le racisme anti-blanc serait-il une réalité totalement occultée par les médias, associations et politiques ? Et comme tout sujet tabou, il suffit que des images époustouflantes de vérité débarquent presque par hasard sur nos écrans télévisés pour qu’un journaliste courageux – ici du journal Le Monde, un miracle pour cette institution du politiquement correct – ose briser un tabou particulièrement tenace. Nous aurait-on longtemps menti sur la réalité d’un phénomène beaucoup plus répandu qu’on le pense généralement ?

    Un phénomène répandu dans les banlieues

    La facilité consisterait à désigner la " fatalité " d’une violence, certes inadmissible, mais finalement anecdotique dans notre société dominée par la fraternité " black-blanc-beur ". Pourtant cette explication est démentie par le nombre considérable de casseurs anti-blancs lors de cette manifestation du 8 mars : entre 700 et 1 000 ce jour-là selon les forces de police, ce qui est considérable. Comment ne pas voir là le produit d’une action concertée, animée et planifiée par une puissance encore inconnue des forces de police, et visant à déstabiliser les fondements de notre République ?

    De plus, ce pogrom anti-blanc ne constitue que la face immergée d’un racisme anti-blanc beaucoup plus répandu qu’on ne le croit, en particulier dans les banlieues à majorité immigrée. Dans ces quartiers dominés par le machisme et la violence d’une minorité active de délinquants, les insultes contre les blancs traités de " faces de craies " ou de " camemberts " trouvent une dangereuse légitimation dans la haine légalisée de nombreux groupes de rap comme Sniper qui appelle ouvertement à la guerre raciale. Les raccourcis racistes et antisémites de " l’artiste " Dieudonné qui qualifia un jour " les blancs de racistes et d’esclavagistes " donnent un prétexte pour passer à l’acte, le racisme anti-blanc apparaissant comme la juste réponse au syndrome de la victimisation qui touche naturellement les populations socialement défavorisées.

    Corollaire à cette victimisation, la culpabilisation des blancs accusés de continuer l’oppression coloniale de leurs ancêtres – ce qui constitue un mensonge aussi éhonté qu’infâme – finit d’emprisonner les blancs dans la culpabilité et la négation masochiste de leurs souffrances. Ainsi le récent " Appel des indigènes de la République ", un ramassis de confusion, d’inexactitude historique et de mensonges éhontés derrière lequel se profilent les mains concertées de l’extrême gauche et de l’islam radical, achève d’emprisonner les blancs dans le mur de la honte et les immigrés dans le mur de la victimisation.

    Dans les banlieues pourtant, des blancs sont persécutés, martyrisés et doivent fuir en silence des quartiers qu’ils habitaient depuis des générations. Les jeunes filles blondes sont les premières victimes de l’association perverse entre le racisme anti-blanc, le machisme outrancier véhiculé par les islamistes, l’influence de la pornographie chez des jeunes en perte de repères. Bien sûr, les blancs ne sont nullement les seules victimes de la délinquance urbaine qui touche indifféremment toute personne honnête et sincèrement respectueuse des lois de la République, immigrée ou française de souche. Mais à la différence des autres victimes de la délinquance urbaine, les " petits blancs " sont souvent considérés avec suspicion dès qu’ils osent ouvrir la bouche sur leur mal-être, le " délit " du vote F.N. apparaissant toujours en filigrane derrière leur émotion jugée trop suspecte.

    Un moratoire sur l’immigration pour restaurer les valeurs républicaines

    La montée en puissance du racisme anti-blanc est une réalité qu’il est devenue inutile de nier. Bien entendu, elle ne doit son existence qu’à une minorité de prêcheurs de haine, l’écrasante majorité des immigrés français ne se reconnaissant nullement dans la violence des bandes ethniques qui terrorisent également les travailleurs immigrés honnêtes et respectueux de leurs concitoyens. Mais le phénomène du racisme anti-blanc semble d’autant plus inquiétant qu’il se généralise à l’échelle mondiale, les violences anti-françaises en Côte d’Ivoire s’ajoutant aux persécutions des fermiers blancs en Zimbabwe. Le racisme anti-blanc ne serait-il pas l’expression de la frustration économique et politique de populations africaines ou maghrébines cherchant un bouc émissaire à leurs propres problèmes, exactement comme pour les chômeurs allemands des années 30 cherchant dans le juif l’éternel responsable de leurs maux ? Juif et Blanc, la même figure interchangeable du bouc émissaire ?

