Blog Notes d'Alain Juppé

L’Etat et la mondialisation

Publié le 07/10/2005 par Alain Juppé

Plus j’avance dans mon cours et plus j’ai la tentation de répondre NON à la question que j’ai posée en introduction:

« La mondialisation condamne-t-elle nos Etats-Nations à l’effacement progressif? »

Il faut d’abord relativiser la nouveauté du processus de mondialisation. Je dis souvent qu’il est vieux comme le monde!
Si l’on observe la précédente grande vague de mondialisation, celle du XIX° siècle, on lui trouve bien des points communs avec celle que nous vivons aujourd’hui: révolution des modes de transport et de communication (chemin de fer, bateau à vapeur, télégraphe puis téléphone etc…), ouverture des marchés et internationalisation des économies sous l’impulsion d’une puissance dominante ( à l’époque c’était l’Europe…)
Sait-on que la part du commerce et celle des investissements privés étrangers dans le PIB mondial ont retrouvé en 1995 leur niveau de … 1913!
Au fil de mes lectures, j’ai relevé cette savoureuse citation de Karl Marx (dans le Manifeste du parti communiste):
« Les antiques industries nationales ont été anéanties et le sont encore aujourd’hui. Elles sont supplantées par de nouvelles industries dont l’introduction devient une question de vie et de mort pour toutes les nations civilisées: ces industries ne recourent plus à des matières premières locales, mais à des matières premières en provenance des régions les plus lointaines et leurs produits ne sont plus consommés dans le pays même mais dans toutes les parties du monde à la fois. Les anciens besoins qui étaient satisfaits par les produits nationaux font place à de nouveaux besoins qui réclament pour leur satisfaction les produits des pays et des climats les plus lointains.
L’autosuffisance et l’isolement régional et national d’autrefois ont fait place à une circulation générale , à une interdépendance générale des nations.  »
Texte écrit en 1848!!

Or cette mondialisation-là a sombré dans la grande crise de 1929, puis dans la deuxième guerre mondiale. Il a fallu un demi-siècle avant que nos économies ne retrouvent le même degré d’ouverture internationale.
Aujourd’hui encore, rien n’est définitivement acquis. Et avec une petite pointe de provocation, je suis même tenté de dire : le vrai risque, ce n’est pas que la mondialisation condamne les Etats-Nations à la disparition; c’est peut-être que le retour du balancier et la résurgence des nationalismes ne menacent la mondialisation et ses effets positifs: progression du commerce international, bénéfique pour la croissance mondiale; meilleure connaissance mutuelle des peuples; émergence d’une gouvernance mondiale régulant les marchés ou plus largement les relations internationales.

Car retour de balancier il y a.
Le « besoin de frontières » s’affirme un peu partout, sous l’effet de trois préoccupations:

– la lutte contre le terrorisme, qui conduit les Etats les plus menacés à sophistiquer les contrôles à leurs frontières (notamment aériennes), au risque parfois de « rogner » les libertés individuelles fondamentales.

– la lutte contre l’immigration clandestine et les politiques de contrôle de l’immigration. A Ceuta et Melilla, enclaves espagnoles en territoire marocain, les migrants venus d’Afrique sub-saharienne prennent la frontière d’assaut, au sens propre du terme « assaut ». Ici, en Amérique du Nord, on voit des milices privées (les « Minutemen ») patrouiller à la frontière américano-mexicaine et même, depuis peu, à la frontière américano-canadienne pour faire la chasse aux immigrants clandestins.

– enfin le retour du protectionnisme économique qu’on constate un peu partout, y compris aux Etats-Unis où la perpective du rachat d’une entreprise pétrolière nationale par un groupe pétrolier chinois provoque une levée de bouclier au nom de la sécurité nationale. En France, l’appel au « patriotisme économique » fait la quasi-unanimité des forces politiques.

Je ne porte pas de jugement de valeur sur ces évolutions. Je pense seulement qu’il faut réfléchir à leurs conséquences pour éviter des flambées de nationalisme qui nous ramèneraient un siècle en arrière.

L’Etat-Nation me semble le modèle incontournable d’organisation de nos sociétés contemporaines. Il est en effet tout à la fois le seul espace d’expression démocratique, le seul détenteur légitime et efficace de l’autorité régalienne, et le seul lien de solidarité concrète entre les hommes et les femmes qui éprouvent la même volonté de « vivre ensemble ».
Cela étant dit, si l’on veut éviter ses débordements toujours possibles, il faut naturellement que cet Etat soit un Etat de droit garant des libertés individuelles. Et que d’autre part il accepte de ne plus être le seul acteur du jeu démocratique national et international, qu’il accepte les espaces de souveraineté partagée avec d’autres acteurs : société civile nationale et internationale, organisations internationales détentrices d’une part de gouvernance mondiale. J’aurai l’occasion d’y revenir.
07/10/05

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28 commentaires pour « L’Etat et la mondialisation »
  • jean-pol ROYNETTE
    Le 30 Octobre 2005 à 18 h 59 min
    Je suis loin d'être un spécialiste; mais j'ai envie de vous dire une partie de ce que j'ai sur le coeur.
    Je ne pense absoluement pas que la mondialisation comdamne nos etats Nations; mais encore faut-il qu'il y ait encore une Nation!Vous jouez avec grande classe des mots; mais les français eux qui composent cette nation ?...
    il faudrait également se mettre d'accord sur la nature de cette mondialisation ;
    Ne serait-ce pas un moyen pour expliquer au peuples qu'on ne peut rien faire contre lers problèmes de société acrtuelles , qu'on ne peut rien faire contre les méthodes purement financières qui détruisent toutes les notions de commerce. vOUS SAVEZ BEAUCOUP MIEUX QUE MOI;que ce n'est pas le pouvoir de l'argent qui est en cause, mais le manque d'idéologie humaniste,le manque de projets d'avenir et dans le long terme. pAR EXEMPLE LA RECHERCHE INFERNALE DE PROFITS POUR ALIMENTER LES FONDS DE PENSION AMERICAIN
    NE PEUT QU'APPORTER DES CATASTROPHES A MON SENS.Pourquoi, je ne pense pas qu'il y ait de recxherche de création dans notre pays, mais au contraire la recherche d'exporter dans le leur.
    Le débat m'interesserait si toutefois vous vouliez bien m'éclairer sur ces sujets.merci et à bientôt de vous lire.
    jean-pol ROYNETTE
  • Christophe Salomé
    Le 20 Octobre 2005 à 14 h 05 min
    Bonjour Monsieur,

    L'unité française n'existe pas ! Ou, pour être plus précis, relève largement d'une fiction entretenue depuis deux siècles (oeuvre de la III ème République, l'école, l'avancée sociale partagée...).

    Le Général de Gaulle l'avait bien compris et s'il s'était accomodé du capitalisme (par pragmatisme puisque c'est le seul système qui crée de la richesse durable), il l'avait adossé à un souci de progrès social partagé (Sécurité sociale, fiscalité redistributive...).
    Il est en effet difficile d'avancer tous ensemble lorsque nombreux restent sur le bord du chemin. Le meilleur moyen d'assurer la cohésion sociale est, en définitive, que chacun trouve intérêt à sa consolidation.
    Or la cohésion nationale était nécessaire au projet de renouveau français (de grandeur disent les moqueurs) de de Gaulle.

    Aujourd'hui, le système se délite accélérant la décomposition due à la crise économique, à la remise en cause du rôle de l'Etat (par la ritournelle libérale anglo-saxonne, les délégations de souveraineté à l'UE et les délégations de compétences aux collectivités locales).

    L'intégration des immigrés devient plus difficile (et moins qu'on ne le dit pour des raisons culturelles) de même que celle des jeunes Français à la vie économique et sociale.

    Les anglo-saxons avancent leurs pions partout sur le jeu économique. Au sein de l'Union européenne, leur idées s'imposent, non par communion mais par un subtil jeu de lobbying auprès de la Commission et du Parlement (là nous avons 50 ans de retard culturel sur eux : ils regardent les règles du jeu comme elles sont ; écrites et non écrites).

    Ce modèle culturel et économique n'est pas transposable en tant que tel à la France. Alors que faisons nous ?

    Réactiver le couple franco-allemand ? Pour quoi faire ? A chaque fois il a été utile pour des victoires/avancées institutionnelles. Malheureusement, ces dernières n'ont eu pour effet que de rendre plus facilement efficace la mise en oeuvre des idées économiques anglo-saxones (décidément fondamentalement pragmatiques, ils avancent sur le fond des politiques pendant que d'autres croient avoir gagné en faisant progresser les institutions ... au profit réel d'autres).

    Le modèle social français est vraiment menacé. Ce n'est pas qu'une question d'orgueil mal placé mais, essentiellement, une condition d'unité nationale.

    Comment rebondir ? Traitement de choc au risque de mourir guérri ou homéopathie entretenant une longue agonie ?



    Christophe Salomé
  • Olivier Lacroix
    Le 20 Octobre 2005 à 11 h 37 min
    Bonjour monsieur Juppé,

    Puis-je me permettre de commencer par une petite digression?

    "Les antiques industries nationales ont été anéanties et le sont encore aujourd'hui. Elles sont supplantées par de nouvelles industries dont l'introduction devient une question de vie et de mort pour toutes les nations civilisées: ces industries ne recourent plus à des matières premières locales, mais à des matières premières en provenance des régions les plus lointaines et leurs produits ne sont plus consommés dans le pays même mais dans toutes les parties du monde à la fois. Les anciens besoins qui étaient satisfaits par les produits nationaux font place à de nouveaux besoins qui réclament pour leur satisfaction les produits des pays et des climats les plus lointains.
    L'autosuffisance et l'isolement régional et national d'autrefois ont fait place à une circulation générale , à une interdépendance générale des nations."<----Peut-être que monsieur Raffarin aurait pu faire secretement la lecture de ces quelques lignes de Karl Marx, cela lui aurait évité d'aggacer les français pendant trois en à force de leurs annoncer que, de sa longue-vue, il voyait la croissance arriver des Etats-Unis, comme si nous n'étions pas capable de créer nôtre propre croissance.

    Sur la question de l'impact de la mondialisation sur l'Etat-Nation, je pense que vous avez tout dit.
    Je pense moi aussi qu'il n'y aura ni gommage de frontières nationales ni gommage d'identités.

    Cela donne à reflechir sur l'avenir de l'Europe, et sur l'impulsion politico-philosophique qu'il faudrait peut-être lui donner.

    Bien amicalement,
    Olivier Lacroix
  • Yann Thomas
    Le 18 Octobre 2005 à 03 h 14 min
    Bonjour,
    Je suis un chef d'entreprise français au Québec de 35 ans et je souhaite tout d'abord vous remercier de rendre libre à tous vos réflexions sur ce Blog. Suite à votre article concernant le retour après bientôt un siècle au niveau des échanges de 1914, il me vient deux question ; Les chiffres auxquels vous faites référence incluent ils l'autoproduction, dont il me semble qu'elle était plus importante autrefois ? Les questions que se posaient Marx et Cie intéressaient elles les élites intellectuelles ou les "masses laborieuses" ?
    Même si le fait d'avoir son jardin potager ne peut pas servir aujourd'hui à se payer une play station ou un four micro onde, il me semble que cela donnait une impression de sécurité qui semble avoir disparue, quand tant de choses nous sont promues pour créer des besoins plus ou moins artificiels. Le problème en serait il avant tout un de perception (en France d'insécurité économique et aux Etats Unis d'insécurité physique) et de frustration (Moyen Orient et Afrique) ?
    Ces sentiments me semblent générés par les intérêts des entreprises (y compris de celle que je gère) dans le seul but de générer plus de vente et plus de profits ou pour manipuler des populations dans le but de mieux les gouverner. Nous sommes engagés dans un mouvement dont ceux qui en bénéficient ne veulent pas sortir car il est confortable et qui génère chez ceux qui s'en sentent exclus un sentiment de rejet et d'insécurité qui se traduit par l'adhésion à des idéologies politiques, économiques ou religieuses.
    Voilà, je ne prétends pas apporter de réponses mais participer au débat.
    Yann Thomas
  • Nicolas Brunel
    Le 16 Octobre 2005 à 11 h 52 min
    Laisser des espaces de souveraineté aux autres acteurs est bien beau. Mais il faut se demander pourquoi toute mondialisation amène un retour de balancier. Les citoyens ont besoin de légitimité mais celle-ci dépend aussi de l'efficacité des acteurs. Ils veulent que que quelqu'un ou quelque chose soit capable d'orienter les événements. Or avec la mondialisation et le partage de la souveraineté en une multitude d'acteurs, plus rien ni personne n'a de réel impact appréciable par les citoyens. Ce n'est pas la mondialisation qu'il faut cambattre, mais sa vitesse qui ne laisse le temps d'adaptation nécessaire nécessaire à aucune institution et à aucun citoyen. Plutôt que de penser mondial, pensons donc européen, quitte à n'avancer qu'à 6, et à faire un Etat (et pas seulemnt à réglementer la taille des essieux de camions).
    Quant au protectionnisme, il n'est par nature ni bon ni mauvais, il doit être usé à bon escient en fonction du contexte : une bonne taxe environnementale et un bon impôt variable en fonction des conditions sociales de production des biens et services importés (depuis un pays tiers) permettraient de garder du travail en UE, sans que cela soit illégitime au regard des objectifs de développement.
    Nicolas Brunel
  • denis marechal
    Le 14 Octobre 2005 à 09 h 42 min
    bloc notes d'ivan rioufol , ce jour dans "le figaro"


