Blog Notes d'Alain Juppé

Nos enfants gâchés?

Publié le 18/06/2006 par Alain Juppé

A tous ceux qui s’interrogent sur les performances de l’école en France, je conseille la lecture du livre de Natacha Polony, intitulé « Nos enfants gâchés » (sans ?).

L’auteur a 29 ans, elle est agrégée des lettres et enseigne la culture générale dans un établissement d’enseignement supérieur.

Son constat est accablant. Trop accablant? Sans doute ses analyses seront-elles taxées d’exagération, ou , (comme elle-même s’y attend) de dérive réactionnaire.

Je pense qu’il faut néanmoins lire son livre, dont j’extrais deux ou trois phrases:
« Ce que nous avons conçu, c’est une jeunesse sans mémoire, née de nulle part. Nous avons inventé la génération culturellement spontanée.
Il existe un mot pour désigner cela, si l’on veut bien ne pas l’entendre dans son acception péjorative, mais purement desciptive, c’est la barbarie.
Le barbare, ce n’est pas le « sauvage », ce n’est pas l’autre à qui je refuse l’humanité, la dignité, le respect. Le barbare est celui qui ne s’inscrit pas ,- ni par l’adhésion, ni par la rupture -, dans la civilisation, c’est-à-dire dans la continuité de ce qu’ont accumulé ceux qui le précédaient. Il est a-historique, hors lignée; il n’est pas le fruit de ce que furent ses pères, il est une météorite, géographiquement et temporellement sans ancrage. Il est dans « l’hic et nunc », dans le présent toujours répété, nomade chronologique au destin sans époque »

Je vous renvoie au livre pour approfondir…

L’idée que la culture, c’est le temps, et l’inculture l’immédiateté, est, en tout cas, une conviction que je partage

Hasard de mes lectures: je découvre un magnifique ouvrage publié au Québec, sous le titre « Splendeurs améridiennes ». L’auteur, Michel Noël, se présente ainsi:
« J’ai vécu toute mon enfance en forêt, en milieu autochtone, et ma culture première est celle des Anishnabés. Je suis métisse et j’en suis fier. »

Il ajoute:
« Je suis enraciné dans ce continent comme le sont les cèdres millénaires, rabougris mais toujours verts, qui vivent en Abitibi, sur le Grand Territoire de mes ancêtres. (…)
Je porte en moi la mémoire de mes ancêtres, comme s’ils m’avaient choisi, élu en quelque sorte, pour les prolonger dans le monde d’aujourd’hui et de demain. Je suis un passeur et, pour bien accomplir ma mission, mes valeureux ancêtres m’ont généreusement légué un bagage culturel incommensurable et m’ont pourvu de tous les outils nécessaires dont j’avais besoin. Je leur en suis redevable aujourd’hui. »

Mémoire,ancêtres,legs, patrimoine…, on est en plein dans « Les enfants gâchés ».
La « barbarie » ne serait-elle pas toujours où l’on croit?

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12 commentaires pour « Nos enfants gâchés? »
  • anne bergeroo
    Le 27 Juin 2006 à 19 h 27 min
    onsieur

    Selon « The Economist » 9 détenus sur 10 ont un père d’origine africaine.
    Le dernier numéro du très sérieux magazine « The Economist » comporte un intéressant, bien que discutable à de nombreux points de vue, dossier au thème de « L’Eurabia, mythes et réalités de l’Islam en Europe ».

    Au détour d’un article intitulé « The West and Islam, Tales from Eurabia », on apprend que dans les prisons françaises, 9 sur dix des jeunes détenus auraient un père d’origine Nord-Africaine (« France’s prisons hold nine times more young men with North African fathers than ones with French fathers »).
    Ce chiffre hallucinant, que les bonnes consciences diraient truqué si la source n’était pas aussi sérieuse et reconnue, ridiculise ceux qui osent encore nier qu’il existe un lien étroit entre les questions d’immigration et celles de sécurité et de délinquance.