    A côté de la nécessaire répression des actes racistes anti-blancs (au même titre que les actes antisémites, anti-maghrébins, anti-noirs…) nous devons nous interroger sur les dangers d’une " importation " de la frustration économique et sociale des pays pauvres dans notre pays, le choc produit entre la pauvreté extrême de certains arrivants et la richesse parfois tapageuse de notre société risquant de générer un phénomène de désillusion et de frustration qui se trouve à l’origine des tensions raciales. Autre illustration de ce phénomène, la surreprésentation des immigrés dans les actes de délinquance, puisque ces derniers contribuent à environ 70 % des faits délictueux constatés en France.

    Dans ces conditions, est-il bien raisonnable d’accueillir, tous les ans, environ 200 000 immigrés sur notre territoire, 200 000 immigrés généralement sous qualifiés qui finiront par grossir les rangs des chômeurs et sans emplois, et dont les enfants risquent de projeter leur frustration social sur l’Autre ? Ne devrait-on pas plutôt nous armer de sagesse en imposant un moratoire sur l’immigration afin de donner du temps au temps et se donner tous les moyens pour intégrer ceux qui sont déjà sur notre territoire ? Comment ne pas être convaincus de l’impérieuse nécessité d’une pause dans l’immigration, afin de faciliter l’intégration des immigrés déjà présents et éviter à notre pays un éclatement ethnico-religieux suicidaire ?

    Hélas, personne ne semble avoir compris l’extrême danger que fait peser une immigration incontrôlée dans notre pays. Les provocations bouffonnes de Jean-Marie Le Pen paralysent tous ceux qui souhaiteraient ouvrir sereinement le débat sur cette question cruciale, de peur d’être taxés de " complaisance avec l’extrême droite ", ce qui est ridicule puisque l’objectif visé consiste justement à aider l’intégration des immigrés déjà présents sur notre territoire. Pourtant, si nous continuons à pratiquer l’autocensure et la négation de la réalité, notre pays se dirigera tout droit vers une catastrophe dont nous ne mesurons pas encore l’ampleur.
    jean yves dalibo
  • Frank-Adrien Papon
    Le 25 Aout 2005 à 12 h 29 min
    En apprenant dans Le Monde d'hier votre retrait de "ce qui se passe" en France, j'ai eu peur de vous voir abandonner aussi le blog. Je suis ravi qu'il n'en soit rien. Car j'espère que vous nous ferez part régulièrement de vos découvertes à Montréal

    Peut-être aurons-nous l'occasion de suivre vos cours sur internet. Comme si nous étions en 2010, en publinat le curriculum, la liste des lectures, les questions des étudiants, vos impressions.... et peut être même -extravagance - quelques images.

    Dans votre message d'aujourd'hui, ce qui m'a frappé, ce n'est pas votre feinte découverte de ce que vos lecteurs considèrent comme une évidence à propos de la relation entre la prise de risque, l'investissement et le marché de l'emploi, mais plutôt cette petite phrase finale, pas si anodine, dans laquelle vous vous défendez presque de vous inspirer d'un modèle américain quand toutes les élites européennes, en entreprises comme dans l'administration et jusqu'à un Laurent Fabius (de l'Ecole de Chicago)....ne cherchent plus à masquer les sources de leur inspiration voire leur fascination pour "ce qui marche"

    Comme vos illustres prédécesseurs (souvent bordelais, souvent libéraux et souvent juristes.....) qui sont allés étudier en Amérique pour prendre du recul et se remettre en question, vous êtes à la veille d'une transformation.

    Ne boudez pas votre plaisir; "accentuate the positive". Faites nous des télégrammes courts, marrants et laissez tomber le souci de vous justifier aux yeux d'on ne sait quelle énarchie. Au New Yorker, les trois règles d'or des relecteurs sont "Be short. Be funny.
    Don't be condescending" Faites nous trois coups de coeur pour chaque coup de gueule. Gardez votre capacité d'émerveillement. Décrivez. Osez la partager. Et surtout, creusez l'angle que vous avez si bien relevé: les jeunes, l'innovation et la formidable confiance dont ils sont investis en Amérique.

