Blog Notes d'Alain Juppé

Masochisme à la française

Publié le 24/06/2005 par Alain Juppé

Au Conseil européen de Bruxelles, à la fin de la semaine dernière, Tony Blair n’a pas cédé un pouce de terrain sur le chèque britannique qui « rapporte » à son pays entre 4 et 5 milliards d’euros; il rentre à Londres; la presse britannique (et française) le salue en triomphateur.

Toujours au même Conseil européen, Jacques Chirac reste inflexible sur la PAC (politique agricole commune) qui nous « rapporte » environ 9 milliards d’euros; il rentre à Paris; la presse française (et britannique) l’assassine.

Comprenne qui pourra…
24/06/05

Partager cet article

16 commentaires pour « Masochisme à la française »
  • Marie-Annick Delaunay
    Le 08 Janvier 2006 à 11 h 46 min
    Monsieur,



    L'association "Non aux mariages et paternités de papiers" est parue au J.O. le 5 juillet 2004 et j'en suis la Présidente. Nous ne recevons aucune subvention, nous ne dépendons d'aucun parti politique. Notre association se veut transversale, sans aucune considération de sexe ni d'origine, de religion ou de communauté.

    Je souhaite vous informer du contexte général dans lequel s'inscrivent les détournements de l'institution du mariage et les dévoiements de la paternité dans le but exclusif de garantir l'obtention d'une carte de résident et la naturalisation française. Ces situations concernent de plus en plus de ressortissants français –hommes, femmes, de toutes origines-, il est important de le préciser. En effet, nous recevons quotidiennement des témoignages et des appels à l'aide de la part de victimes réparties dans toutes les régions de France ; preuve est faite que notre association répond bien à une problématique en pleine recrudescence.

    Les mariages blancs ne constituent que la partie émergée de l'iceberg ; les filières d'immigration frauduleuses profitent de la législation complaisante de notre pays en matière de mariages mixtes. Les "mariages pour les papiers" se déclinent en mariages fictifs, mariages visas, escroqueries sentimentales au mariage, mariages forcés, polygamie trans-nationale (conjoints mariés successivement dans leur pays d'origine et en France grâce aux faux papiers – mon cas personnel-), mariages blancs, entraînant très souvent l'exploitation de situations de détresse psychologique et de précarité financière. Les conjoints français sont de véritables "visas vivants" dans le cadre de mariages blancs bien sûr, mais également dans le cadre de fraudes sentimentales au mariage. Ce cas est le plus fréquent et le plus méconnu car les politiques se gardent bien de dénoncer officiellement le scandale des victimes collatérales de l'immigration non contrôlée.

    Les mariages qui nous préoccupent à l'association sont ceux qui s'avèrent être particulièrement pervers dans la mesure où les conjoints français sont instrumentalisés et piégés dans des mariages-escroqueries sentimentales. Les étrangers font semblant d'être amoureux, parlent de mariage très rapidement, divorcent une fois les papiers obtenus, enfant ou pas. C'est une technique bien rôdée qui a des conséquences désastreuses pour le conjoint français : problèmes psychologiques, financiers et juridiques. Les conjoints français ont tous en commun le fait d'avoir cru que leur mariage mixte était sincère et authentique, mais ont réalisé peu de temps après la célébration du mariage que le conjoint étranger ne l'avait contracté que dans le but exclusif d'obtenir titre de séjour et naturalisation française, dévoyant ainsi la finalité de l'institution du mariage. Il est important de souligner que ce ne sont pas seulement les Français dits de souche qui en sont victimes mais également les Français issus de l'immigration ; la moitié des appels à l'aide que nous recevons à l'association provient d'hommes et de femmes de nationalité française, qui se sont mariés avec un conjoint étranger issu du pays d'origine de la famille. La volonté d'obtenir des papiers par tous les moyens n'épargne personne.

