Blog Notes d'Alain Juppé

Notre France, notre Europe

Publié le 25/04/2005 par Alain Juppé

Le débat sur le traité constitutionnel restera, quoi qu’il arrive, un moment fort de la vie politique française de ce début de XXI° siècle.

Plus ce débat avance, plus je me dis que c’eût été une faute de l’éluder.
De nombreux correspondants continuent à me dire: tout cela est trop compliqué pour l’électeur « de base »; il aurait mieux valu passer par le voie parlementaire.
Je crois, au contraire, qu’en refusant au peuple la possibilité de s’exprimer, on aurait peut-être réuni tous les ingrédients d’une forme ou d’une autre d’explosion sociale.

Car le malaise est profond.
J’ai bien compris que, ce qui est en cause, ce n’est pas seulement le texte de la Constitution.
L’effort d’explication tant souhaité a été engagé. Les ouvrages qui traitent du sujet sont de vrais succès de librairie. Les émissions de télé se succèdent…
Certes, on continue à nous dire que le texte est trop compliqué. C’est un alibi.
La partie I, qui aborde les questions institutionnelles stricto sensu, c’est-à-dire le coeur de toute constitution, n’est ni plus longue ni plus compliquée que la Constitution française.
La partie II, « Charte des droits fondamentaux », est belle et agréable à lire.
La partie III est la seule qui mérite d’être qualifiée de touffue ; mais, paradoxalement, ce n’est (à peu de choses près) que le rappel des traités existants et c’est donc la seule qui subsisterait si le NON l’emportait!

Le problème, si l’on y réfléchit bien, n’est pas vraiment là.
Le problème, c’est que les Français, Constitution ou pas, ne voient plus en l’Union européenne, une construction qui leur apporte progrès et sécurité dans un monde gros de menaces, une « maison commune » au coeur d’une mondialisation qui les angoisse.
De ce point de vue, « l’approfondissement » de l’Union vient (trop?) tard après « l’élargissement », pour reprendre le jargon européen habituel.
Nos compatriotes ont le sentiment que l’Europe se dilue dans un ensemble sans contours ni identité; ils ne s’y reconnaissent plus.
J’ai toujours été partisan de l’adhésion rapide des pays européens de l’ancien bloc soviétique dans l’Union, et je n’ai pas changé d’avis. Mais aller au delà, évoquer l’entrée de la Turquie, de l’Ukraine, de la Biélorussie, qui sais-je encore… donner le sentiment qu’il vous suffit de frapper à la porte de l’Union pour que votre candidature soit aussitôt mise à l’étude, c’est prendre le risque d’accroître le vertige de nos peuples .
Un moratoire de 10 ou 20 ans sur tout nouvel élargissement me paraît une première condition incontournable d’apaisement et de retour de la confiance.

La deuxième condition, c’est de re-créer la foi dans le rêve européen.
C’est-à-dire de convaincre les Français -et pas seulement les Français- que notre projet, ce n’est pas un marché « unique », mais une construction politique, une Europe européenne qui ne soit pas ballottée par les forces incontrôlées d’une mondialisation subie, mais qui, au contraire, se fixe pour ambition de les maîtriser, le cas échéant de s’y opposer en mettant en oeuvre une stratégie offensive de croissance et d’emploi.
Oui, il est temps de sortir d’une logique de « concurrence pure et parfaite », pour conduire une nouvelle politique volontariste de recherche et d’innovation, comme le font les Etats-Unis , champion de l’interventionnisme industriel.
Car l’Union européenne ne se fera respecter politiquement par les superpuissancees du XXI°siècle, celle qui existe et celles qui émergent, que si elle demeure économiquement forte.

La France est confrontée aux mêmes défis. Elle n’a de chance d’être la locomotive de l’Union que si son économie retrouve le chemin de la croissance. Et pour cela nous devons cesser de nous voiler la face: nous ne conserverons pas notre niveau de vie et notre système de protection sociale si nous persévérons sur la voie de la RTT! Nous ne ferons pas face aux charges qu’entraîne d’ores et déjà et qu’entraînera plus encore demain le vieillissement inéluctable de notre population si nous restons allergiques à l’idée d’améliorer le taux d’activité des 55-65 ans.
Et qu’on ne vienne pas nous dire qu’en remettant les seniors en activité, on enlèvera des emplois aux jeunes! Aujourd’hui nous cumulons les inconvénients: fort taux de chômage des jeunes, faible taux d’activité des 55-65 ans.
De ce point de vue, la révolte contre la suppression d’UN jour férié est de mauvais augure. Il va falloir ouvrir les yeux!

