Blog Notes d'Alain Juppé

La rue, l’hiver

Publié le 06/12/2012 par Alain Juppé

Soirée à Bordeaux avec les responsables du 115 (n° d’appel pour les personnes en recherche d’un hébergement d’urgence) et du SAMU social.

Témoignage de l’équipe du SAMU: un soir de cette semaine, ils trouvent dans une voiture en stationnement six personnes: une mère et ses cinq jeunes enfants qui se préparent à passer la nuit dans la rue. La recherche d’un hébergement d’urgence échoue: pas de place en foyer, pas de place à l’hôtel. Ils vont rester dans leur voiture, dans la rue.

Comment accepter un tel scandale dans la France de 2012?

Sans entrer dans une querelle de chiffres, les intervenants de terrain estiment que, selon les soirs, entre 100 et 150 personnes ne peuvent (ou ne veulent) être hébergées. Le responsable du SAMU me dit que 150 personnes sont en grand danger dans l’agglomération bordelaise. Il me dit aussi qu’elles sont réparties sur l’ensemble du territoire communautaire car beaucoup se cachent loin du centre ville. D’où l’importance du signalement par les voisins quand ils sont témoins d’aussi grandes détresses.

Que faire?

D’abord augmenter les capacités d’accueil. C’est la responsabilité de l’Etat. La ville est à ses côtés pour aider à la recherche de locaux adaptés. C’est ce que nous faisons depuis des semaines, en jouant tout nôtre rôle, avec mes élus de quartier, auprès du voisinage: Leydet,Tregey, Gouffrand, Dupat, Carton… la quasi totalité des lieux disponibles se trouvent dans Bordeaux. J’ai lancé un appel à mes collègues maires des grandes villes de périphérie pour qu’ils aident les services de l’Etat à ouvrir d’autres structures, ne  serait-ce que quelques places. Je renouvelle cet appel.
Il faut aussi renforcer les moyens du SAMU qui ne dispose plus que d’une équipe pour effectuer ses maraudes nocturnes (2 en plein hiver sur l’ensemble de la CUB). Je suis prêt, si le conseil municipal de Bordeaux me suit, à fournir un véhicule supplémentaire.

Et puis, il faut agir en amont et sur la durée. La plupart des personnes en difficulté souffrent de multiples handicaps et notamment de problèmes de santé. Elles ne peuvent être d’emblée accueillies en logement social classique. Elles ont besoin d’un accompagnement adapté. D’où la nécessité de développer le réseau des maisons-relais ou pensions de famille qui répondent très bien à ce besoin. Il y en a 4, si je ne me trompe, dans Bordeaux. L’une est gérée par notre centre communal d’action sociale, rue Martin Videau, elle fonctionne très bien; les autres le sont par des associations que nous aidons, la dernière en date vient d’être inaugurée la semaine dernière rue Lachassaigne (maison Saint-Fort d’Habitat et Humanisme). Mon objectif est d’en doubler le nombre dans Bordeaux. Mais il en faudrait une dans chaque commune de la CUB. La décision de principe a été prise. C’est juste et nécessaire. Il faut maintenant passer à l’acte rapidement.

Je pense à la frimousse des 5 gamins qui ont passé la nuit dans une voiture stationnée en pleine rue quand ils ont pris au petit matin, le chemin de l’école (car le SAMU me dit qu’ils sont scolarisés).

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé
Alain Juppé 2017
5 ans pour l'emploi
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