    Les détournements de loi et les manœuvres dolosives ne sont malheureusement pas réservés au seul "mariage mixte". Les "paternités pour les papiers" existent également dans notre pays et concernent de plus en plus de nos concitoyennes. Les mères qui ont donné naissance à un enfant né en France de père étranger, notamment en situation irrégulière, réalisent après la naissance de l'enfant que ce dernier n'a été conçu et voulu par le père que dans le but exclusif de régulariser sa situation personnelle et d'éviter ainsi l'expulsion. La plupart du temps, la mère ignore l'état de clandestinité du père car les faux papiers pullulent : faux passeports, fausses cartes de travail, faux bulletins de salaire, … Les mères avaient le projet d'élever l'enfant dans le cadre d'un couple durable mais se retrouvent confrontées à un "père de papiers" réclamant des droits en matière de titre de séjour sans assumer aucun de ses devoirs. Dans la majorité des cas, il ne va même pas rendre visite à la mère et à l'enfant à la maternité ; en revanche, il va bien le reconnaître à la mairie. Il suffira donc au "père de papiers" de faire semblant d'être un père pendant UN AN SEULEMENT pour arriver à ses fins. Très souvent, les mères sont sous l'emprise de la peur, de violences physiques et physiques, voire de menaces de mort, si elles osent dénoncer les faits à la préfecture, la mairie ou le Parquet. Les mères sont souvent contraintes de fuir, de changer de région, de quitter leur travail pour échapper aux menaces exercées sur elles et leurs enfants. Nous en arrivons à la situation suivante dans notre pays : des clandestins et des irréguliers sont libres de circuler, d'exiger des droits sans honorer leurs devoirs, bien conseillés par des associations, alors que des citoyennes françaises sont obligées de se cacher et de subir des situations inhumaines sans que personne ne leur vienne en aide. Sous prétexte que le père est clandestin et qu'officiellement il n'a pas de travail, il ne verse pas de pension alimentaire pour subvenir aux besoins de l'enfant et se contente de le voir uniquement au gré de ses nécessités administratives. Pourtant, bien souvent, il travaille "au noir" et ne manque pas de finances. Les mères qui se retrouvent confrontées à cette situation ont des difficultés à faire face dans la mesure où elles sont isolées, ont honte de ce qui leur arrive et sont trahies de la pire manière qui soit. Comment une mère pourra-t-elle expliquer à son enfant-instrument les circonstances de sa naissance ? Quelle est la Convention des Droits de l'enfant qui protège les enfants nés dans ce contexte ?

    L'immigration est un sujet tabou dans notre pays depuis trois décennies et cette absence d'information et de pragmatisme conduit à des drames inhumains parmi nos concitoyens, drames qui ne font jamais la "Une" des médias. Nous constatons tous les jours le décalage de l'information entre certains étrangers, bien au fait de toutes les lois de notre pays, et les ressortissants français, sous-informés, muselés par le politiquement correct et la dictature intellectuelle, abusés par leur angélisme et leur crédulité.

    Quel est le contexte légal dans lequel s'inscrit ce fait de société ? La loi RESEDA du 11 mai 1998 du gouvernement Jospin a ouvert un boulevard au mariage mixte et à la paternité puisqu'il y a eu, en cinq ans, une augmentation de 470 % des titres de séjour suite à des mariages mixtes, selon les chiffres officiels du Ministère de l'Intérieur. Les détournements de la loi, les filières d'immigration frauduleuse, utilisant le mariage et la paternité, connaissent une explosion sans précédent. Il est bien évident que nous ne généralisons pas et que nous ne mettons pas tous les mariages mixtes dans le même panier. Les mariages authentiques existent, mais force est de constater que depuis la loi RESEDA les mariages frauduleux ont explosé puisque ce type de mariage regroupe tous les avantages pour le conjoint étranger ; il est gratuit, contrairement au mariage blanc, et le conjoint français, loin d'être complice du conjoint étranger, fait de bonne foi le maximum pour qu'il obtienne ses papiers dans les meilleurs délais. Ce petit jeu dure juste le temps nécessaire à l'obtention de la carte de résident puis de la naturalisation. Lorsque le temps du divorce arrive et que le conjoint français floué demande l'annulation du mariage à son avocat, celui-ci rétorque que la charge de la preuve revient au conjoint qui en fait la demande, qu'elle est difficile à prouver, que la procédure est longue et complexe et que le plus simple est de demander le divorce. Ce qui bien évidemment, n'entraîne pas le retrait du titre de séjour et de la naturalisation au conjoint étranger manipulateur, ni la reconnaissance officielle de la fraude. Les très rares cas d'annulations de mariage ayant aboutis sont le fait de conjoints français extrêmement déterminés à se battre jusqu'au bout et parfois pendant des années. Nous recevons beaucoup de témoignages dans lesquels, non seulement le conjoint français n'a pu obtenir l'annulation de son mariage, mais il a, bien au contraire, été condamné à rembourser les frais d'avocats de l'ex-mari et à verser des dommages et intérêts. Il est clair que les conjoints français sont victimes de double peine puisque la justice française s'exerce en faveur des manipulateurs et des fraudeurs et ne reconnaît pas la bonne foi et l'instrumentalisation du conjoint sincère.