    Qu'est-ce qu'un Etat faible ? Celui qui, par exemple, s'efface devant un groupuscule cherchant à s'approprier un bien public par la menace. Illustration avec la Société nationale Corse-Méditerranée : financée à 100 % par les contribuables, elle n'a répondu depuis des lustres qu'à la seule autorité de la CGT marins et du Syndicat des travailleurs corses. Le pouvoir n'a jamais su tenir tête au népotisme de ces faiseurs d'embauches et de passe-droits. Hier, en faisant reculer ces grévistes, le gouvernement a mis un terme apparent à cette débandade. Mais sa main tremble encore.Analyser le conflit, avec ses coups de force (navire détourné, ports bloqués, économies asphyxiées) et son terrorisme (roquette contre la préfecture d'Ajaccio, menaces contre le préfet et les repreneurs, attentat contre une vedette des Douanes à Bastia), oblige à constater la persistante pusillanimité de la République. Incapable de moucher ces maîtres chanteurs et apprentis mafieux, elle fait douter de son autorité. D'autant que, si elle défend la privatisation de la SNCM, c'est en rappelant qu'elle lui est imposée par Bruxelles.


    Or l'incohérence d'une gestion se réclamant de «l'Etat providence» (la société déficitaire emploie 2 400 salariés surprotégés là où son concurrent n'en compte que la moitié) est flagrante. Aussi a-t-il été pénible d'observer le premier ministre revoir deux fois sa copie pour tenter d'obtenir les grâces des fossoyeurs, qui voudraient que l'Etat raque encore. N'y a-t-il rien de plus urgent que de mobiliser le pays sur un dossier aussi indéfendable ?

    En se comportant ainsi, les pouvoirs publics prennent le risque de se déconsidérer un peu plus. Une enquête CSA, publiée lundi dans Le Parisien, a révélé que 76% des Français ne font pas confiance aux hommes politiques. Proportion considérable, qui n'a suscité aucun commentaire. Comme s'il fallait ignorer cette exaspération qui monte.



    Malgré le 21 avril 2002 puis le 29 mai 2005 – deux scrutins ayant fait entendre un peuple excédé de n'être pas écouté –, le monde politique semble sourd à ces coups de semonce. Mais une partie de l'opinion attend de ses représentants qu'ils rendent des comptes, face au déclin du pays que seule la pensée conforme nie encore. Cette prise de conscience invite l'Etat à en finir avec ses lâchetés. La rupture attendue se lira dans les actes. Y compris pour la SNCM.

    Apartheid toléré


    Un Etat faible, c'est aussi celui qui redoute les réalités au profit des incantations. Alors qu'il est de bon ton de s'indigner du «populisme» de ceux qui s'inquiètent de la montée de l'islamisme en France, un rapport publié mardi révèle la «pression islamiste» qui s'exerce dans des entreprises françaises de la grande distribution et les sociétés de sécurité. «Cette montée en puissance est une menace pour l'intégrité de l'entreprise», commente même le document. Le choix d'ignorer les mutations de la société pousse à la désinformation. Celle assurant que la France «n'est pas un pays d'immigration massive» – affirmation du directeur de l'Institut national d'études démographiques, reconduit depuis dans ses fonctions – reste parmi les plus grossières. Et il suffit de se rendre dans le XVIIIe arrondissement de Paris pour comprendre que le couplet sur l'harmonie black-blanc-beur ne correspond pas aux faits : des ghettos s'y consolident, probablement de manière irrémédiable.


    Trois jeunes sociologues vont jusqu'à employer le terme d'«apartheid scolaire» (titre de leur livre publié ce mois-ci au Seuil) pour décrire la ségrégation ethnique et la «spirale des identités» qui se sont installées dans certains collèges. Les auteurs reconnaissent que «la mixité sociale et ethnique apparaît comme une utopie». Dans ces établissements qui scolarisent des élèves immigrés ou issus de l'immigration, tout incite l'«autochtone» à aller étudier ailleurs.


    Cette France en voie d'éclatement, dont la culture devient étrangère dans certaines écoles publiques, n'est pas un fantasme. Or, il reste périlleux de la décrire, tant le bien-pensisme martèle que l'intégration fonctionne encore, que la différence enrichit forcément et que la montée du fondamentalisme reste marginale, voire inoffensive. Ces renoncements de l'Etat à empêcher un risque de dislocation de la nation sont-ils approuvés par les Français ? Certainement pas.

    La légèreté de Zapatero

    L'histoire s'accélère et force à se réveiller. L'Europe est littéralement prise d'assaut par ceux qui fuient l'Afrique noire.


    Ces hommes tentent d'envahir les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla jouxtant le Maroc, pays qui ne s'embarrasse pas pour les expulser. Quatorze miséreux ont trouvé la mort. L'Occident, qui étale ses richesses au nez du tiers-monde, a sa part dans ces tragédies. Mais le socialiste José Luis Zapatero, premier ministre espagnol, devrait s'interroger sur sa légèreté : en procédant au printemps à la régularisation de 700 000 sans-papiers, il a invité ces déshérités à tenter leur chance. Avec la mort ou l'humiliation au bout du chemin.

    L'Irak aux urnes


    En somme, un Etat fait preuve de faiblesse quand il n'a d'autres convictions qu'un humanisme de façade et ne sait plus distinguer l'allié de l'adversaire. A quoi bon ces rodomontades contre George W. Bush et Tony Blair, seuls en guerre contre l'«islamo-fascisme» qui menace les démocraties, si c'est pour s'incliner, chez soi, devant des minorités arrogantes ? Au fait : samedi, les Irakiens vont être invités à voter sur une Constitution. Médias et experts français ont tous annoncé qu'elle ne verrait jamais le jour. Wait and see...


    ivan rioufol





    denis marechal
  • sophie le dantec
    Le 14 Octobre 2005 à 09 h 34 min
    Monsieur le 1er ministre
    L’été a vu une intense campagne médiatique à propos de la vitalité démographique française. À en croire politiciens et démographes institutionnels, la France pourrait même compter 75 millions d’habitants en 2050 ! Et bien sûr, n’allez pas croire que cette exception française puisse s’expliquer par les flux migratoires ! Officiellement, ceux-ci n’y seraient pour rien, ou presque. Enquête sur un tour de passe-passe démographique.

    Le coup d’envoi de la formidable campagne de propagande lancée à propos de notre prétendue vitalité démographique française a été donné par le ministre UDF de l’Équipement.

    Une France de 75 millions d’habitants en 2050 ?
    Dans un entretien accordé au Figaro Économie du 12 mai dernier, Gilles de Robien annonçait avec jubilation que la France pourrait compter quelque 75 millions d’habitants à l’horizon 2050. En tablant sur de telles projections, extrapolées du recensement partiel de 2004, il plaidait surtout la cause de son ministère : “Une plus grande population, a-t-il souligné, impose par exemple une politique d’aménagement du territoire et du logement plus ambitieuse et donc une nécessaire augmentation des crédits”. Mais qu’importent les arrière-pensées politiciennes ! En revanche, ce que l’on ne peut laisser passer sans réagir, c’est l’affirmation, mille fois répétée, selon laquelle cette embellie démographique ne devrait rien à l’immigration !

    L’apport migratoire nié
    Ainsi, dans Seniorscopie, la lettre d’information du magazine pour seniors Notre Temps, Benoît Méli affirme sans rire : “Toutes ces raisons font de la France un cas à part en Europe. Car, si la plupart des pays voisins voient également leur population augmenter, elle ne progresse pas de la même manière en France. L’essentiel de la croissance des populations de pays voisins vient de l’immigration. Or, en France […] cette croissance est due, pour les trois quarts, à l’excédent naturel de la population (solde des naissances et des décès). L’immigration n’est responsable que d’un quart seulement de cette progression.” De la même façon, dans un article consacré au 25e Congrès international de la population, Cécilia Gabizon écrit : “Pour l’instant, le maintien de la natalité française se traduit par un solde naturel important, l’apport migratoire restant relativement faible, comparé aux autres pays européens.”

    Calculs fallacieux à partir de définitions ambiguës
    On pourrait multiplier à l’infini les déclarations allant dans ce sens, sans que jamais elles ne soient étayées scientifiquement par le dévoilement de la méthode de calcul permettant d’arriver à un résultat aussi surprenant. Comme dans toute propagande, l’essentiel n’est pas de démontrer, mais d’asséner une affirmation avec suffisamment d’assurance jusqu’à ce que celle-ci finisse par devenir une évidence ne souffrant pas la contradiction.
    En l’occurrence, politiciens, démographes institutionnels et journalistes complaisants jouent sur les mots. En affirmant que l’immigration ne joue qu’un rôle mineur dans l’embellie démographique par rapport au solde naturel, ils jouent sur les mots et sur l’ambiguïté des définitions. Dans la colonne “apport migratoire”, la plupart des démographes rangent ceci : les personnes s’étant établies légalement en France, moins les personnes ayant quitté le territoire national. Ce premier volet appelle déjà plusieurs observations. Tout d’abord l’immigration illégale est, par nature, exclue de ces calculs. Or, en France, les autorités arrêtent environ 10.000 clandestins par an et estiment qu’il ne s’agit là que d’un dixième environ des flux illégaux. Rappelons que, selon Maxime Tandonnet, spécialiste des flux migratoires au Ministère de l’Intérieur, plus de 600.000 immigrés en situation irrégulière vivaient en France en 2004. Ensuite, il convient de poser la question suivante : dans ce solde migratoire quel est le profil des entrants et celui des quittants ? Les études faisant état de l’exil des jeunes diplômés français vers des cieux plus cléments pour ceux qui travaillent, innovent et créent de la richesse apportent un début de réponse…

    Enfin, examinons maintenant ce que nombre de démographes rangent dans la colonne “accroissement naturel”. A priori, c’est simple, il s’agit du nombre d’enfants nés en France, auquel on a retranché le nombre des décès. Ce second volet du raisonnement appelle également plusieurs remarques. La première concerne la quantité : plus l’allongement de la vie est important, plus ce solde est important. Or, en 2004, les progrès sanitaires aidant, le taux de mortalité a été - il faut s’en féliciter ! - moins important que prévu initialement. La seconde remarque concerne la qualité : dans la colonne accroissement naturel sont comptabilisés non seulement les enfants nés en France de parents français, mais également les enfants de parents étrangers ou d’origine étrangère. Ainsi, lorsque médias, politiciens et démographes complaisants saluent le maintien du taux de natalité français à 1,9 point, ils omettent de préciser qu’il est notamment dû à la forte fécondité des populations étrangères présentes en grand nombre sur le territoire national.

    Voix discordantes et réalistes
    Voici ce qu’écrivait, en mai 2005, le géopoliticien Aymeric Chauprade : “Nous disposons de chiffres récents de l’INSEE. Officiellement, 9 % de la population de la France métropolitaine est originaire du continent africain et d’Eurasie (Turquie). À eux seuls, ces 9 % assurent 16 % des naissances en France (qui donnent accès à la nationalité française), soit 110.000 naissances. Une projection pour 2030 ouvre sur la perspective suivante : dans 25 ans, la France compterait 10 millions de résidants légaux d’origine extra-européenne, ce qui représenterait 15 % de la population (on serait donc passé de 9 à 15 %) et 30 % des naissances. Autrement dit, au tiers de ce siècle, un tiers de la “future France” serait déjà d’origine extraeuropéenne. Dans ces conditions, il paraît assuré qu’à la fin du siècle, la population de France serait très majoritairement de souche extra-européenne […].”(1)
    Ce géopoliticien n’est pas le seul à douter du tableau optimiste qui nous fut complaisamment servi cet été. Ainsi, dans son excellent Bloc-notes du Figaro, Ivan Rioufol rappelait : “Déjà en 2004, François Héran [directeur de l’INED, il est l’un de ceux qui affirment que “la part de l’immigration n’est pas déterminante”] avait surpris en assurant, statistiques à l’appui, que la France n’était pas un pays d’immigration massive” […]. Cependant, le spécialiste allait être contredit quelques mois plus tard par la Cour des comptes, s’alarmant de découvrir que la nation était confrontée, chaque année, à 300.000 entrées nouvelles.” Et de rappeler que, selon l’INSEE, la fécondité des Africaines vivant en France serait de 4 enfants en moyenne. Elle serait de 3,2 pour les Maghrébines et de 3,7 pour les Turques. Et si la natalité tend à se stabiliser à la deuxième ou à la troisième génération, elle resterait de l’ordre de 2,5 enfants par femme, contre 1,6 pour la femme européenne.”

