Blog Notes d'Alain Juppé

Le « miracle » néerlandais?

Publié le 16/10/2005 par Alain Juppé

La lecture d’un article de Dominique Schnapper, publié dans le n° d’automne 2005 de la revue Commentaire, sous le titre : Le « miracle » néerlandais ?, me ramène au thème de l’un de mes derniers cours à l’ENAP: les gouvernements nationaux disposent-ils encore d’une marge de manoeuvre pour conduire une politique économique qui leur soit propre?

A cette question, les pourfendeurs de la mondialisation répondront vigoureusement NON! Et ils auront des arguments convaincants: les Etats ne sont plus (à supposer qu’ils l’aient jamais été…) les acteurs souverains de la scène économique; d’autres acteurs interviennent et leur dament souvent le pion de la décision:
– les entreprises multinationales dont le chiffre d’affaires dépasse parfois le montant du budget de certains Etats;

– les marchés, et notamment les marchés financiers sur lesquels se déplacent des centaines de milliards de dollars, à la vitesse de la lumière.

– les organisations internationales qui sont de plus en plus productrices de règles et de normes, à l’image de l’Organisation Mondiale du Commerce dont l’Organe de Règlements des Différends a construit une véritable jurisprudence commerciale internationale applicable aux Etats (L’Union Européenne a ainsi perdu son contentieux sur la banane et sur le boeuf aux hormones… Elle en a gagné d’autres, notamment sur les Etats-Unis ).

– la société civile internationale, ses groupes de pression, ses ONG, qui pèsent souvent très lourd face aux gouvernements ou aux grandes firmes. Sous leur pression, certaines multinationales commencent à adopter des codes de conduite dans leurs relations avec leurs fournisseurs des pays émergents (comme la Chine), tel Levi Strauss qui leur impose un jour de congé par semaine minimum, 60h de travail hebdomadaire maximum, un âge minimal de 14 ans pour les jeunes salariés… C’est un début!

Tout cela est indéniable. En Europe, on pourrait ajouter les directives bruxelloises, la politique de la Banque Centrale Européenne, le Pacte de Stabilité et de Croissance…

Est-ce à dire que les gouvernements sont impuissants?
Certains aiment à se retrancher derrière les contraintes de la mondialisation pour justifier leur immobilisme.
Mais alors, comment expliquer que toutes les politiques nationales ne se ressemblent pas et que certaines soient plus efficaces que d’autres?
En France, depuis 25 ans, nous avons connu des périodes où le gouvernement nationalisait (pour être exact, le Parlement sur proposition du gouvernement), puis des périodes où l’on privatisait. On nous a vanté les mérites de la dépense publique (qu’un Premier Ministre voulait « réhabiliter ») avant de vouloir réduire son écrasant fardeau…
Ceci me ramène à l’article de Dominique Schnapper qui montre comment les Pays-Bas ont réussi à réformer leur « modèle social » en y introduisant des incitations positives (ou parfois répressives) à préférer le travail plutôt que l’assistance. Et les chiffres montrent que cela marche! Le taux de chômage est passé de 14% en 1983 à 6% en 1997 et même à 3% dans les années suivantes. Le nombre d’actifs s’est accru d’un quart. « Les Pays-Bas sont aussi les seuls parmi les Etats providence continentaux, avec la Finlande, qui aient réussi depuis 1995 à inverser significativement la tendance longue à la baisse du taux d’emploi des hommes et des femmes âgés de 55 à 64 ans ».
Je souligne au passage que cette question me paraît l’une des plus cruciales pour le modèle social français.

Conditions de la réussite néerlandaise, je résume brièvement l’analyse de D. Scnapper:

1) Une collaboration étroite entre les chercheurs universitaires et gouvernementaux, les hommes politiques et les syndicats.

2) Des syndicats qui agissent comme co-gestionnaires de la vie économique et sociale.

3) Le consensus politique.

Pour ma part, je tire deux leçons de cette réflexion:
– les gouvernements ne sont pas impuissants, pour peu qu’ils aient la volonté d’agir; la mondialisation ne les empêche pas d’innover.

– Le modèle social français n’est pas obsolète dans ses principes; mais il marche cul par dessus tête! Il faut le remettre sur ses pieds en faisant en sorte que ses bénéficiaires aient en toute circonstance intérêt à reprendre un travail, si on leur en propose un, plutôt que de rester dans l’assistance.
16/10/05

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16 commentaires pour « Le « miracle » néerlandais? »
  • Thomas Collet
    Le 22 Décembre 2005 à 00 h 11 min
    Bonjour Monsieur le ministre,
    Je suis un jeune actif de 25 ans et je vous fais part de ma perception du modèle social Français.