    merci
    Frank-Adrien Papon
  • Philippe Thiébaut
    Le 25 Aout 2005 à 11 h 48 min
    L'analyse de cet économiste est pertinente .
    J'ai terminé l'année derniére une formation qui s'est étalée à intervalles réguliers sur 18 mois entre l'université de Bx celle de New York c'était passionnant; à chaque retour ici nous revenions chacun d'entre nous "boustés" prets à affronter l'inertie de notre pays et à essayer de faire avancer les choses.
    De cette formation qui fut sanctionnée par un examen final je me rappelle que les américains reconnaissaient que nous avons un bon niveau .Quant à l'innovation ils ont un systéme différent de chez nous qui consiste à accorder sur un temps limité (5 ans ,10 ans) des moyens à celui ou celle qui veut travailler sur un projet;à la fin du temps imparti on fait les comptes et on peut tres bien remercier la personne si rien n'a été trouvé ...le flambeau passe à quelqu'un d'autres etc...le dynamisme est au rendez vous.
    Si vous developpez cet idée en France vous serez consideré comme un mauvais citoyen favorable à la "précarité" !
    On peut donc voir des gens passés leur existence à l'université sans rien publier rémunérés par l'Etat et augmentant inutilement notre dette!
    Mais rappelons bien que c'est mal de penser comme ça!La perversion du social ça va loin quand meme!
    Notre pays a d'énormes atouts mais on ne trouvera pas de dynasmisme avec de tels archaismes qui touchent d'ailleurs toutes les générations. Nous avons une obcession de la sécurité qui est culturellement handicapante!Il faudra du temps pour se débarasser de cet esprit de vieillards .Faire avec les autres , se tromper ,revoir sa copie ,arreter de penser que c'est la faute de l'autre ,prendre sa destinée en main etc c'est un programme que vous pourriez développer si vous revenez un jour sur la scene politique ce que je souhaite! Y'a du boulot!Cordialement.Philippe Thiébaut.
    Philippe Thiébaut
  • Bruno Crespin
    Le 25 Aout 2005 à 02 h 27 min
    Monsieur Juppé,

    Je m'appelle Bruno j'ai 29 ans. J'ai fais des études d'Assistant de Direction. Pendant 4 ans j'ai été secrétaire. Puis licencié j'ai souhaité me reconvertir... pour devenir Ingénieur son ou producteur/manager...

    Je vais me contenter de l'idée de l'Ingénieur son...
    1. Chomage depuis plus d'un an
    2. ON me refuse la formation nécessaire car mon métier n'est pas un des 40 prioritaires définis par le Préfet de région Centre... ON m'a aussi dit à la Region Centre que l'école que j'ai trouvé à Toulouse n'est pas dans ma région. Dans les Midi Pyrénées (Conseil) on m'a dit que je n'étais pas chômeur là-bas...
    L'ANPE n'en parlons pas elle refuse tout car ... Mr Le Préfet a dit...

    Voilà la France c'est 10 millions de chômeurs... Des chômeurs volontaires de leur statut inactif... Des chômeurs qui se battent pour faire financer une formation à 3000€ qu'on ne peut financer quand on finit ses mois à 500€ de découvert avec toujours des impôts à payer en tant que chômeurs.
    Donc on va dire qeu la France ca doit être 10 millions de chômeurs qui doivent vouloir faire autre chose que ces 40 métiers prioritaires qu'a définit le Préfet du Loiret puisque j'ai et que je subis son exemple...

    Donc des économistes je veux bien croire qu'ils sont compétents mais un moment faut je pense arrêter de se promener dans une ANPE où on passe au JT et où on entend " j'ai voulu me rendre compte sur place de la situation" avec 30 caméras autour ; et plutôt s'intéresser au concret de vrai et l'objectivité. Prenez mon cas vous verrez qu'un économiste a beau avoir de belles formules ca n'empêche qu'on préfère me payer 1000€ de chomage par mois pendant 2 ans plutôt que me financer par formation de 3000€ qui ELLE m'aiderait énormément à la réinsertion.

    Mr Juppé c'est ca ma vision. Je suis Francais mais je ne me sens pas/plus dans mon pays. La politique, l'Economie c'est beau sur du papier mais pour MOI vivre la France bien je vous l'assure c'est tout autre...

    Je ne me sens pas du tout appartenir à la famille d'un Gouvernement francais... Ni d'économistes à statistiques en bureau... Désolé.

