Blog Notes d'Alain Juppé

Les bonnes résolutions du G20

Publié le 16/11/2014 par Alain Juppé

A Brisbane, en Australie, les chefs d’Etat et de gouvernement des 20 premières puissances économiques du monde ont pris, comme d’habitude, de bonnes résolutions, sur la croissance, la transparence fiscale et le climat. Ce n’est pas la première fois. C’est néanmoins utile, même si la suite est souvent décevante. Par exemple dans la lutte contre les paradis fiscaux: quelques progrès ont été obtenus, notamment à l’initiative de l’OCDE, mais beaucoup reste à faire. S’agissant du climat, il faudra vérifier à Paris en décembre prochain si les engagements des uns et des autres (Union Européenne, Etats-Unis, Chine et maintenant G20) sont tenus.

Le plus urgent, c’est à mon sens la croissance. L’économie mondiale ne va pas bien. L’Union Européenne, qui demeure l’un de ses pôles majeurs, stagne. Le Japon idem. Les pays émergents ralentissent, telle la Chine, ou entrent même en récession comme le Brésil. Les Etats-Unis s’en tirent mieux mais la reprise y est hésitante. « Le G20, nous dit le Premier Ministre australien, a défini un agenda de croissance. Les économies du monde vont aller mieux. » Acceptons-en  l’augure mais cela ne se fera pas tout seul. Si l’on veut compenser l’effet inévitablement récessif de la lutte, incontournable, contre les déficits et l’endettement excessifs, il faut des mesures concrètes. Donner des chiffres de progression attendue ou souhaitée du PIB n’a aucun sens si on ne dit pas comment on va faire. On voit bien le cap qu’il faut donner : soutien à l’investissement, privé et public, par priorité dans les infrastructures et les technologies innovantes; et aussi desserrement des freins à l’embauche qui paralysent nos entreprises. L’Europe ne doit pas attendre. La nouvelle Commission est installée; son programme de 300 milliards d’euros dans les investissements d’avenir doit être mis en oeuvre sans tarder.

A Brisbane, on a aussi parlé Ukraine. Quelle attitude faut-il adopter vis-à-vis de la Russie et de Poutine? Il faut parler bien sûr, ne pas couper le fil d’un dialogue stratégique avec un partenaire essentiel et un voisin proche. Mais parler pour se dire quoi? Sans aucun doute que le soutien direct, politique, financier, militaire qu’après avoir annexé la Crimée, la Russie apporte aux séparatistes de l’est ukrainien n’est pas tolérable et contrevient à toutes les règles de bon voisinage. Que, dans ces conditions, livrer à la Russie un navire de guerre sans que Moscou donne le moindre signe d’apaisement en Ukraine serait un signe de faiblesse.

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé

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