    Lorsque je suis entré dans le monde de l'entreprise, j'ai découvert un des aspects négatifs des contrats de travail "protecteurs". C'est un droit à la médiocrité car il en minimise les risques. Je n'en veux pas. Je veux être bon, je veux être utile ou partir, je veux me remettre en question de temps en temps.

    Je suis peut être trop jeune pour comprendre les vertus de la stabilité, néanmoins je suis convaincu qu'en diabolisant la flexibilité (ou la précarité) et en faisant l'apologie de l'immobilisme (ou la stabilité) le "modèle social" français inhibe le dynamisme de la jeunesse.

    Thomas Collet
    Thomas Collet
  • Jean Philippe Eliard
    Le 22 Octobre 2005 à 20 h 05 min
    Monsieur,

    qu'est-ce que le "modèle social français" ?
    Il y a de la part des français un égoïsme terrible à refuser que l'on touche à ce modèle, qui à l'origine visait une répartition solidaire et une assurance mutuelle. Egoïsme surtout envers nos enfants (le mien a 2 ans).
    Le mieux est devenu logiquement l'ennemi du bien.
    Le répartition solidaire meurt étouffée par son succès.
    Une grande partie des français s'accordent sur ce diagnostic, mais personne ne fait rien.

    L'artisan de Monsieur Millet (une des réactions de ces jours-ci) a raison. Et si l'on poursuivait un peu le raisonnement : l'entreprise embauche quand elle a besoin. Elle a besoin quand elle a des commandes ; elle a des commandes quand elle a un bon produit compétitif et qui lui-même a un marché.
    Là encore, tout le monde est d'accord. mais personne ne prend le problème en amont : au lieu de chercher si tel type de nouveau contrat lèvera des freins à l'embauche, cherchons plutôt comment produire des biens et services compétitifs.
    C'est là l'unique question. Et c'est du simple bon sens.
    Les facteurs de réponses sont multiples (nous pourrons en reparler...).

    Mais sans réponse à cette question, nous pourrons toujours nous reposer la question de notre modèle social dans tous les sens : nous n'aurons pas les moyens de le financer.

    Cordialment,

    J Ph Eliard
    Jean Philippe Eliard
  • Claude Rollier
    Le 20 Octobre 2005 à 15 h 12 min
    L'ISF est le type d'impôt idiot conçu pour "faire payer les riches"sans pour autant garantir d'enrichir les pauvres qu'il est supposé réconforter.
    Le contraire de la morale protestante,celle qui a bâti la fortune et l'attractivité des USA, qui voit dans la richesse une récompense divine obligeant moralement le riche à venir en aide aux "pauvres ",le droit de jouir de son bien s'accompagnant d'un devoir de reversion "aux pauvres" .
    Si la finalité d'un prélevement fiscal,ou charitable,sur une fortune constituée est de servir son prochain et non les pulsions marxistes dominantes de la société politique française ,UMP compris,il faut bien reconnaitre que la méthode américaine est d'une efficacité plus enviable que la nôtre qui lui préfère le discours, l'incantation,la dénonciation puis l'exclusion .
    Claude Rollier
  • Boris G
    Le 19 Octobre 2005 à 00 h 03 min
    En effet comme vous le dites notre systeme social ne fonctionne pas correctement.
    Mon exemple personnel en est la preuve: l'été dernier j'ai effectué une demande d'allocation logement et j'ai percu 50€ par mois (vivant à deux, mon amie stagiare et moi percevant 1200€), et j'ai payé 500€ d'impot sur le revenu. Un an plus tard, même demande et là 130€ d'allocations pour plus de 3000€ de revenus (Merci!). Quel dommage!

    Je reste persuadé que la france doit maintenir son modèle de solidarité en l'améliorant mais clairement d'autres règles, d'autres lois ne permettront surement pas de l'ameliorer suffisament. On ne peut pas obliger quelqu'un à accepter un emploi sous peine de sanction car nous savons tous que sur le terrain les abus seront réduits mais les injustices augmentées.
    Certes des améliorations sont nécessaire comme dans mon exemple, mais le premier point est surement l'état d'esprit de la population: moins il y a d'abus, moins il y a de restrictions donc autant moins d'injustices. Actuellement c'est plutot trop d'abus donc plus de restrictions donc plus d'injustices. Cela ne me semble pas le bon chemin.
    Boris G
  • Philippe Millet
    Le 18 Octobre 2005 à 21 h 52 min
    Monsieur le Ministre,
    Monsieur ,