    Bruno
    Bruno Crespin
  • Nicolas CORSI
    Le 25 Aout 2005 à 00 h 48 min
    Monsieur le Premier Ministre,

    Je me permets de commencer ce mail par un titre qui peut paraître pompeux car vous avez émis des propositions courageuses... mais sensées!

    En effet, la France se caractérise par sa frigidité envers tout ce qui peut engendrer (ou procéder) du risque, notamment du capital-risque. Et à un moment donné, vous avez évoqué la triste nécessité de supprimer certains emplois. Vous attaquez justement le coeur d'un problème fondamental, que j'ai développé sur mon blog-notes personnel dédié à l'Europe.

    On a trop voulu prêter à l'Europe tous les maux dont nous souffrons aujourd'hui, dont les délocalisations. Or celles-ci auraient eu lieu sans l'Europe (sans doute à un degré moindre). Pourquoi? Parceque tous les pays industrialisés s'orientent progressivement vers le secteur tertiaire. Seuls l'Irlande et l'Espagne y échappent car ils sont passés directement du secteur primaire au tertiaire grâce au soutien de l'UE). Pour le reste, quand c'est le secteur secondaire qui demeure, c'est pour s'orienter vers l'industrie de pointe.

    Or, pour ma part, j'ai quelques domaines à vous proposer et qui seraient susceptibles de créer des emplois:
    - secteur énergétique (notamment dans le "pétrole non-conventionnel" mais aussi énergies dites renouvelables);
    - secteur de la recherche dans la santé (cancérologie notamment);
    - secteur de la recherche industrielle (aéronautique, robotique et automobile);
    - secteur de la recherche agronomique (notamment dans le développement de champignons comme substituts aux engrais pour l'agriculture);
    - secteur de l'aide à la personne âgée et handicapée, etc.

    Ce ne sont que des exemples parmi tant d'autres. Pour mieux les comprendre il faut mieux apréhender le monde actuel qui connaît la lente agonie du tout-pétrole ainsi que la volonté croissante des françaises et des français de se préoccuper de l'environnement.

    Or tout ce qui touche à l'environnement est susceptible de créer des emplois et des richesses si on a la volonté d'y accorder du crédit. Nous vivons en effet dans un monde où les matières premières se font de plus en plus rares mais dont la consommation s'accélère, notamment en raison du développement de nouveaux pays émergents (Chine, Inde, Brésil).
    La recherche d'énergies substituables ainsi que de moyens de locomotions alternatifs qui s'avéraient contre-productives il y a trente vont inélucatablement connaître un intérêt croissant dans les années à venir.

    Par ailleurs, le secteur du tourisme et du contrôle de gestion (notamment dans les milieux financiers depuis l'adoption des "normes IFRS" mais aussi dans la fonction publique) sont des domaines où la France pourrait encore accentuer son poids.

    Pour cela, il faudrait que l'Etat consente au minimum 3% de son PIB à la recherche. Cela ne sera évidemment pas possible tant que la dette publique se trouvera au niveau actuel. Car s'endetter pour investir dans les nouvelles technologies rapporte nettement plus que pour rembourser des dettes passées.

    Or si la France a, par le passé, été la championne de la technologie (nucléaire, TGV, Concorde), beaucoup reste à faire. Et je reste convaincu qu'elle le peut, si les moyens alloués sont étudiés avec soin.

    Enfin, plut$ot que de laisser véhiculer des messages de terreur par les médias selon lesquels l'Europe serait mère de tous les maux actuels, il serait bon, à mon avis, de mener des campagnes offensives pour préparer les françaises et les français à passer ce nouveau cap de la désindustralisation: spots de publicité pour inciter les jeunes à travailler dans la recherche, campagnes de reconversions professionnelles des ouvriers en milieu de carrière (sous peine de créer du chômage structurel impossible à résorber), attribution de bourses spéciales aux jeunes étudiants français qui vont étudier dans les écoles prestigieuses étrangères pour importer ce "capital humain" en France.

    Toutes ces solutions que je propose ne sont pas nouvelles en soi. Elles ont été scrupuleusement appliquées par le Japon depuis l'Ere Meiji car il a eu le courage de se remettre en question pour rattraper son retard. Une phrase souvent prêtée à Confucius dit d'ailleurs qu'il faut prendre beaucoup de l'élan pour sauter les montagnes.