    Et rappelons que mettre en avant ce lien, ce n’est nullement stigmatiser une communauté ou une ethnie mais simplement regarder les problèmes en face et chercher à y apporter des solutions chaque jour plus urgentes.
    Car nier le réel ne peut conduire qu’à l’abîme.
    Pour tout le monde.
    anne bergeroo
  • Fabien B.
    Le 27 Juin 2006 à 18 h 20 min
    Bonjour. Je suis issu de la meme generation que l'auteur de ce livre (j'ai aussi 29 ans), agrege de sciences physiques, et actuellement astrophysicien a l'Universite de Cambridge. J'aimerais completer le constat dresse par l'auteur de ce livre. Le manque de culture n'atteint pas que les sciences humaines et les arts, mais devient aussi un probleme majeur dans le domaine des sciences et de la technologie. La connaissance de l'Histoire des sciences et la culture scientifique au sens large se perdent, c'est indeniable. La specificite francaise des ecoles d'ingenieurs n'est pas la pour rehausser le tableau : le niveau culturel y est extremement bas, y compris dans les meilleures d'entres elles.
    Les raisons sont multiples mais je vais donner celle qui a mon sens est le principal moteur d'un processus de "deculturation". Lorsque j'etais lyceen dans la banlieue de Melun, il n'etait pas rare qu'en tant que premier de la classe je sois fortement deconsidere par les autres eleves. Ce phenomene s'est depuis accentue au point que l'eleve possedant un minimum de culture est mis au ban de la classe. Il doit faire semblant de s'integrer (une bonne connaissance du rap est requise...hum hum) s'il n'a pas la chance de trouver une ame soeur dans la classe ou se resigner a devenir asocial. Les cours sont tires vers le bas car il participe de moins en moins et les profs finissent par simplifier les lecons. Au final il aura peu appris a l'ecole, et regrettera amerement les occasions gachees (je pense a mes cours d'histoire perturbes par quelques eleves).

    Au final les bons eleves en sciences de ce genre de lycees reussiront peut-etre a aller en ecole d'ingenieur, ayant reussi a grapiller de ci de la quelques tres maigres bribes de culture. Voila le constat que je dresse sur les futures "elites" scientifiques.

    Un phenomene identique s'est produit au Etats-Unis dans les annees 70. L'enseignement ne s'en est pas remis... La France a quelques decennies de retard, qu'elle rattrapera si rien n'est fait.

    La solution est simple mais impopulaire : les classes de niveau. Il convient d'encourager les eleves les plus faibles et de les pousser a s'interesser a la culture. Mais il est aussi imperatif d'aider les eleves plus a l'aise. Enfin, au lycee, il faut definitivement mettre un frein a l'envoi des meilleurs eleves en section scientifique et redonner du prestige aux sections litteraires et economiques. Bien trop souvent les eleves de section L, ou les lettres et la philosophie sont les matieres dominantes, ne font pas le choix d'y etre mais prennent cette voie par defaut. Cet etat de fait deconsidere les humanites... Dans l'esprit du lyceen moyen, la culture c'est "un truc nul qui passe sur Arte".

    Fabien B.
  • régine d'ailhaud-castelet
    Le 27 Juin 2006 à 15 h 48 min
    Vous avez dit,il y a quelques jours,Mr Juppé,qu'il y avait beaucoup d'agressivité dans les réponses à votre blog;j'ajouterais qu'il y a aussi beaucoup de pessimisme et de critiques systématiques :quand je me surprends dans ces deux derniers créneaux,je suis furieuse contre moi ! j'irai plutôt dans le sens de la réponse de Rémi Corget ci-dessus,en ajoutant il faut de l'espérance!
    La sociéte évolue grâce aux jeunes et il n'y a pas de raison de galvauder "la crise des générations"...
    en suivant les débats à l'assemblée nationale,je ne peux m'empêcher de remarquer que la tranche d'âge 30-35 ans est peu representée;le Sénat ,il sont agés,mais c'est valable: un peu comme un conseil des sages!
    A l'école,qu'en est-il de la relation Maitre-Eleve? j'ai eu la chance de la connaitre dans plusieurs ville et plusieurs disciplines;là se fait le miracle,plus que par la matiere enseignée! c'est difficile d'être enseignant et il y a beaucoup de depressions parmi ceux-ci ...
    Donne-t-on aux jeunes les moyens de travailler avec leur époque? l'ordinateur devrait être là dés le début de la scolarité,les riches et les moins riches;les bureaux placés en rond et non les uns dérriere les autres,un petit détail que j'attends avec impatience;ilfaut que les enfants communiquent entre eux,et pas seulement dans la cour de récréation et ensuite qu'ils communiquent avec le monde entier grâce à Internet.
    régine d'ailhaud-castelet
  • Isabelle Le Chaffotec
    Le 27 Juin 2006 à 15 h 02 min
    Monsieur,
    Je vous ai adressé, mercredi dernier, un message concernant la Chine des minorités et, à ce sujet, j'ai évoqué la magie du DNA, caractéristique des innombrables secrets dont recèle notre patrimoine génétique.
    J'ai choisi l'article " Nos enfants gâchés ?" pour en parler, car j'ai beaucoup apprécié cette réflexion et l'allusion très touchante au livre " Splendeurs amérindiennes ".