    Un artisan m'a mis une phrase simple entre les deux oreilles.Elle est la suivante : "J'embauche, quand j'ai besoin."Cela pourrait remettre un peu de paille dans certains sabots, à l'heure d'aujourd'hui...?
    Avec mes respectueuses salutations
    Philippe Millet

    Philippe Millet
  • M C
    Le 18 Octobre 2005 à 19 h 27 min
    Je suis en permanence étonné de la créativité juridique qui tourne de l'ISF. L’actuelle discussion du projet de loi de finances en fait à nouveau la démonstration. En effet, d’après les « commentateurs avertis » de la vie politique française, les français seraient attachés au symbole de cet impôt et le supprimer serait hautement explosif. Pourtant, par les nombreuses hésitations autour de ce sujet, la majorité actuelle et le gouvernement manquent de clarté politique sur ce sujet, en font le sujet numéro un du budget 2006 et finissent par irriter tout le monde (ceux qui le payent, ceux qui y tiennent absolument et même ceux qui s’en moquent !). Il me semble que indépendamment de la stratégie qu’il serait bon de conduire sur cet impôt, on puisse clore ce sujet en évitant les usines à gaz juridiques et passer aux choses sérieuses, c'est-à-dire les réformes structurelles. Petit commentaire néanmoins : les parlementaires français n’ont pas en tête l’affaire Enron en poussant les salariés à détenir un maximum d’actions de l’entreprise où ils exercent leur activité principale alors qu’il faudrait les pousser certes à investir sur les marchés actions, mais dans le cadre d’une politique de diversification des risques et ce en n’étant pas uniquement exposé à la vie de leur propre entreprise : ils n’ont pas tiré les leçons des retraités ou salariés américains qui perdent simultanément leur travail et leur épargne ! A ce titre, on pourrait pousser la création d’un fond de pension à la française qui drainerait l’épargne volontaire des français dans un véhicule spécifique de valeurs mobilières, dont le montant serait soustrait de l’assiette de l’ISF : ce fonds, placé sous l’autorité conjointe de représentants de l’Etat et d’experts en gestion d’actifs permettrait en outre de créer des acteurs financiers investissant dans les entreprises européennes sur le long terme et de défendre une idée moderne du « patriotisme économique ». On peut aussi tout simplement supprimer l’ISF !
    M C
  • M C
    Le 18 Octobre 2005 à 10 h 44 min
    Je souscris pleinement à votre diagnostic. J’ajouterai qu’un Etat-Nation moderne doit aujourd’hui se recentrer sur (i) ses missions régaliennes, (ii) la création d’un cadre économique structurelle dynamique, (iii) son interface avec les institutions multilatérales et (iv) la gestion d’une commande publique dynamique et créatrice de croissance. Loin d’être impuissant, un gouvernement dispose aujourd’hui de moyens pour agir, mais désormais davantage dans le soft power et dans l’animation que dans l’exécution. En France, je regrette bien souvent qu’on se cache derrière la politique budgétaire et nos déficits pour signifier qu’il n’existe pas de marges de manœuvres. Même si disposer d’une structure financière saine pour un Etat est essentiel, il est possible d’innover indépendamment des aspects budgétaires. Sortir de l’assistance et développer la responsabilité me semblent être évidentes. Je me permets donc de suggérer trois axes d’innovations structurelles peu coûteuses sur le plan financier et qui me semblent aujourd’hui trop peu exploitées : (i) libérer le marché du travail, (ii) accroître la commande publique par la diminution des opérations gérées par l’Etat, et (iii) développer les synergies de dépenses européennes. Plutôt que critiquer, je vais essayer d’être constructif ! (I) Libérer le marché du travail : ouverture complète des commerces le Dimanche (40.000 créations d’emploi possibles !), suppression des CDI et des CDD, suppression progressive des professions à numerausus clausus (taxis, pharmaciens, notaires), simplification des procédures d’immigration du travail, liberté d’exercice des professions de services au sein de l’UE, suppression d’autorisations administratives pour certains métiers (e.g. transports en bus interurbains), remontée des seuils sociaux – 10 salariés, 50, … - (pensés après la 2nde guerre mondiale et complètement anachroniques), transfert partiel des cotisations sociales vers la TVA sociale, retour progressif des fonctionnaires au statut de droit commun. (II) Accroître la commande publique par la diminution des opérations gérées par l’Etat : créer une foncière pour les biens immobiliers de l’Etat et créer une société de facility management pour les services associés, puis les privatiser ; privatiser France 2 et affecter le produit de la vente au développement des technologies de l’information ; développer des opérations du savoir en réaffectant les dépenses de l’Education Nationale, intégrer dans le concept de la fongibilité asymétrique l’obligation d’externalisation des missions, créer une industrie de la sous-traitance des opérations militaires, rénovation des missions d’intérêt général par l’actualisation des cahiers des charges des exploitants de tout type (e.g. imposer à TF1 d’avoir une rubrique sur l’UE dans son JT de 20H !), mise en place et externalisation de centres d’appels interministériels … (III) Développer les synergies de dépenses européennes : représentations diplomatiques communes à l’extérieur de l’UE et suppression de représentations diplomatiques à l’intérieur de l’UE ; création de fonctions communes pour le commerce extérieur extra européen, création de fonctions communes d’achats sur les biens de base, mise en commun des fonctions de contrôle ou fort contenu scientifique (police scientifique et d’investigation – notre FBI européen ! -, organismes de recherche …), fusion européenne des établissements type Caisse des Dépôts en réduisant leurs fonds propres et en créant des fonds d’investissement type In-Q-Tel, mise en commun de processus à faible valeur et potentiellement industrialisables (e.g. collecte des impôts, collecte des organismes sociaux), … Des idées, j’en ai plein d’autres !!!
    M C
  • samuel Cousineau
    Le 18 Octobre 2005 à 01 h 05 min
    Monsieur le Premier Ministre, j'avoue que j'ai beaucoup apprécié votre billet parlant des possibilités d'actions des états dans ce monde en perpétuelle évolution, et à l'économie mondialisé; surtout au regard de la sinistrose ambiante dans ce beau pays qu'est la France.
    Cependant, une question me viens: n'y a-t-il pas un "décalage de phase" entre les actions de l'état français et les besoins des entreprises et des citoyens; et cela depuis près de 25ans?

