Blog Notes d'Alain Juppé

Malentendu

Publié le 15/04/2005 par Alain Juppé

Après avoir écouté les jeunes interroger le Président de la République, je crois comprendre un peu mieux le malentendu qui s’est progressivement créé autour du referendum et de la constitution européenne.

Les Français, jeunes ou moins jeunes, attendent de la constitution des réponses concrètes à leurs problèmes concrets.
Exemples tirés du débat d’hier soir : avec la nouvelle constitution, est-ce qu’on pourra augmenter les salaires des policiers français, développer le tri sélectif dans la collecte des ordures ménagères de nos communes, ou progresser dans l’équivalence des diplômes (plus précisément le C.A.P.A.: certificat d’aptitude à la profession d’avocat) ?

Or la constitution ne répond pas à ces questions et ne peut pas y répondre parce qu’elle n’est pas faite pour cela.
Nous n’avons pas bien expliqué à quoi sert une constitution!
Certes, à affirmer des valeurs (dignité de la personne humaine, libertés, égalité, solidarité…) . Mais les Français ne voient là rien de nouveau; ils considèrent à tort ou à raison ces valeurs comme acquises… ou tellement générales qu’elles restent théoriques.

Le coeur de toute constitution, sa raison d’être, c’est d’organiser le fonctionnement des pouvoirs publics; c’est de prévoir qui fait la loi, qui gouverne, qui juge…
Bref de définir la règle du jeu . Comme en sport! Avant d’entrer sur le terrain, on fixe les règles. Et après on joue, et c’est parce qu’il y a des règles que le jeu peut se dérouler harmonieusement.
Or, hier soir, pas un mot sur le rôle du Conseil européen, du Conseil des ministres, de la Commission, de la Cour de Justice, de la Banque centrale…et des relations que ces institutions vont entretenir entre elles. C’est là qu’est la question, et c’est là qu’est le progrès : est-ce que cela va fonctionner plus efficacement et plus démocratiquement qu’avant, de sorte qu’à l’avenir l’Union puisse prendre de meilleures décisions sur l’emploi, la croissance, la recherche, les délocalisations, la concurrence déloyale, la politique étrangère, le crime organisé, le terrorisme, la protection de l’environnement… toutes politiques qui ne sont pas dans la constitution mais qui seront permises par la constitution ?

C’est peut-être moins ronflant que les valeurs. Mais c’est la réalité.
Il est encore temps de revoir nos ambitions à la baisse et d’expliquer que la constitution n’apporte de nouveau que ce qu’une règle du jeu peut apporter.
Si elle est adoptée, alors il faudra commencer la partie; la France devra prendre l’initiative de relancer des politiques ambitieuses, en priorité pour la croissance et l’emploi.
Si le non l’emportait, la capacité d’initiative de la France serait amoindrie , et l’Europe pâtinerait au moment même où nous avons besoin qu’elle accélère.
Il n’est pas trop tard!
15/04/05

Partager cet article

52 commentaires pour « Malentendu »
  • Bruno Bartolotta
    Le 28 Décembre 2005 à 17 h 08 min
    Je suis content de découvrir ce message plusieurs mois après l'échéance qui aura vu le non triompher.

    Vous avez raison le véritable débat portait sur quelle règle du jeu. Et à ce débat là, il faut bien avouer que personne ne s'est présenté. Nous avons été nombreux à problématiser pourtant cette constitution sous l'angle des pouvoirs créés et leur dynamique. Moi je suis d'accord avec cette constution mais de nombreux déctails dans l'équilibre des pouvoir m'ont fait rejeter ce texte.

    Les partisans du oui confrontés à cette argumentation n'ont cessé de tenir le discours que ce n'était pas la bonne problématique et seuls les insultes sont sorties pour défendre leurs arguments.
    Bruno Bartolotta
  • Olivier Bonnassies
    Le 07 Juin 2005 à 09 h 37 min
    L’outil du référendum est très mal utilisé actuellement en France, et c’est vraiment dommage.

    Le dernier référendum a de fait mélangé plusieurs questions et il est donc impossible d’y voir une réponse claire : il y avait beaucoup de raisons de voter « oui » et beaucoup de voter « non ».

    Il aurait fallu poser plusieurs questions, en prenant en compte les principaux sujets de préoccupation des français :

    - voulez-vous que le processus d’intégration de la Turquie à l’Europe continue ?
    - voulez-vous que davantage ou moins de protections contre les délocalisations ?
    - voulez-vous que le gouvernement Raffarin continue ?
    - Si l’on tient compte de vos réponses aux précédentes questions, voulez-vous que la France ratifie la Constitution européenne ?

    En posant les choses ainsi, on aurait certainement eu 80% de « non » aux trois premières questions et 80% de « oui » à la dernière et la volonté réelle du pays – qui est assez évidente - aurait pu être facilement interprétée.

    Personnellement, j’ai beaucoup hésité alors que je suis tout à fait favorable à l’Europe et j’ai finalement voté « non » à cause de cette surprenante volonté d’intégration de la Turquie à l’UE contre la volonté des peuples, à la fois parce que ça peut être un problème majeur pour nos enfants et parce que c’est une négation de l’idée de l’Europe comme puissance politique cohérente, mais j’étais évidemment très favorable à bien des avancées de la Constitution !

    La seule manière de résoudre la question serait de revoter, comme le suggère Valéry Giscard d’Estaing, mais il faudrait revoter en posant plusieurs questions différentes, pour que tout ne soit pas mélangé et que les résultats soient faciles à comprendre !

    Il faut ressusciter l’outil du référendum en lui enlevant ses ambiguités !

    Olivier Bonnassies
  • claire thiriet
    Le 24 Mai 2005 à 15 h 39 min
    Une petite réaction sur le projet de statut de volontaire associatif...

    L'initiative est louable, encore qu'inquiètante sur l'avenir du bénévolat en
    France (tout service rendu doit désormais être dédommagé !). Mais n'est-ce
    pas la porte ouverte à des abus déjà trop largement tolérés lors de la mise
    en place des emplois-jeunes (que votre groupe politique à d'ailleurs très
    largement dénoncés) ? A savoir des emplois très mal payés proposés à des
    personnes, souvent jeunes diplômées, ayant du mal à trouver du travail dans
    leur secteur d'activité... Par ailleurs tant que les employeurs pourront
    utiliser à leur grè des jeunes en stage non rémunéré ou très peu rémunéré ou
    sur des contrats aidés de ce type, le chômage des jeunes aura du mal à
    reculer, d'autant que les stages sont rarement considérés par les
    employeurs comme de l'expérience professionnelle ! Notez d'ailleurs que les
    associations et les collectivités territoriales sont les premières
    consommatrices de ces "drôles d'emplois" qui n'apportent pas grand chose à
    l'employé, si ce n'est l'amertume d'être berné et exploité par ceux-là même
    qui prétendent le défendre !

    Respectueuses salutations

    Claire THIRIET
    Floirac 33
    claire thiriet
  • samir abdelkrim
    Le 21 Mai 2005 à 20 h 43 min
    Bonjour monsieur Juppé
    Je suis jeune , je fete mes 24 ans aujourd'hui et je suis consterné de voir que ceux qui parmi les partisans du NON à la constitution prétendent aimer et représenter l'Europe ; de facto notre avenir; sont de vieux politicards (hormis besancenot et dupont-aignant) , représentants de vieux courants politiques brinquebanlants et voué à l'échec( communistes, front national) ou bien sont de vieux démagogues tel fabius ou chevènement.
    Ce qui me fascine , c'est cet orgueil bien national de prétendre tout savoir mieux que nos partenaires européens qui eux approuvent ce traité, ce mélange d'arrogance, de narcissisme faussement salvateur qui n'est qu'une illusion, de droite ou de gauche.
    La France du NON offre le triste spectacle de nos propres caricatures: imbu de nous memes, conservateurs, une petite France personnelle et arrogante , avec le culte de notre modèle "social" qui n'est plus que l'ombre de sa vocation initiale.
    Pour faire taire une bonne fois pour toutes ces bonimenteurs et pour que la France change et tourne la page de ses affreux spectres et de cet affreux spectacle , je voterai OUI!
    samir abdelkrim
  • françoise lemétais
    Le 02 Mai 2005 à 14 h 32 min
    économie florissante, taux de chômage à faire pâlir des générations de premiers ministres français... que pensez-vous de tout cela? n'y aurait-il pas profit pour la France à considérer - tout en sachant que ce qui marche là-bas ne marchera pas forcément chez nous - leur situation et à s'en inspirer ? sur quels points en particulier ? quel en serait le coût social ?
    françoise lemétais
  • François Pierre MARTIN
    Le 25 Avril 2005 à 14 h 36 min
    Bonjour,

    ne pensez vous pas que le "non" actuel des français, en cours de campagne, et selon des sondages, n'a finalement que peu de lien direct avec la question posée sur la "constitution européenne"

    Je formule l'hypothèse que les français veulent exprimer une réponse "non" a une question plus générale au sujet de la marche de l'Europe qui sous des vocales différents leur est posée à peu près tous les 10 ans seulement( Mastricht)

    êtes vous satisfait de la manière dont l'europe évolue ?
    Est-ce positif pour vous au quotidien ?
    Souhaitez vous que cela continue de la même manière ?