Je veux encore croire qu’une majorité de Français vont se rendre compte qu’un succès du NON ne nous aiderait en rien à remonter la pente. Le NON français mettrait l’Europe en panne au moment où elle a le plus besoin d’accélérer.
Un NON français priverait notre pays de sa capacité d’entraîner l’Union dans la bonne direction, celle de l’action, de la cohésion, de la volonté collective.
A nos responsables politiques, dans le mois qui vient, de convaincre les Français que leur message a été entendu et que l’Europe demain ne sera pas celle de l’attentisme et du laissez-faire , mais d’une authentique « communion humaine ».
25/04/05

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38 commentaires pour « Notre France, notre Europe »
  • Luc BERNIMOLIN
    Le 22 Mai 2005 à 11 h 39 min
    Au lieu de chercher à reproduire et surtout interpréter "ce que pensent les français", vous êtes-vous demandé réellement, hors toute obligation partisane, amicale ou de convenance, ce que pourrait être l'Europe, réaliste et non politisée ?

    Je suis Européen dans l'âme et dans les faits - Français, d'origine étrangère (européenne !)- et je suis pour un grand rassemblement des nations ou des régions qui la composent.

    Rassemblement ne veut pas dire CONGLOMERAT...

    Ce qu'"on" nous propose est bien cela, pourtant, une "resucée" des recettes politiciennes, partisanes et irréalistes, prônées par des super-technocrates entièrement déconnectés de la vie réelle et incapables d'additionner 2 et 2 sans passer par une intégrale ou une fonction logarithmique quelconque.
    Cela, on le vit depuis plus de trente ans... et depuis trente ans, l'Europe fonctionne mal, privilégiant à droite et handicapant à gauche - ou vice-versa, de façon anarchique(il ne s'agit bien entendu pas ici de couleur politique ...).

    "On" a, vous avez, tout faux depuis le début !
    On a privilégié le Politique au détriment du Social, l'esprit de caste et le copinage au détriment de l'économie, le chauvinisme et les particularismes nationaux au détriment d'une réelle politique commune à long terme...

    Je vote NON en espèrant ainsi pouvoir casser cette désolante cacophonie.
    Je veux que ce "grenouillage" de caste cesse.
    Je veux que l'"on" arrête de vouloir penser et agir "pour moi", sans mon accord et dans des directions que je n'approuve pas.
    Je veux qu'on cesse de me dire qu'"on" me représente lors même qu'il ne s'agit que de se mettre en avant avec des arrières-pensées (évidentes, hélas !) nationalement électoralistes.

    Je vote NON, parce que ainsi, j'espère qu'il y aura enfin un groupe d'européens qui se mettront tous ensemble à l'oeuvre pour construire ensemble une vrai Communauté, pratique, réaliste et surtout, surtout, sans grandiloquence.

    Bien à vous,
    Cordialement,

    Luc B.

    PS : vous voyez que je ne suis pas moutonnier, même si je vous soutien à 100% par ailleurs ! ;oD
    Luc BERNIMOLIN
  • philippe joguet
    Le 20 Mai 2005 à 11 h 55 min
    Ne croyez vous pas que les hésitations des électeurs s'expliquent aussi par
    1) l'absence de bilan critique sur le fonctionnement de l'Union, qui auarait dû être un préalable au débat?
    2)par l'écart entre les avantages supposés de la Constitution et les interrogations des citoyens,
    Enfin, force est de constaer que les promoteurs du OUI se sont comportés , au début de la campagne du moins, comme les représentants des Lumières à l'égard du bon peuple réputé ignare, incapable de comprendre l'intérêt du pays...
    philippe joguet
  • jean paul Neugel
    Le 19 Mai 2005 à 23 h 19 min
    simple citoyen de base, j'ai pourtant bien saisi l'intérêt d'une Europe unie et forte. A mon avis le français moyen sait très bien de quoi il est question, il n'est pas idiot, mais exeptionnellement assisté,il a peur de perdre cette spécifité française et préfère garder ce douillet matelas comme une protection contre d'autres travailleurs européens plus démunis qui risqueraient de lui ronger une partie.
    jean paul Neugel
  • Fabien Garreau
    Le 09 Mai 2005 à 20 h 13 min
    :( C'est avec effroi que je viens de lire la Tribune de François Pinault dans Le monde qui annonce sa décision de renoncer à son projet de Fondations pour l'Art contemporain. Quel gachis! Pourquoi avoir détruit un symbole du fleuron de l'industrie automobile française qui a marqué l'histoire sociale et industrielle de notre pays pour en arriver là? On aurait pu en garder au moins quelques murs pour honorer la mémoire des ouvriers français et immigrés qui y ont travaillé.
    Tout cela n'est pas très réjouissant
    Fabien Garreau
  • Erick Eloundou
    Le 09 Mai 2005 à 17 h 07 min
    Bonjour Monsieur Juppé,