    En effet, vous soulignez très bien le fait que, malgré la mondialisation, l'état français (par l'entremise de nos dirigeants) à eu l'opportunité de: choisir entre privatiser ou nationaliser des entreprises, augmenter ou réduire la dépense publique, privilégier les revenus du travail plutôt que ceux de l'assistance, ajouter ou retirer des verrous et contraintes, etc ...
    Il me semble que les états (et donc l'état français lui aussi) ont encore d'autres domaines d'actions bien plus importants:
    - L'éducation, la formation, et la gestion (efficace?) du retour à l'emploi; et surtout la bonne gestion de l'entrée dans le premier emploi.
    - La recherche et la promotion de l'innovation.
    - Enfin mais surtout: l'aménagement du territoire!

    Il me semble hélas que ce dernier point ne fait l'objet d'aucune volonté sérieuse, ni même l'objet de promesses électorales.

    Nous sommes entrés, il y à peu, dans le 3eme millénaire. Nous voulons que notre pays puisse préserver son "modèle social à la française", que nos entreprises puissent être compétitives et innovantes, et que notre recherche rayonne sur le monde.
    Vaste programme! Mais pour le réaliser ne serait-il pas nécessaire de nous lancer rapidement dans la modernisation de nos infrastructures?

    En effet, nous regardons les géants américains que sont: google, yahoo, ebay, microsoft, cisco, ibm, apple, intel, amd, sun, hp, ... et les géants asiatiques que sont: sony, toshiba, ... mais comment de telles entreprises, créatrices d'une énorme richesse et de nombreux emplois, pourraient-elles naître dans notre pays, où personne ne semble se poser la question des besoins d'infrastructure?

    Nous avons un énorme retard en terme d'infrastructures numériques et de télécommunications (mais aussi de transport, de production d'énergie, de recherche, de santé, de services à la personne, etc etc ...); et pourtant nous n'investissons pas. Certaines de nos entreprises innovantes sont sur le point de partir à l'étranger faute d'infrastructures numériques nécessaires à leur survie (je me rappelle notamment des témoignages édifiants à ce sujet de la part de nombreux élus lors des journées multimédia-ville en novembre 2004 à Bordeaux) ... et pourtant nous n'investissons pas.

    Certains dirons: "mais si, on s'occupe de la question, il y à des grands projets dans ce domaine". Je répondrais: lesquels?

    Par méconnaissance ou par facilité, nous dépensons des sommes folles pour déployer des technologies déjà mortes ou mortes nées (ADSL, Wimax, ...). Par manque de volonté ou de connaissances, aucun de nos dirigeants ne veulent lancer de grands travaux (d'une pérennité supérieure à 5ans) pour adapter les infrastructures nationales aux besoins d'aujourd'hui et surtout prévoir ceux de demain (notamment: fibre optique jusqu'aux entreprises et jusqu'à l'abonné sur tout le territoire; il faudrait plus de 5ans si nous le décidions aujourd'hui).

