Blog Notes d'Alain Juppé

Le temps s’en va

Publié le 27/11/2005 par Alain Juppé

Tout va si vite! Quatre mois déjà!

Première neige.
L’enthousiame des enfants fait bonheur à voir.
Pourquoi cette fascination pour la neige? Nouveauté, étrangeté sans doute pour la petite bordelaise, chez qui les flocons blancs ne faisaient que des apparitions fugitives? Ici, on en a peut-être pour cinq mois … Perspective de jeux et de batailles dans la cour de récré. Et puis, aussi, une sorte de mise en scène, un décor qui transforme le quotidien et change les sons et la lumière. Comme au théâtre…

Première conduite routière sur neige et glace. Il faisait aux alentours de -10 à Québec. Ce qui n’est rien par rapport, dit-on, à ce qui nous attend au coeur de l’hiver… J’ai mis les pneus adéquats, mais je guette, à travers mon volant, les moindres réactions de la bête.

Vu, sur le panneau d’affichage lumineux d’un bus urbain, l’annonce suivante: « Désolé », suivie de: « Hors service ». Petite attention québécoise pour l’usager des transports en commun. Ai-je déjà lu cela chez nous?

J’ai beaucoup ferraillé, ces jours derniers, à New York, devant les amis de la French American Foundation, puis à la Maison de France de Columbia University, et encore à Québec devant l’Association France Québec ou les étudiants de l’ENAP, pour convaincre mes auditoires que la France n’est pas un pays en déclin. L’image que nous projetons de nous-mêmes n’est hélas! pas celle d’un pays qui a confiance en son avenir.
Les étrangers nous regardent avec un mélange de fascination et de commisération, surtout depuis les violences qui ont secoué nos banlieues. J’ai eu parfois l’impression, en lisant ou en regardant la presse nord-américaine, que la France entière était à feu et à sang!
Le plus intéressant est évidemment le débat sur les mérites comparés de nos modèles d’intégration. Il n’est pas facile d’y voir clair sur la réalité de la situation qui règne dans les banlieues nord-américaines…Le dialogue , quoi qu’il en soit, est passionnant et je mesure chaque jour qui passe et que je voudrais empêcher de passer trop vite, à quel point la distance fait du bien, y compris pour la réflexion…
27/11/2005

