Blog Notes d'Alain Juppé

Lutte contre le chômage

Publié le 10/03/2005 par Alain Juppé

Plusieurs amis me signalent un « excellent article » de Eric Le Boucher, dans Le Monde daté du 7 mars.
J’ai lu attentivement cet article, d’une grande sévérité pour tous les gouvernements, je cite : « La France a la plus mauvaise politique de l’emploi des pays développés. Le bilan pour nos hommes politiques depuis trente ans est une honte. »
Quand on regarde la situation actuelle ( un Français sur dix sans emploi), on peut difficilement rejeter ce constat.

Les critiques développées dans l’article sont souvent convaincantes: il est clair que « l’amendement Delalande » (qui a créé une taxe pour tout licenciement d’un travailleur de plus de 55 ans ) a raté son objectif et qu’il faudrait abroger d’urgence ce dispositif.

Il est vrai aussi qu’on a « dissuadé les jeunes et les vieux de travailler » et que nous avons en France « le taux d’emploi des moins de 25 ans et des plus de 55ans l’un des plus bas de l’OCDE ».

Je partage la critique qui est faite des « emplois aidés » et de « l’effet d’aubaine » qu’ils engendrent.

En ce qui concerne les baisses de cotisations sociales, j’observe que leur efficacité n’est pas contestée, même si leur coût est dénoncé.

Sur les 35H, je trouve le développement un peu court.

Après cette volée de bois vert, j’attendais avec impatience des propositions. Elles tiennent en une phrase: « les réformes du marché du travail ». Et l’auteur de conclure: « C’est le parent pauvre des politiques d’emplois en France. Or c’est là qu’il eût fallu agir ». Mais encore?
Pour être tout à fait exact, on ajoute : »(Il faudrait) moins protéger les emplois, mieux protéger les personnes ».
Cette idée m’intéresse. J’aimerais en savoir plus sur les mesures concrètes qui pourraient la traduire en actes. Vive le débat!
10/03/05

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27 commentaires pour « Lutte contre le chômage »
  • sylvie bernasconi
    Le 20 Mars 2005 à 15 h 26 min
    bonjour Mr juppe
    en ce qui concerne le chomage, je trouve la situation plutôt préocupante, j'ai entendu aux informations que le groupe michelin avait l'intention de licencier 7500 personnes dans toute l'europe alors que cette société fait des bénéfices, c'est là que je ne
    comprend pas le politique des entreprises qui se permettent de se délocaliser dans les pays où le coût salarial et les salaires sont très bas, je peux comprende que ces sociétés voient leur interêt, mais je trouve cela inadmissible. d'autre part, je trouve l'attitude du patron du medef méprisante envers les salariés dont le pouvoir d'achat baisse de plus en plus au fil des années, peut-être allez-vous me trouver, un peu naïve ou un peu simpliste, et je ne crois pas à mon idée que la participation ou l'intéressement puisse améliorer le pouvoir d'achat des français dans la durée, on demande aux français de se serrer la ceinture de plusieurs années et je me demande que font les gouvernements sans partipris et de tout bords pour enrayer ce problème.Que faut-il faire? Changer les lois sur le licenciement, faire en sorte les entreprises reste en france, quen pensez-vous ?

    cordialement.
    sylvie bernasconi
  • pénélope lechoux
    Le 17 Mars 2005 à 21 h 26 min
    On ne dissuade par les vieux comme le dit l'article de travailler et les ECARTE du monde du travail c'est plus simple ! Etre considéré comme VIEUX à compter de 50 ans est une hérésie : seuls les politiques et les patrons ont le droit de "bosser" jusqu'à point d'âge.
    SIGNE : UNE VIEILLE DE 55 ANS
    pénélope lechoux
  • Nicole junius
    Le 17 Mars 2005 à 08 h 14 min
    Bonjour, comment se fait-il que personne ne parle de la difficulté de faire un bulletin de salaire pour un petit artisan ???? c'est vraiment un parcours du combattant ! il ne faut pas se demander pourquoi il y a tout ce travail au noir ! je suis sure s'il y avait simplification des taches administratives ....il y aurait de l'embauche.
    Nicole junius
  • charles Renaut
    Le 16 Mars 2005 à 16 h 45 min
    je n'ai pas lu cet article mais je crois qu'il est urgent que les fRancais sortent de la logique:je me plains.Quand il faut trouver des solutions,peu de gens se levent,et quand ils se levent,on les rassoit a coup de greves,de contestations sociales.Les gens sont ils devenus tellement cons qu'ils ne sachent plus proposer???On attend que tout nous tombe dans le bec,et on apprend a le faire:le nombre de RMIstes a augmenté,mais est ce une réelle hausse de la pauvrete en France ou un degré de franchi dans l'art de la reclame ???
    Je voudrais donc,en rupture avec la tardition francaise de ne pas proposer,formuler une idée:les persones non qualifiés,ou peu qualifié,et si on ler fournissait(pour celle qui le desirent)des stages dans les ecteurs dits porteurs(qui deviennent obligatoires au bout d'une certaine durée de chomage).Bien entendu,il faudrait faire quelques amenagements pour cela,mais je pense que l'on peux demander a certaines categories socio-professionnelles de consacrer une partie de leur temps a former d'autres personnes.Je ne sais pas ce que ca vaux mais bon.Et votez Transfuge en 2007!!!!
    charles Renaut
  • Guillaume RABEL-SUQUET
    Le 15 Mars 2005 à 00 h 26 min
    Alain,

    Je vous communique 5 idées :

    1. Suppression de la Delande. Elle ne fait pour ainsi dire que nous pousser à analyser les pyramides des ages et les performances des personnes avant les limites imposées. Au final, un certain nombre de DRH finisse toujours par la contourner avec l'aide de certains moyens type faute grave.

    2. Suppression des delais de carence (dit du tiers temps) entre interim et CDD (ou même CDI je crois, à vérifier). Nous ne pouvons parfois pas prendre des intérimaires en CDD car nous sommes obligés d'attendre le tiers temps mais l'interimaire lui n'attend pas, il part sur une autre mission généralement!

    3. Suppression de la non possibilité de renouvellement de CDD. Nous sommes parfois obliger de se séparer de CDD que nous ne voulons pas prendre en CDI car nous ne pouvons plus les prolonger.

    4. A contrari de ces assouplissements coté entreprise, nous pourrions "remettre en selle" l'accord de rupture à l'amiable avec prise en charge assedic pendant un certain temps.

    5. Limiter à 3 contrats aidés les contrats existants : 1 pour les jeunes, 1 pour les "vieux" et 1 pour les chomeurs de longue durée. Les DRH n'y comprennent plus rien, c'est trop compliqué et il y a toujours une petite clause qui ne vous permet pas d'atteindre le dispositif.