    La loi MISEFEN du 26 novembre 2003 du gouvernement Raffarin n'a pas inversé la tendance puisque cette loi s'est contentée de rallonger le délai d'obtention de la naturalisation par voie de mariage de un à deux ans ; durée bien en deçà de celle qui existe dans tous les autres pays de l'UE, au minimum de trois ans. Les dispositions de la loi MISEFEN du 26 novembre 2003 du gouvernement Raffarin ne concernent que le mariage blanc ou la filière organisée de mariages blancs, en aucun cas l'escroquerie sentimentale au mariage et à la paternité. Il faut regarder par delà nos frontières pour tenter de trouver une solution à ce grave problème, ou tout au moins, limiter les fraudes et dissuader les manipulateurs de poursuivre leurs manœuvres dolosives. La loi du 26 novembre 2003 aurait dû s'aligner sur la politique d'immigration des autres pays de l'UE : au minimum, une vie commune de trois ans avant d'obtenir la carte de résident et un délai de cinq années (le droit commun) pour la naturalisation (exemples de l'Italie, l'Espagne, le Portugal). Pour limiter les mariages forcés, le Danemark n'accepte sur son territoire que des conjoints étrangers de plus de 24 ans. Les Pays-Bas exigent une caution du futur conjoint étranger, caution qui servira en cas de divorce rapide après l'obtention du titre de séjour à le reconduire dans son pays d'origine. La France est le ventre mou de l'UE dans le domaine du mariage mixte et de la paternité. Nos lois sont complaisantes, laxistes, certains étrangers le savent et agissent en conséquence. Les mariages blancs, les escroqueries sentimentales au mariage et à la paternité, la polygamie, les mariages forcés, toutes ces filières d'immigration seraient fortement limitées si le gouvernement faisait voter des lois fermes, à l'instar des autres pays de l'UE, et les faisait appliquer avec non moins de fermeté. Les gouvernements se succèdent, les lois s'empilent les unes sur les autres mais elles continuent à favoriser les fraudeurs qui bénéficient de la prime au mariage et au divorce : la carte de résident et la naturalisation. Les lois en vigueur, non seulement ne protègent pas les citoyens de notre pays, mais vont même clairement à l'encontre des intérêts des conjoints français sincères et honnêtes.

    Monsieur Sarkozy, alors Ministre de l'Intérieur en 2003, a prononcé ces paroles lors des réunions préparatoires à la loi MISEFEN du 26 novembre 2003 : "Si le séjour est irrégulier, c'est que l'étranger est en France depuis une durée trop brève pour que l'on puisse considérer qu'il y a établi l'essentiel de ses liens privés et familiaux". Les gouvernements comptent sur la régularisation "au fil de l'eau" pour résorber le flot ininterrompu de l'immigration irrégulière. Si les gouvernements laissent entrer des centaines de milliers de clandestins et d'irréguliers (restés sur le territoire à l'issue de l'expiration de leur visa) depuis de nombreuses années, cela signifie que l'État français est responsable des drames qui en découlent. L'État français créé le problème en amont et se doit de le résoudre sans faire payer le prix de ses carences à nos concitoyens. L'immigration incontrôlée a un coût financier qui est publié dans le rapport du Premier ministre de mai 2005. À quand une estimation du coût humain, des dégâts collatéraux générés par ce laissez-faire ? Tout porte à croire que les gouvernements successifs se déchargent de leurs responsabilités et ferment les yeux sur les drames qui se jouent. Les gouvernants doivent régler les problèmes à leur niveau de responsabilité, politique, juridique, international, et non au niveau de la population. Que peuvent penser les étrangers qui attendent des années pour obtenir la naturalisation française et qui constatent tous les jours que des fraudeurs l'obtiennent par simple déclaration, par voie de mariage et de paternité ?