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20 commentaires pour « Le temps s’en va »
  • Jean-Louis Bataille
    Le 05 Décembre 2005 à 21 h 35 min
    Est-ce que la France est en déclin quand:
    - son économie marche au ralenti et que ce n'est pas parce que les Français sont des losers a la naissance, mais d'abord parce que les régulations sont trop nombreuses, ralentissent la création d'entreprises et l'action rapide basee sur la demande d'un marché donné et extra-hexagonal?
    - l'effort de travail personnel est anesthesié: si les syndicats se chargent de la négociation des salaires, ou se trouve M-O-I, mes performances au sein de l'entreprise, ma juste recompense et ma re-motivation pour faire mieux, l'annee prochaine?
    - les patrons sont considérés comme l'ennemi public numéro un, ce qui torture l'idée même d'entreprise au sens large?
    - les patrons se laissent séduire par la stratégie de factorisation de la grève par anticipation (je donne rien + ils me font leur greve = je leur donne presque rien)?
    - les syndicats font peur aux politiques
    - les politiques sont des mous et sont une caste a part qui ne fait que cela?
    Jean-Louis Bataille
  • Germain Bouleau
    Le 29 Novembre 2005 à 03 h 09 min
    Monsieur,
    Je vous suis et vous lis attentivement depuis le début de vos réflexions sur ce blog. Je vis aujourd’hui à Montréal depuis 3 ans et demi, j’ai fait le choix de partir de France car je ne sentais pas mes valeurs représentées par l’élite aussi bien chez les hommes de gauche comme de droite, d’ailleurs à quoi bon cette dichotomie.
    Curieusement mon départ de France correspond à l’entre deux tours de la présidentielle de 2002. J’avais comme pressenti ce séisme qui est à l’honneur de personne. Depuis ces dates, il me semble que la situation du pays et les rêves d’espoir ont plutôt régressé. Vous pourrez me rétorquer que c’est faux en faisant référence aux comptes rendus d’organismes officiels et soigneusement mis en place mais la réalité crie le contraire.
    En France, mis à part la représentativité de grosses sociétés à gros capital, du prestige et du luxe qu’elles imposent encore au travers le monde mais dont les dirigeants cherchent à fuir le pays comme pour montrer l’exemple de la solidarité et du patriotisme économique, le social est bien mal en point.
    Comment soutenir encore que la France n’est pas un pays en déclin ?
    Les valeurs de la république Liberté, Égalité, Fraternité, n’ont cessé d’être rognées un peu plus chaque décennie voir chaque septennat. Quand on se moque de notre jeunesse qui est la relève et l’avenir d’un pays, comment peut-elle avoir confiance au lendemain ? Admettre qu’il y a maladie serait certainement la meilleure parole à poser pour sauver ce qui doit être sauver. Le geste provacateur et guerrier ne peut qu’attiser les souffrances. Ce sont les valeurs humaines qu'il faut travailler, les lois ne suffisent plus à donner du sens.
    Regardez comment ici, à Montréal, les jeunes sont considérés autrement pour qu’ils puissent participer à prendre leur place dans la société. Je trouve respectable et sain de les voir prendre leurs responsabilités pour faire tourner une boutique, un restaurant ou une micro entreprise. Ils ont la possibilité de s’exprimer dans le monde du travail, sans être considérés comme n’ayant aucune formation ou un faciès différent. Le monde adulte sait les accueillir et leur donner une chance voire même plusieurs.
    Je ne voudrais pas faire de comparaisons faciles et légères mais la France vit depuis bien longtemps sur des archaïsmes mentaux et croit encore qu’elle détient une aura et des envergures qui ne la quitteront jamais. Malheureusement, son conservatisme et son absence d'autocritique ne lui rendront pas service. De qui et de quoi a t-on peur ?
    Car qui n’avance pas recul. Pour râler et faire des grêves ou revendiquer et s'opposer pour en tirer profit il y a toujours solidarité de groupe voire même connivence. On retrouve ce système de clan et de réseau privilège partout depuis les bancs des grandes écoles, jusque dans les entreprises, les médias, le pouvoir politique, les syndicats... Mais être efficace et de bon sens pour le véritable intérêt général...?
    La classe politique, les dirigeants d’entreprise ainsi que tous les acteurs éducatifs et sociaux sont à donner l’exemple pour indiquer un nouveau chemin, une nouvelle éthique, un nouveau contrat moral pour redonner l’espoir.
    Depuis que je vous lis et peut-être à cause de votre "exil", je vous sens plus abordable plus authentique dans vos réflexions, plus proche d’une réalité. Et pour vous citer : à quel point la distance fait du bien, y compris pour la réflexion...
    J’apprécie cet aveu un peu plus lointain de la langue de bois (surtout au pays de la cabane au Canada)et du politiquement correct
    Bonne chance, à vous lire prochainement.
    Germain.
    Germain Bouleau
  • Alexis de Schonen
    Le 29 Novembre 2005 à 01 h 26 min
    Monsieur le Ministre,

    tout d'abord je tenais à vous féliciter pour votre blog que je trouve le plus agréable à lire parmi tous ceux créés par les autres hommes politiques.

    J'y suis d'autant plus sensible que je suis depuis juillet en stage à New York comme analyste financier dans un hedge fund et que je fais partie de cette partie des Français qui croit fermement aux avantages de son pays.

    Ce qui me chagrine le plus dans cette volonté que la France a de se rabaissser, c'est qu'à New York, les partisans les plus virulents de cette théorie sont tous les immigrés Français venus cherchés de gros salaires et des opportunités de carrières. Sans nier les plus grandes chances qui sont offertes aux diplômés des grandes écoles, j'avoue que je crée systématiquement le débat pour leur montrer à quel point ils peuvent avoir tort et sont prisonniers d'une conception de la France caricaturale.

    A ce propos j'ai beaucoup aimé le mot de Finkielkraut sur l'approche syndicale des Français à l'Etat das le Monde.