    Pourtant, les rails des réseaux ferrés de France, ou la pose des lignes électriques d'EDF sont bien des exemples importants, utiles, et pérennes de l'intervention étatique en aménagement du territoire.

    Nous faisons des projets grandioses pour déployer des solutions inadaptées. Nous privilégions les grosses entreprises dans les plans de déploiement des réseaux à très haut-débit, en oubliant que des entreprises comme google ont démarré avec 2 personnes. Nous nous posons la question de savoir de "quel débit à besoin le citoyen" au lieu de nous poser la question de savoir "quelle pérennité ont les infrastructures que nous déployons", etc etc etc ...

    La grande marge de manoeuvre des états, dans ce monde en perpétuelle évolution, n'est-elle pas tout simplement dans les domaines qui préparent notre avenir et celui de nos enfants (il me semble que dans le domaine des infrastructures numérique les américains et les japonais l'ont compris)? Le rôle de l'état ne devrait-il pas être en premier lieu de s'occuper de préparer le pays aux besoins futur (formation, infrastructures, énergie, ...) et de penser en terme de pérennité des investissement au lieu de "coup de force" médiatique?

    Il me semble que, tant que nous camperons sur nos petits privilèges en refusant l'évolution mondiale, et tant que nous ne ferons pas les efforts nécessaire pour moderniser les infrastructures de notre pays; alors notre avenir restera bien sombre et les autres actions étatiques joueront à la marge.
    samuel Cousineau
  • Sebastien Marc
    Le 17 Octobre 2005 à 20 h 50 min
    Il est indeniable que, dans le cas de la France, l'Etat a encore un effet certain sur l'economie du pays. L'effet est, peut-etre plus psychologique que reel, mais il n'est point a negliger.

    Pour etayer, je donnerai deux exemples:

    - Avant les 35h, je travaillais a New York. Je recevais en moyenne 2 a 3 appels de chasseurs de tete par semaine. Lorsque la loi est passee, et suite a cet article desastreux dans le Wall Street journal, plus rien, pendant plusieurs moi. Lorsque enfin un recruteur se manifesta, je lui ai demande ce qu'il se passait: Le marche ne voulait plus embaucher de francais car ils sont consideres comme lazy, faineants... C'est un effet entierement psychologique car il est bien evident que les francais travaillant a NY dans des entreprises americaines ne sont pas assujettis aux 35h, et les francais ne sont pas des faineants !.

    Des lors, le fait de d'assouplir les 35h ne produit pas son effet, la loi etant toujours en vigueur. Le fait de supprimer la loi en grande pompe, tout en maintenant les memes rigidites qu'aujourd'hui aurait eu un effet positif!.

    Un deuxieme exemple:
    - Qui n'entends pas "creer son entreprise en France est du suicide... ils vont t'assassiner des que tu vas faire un peu d'argent..."etc...etc..
    Du coup, les jeunes (a commencer par moi :-) ne font pas le pas. On aimerait mais pourquoi prendre un risque lorsque le retour sur investissement va a l'etat ?. La encore, les prelevements obligatoires ont un effet psychologique desastreux...

    L'Etat a donc fort affaire, et le desengagement des politiques sur l'Europe, disant "on ne peut plus rien faire", "notre pouvoir est limite", est simplement un manque de courage qui devient tellement generalise que memes des hommes politiques responsables comme vous s'en font le relai...
    Sebastien Marc
  • Denis LEONARD
    Le 17 Octobre 2005 à 20 h 03 min
    Les Pays Bas flottent sur un océan de gaz naturel. La prospérité qui en découle leur a permis de mener à bien le chantier de travaux public le plus gigantesque de l'histoire (digues, barrages, ponts, écluses,...)afin d'assécher de vastes étendues de territoires sous-marins devenus agricoles.

    Revenus du gaz, travaux publics pourvoyeurs d'emplois, accroissement des terres cultivables. Le trio gagnant du miracle hollandais.

    Leur volonté et leur cohérence politique est admirable comme leur inventivité et leur détermination. Un exemple à suivre, un modèle dont on doit s'inspirer.