    A nous d'avoir ce courage et cet esprit d'auto-critique pour voir ces montagnes... et les dépasser!
    Nicolas CORSI
  • Yves RICHARD
    Le 24 Aout 2005 à 23 h 39 min
    bonsoir,
    c'est vrai que, en France, la génération "baby-boom" se montre particulièrement réticente à croire en sa descendance. En témoigne la création d'une nouvelle classe sociale : "les jeunes". Il s'agit, bien-sûr d'y parquer les jeunes adultes dans une sorte d'enfance prolongée, au lieu de les inciter à prendre place pleinement dans la société, notamment l'économie, et de leur faire confiance. Les aspirations de la jeunesse en France, ce sont, bien sûr, la fierté justifiée de vivre dans un pays courageux, la solidarité avec ceux que ce courage collectif pénaliserait injustement plus que les autres, la dignité que chacun puisse, par son effort, participer au rayonnement de notre pays, être à nouveau le coeur de l'étoile européenne, qui rayonne et réchauffe. Redevenir un pays qui croie en l'avenir, en ses chercheurs, ses ingénieurs, ses industries, ses infrastructures. Retrouver le sens de la culture, la vraie, la lus ancienne comme la plus récente pour peu qu'elle ait l'ambition de tirer le genre humain vers le haut. Bref, les jeunes ont un impérieux besoin de sentir souffler le vent du grand large ! Un problème: ce n'est pas super bien parti pour ... du moins, il faudra jouer serré !
    bien à vous
    Yves RICHARD
  • M C
    Le 24 Aout 2005 à 12 h 51 min
    Je constate à mon grand plaisir que suite à vos derniers posts, au travers de vos excellentes lectures, vous êtes actuellement en train de mettre en avant les concepts de Schumpeter, à savoir pour faire court (i) le rôle essentiel dans la croissance des entrepreneurs et de l’innovation, en particulier face à la prise de risque, et (ii) le principe salutaire de la « destruction créatrice ». Partant de ces constats pertinents, pour faire face aux processus de mondialisation et d’intégration en Europe (adossé à une logique de compétition interne fiscalo-sociale), le rôle de notre Etat doit être repensé, au-delà des fonctions régaliennes qui lui incombent et notamment pour intervenir massivement sur deux processus majeurs que sont l’incitation à la vocation entrepreneuriale et l’émergence d’une société du risque. Vocation entrepreneuriale par l’organisation des mécanismes favorisant les vocations individuelles et l’orientation des actifs vers la création de richesses (pas vers l’immobilier par exemple). Emergence d’une société du risque en favorisant l’innovation notamment par la commande publique – idéalement européenne - (et non pas par des interventions haut de bilan ; pour Alstom, il eut été préférable d’acheter des TGV et des centrales nucléaires plutôt que de recapitaliser une entreprise mal en point) et par la sécurisation des parcours individuels.
    Je ne peux m’empêcher de penser à la polémique hallucinante autour de la privatisation de la concession des réseaux autoroutiers en France. Comment un homme politique, en l’espèce François Bayrou, qui manifestement aspire à de hautes fonctions peut il s’opposer à une opération de bon sens ? Quel est l’intérêt stratégique pour l’Etat, mal en point au niveau de ses finances, de conserver en propre l’exploitation de réseaux autoroutiers dont les emplois sont nécessairement localisés en France ? En termes financiers, la mise en concession de ces réseaux peut s’apparenter à une obligation d’Etat sur 25 ans. Pour faire face à la mondialisation, l’Etat doit désormais (re)définir son action stratégique en matière d’allocation d’actifs (en soutenant la prise de risque) et optimiser son processus de gestion actif/passif. Mais pour cela, il faudrait déjà connaître des principes de mathématiques financières de base comme l’actualisation des cash-flows futurs. Est-ce par démagogie ou par incompétence qu’il agit de la sorte ?
    M C