    Par ailleurs, j'ai passé les derniers jours à Paris où j'ai retrouvé après quatre mois le ton désagréable du garçon de café parisien qui daigne prendre votre argent après vous avoir lâché votre café sans un sourire ni une phrase agréable. Et là, dès mon atterissage à JFK, j'ai retrouvé le service à l'aémricaine, presque étouffant et oppressant de sympathie dont on n'arrive pas à savoir si elle n'est que professionnelle.

    En vous remerciant pour votre blog,

    Américainement votre,

    Alexis de Schonen
    Alexis de Schonen
  • sébastien dazy
    Le 28 Novembre 2005 à 22 h 53 min
    J'en ai ras la casquette de ces discours de sinistroses. Oui les temps sont rudes !!! Et oui rien ne peut être assuré pour l'avenir !!!! Et oui il y a des gens riches et des gens pauvres!!! Cela a été, cela est et je crains que cela ne perdure encore fort longtemps. Alors de grâce cessez de gémir et prennez vous en charge !!! Citoyens citoyennes vous vivez toujours dans un pays libre !!! Alors relevez la tête, et montrez au monde ce que peut et veut réaliser un peuple libre. Mais la liberté, l'égalité et la fraternité ne sont jamais acquises et une fois adoptée elles n'effacent ni la dureté de l'existence et ni l'adversité. Comme il se dit dans nos campagne pour faire une omelette il faut casser des oeufs. Il y a des constats positifs et négatifs à faire puis des choix collectifs à décider, réaliser et assumer. Les temps sont durs et n'ont pas fini de l'être mais au moins cela veut dire qu'il y a une multitude de choses à faire. Citoyens citoyennes vous êtes le sang le corps et l'âme de cette nation et vous êtes la république. Démolissez cette république et c'est vous même que vous attaquez. Alors au lieu de démolir battissez et ne rechignez pas à votre peine et vous tirerez fierté de l'oeuvre que vous accomplirez.
    sébastien dazy
  • Marc Chiappero
    Le 28 Novembre 2005 à 21 h 28 min
    Bonjour,
    Tempus edax rerum... Ce temps qui détruit tout, ce temps qui s'en va si vite, a laissé intacts mes souvenirs d'enfance sur la neige. La neige que le petit montagnard a très tôt senti venir au changement subtil d'atmosphère. Puis le nez levé, scrutant le ciel plombé parmi les premiers flocons joué à en choisir un, très haut et à suivre sa chute jusqu'à ce qu'il vienne fondre sur sa joue. Faites faire à votre fille cette expérience unique, enfoncez vous dans une sente forestière loin des villes et écoutez tomber la neige, dans ce silence ouaté où rien d'autre ne bruit et plus rien ne bouge. Respirez et sentez. La neige a une odeur que les petits citadins ignorent. Cette atmosphère-là,s'imprègne pour la vie et, bien des années plus tard on éprouve encore le besoin d'aller tout seul, jusq'au fond des bois, sentir et écouter tomber la neige.
    Cordialement MC
    Marc Chiappero
  • Frederic Godfrin
    Le 28 Novembre 2005 à 20 h 34 min
    Pour l'instant c'est sympa la neige, mais quand il fera -20 ou -30, je peux vous assurer que ce sera moins amusant :-D.
    Sinon pour repondre a une reaction plus bas : si y'a un truc qui va bien en France : c'est la natalite!!! Nous sommes l'un des rares pays occidental ou la natalite progresse... Mais force est de constater que de tous les indicateurs socio-economique de la France, c'est bien le seul a etre au vert! Voyons le beau cote de la chose : si la tendance se maintiend, on devrait pouvoir se sortir plus facilement du probleme du vieillissement de la population que d'autres pays (europeens en particulier).
    Pour ce qui est de l'opinion des nord-americains sur la France : de toute facon ils ne comprennent pas grand chose a notre pays comme de nombreux etrangers d'ailleurs, et j'avoue que moi-meme, des fois, j'ai du mal a comprendre mes concitoyens. M'enfin j'imagine qu'il faudra une bonne grosse emeute nationale et un bouleversement politique pour que ca change...
    Frederic Godfrin
  • Barbara Grasset
    Le 28 Novembre 2005 à 20 h 10 min
    Pourrais-je vous attirer l'attention à un article qui a paru dans "La Vie" de cette semaine (page 11; TRIBUNE par Michel Dubost, l'évêque d'Evry) et qui précède une journée consacrée aux transports avec des partenaires associatifs et politiques, pour améliorer la vie quotidienne en Essonne qu'il a organisé et qui va avoir lieu le 1er décembre prochain. J'ai lu l'article à voix haute à ma fille (Ecole de commerce et Master 2 de Finance, contrainte d'utiliser le RER D) qui m'a dit "voilà un homme qui a tout compris". Elle a essayé de prendre un train qui est entré en gare de Lyon à 14h01 aujourd'hui et dont les voyageurs n'arrivaient pas à comprendre la destination. Un contrôleur qui descendait du train à répondu : "Je n'en sais rien moi". Effectivement, pas de panneau marquait "désolé" non plus. A trois reprises ce weekend j'ai laissé ma C5 au garage pour suivre les recommandations du préfèt de la région qui nous a demandé d'utiliser les transports en commun - une blague!! Le site de l'RATP (qu'on est supposait pouvoir consulter par téléphone WAP etc.,) donnait un train à 18h11 RER D hier soir...aucun train mais croyez moi deux quais remplis de voyageurs de tout âge : fatigués, lasses d'attendre et surtout personne pour nous expliquerou panneau qui marche...La première fois que j'attendais un train un samedi soir (ayant souhaité aller au cinéma avec mes filles étudiantes) je n'ai rien compris de tout ce problème de RER D,au point que j'ai abordé un group de jeunes - d'abord un peu hostile mais vite souriants quand ils se sont rendus compte que je ne voulais qu'un renseignement - et qui m'ont expliqué que c'était le RER D. Ils ont "veillé" sur moi et m'ont indiqué le bon train ... l'insécurité n'est pas toujours là où on l'attend; mais une femme (jeune ou moins jeune) qui doit attendre plus d'une heure pour prendre un train doit forcément faire plus d'attention que celle qui peut rentrer rapidement chez elle. Avez-vous visiter le mètro Porte D'Auteil? Que c'est beau! Ce n'est pas desservi par le RER D!! Même les pubs sont propres et les sols impeccables!! Christian Bachman avait beaucoup à dire sur les banlieus - l'évêque d'Evry serait à écouter aussi...(P.S. excusez moi mon français mon anglais est impeccable!!)
    Barbara Grasset
  • yannick patelli
    Le 28 Novembre 2005 à 19 h 36 min
    Voici une chronique que j'ai d'ailleurs transmise en France à des médias outre-mer.
    Un autre français en réflexion sur le pays qu'il aime encore...Salutations