    Voilà quelques idées très rapide tirées d'expérience de 8 ans de pratiques de terrain RH.

    Cordialement,
    Guillaume RABEL-SUQUET
  • charles Puybasset
    Le 14 Mars 2005 à 14 h 59 min
    Monsieur le PM,

    qqs réflexions sur le chomage lié à mes propres observations. J'ai 40 ans et je suis consultant.Je ne suis pas spécialement idéologue mais je suis choqué par le chomage dont on me parle depuis que j'ai 10 ans et je me dis les choses suivantes (nécessairement partialles et partielles)

    1/L'exemple anglais
    Quand j'avais 15 ans, l'Angleterre était au fond du trou. Aujourd'hui ils sont à un niveau de chomage frictionnel ! Qu'ont-ils fait ? Arrêtons de nous faire peur avec l'ultra libéralisme et les "non working poors". Vaut-il mieux être "working ou non working poor" ? Aucun des 2 certes mais s'il faut choisir.
    2/ L'assurance chomage
    Le fait qu'elles ne soient plus dégressives est un facteur puissant pour "profiter" de son assurance jusqu'au bout (23 mois max). Tout le monde le fait et c'est rationnel.
    3/ L'excès de protection du travail. Quand vous êtes entrepreneur, vous vous dites trop souvent qu'embaucher qq en CDI vous interdit de vous séparer de lui, sauf à être d'accord pour a/le licencier pour qu'il touche le chomage (licenciement de complaisance) b/ signer avec lui un accord transactionnel pour qu'il ne vous attaque pas aux prud'hommes (c'est 6 mois de salaire en moyenne au tribunal de Paris. Il faut effectivement moins protéger le travail.
    En contrepartie, il faut plus de propositios de travail (mais l'un créera l'autre).
    Il faut aussi plus de protection de la personne (Revenu minimum personnel, que vous travaillez ou pas !).

    4/ le rôle de l'ANPE et des assedic
    Je suis choqué de voir tant de jeunes dans la rue à Paris faire la manche et dans le même temps entendre qu'il y a 500 000 jobs non pourvus.
    Pourquoi ne pas demander aux fonctionnaires de l'ANPE et des assedics de sortir de leurs bureaux pour parler avec ces gens et les prendre par la main pour leur trouver des jobs - dans le BTP par exemple. Ces gens là ont besoin d'un coup de main psychologique pour les aider à sortir du trou où ils sont tombés. Au lieu de cela, dans le cadre du PARE, les assedics font semblant d'offrir un suivi personnalisé de retour à l'emploi qui ne sert à rien , sauf à remplir une fiche informatique où ils indiquent que la personne recherche toujours un job.

    Voilà mes maigres réflexions.

    Tenez bon et restez dans le débat public. Je ne sais pas si les français vous éliront mais je pense que la politique est aussi un métier de contenu et les bons en contenu ne sont pas légion !

    Respectueusement

    charles Puybasset



    charles Puybasset
  • Marc Penicaud
    Le 13 Mars 2005 à 23 h 45 min
    “Après cette volée de bois vert, j'attendais avec impatience des propositions. …J'aimerais en savoir plus sur les mesures concrètes qui pourraient la traduire en actes. Vive le débat!”

    M. Le Premier Ministre,
    Tout d’abord je tiens à vous féliciter du courage d’affronter l’areine informatique qu’est internet. Ayant lu l’article d’Eric Le Boucher paru dans Le Monde du 7 mars, c’est votre note réagissant à l’article qui m’amène à vous écrire.
    Je dois admettre que je fus agréablement surpris par le ton de cet article écrit par un journaliste du Monde. Non pas parce qu’il casse du politique, mais parce que, et une fois n’est pas coutume dans les colonnes du Monde, on s’autorise à dire et à écrire ce qu’une bonne partie de la France d’en bas autant que de nombreux experts objectifs s’évertuent à dénoncer depuis plusieurs décennies à propos du mal français et de l’incapacité des politiques, de droite comme de gauche, à aborder et traiter le problème. Rien que cela en soi est une nouvelle lueur d’espoir quand on sait à quel point Le Monde domine la presse quotidienne française et la pensée politiquement correcte en ce beau pays. Il est déjà bien qu’un journaliste d’un média plutôt d’obédience interventionniste pour ne pas dire socialiste parvienne à faire un diagnostic convergent avec ce que nombres d’experts catalogués de libéraux dénoncent depuis de nombreuses années. Commencerait-on à s’accorder sur les faits ? Probablement. Mais de là à espérer des propositions d’un journaliste m’a autant amené à sourire qu’il m’a interpelé sur le manque d’audace et de créativité des politiques français.

    Le problème dénoncé par cet article dépasse selon moi largement le cadre du seul problème de l’emploi et de mesures concrètes à proposer. Il pose en filigrane la question sur le mal français et la difficulté des politiques tous bords confondus à traiter le problème. C’est pour éviter de détourner le débat que vous proposez, tout en alimentant votre réflexion sur le champ plus général ouvert par cet article que je vous écris personnellement. Je reviendrai néanmoins sur le point de l’emploi un peu plus loin.

    En ce qui concerne l’audace et le courage des politiques, je pense que vous avez le mérite d’avoir essayé. Mais honnêtement, M. le Premier Ministre, un certain candidat s’est fait élire en 95 en clamant qu’il fallait « libérer les forces vives de la Nation »… qu’en est il resté ? Toujours plus de lois et de réglementations, toujours plus d’interventions publiques, toujours plus de taxes, toujours plus de déresponsabilisation de l’individu et toujours moins d’espoir dans la société civile. La collectivité, l’Etat s’occupe de tout, prétend tout régenter, et n’intervient, à gauche comme à droite, qu’en légiférant, en rajoutant de nouvelles variantes aux règles, ce qui rend l’ensemble toujours moins lisible et applicable, et toujours plus désespérant.

    De formation école de commerce, je fais partie des 15% de ces français qui rêvant de créer leur entreprise- ou du moins d’accéder de façon substantielle au capital- ont réussi à le faire. J’ai franchi le pas il y a 6 ans et depuis ma situation financière s’est très sensiblement effondrée, au point que depuis 2 ans j’ai quitté le pays pour saisir une opportunité outre-Atlantique où je participe à deux projets de « jeunes pousses ». Malgré cela je persiste à penser que ma réussite autant que mes vieux jours dépendent « de ce que je peux faire pour la société (et pour moi) et non de ce que le pays peut faire pour moi ». Cet expatriation, même si elle reste matériellement difficile, me permet de comparer au quotidien et sur le terrain les systèmes français et américains et de pouvoir contribuer au débat. Ni l’un ni l’autre n’est parfait et ne détient la vérité, certes, mais il est temps que la France arrête de se mentir à elle-même, qu’elle accepte d’être évaluée avec les mêmes instruments que ses « pays frères » occidentaux, qu’elle arrête de se retrancher derrière une soi-disant exception française pour fuir les réalités et bercer les Français d’illusions. Les rapports de l’Insee sont effarants de démagogie et de mauvaise foi. Prenons le temps de comparer les bilans économiques et sociaux de la France produits par l’Insee avec ceux d’agences internationales. Le contraste est saisissant ; est-il possible qu’ils parlent du même pays ?