    Tout d’abord BRAVO pour votre Blog que je trouve très bien animé tout en donnant la possibilité d’élever un peu le débat en ces jours de campagne référendaire.

    J’ai parcouru avec attentions les différentes réactions à votre prise de position « Notre France, notre Europe » et je dois dire qu’enfin, je comprends mieux l’opposition au traité constitutionnel par toutes ces personnes que l’on a trop souvent tendance à renfermer dans une frilosité caricaturale (non à l’entrée de la Turquie, non à la perte de souveraineté française, non à la baisse du pouvoir d’achat et au recul social pour cause d’Europe).

    Si aujourd’hui je prends la peine de réagir c’est que je sens en moi une colère que Monsieur Hubert De Bailliencourt vient de faire exploser par ces quelques mots exprimés sur votre Blog pour illustrer son opposition au traité constitutionnel : « Je suis surpris que l'on puisse à la fois être gaulliste et en faveur de la dilution de la France dans ce qu'il faut bien appeler le magma européen. Comment pouvez vous concilier les deux ? »
    Ce monsieur ne comprend t-il pas que l’union fait la force ? Aujourd’hui ce n’est pas tant la concurrence européenne qu’il nous faut craindre et affronter que la concurrence mondiale. Nous ne sommes plus à l’air colonial où le poids des grandes nations ne se mesure qu’au nombre des pays « conquis » mais d’abord à celui de la puissance des alliances. Seule et isolée, la France serait non seulement diluée mais carrément inexistante face au super puissances que sont la Chine et les Etat Unis, pour ne pas citer le Japon ou encore l’Inde qui se profile.

    Je veux bien donner à ce Monsieur tout le respect qu’il mérite en tant que professeur d’économie et chef d’entreprise, même si j‘ai du mal à comprendre ses fonctions étant donnés l’étroitesse d’esprit qu’il démontre et le caractère réducteur de ses propos.
    Je suis d’origine camerounaise naturalisé français, diplômé de l’université d’Oxford (UK) avant de vivre pendant 6 ans a Francfort (Allemagne) pour y finir mes études et y travailler pour une entreprise Japonaise. L’Europe et le monde sont donc bel et bien une réalité quotidienne pour ma femme (bressanne de souche et polyglotte) et moi.
    J’appartiens à la dernière génération ayant du effectuer son service militaire, et en tant qu’officier de réserve active, je n’ai aucune leçon de patriotisme ou de gaullisme à recevoir de Monsieur Hubert De Bailliencourt, car le gaullisme c’est aussi une certaine vision de la pérennité de la grandeur de la France. Personnellement, je pense qu’aujourd’hui cela passe par une Europe forte avec la France dans le wagon de tête, tout en étant conscient des nombreux défis à relever avant d’y parvenir et des améliorations à effectuer.

    N’appartenant pas à la famille politique d’où est issu Le gaullisme, j’aimerai savoir, Monsieur Juppé, ce que vous ressentez lorsqu’on vous dit trahir le gaullisme puisque vous etes en faveur du traité constitutionnel ? Quelle est votre réponse a la question posée par Monsieur Hubert De Bailliencourt ?
    Erick Eloundou
  • Vincent GOUBERT
    Le 09 Mai 2005 à 11 h 51 min

    rêve est un terme clef.

    Jeremy rifkin dans son dernier ouvrage a mis le doigt dessus. Certes comme américain "de gauche" on comprend sa tendresse pour l'Europe.

    Mais personne ne présente ce traité constitutionnel de cette façon.
    Comme le début d'un rêve.

    Un rêve à caractère économique, assez verbeux, mais tout de même un rêve à l'échelle de l'Europe !