    Le mtDNA, c'est à dire ADN mitochondrial, permet de retrouver l'affiliation génétique, exclusivement féminine, en amont et en aval, soit l'ascendance et la descendance. Par contre, c'est le chromosome Y qui caractérise précisément chaque lignée masculine.
    Une scientifique britannique s'est penchée sur une étude singulière, qui peut nous interpeller. Mythe ou réalité ? Sa recherche s'est déroulée dans l'actuel Caucase. Une sépulture en bon état a été trouvée sous un tumulus. Elle contenait un corps relativement bien préservé, voire momifié par les conditions climatiques locales, et comportait quelques objets d'une peuplade réputée mythique.
    Afin de replacer l'événement dans son contexte historique, la scientifique rappelle les propos du plus célèbre aède de l'Antiquité : Homère. Bien sûr, elle fait référence à la guerre de Troie, plus précisément à Achille. Il croit tuer un guerrier, ôte le casque de son adversaire et découvre une guerrière, Penthésilée. Alors, il s'ébahit face à la beauté de son visage et de sa chevelure si claire. Partant de cette légende, elle retrace brièvement les propos rapportés par des historiens de l'Antiquité à l'époque des hittites, puis des scythes et finalement d'Alexandre le Grand. Bref, selon elle, ces guerrières, les Amazones, représentaient une société matriarcale et nomade.
    Les effets retrouvés lui servent d'indices et, lui permettent d'établir une analogie avec une autre population nomade des steppes : les Mongols. Donc, la scientifique part en Mongolie, où elle compare les objets recueillis dans la sépulture à ceux utilisés par les femmes mongoles. Ceintures similaires à celle trouvée dans le Caucase et, également ornées d'un coquillage de valeur symbolique. Bottes en cuir élaborées à l'identique de celles trouvées sous le tumulus, etc... Elément fondamental, ces femmes sont également des championnes du tir à l'arc. La quête de cette femme chercheur ne s'arrête pas là. Elle part pour les hauts plateaux de Mongolie à la recherche de femmes aux cheveux blonds. Pas de surprise, elle rencontre une jeune fille blonde et ayant bien le morphotype mongol. Elle effectue le prélèvement classique, consistant à obtenir un échantillon cellulaire, par une simple friction de 60 secondes à la surface de la muqueuse jugale. (L'échantillon prélevé est alors plongé dans une solution à l'intérieur d'une éprouvette). En principe, deux prélèvements doivent être réalisés. Dans le cas présent, les prélèvements ont été soumis à l'analyse d'un laboratoire basé en Allemagne. La scientifique est présente et assiste aux analyses génétiques. Un échantillon de mtDNA prélevé sur la "momie" est comparé à celui de la jeune fille. Le suspense régne et fait preque incroyable , même pour la chercheuse, les deux mtDNA sont parfaitement identiques. Ils coïncident parfaitement. Les résultats confirment donc que cette jeune mongole blonde est la lointaine descendante de cette guerrière (Amazone) trouvée dans le Caucase.

    Personnellement, je trouve cela assez merveilleux, presque magique. Je me demande encore, comment certains peuvent affirmer être Français, voire Celtes depuis des générations et des générations ...
    Je crois surtout, que le génome de chaque individu est un "melting-pot" génotypique des populations archaïques depuis les origines.
    Très respectueusement
    ilc
    Isabelle Le Chaffotec
  • Claude SUBOT
    Le 25 Juin 2006 à 00 h 11 min
    Le livre de N. Polony est à rapprocher de plusieurs ouvrages parus ces dernières années : "Journal d'une institutrice clandestine" de Rachel Boutonnet, "Et vous enfants ne sauront pas lire ni compter" de Marc Le Bris, "La fabrique du crétin" et "A bonne école" de Jean-Paul Brighelli, etc.