    Substitution progressive de population
    Difficile dans ces conditions de parler de “renouveau démographique français”. À dire vrai, l’expression de substitution de population serait plus appropriée.


    sophie le dantec
  • denis maréchal
    Le 14 Octobre 2005 à 09 h 18 min
    bonjour

    Dire que l’intrusion de la Turquie dans l’UE, ou même la «simple» ouverture de négociations avec elle, est loin de faire l’unanimité, serait une litote.

    Pour ne parler que de la France, la seule vue de la Turquie parmi les pays signataires du traité de constitution européenne, laissant ainsi présumer de son adhésion, a suffi pour assurer la défaite du front commun Hollando-Chiraquien du Oui. Si la voix du peuple et la loi de la majorité ont un sens dans un régime démocratique, ce «non» prouve que les citoyens désavouent leur Président, moins sur le contenu de la constitution fourre-tout, que peu de citoyens ont du reste lue et encore moins comprise, que sur la question turque.

    Or, destination touristique mise à part, la Turquie n’est pas populaire. Elle inquiète, elle déroute, elle semble même faire de son mieux pour entretenir cette impopularité, qui n’est que peu redevable au fait qu’elle soit musulmane à 99 %. Encore que les colonies de peuplement turc implantées en Europe nous donnent déjà un aperçu peu séduisant de cette population, réputée la moins arriérée, qui ne répond en rien à l’idée que nous nous faisons d’un peuple européen. Ce qui rebute, c’est ce nationalisme chauvin exacerbé et arrogant aux yeux des Français et de leurs voisins européens, dont le nationalisme s’est considérablement émoussé depuis les hécatombes du siècle écoulé. Ce qui nous rebute, ce sont les mœurs «familiales» qui valorisent encore, entre autres, le crime d’honneur, le mariage plus ou moins forcé, cette constante mise en avant de la religion dans nos pays où celle-ci se pratique plutôt dans la discrétion. Le négationnisme turc sur le génocide des Arméniens nous reste en travers de la gorge, alors que l’Allemagne, remise de ses fantasmes de grandeur nationaliste et en reconnaissant les atrocités commises par le régime nazi, a gagné en dignité et en considération. Nos concitoyens supportent mal ce refus arrogant de reconnaître Chypre, pays membre de l’U.E, dont la Turquie occupe une grande partie du territoire et y instaure, en toute illégalité, un État croupion musulman qu’il peuple de ses colons après en avoir expulsé, selon une tradition historique, les habitants grecs orthodoxes. Cette incompréhension qui engendre la crainte s’exprime partout, jusqu’ au sein de l’UMP, parti on ne peut plus godillot pourtant, créé initialement dans le seul but d’assurer une majorité à son candidat à la présidence de la République.

    Tout est ambigu, équivoque, paradoxal et étranger à l’idée que les Européens se font d’un pays candidat. Rien n’est simple avec la Turquie, ni la géographie, ni ses institutions, ni sa politique, ni son histoire, ni son peuplement qui la renvoie au cœur de l’Asie.

    Musulmane, elle a accueilli à bras ouverts les Juifs que l’Europe chrétienne puis nationaliste persécutait, spoliait, exterminait ou expulsait alors que par ailleurs, l’empire Ottoman, par la suite suivi par le pouvoir Jeune Turc, se livrait à un meurtrier nettoyage ethnique des Grecs et surtout des Arméniens, réduisant presque à néant leur nombre survivant sur son territoire. Elle est «laïque», mais fait de l’Islam sunnite sa religion d’État et en rend obligatoire l’enseignement dans ses écoles publiques. Et ne parlons pas des multiples entraves opposées aux minorités religieuses musulmanes «déviantes» et aux chrétiens. Elle reproche à l’U.E d’être un «club chrétien» mais elle fait partie, en tant qu’État, non plus laïque mais musulman, de «l’Organisation de la Conférence Islamique», club on ne peut plus musulman, s’autorisant ainsi ce qu’elle nous interdit…

    Étrange laïcité! La pression Turque ne serait-elle pour rien dans l’opposition de Chirac à toute référence au christianisme dans la Constitution européenne? Cette opposition serait louable si elle n’était pas mise au service de l’Islam. Elle est «démocratique» mais cette «démocratie laïque» ne se maintient que par la farouche volonté de son armée. L’Iran, dont le régime relativement laïque, qui reposait sur la plus puissante armée de Moyen-Orient et sur une police omniprésente, ne s’est-il pas effondré devant un mouvement de foules manipulées par un ayatollah pervers et borné et ne crée-t-il pas un précédent? Or, paradoxalement, si la Turquie, se pliant aux normes européennes, obligeait l’armée à rentrer dans ses casernes, cette mesure assurerait une majorité écrasante au courant national-islamique, plus proche des valeurs saoudiennes ou iraniennes qu’européennes. Attirée par l’Europe qui, au détriment de ses pays membres les moins développés, devra financer son développement pour l’amener au niveau atteint par l’Irlande, mais tiraillée entre l’Asie centrale dont elle partage les affinités ethniques, et l’Arabie saoudite dont elle partage le sunnisme, la Turquie est avant tout turque. Farouchement.

    Ce n’est ni un défaut qu’on puisse lui reprocher, ni une qualité qu’elle s’attribue pourtant avec fierté, c’est une réalité. Que pourront opposer à ce nationalisme exacerbé, les autres membres de l’UE au nationalisme ramolli et à la religiosité discrète? Et les dix ans qui, paraît-il, s’écouleront avant son admission déjà programmée, suffiront-ils pour changer en profondeur la nature de ce peuple qui se sera entre temps accru de vingt à trente millions d’âmes? Leurs représentants dans les instances européennes, renforcés par les élus de souche turque résident déjà dans l’U.E, dont ils auront acquis la citoyenneté, ne pèseront-ils pas d’un poids démesuré sur les décisions ou indécisions des instances européennes?

    Je crains qu’Alexandre Adler, dont j’apprécie par ailleurs parfois les analyses géopolitiques, ne se berce d’illusions dans son brillant plaidoyer pour la Turquie et l’Iran, «Rendez-vous avec l’Islam», en se basant sur une réception à l’ambassade de Turquie à Téhéran où il fut: «accueilli par la Cinquième symphonie de Mahler que jouait la radio musicale (turque). Puis après un verre de vin et du café turc, il eut la grâce d’entendre l’ambassadrice interpréter au violon la première sonate de Beethoven, accompagnée au piano d’une jeune et fougueuse iranienne qui avait maintenu, par des leçons particulières, le savoir musical que l’on pouvait acquérir si librement sous le Chah». J’aurais bien aimé partager une telle soirée, mais cet auteur érudit et distingué devrait davantage plonger dans les foules de la Turquie profonde et des colons turcs d’Allemagne, ou de France. Il verrait alors qu’il ne suffit pas de compter quelques virtuoses de l’archet et du clavier pour devenir un peuple européen; ou alors, à cette aune, Alexandre Adler devrait aussi plaider pour la candidature de la Corée du Sud, de la Chine et du Japon.

    On a la désagréable impression qu’en haut lieu on se paie la tête du citoyen, que les choses se sont concoctées en coulisses, que de troubles arrangements et compromissions se sont faits dans la plus parfaite opacité. Et de nous demander en quoi ces arrangements étaient si inavouables, au point que nous en avons été tenus dans l’ignorance durant près de quarante ans, et de nous retrouver brutalement devant un fait accompli rendu irréversible.

    Et l’image pénible des ultimes tractations nous ont montré que ce n’est pas l’Union Européenne, mais la Turquie qui impose sa règle du jeu, qui menace, qui joue au maître chanteur. Dans un brutal retour en arrière, le sort de l’Europe ne se joue plus à Bruxelles, mais à Canossa et à Munich.

    Mais pour toute réponse aux légitimes interrogations des Français, notre Président de «l’État c’est Moi», retrouvant l’arrogance et la fermeté qui lui font si cruellement défaut devant les féodalités arabes et la Turquie, nous fait un bras d’honneur. Serait-ce la seule forme de l’honneur encore à sa portée?

    Toutes les conditions se trouvent ainsi réunies pour que la Turquie puisse opérer son Anschluss de l’Europe.

    denis maréchal
  • M C
    Le 13 Octobre 2005 à 14 h 10 min
    En lisant votre dernier post sur la mondialisation et votre insistance à mettre en avant le rôle de l’Etat-Nation, je me suis interrogé sur mon attachement à ce concept. Est-ce que je me sens plus solidaire d’un Français au RMI plutôt que d’une victime d’un tremblement de terre au Pakistan ou d’un africain qui n’a jamais eu le moindre accès au processus d’alphabétisation ? Est-ce que je partage plus de valeurs culturelles avec certains français en Province ou est ce que je me sens plus proche des New Yorkais, et ce alors que j’ai étudié aux US et je lis chaque jour la presse américaine ou britannique ? Est-ce que je souhaite davantage contribuer au développement de la Corse plutôt que du Maghreb ? Derrière ces épineuses questions se pose au fond la hiérarchisation de mes priorités dans la solidarité et de mon sentiment d’appartenance. Dans l’architecture mondiale, il existe pour un individu plusieurs points d’ancrage possibles : le monde, le continent/sous-continent, l’Etat- Nation, la Communauté (région, profession, entreprise, groupe social). Pour chacun de ces niveaux, nous acceptons des règles de gouvernance fondées sur (i) la légitimité du pouvoir, (ii) un partage de valeurs, et (iii) un financement de la solidarité, des biens communs et des assurances collectives. Notre attachement à chacun de ces niveaux est déterminé à la fois de façon émotive (valeurs culturelles), instinctive (recherche de la paix, de la protection des droits de l’homme, de l’environnement …) ou économique (mise en commun d’intérêts). Les institutions existantes et leurs périmètres de responsabilité sont inévitablement remis en cause par le processus de mondialisation, où l’information est globale et les distances physiques ne constituent plus des obstacles au quotidien et dans lequel le partage des valeurs dépasse aujourd’hui le cadre national. Au final, chacun d’entre nous, dans une logique consumériste, détermine son « willingness to pay » pour la solidarité et une définition des biens communs (savoir, santé, écologie …) ; cette démarche n’est plus seulement nationale, elle est désormais projetée par niveau dans l’architecture mondiale, or aujourd’hui, l’Etat-Nation continue à monopoliser l’essentiel des sources de financement et les délégations de pouvoir. Est-ce que l’Etat Nation, cadre historique de référence pour chacun, peut résister à ce bouleversement de l’architecture mondiale ? Après une phase de déstabilisation suite à la chute du mur de Berlin, va-t-il se renforcer ou au contraire se désagréger inexorablement ? Va-t-il accepter de faire évoluer ses modes de gouvernance en donnant la possibilité aux citoyens d’exercer leur vote à une autre échelle ? Est-ce que les communautés, les ONG et la société civile qui portent des intérêts particuliers mais de plus en plus transnationaux vont structurer leur pouvoir face à l’inadaptation de la gouvernance des Etats ? De fait, on ne peut dissocier le pouvoir de son financement. Un des outils principaux de clarification de cette architecture mondiale relève du financement des missions relatives à chaque niveau et de la capacité de chaque institution à lever directement de l’impôt ? En ce sens, l’initiative assez novatrice de Jacques Chirac pour la taxe sur les billets d’avion est très intéressante dans le sens où elle rend enfin lisible l’affectation d’une ressource à un objectif de solidarité mondial, précis et identifié par ceux qui payent cette taxe. Par analogie, l’absence d’impôt européen (ou eurolandais) est un problème majeur car la discussion sur le budget européen est de ce fait rendue opaque pour les citoyens européens et elle ne permet pas de dégager les fonds nécessaires à la construction européenne et d’associer démocratiquement les citoyens à l’affectation des fonds transférés par les Etats-membres. Dans l’évolution actuelle de la mondialisation, l’Etat-Nation est amené à perdre une partie conséquente de son pouvoir car il perdra son monopole sur les finances publiques. L’Etat-Nation doit donc faire face à deux tendances contradictoires : d’une part, un souhait de proximité à l’échelle de la nation et une diminution de son pouvoir au profit de structures transnationales. Les Etats-Nations en acceptant de réviser la réalité de leur pouvoir et en acceptant une diversification du financement de l’intérêt général sauront gérer parallèlement ces deux défis et en sortiront probablement plus forts car tout simplement plus crédibles.
    M C
  • Fabrice Amblard
    Le 12 Octobre 2005 à 21 h 44 min
    Loin de moi l’idée de m’immiscer dans la correspondance de Guillaume Agnelet avec Alain Juppé, ni même encore moins de me substituer à Alain Juppé pour apporter une réponse à Guillaume Agnelet.