    Tout le monde et le monde entier cherche un rêve à poursuivre.

    Ce ne peux plus être le rêve commmunisme de l'URSS des années 50. Ce ne sera plus les Etats Unis dans une quinzaine d'année. Des révisions déchirantes sur le niveau de consommation (pas seulement energétique) et la répartition des richesses (laquelle ?) va secouer le modèle américain.

    Un nouveau rêve est donc à créer.

    Un réve devra toujours répondre à cette demande forte d'égalité :
    - économique. Le coté social européen)
    - des chances. Le coté entrepreneuship américain)
    - des religions. Le traité constitutionnel est sagement rédigé de ce coté

    Un rêve qui devra aussi répondre aux inquiétudes sur notre la persistance de notre environnement et la liberté d'accéder pour tous à ses richesses.

    Mes enfants pourront ils encore voir des ours dans 20 ans ? Cultiver leurs propres céréales libres de droits ?


    Un rêve qui devra aussi assurer la protection de la personnes face aux corporations. Protection des données personnelles, médicales, juridiques...


    Le traité constitutionnel est une ébauche de ce rêve.
    Ceux qui preferrent le non son probablement trop impatients, ils veulent passer le stade de l'ébauche.

    Comment rassurer ? Comment rendre l'ébauche vivante et faire vibrer un rêve en devenir.

    Il serait peut être bienvenu qu'un homme politique aussi "cadenassé" (*) qu'alain juppé montre qu'il peut rêver.



    VG.


    (*) "Ce n'est pas une image juste, c'est juste une image" - Godard.


    Vincent GOUBERT
  • Daniel G.
    Le 09 Mai 2005 à 01 h 14 min
    En discutant à droite à gauche en regardant des forums où le sujet est en débat, je vois des gens vouloir amender chacun leur petit article. Je vois des gens souhaiter que la constitution oblige les politiques de faire ceci ou de faire cela.
    Je me demande donc, n'y a-t-il pas une illusion de démocratie directe. Puisque pour une fois on nous demande notre avis. Et sur une texte primordial, n'y a-t-il pas une tentation d'y voir une démocratie directe.
    Pour une fois le peuple va pouvoir fixer un texte directeur qui va lier les politiques pour les années avenir. N'y a-t-il pas une tentation de rêver pouvoir y mettre toutes les contraintes du monde pour obliger ces hommes politiques si peu fiables à faire ce que demande le peuple.
    L'envie de croire ou de faire croire que le peuple va définir la politique dans ce texte et que les hommes politiques ne seront alors que des fonctionnaires en charge de l'appliquer?

    Finalement tout cela ne revient-il pas au problème de la méthode. Tout le monde se réjoui du débat vivant que le référendum a suscité (et moi le premier). Mais ce débat, était totalement absent de la campagne présidentielle. Une campagne présidentielle ou chaque candidat aurait porté un projet européen aurait permis un débat préalable à la négociation, on aurait d'ailleurs pu ratifier naturellement par le parlement, le président ayant naturellement eu mandat pour négocier.

    Certe l'europe de Jospin et celle de Chirac sont compatible, difficile de débattre.
    On aurait pu imaginer élir une assemblée provisoire (constitutante) chargée de la négociation et la ratification. On aurait eu le débat pour des éléctions (à la proportionnelle) ou chacun pourrait avancer ses propositions pour la constitutions. Un débat de proposition au lieu d'un débat de refus/acceptation.
    Cette assemblée aurait désigné les membres français de la commission et aurait ratifié finalement la constitution.
    On ne refait jamais l'histoire, mais cela n'aurait-il pas été plus démocratique et plus constructif?
    Daniel G.
  • Hubert de Bailliencourt
    Le 08 Mai 2005 à 19 h 42 min
    J'ai bien lu votre analyse aboutissant au vote positif.
    Sur le plan strictement intellectuel, on peut aussi brillamment se livrer à une analyse approfondie du dit traité pour aboutir à une conclusion totalement opposée, ce qui est mon cas.
    Mais pour ce qui vous concerne personnellement, je suis supris que l'on puisse à la fois être gaulliste et en faveur de la dilution de la France dans ce qu'il faut bien appeler le magma européen.
    Comment pouvez vous concilier les deux ?
    Je serai l'un de vos auditeurs jeudi matin à l'ambassade de Finlande:

