Blog Notes d'Alain Juppé

Mondovino

Publié le 12/03/2005 par Alain Juppé

Vu, ce matin, un débat à la télé, retransmis du salon de l’agriculture, sur la situation de la viticulture française. Je retrouve des visages connus, notamment ceux de plusieurs bordelais.
On connaît les données du problème, je résume: la consommation de vin en France est à la baisse; la production mondiale augmente; la concurrence des « nouveaux » producteurs (Australie, Chili, Afrique du Sud, Argentine…) est féroce; nos vins sont parfois considérés comme trop chers et mal adaptés au goût des nouveaux consommateurs (car il y en a!). D’où la crise.
La réalité est évidemment plus complexe : comme souvent, les très grands, les très bons n’ont pas de problème. Les premiers grands crus bordelais, par exemple, ont leurs fidèles et les cours ne fléchissent pas.
Mais en Bordelais, pour prendre le vignoble que je connais le mieux, ces vins ne représentent pas, et de loin, l’essentiel de la production en volume. C’est le « Bordeaux supérieur », pour simplifier, qui souffre de mévente. Bien que beaucoup de producteurs jouent eux aussi à fond la carte de la qualité.
Que faire?
J’ai constaté qu’il est long et compliqué de mettre tout le monde d’accord dans une profession très diverse; les intérêts de la production et du négoce ne se recoupent pas toujours exactement.
Mais on voit se dessiner quelques axes de travail: améliorer encore la qualité, réécrire les décrets relatifs aux A.O.C. (appellations d’origine contrôlée),développer la communication et la promotion auxquelles nos concurrents, américains mais aussi espagnols, italiens… consacrent de gros budgets (d’où l’adapatation limitée mais utile de la loi Evin, afin d’autoriser nos viticulteurs à vanter les qualités de leurs produits), et puis aussi, hélas! un plan d’arrachage ! Quand je suis arrivé à Bordeaux en 1994/95, on se battait pour des droits de plantation supplémentaires… Curieuse cécité du marché.
Tout cela (et le reste, car je ne suis pas exhaustif) suffira-t-il?
Mondovino, le film documentaire que Jonathan Nossiter vient de consacrer au vin, soutient une thèse simple: les grands trusts américains (Mondavi), aidés par quelques oenologues (par exemple Michel Rolland) ou quelques critiques (Robert Paker), et grâce à leur puissance financière, sont en train d’écraser les vins de terroir traditionnels sous le rouleau compresseur de la mondialisation, pour imposer des vins de cépage standardisés, riches en fruit, de courte garde…
Il y a du vrai et le film donne la parole à de savoureux vignerons du Bordelais, de Bourgogne, du Languedoc, de Toscane qui analysent et dénoncent le phénomène. Il est clair que la concurrence n’est pas toujours loyale. Que la réglementation française est souvent plus exigeante ou mieux appliquée : un viticulteur expliquait ce matin que lorsqu’une bouteille française porte l’étiquette « Pinot noir », le vin doit provenir à 100% du cépage Pinot noir. Pas aux Etats-Unis…
Cela dit, il y a dans le film , et souvent dans les débats, un absent de marque: le consommateur et plus précisément le nouveau consommateur. Quels sont ses goûts? Cherche-t-il forcément un vin de longue garde? Comment s’y reconnaît-il devant les étiquettes de nos innombrables châteaux? Bref, tout en restant fidèles à nos traditions et en tirant parti de notre richesse n°1: les terroirs, ne faut-il pas tenir un peu plus compte de ses attentes?
Il n’y a pas que dans le domaine de la viticulture que la mondialisation nous pose ces questions. Il ne suffit pas de manifester ou de contester pour relever le défi.
Je souhaite en tout cas que nos viticulteurs, en coopération avec les pouvoirs publics, trouvent rapidement des solutions.
A Bordeaux, – et le succés de la fête du vin que j’ai lancée il y a quelques années l’a démontré – on boit avec modération mais on aime le vin : dans un verre, il y a aussi de l’histoire, de la culture, du travail, de l’amour… Que serait une France sans vignobles?
12/03/05

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18 commentaires pour « Mondovino »
  • Emmanuel DELMAS
    Le 27 Octobre 2005 à 15 h 59 min
    Monsieur,

    Sommelier, et consultant en vins, j'ai eu la chance d'officier parmi les plus prestigieux restaurants.