    Regard sur ma France !

    Je suis français et je vis depuis 1993 au Canada. Les blessures sociales exprimées par les violences urbaines dans les cités me semblaient a priori assez irréelles jusqu’à ce que je m’attarde devant mon écran de télévision. Elles le sont pourtant bien à croire l’ensemble des informations fournies par la presse ces derniers jours. La France serait-elle l’otage de sa politique d’assimilation des minorités alors que d’autres pays tel le Canada ont su intégrer de nombreuses ethnies sans heurt en reconnaissant leurs particularités ? Les derniers jours démontrent que le multiculturalisme tel que pratiqué par les pays anglo-saxons est peut-être plus garant d’une harmonie entre les peuples.

    La France qu’elle soit de gauche ou qu’elle soit de droite, vue de l’étranger renvoie à un sentiment d’immobilisme qui me désole. Les grèves à répétitions de la plupart des corps de métier sont la risée à l’étranger de plusieurs commentateurs. Les belles intentions d’une société gérée par un État ultra-présent étonnent des sociétés comme celle du Québec qui tout en étant très sociales-démocrates appliquent des recettes libérales : Il faut savoir que les grands pôles urbains du Québec ont à peine 5% de chômage, que plusieurs entreprises ferment à 17 h ce qui libère la population pour une meilleure conciliation famille-travail et que l’accession à des postes à responsabilités est de l’ordre du possible. Le passage d’une strate sociale à une autre n’est pas un anachronisme mais plutôt une étape dans l’évolution normale d’un plan de carrière et de vie loin du regard condescendent d’une hiérarchie à la française.