    Signé
    H de Bailliencourt
    Chef d'entreprise
    Consultant
    Professeur d'économie à l'Essec
    Libéral (j'ai voté oui pour Mastricht) et...
    Villieriste
    Hubert de Bailliencourt
  • Dominique Fachon
    Le 08 Mai 2005 à 15 h 47 min
    Soyons réaliste, une grande partie de la population française se désintéresse de ce traité. J'ai organisé 5 réunions publiques dans le département de la Somme. Nous étions à peine une vingtaine à chaque rencontre. Une fois, grâce à un conseiller général nous étions 70 personnes. Il avait rassemblé ses fidèles ! Voilà pour le premier point. En deuxième point, l'Europe a toujours était présentée aux français comme "l'empêcheuse de tourner en rond". Que de fois n'a t-on entendu : "c'est la faute de l'Europe" alors que bien souvent, pour ne pas dire toujours, les décisions européennes avaient été prises en accord avec la France. La directive Bolkenstein en est l'illustration ! En troisième point,il est difficile pour beaucoup d'avoir la foi dans le rêve européen : sa monnaie, l'Euro a fait exploser les prix et on nous promet l'entrée de la Turquie dans l'Europe alors que nous vivons au quotidien la délicate intégration de nos français d'origine magrébine. Un grand malaise régne en France. Pratiquement toutes les couches de la société française sont mécontentes. Et le NON qui se profile ressemble plus à l'envie "d'un grand soir" qu'à un rejet de l'Europe.
    Dominique Fachon
  • guy collette
    Le 08 Mai 2005 à 11 h 18 min
    Oui je suis pour l'Europe; oui, je comprends qu'il faille voter oui...mais à bien y réfléchir où en sommes nous vraiment en France? L'activité économique est de plus en plus morose voire catastrophique...et le travail n'est plus valorisé au temps des RTT.Et l'Europe dans tout ça nous impose comme la France des lois ou directives qui finissent de décourager les plus entreprenants à l'heure où la concurence mondiale fait rage!
    La France est trop bien, trop gâtée, le "cul" dans un fauteuil et considère que rien ne changera. Notre égoîsme nous perdra!
    La démagogie politique paye plus ces dernières années que le pragmatisme; vous le savez mieux que les autres...c'est comme la mondialisation...les faits sont là et il faut se battre ....mais avec quoi face à ces redoutables concurents que sont les démagogues de gauche prêts à vendre n'importe quelle parole politique pour arriver au pouvoir! Face à un concurent qui casse les prix et qui n'a aucune charge il est très très difficile de se battre et de gagner...on fini par se décourager!
    C'est pareil en politique, au plan européen et national!
    J'aimerais vraiment pouvoir en discuter avec vous, car j'avoue qu'à 38ans et après 10 années à la tête d'une entreprise, j'ai comme beaucoup de personnes autour de moi , de très gros doutes quant à l'avenir de mon pays , de cette europe qui semble de plus en plus éloignée des réalités!...et de nous!
    Le malaise est très profond Mr Juppé et croyez bien que le peuple attend de vous, une écoute très attentive un rapprochement radical...l'europe nous propose et nous a fait vivre tout le contraire!
    De Gaulle taperait du poing sur la table s'il était encore là!