  • Thomas H
    Le 24 Aout 2005 à 12 h 44 min
    Bonjour Monsieur le Premier Ministre, brillante analyse en effet de Woody Brock, qui a le mérite de rendre moins caricaturale la "recette" du succès américain, pas uniquement fondée sur l'assouplissement du seul marché du travail, comme on se complaît à le croire en France (yc dans la majorité d'ailleurs...).
    Ce qui me semble important désormais, après le "benchmark" effectué par nos décideurs dans les pays anglo-saxons ou en Scandinavie et repris notamment dans le rapport Camdessus, est de se mettre rapidement à l'action, sans complexe et en n'ayant cure des archaïques de tout poil.
    La dernière phrase de votre message, dans laquelle vous nous assurez que vous n'êtes pas pris par la contagion américaine, est à cet égard symptomatique de cette dénégation farouche des dirigeants français à vouloir "trahir" ce fameux "modèle social" français, dont je n'ai toujours pas compris les mérites (10% de chômage)et qui vit de toute façon ses dernières années, faute de carburant pour l'alimenter.
    Espérons que 2007, après 12 ans d'espoirs déçus, verra enfin s'engager le renouveau de notre pays, comme 1979 et 1980 l'ont été pour nos amis britanniques et américains.
    Bien à vous
    Thomas H
    Thomas H
  • Paul-Eric HEUGAS
    Le 24 Aout 2005 à 11 h 15 min
    Il semble désormais acquis que les "locomotives" de l'emploi en france se trouvent en grande partie dans le domaine des services (notamment servives aux personnes).
    ne négligeons pas non plus nos Groupes industriels dont vous faisiez état dans un recent article de votre blog où dans la revue Fortune établissant le classement des enteprises montrait que nous etions en nombre devant les anglais et les allemands.
    Assouplir les modalités de création d'entreprise et de recrutement est évidemment essentiel mais nous savons tous qu'aujourd'hui les charges qui pèsent sur les entreprises et les salariés en france sont "étouffantes"et restent le premier frein à cette dynamique de l'activité et de l'emploi.
    L'évidence consisterait a baisser fortement ces taxes mais la réalité économique de la France aujourd'hui avec un déficit de nos finances publiques catastrophique ne laisse que peu de latitude pour alimenter cette baisse.
    Que faire donc?
    La réforme de l'état, à l'ordre du jour depuis de nombreuses années, tarde à montrer ses effets bloquée par la dualité de réduire les budgets, reduire le nombre de fonctionnaire, réduire le train de vie de l'état (ex patrimoine immobilier ou la commission en charge de ce dossier à déjà du mal à faire l'inventaire des biens de l'etat français)et l'obligation qui est la notre de rester compétitif et performant (recherche, ecoles-universités etc..)et donc de donner les moyens financiers a ces priorités.
    Je pense qu'il est urgent aujourd'hui de redefinir le rôle de l'etat car depuis des années on ne fait qu'accumuler des réformes qui s'empilent sur celles existantes.
    Difficile de demander à certains de scier la branche sur laquelle ils sont assis.je crains donc qu'il ne faille du temps.
    C'est pour moi la première action qui est nécessaire pour retrouver un "etat comptable" de notre Pays permettant derrière de mettre en oeuvre une politique de l'emploi efficace qui par effet mécanique engendrera une croissance forte.
    Sans être pessimiste les élections de 2007 me paraissent trop proches et les ambitions de certains trop démesurées pour ne pas craindre dans les mois qui viennent une politique gouvernementale guidée par ce calendrier.
    L'éloignement que nous bordelais regrettons de votre part sera peut etre salvateur dans l'optique d'un grand projet pour les prochaines années, personnellement je l'espère..
    cdt
    Paul-Eric HEUGAS
  • céline tijou
    Le 24 Aout 2005 à 11 h 13 min
    MONSIEUR
    La France est un pays formidable, à n’en pas douter.