    Tous font le même constat d’une école qui – volontairement – ne transmet plus de savoir (puisque le savoir vient de l’enfant comme l’affirme tous les pédagos bon teint et bien en cour à l’Education Nationale). Même si leurs cris d’alarme sont relayés par un nombre grandissant de personnes (voir www.sauv.net, www.lire-ecrire.org, etc.). Tous se font se font traités au mieux de Cassandre (car "le niveau monte" !), au pire de vieux cons réacs et nostalgiques.

    Le plus dramatique est le quasi silence des hommes politiques en la matière. Un exemple : l’actuel Ministre de l’Education M. de Robien avait mis les pieds dans le plat en disant qu’il allait (enfin !) supprimer les méthodes d’apprentissage de la lecture dite globales ou semi-globales.
    Résultat : l’instruction ministérielle est honteusement en retrait par rapport à ces effets d’annonce, permettant incidemment que les méthodes semi-globales (qui sont un des principaux responsables des problèmes d’illettrisme) soient toujours pratiquées.
    Claude SUBOT
  • Rémi CORGET
    Le 24 Juin 2006 à 21 h 02 min
    La complainte de l'agrégé (sortant de normale sup. ?) qui arrive comme tout jeune prof, dans un quartier plus ou moins populaire, et qui se retrouve complètement déphasé, on connaît. Mon père, lui aussi dans ce cas, n'a pas écrit de livre, il a changé de métier! En tout cas ce n'est pas le premier bouquin du genre qui sort (Jacqueline de Rommilly…). En fait pour la grande majorité de gens dans une société moderne, la culture c'est l'instant présent et les classiques du XIX ème n'ont jamais fait parti des références directes des jeunes du XX ème. Alors rien ne sert de pleurer sur l'inculture de notre époque ou la beauté des neiges d'antan...
    La sagesse des indiens ? Les montréalais que je côtoie m'ont plutôt parlé d'une culture agonisante... Il y a une réserve indienne oubliée à deux pas de Montréal. En tout cas c'est une culture essentiellement orale et difficile de faire des comparaisons.
    Très cordialement
    Rémi CORGET
  • Normand Cloutier
    Le 23 Juin 2006 à 23 h 18 min
    Je vous ai écrit il y a quelques jours sur ce sujet. Aujourd'hui la France a gagné 2-0 contre le Togo et s'est de ce fait qualifiée.

    Je vous avais fait part que les Québécois de souche appuyaient la France lors de cette Coupe du Monde. En ce congé de Fête Nationale du Québec je viens de voir le match en direct à la télé et parmi la foule présente au stade, entre la multitude de drapeaux français, j'ai vu avec émotion au moins un drapeau du Québec.

    Nous étions là avec la France.

    Côté sportif, la France nous a donné Cristobal Huet et nous vous appuyons lors de cette Coupe du Monde.

    C'est bien non.

    Allez les Bleus !!! et bon retour chez-vous à Bordeaux.
    Normand Cloutier
  • Paul de Larminat
    Le 23 Juin 2006 à 19 h 12 min
    Merci, Monsieur le Premier Ministre, de nous suggérer la lecture de « Nos enfants gâchés » de Natacha Polony. Je ne manquerai pas de le lire.

    Mais dès à présent, au sujet des réflexions que vous nous permettez de partager avec vous : Tout cela nous le constatons au quotidien depuis, à peine…. 50 ans, sans que 98% de nos « élites » politiques s’en formalisent, occupées qu’elles étaient et continuent de l’être, à plein temps, à conquérir le pouvoir à grands renforts de démagogie auprès de l’électorat, puis à tout ré-envisager à l’aune de l’élection suivante.

    L’ouverture des frontières sans contrepartie d’adhésion à nos concepts, nos valeurs, notre histoire, sans prise en compte de la capacité d’absorption du milieu, le refus de sanctionner tant les illégaux que ceux qui les emploient dans l’esclavage parce qu’il y aurait des suffrages à perdre, l’érection en principe de base de la sacro sainte « interdiction d’interdire » soixante-huitarde, la démission de celui qui sait, vis-à-vis de ceux qui l’ont élu pour être guidés, de sorte à parvenir coûte que coûte au consensus qui seul lui apportera le succès aux urnes ! Voilà les causes majeures de l’effacement accéléré de l’identité culturelle française. Nous sommes en plein syndrome du Titanic : Tout le monde danse sur le pont et chacun continue à s’empiffrer en 1ère classe tandis que le navire coule inexorablement.