    Je m’étonne simplement de l’utilisation qui est faite par Guillaume Agnelet du terme « capitalisme » et j’aimerai lui demander la définition qu’il donne à ce mot, à ce concept ?

    J’aimerai également lui demander qui il aimerait voir siéger à l’ONU pour représenter les états qui y siègent, si ce n’est donc plus leurs représentants élus ?

    Enfin, pour ce qui est des « révolutions technologiques », même si je partage avec lui l’idée d’un ralentissement du progrès comme je l’ai déjà évoqué, je ne parierai pas autant que lui sur l’impossibilité d’aller encore plus loin, ni même sur l’inutilité de ces avancées futures ; rappelez vous que le projet de faire rouler un train à vapeur au-delà des 50 km/h effrayait certains médecins de la fin du 18eme siècle qui prédisaient qu’une telle vitesse comportait des risques considérables sur la santé humaine.
    Fabrice Amblard
  • Isabelle Le Chaffotec
    Le 12 Octobre 2005 à 16 h 34 min
    Monsieur,

    Dans votre article vous citez les effets positifs de la mondialisation, dont la meilleure connaissance mutuelle des peuples; et concernant l'Etat-Nation vous évoquez la même volonté de "vivre ensemble".
    J'en profite pour déborder du thème traité et laisser les références d'un livre et d'un hors-série Géo traitant des caractéristiques identitaires très fortes affichées par les différentes ethnies de notre planète.
    " Visages de la dignité "
    photos: Günter Pfannmüller
    texte: Wilhelm Klein
    éditions: Géo-Gallimard
    L'auteur parle de ces exclus de la mondialisation et il précise que chaque individu dans sa singularité témoigne de son peuple et de l'âme de sa tribu.
    Sinon, le hors-série Géo (également en vente au Canada, septembre 05, site: www.geomagazine.fr ) présente aux lecteurs une merveilleuse fresque des parures ethniques. Elles plaisent ou déplaisent, mais elles ne peuvent nous laisser indifférents. ( Certaines photos sont vraiment magnifiques, à mon goût ). Les articles sont très instructifs.

    Je change de sujet (hors-sujet) et je repasse à mes p'tites infos Nat. Geo.
    Tout d'abord, Nat. Geo. Channel diffuse une émission intitulée "Grands travaux: le vent". C'est intéressant à propos des éoliennes. J'ai uniquement vu la fin de l'émission. Ils expliquent que le parc éolien offshore au Canada est susceptible, dans quelques années, de produire l'énergie électrique nécessaire à ce pays en se substituant aux méthodes classiques de production d'électricité.
    Deuxième point:
    On replonge dans le domaine des énergies renouvelables.
    Vous évoquiez en septembre le coût élevé de l'essence. National Geographic d'octobre 05 traite ce sujet en priorité.
    D'abord un édito. de Chris Johns.
    Je cite l'auteur : "L'histoire avance grâce à des décisions prises pour répondre aux besoins du présent, tout en ayant aussi des conséquences imprévues pour l'avenir." C. Johns
    Ensuite, l'article de Michael Parfit parle des différentes énergies de remplacement.
    Des difficulté apparaissent quelles que soient les énergies énoncées.
    Pour le solaire, les zones nuageuses ou le mauvais temps compromettent le bon fonctionnement des cellules photovoltaïques.
    Les éoliennes, innovations où l'Europe se distingue par rapport aux States, suscitent déjà des protestations en Allemagne et en G.B..
    L'hydrogène pose un problème, puisqu'il nécessite l'utilisation de combustibles fossiles et augmente ainsi l'émission de CO2. Les pages 20 et 21 illustrent parfaitement le problème.
    Le nucléaire présente un souci de pérennité et des risques s'il est mal maîtrisé. Les Nations-Unies sont censées veiller au grain, mais .... L'auteur parle également du MOX (Mixed Oxide Fuel).
    La fusion à froid ou à chaud ( + difficile ) n'est pas résolue. Selon un physicien interrogé à ce sujet, "il est difficile de maîtriser le plasma, de telle sorte qu'aucune tentative de fusion n'a pu fournir plus de 65 % de l'énergie nécessaire au déclenchement de la réaction."
    Je cite Martin Hoffert: "Sans une pression forte des Etats nous pourrions être contraints d'utiliser des combustibles fossiles de plus en plus sales après l'épuisement des "propres",tels que le pétrole et le gaz, avec les conséquences dramatiques que cela suppose pour le climat."
    Pour renforcer ces arguments je préfère citer Jerome Pamela, directeur du projet JET: "Comme tous les spécialistes de l'énergie vous le diront, il n'existe qu'une seule force plus difficile à maîtriser que le plasma: les intérêts politiques."*

    Michael Parfit rappelle que la consommation de combustibles fossiles augmente les émissions de dioxyde de carbone perturbant ainsi le climat. Schéma convaincant à l'appui page 19. Autre info importante,il explique qu'en remplaçant une ampoule incandescente par une lampe compacte fluorescente, on économise un tas de charbon de 225 kg.
    L'auteur parle aussi des biocarburants. Comme on le sait, l'éthanol contenu dans l'essence peut être extrait de certaines plantes. Il cite notamment des plantes d'Amérique du Nord, "plantes à carburant", le panic, sorte d'herbe vivace.
    Pour conclure, il dit, et j'abrège sa conclusion :"... nous n'avons que 50 ans pour refaire le monde une nouvelle fois. Le temps presse et nous n'avons plus le droit à l'erreur." M. Parfit
    Nat. Geo.

    Autre article intéressant, rédigé par Céline Lison: "Les Glénan, laboratoire d'énergies renouvelables"

    Présevons nôtre Bretagne bien-aimée.