    Que veut-on pour la France dans un monde globalisé ? L’expérience de l’histoire nous a montré ce qu’apportait l’isolationnisme : une impasse au bout du chemin. Un avenir à la hauteur de son passé ? Redevenir un pays qui encourage et accueille les talents au lieu de les former et les décourager ensuite ? Soit, mais vu la vitesse de la descente aux enfers il y a bien du travail à accomplir et bien des décisions drastiques et douloureuses à prendre. Quand se résoudra-t-on à tenir les hommes politiques comptables et responsables de leurs décisions démagogiques ? Vous connaissez l’ampleur du chantier pour vous y être attelé en 95. Encore merci d’avoir essayé.

    Cependant, pour en revenir au sujet de l’article d’Eric Le Boucher sur la politique de l’emploi et à des mesures concrètes, je pense qu’il est temps là aussi d’arrêter de nier les évidences en rêvant à des mesures miracles.

    Dans un contexte globalisé on ne peut pas lutter contre le chômage ni créer des emplois par décret. Ce que l’on peut faire, c’est d’abord et bien évidemment abroger toutes ces mauvaises bonnes idées que la technocratie a accumulé depuis 30 ans (autorisation administrative de licenciement, loi Delalande, emplois-jeunes, CDD,etc…) mais aussi infléchir le contexte en utilisant les forces naturelles de l’économie mondiale. Plus concrètement, si l’on veut avoir un chômage faible il faut créer les conditions pour que le travail devienne rare et cher. Plus les entreprises sont nombreuses à s’arracher les compétences plus le partage des profits se fait équitablement entre actionnaires et employés. C’est ce qui se passe dans tous les pays qui ont préservé ou réintroduit du libéralisme dans leur cadre économique. C’est la garantie d’une classe moyenne solide et prospère.

    Le problème, diront certains, est que de telles décisions mettraient la France à feu et à sang. La moitié du pays ne comprend pas et refuse d’admettre la réalité de ces mécanismes naturels. L’interventionnisme de l’Etat en France est une valeur tellement forte que peu d’hommes politiques n’osent l’affronter.

    Dans un pays comme la France qui par ailleurs fonctionne dans une « logique de l’honneur » (voir l’ouvrage de sociologie comparée de Philippe d’Iribarne) on peut s’étonner qu’aucun homme politique n’ait tenté de s’appuyer sur ce ressort de la société. La révolution bourgeoise a pensé régler le problème en abolissant les privilèges, en évinçant des affaires et en neutralisant la classe aristocratique qui s’étant replié sur elle-même s’était interdit tout renouveau de son élite. Le problème est que, malgré la révolution française, la société française est toujours une société de classe et que, là encore, on ne supprime pas les classes par décrets. Elles sont culturellement ancrées depuis des siècles. Il faut composer avec elles, utiliser leurs forces. On ne peut pas abroger les classes sociales dans une société qui s’appuie sur plusieurs siècles d’histoire ; on se doit par contre de maintenir la mobilité entre les classes sociales, ce que certains appellent l’ascenseur social. Comment utiliser ce ressort de la logique de l’honneur ? Une société ne peut pas fonctionner qu’avec des prolétaires et des fonctionnaires, il faut aussi des entrepreneurs pour mobiliser les énergies de la création de richesse. Pour cela il faut que le rôle de l’entrepreneur soit enfin reconnu et valorisé. Il faut promouvoir le fait que prendre des risques, créer des entreprises, et ainsi fournir de la sécurité en procurant des emplois, est « noble » et « civiquement digne » de la reconnaissance générale. Pourtant, la créativité et la volonté d’entreprendre existent bien en France, les chiffres l’attestent, mais c’est devenu un tel parcours du combattant qu’il ne faut pas s’étonner que chercheurs et entrepreneurs s’expatrient. Le taux de « mortalité infantile » des entreprises est dramatiquement élevé dans notre pays. Tous les indicateurs internationaux le montrent. A ce titre l’attitude des administrations fiscale et sociale française est irresponsable. Si l’on acceptait de partager les bonnes pratiques des pays qui réussissent, par exemple en regardant avec moins de mépris ce qui se passe aux Etats-Unis, on constaterait que les petites entreprises sont pratiquement traitées comme de véritables zones franches, que les administrations sont beaucoup moins inquisitrices et que l’entrepreneur n’est pas présumé fraudeur comme c’est trop souvent le cas en France.

    Dans l’hexagone, le fossé entre l’entreprise et la société civile reste désespérément béant. La relation d’une partie de la société française à l’argent et à la réussite économique est désastreuse. Pour de trop nombreux français les patrons sont et resteront des salauds. L’exploitation de l’homme par l’homme n’est pas liée à la position mais à l’attitude, au comportement. La compréhension des mécanismes de l’économie d’entreprise est dramatiquement basse dans notre population, chez nos journalistes et chez nos chers technocrates, quand on la compare à celle qui a cours sur le continent américain. Sans tomber dans l’excès mercantile américain, il y a un énorme travail de vulgarisation et de « dé-diabolisation » de l’économique à faire en France.

    Dans la même dynamique, il y a une « croyance limitante » bien française (voire bien jacobine) qui consiste à considérer comme acquis que seule la sphère publique est légitime à traiter des causes d’intérêt général. Il y a une profonde crise de confiance envers le privé. Si les politiques veulent légiférer sur un domaine, ce serait sur l’amélioration du cadre réglementaire des fondations et des associations d’intérêt public, en créant un référentiel administratif permettant la décentralisation et l’initiative privée. Le champ des organisations à but non lucratif est dramatiquement sous-développé en France quand on voit ce que savent faire Américains et Canadiens en la matière.

    Comme vous le voyez, le mauvais traitement du chômage par les politiques tel que dénoncé par Eric Le Boucher ne peut être cantonné, après les critiques, à de seules propositions de mesures concrètes. Il doit être remis en perspective dans le contexte sociologique et culturel français. Je n’ai fait ici que brosser ce qui me semble être les principaux freins qui empêchent la classe politique d’aborder de façon globale et en profondeur le problème de la paralysie du pays.