    Car si c'est le cas, ne soyons pas trop étonné de ce score.
    François Pierre MARTIN
  • Daniel Lambey
    Le 25 Avril 2005 à 10 h 27 min
    Cher Alain Juppé,
    Bien sûr, bien sûr ; vous avez raison... J. Chirac a essayé de le leur dire. Sans se faire entendre. Mais le sujet de l'intérêt des jeunes français n'est pas là, justement parce que le jeu en question ne les intéresse pas !!! Le sujet qui les intéresse c'est leur emploi, leur emploi ! Quand ils en auront un satisfaisant, vous arriverez peut-être à les intéresser à un autre sujet, et notamment à ce qui vous passionne vous, le grand jeu politique de la France et de l'Europe.
    Cordialement.
    D.L.
    Daniel Lambey
  • Alain Billiard
    Le 20 Avril 2005 à 21 h 39 min
    J'ai trouvé J. Chirac assez mauvais et éloigné des réalités. Même si ces jeunes, pour la plupart, n'étaient pas des citoyens avec une conscience politique très affutée et posaient des questions hors sujet, J. Ch. a eu des réponses surprenantes :
    A celle qui s'inquiétait de voir ses amis jeunes ingénieurs quitter la France pour chercher du travail à l'étranger, était-il normal de répondre avec la nonchalance qu'il a eu ?
    A ceux qui s'inquiétaient des délocalisations, il n'était pas correct d'écarter ces inquiétudes d'un revers de main en renvoyant à la période où l'Europe a accueilli l'Espagne et le Portugal. La situation n'est plus la même et la desindustrialisation de la France est préoccupante. Vous le savez bien Monsieur Juppé même si vous ne pouvez sans doute pas le dire sur votre blog.
    Tout se passe d'ailleurs comme si les élites politiques connaissaient le caractère critique de la crise française, mais faute d'une solution facile, préfèrent faire profil bas. Et voilà pourquoi nous nous enfonçons ...

    Alain BILLIARD
    Alain Billiard
  • yves moncenis
    Le 19 Avril 2005 à 22 h 23 min
    OK à 80% avec votre message. On ne peut qu'être atterré par l'émission :
    des jeunes qui avaient surement lus la constitution avant de passer à l'émission (c'est ce que l'on nous a annoncé en préambule) ne posent pourtant que des questions hors sujet, les animateurs qui , l'on pouvait le penser étaient là pour recentrer les débats si nécessaire, en rajoutent avec des questions du style "qu'est ce qui va changer concrétement pour moi dans ma vie de tous les jours?", un chirac pas trés en forme qui s'enferme dans des généralités répétées à l'envi ! Heureusement qu'une jeune femme lui a rappelé que l'entrée de l'espagne avait plus tari l'immigration espagnole que l'inverse.
    Ceci étant ne pensez vous pas que la classe politique a une grande responsabilité dans la situation actuelle:
    Il est un peu tard pour s'affoler à la veille du scrutin.
    Vend on l'europe tous les jours depuis des années? Non. Les politiques présentent l'europe comme un gros machin quand cela les arrange, valorisent leur action quand "graçe à leur intervention magistrale ils ont réussi à infléchir les technocrates de bruxelles et à obtenir une subvention".
    Croit on que les francais ne se rendent pas compte qu'avec le cumul des mandats nos politiques se préoccupent plus de leur commune, de leur conseil general de leur poste de député que de noyauter les instances européeennes (combien de directives ont été mises en place dont on se demande parfois si nos politiques ont pris le temps de se poser la question des repercussions qu'elles entrainent à moyen ou long terme ? Combien de directives en préparation avec animation d'un débat national à leur sujet (sauf quand d'aventure un journal attire l'attention sur un texte )?
    Quand arretera t on de vouloir nous faire croire que nous sommes la tête pensante de l'europe et que les autres pays attendent avec angoisse notre inspiration pour progresser. Il serait temps de valoriser l'europe en tant que telle avec toute sa diversité et sa richesse qui ne peut être pour nous qu'une source de progrés et pas seulement de dire qu'elle nous permettra de faire triompher les idées francaises dans le reste du monde.On se trompe de message, cela dévalorise l'idée européenne. Regardez Chirac l'autre soir : pour rassurer son auditoire dans certains cas il avait l'argument "rassurez vous ce point n'est pas de la compétence de l'europe mais reste au niveau national". Drôle d'argumentation pour vendre l'idée européenne. On peut concevoir que si près du vote on cherche avant tout à rassurer et à gérer le court terme. Malheureusement c'est le genre de discours que l'on entend depuis des années.
    Bref interrogez vous (le politiques pas Juppé en particulier)sur votre responsabilité.
    A mon avis le point central est le cumul des mandats qui empoisonne la vie politique francaise. Actuellement les politiques nous parlent d'europe mais leur centre de gravité est le pré carré national. Il faut que certains politiques soient des professionnels de l'europe et ne nous parle que de cela en nous faisant rêver du futur, en nous montrant qu'ils maitrisent le sujet et qu'ils influent sur l'avenir Européen et se sentent responsables des évolutions préparées et mises en oeuvre au niveau europeen. On peut rêver .
    yves moncenis
  • jacqueline jégot
    Le 19 Avril 2005 à 08 h 43 min
    je rêve de ne plus voir un journal télévisé commencer par le résultat d'un sondage
    je rêve que l'on explique aux français ce pourquoi ils vont voter,2 mn aujourd'hui sur le président, demain sur la commission etc..
    je rêve de ne plus entendre ce matraquage des sondages........
    jacqueline jégot
  • Simon K
    Le 18 Avril 2005 à 23 h 40 min
    Au dela de la difficulté de ces 83 jeunes a penser au dela de leur interêt immédiat et personnel, c'est l'incapacité a saisir la vision fondatrice de leur propre culture qui m'a estomaqué. Apparement ils ne réalisent - ni la force de ces valeurs pour diriger un projet commun dans un monde où règne une rude concurence - ni la fragilité de ces valeurs si nous ne nous les approprions pas - ce qui signifie le cas échéant de les affirmer voir de les défendre. Ceux qui nourrissent les peurs de ces jeunes esprits sont vraiment des ordures - et celles là, pas besoin de les trier, il n'y a rien a recycler... . Nous devons tous réagir tres vite, montrer que nous, partisans du Oui, avons confiance en l'avenir autant sur le plan individuel qu'au plan de cette Europe a laquel chacun appartient déjà comme citoyen - une Europe dont nous pouvons être fière - merci a Jacques Chirac d'avoir rappelé en toute simplicité l'essentiel a ce sujet.
    Simon K
  • Dominique MIRASSOU
    Le 18 Avril 2005 à 15 h 52 min
    Bonjour Monsieur Juppé.Tout à fait d'accord avec votre analyse sur ce débat télévisé, sauf que, lorsque les fédérations sportives décident de changer les règles du jeu, elles consultent des techniciens mais ne demandent pas leur avis à tous les pratiquants. La démocratie directe a ceci de fragile qu'elle fait appel à l'intelligence et à l'instruction moyennes de l'électorat. Elle requiert de chacun qu'il sorte de sa sphère d'intérêt privé, pour l'élargir à la société toute entière et qu'il délibère comme s'il était lui-même législateur. Cette expérience collective est formidable quand elle réussit à former le citoyen à la chose publique, de même qu'à disséminer et à élever le débat; elle est malheureuse quand elle se déroule dans l'apathie et l'indifférence de beaucoup, laissant à divers groupes de pression le soin d'influer sur le vote par tous les moyens. Quelle que soit l'issue du scrutin, ne sommes-nous pas en train d'assister à une parodie de démocratie?
    Cordialement.
    Dominique Mirassou
    Dominique MIRASSOU
  • Vincent PINTE
    Le 18 Avril 2005 à 11 h 22 min
    oui, ce fut très décevant.
    comment oser poser une question au président de la république sur la prochiane constitution alors que l'on ne l'a pas lu...
    Du coup, toutes les questions n'avaient finalement que peu de sens... et aucune question sur la constitution elle même : un comble !!!
    Par exemple, ne serait il pas plus plus intéressant que le role de la BCE soit de lutter contre le chomage plutôt que contre l'inflation ? ou encore, pourquoi le mot fraternité n'apparait il pas ? ou encore, pourquoi met on dans une constitution la politique économique ? ou encore, si nous votons non, que se passe t il quand le traité de Nice s'arrêtera pour nous (vers 2007 ou 2009 je crois ?) etc etc ...
    Vincent PINTE
  • Bertrand DENIAUD
    Le 18 Avril 2005 à 09 h 18 min
    je suis d'accord avec le Président quand il dit qu'il ne faut pas avoir peur. Mais pour cela il faut expliquer aux électeurs bon sang! La semaine derniere j'ai animé une réunion d'information et quand j'ai commencé à leur parler des relations commission/parlement, de l'importance grandissante de l'élection au parlement européen, du renforcement des parlements nationaux, tout le monde se demandait si je parlais de la constitution ! Jamais ils n'avaient pensé que c'était cela le traité !
    avant la réunion, j'avais demandé qu'ils remplissent des bulletins de vote pour me donner une idée.
    Après la réunion, le non avait baissé, basculant vers les indécis. C'est peu certes, mais c'est le signe que l'explication touche les électeurs. A bon entendeur...
    Bertrand DENIAUD
  • Emilie Carrère
    Le 18 Avril 2005 à 01 h 06 min
    Je pense au contraire que beaucoup de gens comprennent ce qu'est une Constitution...