    Très respectueusement

    ILC
    Isabelle Le Chaffotec
  • Olivier Faye
    Le 12 Octobre 2005 à 10 h 26 min
    Il me semble que dans votre énoncé très pédagogique sur la mondialisation (qui ne doit pas trop différer de ce que vous enseignez à vos élèves) vous oubliez un point majeur, un des aspects si j'ose dire nocif du "village", c'est la mondialisation de la culture. En effet, la culture (une des bases de l'Etat-nation s'il en est, plutôt de la nation d'ailleurs) tend à se globaliser, à s'uniformiser, et échappe de plus en plus à notre contrôle car elle est régie par le marché. On parle de plus en plus aujourd'hui de "marché de la culture", de "consommation culturelle", et la distinction entre divertissement et culture est de plus en plus étroite (n'en déplaise à mon professeur de culture générale à sciences po). Je pense, et ça n'engage que moi, que la mondialisation (outre tout ses aspects positifs que vous avez cité), transforme la culture en produit de consommation, en quelque chose de matériel, donc en "bien", et c'est là un aspect contre lequel nous devons lutter si nous ne voulons pas nous retrouver avec des générations décérébrées à la sauce star ac' (très en vogue chez McDo), qui considèrent la culture comme un dû, et qui l'attendent sagement dans leur salon, prête à consommer. Je vous laisse sur cette citation de Malraux que vous apprécierez sûrement :"Comme l'amour, l'art n'est pas plaisir mais passion." et c'est là tout le problème de la frontière divertissement+consommation/culture+passion, que la mondialisation réduit comme peau de chagrin.
    Olivier Faye
  • David Gosset
    Le 12 Octobre 2005 à 08 h 46 min
    Monsieur le Premier Ministre,
    les idées développées dans votre blog sont des plus stimulantes. Je vous écris de Shanghai où j'ai créé début 2002 Academia Sinica Europaea une interface intellectuelle entre notre Europe et la Chine. Je partage votre vision d'une Europe puissance politique. Dans cette perspective,il me semble central d'analyser dans quelle mesure l'ouverture de la Chine joue pour l'Europe comme une incitation à approfondir l'union politique. La Chine n'est ni une menace, ni une simple opportunité économique, mais elle est pour l'Europe un miroir à l'autre extrémité de l'Eurasie. L'Europe de l'après deuxième guerre mondiale s'est construite avec le soutien des Etats-Unis et contre l'Union soviétique, dans le monde post guerre froide si les élites européennes ne prennent pas conscience du facteur chinois (la Commission parle de "globalisation" mais concrètement elle songe à Pékin - les récentes déclarations de Mr Barroso suivant d'ailleurs deux voyages en Chine sont à cet égard très claires) notre projet européen ira à la dilution. Vous le savez bien mieux que moi, il y a urgence à se remobiliser. De ce point de vue, la Chine a son utilité. Par ailleurs, mais cela n'est possible qu'autour d'un noyau dur constituté par Paris, Berlin, Madrid et quelques autres, il nous faudra bien un jour tendre la main à la Russie. La réconciliation franco-allemande est vitale mais la grande réconciliation (celle qui rapprochera les parties séparées par les grands schismes religieux) Europe occidentale, Europe orientale n'est rien moins qu'une clef de voûte - Mr Gorbatchev et François Mitterrand voyaient juste lorsqu'ils évoquaient notre "maison commune".L'Europe doit aussi se faire en tenant compte des équilibres généraux en Eurasie.
    Si ces thématiques vous semblaient intéressantes, je serais très honoré de pouvoir vous faire parvenir quelques articles écrits sur ces idées simples - en anglais et en espagnol et malheureusement pas encore en français à ce stade quoique ce soit ma langue maternelle. En tout cas, je vous souhaite bien les meilleures choses au Québec. Bien respectueusement, David Gosset.
    David Gosset
  • Henri CESTIA
    Le 11 Octobre 2005 à 20 h 07 min
    Une autre vague de mondialisation n'a pas détruit nos nations : au contraire les guerres ont peut être renforcé le sentiment national. Sans état nation sans sentiment national fort pas de guerre possible. Voilà des idées simples, mais non simplistes. Cependant ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain. Essayons l'état nation sans la guerre ! Donc sans nationalisme excessif, mais avec un maximum d'échanges commerciaux, à condition que ces échanges conduisent aux échanges tout court et donc à la compréhension entre les peuples et qu'ils ne soient pas le moyen d'une guerre économique sauvage entre les peuples. Oui encore le mot guerre qui revient !.L'éviter est le plus important. Donc il faut se fixer des règles d'échanges commerciaux et des instances pour les faire respecter. Je ne sais pas si des écrits de 1840 disent la même chose mais c'est ma conviction. On arrive donc à la conception d'état nation quasi souverain qui accepte les règlements et lois externes. Quasi souverain il faut le dire ou ne pas le dire selon que l'on accepte ou pas le jeu de l'ouverture au monde. Les questions posées n'ont-elle pas une meilleure réponse que les questions non posées ? Ne sommes nous pas à la croisé des chemins, notamment si les français doivent se prononcer à nouveau sur la constitution Européenne comme le suggère VGE.
    Ceci étant dit il convient de réfléchir aussi comme le souligne votre détracteur Guillaume AGNELET, au problème de la croissance économique. La situation technologique de 1913 n'est pas la notre. Tout parallèle entre les deux périodes qu ignorerait cette réalité peut conduire à de mauvaises conclusions. Il est certain que l'on inventera encore beaucoup de choses utiles, mais l'appétence de nos concitoyens à acquérir de nouveaux biens et services me semble inversement proportionnel aux biens et services dont ils disposent. Ce qui signifie que nos économistes doivent réfléchir sérieusement à l'atterrissage en douceur de la croissance économique dans les pays les plus développés et dans ce contexte au partage du travail qui sera inexorablement grignoté par les gains de productivité conséquence de notre maturité technologique.
    Henri CESTIA
  • etienne gaspard
    Le 11 Octobre 2005 à 20 h 07 min
    Peu à peu se mettent en place tous les détonateurs de la guerre civile.
    D'un côté, adossées à des règlementations européennes qui leur font la part belle, les multinationales, torturées au coeur par les fonds de pension, ne cessent d'accentuer la pression sur le monde du travail, en rendant chaque jour la vie plus précaire et l'emploi plus incertain.
    De l'autre, arcboutés sur des mécanismes de pensée et d'action datant du XIXe siècle, des salariés, mal représentés par des syndicats archaïques et manipulés par des partis pour lesquels le désordre et la paupérisation sont un fond de commerce, s'acharnent à ne pas comprendre que les belles années sont évanouies, et définitivement.
    Le tout sur fond d'inflation cachée, d'économie globale en état d'hystérie et au bord de la rupture, de tensions ethniques, impérialistes et confessionnelles, de dramatique paupérisation d'un tiers-monde savamment minorisé et prêt à exploser, d'implosion démographique et de désarroi moral.
    L'affrontement paraît à terme inévitable car les adversaires n'ont plus les marges de manoeuvre qui leur permettaient jadis d'être partenaires. Les gouvernements, quels qu'ils soient, n'ont plus les ressources, la volonté ni l'imagination d'inventer des solutions nouvelles à des problèmes trop anciens. Comment remettre à plat l'écheveau labyrinthique des multiples statuts sociaux, officiels ou officieux sans crise de régime?
    L'affaire se règlera probablement, comme en mai '68, dans la rue. Mais la complexité des problèmes entraînera des excès qu'on n'avait pas connu à cette époque. Les moyens d'un nouveau Grenelle manquant, l'issue apparaît évidente. Soit l'Etat sera en mesure de resserrer les rênes de son autorité, de la plus désagréable des façons, en brisant pour vingt ans tout contre-pouvoir, soit il échouera et, sous l'impitoyable pression des marchés et d'une Europe aux abois, c'est à l'armée que cette tâche sera tôt ou tard dévolue.
    Bien sûr, le recours à la planche à billet poura masquer un an ou deux la crise. Sa résolution n'en sera que plus terrible.
    2007 ne sera en vérité que le choix entre la fin des illusions et le début du cauchemar. Les Français - et ce ne seront pas les seuls en Europe - seront bientôt priés, de la plus ferme des manières, de descendre de leur petit nuage rose.
    etienne gaspard
  • J V
    Le 11 Octobre 2005 à 19 h 41 min
    Non, je ne crois pas que les dés soient jetés, du moins, certainement pas une fois pour toutes !
    Je suis convaincu que la Turquie n’adhérera jamais à l’Union Européenne. Et nous sommes de plus en plus nombreux à le penser, à le vouloir ! Tout simplement parce que la Turquie n’est pas européenne, parce que la majorité des peuples européens ne le veulent pas et que, c’est ma conviction, la démocratie finira par l’emporter.
    Les dès ont été lancés par un groupe de personnes politiques dont la représentativité est mise à mal dans chacun des pays et dans l’Union. Il s’agit d’une partie qui durera et il faudra lancer les dès à maintes reprises.
    L’Allemagne est en train de changer d’équipe dirigeante et, quoi qu’on en dise, son orientation sera sensiblement différente de celle de l’équipe précédente. L’Autriche ne se sentira plus si seule. Il y aura les élections française et comme mes amis et beaucoup de mes concitoyens, je sélectionnerai mon candidat parmi ceux qui s’engageront à faire un référendum en 2007 sur cette question Turque, sans tromperie. La question constitutionnelle pourra être réglée comme elle l’a été pour le vote du 29 mai. Et il y aura d’autres élections en Europe …
    Ce qui serait bon pour l’Union, au contraire, ce serait que la Turquie forme un ensemble régional avec ses voisins asiatiques, en commençant par ceux avec qui elle a le plus d’affinité, ne serait-ce que par la langue, les liens avec des minorités, … et c’est à nous, européens de l’aider à le faire et de coopérer un jour d’égal à égal avec cet ensemble. Quoi qu’en pensent les Etats-Unis ! Certes, cela mettra longtemps ? Et alors ? La paix est à ce prix ! Pas au prix d’une Europe fourre-tout et démissionnaire à la Neuville Chamberlain dans laquelle on ne se reconnaît pas.
    Outre la position géographique de la Turquie, essentiellement en Asie, ses mœurs et coutumes typiquement non européens, il faut reconnaître que :
    La Turquie partage, ou plutôt, contrôle les eaux du Tigre et de l’Euphrate avec l’Irak et la Syrie : Un problème purement Européen ?
    La Turquie a des minorités Kurdes importantes sur son territoire de même qu’il y en a en Irak, en Syrie et en Iran : Problème purement européen ?
    La Turquie, 75 millions d’habitants en aurait beaucoup plus si elle devait rejoindre ce qui resterait de l’Union dans 10 ou 15 ans. Et, près de 200 millions de turcophones alentours qui naturellement seraient aspirés par cet appel d’air : Problème évident pour l’Europe.
    L’Union a dit quelque chose à propos de la Turquie mais les peuples européens y sont opposés et ne se sont pas encore exprimés. Ils n’ont pas non plus abdiqué sur le sujet et n’attendront pas dix ans avent de pouvoir s’exprimer.
    J V
  • Thierry Bruhat
    Le 11 Octobre 2005 à 17 h 13 min
    Bien sûr, les Etats-Nations auront leur place dans l'architecture institutionnelle de la mondialisation. Vous avez raison ! Mais deux questions méritent d'être posées, me semble-t-il. Quelles articulations entre ces Etats ? Quelles modalités d'intervention de la part de ces Etats ? A ces deux questions, il faudra sans doute répondre par des innovations conceptuelles. C'est le débat de l'Europe encore à construire, c'est celui de la reconstruction nécessaire de l'action publique dans nos Etats-Nations. Or y toucher revient à toucher aux pactes sociaux et politiques qui les supportent. A cet égard, en modifiant certaines expressions, le texte de Marx est parfaitement transposable. La révolution que nous vivons ne concerne peut-être pas seulement les produits et les services, mais la nature de la relation entre les individus et les institutions publiques, notamment celles relevant des Etats-Nations. les fondations sont alors en cause. Ce qui est une tout autre histoire !
    Thierry Bruhat
  • Paul-Eric HEUGAS
    Le 11 Octobre 2005 à 10 h 13 min
    Je pense que l'on ne peut pas opposer mondialisation et etat nation mais au contraire étudier la gestion optimale de cette "cohabitation".

    La mondialisation est un etat de fait depuis la fin du 19eme siecle avec des échanges de plus en plus nombreux mais aussi de plus en plus rapides (cf nouvelles technologies).Cette mondialisation est un accélérateur des échanges mais ne peut être, au risque de faire exploser les modèles économiques, un "machin" sans règles d'où la présence incontournable des Etats Nations.
    Incontournables parce qu'ils édictent des droits sociaux fondamentaux sans lesquels nous assisterions à une dérèglementation du droit du travail international, incontournables parce qu'ils légifèrent sur des règles qui parfois peuvent froler le protectionnismes (cf etats unis lorsqu'ils relèvent les taxes sur certains produits "entrants" sur leur marché)mais doivent être un garde-fou aux exces.
    L'équilibre est certes précaires mais ne peut perdurer que si ces mêmes etats nations s'unissent ce qui aujourd'hui pose un véritable autre problème: Comment s'associer pour ériger des règles de droit des échanges, ou de protection sociale communes lorsque les visions d'avenirs sont différentes d'un Pays à l'autre, ou lorsque le niveau social est lui aussi très différent.(même si ces règles internationales existent aujourd'hui)
    Nous avons pu en avoir une image forte lors du referendum sur l'Europe avec cette fameuse image du plombier polonais.
    La difficulté de cette alchimie est de savoir jusqu'où les etats nations peuvent intervenir dans les échanges commerciaux mondiaux sans que celà ne vienne freiner voir éradiquer ces mêmes échanges.
    Il ne faut pas être angélique, la mondialisation est un phénomene qui a tendance a laisser de coté ceux ou celles qui ne peuvent poursuivre cette "bataille économique", l'Etat Nation doit justement être présent pour aider ces entreprises à affronter ce marché, je dis bien aider et non pas se substituer, car le "sponsoring" de l'etat nation ne peut aboutir qu'a des situations désastreuses comme on peut le voir aujourd'hui avec la SNCM.
    Nous pouvons voir là aussi toute l'importance que nous avons a nous rassembler entre Etats Nations et regretter amèrement le retard que nous avons pris dans la construction d'une Europe forte.


    cdt

    PE HEUGAS
    Paul-Eric HEUGAS
  • J I
    Le 11 Octobre 2005 à 00 h 21 min
    Cher Alain,

    Merci pour ces réflexions liées à votre cours. C'est en effet un phénomène à première vue paradoxal -- mais finalament si prévisible -- que de voir la globalisation s'accompagner d'un renforcement des référents nationaux. Face à la froideur du processus de mondialisation (le royaume des transactions financières de grande envergure, le monde du spectre (imaginaire?) des délocalisations, etc.), quoi de plus naturel que les êtres humains se retournent vers la chaleur de leur communauté élective respective ?

    Car il est remarquable de noter que le retour des "nationalismes" s'effectue à des échelles différentes selon les situations et selon la tradition culturelle et politique de chacune des régions concernées. En Europe occidentale, les réflexes de protection face au grand courant d'air de la mondialisation se font autant au plan national (appels au patriotisme économique en France et en Allemagne)qu'au niveau européen (croisade contre les textiles chinois : y a-t-il un nationalisme européen ?). En Espagne comme au Royaume-Uni, les référents collectifs se situent certainement à l'échelle respectivement des autonomies et des autorités dévoluées. On retrouve la même diversité dans les pays en développement (nationalisme économique chinois, séparatismes, efforts de l'Union Africaine, etc.)

    Au fond, rien de plus normal que la mondialisation renforce les identités collectives particulières. Le point intéressant est de s'interroger sur le niveau d'apparition du "nationalisme" : éthnie, région, Etat, communauté d'Etats ?
    J I
  • zahib techadi
    Le 10 Octobre 2005 à 22 h 18 min
    " Tous les musulmans ne sont pas fanatiques, c'est une minorité qui est à l'origine des violences " nous rabâchent-t on dans les médias à longueur de temps. Certes, personne n'a jamais dit que les musulmans étaient tous des Ben Laden en puissance, prêts à bondir sur le reste du monde, le couteau entre les dents. Rappeler aux citoyens de ne pas mettre tous les musulmans dans le même sac, d'accord. Mais derrière ce raisonnement, on insinue aussi que l'immense majorité d'entre eux n'étant pas des extrémistes, on doit s'abstenir de critiquer l'islam ; qui, en dehors de quelques abus, ne connaîtrait pas plus d'excès que les autres confessions.
    C'est une manière un peu facile de balayer d'un revers de la main les problèmes que connaît l'islam et ça n'encourage pas le monde musulman à l'autocritique dans laquelle il pourrait trouver des solutions pour sortir de l'obscurantisme dans lequel il croupit.
    En effet, même si 99,9% des fidèles ne sont pas terroristes, il n'en reste pas moins vrai que le monde musulman dans son ensemble a des mœurs et des traditions qui ne permettent pas l'émergence d'une société moderne et éclairée. D'ailleurs est ce un hasard si l'immense majorité des pays musulmans n'est pas démocratique ?

    L'Islam attend toujours son Risorgimento
    Prenons l'exemple de l'Egypte, qui est souvent cité comme un pays relativement avancé pour la région. Une vingtaine d'homosexuels y ont récemment été condamnés à des peines de prison sous prétexte de s'être adonnés " à des pratiques sexuelles contraires à l'islam ". Ce fait divers n'est pas isolé et est révélateur de l'arriération des mentalités: un rapport d'Amnesty International paru en 2001 estime à 35% le nombre de femmes qui sont fréquemment battues par leur mari. Une autre loi interdit d'ailleurs aux femmes de quitter le territoire national sans l'autorisation de leur conjoint. L'Egypte n'est pourtant pas un pays islamiste : ce sont les " musulmans modérés " qui sont en cause : leurs mœurs et leurs traditions rétrogrades se révèlent incompatibles avec la tolérance et la liberté qu'exige la société moderne.