    Alors un tel virage à 180˚ est-il possible dans la France d’aujourd’hui ? Le pays est-il prêt à entendre un discours civiquement responsable et dépasser ses corporatismes irresponsables (pour ne pas dire coupables) ou bien doit-il encore s’enfoncer d’avantage avant d’espérer rebondir ? Les Français sont-ils ouverts à considérer les bonnes pratiques qui font la réussite des autres ? Ou bien sont-ils tous, à gauche comme à droite, indéfectiblement attachés à la sacro-sainte intervention de l’Etat ?
    Vous remerciant d'avoir ouvert ce canal de communication,
    Bien sincerement

    Marc Penicaud
  • Eric Gaudet
    Le 13 Mars 2005 à 19 h 47 min
    Monsieur le Ministre,

    La lecture de votre note et des réactions qu'elle suscite m'amène à rapprocher quelques chiffres. Il y a en France environ 2,7 millions de demandeurs d'emploi. Les aides diverses à l'emploi coûtent environ 25 Md € à la collectivité. En y ajoutant les frais induits pour gérer ce problème et répartir ces sommes (ANPE avec 23000 employés et 1000 agences pour 1,7 Md €, divers services concernés au Ministère du Travail, dans les départements et les régions,...), il y a alors suffisamment d'argent pour offrir un emploi salarié à tous ces chômeurs. Il y aurait peut-être une piste à creuser pour essayer de leur fournir l'emploi qu'ils recherchent en les rémunérant avec cet argent. Cela coûterait sensiblement aussi cher à la collectivité, mais au moins ces personnes pourraient-elles travailler. Evidemment, effet d'aubaine garanti pour les acteurs économiques qui emploieraient des salariés gratuits! Mais aussi, coup de fouet à l'économie par la production de 2,7 millions de travailleurs supplémentaires.

    Cordialement,
    Eric Gaudet
    Eric Gaudet
  • Florence Jean
    Le 13 Mars 2005 à 19 h 32 min
    Nombre de personnes se disent mecontentes a leur poste de travail pendant que d'autres recherchent en vain le poste qui les fera decoller ou simplement quand il s'agit d'un premier emploi pour un jeune diplome, le poste qui lui mettra le pied a l'etrier dans l'entreprise.
    L'entreprise et ses besoins en ressources sont au coeur du probleme de l'emploi. On repertorie toujours le nombre de personnes sans emploi ... Connait-on le nombre de postes non pourvus dans les entreprises ? .. Pour aller plus loin encore, MAL pourvus ??
    Si l'on prend soin des personnes, de leurs besoins, leurs envies, leurs perspectives de carriere ou d'evolution personnelle au sein de l'entreprise voire a l'exterieur de l'entreprise, n'est il pas alors possible d'integrer une politique plus large d'emploi pour les personnes qui sont en recherche ... soit faire se correspondre au mieux la demande et l'offre par une approche humaniste ?
    Utopie ? Naivete ? Je vois d'ici les commentaires ecrits ou non ... peut etre mais faites un essai dans votre service, votre structure, votre departement, votre entreprise, votre organisation et nous en reparlerons. Technique des petits pas et non des grandes politiques, ca marche ...
    Florence Jean
  • pat leclercq
    Le 12 Mars 2005 à 18 h 50 min
    Mr le premier ministre
    Cher alain

    Entendu ceci ce matin.
    En toute logique mathématiques, ceci est imparable et se présente bien sur comme le remède miracle …

    Et pourtant, je vois plein de raisons historiques franco francaises qui risquent de se dresser tel un dragon surgit du néant qui vont faire capoter cette mille ieme tentative de reforme. ( je tenterai ce soir de faire une photo rapide du dragon qui va surgir)


    Argent public : la chasse au gaspi.
    Vingt-quatre milliards d’euros dépensés pour l’aide à l’emploi en France et plus de dix pour cent de chômeurs ! Moins d’enfants dans l’enseignement primaire, faut-il autant de maîtres ? Les parallèles sont légion, et pas toujours pertinents. Mais il est vrai que les rigidités du budget de l’État ne facilitent ni sa compréhension, ni son contrôle. Il y a longtemps que le Parlement a baissé les bras, d’autant que l’évaluation des politiques publiques est impossible : les mesures d’insertion en faveur des jeunes sont-elles efficaces ? Questions sen-sibles pour chacun au moment ou l’on remplit sa déclaration de revenu.
    En 2001, le Parlement, à l’exception des communistes, adoptait un texte à l’appellation barbare : la LOLF (loi organique relative aux lois de finances), qui va provoquer une révolution en instaurant une culture du résultat. Pour rompre avec la culture du toujours plus, dans un pays qui est le champion de la dette publique !
    Finies les interpellations « Il faut plus de sous et plus de postes » Il faudra d’abord répondre à la question : « Pour quoi faire ? »
    La Suède, qui a déjà adopté cette approche, a fait baisser la part des dépenses dans le PIB de 10 points sans que les dépenses de santé, de recherche ou d’éducation ne soient affectées. Mais il est vrai que le nombre de fonctionnaires a beaucoup baissé, tout comme en Allemagne. D’où les inquiétudes des organisations syndicales en France.
    Argent public: La chasse au gaspi, 1121ème dossier de Rue des Entrepreneurs, de Didier Adès et Dominique D’Ambert, samedi 12 mars 2005.de 09h10 à 10h00, sur France Inter

    http://www.radiofrance.fr/chaines/france-inter01/emissions/rde/

    cordialement.
    pat leclercq
  • Jean-Marie SIMON
    Le 11 Mars 2005 à 23 h 13 min
    Le lien entre l’embonpoint régulier et incontrôlé de notre coûteux système éducatif, son efficience et la culture du pays en matière d’emploi n’échappe pas à vos débatteurs. De son côté, la Commission du débat national sur l’école de demain présidée par Claude Thélot a proposé des solutions pour « la réussite de tous les élèves ». Il semblerait que 20% d’élèves environ ne sortent pas convenablement de notre système éducatif car ils n’ont pu se dire comme Jean-Jacques Rousseau « Je vis que je réussissais, et cela me fit réussir davantage ». Ne doit –on pas en effet mettre en relation ce trop fort pourcentage avec les 10% de chômeurs en moyenne que nous déplorons tous depuis de si nombreuses années alors qu’on a élevé notre système éducatif du rang « d’Instruction publique » à celui « d’Education nationale ».

    On compterait de l’ordre de1 300 000 agents de l’Etat, formant l’entreprise qui semble être la plus volumineuse du monde, qui oeuvrent ainsi à « éduquer » les 12 000 000 de jeunes en charge de l’avenir du pays. En comptant 10% des effectifs aux tâches administratives comme le ferait une entreprise habituelle, il resterait un agent pour 10 élèves. Personne n’ignore évidemment que les classes comptent 25 élèves environ. Mais alors où sont les autres agents ?
    Un de vos débatteurs semblait avancer le nombre de 660 000 maîtres dont 32 000 sont en moyenne en attente de Servir.