    La république laïque est une imposture puisque nous savons bien que cette république est plus catholique que représentative de toute autre religion. Quelle est la véritable place réservée aux gens de couleur en France ? Savez-vous qu’au Canada depuis quelques semaines la nouvelle gouverneure générale ( le poste le plus éminent dans la hiérarchie politique puisque chef des armées et représentant de la reine d’Angleterre en terre canadienne ) est une québécoise issue de l’immigration et d’origine haïtienne ? La politique de multiculturalisme canadienne donne aux minorités un accès à la construction nationale de manière équitable. Pourquoi une société demanderait-elle à ses immigrants d’oublier leur identité ? Bien qu’intégré dans une société assez similaire à mon milieu d’origine, il est important à mes yeux de garder de façon quotidienne par mon réseau social, par mes lectures, par mon approche intellectuelle, par mon accent, par mon attitude, une vision «à la française». Pourquoi demanderait-on à des immigrants en France de réaliser ce que nous, comme français, sommes incapables de faire ailleurs ?

    Yannick Patelli
    Directeur général et Éditorialiste
    Journal L’Oie Blanche
    Québec ( Canada )

    yannick patelli
  • edouard mehl
    Le 28 Novembre 2005 à 19 h 04 min
    Cher Monsieur Juppé, la question du « déclin », on le sait depuis longtemps, n’est pas vraiment de notre compétence, et ne saurait être du ressort d’un politique. On ne peut pas juger de demain comme si c’était hier.
    Devons-nous vraiment les écouter, ceux qui aujourd’hui s’ingénient à nous peindre le pire, pour, demain, triompher devant une déconfiture que la plupart auront secrètement appelée de leurs vœux pour le simple et futile plaisir de se donner raison (« ne vous l’avais-je prédit ? »).
    Qui peut nous dire quand nous serons libérés de tous ces vaticinateurs moroses et de tous ces spécialistes de ce que Kant –défenseur de l’optimisme comme de la seule position philosophiquement cohérente– appelait naguère le « terrorisme moral » ?
    Soyons raisonnables, et arrêtons de tendre une oreille inquiète à ces prédicateurs de pacotille, sans quoi nous ne récolterons qu’un déclin mérité.
    Mais regardons le présent, si c’est possible, et inquiétons-nous cette naïveté avec laquelle on s’en remet aujourd’hui à tous ces visionnaires et ces spéculateurs. Ces oiseaux de malheur ne vivent qu’à nos dépens. Jurons donc, mais pas trop tard, qu’on ne nous y prendra pas !
    Cordialement
    Edouard Mehl
    edouard mehl
  • xavier de sainte-colombe
    Le 28 Novembre 2005 à 17 h 35 min
    La france n'est pas en déclin... mais ses institutions et son personnel politique le sont largement.
    Il est grand temps de méditer enfin cette phrase : "nous avons à mener à bien, malgré d'immenses difficultés, une rénovation profonde qui conduise chaque homme et chaque femme de chez nous à plus d'aisance, de sécurité, de joie, et qui nous fasse plus nombreux, plus puissants, plus fraternels" (discours de Bayeux, 16 juin 1946).
    xavier de sainte-colombe
  • M C
    Le 28 Novembre 2005 à 17 h 15 min
    Pensez-vous que le Déclin de la France soit un sujet sérieux et géopolitique pour nos amis anglo-saxons ? Je ne le crois pas, il s’agit plutôt d’un débat franco-français. En effet, aux yeux des américains et en particulier de ses milieux dirigeants, la France est tout simplement devenu un sujet d’amusement voire de défoulement ou d’agacement mais plus vraiment un enjeu. En résumé, les poids lourds de la planète ou les marchés financiers n’ont que faire de savoir si le PIB de la France va sortir un dixième de croissance de plus ou de moins ! Le CAC40 – comme d’autres indices européens d’ailleurs – est plus dépendant d’un éternuement de Greenspan que d’un changement de tête à Bercy ! Est-ce qu’un seul pays au monde cherche à comparer son modèle social avec le paradigme français ! Pas à ma connaissance en tout cas. Il est amusant même de constater que notre seul sujet de compétition réel est le combat que se livre Boeing & Airbus et qu’il s’agit plus d’Europe (ou de Francallemagne). On pourrait aussi mentionner la PAC mais l’affaire est déjà pliée car la France a tout simplement négligé de développer les biotechnologies de demain et qu’elle est en train de perdre gros sur le plan de son image. Pour le reste, le débat du déclin français n’est qu’une agitation médiatico-politique parisienne… Vous pourrez m’opposer l’ONU et l’Europe ; seulement, la France qui a pu un temps ‘boxer au-dessus de sa catégorie’ grâce au siège permanente à l’ONU, a fait disparaître en 2003 ce vestige de la guerre froide en utilisant maladroitement la menace d’un véto. Pour l’Europe, depuis le référendum, la France ne dispose plus – et durablement - d’une caisse de résonance avec la Commission Européenne qui la gifle jour après jour. Dans le monde tel qu’il a toujours existé, la mise en équivalence des rapports de force est essentielle et c’est là que le problème se pose à nous de façon pleine et entière : nous ne sommes plus ni crédibles ni audibles. Et désormais, dans le monde d’aujourd’hui, la seule façon de se faire respecter, c’est d’être craint sur le plan économique ou tout au moins d’être considéré comme étant indispensable. Dans ce cadre, la France doit se repenser ; elle dispose de quelques atouts grâce à son marché domestique, à ses entreprises d’exception et son réservoir de créativité mais à l’échelle géostratégique, cela ne suffit pas : la France est condamnée à diversifier ses leviers d’action et à jouer malin comme nous avions réussi à le faire sous l’impulsion du Général de Gaulle. Aujourd’hui, quelles sont nos pistes ? On pourrait citer une véritable stratégie de spécialisations sur le plan industriel ce qui nécessite de rendre des arbitrages, mais l’affaire se joue plus probablement dans la mise en œuvre d’une politique innovante en matière de partenariats tactiques bi ou multilatéraux : Europe des Projets, Partenariat Privilégié avec les pays du BRIC, reengineering actif des mécanismes de l’OTAN, Développement d’une relation intime avec le Japon… Penser le monde d’aujourd’hui, c’est d'abord pour construire notre puissance de demain. Les banlieues qui brûlent, c’est d’abord le résultat de l’absence d’un projet pour la France et d’une vision pour demain. Et franchement, cela indiffère totalement les US de savoir que la France est en crise car c’est devenu le problème des français et des français uniquement. Retour aux poids moyens.
    M C
  • Olivier Lacroix
    Le 28 Novembre 2005 à 16 h 32 min
    Si la France est en déclin, que dire des Etats Unis ?