    Que dire de l'Arabie Saoudite où les femmes n'ont pas le droit de conduire une voiture ? Et où elles risquent une arrestation lorsqu'elles sortent seule sous prétexte de s'être montrées en public sans être accompagnées par un parent de sexe masculin ? Que dire des crimes d'honneur qu'on légitime au nom de la tradition dans des pays comme la Palestine, la Turquie, le Pakistan ? L'islam, en tolérant ces pratiques -voire en les légitimant- contribue à maintenir ses fidèles dans l'ignorance et l'étroitesse d'esprit la plus complète. Et je ne parle pas ici de l'islamisme radical mais bien de l'islam que l'on appelle modéré, pratiqué par la majorité de l'oumma. Et si les malheurs et le sous développement du monde musulman ne venaient pas justement de là ; de ces traditions archaïques et de ces modes de pensée d'un autre âge ?
    A cela, les bien pensants s'empresseront de répondre que l'homophobie, les femmes battues et l'intolérance ne sont pas le monopole du monde musulman. L'Occident aussi est touché par ces fléaux. Certes. Mais quitte à aller à l'encontre du matraquage politiquement correct ambiant, je me risquerai à dire que la situation des femmes et des homosexuels est plus enviable à Paris qu'à Téhéran.
    Certes l'Europe a elle aussi connu ses intégrismes religieux, son obscurantisme et ses crimes d'honneurs (phénomène méditerranéen et pas directement lié à l'islam) mais elle a su évoluer. Et ce que l'Occident est parvenu à faire, pourquoi l'islam, pourtant à l’origine d'une civilisation brillante au Moyen Age, ne le pourrait-il pas ?Le pouvoir d'intimidation de l'islam sur la gauche
    La gauche, qui se présente comme le défenseur des opprimés, a toujours été fascinée par les victimes : le prolétaire face au bourgeois, l'ouvrier face au patron ou le Tiers Mondiste face à l'Occidental. Or l'islam a souvent tendance à se présenter comme opprimé, profitant ainsi de la mauvaise conscience que la société entretient à son égard pour imposer ses volontés. Avec la chute du mur de Berlin le musulman s'est substitué au prolétaire dans l'idéal de la gauche : l'un comme l'autre ont la pureté du statut de la victime innocente.

    L'affaire du voile est un exemple révélateur du pouvoir d'intimidation que l'islam exerce sur une certaine frange de la gauche. Pour justifier la présence de jeunes filles voilées dans les écoles et les mairies, tout a été entendu : qu'il fallait moderniser le concept de laïcité, qu'il fallait s'inspirer des modèles anglo-saxons, qu'il ne fallait pas exclure ces jeunes filles de l'enseignement public sous prétexte qu'elles seraient prisonnières de leurs communautés…
    Ces arguments sont tous défendables. Mais ils masquent mal la véritable raison qui fait que certains sont prêts à tolérer le port du voile : la peur de froisser la minorité musulmane. Ou plus exactement la peur de paraître trop autoritaire en l'interdisant.
    La gauche est ici face à ses propres contradictions : d'un côté elle prétend défendre les opprimés et de l'autre, pour ne pas vexer ces mêmes opprimés, elles renoncent aux valeurs qui ont été les siennes (la laïcité) et qu'elle a contribué à promouvoir. Elle qui est toujours prête à cracher sur les catholiques reste étonnamment timorée face aux musulmans qui remettent en cause un de ses principes sacrés. Pour la petite histoire, sachez tout de même que les candidates au bac 2005 ont été autorisées à se présenter aux épreuves voilées…

    L'extrême gauche et les islamistes
    Le plus bel exemple du renoncement de la gauche à ses valeurs reste la venue de personnalités prônant des théories ouvertement islamistes au Forum Social Européen. Ainsi en novembre 2003 à Saint Denis les altermondialistes avaient convié Tariq Ramadan à débattre des moyens de combattre l'impérialisme américain et l'économie de marché…
    Mais le mieux reste à venir : lors de sa prochaine édition qui se tiendra en octobre prochain à Londres, le FSE devrait accueillir Yousuf Al Qaradawi, théoricien islamiste défendant les positions les plus rétrogrades, comme la lapidation des femmes. Pour justifier sa venue, les organisateurs allèguent que " les islamistes sont les seuls à pouvoir mobiliser les masses musulmanes, et que les aspects réactionnaires de l'islamisme sont accessoires ". Les femmes brûlées à l'acide au Pakistan et en Arabie seront heureuses d'apprendre qu'elles constituent pour les altermondialistes un motif de préoccupation accessoire…
    Voilà en tout cas l'extrême gauche et les islamistes unis dans leur haine commune du même ennemi : la démocratie occidentale. Bêtise ou inconscience ? La fascination de l'extrême gauche pour le rebel, le subversif quel qu'il soit et d'où qu'il vienne*, sa volonté de renverser l'ordre établi la conduit à des alliances douteuses… que la nécessaire critique du système américain ne justifie en rien.
    Certes de tels propos ont été tenus par la frange la plus extrême de la gauche, et le parti socialiste a condamné la présence de Tariq Ramadan. Reste qu'au regard de ces alliances politiques, on peut néanmoins s'interroger sur le prestige moral et la sympathie dont continuent de jouir les altermondialistes au sein de la gauche française

    salutations
    zahib techadi
  • max capdeville
    Le 10 Octobre 2005 à 13 h 46 min
    Et si finalement c'est Candide qui avait raison... Car tout est dérisoirement simple à comprendre. On dit bien que le cycle du temps et celui de son évolution est perpétuel, immuable, que TOUT revient, comme mû par un incomparable mouvement ordonné, "un pendule de Foucault cosmique"
    Ainsi, les populations qui se ruent à l'assaut des barbelés de Ceuta & Mélilla, des camions en partance pour l'Angleterre, des frontières étasuniennes, des plages de Mayotte, etc. sont les mêmes qui, suivant les troupeaux de mamouths et de rennes, ont traversé le détroit de Béring pour peupler l'Amérique, construit les radeaux en balsa pour essaimer le Pacifique, etc.
    La faim est un puissant moteur : rien ne peut l'arrêter, pas même les crocs des tigres à dents de sabre, les griffes des ours des cavernes, les dents des requins, les océans naufrageurs, les balles des gardes-frontières, les textes/lois/réglements de ces Etats-Nations policés, démocratiques, apeurés et... donneurs de leçons.

    Ce "besoin de frontières" est aussi puéril et insensé qu'un acte qui consisterait à vouloir vider un grand océan avec un dé à coudre, ou avec une passoire... Impossible, totalement impossible et irréalisable. Car, quelles que soient les mesures adoptées et mises en place, les flots intarissables des affamés et des prosélytes de la folie et de l'extrême se déverseront encore et encore sur les plages de nos sociétés occidentales et "civilisées", plages au sable noir et blanc de notre inconscience, de notre propre folie, de notre aveuglement, pis encore, continueront à envoyer des avions s'écraser sur les tours de nos indifférences.

    L'unique solution, c'est Candide qui parle, c'est d'ouvrir totalement TOUTES les frontières du monde.
    C'est, AUPARAVANT, mettre en place un organisme planétaire ("avâtar" de l'ONU (?)) puissant, intègre, "incomparable", qui regroupera et consacrera des moyens considérables alloués par les pays du G8 principalement, par un prélèvement obligatoire sur les grandes sociétés, par l'attribution obligatoire d'un certain pourcentage du budget de la défense de ces mêmes pays riches, pour lutter et VAINCRE définitivement (c'est possible) cette paupérisation qui gangrène et va tuer le monde si l'on ne fait rien IMMEDIATEMENT.

    Ainsi, les peuples RESTERONT chez eux, MANGERONT chez eux, TRAVAILLERONT chez eux, PRIERONT chez eux, etc.

    Ceci est la seule et véritable solution pour une juste "mondialisation", le seul chemin, la seule voie, c'est toujours Candide qui parle.

    L'ordre, la paix, la tolérance,le commerce, le bon et naturel circuit des richesses, etc. et de l'évolution, ne peuvent se faire, ne sont viables, que si les peuples peuvent vivre CHEZ EUX.

    Si nous ne voulons pas "mourir ensemble" très bientôt, il nous faut d'extrême urgence apprendre à "vivre ensemble" : frontières ouvertes, famines supprimées et travail retrouvé.
    max capdeville
  • ahmed Rezgui
    Le 10 Octobre 2005 à 12 h 46 min
    Monsieur le Premier Ministre.

    Je me suis rendu à deux reprises à un sper-marché à la Porte de Bagnolet, le coucher du soleil n'est pas loin, et peu de monde par rapport à l'accoutumée,
    les fetes de Ramadan sont bien là. C'est la première fois que je tire ce constat. Communautarisme, certes, mais autour d'un évènement. Organisation sociale, oui.
    Une réflexion pragmatique s'impose afin de tirer vers le haut ce schèma, j'entend par là, que votre compagnon et directeur de cabinet quand vous étiez au Quai d'Orasay, à de quoi nourir des voyages soutenus pour rassurer et réussir l'image tracé par Charles de Gaulle, la continuité, amené les communautés vers la réalité politique, vers les enjeux de l'avenir et du destin commun dans la République de France.
    ces derniers temps, nous avons assistés à divers débats et réflexions sur ces questions, mais le plus souvent, les discours ont été tranchés sur fond de conflits existants, notamment le terrorisme, la délinquence, l'échéc scolaire, drogue, etc..Moi, je suis pour l' Ecole à Fond, mais l'école du débat, et non des ZEP, comme l'a précisé Libération, "Zone d'Echec Prolongé". On doit se poser la quéstion, de ma part j'ai un semblant de réponse par rapport à mon experience sur ce sujet.

    Je reviens sur la Turquie et les Peurs et Préjugés. Regardons, les premiers Europhiles que sont nos amis les Hispaniques. de l'Espagne dans l'Europe, que richesses et diversités, beaucoup de jeunes européens et notamment des français ont élu domicile et vie en Espagne, peu d'Hispaniques ont fait le chemin vers d'autres pays européens. Avec l'Europe, l'Espagne a pu conservé sa jeunesse et sa matière grise. faisant en sorte, que le travail qui sera mené avec la Turquie, qui a des atouts, mais aussi, a quelque chose de semblable que l'Espagne, devienne dans quinze ans, un phare de développement, de paix et de stabilité,
    et, de la Turquie, comme une Espagne du Présent. Chantons, Andalousie.
    Amicalement.
    Ahmed REZGUI
    www.culture.fr
    ahmed Rezgui
  • Vincent Landais
    Le 10 Octobre 2005 à 12 h 32 min
    Suite a votre article "l'etat et la mondialisation" du 7 octobre, je me demandais si avec une mondialisation croissante et une tendance a l'unification de valeurs (quelles soient juridiques, economiques, ou culturelles...), la necessite de creer une Europe politique, sociale, fiscale forte ne devient-elle pas une urgence pour la sauvegarde des specificites culturelles intraeuropeennes qui font la richesse de notre continent (car cela induit une histoire, un passe)ainsi que la survie du role de ces etats nations europeens dans les relations internationales (capacite a s'imposer)?
    Vincent Landais
  • Claude Rollier
    Le 09 Octobre 2005 à 09 h 14 min
    Pour survivre aux effets d'une inévitable mondialisation ,les sociétés ne peuvent se raccrocher à un "modèle "national qui n' a aucune valeur en dehors du pays qui l'exhibe pour sa défense .

    Par contre,lorsqu'elles adaptent avec succés ce modèle aux nouvelles donnes mondialisées ,elles démontrent ainsi leur volonté à lui survivre.

    Ainsi, la Confédération Helvétique est elle capable, avec Swatch d'occuper toutes les positions horlogères que l'on croyait perdues au profit des pays asiatiques,de maintenir la première place dans l'agroalimentaire avec Nestlé et des positions confortables dans la pharmacie ,sans parler de la finance .Cerise sur le gâteau pour un pays n'ayant pas de facade maritme, gagner l'America Cup .....