    Cela m'a permis surtout de constater l'évolution de la consommation du vin.

    Aujourd'hui, il semble évident que seule prime la qualité, et...du coup, le français, boit moins.

    Lors de mes débuts, je m'interessais d'ores et déjà aux vins du monde, qui n'en étaient alors qu'aux balbutiements, voilà 12 ans.

    Ravi, de voir enfin ces vins souvent merveilleux, déferler, j'ose croire que ceux-ci vont permettre à nos vignerons de prendre ENFIN leurs responsabilités.

    D'une part en faisant la promotion commune d'une région, car ce n'est certainement pas en jouant seul que le vigneron s'en sortira. Mais faire, à l'image de ce qui fut fait, ailleurs, s'assembler, et promouvoir sa région d'adoption.

    D'autre part, en offrant une plus grande liberté aux AOC, une meilleure traçabilité afin de répondre aux demandes de la clientèle étrangère ne jurant plus que par les cépages, et les vins "rassurants", confortables.

    Car, force est de constater que la lecture de dégustation de nos vins, semble bien trop ardue pour les non initiés.

    ===================>

    Ainsi, le vigneron se doit de rendre son vin plus accessible, en spécifiant l'AOC, mais surtout le ou les cépages, en offrant des vins certes authentiques, mais surtout approchables jeunes.

    Pour cela, chers messieurs, soutenez les, en leur laissant un peu de latitude, le vin français, est en très grand danger, ne nous leurrons pas.

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    Même si, la densité des très grands vins n'a pour le moment pas d'équivalent, énormément de petits vignerons y laisseront leurs plumes...

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    Aidons les à trouver des solutions, tout en s'inspirant, bien sûr de ce qui se fait azu niveau marketing, logistique et promotion ailleurs.

    Emmanuel DELMAS
    Sommelier

    http://www.sommelier-vins.com
    Emmanuel DELMAS
  • Michel BEAUCHAMP
    Le 06 Avril 2005 à 06 h 27 min
    Injustement les " Mondaviparker " n'ont qu'un seul combat , casser( très abillement ) les AOC en imposant les vins de cépages bricolés et boisés à souhet sans réels controles
    L'AOC France elle, s'impose toujours plus de règles pénalisantes oui! mais infiniment plus grandissante
    De toute façon la volonté de ces vins du nouveau monde est de standardiser les gouts des consommateurs
    Nous viticulteurs Français n'abandonnons pas nos racines et continuons à cultiver nos différences dans la diversité de nos appelletions et terroirs en conservant nos traditions sans ajout d'artifices
    ( saveurs taniques artificielle )
    Michel BEAUCHAMP
  • Thierry Beer Demander
    Le 01 Avril 2005 à 16 h 31 min
    Losque je travaillais dans le fret à Bordeaux de 1976 à 1982, les negociants et grands proprietaires vendaient leurs vins depart chais. Ils n'avaient donc aucun controle sur la commercialisation et donc sur ceux qui degustaient leurs vins! Le vin de Bordeaux se meritait! Les containers des Girondins partaient par Le Havre, Rotterdam etc à destination des USA Japon Canada.
    La Crete haute et la facilité se payent maintenant et nos craneurs de cette epoque ont le bec dans l'eau de la Gironde! Il fallait travailler et initier les consommateurs emergents
    Thierry Beer Demander
  • Pat Leclercq
    Le 15 Mars 2005 à 16 h 00 min
    Mr le premier ministre

    Cher alain.

    Mon grand père était viticulteur dans l’Aude et a lègue ses deux vignes a mon oncle. Ainsi j’ai toujours entendu des maximes typiquement viticoles tel que………… si trop de soleil : Cette année on aura pas le degré mais la quantité !!! ………..
    Si trop de pluie on entendait l’inverse : on aura la quantité et pas le degré !!!
    Explication par la dilution naturelle du degré a cause de l’eau …

    Alors que dire sinon que le vigneron est un peintre qui photographie un paysage avec son pinceau .
    Le sol est sa toile, le cépage constitue la peinture, et terroir est le dessin réalise ….
    L’environnement climatologique constitue le terroir.