    Assailli de chiffres le citoyen se met alors en quête d’un organigramme, d’ un état des effectifs, de leurs qualifications et de leurs missions. Cela existe sans doute mais c’est inaccessible et on se demande pourquoi ! Ce qui est en revanche vérifiable sur le terrain, dans le Collège que fréquentent mes enfants par exemple, c’est la présence de maîtres souvent talentueux et passionnés et toujours faisant au mieux avec la formation qu’ils ont reçue. Hélas la proximité de leurs collèges, le dévouement de l’administration locale et l’inspecteur d’académie, leur « patron » pédagogique, ne compensent pas la lourdeur d’un système qui ne semble pas capable de valoriser ses agents. A défaut d’autres savent les faire descendre dans la rue en promettant des compensations matérielles à une insatisfaction vis à vis de structures inadéquates et complètement dépassées. La délocalisation des responsabilités assortie de contrôles adéquats sur les objectifs généraux définis par l’Etat est sans doute une piste de travail pour un aboutissement dans 10 ans.

    Monsieur Thélot était réservé sur la nécessité de faire évoluer la structure de l’Education nationale, je crois qu’il était trop prévenant.
    Jean-Marie SIMON
  • Jean Dupont
    Le 11 Mars 2005 à 18 h 53 min
    Monsieur le Premier Ministre,

    Concernant cet article du Monde, je suis également resté sur ma fin.
    Cet article pointe notamment du doigt le problème que rencontrent les « Delalande » tels qu’on les surnomme dans les DRH. Ces personnes qu’il est urgent de licencier « au cas où », avant que cela ne coûte trop cher. Les « Delalande » en devenir sont donc sacrifiés sur l’autel des principes d’une saine gestion. C’est un comble !

    Certaines lois conduisent à l’exclusion et la loi Delalande est symptomatique, car elle a créé une nouvelle catégorie de « pestiférés ». On n’avait pas besoin de cela.

    Le gouvernement devrait continuer à analyser tous les verrous qui nuisent à la création d’emplois privés et à les faire sauter les uns après les autres :
    - supprimer le numerus clausus dans certains domaines (taxis, notaires, …)
    - simplifier le système des aides à la création d’entreprise (il existe aujourd’hui une multitude d’organismes, les regrouper en un seul serait une avancée phénoménale).
    - supprimer le concept du CDD et ne conserver que l’interim.


    Incitation :
    Le poids de l'administration est également considérable et nuit à la productivité globale de notre pays. Il est indispensable de mettre en place des mesures incitant les fonctionnaires à quitter le secteur public pour travailler dans le privé.
    - Consacrer l’ensemble des économies réalisées sur la diminution du nombre de fonctionnaires à la réduction des charges dans le privé.
    - Elargir au maximum le champs d’application du plan Borloo concernant les services d’aide à la personne.
    - Mieux accompagner les créateurs d’emploi.
    - Développer l’apprentissage des langues, inciter les étudiants et jeunes diplômés à partir à l’étranger.
    - Accueillir beaucoup plus d’étudiants étrangers.
    - Adapter notre système universitaire aux réalités économiques de la France (diminuer les places d’étudiants en psychologie et créer des universités du tourisme à la place par exemple)
    - Participer à tous projets permettant d’accroître le rayonnement de la France et donc son attractivité.
    - Revoir la fiscalité sur les hauts salaires, la transmission de patrimoine et l’ISF.
    - Développer à outrance les mesures fiscales incitant à augmenter les dépenses de Recherche ET de Développement.
    - Supprimer le PARE ou mieux contrôler et accompagner ses bénéficiaires.

    Et n’oublions pas que la mondialisation se traduit par une redistribution des cartes entre pays pauvres et pays riches. On ne peut que s’en réjouir. C’est un mouvement inéluctable qui entraîne le redéploiement de l’offre de travail traditionnel ailleurs.
    Essayons donc d’être novateurs, de développer les emplois non délocalisables, la recherche et la formation, plutôt que de consacrer des milliards à conserver des emplois qui finiront de toutes façons par disparaître.
    Jean Dupont
  • Daniel DUFOUR
    Le 11 Mars 2005 à 18 h 24 min
    La lutte contre le chomage,ou, plus justement, contre ses causes, ne devrait-elle pas passer, en premier lieu, par la lutte contre les sources d'improductivité. j'entends, par là, les dépenses supportées par la collectivité et qui ne générent pas de valeur ajoutée. Ces dépenses sont légion dans la fonction publique, globalement satisfaisante certes, mais dont le "prix de revient" est excessif pour notre pays. Il y a un gisement massif d'économies dans le fonctionnement de l'Administration Française, et, par voie de conséquence, d'immenses ressources qui pourraient être dégagées pour attaquer le problème du chômage par des voies différentes à celles actuellement employées et qui se caractérisent par leur inefficacité.
    Mais, tout cela préssuppose des réformes de structures qu'aucun gouvernement n'a le courage politique d'aborder, ou même d'évoquer.
    Une anecdote. J'ai entendu dernièrement une information, diffusée par une source réputée sérieuse (FR2), selon laquelle le ministère de l'Education Nationale rémunère un certains nombre de professeurs QUI NE VOIENT JAMAIS D'ELEVES. Ce nombre est de 32.000. Sur une année, les salaires versés à ces 32.000 professeurs de RIEN représentent une somme colossale qui, si rigueur il y avait, permettrait de lutter, un peu plus, un peu mieux, contre le chomage...........
    Daniel DUFOUR
  • dominique weill
    Le 11 Mars 2005 à 15 h 15 min
    les dirigeantsde notre pays ne peuvent rester indifférents au signal d'alarme donné hier par les centaines de millers de manifestant défilant dans tout le pays.
    Comment ne pas comprendre que les charges de la vie courante ( loyer ,frais généraux, impositions diverses, asssurance) ont augmenté sensiblement.
    Que l'accès au premier logement est devenu prohibitif, voire impossible à Paris, vidé de ses couches populaires.
    Beaucoup d'inégalités criantes subsistent, et c'est pourquoi l'"affaire Gaymard"choque tant de gens.
    Pourquoi, la croissante de notre pays est-elle si faible ?
    Pourquoi ne retrouve t'on pas en France actuellement une certaine joie de vivre qui est aussi un moteur de croissance, une dynamique ?
    Ces questions dépassent largement les clivages droite gauche.
    cordialement
    dominique weill
  • Jacques desitng
    Le 11 Mars 2005 à 14 h 54 min
    Monsieur Raphael si on applique votre programme ce n'est pas 1 million de manifestants que l'on aura dans la rue mais une révolution. On ne réforme pas par idéologie, tous ceux qui ont essayé de droite comme de gauche l'on appris à leurs dépens.
    Je ne crois pas que baisser les impôts est une solution car les baisses d'impôts ont toujours eu pour effet d'augmenter l'épargne sans favoriser la croissance. Tous ceux qui bénéficient des baisses d'impôts sont déjà des consommateurs de haut niveau si j'ose dire car on ne peut pas manger 4 fois par jour sous prétexte que l'on a les moyens ni porter 2 paires de chaussures.
    Donc à part le commerce de luxe c'est surtout l'épargne qui en profite.
    Aider les entreprises n'est pas non plus la solution puiqu'on le fait depuis des années sans résultats.
    Alors que faire ?
    Les regles que vous décrivez sont celles qui font la force des pays émergeants; mais voilà elle ne sont pas appliquables en France. Par contre si la France ne peut pas lutter et ne doit pas lutter sur certains secteurs comme le textil, elle a des atouts que ces pays n'ont pas du moins pas encore c'est le potentiel intellectuel. Je ne veux pas dire que les chinois ne sont pas intelligents. Je veux dire que nous devons nous positionner sur ce qui est rare et cher la matiére grise et pour cela développer la recherche pour prendre position sur le haut de gamme, le complexe; bref sur des produits ou il ne sufit pas d'avoir beaucoup de main d'oeuvre, mais de la main d'oeuvre trés qualifiée.
    Pour cela il faut développer l'enseignement et en particulier l'enseignement universitaire.
    Un autre théme qui m'est cher, c'est : réconcilier les français avec les entreprises.
    Sur ce second théme j'écoutais un soir à une émission de télévision une dame qui disait je vais créer dans ma boite des tee shits et des "pins" avec le slogan "j'aime ma boite".
    Mias voila cette dame patronne d'une société de vente par téléphone emploie des smicards avec des conditions de travail moyenageuses. Comment voulez vous que ces salariés aiment leur boite ?
    La crise que nous traversons depuis plusieurs années aura creusé un grave fossé entre les salariées et les entreprises.
    Est ce l'effet MEDEF ?
    Est ce la faute aux 35 h?