    Bientôt un gouvernement en mal de suffrages « partagera équitablement » les cathédrales dont il a la gestion avec d’autres confessions au pro rata numérique……….Il nous en restera peut-être quelques unes !

    Même l’Académie ne fait pas un geste pour rappeler à nos télévisions et radios leur rôle pédagogique. Écoutez nos animateurs, même les meilleurs : il est bien rare aujourd’hui que la forme interrogative correcte subsiste dans leurs propos. Ils ont peur d’être pédants. C’est le nivellement par le bas pour cause d’audimat. Ce n’est plus du Français qu’ils nous servent. Comment les émigrés s’y retrouvent-ils dans ce charabia ? C’est la Bérézina linguistique ! Si la langue est le reflet du mode de pensée de ses citoyens, nous avons du souci à nous faire !

    Les constatations récentes de M. Attali à la conférence de Mont Tremblant sont aussi valables en France qu’au Canada. Nous n’avons plus grand-chose en commun les uns avec les autres et il ne nous reste plus qu’à nous enfermer dans les mini ghettos sociaux auxquels nous appartenons puisque la mosaïque que nous avons créée est si étendue que nous nous épuisons comme des caméléons sur une jupe écossaise à nous trouver un dénominateur commun.

    Les projets de Luc Ferry, si brièvement ministre de l’éducation, de récupérer les talents occultés par la barrière absurde du « baccalauréat obstacle », sans lequel tout avenir et tout accès au développement de facultés propres est exclu, se sont avérés vains. La nomenclatura a veillé à éjecter ce novateur dangereux….pour les chasses gardées ! Pendant ce temps la fourmilière des « étouffés du système » nourrit le ressentiment des laissés pour compte à qui il est refusé de développer et exercer leurs talents dont nous aurions pourtant bien besoin. Les voilà, nos «enfants gâchés ». Ils auraient dû constituer une part importante de notre avenir et de notre évolution.

    Si le malheur voulait que monsieur Nicolas Sarkozy ne soit pas élu président de la république en 2007, sans doute le moindre mal à gauche sera-t-il madame Ségolène Royal. Au tour suivant, à moins d’un miracle, le successeur de Le Pen sera plébiscité ….ou même avant. Et la marmite explosera à coup sûr.

    Quel gâchis ! Qu’ont-ils tous fait de notre France et de son héritage ! Ils ont préféré gommer notre identité plutôt que de renoncer à l’assiette au beurre et beaucoup de nos jeunes élites ont bien compris que les carottes étaient cuites : Elles émigrent en masse et leurs enfants ou petits enfants ne parleront même plus notre langue. C’est déjà le cas de trois des miens. Le vide laissé est aussitôt rempli par des populations dont la majorité ne trouve chez nous aucun repères auxquels se rattacher et ce d’autant plus que nous allons jusqu’à nous excuser d’être ce que nous sommes. Alors, comme nous commençons à nous en rendre compte, nous allons, dit-on, sélectionner : L’immigration choisie. Nous allons laisser exsangues de leur cerveaux ces mêmes pays dont nous nous plaignons qu’ils nous envahissent et dénaturent notre tissu social, leur enlever la seule chance qu’ils auraient de sortir du bourbier en restant chez eux pour y créer l’autosuffisance, à laquelle nous pourrions les aider en nous appuyant sur eux justement, pour peu qu’ils soient sur place…….quel beau projet, quelle belle moralité !

    Pour moi, qui ai émigré dans ce beau et très accueillant Canada dès 1953, il y a longtemps déjà qu’en France l’espoir a changé de camp et le combat changé d’âme..….Ce nouveau Waterloo est un lent naufrage dont on ne voit plus ce qui pourrait l’arrêter, sauf peut-être si le peuple retrouvait un peu de sagesse dans la peur de tout perdre. C’est sans conséquence pour moi qui, à 74 ans, ne suis plus guère qu’un empêcheur de glousser de satisfaction en rond et qui n’encombrerai plus la planète bien longtemps ! Mais j’en ressens la réelle détresse du témoin impuissant devant la destruction de mon patrimoine !