    Toutes les victimes tiennent le même discours. Les associations qu'elles ont contactées telles que le Mrap, Sos Racisme, Le CIDF, les associations féministes …, les rejettent et prennent systématiquement partie pour les étrangers, quoiqu'ils fassent, au motif que "Les pauvres, ils sont obligés de faire cela parce qu'ils n'obtiennent pas de visas". J'ai moi-même interrogé beaucoup d'associations à Rennes( où j'habite) et Paris, la plupart des partis politiques de gauche, d'extrême-gauche et j'ai entendu ce type de réponse formatée des dizaines de fois. La question est la suivante : pour obtenir des titres de séjour, doit-on nécessairement créer des victimes ? Doit-on désintégrer femmes, hommes, prendre des enfants en otage pour s'intégrer en France ? Doit-on fragiliser encore plus des personnes déjà fragilisées par la précarité financière, les problèmes psychologiques, le handicap parfois ? Les faits divers concernant des filières de mariages blancs en Vendée, à Clermont-Ferrand, à Paris, montrent bien que les entremetteurs se servent en priorité des jeunes filles en grande difficulté, des femmes handicapées ou seules pour élever leurs enfants, généralement en contrepartie de sommes dérisoires (100 euros pour la filière vendéenne par exemple). Qui protège-t-on dans ce pays ? Il est navrant de constater que les associations pré-citées ont des compassions sélectives, des défenses sélectives et des manifestations sélectives.

    Les étrangers eux-mêmes disent ouvertement qu'ils se marient en priorité dans des mairies socialistes, communistes, car, disent-ils : "Ils ne sont pas regardants sur les papiers des conjoints étrangers". Hélas pour les conjoints français qui se marient de bonne foi et qui pensent faire le mariage de leur vie ! Ils réalisent assez vite après la cérémonie du mariage qu'ils n'ont été épousés que pour la régularisation personnelle de leur conjoint étranger. De plus, les conjoints français font souvent l'objet d'intimidations, de violences psychiques et physiques, de menaces de mort parfois, dans le but de les empêcher de dénoncer la situation à la préfecture et à la mairie. Sommes-nous toujours dans un État de droit ? On peut légitimement se poser la question dans la mesure où il est arrivé que les membres de l'association soient menacées de mort en raison de l'action qu'elles mènent.

    J'ai adressé plus de 1000 courriers aux députés et sénateurs de toute tendances politiques. Il est significatif de constater qu'aucun député, aucun sénateur, socialiste, communiste, Vert et autres partis de gauche ne m'a répondu. Les seules réponses argumentées sont venues des parlementaires de droite. Est-ce à dire que la gauche plurielle n'a rien à exprimer sur le fléau qu'elle a grandement contribuer à fabriquer avec la loi Réséda de 1998 ? Les partis de gauche sont-ils peu portés à l'autocritique de la politique qu'ils ont conduite depuis plus de vingt-cinq ans en matière d'immigration et de regroupements familiaux ? Les députés et sénateurs de la gauche plurielle sont de grands humanistes avec la vie des autres et leur idéologie poussée à l'extrême permet de balayer sous le tapis les faits et les drames que vivent chaque jour davantage nombre de nos concitoyens. L'Histoire nous enseigne que l'on ne peut éternellement et impunément camoufler la réalité sous une chape de plomb. La loi du silence et la politique de l'autruche se heurteront un jour à leurs limites et les conséquences seront dramatiques pour notre pays.

    Je vous remercie de prendre le temps de me lire et je reste à votre disposition pour tous renseignements complémentaires.

    Je vous prie d'agréer, Monsieur, l'expression de nos sentiments distingués.






    Marie-Annick Delaunay
  • Fabrice Grunwald
    Le 15 Septebmre 2005 à 15 h 45 min
    Bonjour Monsieur,

    je vous fais part de la surprise que j'ai eu de lire récemment sur le site internet d'un journal de diffusion nationale (je ne sais plus si c'était Le Monde ou Le Figaro) que vous pensiez être débarrassé de vos soucis judiciaires d'ici la fin du mois de décembre, mais que pour autant vous ne comptiez pas rentrer en France avant juin.

    Je précise ma surprise.

    Il semblerait donc incongru, qu'un homme politique n'ait pas un tel appetit de pouvoir qu'il préfère rester à l'écart de l'arène plutot que d'y replonger pour devoir y jouer des coudes.