    Je crois que le problème pourrait venir premièrement de ce que les gens n'ont pas suffisamment confiance dans les hommes qui sont en train de faire l'Europe aujourd'hui, contrairement à ceux qui ont commencé cet ouvrage il y a plus de 50 ans, car la politique entre temps a perdu beaucoup de crédibilité... Et de plus il n'existe pas d'homme fort, charismatique, rassembleur.

    Deuxièmement, les gens aiment avoir un contre-pouvoir pour sanctionner quelqu'un qu'ils n'aiment pas ou une politique à laquelle ils n'adhèrent pas : C'est le jeu de la démocratie, or l'Europe n'offre pas un tel rétro-contrôle dans sa constitution, principalement parce-qu'il n'est question "que d'un ministre des affaires étrangères", tout seul, ce qui n'a pas vraiment de sens, et qu'il n'existe à aucun moment de suffrage direct sur un quelconque pouvoir exécutif...

    Conclusion, les gens, qui ont le sens de la démocratie bien plus que l'on ne pourrait le croire,ressentent le mauvais coup, la perte de contrôle,une grosse peur (qu'ils ne savent pas bien expliciter), qui les amènera en toute logique à voter "NON" au référundum.

    Pourquoi ne pas l'avoir anticipé ?

    Emilie Carrère
  • Isabelle BRIENS
    Le 17 Avril 2005 à 20 h 42 min
    J'ai aussi regardé ce débat. Comme juriste, mais aussi parent d'enfants scolarisés, il y a quelques années, je m'étais étonnée de l'absence totale du "droit" dans l'éducation nationale secondaire (il faudrait l'appeler autrement, car le mot fait fuir, sauf quand il est au pluriel !) Déjà, nos jeunes, par la faute de leurs aînés, ignorent totalement en arrivant au bac ce que veut dire "se marier, divorcer, succéder, mandater", actes familiers de leur vie, alors comment voulez-vous qu'ils aient une idée concrète de ce qu'est une constitution ! Le leur expliquer un mois avant va-t-il suffire ?
    Isabelle BRIENS
  • jérôme Ripoull
    Le 17 Avril 2005 à 20 h 06 min
    Il est vrai que les inquiétudes franco-françaises rejaillissent avec une force inattendue et, semble-t-il, décisive sur l'issue du réferendum du 29 mai? Est-ce vraiment étonnant? A l'évidence non, le détournement des derniers scrutins (sanction du Gouvernement pour les régionales ou les cantonnales : j'en fis les frais, perdant les élections, à 7 voix, dans un canton des PO) constituait un message assez clair.

    A divers égards, la Constitution au lieu d'apparaître comme un socle indispensable, paraît incarné une nouvelle superstructure intellectuelle, venant rajouter de la complexité à la complexité, de l'absence de réponses concrètes à des questions précises (où va l'Europe? Quels sont les pays d'être intégrés, dans combien de temps, avec quelles conséquences...).
    au titre des autres questions qui attendent réponse, il y a bien sûr la question linguistique : comment améliorer les rapports entre européens. Je prends l'exemple des rapports entre zones transfrontalières où nous sommes au point mort, sur le seul aspect des langues, sans parler des rapports économiques.
    Ce point n'est pas abordé directement ou indirectement.

    Les délocalisations ne devaient-elles pas être abordées? Ne fallait-il pas rassurer?

    A côté des questions sans réponses, il y a les inquiétudes réelles : à la frontière du perthus 16 000 roumains refoulés vers leur pays ces 2 derniers mois. Comment explique-t-on qu'ils soient refoulés alors que dans moins de 2 ans, ils seront européens. Absurde et incompréhensible?

    Que va-t-on répondre aux agriculteurs - qui ont tant profité (abusé diraient certains) de l'Europe - qui ne connaissent pas encore les répercussions exactes de l'intégration des pays de l'Est sur leurs aides?

    En bref, pour aller au delà des peurs, il vaut mieux la phrase De Gaulle à Alger : "je vous ai compris" (peut-ête avec une pointe de cynisme et de nécessité absolue) qu'un " je ne vous comprends pas...".

    Vous évoquez une France amoindrie par le Non. Au contraire, nos politiques doivent se préparer à porter le message très clair des français au niveau européen. Mais peut-être suis-je optimiste ("un optimiste, c'est celui qui voit dans toute difficulté, une opportunité).