    [ Source : ça se bouffe pas ça se mange .]
    En direct de Chartres: La Paulée des vins de Loire
    23 eme Paulée des vins du Val de Loire
    http://www.radiofrance.fr/chaines/france-inter01/emissions/coffe/

    En France nous avons hérite de 2000 ans d’histoire de la culture du vin ou les moines ont sans relâche essaye divers sepages en fonction du terroir et nous ont laisse avec les résultats de leurs recherches historiques.

    Alors le premier écueil pour nous est constitue par la technique chimique moderne qui permet de masquer les erreurs de peinture …

    Ainsi l’osmose inverse permet de retirer l’eau dans le raisin. la cryo extraction permet de faire plus sucre, la vigne peu être sulfatée, et certains viticulteurs tel Faust sont tentes de tripoter le résultat naturel de leur terroir, grâce a la fée technologie pour le plus grand bonheur du dieu argent …

    D’autres viticulteurs choisissent de faire du vin bio et retrouvent les réflexes naturel des moines millénaires.
    Apres la récolte tout atterrit a la coopérative qui poursuit sa politique de production .
    Enfin, il faut que la bouteille arrive a être reconnue et diffusée par un canal de distribution puis achète par le consommateur.

    Alors bien essayons d’avoir une approche style world compagnie .

    Le prix de revient d’un produit paye par le consommateur c’est 30% de R/D, 30% de production, et 30% de marketing distribution.

    Alors dans cette filière, les exploitation connues se débrouillent toutes seules et font de gros bénéfices.
    Par contre le moyen de gamme souffre car la partie marketing distribution a été bauillonne par la loi evin qui empêchait toute publicité.
    A quoi bon faire un super produit si on ne peux pas se faire connaître !!!!
    On est alors sur de ne pas réussir a le vendre….

    Donc, pour faire court, en France pour la recherche ( R /D ) nous avons un héritage unique de 2000 ans de viticulture qui peu presque nous en dispenser . Par contre au niveau de la coope, un certain mixage est réalisée. En marketing vente, on est pas loin d’être les derniers du classement ?

    Sinon, La CEE ( Bruxelles ), pour se conformer aux goût des anglo saxons subventionne le char donnais partout après arrachage des cépages séculaires et on va finir avec du chardonnays partout … les œnologues étant qualifies de techno- structure du vin ???

    Il faudrait aussi réussir a donner au consommateur un repère de qualité fiable / 12 ou 3 étoiles car sinon il est perdu dans le labirynte des AOC.

    Une politique cohérente serait d’avoir un chef de projet pour 4 ou 5 coopératives , qui chapoter l’ensemble de la filière avec les plein pouvoir et irait négocier avec des distributeurs US ou anglais un rapport qualité prix a livrer garantissant un revenu équitable de tous les acteurs cette filière …

    L’union est censé faire la force. Et une poignée d’abeille vaux mieux qu’un sac de mouches …

    Amicalement
    Pat Leclercq
  • philippe romain
    Le 15 Mars 2005 à 08 h 03 min
    je rêve, j'entends à la radio ce matin que les manifestants étudiants accusent le gouvernement de n'avoir rien fait pour empécher les violences des casseurs lors des dernieres manifestations.
    Ou est-il le temps ou les mêmes manifestants (en 1968 par exemple) trouvaient inadmissibles que des crs les empèchent de manifester et leur envoyaient des pavés en guise de remerciements.
    drôlissime non?
    philippe romain
  • Matthieu Courtecuisse
    Le 14 Mars 2005 à 10 h 33 min
    Trop nerveux quant à cette question, je préfère laisser de côté la relance du pouvoir d'achat dans le secteur public. Je constate simplement que le premier ministre a effectué une promesse qui coûtera plus au buget de l'Etat que le budget affecté à l'agence pour l'innovation industrielle...

    Pour ce qui concerne le privé, ce n'est évidemment pas l'affaire du gouvernement, car c'est aux entreprises - voire aux branches ? - qu'il revient de gérer sa propre politique salariale. Néanmoins, quand je consulte les comptes de mon entreprise, je constate que les compteurs de congés payés et de RTT sont élevés et les provisions comptables sont donc significatives. D'après ce que j'ai pu lire ici ou là, un paiement immédiat de ces stocks de congés permettrait à la sécurité sociale d'engranger immédiatement près de 15 Mds d'Euros, soit le déficit probable de cette année.