    L'idée que vous teniez votre cours jusqu'à son terme (qui est tout de même un engagement professionnel) et que votre retraite canadienne vous soit plaisante, parce qu'elle peut être synonyme de repos et de reflexion, semble dépasser nos chers journalistes.

    Ce qui m'amène à penser que la crise de confiance de la France envers ses hommes politiques ne vient pas uniquement de ces derniers, comme on a trop souvent tendance à le penser, mais également de tous ceux gravitent autour et s'en font l'écho. Ils sont dans le même bain, appartiennent au même "microcosme" et perdent (je pense) avec le temps le recul qui devrait être le leur. A tel point que votre attitude leur apparaisse comme déroutante.

    Pour ma part, c'est l'inverse qui m'aurait dérouté, déçu même. J'aurais alors sûrement revu mon jugement sur vous, celui d'un homme juste, HONNÊTE et droit. Je salue donc le fait que vous restiez au Canada. Ne pas vouloir retourner si vite en France au milieu des hommes politiques et des journalistes, c'est aussi pour cela que je vous considère comme un homme d'Etat.

    Je vous prie d'agréer, Monsieur, l'expression de mes salutations les plus respectueuses.

    Fabrice Grunwald
    Fabrice Grunwald
  • Quy-Toan Do
    Le 29 Aout 2005 à 18 h 44 min
    Monsieur Juppe,

    Je vous souhaite la bienvenue sur le continent Nord Americain. Je me presente: je travaille a la Banque Mondiale voila maintenant 3 ans (apres des etudes doctorales en economie).

    Lorsque je me rends en Afrique sub-saharienne, et compare un etat d'insuffisance alimentaire (j'etais au Niger il y a un mois) et des excedents agricoles en Europe, et vois que l'on defend la PAC avec autant d'entrain, on a du mal a se sentir solidaire. Petite reflexion pour engager la discussion sur le developpement et le role de la France et de l'Europe...

    Si vouz passez a Washington, faites signe!

    A bientot,

    Cordialement, Toan.
    Quy-Toan Do
  • Matthieu HAEGEL
    Le 29 Aout 2005 à 14 h 07 min
    Bonjour Mr Juppé,

    C'est pourtant facile à comprendre ou en tous cas à admettre. Dans un cas, il y a un dirigeant qui, sur sa lancée réformatrice, veut faire bouger un système fossilisé qui engloutit 40 % du budget européen dans l'agriculture au détriment de tout le reste, la recherche notamment. De l'autre, un vieux dirigeant qui sans surprise défend ce même système fossilisé parce qu'il défend nos intérêts nationaux.

    Si chacun rentre à la maison avec son chèque ou ses financements, l'un a cherché à aller de l'avant, à réformer, à faire bouger les lignes, l'autre a juste fait le nième exercice, franco-français, ajouterais-je, du "on ne touche à rien".

    Je trouve excellente l'idée d'un blog vous concernant, c'est une bonne initiative. La possibilité de vous "toucher" directement (en rêvons pas) ou indirectement par assistants interposés est très positive.
    Matthieu HAEGEL
  • Ewa Ewa Leignadier
    Le 27 Aout 2005 à 14 h 15 min
    Ne pensez-vous pas quand-même que le pac rapporte trop à trop peu de monde?
    N'est-il pas necessaire de revoir cela
    sans se préoccuper de la nationalité de
    chacun?
    Ewa Ewa Leignadier
  • jean latreyte
    Le 20 Aout 2005 à 08 h 05 min
    C'est cela qui tue la construction européenne : une logique de pur intérêt national. Combien telle ou telle mesure, telle ou telle réforme "rapporte-t-elle à MON pays ? Ne devrait-on pas se demander combien cela rapporte-t-il à la construction européenne ? Je crains que ce soit précisément votre type de raisonnement qui ait provoqué, par exemple, le drame du "non" français à la constitution européenne.
    Vous êtes le plus ouvert, et l'un des plus modernes des hommes politiques de droite. Pourquoi, maintenant que vous n'avez plus rien à perdre, ne pas prendre davantage de hauteur ?
    jean latreyte
  • gerard gelé
    Le 24 Juillet 2005 à 22 h 44 min
    Morale – ISF & Libéralisme: Adieu, veau, vache, cochon, couvée…….