    guy collette
  • gilles L.
    Le 04 Mai 2005 à 16 h 21 min
    une fois de plus, le débat est confisqué par la politique-spectacle: après la pitoyable prestation devant les jeunes, c'est un quasi-monologue devant deux journalistes -carpettes; il fallait bien corriger le tir. Aucune question précise, mais des incantations et beaucoup d'invective à l'égard des contradicteurs, qui ne seraient ni européens, ni des gens convenables. Après les métaphores zoophiles( mouton noir), on a cherché un bouc-emissaire ( ce pauvre Mr Rafarin), mais on a pas osé le répéter devant les téléspectateurs .Mais de cette constitution , quand est-ce qu'on en parle ?,au fait, l'a-t-il lue ? on peut se poser la question devant les affirmations proférées la main sur le coeur.Deux-au passage: hier , c'étaitl'harmonisation sociale, en leitmotiv, alors que le texte l'interdit( bah, dix ans après la "fracture sociale" jamais consolidée, on peut se tromper...); avant-hier, c'étaitle devenir de la loi sur la laïcité " sauvée" par notre Conseil constitutionnel, alors que c'est la Cour de Justice Européenne qui tranchera.(mais les téléspectateurs retiendront que la position du jeune beur était"bien fragile ..."pour l'oligarque.
    Si le débat ne vole pas haut,c'est peut-être la faute du pilote.
    Le débat sur la constitution de notre Europe méritait mieux, et notamment des questions précises sur ce fameux traité constitutionnel : ne s'agit-il pas plutôt d'une vraie Constitution, qui définit un véritable Etat? dans ce cas , à quoi cela rime-t-il d'en vouloir réduire la portée en laissant accroire que les lois, , réglements et décisions ,n'auront pas la supériorité absolue sur les lois et constitutions des états membres ?
    "Traité constitutionnel " au moins une antinomie, , certainement une litote; pour ne pas effrayer les plus gaullistes de l'UMP... Mais le vrai problème c'est qu'une Constitution , ce ne devrait pas être l'oeuvre d'un petit groupe de gens - certes éminents- mais non élus.Nous avons déja au sein de notre propre système un sacré déficit democratique (combien de referendum en dix ans?, rôle bien modeste du parlement ), ors ce texte nous propose de diluer encore plus les possibilités de contôle democratique ( au 1/450000°) dans un système où la seule légitimité elective sera celle de l'Assemblée. Le Conseil est une oligarchie de représentants des exécutifs nationaux; La Commission serait-nous dit-on- mieux contrôlée per les deux premiers : mais c'est la Commission qui garde l'initiative legislative ( lois, reglements, décisions)ce qui réduit le rôle du P arlement, d'autant que le seul Conseil s'approprie certains domaines législatifs...franchement, quand on voit avec quel laxisme nos propres élus,ministres des affaires européennes et commissaires on laissé passer certains textes, on peut se demander de quels garde-fous disposeront les peuples de l'Europe.
    La France d'en bas se pose des questions , elle peut se tromper, ne pas tout comprendre, au spécialistes d'en faire la démonstration , mais pourquoi craindrait-elle de "mettre en panne", si c'est pour mieux construire.
    Est-ce convenable?
    PS: quand on voit les millions d'Euro lâchés ces dernières semaines par les institutions européennes ,pour séduire l'electorat français:on sourit, "timeo danaos et dona ferrentes"
    gilles L.
  • christiane depret
    Le 02 Mai 2005 à 22 h 55 min
    Bonsoir Monsieur Juppé,
    La constitution européenne n'est pas angoissante. La france a le droit de s'en défaire si elle le souhaite et elle conserve son autonomie en matière militaire, même si contrôlée.
    Je pense plutôt que c'est la France qui est angoissante et plus particulièrement sa classe dirigeante qui ne cherche aucun moyen pour coexister avec son peuple.
    D'autre pat, qui dit Europe dit voisins européens et nous n'en entendons jamais parler. Je suppose qu'eux aussi ont leurs problèmes et peut être d'une nature différente.Il me semble que ce sont les décisions européennes qui ont amené les baisses de production et l'arrivée de la RTT.Cependant, d'autres pays travaillent moins que nous. Comment font ils? Il faudra toujours une France et une france dans l'europe et une france dans le monde, mais je constate que pour bon nombre de "politique" sous des airs de OUI cachent un NON tout a fait inavouable ?J'aimerais beaucoup savoir ce que sera la France dans 5O ans j'aurai alors 96 ans.Existe t'il encore un projet à long terme SI oui lequel?
    Merci d'avoir pris quelques minutes de votre temps pour me lire. J'ai des tas d'autres questions mais ce n'est pas l'endroit idéal pour les poser.

    christiane depret
  • Francois Adoue
    Le 02 Mai 2005 à 19 h 03 min
    Le débat qui se déroule en France actuellement, montre que finalement, il est possible de mener de vrais debats, ainsi qu'une vraie réflexion sur les choses qui comptent pour les Francais.
    Il me semble que à la suite de ce débat sur le Traité de Constitution, il y aurait la place pour une vraie réflexion profonde sur, par exemple le problèmle du chômage ! peut etre serait il possible de mener ce vrai débat, mobilisant l'ensemble des acteurs. Je suis pret à y contribuer !