    La Suisse devrait constituer au moins un sujet de réflexion ,sinon un modèle ,pour nos soit disant "hommes d'état"qui ne voient de salut pour la France qu'en se référant à un modèle social français hors d'usage ou encourageant la fuite en avant d'une UE sans frontières géographiques ,ethniques,religieuses ou sociales.
    Si on oublie que ce qui est accessible à tout le monde n'est ,en fait, à personne,il ne faut pas alors s'étonner d'être envahi par "la misère du monde" .
    La propriété se défend ,les armes en main si besoin est.
    Claude Rollier
  • gabriel frdaet
    Le 09 Octobre 2005 à 08 h 45 min
    Monsieur le Premier Ministre

    Immense question
    Ouvrir un bloc note en conviant les lecteurs à réagir est un acte public qui, normalement ne devrait pas souffrir de censure. Tel n’est pas le cas. Et je le regrette car derrière l’ivraie des mots il y a souvent du bon grain de sens.
    Bon je tente encore ma chance en répondant à votre interrogation, sachant les difficultés de l’exercice ; car plus on cherche à exceller dans la synthèse plus on est sujet à l’évacuation car , n’est-ce pas, il y a des tabous…et le trait est nécessairement plus noir !
    Le sujet que vous proposez à notre réflexion est, vous le savez bien, immense et, je le crains, un peu académique..
    Essayons de résumer les données :
    1. Jean Guitton dans Silence sur l’essentiel (Desclées de Brouwer 1972) proposait de re-dater l’Histoire : avant et après H, H étant évidemment Hiroshima. Je crois cela nécessaire en effet. H marque le saut du « macro » au « nano ». Le temps du micro n’aura duré que 40 ans environ. A l’échelle du temps ? fort peu ! Cette accélération du temps qu’annonçaient philosophes et scientifiques dépasse leurs prévisions !
    2. Les Etats Nations sont des créations de la Révolution. Une manière de consolider le centralisme monarchique, colbertiste puis jacobin auquel résistaient tant les régions (cf Sédillot, Le coût de la Révolution Française –Perrin). C’est un concept qui date, donc et qui – nonobstant circonstances et modalités – correspondait à l’avènement d’une classe sociale conjointement avec un nouvel ordre.. industriel et commercial si bien analysé par Marx.
    Mais c’est un concept qui s’organisera selon un processus pyramidal qui fera dire, pour la France, que c’était le pays idéal pour l’application de l’organisation industrielle de Taylor . On en voit encore ici et là dans notre paysage des restes bien vivaces (dans ce cadre là , le statut de la fonction publique, voulu et défini par les communistes…) et la création de l’ENA venaient former comme une clef de voûte….dès la fin de la seconde guerre mondiale, après H (cela montre que l’on n’avait rien compris à H et l’URSS le paiera cher). J’en ai parlé ailleurs (après tout , symboliquement, je crois que dans les pays occidentaux, la France est le seul pays qui ait un parti arborant fièrement le nom de parti communiste)
    Je n’en dirai pas plus ici car ce serait entrer dans la problématique spécifiquement et dramatiquement française.
    3. Le passage au nano ferme cette ère industrielle, macro, étatique…et rend la question
    posée inopportune, tput à fait académique. Car c’est un monde radicalement nouveau qui a surgi en 1945.
    Evidemment plus les individus ont dépendu du concept
    antérieur,périmé plus leur nation doit souffrir. Car ce système pyramidal…bon inutile
    d’en dire plus il suffit de lire la France…Et cette fermeture qui remonte à 60 ans est
    définitive.
    Il y a eu changement d’ère et donc de vocabulaire , de discours, d’actes, d‘acteurs, d’organisation, de gouvernance…L’exemple est, en France, celui de la restructuration des Groupes dans les années 70. J’en ai vécu la première expérience avec le Groupe Unipol qu’un capitaine d’industrie précurseur, Chancel, a entièrement rebâti avec des entreprises séparées par leur objet industriel et de vrais responsables avec pour coordonner le tout une petite holding de 20 personnes ! Le Groupe marseillais qui mourait est devenu très dynamique et a connu un développement considérable…jusqu’en 1981 (hélas). Au passage, le siège de la rue Roux de Brignolles où sévissait le népotisme avait été purgé de ses sureffectifs , doublement coûteux, et vendu. Je prends cette innovation comme particulièrement significative et je la connais bien pour avoir été le très responsable Directeur Financier du Groupe à…33 ans ! (Chancel devait avoir 45 ans)
    4. Alors nous voilà obligés de passer de la projection plus ou moins linéaire à la
    projection exponentielle et même à la prospective… Voilà Gaston Berger réhabilité !
    Un entrepreneur philosophe ; un pragmatique en plein milieu d’un univers politico -administratif idéologique, apeuré, tétanisé et donc prêt à tout casser par défaut, c'est-à-dire par inertie (pon le voit actuellement à Marseille).
    5. Et cela commence par oublier un passé MORT, mort avant-hier…voilà le problème et
    encore plus mort aujourd’hui !
    6. Et cela veut dire quoi ?
    • Il y a trop de monde sur la planète et de plus en plus mal réparti (avec tant de conséquences sociales et écologiques) et de moins en moins utilisé et utilisable car impossible à former ; les différentiels de « culture » sont trop immenses. Les actions individuelles ont débordé les systèmes (qui restaient cramponnés à un modèle occidental périmé)t ceux-ci ne savent plus répondre si ce n’est par le gaspillage. Ils n’osent même plus se défendre ! Car, qu’est-ce donc qu’un Etat Nation s’il ne dispose pas de moyens de défense dissuasifs et constamment maintenus au bon niveau d’entraînement et des technologies… ? On a supprimé en France la conscription mais on n’a pas bâti une sorte de garde nationale…Ne parlons même pas du patriotisme et encore moins de la citoyenneté réelle. L’obsolescence du concept est évidente
    • Le flux migratoires ne peuvent que se développer avec la bénédiction de chantres humanistes qui cherchaient le vecteur de leur vengeance personnelle et de leurs peurs comme de leur inutilité croissante alors que nous sommes malheureusement placés devant de véritables invasions barbares de la part de ceux que nous avons conquis, projetés et laissés en plan, laissés aux mains de toute sorte de prédateurs, encombrés de nos poisons. Si pour un homme « barbare » il y a ici la mort garantie et là l’espérance de vie. Que fera-t-il ? que ne cessera-t-il de faire ? Mettez vous sa place et allez à Melilla ! Et le pire est que cet homme (sans doute prêt à tuer pour vivre) vient , déborde et prêt à tout…les mains nues ; le nano humain ! Sans le savoir il vient perforer nos actes fondamentaux et en fait des faux ! Mais ces flux sont doubles pays déshérités=>pays dits riches et pays dits riches mais conservateurs =>pays riches et dynamiques. Le problème est que L’Etat Nation est déjà infiltré, qu’il n’a pas été capable de résister, d’interdire, tellement la concentration parisienne paralyse le corps entier. Ils suffit que les uns fassent leur jonction avec les autres et tout s’effondre !
    • Tout le monde est partout et nulle part et va là où l’herbe est selon lui meilleure et plus abondante. Evidemment il y a plus de monde en bas qu’en haut et cela pose un gros problème, un problème grossissant comme un futur tsunami prédictible, visible cependant que l’on est immobile dans les pays de destination du solde excédentaire.
    • Les médias , en sur et désinformant poussent au gonflement de tsunami humain.
    • Et les problèmes que le déséquilibrage démographique et social accroit s’aggravent de l’impossibilité d’intégration de populations primaires en quête de survie, de simple survie. Rien ne peut plus les raisonner. Leur pulsion instinctive les pousse en avant comme ces troupeaux de gnous !
    • Et nous pendant ce temps, qui avons contribué à mettre les « troupeaux » en marche…nous discutons du concept d’Etat Nation ! Ubuesque !
    • Le Brésil est, en ce sens une préfiguration avec l’avantage que son Sud et son Nord inversés sont dans le même pays et que du Nord au Sud on y parle la même langue et l’on a vécu la même Histoire même si…
    • L’individu ne relève plus d’une autorité qui elle répond à un autre ordre mondial, une autre économie, une autre culture. Il est livré à lui-même…et il a peur ! L’individu est informé maintenant par ses contacts internationaux via internet…Il faudrait simplement le rendre responsable et le revitaliser dans son rôle sociétal à la condition que ce soit dans des structures à sa mesure !
    • Les concepts philosophiques du 18ème ont échoué en raison de la volonté d’une classe d’accaparer les pouvoirs et privilèges des 2 autres. Sédillot montre bien les dégâts avec le scalpel du naturaliste. Les modèles ainsi nés de violences, qui se sont développés dans la violence ne peuvent que sombrer dans la violence (‘Huxley La paix des profondeurs). C’est d’autant plus évident qu’il y avait des actions évidentes à mener mais que l’on préféré jouir de son pouvoir apparent sans voir ce qui le minait et qui éclate à la face du monde !
    • Et ce n’est pas fini ! Les entreprises répondant avec une grande plasticité aux sollicitations technologiques et sociales rendent encore plus vain l’exercice conceptuel. Elles ont eu du mal mais, sauf des éclopés nationaux, elles collent maintenant au mouvement irrépressible de la science et de la technologie et leur propre adaptation agit comme un agent de corrosion d’Etats Nations de plus en plus vides de sens. Et plus les risques locaux, conceptuels, augmenteront plus les entreprises trouveront de nouveaux points de fuite pour échapper à ce qu’elles savent être des combats qui ne peuvent que leur être nuisibles. Elles trouveront toujours les serviteurs indépendants qui (Cf Reich, Dent etc. ) serviront sa survie en même temps que la leur.
    • Qui irait défendre aujourd’hui des Etats Nations ? Quand on s’est évertué à en faire des moyens d’extermination humaine ? Quand ils ont systématiquement laminé les hommes car ils ne peuvent échapper à la loi de leur technocratisation centralisée.

    Cet argumentaire pourrait être développé mais ces développements sortiraient du genre « blog ».

    Pour ma part j’ai toujours pensé que , en retenant la France comme modèle caricatural, il y avait deux niveaux à faire sauter : celui de l’Etat tout puissant, caricature négative de l’Etat monarchique et celui du département qui est son clone local et changer d’échelle par le haut, l’Europe (mais évidemment pas celle-là dont je n’ai jamais voulu et qui a été conçue en gros selon le modèle français donc selon un modèle périmé) , et de responsabilité de proximité par le bas (deux niveaux : régions redimensionnées et groupement de communes avec un système de contrôle citoyen. Alain Peyrefitte avait bien vu la chose dans les années 70. Lire « de la France »). Au fond une Fédération (voire une confédération) , l’ancien état étant provisoirement maintenu pendant la période de transition et n’ayant plus qu’un rôle de Holding locale, purgée de ses hyper-effectifs.

    Aujourd’hui la dichotomie éclate au grand jour et laisse pantois ceux qui prétendaient diriger un pays les yeux bandés et les oreilles pleines de cire. Et le passage macro=>micro=>nano s’est fait presque à leur insu ! le compactage du temps, à vrai dire et les technologies rendent à la fois vain votre questionnement et aussi vain la possibilité de réagir raisonnablement. Comment expliquer aux citoyens qu’on leur a menti (ce qu’ils savent) et que la recette est urgemment de .. et de… ? Il y a des inerties sociales, sociétales, humaines !

    Le retour aux nations , sans la capacité révolutionnaire que cela implique de la défense des frontières, et avec l’échec garanti que cela pose dans l’univers inter actif qui caractérise le monde et qui va s’accentuant, serait la pire des réactions, des rétroactions !

    La manière dont l’Europe a été construite a été un non sens, à tous les points de vue et l’échec annoncé a éclaté avec une violence qui se manifeste comme les ondes sur l’eau, comme un tsunami : on le voit, on l’entend tous les jours.

    Comment agir vite et « in extremis » avant le collapsus du tragique chaos refondateur ?

    Avoir l’humilité de l’ignorance et de l’incompétence et aussi de l’irresponsabilité : engager tous les citoyens dans une réflexion/décision/action collective grâce justement aux technologies d’où ma proposition d’Etats Généraux des Citoyens , qui sont faciles à organiser et animer :
    10/20 sages de réflexion profonde (au sens de l’appel angoissé de Paul VI dans Populorum Progressio…à lire absolument ) élaborent une proposition à partir de 10 ou 15 thèmes sociétaux. De grands éducateurs accompagnent leurs travaux et décryptent leurs propositions pour en faire des sujets de débats nationaux internétisés et médiatisés. Une synthèse est faite du plus simple au plus complexe chaque mois et un vote national réalisé. Il a force constitutionnelle. En un peu plus d’un an un nouveau consensus est établi dont l’exemplarité gagnerait les autres nations et l’Europe qui serait à refonder dans ce contexte !.

    Sinon :
    Homo Homine Lupus est
    La raison du plus fort est toujours la meilleure (et attention à la force du nano, symboliquement de David)
    Vae Victis etc…
    Et le chaos qui préparera la transformation de force pour aboutir sans doute à une situation proche de Brave New World après un bain de sang et un vaste épouillage de la planète, à l’évidence surpeuplée et mal peuplée (hyper-concentrations) et sous-élevée!

    Pour avoir vécu la coopération et son inéluctable et désiré échec (car elle fut souvent une honte) , pour savoir la France très partie au désastre (jusqu’aux abattages de Nanterre dans les années 60 !) je pense qu’il appartient à ma patrie de donner ce coup de talon de ludion et, enfin, de témoigner des valeurs dont elle a toujours prétendu être ses fondations !

    Puissè-je être entendu ! Homme de réflexion et d’action je sais que tout est possible…il faut le vouloir et ne pas ergoter mais agir, entreprendre quoi selon la devise de Guillaume d’Orange!