    L'idée pourrait donc être la suivante : offrir aux entreprises et aux salariés la possibilité d'effectuer un rachat immédiat et non plafonné en jours des congés.

    Cette mesure serait neutre comptablement pour les entreprises et elle permettrait aux salariés d'engranger immédiatement ce qu'ils souhaitent en pouvoir d'achat. Pour être efficace économiquement et juste socialement, ce rachat ne pourrait être effectué qu'à la demande des salariés et on n'accorderait une fenêtre de tir de trois mois seulement (à l'instar des mesures Sarkozy 2004 sur les PEE).

    Cela permettrait enfin aux organismes sociaux de percevoir une recette exceptionnelle qui ajusterait leurs dettes, qui en ont bien besoin...
    De fait, cela n'aurait un impact que sur la trésorerie des entreprises.
    Matthieu Courtecuisse
  • Jérome Joussen
    Le 14 Mars 2005 à 09 h 46 min
    Monsieur Juppé, comme Monsieur Jean LAPARRA le fait très justement remarquer, nous souffrons plus d'un problème structurel de la filière viticole qu'un problème de publicité. D'ailleurs, comme l'a déclaré très justement Monsieur Douste-Blazy (si mes souvenirs sont bons), qui gagnera la guerre de la pub dans les médias si ce n'est les grands groupes structurés, à l'écoute du consommateur et possédant une puissance financière supérieure à nos pauvres coopératives. De plus, je vous ferais remarquer que nous sommes le pays dans lequel on consomme le plus de vin et que 2/3 des problèmes d'alcoolémie y sont liés. Pourquoi nous matraquer de pub pour nous faire encore plus boire ? Nous aurons à terme un risque de santé public important. Le choix du repli sur soi, c'est-à-dire de se concentrer uniquement sur notre marché intérieur, est la solution de facilité à court terme, car celle-ci n'oblige pas à des changements profonds de la filière, mais à long terme elle annonce une crise future importante. Au plan national nous sommes forts, mais au niveau mondial et financier nous ne valons rien ! D'ici quelques années, comme dans beaucoup de domaines, la puissance financière achètera nos joyaux et notre culture nationale pour mieux la globaliser. La seule solution est de restructurer notre filière vinicole pour la mettre en phase avec les réalités de son temps et en particulier de lui faire des gains substantiels de productivité (mot tabou dans la profession, voir même en France), ainsi que de créer des réseaux logistiques performants pour l'exportation (vaste programme pour les gaullois que nous sommes). L'artisanat, c'est beau, mais aujourd'hui c'est le consommateur qui choisit et les monopoles n'existent plus. Nous faisons l'Europe, plus de 500 millions de consommateurs potentiels nous tendent les bras. La Chine se révèle friande de produits "made in France", comme au Japon d'ailleurs où notre culture comme le Beaujolais cartonnent (vin très décrié par chez nous), l'Amérique du Nord aussi est "passionnée" par notre mode de vie et nos produits du terroir, autant de débouchés qu'il nous faut exploiter avant que d'autres ne se positionnent et tiennent le marché, voire pire : en imposent la référence. Finalement, si on y réfléchit bien, on se retrouve dans l'impasse française : des PMEs à forts potentiels qui n'investissent pas assez vers l'international et recherchent leur salut que dans notre marché national et les aides de l'Etat. Je vous renvoie à ce que vous faisiez remarquer dans l'un de vos messages en nous comparant à l'Allemagne et sa puissance industrielle (83 milliards d'euros, si mes souvenirs sont bons, contre notre déficit commercial). Respectueusement, Jérome Joussen.
    Jérome Joussen
  • Guillaume R.
    Le 14 Mars 2005 à 09 h 33 min
    Le problème que vous évoquez n’est-il pas plus le symptôme d’un manque d’adaptation des vignerons français que la conséquence de la loi Evin ou de la concurrence des vins du « nouveau monde » ??
    En France, de manière générale, les gens boivent moins et privilégient la qualité à la quantité (On sort une « bonne bouteille » lors d’un dîner entre amis et on arrête de boire de la « Villageoise » ou assimilée à tous les repas). Pourquoi vouloir s’opposer à cette tendance générale qui pour une fois tend à élever le niveau plutôt qu’a le faire baisser ?