    Sachez tout de même que vous restez pour moi, et de loin, comme l’a dit le Président, « le meilleur d’entre nous » et c’est justement parce que le premier ministre sage et intègre que vous fûtes a pu être balayé de la scène sous des prétextes absurdes par des essaims de vautours, alors que vous constituiez l’espoir de redressement, que je me permets de vous livrer ma pensée en ces termes malheureusement désabusés.

    Je vous souhaite un bon retour à Bordeaux et d’y continuer l’œuvre magnifique entreprise.

    Très respectueusement.



    Paul de Larminat
    Montréal.
    Paul de Larminat
  • Marc Goujon
    Le 23 Juin 2006 à 15 h 28 min
    Monsieur le Premier Ministre,
    Tout comme vous j'ai eu la chance de parcourir le livre de Natacha Polony qui n'a fait que confirmer la sinistrose qui m'envahit en tant que père d'un enfant fréquentant à ce jour une classe du secteur secondaire...Sinistrose car lorsque vous parlez d'inculture d'immédiateté, je ne peux qu'approuver sans doute comme de nombreux parents le pessimisme réaliste d'un tel constat...lorsqu'une icône de la jeunesse, Steevy Boulay, ose se permettre à la télévision sur une chaîne publique,et de bonne foi, de s'etonner que le Clémenceau soit autre chose qu'un porte-avion desaffecté, je ne partage pas l'hilarité de ce lugubrerévélateur... Lorsque mon fils m'annonce, qu'actualité oblige - j'entends notre nouvelle et chronique auto-flagellation sur le colonialisme - Napoléon a été volontairement zappé par sa prof d'histoire décrivant l'empereur comme un vulgaire esclavagiste, je ne ris pas plus...Remarquez bien que lorsque j'apprends que les textes du livre d'Hervé Villard deviennent des sujets du Bac, là par contre j'ai du mal à garder mon sérieux...
    La situation est désastreuse auprès d'une jeunesse dont la seule reference historique se situe dans les textes de Diams ou autre Dizzy la peste et qui d'ici une dizaine d'années s'émerveillera devant le Charles De Gaulle...Magnifique porte-avions au nom "bizarroïde"...
    Vous evoquez le terme "barbare", tristement employé en 1935 par Adolf Hitler qui s'enorgueillissait que l'on puisse le taxer lui et ses hordes d'un tel qualificatif, mais toute proportion gardée nous y sommes...Un dignitaire nazi ne disait il pas devant une salle conquise : "Lorsque j'entends le mot culturen je sors mon revolver !"...Oui, nous y sommes...Il existe une véritable paupérisation intellectuelle de notre jeunesse qui s'accompagne, mais comment pouvait-il en être autrement, d'une perte de repères moraux et d'idéaux...Les clans et l'individuallisme sont de retour, on s'identifie par tags ou vocabulaires, et on propose au Baccalauréat des sujets sur le dernier livre d'Hervé Villard...
    Marc Goujon
  • juliette XX
    Le 23 Juin 2006 à 14 h 48 min
    on nous dit que la jeunesse est precieuse pour le future, mais regardez ou nous en sommes ! Nous sommes trop exigents avec la nature, on la detruit petit a petit, bientot l'eau ne sera qu'un souvenir, la pollution modifiera tellement le cour naturelle des choses que la terre sera deregler ( je vous rappel que cette année nous sommes passé de l'hiver a l'été, le printemps c'est a peine ressenti ! )