    Avec mes sentiments les meilleurs
    jérôme Ripoull
  • Micheline Chevalier
    Le 17 Avril 2005 à 19 h 23 min
    Oui, je suis bien d'accord avec vous,je viens de lire le texte simplifié de la constitution et en résumé on peu dire que c'est un texte qui permet de mettre de l'ordre et qui établit les règles qui fait quoi où et comment avec qui. A nous ensuite la France de nous affirmer et de défendre nos valeurs.
    Micheline Chevalier
  • Hélène FRANCHINEAU
    Le 17 Avril 2005 à 13 h 07 min
    J'ai également regardé le débat, et pour moi le sentiment qui en ressort est que les jeunes français qui ont posé les questions semblaient bien plus préoccupé par leurs problèmes quotidiens que par les enjuex et les changements que la constitution européenne va apporter !! Je me suis sentie vraiment en décalage avec eux, et pourtant je suis dans la tranche d'âge, même plus jeune qu'eux... J'aurais voulu poser des questions sur la politique étrangère de l'Europe, sur le nombre de commissaires européens et la place de la France, sur les prérogatives de l'Union par rapport aux prérogatives nationales...et non des questions sur telle ou telle catégorie professionnelle, et de plus jamais je ne me serais plainte de devoir travailler pendant mes études ( c'est courant et normal ! )...
    Par ailleurs, j'ai trouvé que les questions provenant de personnes souhaitant voter "oui" étaient trop peu nombreuses, c'est dommage.
    Le Président de la République s'en est bien tiré, selon moi, de cet exercice quelque peu inhabituel, malgré le fait qu'il ait semblé en "décalage" avec les jeunes ( référence aux nombreuses fois où il y disait que cela "l'attristait"); jeunes qui n'ont en fait, pour la plupart interrogé le président sur des points relevant de la compétence nationale...
    Un second débat serait nécessaire: plus cadré, plus pédagogique. La constitution européenne vaut bien ça !!
    Hélène FRANCHINEAU
  • Christophe LEKIEFFRE
    Le 17 Avril 2005 à 11 h 30 min
    Ces dernières semaines, j’ai pu exprimer à l’égard de la campagne pour le Oui les plus extrêmes réserves. J’ai d’ailleurs, à plusieurs reprises, publiquement fait état de mon intention de voter Non, malgré les consignes des dirigeants de ma formation politique, l'UMP. Pourtant, aujourd’hui, j’ai pris ma décision. Finalement, je voterai Oui !
    A l’heure où je vous écris, les deux derniers sondages livrés font état d’une nouvelle progression à 56%, soit le meilleur score jamais atteint, pour le Non. Ces sondages devraient me conforter dans ma position initiale, pourtant, sans renier les arguments que j’ai déjà pu exprimer, je vais changer d’avis.
    En effet, je maintiens que lorsqu’on décide d’interroger les Français par référendum, on accepte le principe qu’ils restent libres de voter Oui mais également Non, sans que leur intention de vote ne soit considérée comme « une connerie ».
    Je maintiens que cette nouvelle étape dans la construction européenne va inévitablement diminuer notre indépendance nationale (le temps où nous décidions seuls de notre destinée) au profit d’une prise de décision collégiale accentuée où chacun pèsera en fonction de son poids démographique plus que politique. Cette conséquence est d’ailleurs la logique même d’une vie en communauté démocratique, je ne vois donc pas pourquoi certains défenseurs du Oui continueraient à la nier. Mieux vaudrait l’assumer.
    Je maintiens, encore, que l’essentielle des règles que nous adopterons en votant cette Constitution sont d’essence libérale, ce qui n’est pas pour me déplaire. Aussi, je regrette que certains de nos leaders politiques, y compris d’éminents ministres de l’actuel gouvernement, s’entêtent à faire croire que cette constitution est « un rempart au libéralisme » alors qu’ils devraient expliquer, particulièrement aux Français qui sont légitimement inquiets, que la liberté est source de richesse et de prospérité.
    Enfin, je maintiens qu’il était présomptueux de baptiser Constitution ce qui aurait pu rester comme un énième traité ayant pour but d’améliorer nos règles de fonctionnement (1ère partie du projet) et de préciser nos valeurs communes (2ème partie) sans graver dans le marbre (3e et dernière partie) les traités déjà votés, qu’ils soient jugés, avec le recul, bons ou mauvais.
    Je n’oublie pas non plus qu’il eut été préférable, pour ne pas inquiéter les Français plus qu’ils ne le sont déjà, de ne pas lancer la procédure d’intégration de la Turquie sans accord préalable de nos concitoyens ou, tout le moins de leurs représentants au Parlement. La date du 29 mai pour nous faire voter étant une provocation supplémentaire en ce domaine puisqu’elle commémore la prise de Constantinople par les Ottomans.
    Beaucoup de ces réflexions provoquent suffisamment d’irritations pour susciter la tentation du Non. Pourtant, je vais passer outre, pour une seule raison : ne pas me laisser voler la signification de mon vote Non.
    Je suis élu et électeur de droite. La campagne du referendum est désormais suffisamment engagée pour que, sans présager du résultat final, nous puissions dire que le vote « Non » aura dans les médias et sur la scène internationale une couleur très rouge. Les champions du Non ne sont pas à droite, ils s’appellent Mélanchon, Bové, la CGT où Laguiller. Or, une bonne façon de dire NON à ce qu’ils prônent et représentent c’est, sans renier nos convictions, de dire Oui à la Constitution.
    Christophe LEKIEFFRE
  • Hélène FOURCADE
    Le 17 Avril 2005 à 09 h 58 min
    Monsieur le Premier Ministre, très cher Alain, j'avais attiré votre attention, la semaine dernière, sur mes apprentis dont aucun d'eux ne savait ce qu'était une constitution. Le débat de jeudi soir n'a malheureusement fait que confirmer mon impression : les Français, et en particulier les plus jeunes, IGNORENT à quoi peut bien servir une constitution.
    Comme toujours, lorsque l'Homme se trouve confronté à quelque chose dont il ignore le fonctionnement ou la nature exacte, il le rejette avec vigueur. C'est une réaction instinctive, qui fait appel aux réflexes les plus primitifs de la nature humaine. Le cerveau humain, disent les spécialistes dans une jolie métaphore, est constitué de différentes "couches". La plus profonde, la plus mystérieuse, la plus animale, la plus "ancienne", est dite "cerveau reptilien". C'est cette partie du cerveau qui, sans que nous ayons à faire l'effort de la moindre réflexion, nous pousse a retirer vivement notre main lorsque nous nous brûlons. Pour un peu, il serait imaginable que le "Non" à la constitution Européenne soit un simple réflexe de la même nature. Tout ce qui nous est inconnu nous fait peur, donc fuyons et surtout, "non", sans chercher à comprendre... Pour un peu, l'auteur de la constitution Européenne pourrait être brûlé vif en place publique par plus ignorant que lui, comme Giordano Bruno le fut sur le Campo dei Fiori à Rome, pour avoir osé affirmer que l'univers était infini.
    Fervente adepte des transports en commun, j'emprunte quotidiennement le superbe tramway dont vous avez doté Bordeaux. Il serait préférable, en ce moment, de se munir de boules quies avant d'entrer dans une rame, tant les propos que l'on peut y capter dépassent l'entendement. Le chantier du pavage de la Place de la Bourse avance trop lentement au goût d'un passager ? Celui-ci y va de son commentaire : "c'est pour cela qu'il faut voter non". Pire, il y a trois semaines environ une collègue enseignante, tout aussi adepte que moi de notre tramway a vécu une panne sur la ligne B. Qu'a-t-elle entendu ? Un usager furieux, hurler à pleins poumons "C'est pour ça qu'il faut voter NON!!!"
    Jusque là, nous ignorions que la constitution Européenne pouvait avoir le moindre effet sur la bonne santé de l'APS ou sur la vitesse d'avancement d'un chantier Bordelais...
    Voilà. Voilà pourquoi il faut, dans les prochaines semaines, déployer des trésors de pédagogie. Expliquer, expliquer sans relâche ce qu'est une constitution, à quoi cela sert, et pourquoi nous devons en adopter une, même si elle est imparfaite.
    Jeudi soir, Jacques Chirac a déclaré "Je ne comprends pas". Certains ont crû qu'il reconnaissait ainsi ne pas comprendre le pays. Je crois plutôt que le Président de la République s'étonnait tout haut de voir réunis devant lui des jeunes gens et des jeunes filles ignorants d'une chose "basique" que lui-même a probablement dû, comme vous et moi, apprendre à l'école primaire...
    Il est temps, comme vous l'avez fait, de rappeler à tous qu'une constitution est une "règle du jeu". Mais entre ceux qui préfèreraient, justement, qu'il n'y ait pas de règles en-dehors de la loi du plus fort, ceux qui, par principe refusent toute règle dans un jeu, et ceux qui pensent qu'une règle devrait s'appliquer à tous, sauf à eux, le "non" possède un vivier de voix extraordinaire.
    Vous aviez mille fois raison hier à Bordaux: il nous reste beaucoup de chemin à faire ensemble. Ne serait-ce que pour faire comprendre à tous ce qu'est la notion de bien commun au niveau Européen...
    Hélène FOURCADE
  • Christophe PINO
    Le 17 Avril 2005 à 08 h 36 min
    Je pense que vous avez bien posé le probléme, lors de ce débat il a été parlé de tout sauf de l'essentiel.
    Je pense qu'il s'agit d'une erreur de communication,la majorité des jeunes ont posé des questions qui séloignaient à mon sens du sens du débat tel qu'il devait être fait.
    Je suis d'accord avec votre anlayse et regrette que vous n'ayez pu vous aussi vous exprimer publiquement sur ce sujet, cela aurait été intéréssant.
    Bien cordialement de Bordeaux
    Christophe PINO
  • Guillaume R
    Le 17 Avril 2005 à 07 h 23 min
    Il aurait certainement été judicieux de lire, ou de faire lire, à ces jeunes la définition du mot « constitution » (Larousse, Petit Robert...auraient fait l’affaire…). Car bien entendu une constitution ne détermine pas une politique, elle l'encadre.
    Exemple : les politiques de Clinton et Bush sont radicalement opposées, sur l'économie, sur le social, sur la politique étrangère...bref sur tout. Pour autant la constitution Américaine change-t-elle à chaque nouvelle élection?? Bien sûr que non, c'est pour cela que même de dire la constitution européenne est libérale, sociale, plutôt libérale, plutôt sociale, plutôt les 2, n'a aucun de sens.
    Et cela personne ne le dit clairement….
    Guillaume R
  • Florent Machabert
    Le 16 Avril 2005 à 21 h 52 min
    Tout cela conforte les résultats auxquels est parvenue l'association Cap Sur l'Avenir que je pilote, sur les rapports entre Europe et jeunesse.
    Voici ces conclusions :

    "Partant du constat qu’il n’existe pas d’authentique identité européenne, on pourrait insister sur le fait que le Traité institue ou modifie deux nouveaux postes qui devraient permettre de mieux identifier l’Union Européenne : celui de Président de l’Union pour deux ans et demi et celui de Ministre des Affaires Etrangères. C’est par ailleurs notre jeune génération qui semble le mieux incarner l’avenir de l’Europe. C’est probablement à elle qu’incombe une partie de la responsabilité de créer un sentiment d’unité et d’identité européenne.

    Devant le quart des jeunes qui estiment que les politiques européennes sont négatives pour la France, il faudrait davantage communiquer positivement sur les avancées que l’Union permet et permettra dans l’avenir et ceci tant dans la période de campagne référendaire que plus généralement dans la vie politique et quotidienne en France.

    Il faudrait insister davantage sur les avancées sociales de la Constitution et montrer qu’elles constituent un premier pas vers la construction de l’Europe que semblent majoritairement attendre les jeunes : une Europe plus sociale et capable de se défendre de façon intégrée et autonome.

    L’Europe étant perçue comme un édifice politique plutôt coercitif, il semblerait qu’il faille expliquer davantage aux jeunes le principe de codécision régissant le fonctionnement des institutions européennes et que rien n’est imposé par exemple au Conseil Européen puisque la France y dispose d’une voix, d’autant qu’il semble que les jeunes soient sortis du schéma selon lequel seule la France exécuterait des décisions imposées par l’Europe.

    Selon les domaines :

    En terme d’éducation, les jeunes semblent attendre une préservation de leurs programmes mais un mouvement plus large d’harmonisation des diplômes.