    Citation de notre ministre des finances : ISF cet impôt est en réalité devenu au fil du temps non plus un impôt sur la fortune, mais tout simplement un impôt sur les économies et le logement de nos concitoyens.

    Est t'il MORAL de spolier (voler) le patrimoine, fruit du travail, des économies de toute une vie. En attendent, cerise sur le gâteau, l'impôt sur la mort! Par les droits de succession.
    Revenus et biens on pourtant déjà été taxés par neuf impôts différents.

    Le vrai libéralisme n'est pas une fin morale ou politique en soit mais offre la possibilité aux gents de mener à bien, dans le respect des droits de l'autre, leur poursuite du bonheur individuel sans que l'état n'intervienne au nom d'un mythique "intérêt général".

    Intérêt général qui, bien souvent, n'est qu'un prétexte pour satisfaire les corporatistes, les privilèges, les statuts doré avec l'argent et le travail des autres!

    Toutes les idéologies politiques s'efforcent d'imposer une MORALE aux citoyens, et recherchent la fin avant de se préoccuper des moyens.

    Communistes, nationalistes, extrême droite ou encore socialistes, ces idéologies sont constructivistes par définition, leur but est l'étatisation de la MORALE qu'elle défende. Les "valeurs de droite" et les "idées de gauche" sont nobles et généreuses pour faire le bonheur du peuple, peuple qui doit être organisé par une élite, car incapable de s'assumer tous seul. Résultat la France étatique croule et étouffe sous les lois, les impôts, les taxes, les cotisations obligatoires les dettes, c'est l'excès de loi liberticide qui opprime les citoyens.

    Le libéralisme n'a qu'un outil en main, veiller au strict respect de ces trois principes: Liberté, propriété, responsabilité.

    Le libéralisme n'est pas une idéologie. C'est une philosophie qui se contente de donner les règles du jeu : la liberté des uns s'arrête à celle des autres.

    Le spectre de l'ultra libéralisme. Fantasme franco-français! En France avec 54% de dépense publique nous nageons depuis des décennies en plein socialisme. Dans ce pays ou il n'excite pas une once de libéralisme. La peur du libéralisme? C'est la peur de l'inconnu, rien de plus.


    gele gerard
    gerard gelé
  • JP JP
    Le 27 Juin 2005 à 01 h 35 min
    Monsieur le premier Ministre,
    Je crois que c'est la volonté de réforme affichée par T. Blair qui a été salué par la presse en France qui après l'échec du 29 mai ne voit de salut sur nos terres que par ce mot.
    En Angleterre, celle ci n'a fait que savourer la conduite de leur représentant dans sa gestion "exemplaire" face à "l'éxigence" annoncée par notre Président.
    En ce qui me concerne, de l'avis d'un jeune trentenaire : Ce qui me surprend c'est que l'on soit encore capable en 2005 de s'opposer FRONTALEMENT aux Anglais malgré les leçons de l'histoire ! Et la dernière en date n'étant pas des moindre (Irak), je suis encore plus surpris que l'on s'y soit risqué juste après l'échec de l'ampleur sur le TCE.
    Jacques Chirac ne manque pas de courage mais était ce vraiment crédible (pour la presse et pour nous) qu'un homme de droite éxige de cette manière que l'on remette en cause le chèque ? A ce moment ? Le but n'était il pas ailleurs ?
    Après cet épisode je me réjouis de l'impulsion réformatrice que le gouvernement va être obligé d'assumer maintenant pour rétablir le pays face au défi Anglais pour le leadership européen.
    Merci pour votre blog et bonne continuation...
    JP JP
  • Bernard LUSSET
    Le 24 Juin 2005 à 19 h 21 min
    Cher Monsieur,
    Blair incarne une espérance, un chemin et aussi une réussite, au-delà même de son pays. Chirac incarne, en France et ailleurs, une fin d'époque et quelques loupés retentissants.
    Si masochisme à la française il y a, c'est plutôt dans notre incapacité à vouloir regarder les choses en face et faire les choses.
    Et ce masochisme-là conduit à des radicalisations qu'après-coup, comme toujours, nous regretterons et sur lesquelles nous nous lamenterons... Sincèrement
    Bernard LUSSET
  • Christophe OLIVIER
    Le 24 Juin 2005 à 18 h 45 min
    Tony Blair a marqué beaucoup de points, surtout en soulignant que la PAC n'était plus adapté à notre époque et ne pouvait indéfiniment être le principal budget de l'Union.