    Bien cordialement.
    Denis LEONARD
  • PE HEUGAS
    Le 17 Octobre 2005 à 17 h 35 min
    La conclusion de votre article est révélateur de ce qu'il manque aujourd'hui en france, un dialogue mais basé sur la confiance et CONSTRUCTIF, c'est a dire que chacun autour d'une table accepte de mettre de côté son idéologie et que tous travaillent au devenir de la France et des français.
    Pourquoi est ce si impossible?
    D'abord parce qu'il y a ces fameuses élections nationales qui paralysent tous les acteurs, "quel rôle dois je tenir pour assurer ma réelection? quelle position ne pas tenir pour ne pas effrayer mon électorat etc...
    Il serait trop simple de ne voir le mal que du côté des politiques ou des syndicats , ce qui dicte leurs attitudes c'est bien ce que veulent voir et entendre les français qui les soutiennent.
    Enlevons les extrêmes, que sépare vraiment des DSK, des Bayrou, des Villepin, sur les moyens a mettre en oeuvre pour redresser le Pays..pas grand chose sauf que pour une campagne électorale il faut se démarquer souvent de manière démagogue (combien de promesses electorales non tenues..).
    Je ne pense pas que d'autres Pays aient eu des idées révolutionnaires pour faire avancer leur modèle economique et social, je pense tout simplement qu'ils sont plus "sages" et qu'ils ont conscience que c'est avec le dialogue que l'on avance.
    Une question pour laquelle je ne sais ou trouver la réponse: quelle est la part chez les hommes politiques français députés, sénateurs, ministres, maires qui exercent actuellement leur premier mandat ou leur premier portefeuille?
    Quelle est cette même part chez nos voisins néerlandais?
    Peut être faut il inventer aujourd'hui une nouvelle manière de faire de la politique mais en tout état de cause chaque gouvernement garde les moyens de sa politique et le modèle français n'est pas obsolète il faut juste le dépoussiéré sans autres objectifs que de le faire avancer mais les unes des journaux français qui a 19 mois de la présidentielle font état des sondages pour savoir dès aujourd'hui qui sera le meilleur me laisse perplexe sauf à institutionnaliser le modèle français qui consisterai à tenter les réformes pendant 3 ans et a utiliser les 2 dernières années à la réelection de ceux qui nous gouvernent.
    Pourquoi ne pas rendre obligatoire l'équation suivante:
    après avoir exercé son mandat electif l'homme politique doit le même nbre d'année à la vie civile.
    Le pbleme de la réelection est réglé donc on peut penser que le politique donnera toute son énergie durant son mandat, qu'il fera de même dans la société civile et qu'il pourra briguer une fois cette période révolue, un deuxième mandat etc...
    cdt
    PE HEUGAS
  • Francois de Beaune
    Le 17 Octobre 2005 à 16 h 03 min
    Monsieur le Premier Ministre,

    Je vous en prie, n'accreditez pas l'idee qu'un syndicat pourrait un jour etre d'une autre utilite que de defendre son propre pouvoir!
    Les syndicats francais, a de tres rares exceptions pres, ne font pas preuve d'une vision a long terme de leurs actions. Ils ne representent qu'un pourcentage anecdotique de la population et pourtant jouissent d'acquis disproportionnes dont le pouvoir de prendre en otage des "usagers" (puisque le terme de "client" est proscrit), sequestrer des biens de production et en detourner l'usage... Et bien souvent en continuant de percevoir un salaire alors qu'aux yeux de la loi ces actions sont illegales!
    Je suis profondement etonne de voir que vous pensez que les syndicats francais peuvent faire partie d'une quelconque amelioration a apporter a la societe, d'autant plus que vous avez fait l'amere experience de leur capacite de nuisance pour la defense de l'immobilisme et de leur imprescriptible pouvoir.
    Il est vrai que, dans l'absolu, un syndicat devrait etre capable de s'asseoir autour d'une table et d'apporter de nombreux enrichissements a une negociation. Mais ce leader syndical, Monsieur le Premier Ministre, est porte manquant. Il se trouve retenu a Utopia avec le despote eclaire et l'inventeur du systeme social equilibre!

    F2B
    Francois de Beaune
  • Pascal TIERCE
    Le 17 Octobre 2005 à 13 h 48 min
    Ce week-end, j’ai écouté à la radio une émission sur le retour en grâce de l’or dans les stratégies d’investissement des analystes financiers et gestionnaires de capitaux.

    Quel rapport, me direz-vous, avec le « miracle » hollandais et le modèle social français ? A priori, aucun. Pas si sûr ! A près de 480 US dollars l’once, ce métal est au plus haut depuis 17 ans, propulsé par la hausse du pétrole, les craintes inflationnistes, la demande chinoise et surtout indienne.

    Quel est notre position, à nous Français, face à ce marché ? La fiscalité qui s’applique à ce métal est non seulement simple (pour une fois !), lourde, mais aussi très curieuse. En effet, et sauf erreur de ma part, l’Etat applique une taxe forfaitaire de l’ordre de 8 ou 8,5% ... lors de chaque vente effectuée sur le territoire.