    En terme de culture, justice, immigration et santé, les jeunes attendent que les modèles européens s’inspirent de nos systèmes nationaux.

    En terme de relations internationales et d’environnement, on s’aperçoit très bien que c’est seulement au sein de l’Union Européenne que la France pourra se faire entendre dans ces deux domaines.



    Sur la campagne du 29 mai :

    80% des jeunes manquent d’informations. 55% d’entre eux attendent beaucoup d’une bonne campagne pour se décider, d’autant que 70% des jeunes qui savent d’ores et déjà ce qu’ils vont voter penchent visiblement pour le oui.

    Les arguments qui ont le plus grand impact sur les jeunes sont les avancées du texte (projet européen plus cohérent…). Il semble donc vain de critiquer les arguments du non et plus efficace de concentrer ses efforts sur une explication claire et détaillée du texte (ne pas seulement communiquer sur les idéaux de paix et de prospérité).
    Il est a contrario plus encourageant de constater que les faux arguments (adhésion de la Turquie et sanction du gouvernement) des tenants du non influencent peu les jeunes. La mauvaise image qu’a le non auprès de la population jeune ne constitue pas pour autant un argument suffisant en faveur du texte."
    Florent Machabert
  • Hugues de Fombelle
    Le 16 Avril 2005 à 20 h 06 min
    Je partage votre sentiment de decalage.

    Votre analogie sportive est pertinente et meriterait qu'on la pousse un peu plus loin. Si les regles du jeu au football etaient du meme degre de complexite que la constitution qui est proposee, vous n'auriez pas beaucoup de joueur motive sur la pelouse.

    A mon avis ce decalage revele une incomprehension. Ce projet est "l'oeuvre" d'un laborieux processus de compromis. Cela etait necessaire pour aboutir a un resultat. Incapable de penetrer la substance du texte (+ de 50% ont leve la main pour dire qu'ils voteront non parce qu'ils ne comprenaient pas le projet constitutionnel), ces jeunes ont simplement demande qu'elle etait la nature exacte de ce projet a travers des questions pratiques.

    A ceci j'ajouterais qu'en se perpetuant a refuser d'accepter les consequences economiques d'une plus grande integration europeenne, les partisants du "oui" ne s'aident pas. Les jeunes ont interpelle plusieurs fois, a raison, Mr Chirac sur les consequences economiques de l'arrivee de nouveaux pays est-europeens. Ses reponses n'ont pas convaincu, et pour cause. L'intuition de ces jeunes leur fait dire que toutes les consequences ne sont pas enoncees.

    Quand ce sentiment s'inscrit dans un projet qu'ils ne comprennent pas, leur instinct suggere de refuser la proposition.
    Hugues de Fombelle
  • estelle tijou
    Le 16 Avril 2005 à 19 h 52 min
    Monsieur,

    La prestation plutot médiocre de jacques chirac plombe à nouveau le "oui" à la constitution
    Il est désormais clair que le chef de l'état est passé à coté de son sujet et ce pour plusieurs raisons.
    Malgré son lifting (visible sous certains angles..) , jacques chirac n'a pas su dépoussiéré son discours , ni élevé le débat.
    Empetré dans ses pense bete , incapable d'argumenter meme quand il avait raison,psalmodiant un catéchisme auquel il semblait ne pas y croire ...n'est pas mitterand qui veut!
    Face à des jeunes combatifs , chirac n'a eu pour défense ,que des interventions à la limite de l'agressivité ,des lieux communs éculés le roi était nu...
    Je pense que le point d'inflexion , celui que surveillent les alchimistes pour dire qu'une réaction devient irréversible , à eu lieu en ce moment précis.Le reste a suivi, les premieres réactions de la presse ,ces 2 ou 3 sondages , ces éditoriaux méprisants.
    J e suis pessimiste quant à l'issue du scrutin , il est urgent que de vrais débatteurs entrent en piste , quant à jacques chirac souhaitons lui une bonne retraite.
    estelle tijou
  • José Prachay
    Le 16 Avril 2005 à 19 h 17 min
    Nous étions un groupe de collègues à regarder l'émission du Président face aux jeunes et, presque unanimement, nous avons constaté que :
    - 81 sélectionnés sur 83 étaient manisfestement étaient pour le Non,
    - ce panel prouvait que notre jeunesse est affligeante par ses questions au ras des paquerettes.
    Les jeunes UMP pourraient-ils défiler dans toutes nos grandes villes pour appeler à voter OUI ?
    José Prachay
  • GERARD STAMPFLER
    Le 16 Avril 2005 à 18 h 36 min

    Monsieur le Premier Ministre,

    Les Français, jeunes ou moins jeunes, ne comprenant pas( ou ne voulant pas comprendre ..) pourquoi il faut dire OUI à la Constitution Européenne, nous allons à coup sûr vers une "victoire" du non. Je n'ai aucune illusion à ce sujet.

    Est-il impossible à Monsieur le Président de la République de rebrousser chemin et de faire voter ce texte par les gens compétents que sont les Députés et les Sénateurs ?

    La France d'en bas ,c'est bien beau , mais elle n'est pas à la hauteur..

    Merci de me lire . Veuillez agréer, Monsieur le premier Ministre, mes sentiments respectueux.
    GERARD STAMPFLER
  • Michel Datry
    Le 16 Avril 2005 à 18 h 03 min
    Le débat entre l’échantillonnage des jeunes français et du Président a démontré d’une façon manifeste la carence d’instruction civique chez nos concitoyens.
    Comment, en effet, peut-on imaginer que le oui ou le non à une constitution peut peser sur des problèmes personnels et individuels ?
    Certes, une constitution, malgré parfois les dires des uns et des autres, n’est jamais neutre. Par exemple, celle de la V ème République privilégie le régime présidentiel au détriment du régime parlementaire. Mais elle n’a jamais empêché l’alternance des gouvernements de droite et de gauche…. Mieux, elle a même permis la cohabitation des deux !
    Il est vrai que le traité constitutionnel européen ne remet pas en cause l’aspect libéral des échanges commerciaux entre les pays membres. Mais ce libéralisme était inscrit, si j’ose dire, dans les gènes mêmes de la création du marché commun.
    Aussi se déterminer par rapport à son cas personnel fait preuve d’une grande méconnaissance des rouages des institutions.
    Il faut donc faire preuve de pédagogie. Mais en six semaines le retard est-il rattrapable ?