    Par ailleurs, les nouveaux consommateurs et les consommateurs étrangers pensent en termes de cépages (Pinot, Merlot, Cabernet Sauvignon….) et non en terme d’appellations (Château X, Y, Z…).
    Imaginons un jeune banquier new-yorkais se rendant chez son épicier du coin en vue d’acheter une bouteille de Chardonnay et d’impressionner, ainsi la jeune pin-up bronzée, hautaine et fadasse qu’il reçoit à dîner ce soir. Comment choisit-il ? La réponse est assez simple : il choisit la bouteille qui a la forme la plus « design » et dont l’étiquette indique clairement qu’il s’agit d’un Chardonnay, et que ce Chardonnay a gagné un quelconque prix « bidon » (le petit logo argenté est là pour le confirmer). « Résultat des courses » : Le jeune américain repart avec une bouteille sous le bras et je peux vous assurer qu’il ne s’agit pas d’un vin français mais plus sûrement d’un vin chilien, californien ou sud-africain. (Le jeune sot n’aura même pas remarqué que le Château du Breuil était également un Chardonnay….)
    Bien entendu, certains spécialistes ou vignerons français, sûrs de leur science, se feront un plaisir de me rétorquer qu’il s’agit là d’un vin élevé dans de vilains fûts d’inox à l’intérieurs desquels nos vignerons chiliens auront ajouté quelques copeaux de chêne ; pratique totalement contraire à la réglementation française. Je peux pourtant vous assurer que l’américain « moyen » ne fait absolument aucune différence entre le vin issu de fûts en Chêne ou de fûts en inox, il a même tendance à préférer le second. Cette clientèle n’a que faire des traditions et n’hésitera pas à vous demander de rajouter du Chardonnay dans son verre de Sauternes si elle trouve ce dernier trop « doux » (J’ai assisté à cette scène de mes propres yeux !). Que faire ? Refuser de servir parce que « ça ne se fait pas » ?
    J’ai lâchement pris, plus haut, l’exemple d’un jeune new-yorkais pour illustrer mon propos mais j’aurais tout aussi bien pu prendre celui d’un jeune parisien. (Ce que vous appellez les nouveaux consommateurs).

    Au final (encore une fois je suis loin d’être un connaisseur) mais lorsqu’on observe simplement les partiques des consommateurs il semble que le vin français souffre en premier lieu d’un défaut d’image et d’un marketing tout à fait insuffisant (et je ne parle pas là de publicité).
    Pour résumer, je me trompe peut être mais la production française ne me parait plus adapter aux besoins et au attentes de la clientèle (domestique et internationale).

    Les californiens ont, dans un premier temps, copié nos méthodes de production ; à notre tour pourquoi ne pas copier leurs méthodes marketing ? Par fierté ?....
    Guillaume R.
  • Mayleen Barnaby
    Le 14 Mars 2005 à 00 h 58 min
    les ventes de vin diminuent !
    super ! ça fera moins d'ivrogne sur les routes... et moins de malade dans les hopitaux...
    Allez vous aussi vous plaindre de la baisse de la consommation du tabac ?
    Mayleen Barnaby
  • Christophe Bernard
    Le 13 Mars 2005 à 21 h 22 min
    Le monde du vin est très complexe... le vin est très complexe... A Bordeaux, ou plus exactement à Saint André de Cubzac, nous sommes sous le 45 ème paralèlle... Ce n'est ni le Chili, ni la Californie, ni même Malte (où l'on trouve d'excellents vins de cépage)... Sous le 45 ème, à Bordeaux, on fait du Bordeaux et pas autre chose... C'est un problème d'ensoleillement... aux bordelais de faire du bon Bordeaux, avec nos techniques et nos terroirs, des vins racés et reconnus pour leur typicité... bordelaise... Bordeaux, c'est Bordeaux, c'est pas 80 km autour de Bordeaux, c'est Bordeaux et autour, sur des terroirs très divers mais bien spécifiques... Arrêtons de vouloir faire du Bordeaux sur toute la Gironde... Bordeaux, c'est Bordeaux et pas autre chose... Moulis, St Estèphe, Pessac-Léognan, St Emilion et
    satellites... d'accord... Graves, Médoc et Haut-Médoc... d'accord... au-delà, c'est du n'importe quoi, c'est du vin de table ou du vin de pays, c'est autre chose, ce n'est pas du Bordeaux, ce n'est pas du Grand Bordeaux... Mais "Bordeaux" peut-il être autre chose que du grand vin ??? Laissons la piquette et le picrate aux autres et gardons l'excellence... arrêtons de nous voiler la face : il y a sur cette appelation Bordeaux trop d'usurpateurs qui ternissent l'image de notre vignoble...noble... J'aime le Bordeaux quand il mérite son étiquette... J'aime de temps à autres déguster un vin d'aileurs bien fait, fruité et agréable... je le préfère à un Bordeaux rapeux ou trop acide, cher et franchement mauvais ... André Lurton commercialise aussi de très bons vins d'Argentine (il en est même propriétaire)...
    Le crise du vin, pardonnez moi mais c'est d'abord la crise de ceux qui se contentent de faire "pisser la vigne"...
    Désolé pour ceux qui font du mieux qu'ils peuvent mais qui ne maitrisent pas les circuits de commercialisation...