    http://www.reopen911.be/
    Olivier Lacroix
  • Frédéric MEYROU
    Le 28 Novembre 2005 à 09 h 17 min
    Je surenchérie, le fait de vivre à l'etranger permet de mettre les atouts et les problèmes de la France en perspective.... Pour avoir passé 3 ans à Londres je me sens trés fiers de mon pays, de ces traditions, de son caractère et de ses imperfections. Beaucoup de Français, surtout ceux qui critiquent leur propre sol, devraient faire cette expèrience salutaire! Enfin, ne dit-on pas à l'étranger que la France serait bien sans les Français? ;) C'est un gag, mais à bien y réfléchir.......!!!

    Merci Monsieur Juppé pour votre Blog, revenez vite à Bordeaux...

    ./Frédéric M.
    Frédéric MEYROU
  • laurent benissan
    Le 28 Novembre 2005 à 09 h 06 min
    Cher Monsieur Juppe, c'est la premiere fois que je reagis a un blog et votre dernier message en date du 27 Novembre m'y a incite.
    Je vis a Singapour de puis 3 ans et demie, apres avoir vecu a Paris jusqu'a 32 ans. Comme vous j'ai ete fascine par la profonde remise en question qu'impose l'expatriation. Surtout , comme en mathematique, nombre de societes vivent avec leur propres axiomes, toujours differents des pays voisins ou lointains.La limite de notre universalisme francais est bien dans la lecture du monde sous le prisme des lumieres. La vie ailleurs rajeunit car elle oblige a questionner le fondement meme de nos perceptions et de nos idees.Ce devrait etre un passage oblige de nos elus et de nos elites.
    laurent benissan
  • Remi SALAFA
    Le 28 Novembre 2005 à 04 h 24 min

    Ayant baroude depuis quelques mois en au Canada et au nord des Etats Unis, il est clair qu'ici on est fier met en avant les reussites et les perpectives d'avenir.

