Blog Notes d'Alain Juppé

Mon amour pour Bordeaux

Publié le 24/10/2018 par Alain Juppé

J’aime depuis longtemps la collection des Dictionnaires amoureux aux éditions Plon. Pour la forme : celle du dico donne à l’auteur comme au lecteur la liberté de gambader selon son humeur. Pour l’intention : parler d’amour, voilà qui tranche avec la morosité ambiante.

J’ai aimé écrire « mon » dictionnaire ; j’y ai mis du temps, campagne des primaires de la droite et du centre oblige. Mais j’étais décidé à aller jusqu’au bout.

C’est que j’ai envie de rendre à Bordeaux et aux Bordelais(e)s un peu de ce qu’ils m’ont donné.

Ma vie politique et les responsabilités nationales que j’ai exercées m’ont apporté de grands bonheurs et quelques épreuves douloureuses. Mais c’est Bordeaux qui m’a procuré le plein épanouissement. C’est dans cette ville, « ma » ville, que j’ai le sentiment d’avoir agi le plus concrètement, d’avoir fait vraiment changer les choses, d’avoir servi. Les hommes politiques sont si souvent décriés, si souvent taxés d’impuissance ou d’hypocrisie que c’est un grand bonheur de pouvoir dire : « Je l’ai fait ».

Oh ! je n’ai pas inventé Bordeaux ! Depuis 2 000 ans, c’est une belle ville, édifiée par des générations de citoyens. Et mon prédécesseur, Jacques Chaban-Delmas qui en a été maire pendant 47 ans, y a fait un travail considérable. Mais peut-être a-t-il fait aussi le mandat de trop. Quand j’ai été élu en 1995, Bordeaux avait le blues ; elle s’était trouvée un surnom : « La belle endormie ».

Deux décennies plus tard, elle est pleinement éveillée. Le plus beau compliment que m’ait adressé un Bordelais tient en une phrase : « Ce qui a plus changé dans notre ville, c’est le moral ! »

Ce que je voudrais dans ce livre, c’est d’abord lancer au lecteur une invitation au plaisir : le plaisir d’une déambulation au coucher du soleil le long des quais de la Garonne ; le plaisir d’aller « bruncher » un dimanche dans l’espace Darwin ; celui d’accompagner ses enfants au Jardin Public pour applaudir le Guignol Guérin ; le plaisir de s’asseoir à l’une des innombrables terrasses de café à l’écart de la circulation automobile, place de la Comédie, place Pey Berland, place Camille Jullian … Le plaisir de goûter un petit blanc sec avec quelques huîtres du banc d’Arguin après avoir fait ses courses aux Capus. Et tant d’autres moments rares. Mais je suis en train de refaire mon livre.

Je voudrais surtout créer une contagion : celle de « l’esprit bordelais ».

Difficile à définir bien sûr. S’il faut choisir un mot, ce serait celui de « modération ». On pourrait trouver bien des citations chez Montaigne pour vanter les vertus de la mesure et de la tolérance. Je choisis volontiers une phrase de Montesquieu pour en montrer l’urgence actuelle :

« Ce qui fait que la plupart des gouvernements de la Terre sont despotiques, c’est qu’un pareil gouvernement saute aux yeux (…). Comme il ne faut que des passions violentes pour l’établir, tout le monde est bon pour cela. Mais pour établir un gouvernement modéré, il faut combiner les puissances, les tempérer, les faire agir ».

Ecrit il y aura bientôt trois siècles.

Alain Juppé

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0 commentaires pour « Mon amour pour Bordeaux »

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé

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