    Christophe Bernard
  • aurélie du plessix
    Le 13 Mars 2005 à 20 h 45 min
    monsieur,

    Je lis avec assiduité , à défaut de passion , vos articles publiés sur ce site.
    Je note que les sujets qui fachent et souvent essentiels , violence , immigration ,les raisons liées au "non" au référendum , sont occultés.
    Comme au bon vieux temps de l'urss, ou seul le parti unique décidait de ce qui était bon pour le petit peuple ; la pensée unique à la française a pris le relais.
    Vous en etes un digne représentant , valet zélé de la médiocratie politique , vous brillez par votre abscence de relief ,et reprenez à votre compte tous les poncifs tirés du lexique de la langue de bois.
    Monsieur juppé le pays craque et vous ne voyez rien venir ....pouvoir d'achat en chute , chomage structurel incompréssible ,immigration catastrophique pour nos finances et notre sécurité .
    Le mouton dont je fus , tondu , sommé d'avaler les "valeurs républicaines" , votant un coup à gauche un coup à droite , mais toujours pour les partis "démocratiques" .Ce mouton , aujourd'hui vous dit "merde" mr juppé et vous souhaite de finir en enfer , celui de l'oubli et du mépris.
    aurélie du plessix
  • Yves RICHARD
    Le 13 Mars 2005 à 15 h 01 min
    bonjour,
    en ces jours de manifestations (qui font comme le vin partie -hélas ! de notre folklore national), je me suis, comme tout le monde, demandé s'il y a quelque légitimité à venir marchander quelques euros pendant la campagne référendaire. Or en ce qui concerne le ouvoir d'achat, il y a un point qui me semble impotant à pendre en considération, et qui pourrait justifier que tant de Français se sentent aujourd'hui plus pauvres qu'ils ne l'étaient il y a quelques années. Je me demande si tout cela n'est pas dû, tout simplement, aux téléphones portables.
    Un très rapide calcul montre qu'une famille de 4 personnes (en âge de téléphoner si on me passe l'expression), paye au bas mot 150€ par mois de forfaits, ce qui constitue une nouvelle charge importante pour les foyers (d'autant plus que les plus modestes sont souvent de grands utilisateurs). Or les salaires n'ont pas "suivi" (ce qui est normal d'ailleurs...).
    Pourquoi ne pas inciter les opérateurs à des tarifs "familiaux", ou au moins à plus de transparence.
    En tout cas le rôle de l'Etat n'est pas ici injustifié, même pour un libéral, car il s'agit de protéger les consommateurs les plus vulnérables des méthodes commerciales des opérateurs, qui tutoient trop souvent l'escroquerie. De plus, le capitalisme et la mondialisation, aurait meilleure presse dans notre pays, et rien que cela ne serait pas si mal...
    bref il y a sans doute quelque chose à faire sur ce point.
    bien à vous.
    Yves RICHARD
  • un cinephile
    Le 13 Mars 2005 à 13 h 28 min
    Si vous souhaitez voir un superbe film sur le vin je vous conseile Sideways d'Alexander Payne un petit bijou de cinéma.
    Je me permet de faire de la pub pour mn blog cinéma http://cinefan2005.skyblog.com.
    Commentaire que j'aimerais publier.
    Bonne continuattion
    un cinephile
  • Pierre DRUESNE
    Le 13 Mars 2005 à 12 h 19 min
    Je ne suis pas un spécialiste du vin mais seulement un consommateur un peu averti et surtout qui voyage un peu par le monde. La grosse consommation de vin par exemple en irlande (nouveaux consommateurs) passe par les "supermarchés" où les rayons sont achalandés des productions du monde entier. A chaque fois que j'ai eu l'occasion d'y acheter du vin français je suis tombé sur des vins de très mauvaise qualité, à croire que c'est le rebus de nos productions que nous exportons. Cela fait que les vins courants argentins, californiens, chiliens, espagnols, italiens, sud africains, se taillent la part du lion car ils sont franchement bien meilleurs.