    Michel Datry
  • armelle herve
    Le 16 Avril 2005 à 16 h 48 min
    A chaque fois qu'un politique ne veut assumer une loi ou un projet de loi, il passe cela sous le couvert de "l'obligation européenne" pour éviter de grands remous
    Mais nous qui sommes agriculteurs qui ne constatons pas de vrai politique agricole depuis de nombreuses années
    et qui sommes "acteurs" et témoins de nombreux départs plus ou moins forcés
    sommes très découragés .En résumé nous ne sommes pas certain de voter oui à la constitution
    Ce qui est dommage est que nous avons l'esprit Européen mais plus la confiance
    Si les politiques, en règle générale, parlaient franchement on se sentirait plus rassuré
    pourquoi les politiques ne se posent ils pas la question suivante :
    Pourquoi y a t il un changement gauche droite à chaque élection ??
    tout simplement car le Français est en quête de franchise
    enfin j'aimerai savoir en ce qui me concerne ce que je dois faire
    voter oui pour faire front aux usa
    ou voter non comme j'en ai très envie
    quand les politiques s'intérresseront ils à la politique agricole
    merci de me répondre
    veuillez accepter, MR juppé, mes salutations distinguées
    armelle herve
  • Joussen Jérome
    Le 16 Avril 2005 à 16 h 47 min
    Monsieur le 1e Ministre, reconnaissez quand même que pour une avocate ne pas savoir ce qu'est une Constitution, c'est grave ! Que chacun réclame ce qui lui intéresse, c'est pathétique !!! Enfin, que la moitié ose dire qu'elle n'a pas eu accès à la Constitution ou des infos dessus c'est hypocrite !!! La Constituion a été publiée par tous les journaux locaux, par des magasines, elle est disponible sur internet et des affiches publicitaires diffusent un numéro de téléphone pour acquérir la Constitution gratuitement... Mais non, c'est la faute à l'État à les écouter et encore plus aux politiques. J'ai 28 ans, je ne suis pas juriste, j'aurais pu faire partie de ces 83 jeunes adultes, j'avais des questions moi aussi et des inquiétudes à lever, mais là, je suis exaspéré, pour ne pas dire complètement déprimé (et en colère), de voir ma génération ne pas prendre la mesure de ce qui est en train de se passer (et tous les français par la même occasion). On est en train de parler d'avenir, de droits de l'homme, de droits fondamentaux pour les Européens, de paix pour les générations futures, pas de savoir si des homosexuels peuvent adopter ou une avocate faire un voyage en Europe ou si la Constitution va instituer le tri sélectif...??? C'est aberrant !!! Et bien sûr, c'est la faute aux politiques, pas aux Français qui ne font aucun effort ! Je ne sais pas, arrêtez de nous caresser dans le sens poile et mettez-nous devant nos responsabilités au lieu d'encore nous trouver des excuses ! À force de toujours nous excuser, à force de toujours nous assister, voilà où l'on en est : incapable de sortir de nos petites polémiques bien françaises. Je ne sais pas, il faut que notre pays réagisse, on ne peut pas rester recroquevillé sur nous-même. La guerre du textile c'est pas l'Europe, c'est la Chine. Les NTIC c'est les USA et le Japon. L'Agriculture c'est l'Amérique du Sud. Va-t-on longtemps se défausser sur de pathétiques excuses : nos politiques, le néolibéralisme, nos syndicats, la droite, la gauche, notre Etat à la soviétique, les riches, un débat non préparé par des spécialistes politiques et pas sur une chaîne publique... On a tous un pouvoir à travers la notion du vote, il est temps d'en prendre la pleine mesure, encore plus sur un sujet qui va déterminer notre capacité à survivre (mot volontairement choisi) face à de grands bouleversements qui nous attendent. Merci à Monsieur le Président d'avoir tenté de faire comprendre l'importance de ce choix à défaut d'avoir réussi à nous parler vraimment de ce qu'il y a dans la Constitution. Et malheureusement, je reste sur mes attentes ... Désolé, il fallait que ça sorte !
    Joussen Jérome
  • Luc Ferrari
    Le 16 Avril 2005 à 15 h 52 min
    Je suis tout à fait d'accord avec votre article qui décrit simplement en quelques lignes ce qui n'est malheureusement pas ressorti des 2 heures de débat.
    Le malentendu / contresens est énorme: la majorité des questions était extrêmement loin de la constitution ; et bien évidemment, la constitution ne va pas résoudre les problèmes intérieurs, mais juste permettre un meilleur fonctionnement politique et démocratique de l'Europe - ce qui est déjà considérable.
    Les acteurs politiques vont devoir redoubler de pédagogie, si l'on souhaite que les Français votent positivement à la réelle question posée. Il n'est pas trop tard !
    Luc Ferrari
  • rose mégard
    Le 16 Avril 2005 à 15 h 26 min
    En lisant votre article et les réactions qui ont suivies, il me semble en effet que le Président a bien su relativiser les choses, ce qu'est vraiment une constitution, etc.
    Mais il me semble qu'il était aussi porteur d'un message plus général qui était "N'ayez pas peur". Or l'important est bien là. En voyant mes compatriotes (je suis dans la tranche 18-30), je me suis trouvée profondément mal à l'aise. D'abord face à leur pessimisme, leur fatalisme. Et ensuite, face à leur individualisme. Je trouve le projet européen porteur d'un tel espoir pour la future communauté.
    Enfin, la formule de l'emission etait en fait assez maladroite puisque chacun des "jeunes" se retrouvait souvent défenseur d'une position qui correspondait à sa situation personnelle Par exemple, cette jeune fille qui s'inquiète de l'avenir de ses diplômes en Europe, alors qu'elle se trouve déjà en difficulté par rapport à cela. Elle fait évidemment le lien dans sa question, qui du coup perd de sa force. Et face à cela, le Président, dont personne de doute qu'il a une compétence sur pas mal de "dossiers" mais ne dispose évidemment pas de la connaissance universelle, qui paraît seul à décider.
    Donc en conclusion, cette intervention fut plutot mitigée pour moi. Ce qui me fait peur ce ne sont pas les textes, mais ceux qui s'apprêtent à voter (ou ne pas voter).
    rose mégard
  • Quentin Serres
    Le 16 Avril 2005 à 13 h 10 min
    Bonjour Monsieur Juppé,

    vivant à Berlin depuis deux ans, j'ai eu l'occasion de suivre les débats autour de la constitution européenne d'un point de vue moins passionné, puisque le texte n'y fait pas objet d'un référendum. Les Allemands se rendent bien compte qu'il ne s'agit pas d'un ensemble de lois, mais d'un cadre de travail pour les élus des pays membres.
    En même temps, ils se rendent compte quotidiennement de l'influence de l'Europe: la libre circulation des services a déjà cours, et de nombreuses entreprises des Länder de l'Est font appel à des travailleurs originaire de Pologne ou des pays Baltes, à salaire modique. Sans compter les nombreuses délocalisations: l'industrie automobile par exemple ne compte presque plus de centre de production sur le territoire Allemand.
    Dans ce cadre, on pourrait croire que les Allemands soient particulièrement eurosceptique. Ce qui n'est pas le cas, bien au contraire! Ils se rendent bien compte que l'ouverture à une concurrence mondiale n'est pas une alternative. Mais en formant un bloc organisé et solidaire, nous avons beaucoup plus de chances de résister et pouvoir faire valoir nos valeurs qu'en s'isolant.

    Une particularité de la France est la manière dont elle a obtenu ses progrès sociaux: par de nombreuses actions d'éclat, grèves et manifestations, bien plus fréquemment que chez ses voisins européens. Sans doute les Français ont-ils peur de perdre ce pouvoir? Mais il suffit de regarder autour de nous pour voir que ces méthodes ne sont pas les plus efficaces. L'Allemagne a été le premier pays à proposer les 35 heures (dans certaines entreprises), et cela sans aucune action violente.
    Il me semble donc qu'une politique sociale européenne est possible, même si elle fait appel à des méthodes auxquelles les Français ne sont pas habitués.

    Avant le débat de M. Chirac, j'aurais espéré que le gouvernement pourrait sauver le oui en montrant le sens du terme "unis dans la diversité"! Nous pouvons tous profiter des avantages des autres, pourvu que nous soyons à l'écoute, et conscient de l'intérêt d'institutions supranationales pour coordonner et rendre consistentes les points de vue nationaux.
    Je m'avoue déstabilisé par le manque d'impact de ces arguments et par les réactions des participants (d'autant plus que je suis moi-même dans la tranche d'âge des jeunes invités).
    Mais j'espère trouver des interprétations de la part d'autres intervenants dans votre passionnant blog!

    Cordialement,
    Quentin Serres
  • Franck Capdeville
    Le 16 Avril 2005 à 00 h 13 min
    Bonsoir . Je vous l'ai déjà écrit , je persiste et je signe : si gouverner c'est prévoir , alors Jacques Chirac doit revoir sa copie , et vite . De même qu'il n'avait pas prévu de perdre les législatives suivant la dissolution , il n'a pas compris que ce referendum était un piège qu'il se tendait à lui même . Tout comme François Hollande au sein du PS d'ailleurs .
    Dans tout referendum , il y a forcément un camp du "oui" , souvent mollasson et un peu trop persuadé de défendre la bonne cause , et un camp du "non" toujours plus virulent et acide , au sein duquel se focalisent et se cumulent les oppositions de tous bords , mues par toutes les arrières pensées.Y compris politiciennes . Car si les isoloirs étaient transparents on aurait sans doute des surprises . N'avez vous pas été élu président de la CUB malgré une majorité , sur le papier , hostile ?
    Cela étant , fallait-il opter pour un tel face à face . Il était évident que les jeunots émus seraient à côté de la plaque , les animateurs dépassés , les "spécialistes" absents .De sorte qu'il ne pouvait y avoir débat et que la tâche du président ne pouvait être menée à bien . A questions naïves , réponses alambiquées . Que ressasser d'autre que " ce n'est pas un problème de contitution " , "la constitution n'a pas pour objet de résoudre ce genre de question " ...etc...etc... De mon point de vue , Jacques Chirac , d'ailleurs à cet égard égal à lui-même , a été bon ,très bon , mais qu'allait-il faire dans cette galère ? Eh oui , gouverner c'est prévoir ... Qui peut encore sérieusement parier un kopek sur le "oui" ? Je crois bien que chez les bookmakers de Londres la côte doit s'enfler de jour en jour .
    Franck Capdeville
  • Philippe Thiébaut
    Le 15 Avril 2005 à 23 h 33 min
    CONSTITUTION:définition-" organisation politique d'un état, fixée par une loi constitutionnelle qui en détermine la forme et régle les rapports des pouvoirs législatifs , exécutif et judiciare entre eux."
    Interro écrite lundi matin.. celle ou celui qui ne le saura pas par coeur sera puni.. et devra apprendre par coeur TOUTE la Constitution Europééenne avant le 29mai.Veuillez m'excusez pour ce laisser aller mais partageant totalement votre point de vue sur la question j'avais pas grand chose à ajouter de plus sinon ça!
    Nous ne pouvions reprendre le débat sans ce preambule!Bon week end.Cordialement.
    Philippe Thiébaut
  • Pierre-Yves R
    Le 15 Avril 2005 à 23 h 20 min
    "Revoir les ambitions à la baisse" me paraît réducteur : l'Euro est aujourd'hui plus qu'une monnaie, et n'en sommes-nous pas fiers ?