    j'ai 17ans et je doit avoué que j'ai peur de mettre au mondes les cinq enfants dont je rêvait étant petite. Je suis née pour mettre au monde dess enfants, pour leur donnée tout l'amour qu'il mérite, mais a quoi bon donner la vie si la violence, l'insouscience, l'egoisme et l'irrespect persiste ? Je ne veut pas de cette vie la pour mes petits !
    juliette XX
  • claude reignier
    Le 23 Juin 2006 à 13 h 40 min
    Nous sommes, c'est vrai, dans l'ère de l'immédiateté mais tout semble vouloir nous y conditionner: nous cherchons à aller toujours plus loin et plus vite; la télé nous incite souvent au zapping.
    Nous sommes dans une civilisation de consommation de masse et cela au détriment de l'approfondissement de la sagesse mais c'est inscrit dans les prémisses de la culture occidentale qui à un certain moment a privilégié une approche principalement scientifique et technique. Conduisant à des spécialisations et des performances, celle-ci font notre force, notre orgueil mais aussi notre faiblesse.
    Nous avons perdu de vue la capacité de synthèse, le relativisme et l'universalisme (les deux termes ne s'opposent qu'en apparence) si chers à nos classiques. Nous avons scindé la population en deux: les savants et techniciens, souvent d'ailleurs plus humanistes que d'aucuns voudraient le laisser croire (mais dont certains mettent parfois en oeuvre le mythe de l'apprenti sorcier) et les ignares ou incultes qui ne peuvent même pas imaginer qu'il existe un autre monde que celui de la consommation immédiate et expansive.
    Ce que nous voyons aujourd'hui n'est que la moderne traduction de l'arrogance de ceux qui, prétendant amener la civilisation, semaient (et sèment encore) désordres, mort et catastrophes humaines ou écologiques.
    "L'esprit de géométrie et l'esprit de finesse", disait Pascal. La finesse n'est pas que la voix du coeur: mal orientée ou mal traduite, elle peut humilier l'Autre en se déclinant en charité déssêchée; c'est surtout une autre approche et une autre méthode: celle de la sensibilité, de l'empathie, de l'intuition et de la communion avec un univers si divers.
    La transmission de la culture ce n'est pas que celle de contenus, méthodes et savoirs. C'est aussi celle de valeurs et de l'orientation au sens géographique du terme que l'humain peut donner à sa vie en se fondant dans l'univers, pas seulement pour le maîtriser, mais en se mettant à son écoute pour en comprendre et en apprécier les formidables trésors inclus dans l'ensemble des sphères, y compris humaines.
    Il faut réapprendre à nos enfants le silence, la nuit, le vent, le vol de l'insecte, le passant ou le voisin... Il faut leur réapprendre la poésie, et les nourrir de contes et fables comme nos anciens, il n'y a pas si longtemps et tous ces peuples qu'on dit "autre".
    Renversons donc nos pôles intérieurs et apprenons à autrui comment faire: alors on pourra juguler notre propre barbarie individuelle et collective.
    C'est un peu le sens et la raison d'être du Musée du Quai Branly, n'est-ce pas?
    Amicalement

    claude reignier
  • Christian Souchon
    Le 23 Juin 2006 à 03 h 56 min
    Sujet d'avenir.
    Le livre que vous citez semble prometteur pour nous faire réfléchir. Je l'achèterais ce jour si j'étais en France, mais je vais le commander.
    En attendant je crains qu'un élève ou étudiant en France en cache un autre. On ne peut comparer un petit français issu de la culture nationale avec une éducation parentale typique et son "pote" qui vient d'un autre pays mais qui suit en France les habitudes ou coutumes familiales importées(à bon droit, dit-on souvent!). Cependant, question cruciale, le tirage se fait-il par le haut ou par le bas?
    Actuellement en Californie avec mon épouse américaine, je suis renversé par la manière dont les enfants sont gâtés et ne font que ce qu'íls ont envie de faire: les pieds chaussés sur le lit ou le divan, le non respect et l'ignorance des parents qui peuvent toujours parler, les exigences constantes, l'attitude à table(tu veux quoi?)- (Rien, j'ai pas faim) puis la ruée dans le frigo pour se gorger d'aliments divers: lait, confiture, chocolat, etc... puis les friandises dans le buffet. En ville, c'est: je veux ceci, cela... et les parents obtempèrent, suivant leur niveau de vie, of course. Nous avons reçu un garçonnet de 12 ans pendant 1 semaine et je n'en reviens pas de son arrogance et de son inculture. Je n'ai jamais vu ça en France. De toute évidence ses parents sont débordés et/ou ont jeté l'éponge.
    Il semble que dire NON à un enfant est un délit dans ce pays. De ceux-là on peut dire qu'ils sont des enfants gâchés.
    Nous n'en sommes pas encore là chez nous, c'est heureux. L'auteur du livre veut peut-être nous préparer à notre avenir?
    Christian Souchon

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé
Alain Juppé 2017
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