    Elle a su se doter d’instruments particulièrement pointus pour s’analyser. Ainsi lorsque l’on désire consulter les statistiques concernant le chômage en France, le meilleur moyen c’est encore de se rendre sur le site de l’INSEE.
    Ce faisant, on tombe sur un tableau qui indique que le pays comptait en 2004 la bagatelle de 2.727.000 chômeurs, avec en dessous un petit renvoi qui invite à consulter la définition du terme chômeur sur le dictionnaire de l’INSEE.

    Tout le monde sait ce qu’est un chômeur, aussi, curieux de nature j’ai cliqué sur le lien et je suis tombé là dessus :

    Chômeur : un chômeur est une personne qui n’a pas d’emploi et qui en recherche un.
    La définition des chômeurs est extrêmement sensibles aux critères retenus.

    La définition la plus couramment est celle “au sens du BIT”. Elle permet d’effectuer des comparaisons internationales.
    Le Bureau International du Travail rattaché à l’ONU et basé à Genève a donc développé une définition du terme chômeur. Courrons y vite afin d’apprendre enfin ce qu’est un chômeur vrai de vrai :

    Chômeur au sens du BIT : En application de la définition internationale adoptée en 1982 par le BIT, un chômeur est une personne en âge de travailler (15 ans ou plus) qui répond simultanément à trois conditions :

    - être sans emploi, c’est à dire ne pas avoir travaillé, ne serait-ce qu’une heure durant une semaine de référence ;
    - être disponible pour prendre un emploi dans les 15 jours ;
    - chercher activement un emploi ou en avoir trouvé un qui commence ultérieurement.

    Remarque : un chômeur au sens du BIT n’est pas forcément inscrit à l’ANPE (et inversement).

    Nos brillants statisticiens auraient pu en rester là, mais amateurs de problèmes complexes ils ont donc tout naturellement complexifié en ajoutant la notion de chômeur “au sens du recensement de la population”. Donc :

    Chômeur au sens du recensement de la population :
    Les chômeurs au sens du recensement de la population sont les personnes (de 15 ans ou plus) qui se sont déclarées chômeurs (inscrits ou non à l’ANPE) sauf si elles ont, en outre déclaré explicitement ne pas rechercher de travail.

    Remarque : un chômeur au sens du recensement n’est pas forcément un chômeur au sens du BIT (et inversement).

    Donc nous voilà nantis de trois définitions du chômeur. Formidables outils qui nous permettent donc de connaître le nombre exact de chômeurs en France à un instant “T”.

    Seulement il y a comme un hic, car à ces 2.727.000 chômeurs nos brillants statisticiens oublient d’ajouter les 1.189.000 RMIstes qui ne travaillent pas plus qu’un chômeur, les quelques 500.000 chômeurs de plus de 55 ans qui sont exclus d’autorité des statistiques, les quelques 400.000 jeunes n’ayant pas encore travaillé depuis la fin de leurs études et les quelques 250.000 handicapés (chiffre estimé).

    Soit quelques 5.066.000 chômeurs pour une population active estimée à quelques 27.455.000 individus, ce qui fait passer le chiffre officiel de 10% annoncé piteusement par nos ministres à presque 20%.

    Assurément un excellent résultat qu’il convenait, comme il se doit, de cacher à une population notoirement irresponsable et indisciplinée, enfin selon certains de nos gouvernants.

    Pendant ce temps là à l’étranger que se passe t’il ? Oh presque rien, enfin rien qui ne vaille la peine d’être annoncé par la presse, hautement déontologique, française :

    L’Allemagne a supprimé 700.000 postes de fonctionnaires en 10 ans,
    La Suède 350.000 postes en 5 ans,

    Le Royaume-Uni annonce une nouvelle suppression de 100.000 postes entre 2005 et 2008.

    Le Portugal supprime l’avancement automatique des fonctionnaires et engage le processus de passage des fonctionnaires vers le régime général de la sécurité sociale y compris pour les retraites.

    Les Pays-Bas viennent de confier le secteur assurance maladie obligatoire aux mutuelles et assurances privées.
    Comment peut-on à la suite de ces détails qui sont réels, croire que Villebrequin fournira du travail à tout le monde dans moins de 100 jours !
    D’autant que dans les chiffres énoncés, manquent tous les sans papiers qui bénéficient d’allocations diverses et qui ne sont en aucun cas demandeurs d’emploi.


    céline tijou
  • jean-claude turcq
    Le 24 Aout 2005 à 08 h 35 min
    votre compassion à l'égard des jeunes ambitieux m'étonne. Moi, à 20 ans je rêvais de faire mon entreprise à l'américaine dans l'informatique.

    a l'époque, on m'a pris pour un cinglé, un bon à rien, un doux rêveur à chaque fois que j'en parlais par que cela concernait les USA et pas le parti socialiste ou Parti communiste de ma ville.

    on ne m'a jamais pris au sérieux à l'époque parce que je déteste l'armée et les partis politiques. aujourdh'ui je suis rmiste et j'apprends tout seul l'informatique.

    si vous avez réellement l'intention d'aider des jeunes dans leur ambition, vous allez devoir combattre durement les idéologies de gauche typiquement français et c'est pas gagner d'avance (en particulier à dunkerque)!!!!
    jean-claude turcq

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé

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