    Pourquoi en France j'ai le sentiment que beaucoup de gens cultivent le masochisme qui consiste definir la societe francaise avec les pires de ces points negatifs !

    Remi SALAFA
  • Gilles Lecannelié
    Le 27 Novembre 2005 à 16 h 09 min
    Du latin niveo, ere(nix):être blanc comme neige.
    La France est-elle un pays en "déclin"?...La notion de déclin est plus liée à un constat médical(Celse):aetate declivis( le declin de l'âge) qu' à la notion initiale de s'écarter( declino,are). La France ne fait-elle que s'ecarter de la voie tracée par 1789, ou bien est-elle déja sur une mauvaise déclivité?.
    Si on lit " la Banlieue est mal partie", cela ne signifie pas que -sous l'effet de la techtonique des plaques-les périphéries s'éloignent du centre-ville , mais une certaine inclination vers la mauvaise pente. Même si - a contrario- on lit parfois que "les bandes descendent en ville"...
    En tous cas ,si les Banlieues "dérapent", c'est peut-être sous le discours haineux et raciste d'un cerain Rap.
    L'hiver est là, tout enneigé , dont le manteau blanc "nivèle" le paysage (aequo), ramènera-t-il un peu d'équité, à défaut d'égalité , pour éteindre les brasiers? C'est plus évident pour les grandes étendues d'Amérique du nord que pour les barres et les tours du Neuf cube.
    Le cuisinier plume les oies,
    Tombe la neige,
    Et que n'ai-je
    Une nixe nicette auprès de moi.
    G. Apollinaire

    Gilles Lecannelié
  • Bernard SANTE
    Le 27 Novembre 2005 à 14 h 49 min
    Mais quand donc admettrez-vous que la France décline?
    Il n'y a qu'à la regarder tous les jours!
    Je la regarde depuis quarante bonnes années, et plus ça va, plus je me dis que ça ne va pas; que ça va de plus en plus mal!
    D'ailleurs il suffit de poser une question: qu'est-ce qui va bien en France?
    Réponse:??
    Bernard SANTE
  • gabriel fradet
    Le 27 Novembre 2005 à 11 h 35 min
    quand on s'adresse au public, aux citoyens en fait, la moindre des corrections par les temps qui courent est d'informer de son absence.
    Mais chassez le naturel...!
    gabriel fradet
  • Yves RICHARD
    Le 27 Novembre 2005 à 11 h 25 min
    bonjour !
    J'ai lu quelque part qu'en Chine, lorsque naissait un garçon quelque part, tout le village se lamentait bruyamment: "quel malheur pour la famille, une fille est née chez eux". Cela pour que le bonheur familial n'attire pas les mauvais esprits. Est-ce que la sinistrose française ne procèderait pas du même type de superstition ? est-ce que le monde mondialisé n'est pas rempli de ces mauvais esprits plus ou moins imaginaires ? bien à vous
    Yves RICHARD
  • S4turn -
    Le 27 Novembre 2005 à 11 h 07 min
    .. oui c'est exact, notre vision de notre pays est défavorable quant à son avenir. Je dirais qu'un pays dont la population ne croit pas en son avenir n'a pas beaucoup de chance d'avoir un avenir correct.
    Cette vision dépressiative est due à mon avis pour une très large part aux médias. Ils n'ont de cesse de nous rappeler les problèmes que connait la France, en soulignant très rarement les aspects positifs qui contribuent à un certain évermeillement mondial.
    Il est vrai que depuis quelques dizaines d'année le marché de l'emploi a lourdement pris un coup, mais tout tourne toujours malgrès effectivement des difficultés de financement.
    De mon point de vue, rien n'est perdu.
    Il faut tout simplement une réadaptation dans les politiques. Et surtout ne plus parler sans en signifier le sens de "crises majeures".
    --
    Un étudiant,
    qui cherche à rester neutre politiquement dans ce message vis-à-vis des partis.
    S4turn -

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé
Alain Juppé 2017
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