    Je ne connais pas grand chose aux métaux précieux et n’ai pas la prétention d’être un économiste ou un financier émérite, mais cette réglementation me semble néanmoins défier les lois de la logique la plus élémentaire. L’achat d’or répond à un besoin de thésaurisation qui aboutit globalement à retirer du pouvoir d’achat de l’économie. A l’inverse, lorsqu’une vente d’or est réalisée, de l’argent est à nouveau disponible pour s’investir sur les marchés (achats de biens mobiliers ou immobiliers, d’actions…), alimenter la consommation et donc l’activité économique. C’est à ce moment là que le vendeur se retrouve assujetti à la taxation. Résultat : un marché français de l’or exsangue (entraînant une absence de création d’emplois, voire une disparition), une perte de rayonnement de la place financière de Paris... et, semble-t-il d’après le reportage, une fréquentation accrue sur les trains Thalys !

    Toutes les études indiquent que les Français posséderaient des centaines, peut-être des milliers de tonnes d’or dans leurs bas (et leurs chaussettes) de laine. Il est donc paradoxal qu’au moment où la demande est forte partout dans le monde, où notre Premier ministre nous parle de patriotisme économique pour la sécurisation du capital des entreprises françaises, où il conviendrait de relancer la machine économique, par notamment la création d’entreprises et la conquête des marchés émergents, la France garde une fiscalité sur l’or aussi anachronique et contre-productive.

    En matière d’anachronisme et de contre-productivité fiscale, l’or n’est qu’un exemple. Ainsi, les dégâts de l’impôt sur la fortune sur l’économie française sont connus de tous les décideurs politiques, mais tous hésitent à abolir cette taxe qui coûte plus qu’elle ne rapporte à la richesse nationale.

    Le modèle social français n’est certes pas obsolète dans ses principes. Il est seulement grippé par une culture de l’assistanat développée depuis 25 ans, une frilosité due au politiquement correct et l’arrêt de l’ascenseur social. Pour le remettre sur ses pieds, il faudrait s’attaquer avec pragmatisme et détermination aux blocages, souvent psychologiques, qui entretiennent les mythes que les Français n’aiment pas, entre autres, travailler, s’expatrier ou investir sur les marchés financiers. Les temps changent, les mentalités aussi. Il appartient alors à l’Etat de mettre en situation nos concitoyens afin qu’ils révèlent leurs facultés d’adaptation créatrice face à un monde en complète mutation. En cela, je suis tout à fait d’accord avec vous : Même dans une économie mondialisée, les gouvernements ne sont pas impuissants, pour peu qu’ils aient la volonté d’agir.
    Pascal TIERCE
  • max capdeville
    Le 17 Octobre 2005 à 11 h 40 min
    Réflexion très intéressante d'A.J. qui appelle de ma part les quelques remarques suivantes :

    - On peut bien sûr citer l'exemple des Pays-Bas et de son "miracle" mais il faut savoir que la différence est quasiment abyssale entre nos deux pays. La France a déjà 44 millions d'habitants de plus que les Pays-Bas. Si un pays, davantage peuplé, doit logiquement développer plus de richesses, il est certain que les problèmes sont également multipliés et souvent à l'infini... Surtout si le pays en question s'inscrit depuis longtemps déjà dans la ligne et la logique de "modèle social".
    Simple exemple : en France,les dépenses publiques d'éducation, de recherche et de développement, de protection sociale (en % du PIB) sont largement supérieures à celles des Pays-Bas.

    - il faudra un jour que nos dirigeants prennent à bras le corps le problème monstrueux de la dette publique française qui est estimée à plus de 1000 milliards d'euros.
    Le déficit public de la France notifié à Bruxelles, s'élève à près de 4% du PIB et le ratio d'endettement est passé à près de 70% du PIB (ce qui doit laisser rêveur les contribuables canadiens qui recevront bientôt - fragment de la cagnotte canadienne - un chèque de leur ministre du budget, qui verront égalemnt leur propre ratio d'endettement passer très prochainement sous la barre des 25% du PIB....)