    Evidemment ce texte est bien long et trop chargé mais si court en fait et je suis prêt à développer ces points qui ont fondé mon propre agir et m’ont valu (mais j’étais trop neuf sans doute) bien des difficultés. En particulier, j’ai agi en 1992 chez les Jésuites, à Chantilly…à partir d’un texte de séminaire tenu par Gabriel Marc , les enjeux de la décennies 1990 (bulletin épiscopal de janvier 1991) à l’intention des évêques de France qui devaient somnoler ce jour là….

    Gabriel Fradet 8 octobre 2005

    PS outre ce qui se passe à Ceuta et Melilla, rappelons Mayotte et la Libye entre autres… !
    Quel limes pense-t-on défendre par ces alliances défensives que l’essaie vaille que vaille de mettre en place avec des partenaires peu fiables ?
    Responsabiliser les hommes donc faire d’eux des entrepreneurs et leur offrir des horizons à construire !
    Utopie ? Une question de volonté et de courage, sans plus
    SVP ne compactez pas le texte si vous le publiez!

    gabriel frdaet
  • Guillaume AGNELET
    Le 08 Octobre 2005 à 01 h 55 min
    Vous dites :
    "[...]Il faut d'abord relativiser la nouveauté du processus de mondialisation. Je dis souvent qu'il est vieux comme le monde!
    Si l'on observe la précédente grande vague de mondialisation, celle du XIX° siècle, on lui trouve bien des points communs avec celle que nous vivons aujourd'hui: révolution des modes de transport et de communication [...]"

    Sans être millénariste, on peut considérer que la mondialisation arrive à son terme avec la vague aactuelle :
    - on peut téléphoner et télécharger en provenance et a destination des antipodes en moins d'une seconde !!!
    Je précise : "moins d'une seconde sans exagérer !!"
    - on peut voyager à deux fois la vitesse du son mais ce n'est pas "rentable"
    Je précise : "DEUX FOIS LA VITESSE DU SON !!! rendez vous compte !!"
    - on sait manipuler les atomes un par un !
    - on sait manipuler les genes un par un et les tranpsplanter d'organisme vivant en organisme vivant !
    - on s'apprete à maitriser sur la terre la source d'énergie du soleil : la fusion nucléaire !!
    - on est allé sur la lune il y a déja trente six ans !!
    - on dispose en occident de plus de chaine de télé que n'est capable d'en regarder un être humain standard (même en sélectionnant fortement les emissions selon leur interet)

    Si ces progres on décupler nos capacité d'agir sur notre environnement et d'en tirer resources et confort... nous le devons au capitalisme, c'est certain !

    Mais faites un GROS effort d'imagination ... au point ou l'humanité en est en 2005... peut on encore gagner d'un facteur dix sur nos capacité d'agir et de maitriser notre environnement ??

    - voyagera t on à 20 fois la vitesse du son ??
    - accedera ton à l'information des antipodes en 1 dixème de seconde ? et quel interêt ?
    - va t on manipuler les électrons un par un ? et quel interet ?
    - quelle source d'energie sera plus puissante que la fusion ?
    - ira t on sur mars un nour ? et quel interet ?
    - aura t on a disposition 3000 chaines de télé ? et quel interet ?

    Même avec BEAUCOUP d'imagination... force est de constater que nous sommes au bout du chemin de ce que pouvait nous apporter le capitalisme !

    "[...]Sait-on que la part du commerce et celle des investissements privés étrangers dans le PIB mondial ont retrouvé en 1995 leur niveau de ... 1913![...]"

    RIEN N'EST PAREIL ENTRE 2005 et 1913 !!
    LA COMPARAISON EST DANGEUREUSE !
    Car elle nous amène à penser que nous sommes arrieré et que nous avons à laisser faire le capitalisme pour effacer ce XXème sicle soit disant perdu pour l'economie...
    Rien n'est plus faux !!
    Il n'a pas fallut cinquante ans au capitalisme effrener pour reparer les dégats de la guerre, envahir la planète, l'éttouffer, et devenir aujoud'hui le plus gros problème de l'humanité !!!

    2005 et 1913 n'ont rien à voir !!!
    Le faire croire est dangeureux !!!

    "[...]c'est peut-être que le retour du balancier et la résurgence des nationalismes ne menacent la mondialisation et ses effets positifs: progression du commerce international, bénéfique pour la croissance mondiale; meilleure connaissance mutuelle des peuples; émergence d'une gouvernance mondiale régulant les marchés ou plus largement les relations internationales.[...]"

    Les effets positif pour l'humain ne seront que ce que les humains VOUDRONS qu'ils soient...

    Je m'explique : ou est la volonté internationale ??

    La reforme de l'ONU ??

    Un peu moins de deux cents personnes.... TOUS CHEF D'ETAT !!!!.... c'est a dire, les deux cents personnes VRAIMENT LIBRES sur cette planete... à cette assemblée de septembre 2005, ils n'ont de compte à rendre à PERSONNE, même pas à DIEU !!!... L'humanité est au bout de sa progression technologique... C'est a dire qu'IL FAUT que l'HUMANITE PRENNE CONSCIENCE D'ELLE MEME avant que surpopulation et dégradation de l'environnement ne nous ramène DE FORCE au rang d'animaux !!! ou d'esclave des machines ce qui n'est guère mieux vous en conviendrez...

    ET QUOI ??
    ...
    ...
    OU EST LA VOLONTE INTERNATIONALE ?

    Ces deux cents personnes LIBRES reunies dans une salle pour parler de l'avenir de la planete accouchent d'une souris !!!

    Il est plus que temps d'adopter un langage qui remette l'HUMAIN et son developpement harmonieux au centre du débat politique !!

    Il est plus que temps de mettre enavant les taux de croissance et autres statistiques qui cachent le mur vers lequel fonce l'humanité.

    ELLE Y FONCE !

    Car la course à la technologie est TERMINEE (Cf plus haut !!!)

    Si l'humanité ne s'occupe pas plus de son bonheur qui s'appelle "UTOPIA".

    Le terme est connu depuis longtemps mais c'est aujourd'hui qu'il est d'actualité !!

    Alors l'humanité ratera le train de la paix pour les hommes de bonnes volonté !

    Et tout continuera... pour son aisance matérielle, et son malheur interieur, et environnemental, qui debouchera forcement sur des guerres car alors, l'eau, sera rellement RARE, tout le monde voudra de l'energie, les multinationales controlerons les ressources alimentaires....etc...

    Que voyez vous d'autre, Monsieur Juppé, derriere le liberalisme/capitalisme à outrance ?
    Guillaume AGNELET
  • Fabrice Amblard
    Le 07 Octobre 2005 à 22 h 51 min
    Je me souviens d'un cours d'économie (de licence il me semble) où l'on nous définissait "l'homo economicus" comme l'individu qui était capable d'acheter la paire de chaussure de sport la plus performante du marché au meilleur prix du marché à l'instant t, le marché considéré étant bien entendu le marché mondial! et de conclure que l'homo economicus n'existé donc pas dans la réalité, puisque il faudrait pouvoir connaître l'intégralité de l'offre et des tarifs à l'instant t et procéder à l'achat avant l'instant t+1 où le progrès aura déjà bouleversé l'ensemble de la réflexion faite à l'instant t.

    Ce cours m'avait inspiré une réflexion: ce qui est nouveau, ce n'est évidemment pas la mondialisation en elle même comme vous l'avez déjà dit, mais c'est peut être bien les moyens techniques actuels qui permettent une accélération prodigieuse de cette mondialisation.

    L'accélération des échanges ou même leur rapidité (car je ne pense pas que l'on accélère aujourd'hui beaucoup les échanges électroniques et les déplacements internationaux de marchandises, la technique progressant moins rapidement qu'auparavant) devrait donc être plus la cause des peurs que ne l'ai, à tort, la mondialisation.

    Cependant, cette crainte des échanges rapides doit s'expliquer, il me semble, par la non rapidité du déplacement de progrès social, par la non harmonisation des niveaux de vie.

    En ce cas, ne peut on pas penser que le danger inhérent à la mondialisation est surtout celui de ne la réduire à n'être que le moyen d'exploiter les "niches" économiquement avantageuses au détriment de la recherche du progrès technique bénéfique aux consommateurs.

    Dans ce cas, on peut envisager qu'il soit nécessaire d'imposer aux états une harmonisation, fut elle progressive, de leur législation sociale, laquelle harmonisation pourrait être vécue comme une atteinte portée à leur souveraineté, et un risque de leur effacement progressif.

    Nonobstant ces quelques réflexions, la convergence des législations nationales vers un idéal commun ne menace pas, à mon avis, l’identité culturel, donc l’identité, des états.
    Fabrice Amblard
  • P Leclercq
    Le 07 Octobre 2005 à 21 h 22 min
    Mr le premier ministre
    Cher alain,
    Titre de votre cours est : l'Etat et la mondialisation
    Je suis d’accord que K marx a superbement decrit les embalements du systeme en essayant de lui apporter de mauvaises solutions
    Ce texte a ete rédigé par Marx et Engels en février 1848.
    KARL MARX : Le communisme a disparu, la philosophie marxiste rangée au magasin des accessoires, reste-t-il une place pour Marx économiste ? Oui, à l'évidence : dégagé de ses oripeaux, Marx est, de mon point de vue, le meilleur analyste de l'économie de marché, le théoricien le plus aigu du capitalisme, le visionnaire le plus puissant. Je ne suis pas le seul à ressentir cette vérité paradoxale.
    Le New Yorker consacrait en 1997 un numéro spécial à Karl Marx, le prochain grand penseur ». On pouvait y lire les propos d'un grand investisseur : plus je passe de temps à Wall Street, plus je pense que Marx avait raison .
    Peu suspect de sympathie pour le collectivisme, The Economist publiait, le 19 décembre 2002, un long article sur « Marx après le communisme » dont le thème était : si Marx a eu tort sur ce qui lui importait le plus - la fin du capitalisme, la lutte des classes, l'avènement du paradis socialiste -, il avait été le premier à « envisager la puissance productive du capitalisme, l'avènement des monopoles, l'importance des cycles économiques ».
    Pour qui est fasciné par le fonctionnement du capitalisme, par sa puissance créatrice et par ses immenses excès, Marx demeure le plus grand. C'est lui qui a le mieux compris la force démiurgique du système. Existet-il, de ce point de vue, un texte plus puissant que le « Manifeste du parti communiste » ?
    Extrait du texte de karl marx :
    Poussée par le besoin de débouchés toujours nouveaux, la bourgeoisie envahit le globe entier. Il lui faut s’implanter partout, exploiter partout, établir partout des relations.
    Par l’exploitation du marché mondial, la bourgeoisie donne un caractère cosmopolite à la production et à la consommation de tous les pays. Au grand désespoir des réactionnaires, elle a enlevé à l’industrie sa base nationale. Les vieilles industries nationales ont été détruites et le sont encore chaque jour. Elles sont supplantées par de nouvelles industries, dont l’adoption devient une question de vie ou de mort pour toutes les nations civilisées, industries qui n’emploient plus des matières premières indigènes, mais des matières premières venues des régions les plus lointaines, et dont les produits se consomment non seulement dans le pays même, mais dans toutes les parties du globe. À la place des anciens besoins, satisfaits par les produits nationaux, naissent des besoins nouveaux, réclamant pour leur satisfaction les produits des contrées et des climats les plus lointains. À la place de l’ancien isolement des provinces et des nations se suffisant à elles-mêmes, se développent des relations universelles, une interdépendance universelle des nations. Et ce qui est vrai de la production matérielle ne l’est pas moins des productions de l’esprit. Les œuvres intellectuelles d’une nation deviennent la propriété commune de toutes. L’étroitesse et l’exclusivisme nationaux deviennent de jour en jour plus impossibles ; et de la multiplicité des littératures nationales et locales naît une littérature universelle.
    Par le rapide perfectionnement des instruments de production et l’amélioration infinie des moyens de communication, la bourgeoisie entraîne dans le courant de la civilisation jusqu’aux nations les plus barbares. Le bon marché de ses produits est la grosse artillerie qui bat en brèche toutes les murailles de Chine et contraint à la capitulation les barbares les plus opiniâtrement hostiles aux étrangers. Sous peine de mort, elle force toutes les nations à adopter le mode bourgeois de production ; elle les force à introduire chez elles la prétendue civilisation, c’est-à-dire à devenir bourgeoises. En un mot, elle se façonne un monde à son image.
    Quel economiste visionaire ce Karl , il suffit de remplacer bourgeoisie par multinationales et c’est du top actualitees !!
    Amicalement

    P Leclercq

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé

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