    L'Europe s'est toujours construite 'à l'envers' : on met en place des solutions techniques, on se rend compte ensuite qu'elles correspondent à un véritable projet. Mais l'on n'ose parler d’une ambition à long terme, de peur de se confronter aux susceptibilités locales - également parce que celle-ci n'est pas encore complètement mûre.

    Autrement dit, les visionnaires se réfugient derrière une construction technique, faisant avancer à petit pas les populations sans qu'elles s'en rendent compte.

    Le référendum marque peut-être le point d'inflexion de cette démarche.

    Quelle est la 'vision de l'Europe' qui sous-tend la constitution qu'on nous propose ? Il serait temps d'aborder de front cette question !

    Est-ce réalisable ? Nul n'a choisi entre différents "projets pour l'Europe" en préalable à la rédaction de la constitution, car les sensibilités sont bien trop diverses. Ce texte négocié point par point n'est qu’un hybride complexe entre différentes approches.

    Acceptons la vision d’une Europe construite par compromis. Ne sous-estimons pas la fragilité de sa dynamique. L'argument le plus fort de M.Chirac est qu'il nous sera impossible de renégocier cette Constitution. C'est sûrement vrai. Avons-nous le droit de tout faire capoter ?

    Faisons plutôt confiance à ce drôle de management en ‘copropriété’, qui s’il ressemble à un serpent de mer, démontre des résultats formidables.

    La Révolution Française était l’expression d’un NON. Il nous faut aujourd’hui apprendre à construire notre avenir sur un OUI.

    Là est la difficulté : c’est plus bien plus amusant – et tellement plus Français – de vouloir tout casser !

    Je conclus donc gauloisement : l’Europe y’en-a-t-il être un sacré bazar, mais ça marche! Toi y’en-a-t-il pas voter pour ?
    Pierre-Yves R
  • Yves RICHARD
    Le 15 Avril 2005 à 23 h 05 min
    bonsoir,
    comme beaucoup de Français, et certains de nos chers blogueurs, je me suis demandé si le Président d'avait pas commis une regrettable erreur de communication en prononçant ces mots "je ne vous comprends pas" (pour un gaulliste c'est assez cocasse d'ailleurs). Pourtant, après avoir laissé passer les premières impressions, je crois bien que c'est tout le contraire. En effet, il fallait bien qu'il exprime le décalage entre le problème de la constitution et la perception qu'en ont les citoyens. Ce "je ne vous comprend pas" était un moyen de recentrer le débat, en prenant sur lui, ce qui est, de plus, courageux. Je suis certain que cela permettra aux tenants du oui de reprendre (ou de prendre) pied. Chapeau l'artiste !
    Bien à vous
    PS je trouve votre "campagne" pour le oui particulièrement bien menée, et je suis sûr qu'elle n'est pas sans effet. le mode de communication que vous employez impose d'être bref et rigoureux, et vous permet d'atteindre une grande clarté de style (c'est d'ailleurs un très bon exercice d'expression écrite). Cela me rappelle que c'est précisément sur ce même format que les "Provinciales" de Pascal ont été écrites. Vous aimez Pascal non ?
    re-bien à vous
    Yves RICHARD
  • Gilles Brossard
    Le 15 Avril 2005 à 22 h 48 min
    La constitution aurait pu apporter un peu plus de démocratie. Il serait peut-être temps de donner des gages de démocratie proposant une élection au suffrage universel du président européen, en changeant le mode des élections (par listes!)des députés européens français avant le référendum.
    Gilles Brossard
  • P Leclercq ( cannes )
    Le 15 Avril 2005 à 22 h 18 min
    Mr le premier ministre
    Cher Alain

    Pour avoir regarde ce débat hier soir, j’ai été relativement surpris par le manque d’information du panel des jeunes. Hélas, il semble bien que le marche du travail qu’ils trouvent n’est pas facile. Mais leur réflexion politique me semble un peu légère !
    On a dit a la radio, depuis des semaines, que la constitution était le statut du club de foot dans lequel les 25 jouent. C’est une règle de fonctionnement dans laquelle des politiques de gouvernements élus s’exprimeront.

    Je suis aussi étonne de certains qui ont dit que le gouvernement suivait une politique libérale. Mais pour reprendre ce qu’a dit l’excellent Michel Barnier dans un débat récent, c’est le monde entier qui a des règles de fonctionnement libéral. En France nous sommes encore actuellement dans une économie a 54 % largement encadrée et relativement sociale.

    Une politique libérale a l’EN, serait comme en Angleterre ou aux USA, d’avoir les études supérieures payantes et les étudiants obliges de s’endetter pour financer leur scolarité après le BAC.
    Il est vrai qu’un tel système ne pousserait pas a la grève des teen agers qui refusent d’étudier, et oblige a se lancer dans des études supérieures courtes et efficaces avec une forte chance de déboucher sur un travail.

    Sinon sur la formule, je l’ai trouvée excellente et ma copine qui n’accroche jamais aux débats politique a tout regarde, car au moins, les questions même décales, venaient de la France profonde. Certaines séquences essaient surprenantes ( étudiant admettant travailler au noir et le pb du cendrier de la Logan ! )
    Au moins, on n’avait plus les journalistes politologues professionnels habituels qui ne représentent plus grand chose a part le microcosme journalistique gauchisant …

    Le droit de vote a 18 ans c’est bien, mais pourquoi ne pas rétablir une instruction civique et politique des les plus petites classes.

    Allez les jeunes ! . La recréation est finie, arrêtez cette grève des études qui fait rire la presse anglosaxone qui titre : France : teen agers go on strike !!!
    Et bientôt France : les nourrissons font la grève des biberons !

    Cordialement bien sur.
    P Leclercq ( cannes )
  • mathias jalon
    Le 15 Avril 2005 à 21 h 53 min
    voilà un debat et des arguments qui pourront,eux, peut-etre me faire changer d'avis et voter oui :

    les reponses de H portelli , deputé UMP lors d'un chat du Monde :

    http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,[email protected],50-638027,0.html
    mathias jalon
  • emmanuel Richard
    Le 15 Avril 2005 à 21 h 52 min
    Bonjour,
    Après cet échange avec les jeunes, on se rend vraiment compte du décalage entre les préoccupations des jeunes et les discours des politiques pro-oui: les uns regardent le court terme, les autres le long terme.
    Alors que les partisans du non font croire à un électrochoc rapide , ceux du oui ne peuvent que dire que l'UE s'améliorera sur le long terme.
    Dur de faire passer ce type de messages auprès de français crispés sur leur vie quotidienne.
    Pourquoi ne pas organiser de grandes manifs joyeuses ds toute la France en faveur du oui ?
    emmanuel Richard
  • sun-lay Tan
    Le 15 Avril 2005 à 20 h 30 min
    Que l'on vote oui ou non l'europe se fera . Si c'est oui, ce sera avec nous. Si c'est non, ce sera sans la France et tant pis pour nous.
    Pour moi,cette constitution est bonne car elle est critiquée par les ultralibéraux et l'extème gauche. On ne peut donc pas l'accuser d'être trop libérale et trop sociale.
    sun-lay Tan
  • Edgar Menguy
    Le 15 Avril 2005 à 20 h 30 min
    Jacques Chirac et les jeunes parlent de la Constitution

    Le débat d'hier soir est jugé par certains décevant. Je l'ai trouvé très intéressant pour l'analyse de la situation qu'il a permis.

    Ce qui a été le plus instructif a été l'interrogation des jeunes sur la Constitution et l'utilisation qu'ils entendaient faire du vote. Il était frappant de constater qu'ils n'utilisaient pas les arguments des partisans du oui ou du non. Tous se sont demandés : une nouvelle Constitution pour l'Europe ? Qu'est ce que ça change pour moi ? En faisant cela, ils ont surtout exprimé le décalage important, voire l'opposition, qui s'installe dans notre pays entre vision collective et attentes individuelles. Il faut entendre ce message : Non pour le critiquer, mais pour expliquer pourquoi ces deux façons de voir les choses ne sont pas obligatoirement antagonistes.

    Ce débat a eu aussi un grand mérite. Il a montré le sens qu'il faut maintenant donner à la campagne. Expliquer ce qu'est (et ce que n'est pas) une constitution et surtout quel en sera l'impact concret direct ou indirect, immédiat ou futur.

    Inutile d'essayer de les convaincre sur l'intérêt de l'Europe ... tous se sentent Européens ou de les emmener dans un débat abstrait sur les valeurs ... Ce sont celles qu'ils partagent.