    etc... on peut trouver milles raisons.

    Jacques desitng
  • Olivier Lacroix
    Le 11 Mars 2005 à 14 h 50 min
    sur du court terme :

    -La loi que vous évoquiez(bâton) est effectivement mauvaise .
    Il faudrait que les salaires des séniors soient pris en charge en partie par "l'Etat" et ce dans le but majeur de "FORMER" ces jeunes de moins de 25 ans.
    Cela pourrait faire passer l'Etat comme trop interventionniste mais quoiqu'iil arrive la rémunération des seniors est prise en charge(pré-retraite, chomage, RMI), sans la carotte vous n'arriverez pas à rendre attractifs les seniors.
    En parallèle il faudrait instaurer un quotas de jeunes à former sur le marcher(cela serait contre-productif d'instaurer une conccurence entre des apprentis et des jeunes fraichement formés).

    -Il y a un problème de l'investissement en France, non pas que les investisseurs fuient notre pays mais le système actuel est mauvais : des holders qui récupère des retours sur investissements maximum et qui finissent par les investir dans l'immobillier (avec les conséquences que l'ont connait notamment à Paris ) ceci au lieu de réinvestir dans l'innovation ou l'accroissement de taille.

    Malheuresement, sur du court terme il n'y a pas grand chose à faire.

    Sur le long terme (VRAI POLITIQUE):

    -Mener une politique de "l'image " : J'ai récemment vu un reportage sur arte concernant Einstein, il semble que ce monsieur était une "Star" à son époque nous avons besoin d'un "einstein à la Française" qui roulerait en voiture italienne et qui vivrait dans un château au bord de la mer pour suciter l'envie.
    Cela permettrait en partie de poser les premières pierres de ce que serait "The French Dream". D'autres actions dans ce sens peuvent être menées.

    Possibilité de créer et contrôler une économie souterraine de la "science", l'économie souterraine représentait 4 point du PIB(qui nous manquent tant aujourd'hui), qui a ce qu'il y ait une économie souterraine, autant que celle-ci soit créatrice plutot que destructrice (drogue, violence etc...)

    -Politique de l'éducation :
    Ligne directrice : Arreter de privilégier la culture à la culture de l'intelligence.

    Réhabilitation des sciences fondamentales (Math Physique Chimie)

    Réhabilitation des collèges et lycées uniques( Cela veut dire plus de Henry4 ni de Louis Legrand )

    Bac sous sa forme actuelle avec un cotrôle continu NATIONAL

    Accès aux grandes écoles et aux universités uniquement sur les notes obtenues au BAC affectations automatiques

    Allocation de bourses d"études DECENTES(on ne peut qu'être moyen si l'on étudie qu'à mi-temps.

    Gestion des ressources humaines dans l'éducation nationale(quite à faire un référendum).

    -Politique de la recherche :

    Donner un maximum de moyens aux projets et non aux hommes(je me demande comment l'état Français peut continuer à soutenir Areva dans son activité principale par exemple, ne serait-ce pas une histoire d'homme ?)

    Afficher clairement ses priorités (quite à faire un référendum)(Recherche sur l'energie, la domotique, la robotique, l'environnement ,la médecine, l'espace)

    Favoriser l'accès à certaines parties de la recherche(les chercheurs n'ont malheuresement pas le monopole de l'intelligence et le fait de laisser par exemple des équations non résolues sur internet pourrait permettre à une tiers personne de résoudre le problème

    Arreter de réclamer des résultats tous les 6 mois : la résolution d'un probleme scientifique se résume à 2 actions : 99% de reflexion et 1% d'action.

    Ne pas faire l'ERREUR de déléguer la recherche au secteur privé sous pretexte que les américains SEMBLENT le faire, nous aurionstrès peu de chance de récupérer un retour sur investissement.

    Il est possible que du haut de mes 24 ans je me soit trompé sur certains points (autres que l'orthographe :)), j'espère que vous aurez le temps de me pardonner ces erreurs de jeunesse.

    Cordialement.
    Olivier Lacroix
  • Arnaud Fulbherg
    Le 11 Mars 2005 à 14 h 34 min
    "le taux d'emploi (...) des plus de 55ans l'un des plus bas de l'OCDE".

    Cela signifie que la France peut se payer le luxe d'une main d'oeuvre qualifiée et disponible et ce n'est pas le cas par exemple des états unis d'Amérique et du Japon.