    - le chemin du travail ne pourra être véritablement retrouvé que lorsque la CONFIANCE sera rétablie. Confiance entre les français et le monde politique (une enquête récente montre que près de 80% des français ne font pas confiance aux hommes politiques) et confiance entre les travailleurs et les employeurs qui proposent "massivement" aux jeunes et aux moins jeunes des contrats (CDD)à temps partiel, payés une "misère", qui se soldent par une précarité, à présent, véritablement institutionnalisée...
    On voit ainsi apparaître et se développer largement une nouvelle catégorie de travailleurs et salariés dits "pauvres".
    Les gens (pour en connaître personnellement et de très proche) ne font jamais l'option de rester à la maison... dans l'assistance, mais aimeraient avoir un véritable emploi, normalement rémunéré)

    - le gouvernement français serait aussi un peu moins impuissant s'il assainissait ses ministères (souvent incroyables "écuries d'Augias") et les finances publiques, éradiquait la colossale gabegie d'argent public qui accélère vertigineusement la paupérisation de l'Etat, profitait de l'application prochaine de la nouvelle LOLF (loi organique relative aux lois de finances)qui devrait être pilotée dans sa mise en place et son suivi (voeu pieux?) par des fonctionnaires exemplaires (de type "Robespierriens", n'ayons pas peur des mots, car, aux grands maux les grands remèdes), pour remettre, enfin, un ordre définitif, durable et efficace dans la maison France.
    max capdeville
  • jean francois verdalle
    Le 17 Octobre 2005 à 11 h 38 min
    j'ai entendu que le déficit de la branche maladie continuait sur une base de 8,5milliards d'euros .Donc il periste et signe la réforme de 2004 initiée par JP Raffarin ne porte pas ses fruits Et pourtant ette réforme a fait l'objet de nombreux débats surtout que le président de la commission des affaires culturelles familiales et sociales de l'assemblée nationale n'est autre que Max Dubernard mon député .N'aurait pas dû attendre un peu plus longtemps et mieux expliquer la nécéssité de confier aux mutuelles et notamment à la Fédération de la Mutualité francaise le soin de gérer la sécu c'eut été un bon moyen de responsabiliser les assurés sociaux on voit de grandes mutuelles comme la Mgen , ou la mutuelle du trésor qui regroupe les agents des finances de la justice et les personnels civils de la défense nationale gérée par un homme remarquable Jean Marie Delaunay qui assurent des superbes prestations sans connaitre les déficits de la sécurité sociale pourquoi ne pas s'appuyer sur le modèle suisse?
    Cette réforme n'aurait elle pas dû être votée sur un trimestre au lieu d'un mois ?
    Je sais que votre réforme avait suscité beaucoup de passion surtout la haine de Blondel à qui vous aviez cassé le joujou mais l'idéologie prend le pas sur les réalités économiques.
    Votre idée de ne plus donner la présidence du conseil d'administration des hôpitaux aux maires était salutaire car on aurait freiné la construction d'hopitaux politiques expression qui a fait sursauter Bernard Accoyer qui s'y connait .
    Je vous souhaite une bonne semaine et je vous adresse un "adichats" .
    Amicalement Jean Francois
    jean francois verdalle
  • jean-claude turcq
    Le 17 Octobre 2005 à 08 h 45 min
    Monsieur le ministre,

    je suis rmiste et je contredit votre affirmation "intérêt à reprendre du travail" ce qui implicite des punitions.

    en effet, j'effectue correctement mes démarches d'emploi, je n'ai jamais raté un seul rendez-vous de l'anpe et ce sont les entreprises qui refusent de me prendre parce que je suis rmiste.

    récemment j'ai eu un entretien d'embauche avec une agence maritime, j'ai dû faire l'entretien chez moi ! (parce que soit disant il n'avait pas le temps de me consacrer l'entretien dans son entreprise), il est parti en me disant qu'il ne s'avait pas s'il pourrai me prendre.

    la démarche actuelle du gouvernement consiste à punir les gens, or ils oublient facilement certaines réalités sociales comme le racisme et autre "critères' à l'embauche", beaucoup trop facilement.

    vous dites que le modèle français a le défaut d'etre bancal: je vous dis oui c'est vrai, chaque fois que je veux entreprendre, faire une formation, on me refoule sur des prétextes douteux, voire insolent.

    les seuls emplois que la mairie accepte d'accorder aux rmistes, c'est le droit de faire le clown ou de divertir les français avec un nez rouge sur des postes d'animateur social BAFA lors d'attractions et autres activités touristiques.

    vous savez, si Monsieur le premier ministre, avait rééllement "retirer les freins à l'embauche", j'aurai déjà un CDI déjà depuis longtemps, et je serai en train de passer mes loisirs dans des associations d'informatiques plutôt que de jongler à droite et à gauche, à supporter le racisme et les critères de races à l'embauche.

    ce que je n'aime réellement pas dans votre affirmation, c'est que vous accusez les gens comme moi d'être responsable d'être au chomage parce que l'on refuse de se faire humilier et insulter par les français!!

    jean-claude turcq

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé
Alain Juppé 2017
5 ans pour l'emploi
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