    Ils veulent du concret !

    article paru sur : http://edgarmenguy.over-blog.com/
    Edgar Menguy
  • Thierry BOUCHEZ
    Le 15 Avril 2005 à 19 h 45 min
    Monsieur,
    Il me semble que ce qui a fait naître l'incompréhension c'est la présence de la partie III (politiques de l'Union) qui va beaucoup plus loin qu'une règle du jeu au sens strict. Cela pousse à la confusion, même si cette partie III avait besoin d'une rédaction plus approfondie que dans les traités antérieurs. Et les politiques favorables au non n'ont pas tort de dire que toute partie politique n'est pas possible dans le cadre d'une règle du jeu comme celle-là. Tant mieux d'ailleurs!
    Il ne faut cependant pas négliger non plus ce besoin de réponse à des questions nées des directives votées antérieurement et des règles antérieures incomprises, d'autant plus fort que les élections européennes ont été détournées de leur enjeu (j'allais dire: comme d'habitude) et que les média ne parlent quasi jamais d'Europe.
    Est-il d'ailleurs possible de ne pas répondre à ces questions, qu'elles soient dans le sujet ou non, comme Jacques Chirac en a pris le risque hier?

    Thierry BOUCHEZ
    Thierry BOUCHEZ
  • Laurence (Nice)
    Le 15 Avril 2005 à 19 h 28 min
    Hier soir, bien évidemment, cette émission était une mauvaise idée. Nous avons eu un spectacle pitoyable et bas de gamme à l'image de la politique française. Que fallait-il faire? Avoir du souffle, de la conviction, de la hauteur de vue, emporter l'adhésion par une autorité naturelle. "Voilà où nous allons, suivez-moi, je suis et serai votre guide."
    J'aurais aimé entendre parlé du chemin parcouru, nous sommes à la veille de concrétiser le rêve entrevu au sortir de la guerre, et il en fallait alors de la hauteur de vue et de la conviction si vous vous souvenez de l'état de l'europe en 45!
    Mais, finalement, nous sommes devant une suite de mauvaises idées. Ne fallait-il pas poser deux questions distinctes dont la première aurait été : êtes-vous favorable à l'établissement d'une constitution européenne? Ne fallait-il pas passer par un traité en lie uet place d'une constitution? Au regard du manque de culture politique du "panel" représentatif (?) présent hier soir, ne fallait-il pas passer par une ratification par les deux chambres (Sénat et Assemblée Nationale)?
    Le non a l'avantage et mène l'offensive. C'est finalement logique. La droite du oui ne fait pas campagne. Le gouvernement est empêtré dans ses propres incapacités, les ministres sont occupés à critiquer leur chef et à se positionner en "premier ministrable", le chef de l'UMP mène d'autres vaines batailles. La gauche du oui a confondu référendum interne et conviction de l'ensemble des militants et sympathisants.
    Lionel Jospin et Alain Juppé manque cruellement au débat. Je relis ce blog avec plaisir, et j'y trouve une raison d'espérer. Enfin un souffle!
    Alain, dessines-moi un mouton.
    Laurence (Nice)
  • Philippe Engrand
    Le 15 Avril 2005 à 18 h 52 min
    Effectivement, le président s'est rendu compte, en prenant la température in vivo et en direct, du fossé qui sépare les préoccupations des français et les objectifs de la constitution.
    Ces préoccupations se traduisent par un malaise profond et de réelles craintes pour ne pas dire méfiance. C'est, bien sûr, la dessus que surfent avec une grande facilité les partisans du NON.
    Je pense que la cle de la campagne du OUI est d'expliquer tout ce que la constitution n'est pas, et tous les problèmes qu'elle ne concerne pas, avec le risque que cela entraine un sentiment du type : "si cela ne change rien à mes problèmes, à quoi bon ?".
    Je regrette profondément que M. Chirac a exprimé ce sentiment de surprise et d'incompréhension face aux jeunes, signe (fondé ou non fondé, peu importe) que le président est déconnecté des préoccupations des français. Je crains que ce ne soit une grave erreur de communication qui aura des conséquences possibles pour la constitution, et probables pour le futur de M. Chirac.
    La bonne nouvelle est que je pense que cela va éclaircir la campagne et donner de nouvelles lignes directrices pour l'argumentation du OUI.
    Philippe Engrand
  • Alain Lefebvre
    Le 15 Avril 2005 à 18 h 35 min
    Comment se fait-il qu'il ait fallu autant de temps,pour que l'on se décide à dire enfin ,haut et clair ,que ce projet de Constitution n'était en fait qu'une règle du jeu ,un réglement intérieur en quelque sorte destiné à garantir le fonctionnement inter Etats et de grands principes généraux ? Nos gouvernants n'étaient-ils pas capables d'expliquer depuis des mois , à l'homme de la rue, que ses préoccupations de la vie de tous les jours restaient de la compétence du Gouvernement de son pays ? Pitoyable communication ! Hier soir nous avons été les témoins d'un décalage total entre les attentes de jeunes citoyens et un Président qui semblait débarquer d'une autre planète.
    N'ayez pas peur leur disait-il ! Mais es-ce suffisant pour les rassurer ?
    Que leur propose t'on concrétement pour leur donner de l'espoir ?
    Il y a encore du boulot à faire pour inverser le courant et j'ai bien peur que cette Grande Messe n'aie fait que renforcer la peur .Amitiés de bordeaux

    Alain Lefebvre
  • Daniel DUFOUR
    Le 15 Avril 2005 à 18 h 24 min
    Monsieur JUPPE. Vous vous étonnez de ce que les Français interrogés (ou sondés) actuellement sur la Constitution Européenne pensent : salaires, temps de travail, délocalisation, subventions, privatisations, et autres tri sélectif... Bref, des détails.
    Votre étonnement me surprend.
    En réalité, il ne me surprend qu'à demi, car il est une noubvelle manifestation de ce que la haute classe politique ignore l'état dans lequel se trouve le niveau du Français moyen en matière de culture politique.
    Ce niveau n'est malheureusement pas à la mesure du choix en jeu. La majorité des Français n'ont reçu aucune information ou formation de base à la vie politique durant leur passage dans l'Education dite Nationale. Dans le climat ambiant qui prévaut depuis 30 années (je pense à mai 68) toutes notions d'éducation civique ont été bannies des programmes scolaires. Résultat : les Français ignorent ce qu'est exactement une Constitution. Ils pensent aux détails (bien réels) de la vie courante, alors qu'il s'agit, comme vous l'écrivez, d'établir des régles générales du jeu. D'ailleurs, le Président de la République lui-même a manifesté, hier soir, à plusieurs reprises sa propre surprise face au prosaïsme des questions posées.
    Notre Nation paye là l'illétrisme politique dans lequel elle a été entrainée par la défaillance (à mon avis parfaitement organisée) de notre système éducatif.
    Il faut que la campagne référendaire soit consacrée à expliquer SIMPLEMENT ce qu'est une constitution. Si cela était bien compris, je pense qu'il serait même inutile de préciser ce que contient le projet de Constitution Européenne pour que le OUI l'emporte le 29 mai, car toutes les interrogations liées aux questions quotidiennes seraient levées.
    Daniel DUFOUR
  • Michaël Bullara
    Le 15 Avril 2005 à 17 h 48 min
    Il me semble (pour l'avoir encore testé aujourd'hui...) que ce qui parle le plus aux personnes que l'on peut rencontrer et qu'il nous faut encore convaincre, c'est la seconde partie de du projet qui porte sur la Charte des droits fondamentaux. C'est finalement assez concret et surtout son inscription au coeur de la Constitution lui donne force juridique ! Valeurs et droits des citoyens européens, voilà qui parle bien... Bien cordialement à vous.
    Michaël Bullara
  • Antonin Cubertafond
    Le 15 Avril 2005 à 17 h 41 min
    J'ai eu sans vouloir me vanter exactement le même sentiment que vous en regardant ce débat. De nombreuses personnes croient que la constitution va déterminer une politique (surtout pour les opposants de gauche) et ce pour longtemps. Alors qu'en effet, il s'agit de fixer les règles du jeu.
    Et la vraie question du référendum est de savoir si la place de la France, son influence sur la politique européenne sont suffisamment préservées et assurées par le projet de Constitution. Oui ou non ? à chacun de décider....
    Antonin Cubertafond
  • Philippe Douthe
    Le 15 Avril 2005 à 17 h 25 min
    C'est bien là le problème de ce débat et de ce referendum, alors que nous devons nous prononcer pour un projet européen qui nous engage sur le futur, les préoccupations des Français (entre-aperçues par le biais des 80 jeunes interrogés qui, quoi qu'on en dise, sont assez représentatifs de la frilosité de l'ensemble des Français) se limite à leurs soucis quotidiens que cette constitution n'a pas particulièrement vocation à résoudre ... le travail de pédagogie est encore long, mais sera-t-il suffisant d'ici au 29 mai ???
    Philippe Douthe

Ajouter un commentaire

Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé
Alain Juppé 2017
5 ans pour l'emploi
inscrivez vous à la newsletter

Les derniers tweets

Sur Facebook

GALERIE INSTAGRAM

Bordeaux