    Il y a donc là de serieuses pistes à explorer !
    Arnaud Fulbherg
  • Alain Mat
    Le 11 Mars 2005 à 14 h 17 min
    6 pays d'Europe du Nord, et l'Espagne, ont réduit leur chômage de 50 % depuis 10 ans.
    Ils ont tous fait la même chose: réduire leurs dépenses publiques, et supprimer les lois prétendument sociales qui empêchent les employeurs d'embaucher.
    Pourquoi sommes-nous plus bêtes qu'eux? Parce que nous avons des dirigeants politiques trop intelligents.
    Alain Mat
  • Antoine Meunier
    Le 11 Mars 2005 à 12 h 53 min
    Bonjour Mr Juppé,

    Mesures concrètes = redonner confiance:
    la confiance en soi et dans les autres est une condition essentielle de l'employabilité. Qu'y peut la politique ?
    Elle peut donner l'exemple. Comment?
    L'Etat gère la fonction publique. C'est un chantier passionnant et gigantesque. Il faut réconcilier les français avec la France. Cela passe par :
    - rendre à la fonction publique ses lettres de noblesses
    - un fonctionnaire doit être fier de travailler pour la France au lieu de donner l'image de personnes obsédées par leurs petits avantages acquis
    - les fonctionnaires sont au service des français, le problème c'est que ça ne se voit pas, mais pas du tout !!
    Le jour où l'ensemble des français auront le sentiment de travailler ensemble pour leurs enfants, pour l'avenir, nombre de problèmes disparaîtront d'eux mêmes.
    Nous passons un temps indécent à comparer nos situations, nos avantages, à jalouser le voisin... c'est pénible et inutile.
    Alors la politique, que peut-elle?
    Mettre le chantier en route, dire la vérité, tout le monde doit travailler, c'est possible et on va donner l'exemple...
    Que lit-on aujourd'hui dans Le Monde ? 32 000 postes d'enseignants à temps plein sur un total de 665 000 seraient "sans classe ni activités pédagogiques"(*) !!! Comment voulez vous qu'on ait confiance dans l'Etat ?

    Aller Mr Alain Juppé, profitez de cette parenthèse malheureuse pour réfléchir tranquillement, loin des petites jalousies de vos congénères, et préparez-nous le chantier, les ouvriers sont déjà là ...
    (*) http://www.lemonde.fr/web/article/0,[email protected],36-401178,0.html


    Antoine Meunier, 28 ans, consultant web-marketing (emploi non-protégé!)
    Antoine Meunier
  • Jean REVIENT(pseudo)
    Le 11 Mars 2005 à 09 h 06 min
    Nombreux sont les JEUNES qui veulent monter,ou reprendre une entreprise.
    Mais que de freins,que de contraintes...
    Le courage n'est pas récompenser en FRANCE,il faut affronter l'insécurité tous les jours, demain sera comment?
    Encourageons les jeunes, à monter leur entreprises,avec un capital aide remboursable en partie style 10€ jour.
    Nombreux sont candidats,mais le risque existe,l'on peut se tromper ou faire des erreurs.Aucune garantie de prises de risques,sinon au bout endettement,car mal conseillés.
    La plupart des créations d'entreprises ont le cap de la 3ème année à franchir.
    nombres chutes,le créateur se retrouve sur le PAVE sans aucunes ressources,sans chomage,RIEN RIEN RIEN.
    Comment,encourager de la sorte les ENTREPRENANTS.
    Un minimum garantie de prises de risques, au bout de 3ans d'activité devrait être versé.
    Les créations d'entreprises sont les emplois de demain.
    Jean REVIENT(pseudo)
  • Bertrand DENIAUD
    Le 11 Mars 2005 à 09 h 00 min
    vous allez dire que mon message n'apportera pas grand chose au débat et ne fera qu'enfoncer des portes dejà très largement ouvertes !
    Cependant je suis d'accord avec vous sur l'amendement Delalande et la nécessité de le supprimer.
    Cela va dans le sens des mesures qui sont contre productives comme , il y vingt ans l'autorisation administrative de licenciement.
    On a là une nouvelle preuve des risques pour l'emploi.
    Si on veut limiter le licenciement, on limitera de façon quasi systématique l'embauche, alors que si on laisse un peu de souplesse dans un sens on en obtiendra dans l'autre.
    c'est puissant comme raisonnement !!
    ca me parait tout de meme tenir debout !
    Bertrand DENIAUD
  • Bernard Duhamel
    Le 11 Mars 2005 à 08 h 00 min
    Je ne suis pas convaincu que le libéral à outrance soit une réponse adaptée. Je crois plus dans un premier temps en une remise à niveau des systèmes aides/punitions aux entreprises.
    Pour autant, une bonne partie des mesures visant des catégories de personnes semble à moyen terme se retourner contre ceux à qui elles sont censées profiter. Il y a une certaine logique : les entreprises restent décisionnaires en matière de recrutement et sélectionnent ce qui les avantage. Bref on a raison de parler de marché du travail : les salariés sont véritablement soumis à une économie de marché qui se régule en fonction des paramètres imposés. Et les réactions à court et long terme peuvent souvent être opposées.
    Bernard Duhamel
  • T. T.
    Le 11 Mars 2005 à 02 h 10 min
    Bonsoir monsieur,

    L'article d'Eric Le Boucher auquel vous faites allusion s'inspire très largement du rapport de Pierre Cahuc et Francis Kramarz, 2004, « De la Précarité à la Mobilité : Vers une Sécurité Sociale Professionnelle ». Les réponses à vos interrogations s'y trouvent. L'objet de ce rapport est de « proposer des solutions concrètes permettant de réduire le chômage et le sous-emploi persistant en France, ainsi que d'évaluer leur conséquences économiques et budgétaires » (extrait de la lettre de mission, signée par Nicolas Sarkozy et Jean-Louis Borloo) ! Je ne peux que vous conseiller de le lire et de vous
    faire votre opinion.