    Pour l'Europe de demain c'est la recherche, l'innovation, l'enseignement, une politique de grands projets industriels et scientifiques que l'Union doit défendre !

    Pour l'agriculture, c'est une grande réforme de la PAC dont nous avons besoin : produire moins mais produire mieux.

    Imaginez une PAC qui priviligierait une agriculture biologique, diversifiée, une agriculture propre ! Et bien entendu une PAC plus juste...

    C'est évident pour une grande partie des français et aussi des agriculteurs... apparemment pas pour notre Président et certains syndicats agricoles incapable de remettre en question leurs méthodes de travail.

    Tony Blair a défendu une vision de l'Europe à long terme alors que Jacques Chirac a défendu les interets à court terme des agricultures français...
    Christophe OLIVIER
  • jean charles saurel
    Le 24 Juin 2005 à 18 h 01 min
    monsieur le premier ministre

    existe t il une possibilite pour la france agricole de renegocier la pac en sa defaveur afin d obtenir un recul des anglais sur leur cheque ?
    serait il possible de proposer en echange de ce renoncement de (1)mettre un terme aux jacheres .(2) d autoriser les agriculteurs francais a convertir ces jacheres (mais pourquoi pas d autres terres )en cultures de mais ou colza ? le but vous l aurez compris etant de faire de la france (et des pays qui la suivront )une productrice de biocarburant? . a voir en reference l entreprise canadienne sonic et son usine de biocarburant canadienne .
    jean charles saurel
  • Olivier Lacroix
    Le 24 Juin 2005 à 17 h 36 min
    Bonjour,
    Il semble que beaucoup de français ne comprennent pas pourquoi 40% du budget va à la PAC.
    Les français ne peuvent pas dire que ceux qui ont négocié ces fameux 40% n'ont pas fait leurs travail correctement, bien au contraire, mais ce qui me gêne personnellement ce sont ces fameux 40% dont je n'ai appris l'existence que ces derniers jours et que je trouve à première vue un peu disproportionnés.

    Bien amicalement.

    Olivier Lacroix
  • Jacky Blanchard
    Le 24 Juin 2005 à 17 h 34 min
    Bonsoir

    face à votre analyse cartésienne, il faut bien admettre que l'un a su habilement incarner une image moderne alors que l'autre a symbolisé le passé.
    Une récente étude de consommation classait l'achat de l'alimentation dans les achats corvées. Dès lors, l'agriculture et ses particularités n'intéressent personne. Jacques Chirac en défenseur de la PAC n'obtiendra que défiance et non adhésion
    Jacky Blanchard
  • Michaël Bullara
    Le 24 Juin 2005 à 17 h 06 min
    C'est évident qu'il y a une mauvaise foi outrancière dans l'attitude de certains !
    Cela touche les médias comme vous l'évoquez, mais également ceux qui jouent avec le feu... au lieu de se rassembler derrière le Chef de l'Etat.
    Il est décidément bien dommage que les calculs à la petite semaine soient toujours plus reconnus que la défense de l'intérêt général !!
    Qu'est-ce qu'il serait bon que tous nos compatriotes se retroussent les manches et, pour une fois, jouent COLLECTIF ; en renouant avec l'esprit "tribu" qui a souvent permis à la France de relever de grand défis.
    Michaël Bullara
  • http://libertalk.over-blog.com/
    Le 24 Juin 2005 à 17 h 05 min
    Et le même chômage ? Restons réalistes. Si Tony Blair est si sûr de lui, c'est parceque son bilan est bien plus reluisant que celui de Jacques Chirac.
    http://libertalk.over-blog.com/
  • Romain S
    Le 24 Juin 2005 à 16 h 24 min
    Quand nous auront les memes services publiques, les memes tramsports en commun, la meme securité sociale, les memes prions dans nos viandes que les anglais, que fera la presse????
    elle felicitera le President???
    Un peu de bon sens voyons...
    Romain S

Ajouter un commentaire

Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé
Alain Juppé 2017
5 ans pour l'emploi
inscrivez vous à la newsletter

Les derniers tweets

Sur Facebook

GALERIE INSTAGRAM

Bordeaux