    Je rejoins donc tout à fait votre analyse: ne prenons pas les nouveaux consommateurs pour des imbéciles, donnons leur le juste prix et la juste qualité et nos exportations s'en porteront que mieux.
    N'oublions pas non plus que dans le monde Anglo-saxon un verre de vin c'est souvent une dégustation apéritive.
    (On observe évidement le même phénomène en Norvège ou au Danemark)
    Pierre DRUESNE
  • Nicolas Brunel
    Le 13 Mars 2005 à 12 h 14 min
    Souvent, l'alccol est l'objet d'une vision manichéenne "produit dangereux contre lequel lutter"/"support culturel intouchable". Pourquoi faire si peu de place à la façon de le consommer ? C'est contre les soirées et week-end suralcolisés qu'il faut lutter, pas contre une consommation faible et régulière dont il est souligné qu'elle est bénéfique à la santé et à la construction du goût. Une fois de plus, où est la nuance salvatrice ?
    Nicolas Brunel
  • Jean LAPARRA
    Le 13 Mars 2005 à 11 h 34 min
    Cher Monsieur
    Je viens de lire votre blog du samedi 12 mars sur le drame de la viticulture . Je me permets de vous signaler un article paru dans le Journal du Dimanche du 6 mars<< Les Etats-Unis nouveau paradisdu vin>> Cet article explique les difficultés que les exportateurs de vins français rencontren aux USA. Il montre que la logique de la distribution aux USA est très particulière et qu'aucune entreprise française n'a la taille critique pour aborder ce marché dans de bonnes conditions. Il est indispensable que des accords interviennent entre la production française et les plus grosses entreprises de distribution USA comme vient de le faire une des filialesde la Sté bordelaise Bernard Taillan avec la Sté californienne Gallo. Mais pour celà il faudra vaincre l'individualisme des viticulteurs et faire ce qui existe en Champagne, séparer la viticulture et l'élaboration du vin. Le viticulteur cultive la vigne et roduit le meilleur raisin possible et vend ensuite son raisin à des spécialistes de la vinification qui élaborent le vin suivant le goût des clients auxquels ils destinent la production et capables de produire des quantités très importantes d'un même type de vin. Ayant l'occasion de participer à de très nombreuses dégustations je constate que nous sommes très loin de cet objectif.
    Respectueuses salutations.
    Jean LAPARRA
  • Francois Truffart
    Le 13 Mars 2005 à 00 h 50 min
    Je vis en Californie depuis sept ans. A mon arrivée, j'avais une image trés négative des vins californiens, assimilés a des vins "coca cola". Or evidemment, il n'en n'est rien: Les cepages de la Napa Valley (qui nous ont d'ailleurs sauvés au passage du Phyloxera il y a un siècle) ou meme de la region de Santa BArbara (Cf le film SIDEWAYS) peuvent fournir d'excellents Merlots, Cabernets ou Pinos Noirs. Encore faut-il y mettre le prix. Car les vins de Californie coutent chers: IL faut compter au minimum 15 Euros pour acceder a un vin de qualité. Et la je m'interroge: On assiste depuis quelques temps au déferlement a New York ou Los Angelesde vins en provenance du Chili, de Nouvelle Zelande, d'Australie, d'Argentine ou d'Afrique du Sud. Leur rapport qualité/prix est imbattable et oblige les éleveurs américains a revoir leurs tarifs. Certes dans cette bataille des prix, quelques vins francais sont bien presents mais pas autant qu'on pourrait le croire. Certes certains de ces vins, du Chili en particulier, proviennent d'éleveurs francais qui ont investi dans la viticulture a l'étranger, mais a force de penser que nous avons les meilleurs vins du monde, ne sommes nous pas en train de nous endormir et de sous estimer a une concurrence qui n'a - pour certaines categories de vins - souvent rien a nous envier ?
    Francois Truffart
  • arnaud bernier
    Le 12 Mars 2005 à 19 h 29 min
    ANNULE ET REMPLACE LE MESSAGE IDENTIQUE POSTE PRECEDEMMENT (correction d'une erreur de syntaxe, veuillez m'en excuser)