    Une appréciation personnelle : toutes ces mesures, si elles devaient être mises en oeuvre, nécessitent du courage, ce dont notre « vieux » pays manque cruellement (à tous les échelons). Je ne cesse de m'interroger sur les raisons qui nous poussent systématiquement à ne (presque) rien faire ou essayer face à des crises dont nous savons avec certitude qu'elles doivent se produire (éducation, retraite, chômage, sécurité sociale,...), dont nous savons relativement bien analyser les causes et les conséquences et dont bien souvent nous entrevoyons les remèdes préventifs. Après, il est toujours possible de tourner et de retourner les problèmes dans tous les sens, mais, en dernière analyse, ce qui importe c'est d'agir. Quand on sait qu'une crise va se produire avec certitude et qu'il sera d'autant plus difficile de l'éviter qu'on attend, que faut-il faire ? Faut-il attendre et ne rien faire ou essayer quelque chose qui pourrait permettre de l'éviter ? Depuis combien de temps savons-nous en France que nous allons au devant d'une crise majeure concernant les retraites et la sécurité sociale, ou que le taux de chômage est excessivement élevé ? Ces questions ne datent pas d'hier... Évidemment, « essayer » comporte toujours un risque, celui de ne pas réussir à éviter la crise. Mais il y a une chance que le risque en vaille la chandelle. Il y a en France un consensus autour de l'inaction, relayé par les syndicats comme certains se plaisent à le répéter, mais aussi par nos hommes politiques, à droite comme à gauche, qui semblent avoir oublier que leur mission première devrait être d'agir et non pas de se chamailler (le mot est faible) pour des miettes de pouvoir, par nos entreprises également qui n'investissent pas assez et attendent la croissance comme les anciens attendaient la pluie. Il est bon d'être prudent et de savoir se montrer patient, mais parfois il faut arrêter de réfléchir et agir, quitte à se tromper. Le statu quo n'a jamais rien résolu. J'arrête d'empiler (ce qui devrait être) des banalités pour conclure. Je ne sais pas trop à quoi est du le fait que les français manquent individuellement et collectivement de « courage ». Une fixation sur un passé certes admirable sous certains aspects mais désormais lointain ? (je pensais à ça l'autre jour en suivant les manifestations lycéennes. Notre système scolaire se veut porteur d'idéaux humanistes et véhicule de valeurs citoyennes. C'est louable, mais il faudrait aussi sensibiliser les étudiants aux notions de courage, volonté,...) Je ne sais vraiment pas. Qu'en pensez vous ?

    En tant qu'homme d'influence, c'est à vous de faire changer les mentalités. En donnant l'exemple notamment. Et en évitant les slogans publicitaires certainement (suivez mon regard).

    Bien à vous.
    T. T.
  • François Xavier MARTIN
    Le 10 Mars 2005 à 23 h 27 min
    L'amendement Delalande eu le mérite de dissuader les employeurs de licencier systématiquement leurs salariés de plus de 55 ans; son effet pervers a été de faire hésiter ces mêmes employeurs à recruter des salariés à l'approche de la cinquantaine (mais pas les chômeurs de plus de 50 ans, pour lesquels l'amendement ne s'appliquait pas).
    Il aurait pu inciter les employeurs à licencier leurs salariés de 49 ans, pour éviter qu'ils entrent dans la zone de protection ... mais l'ont-ils fait ?
    De toute façon, cet amendement vient d'être profondément réformé.
    Plus généralement, je n'ai pas beaucoup apprécié l'article du Monde : un titre racoleur, une critique des gouvernants de style café du commerce, aucune proposition concrète au delà de mots assez creux.
    François Xavier MARTIN
  • Lionel Lindemann
    Le 10 Mars 2005 à 21 h 43 min
    Cher Raphaël,

    Pour la simple raison qu'en France nous sommes plus intelligents qu'ailleurs. Notre fierté nationale en prendrait un sacré coup si nous étions les derniers à faire ce que les autres ont fait il y a 25 ans.

    Au-delà de cette demi-boutade, le problème est plus complexe. Le libéralisme c'est très bien à long terme et dans une certaine mesure, mais il n'y a pas vraiment, à ma connaissance, de modèle de société totalement libérale qui fonctionne. Je pense que les partisans de plus de libéralisme en France - j'en fait partie - commettent généralement l'erreur de répondre sur un plan idéologique, alors qu'il faudrait faire des propositions pragmatiques, modèles à l'appui. Pierre Bilger cite sur son blog une très intéressante étude sur le modèle britannique, et évoque également le micro-modèle Danois. (http://www.blogbilger.com/)

    Je pense aussi que l'une des difficultés est que le modèle français ne fonctionne pas si mal. Les infrastructures sont remarquables et les services publics généralement de qualité. Le problème de la référence au thatchérisme/reaganisme est qu'il donne l'impression aux gens que l'ont va remettre tout cela en cause. Or il s'agit juste de remettre le moteur économique en route pour pouvoir continuer à se payer le luxe de nos services publics. Après le thatchérisme les anglais ont voté pour le New Labour afin qu'il améliore leurs services publics...

    Une dernière remarque, historiquo-géographique. Il est plus facile quand vous êtes sur un île ou bien tous immigrés de voir l'aspect très positif du libéralisme. Que serait l'Angleterre sans les échanges, le commerce, la navigation ? Idem pour les Etats-Unis. Ce n'est pas le cas de la France, ce vieux pays qui garde encore au fond de lui une mentalité très rurale et très catho. Mais c'est aussi un pays qui a toujours fini par s'adapter à son temps, à sa façon.
    Lionel Lindemann
  • BRIENS Isabelle
    Le 10 Mars 2005 à 17 h 56 min
    "La politique de l'emploi des gouvernements successifs est une honte"... Oui, bien sûr, les résultats ne sont pas là, c'est indéniable. Mais est-ce dû à la politique intérieure, qui nous a fourni une alternance gauche-droite régulière sans grand résultat ni d'un côté ni de l'autre, ou à d'autres causes plus structurelles et mondiales contre lesquels les gouvernements ne peuvent pas grand-chose. Alors, au moins, avec la politique d'aide, s'il y a beaucoup trop de gens qui souffrent de leur exclusion du marché du travail, au moins ne souffrent-ils pas d'indigence pendant qu'ils font tout pour se réinsérer, et finissent par y parvenir. J'en sais quelque chose. Ceux qui crient à la honte peuvent-ils en dire autant ?
    BRIENS Isabelle
  • Rafael SAMUEL-LAJEUNESSE
    Le 10 Mars 2005 à 17 h 35 min
    pourquoi aucun homme politique n'a le courage de mener une politique radicale (Reagan/Tatcher) - supprimer les emplois jeunes, baisser les charges sociales fortement,pas d'indemnite chomage au dela d'1 and et division par 2 au bout de 6 mois, baisser l'impot sur le revenu a trois tranches (10% -20% -30%) et elargir l'assiette. Un seul contrat de travail -et pas de CDD (trop d'abus)
    Couper dans le budget dans l'education nationale (30%) et indiquer aux universites que 50% de leur budget devra venir du prive - bref - faire du liberalisme - la seule chose jamais tentee en France depuis le debut du XXeme siecle - il semble que toutes les mesures sont des mesurettes a la marge quand la verite c'est qu'il y a un systeme qui ne marche plus et qui est un heritage de l'apres-guerre - le Welfare State - il y a une transformation mentale a faire - qu'en pensez-vous?
    Rafael SAMUEL-LAJEUNESSE

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé

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