    Mr JUPPE, votre étonnement sur l'existence de nouveaux consommateurs de vin paraîtra peut être dérangeante pour la profession, il n'empêche, c'est effectivement un questionnement de taille : comment pour un produit tel que le vin qui représente soit un produit de luxe inaccessible pour la plus part, soit un produit de consommation assez "has been" pour les jeunes (excusez moi du terme mais il est approprié), peut on conquérir de nouveaux sympathisants, sachant qu'il faudra inévitablement les recruter chez les jeunes.
    En effet on peut difficilement fonder d'espoirs si on ne se tourne pas délibérément vers cette tranche de population qui entre à part entière dans la catégorie "nouveaux" consommateurs.
    Deux tendances paraissent s'imposer à moi, sans prétendre évidemment qu'il n'y en ait d'autres :
    1. A l'image de la filière cognac (si ce n'est pas exactement le même produit puisque ici c'est un spiritueux et non du vin, la filière de commercialisation reste associée en grande partie aux mêmes canaux de promotion et de communication), il faut oser casser délibérément son image quitte à dénaturer le produit lui même pour trouver de nouveaux débouchés. Pour m'expliquer mieux, je me réfère à la mise en place de boissons dérivées du cognac sur le modèle de celles développées par les grandes firmes alcoolières; en effet on n'hésite plus à mélanger le cognac à la vodka, à le diluer dans des boissons type soda, et surtout on lui donne des couleurs bleu ou rouge fluo et on le vend sous une forme de packaging complètement relooké. Cette stratégie après tout courageuse pour un vignoble aussi ancré dans la tradition que Cognac a trouvé ses adeptes inattendus dans le milieu hip hop puis plus généralement branché nord américain, et peut être même va trouver ses débouchés sur le « vieux » continent.
    C'est un axe à développer, et il n'est pas difficile d'imaginer des stratégies idoines et adaptées pour le vin, mais là, risquant d'être lu par des spécialistes de la question, vous comprendrez que je réserve toute proposition concrète.
    2. Aller à la rencontre du nouveau consommateur où il se trouve. Ici je me tournerai vers un exemple très concret qui s'est déroulé il y a moins de 10 jours dans une Université Bordelaise, et qui fonctionne parfaitement depuis bientôt 10 ans, et ce alors que le concours de la profession est plus que timide en rapport des enjeux soulevés. En fait c'est une manifestation qui s'appelle les journées Universitaires du Vin, qui en est à sa 9eme édition (lien vers le site présentant celle de 2000 : http://j.u.vin.free.fr/) et qui permet aux étudiants de déguster ce produit et de s'initier à cet art, viatique indispensable en la cause pour fédérer de nouveaux consommateurs. De surcroît, cette manifestation dispose d'une exemption issue directement des textes de la loi EVIN car se déroulant dans le milieu universitaire.
    Les professionnels bordelais et en premier chef le CIVB qui constitue leur organisme de promotion principal, auraient beau jeu (et ceci depuis des années) de soutenir avec plus de vigueur ce type d'événement, sachant que ce qui marche à Bordeaux peut être parfaitement reproductible à l'échelle nationale.
    Je m'en tiendrai à ces réflexions en espérant qu'elles trouvent un écho auprès des représentants du monde viticole qui ne manqueront pas de vous lire.
    arnaud bernier

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé
Alain Juppé 2017
5 ans pour l'emploi
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