    Bien a vous
    Francois Adoue
  • Laurent Barthélemy
    Le 29 Avril 2005 à 12 h 13 min
    Concernant ce jour ferié ... comment peut-on accepter une seule seconde qu'une entreprise publique et structurellement immensémment déficitaire comme la SNCF, puisse décider cette mauvaise farce ?
    C'est le gouvernement autant que la SNCF qui est indéfendable, sur ce coup là. Et comme d'habitude, c'est le privé qui va travailler pendant que la fonction publique se reposera (en grêve ou non) au soleil.
    Hallucinant de renonciation de la part de l'état.
    Laurent Barthélemy
  • Pierre-Yves R
    Le 28 Avril 2005 à 19 h 56 min
    Lorsque je lui demandai, il y a 7 ans, quel était son premier souvenir d'enfance, mon Bon-Papa me regarda droit dans les yeux et me répondit : "je me souviens très bien de ce jour où, attendant sur le quai de la gare, je vis venir à moi mon Papa qui rentrait, gazé, du front. C'était en 1917, j'avais 7 ans".

    Lorsque je lui appris, quelques années auparavant, qu'un de mes très bons amis se mariait avec une jeune femme allemande, il me dit : "Pierre-Yves, je trouve cela formidable, mais je suis content que cela ne soit pas toi, car j'aurai eu du mal en rencontrant ses parents et grands-parents, à serrer la main d'un Boche".

    Je me trouvais par chance en vacances en Autriche avec des amis de différentes nationalités pour fêter le nouvel an 2002 : nous nous sommes amusés comme des gamins à découvrir les variantes nationales des pièces en Euros (chacun ayant acheté chez soi son petit sachet échantillon de 15E). Nos amis Allemands nous lâchèrent, après quelques bières : comment pourrait-on être fier d'être Allemand, avec une telle Histoire ?

    Je suis fier de me sentir aujourd'hui autant Français qu'Allemand, puisque je me considère, avant tout et définitivement, Européen.

    Français restés Français, ne cassez pas la marche de ce REVE EUROPEEN qui appartient à vos enfants.

    Tel est mon humble appel.
    Pierre-Yves R
  • Régis de BONY
    Le 28 Avril 2005 à 14 h 49 min
    Monsieur le Premier ministre,

    L'actuel débat politique prend au fil des jours toutes les caractéristiques du "tir à la corde":
    - 30 costauds, droitiers et gauchers pour dire OUI;
    - 30 costauds, droitiers et gauchers pour dire NON.
    Tous, immobiles sur leurs positions, tirant sur le traité comme des bêtes devant les spectateurs
    français et européens assez stupéfaits de ce qui se passe et se dit sur les médias.

    Pour que le OUI l'emporte, et je suis de ceux qui le souhaitent, ne pourrait-on détendre la corde en présentant le traité comme un bon compromis pour chaque nation ?
    Des deux camps, celui qui l'emportera sera le premier qui changera de stratégie;
    Il faut imaginer 30 costauds tirant sur une corde au bout de laquelle il n'y a rien.

    BONY 4
    Régis de BONY
  • Philippe LANOIR
    Le 28 Avril 2005 à 12 h 33 min
    Cher Monsieur Juppé,

    Voici le texte du message que j'ai envoyé à quelques uns de mes amis adhérents UMP de ma ville (Issy-les-Moulineaux)à propos du problème actuel avec la Chine.
    Je serais heureux de connaitre votre opinion, même si vous la formulez de façon plus prudente que la mienne!
    "Chers amis,

    Ma conviction est que dans un mouvement politique comme le nôtre, il faut débattre de tout ce qui est important. D'où ce message qui se veut le début d'une discussion entre nous.

    Conseiller à l'ambassade de Chine auprès de l'Europe, M. YOUHOU LIOU a déclaré devant une commission du Parlement Européen: "il nous faut vendre 20 millions de chemises pour acheter un Airbus". Nous venons de vendre 30 Airbus à la Chine!
    Que le calcul soit exact ou éxagéré ne change rien au problème.
    Depuis de nombreuses années, les pays européens dont le nôtre ont profité de l'ouverture des marchés de pays comme la Chine en échange de la promesse qu'au 1er janvier 2005 l'Europe ouvrirait à son tour son marché textile. Il y a 30 ans, le groupe Rhône-Poulenc où je travaillais a vendu une usine de nylon à la Chine. Depuis, tous les industriels européens ont vendu et investi en Chine. Ceci a permis de créer des centaines de milliers d'emplois en Europe.
    Tout les responsables (ce mot veut dire quelque chose...) savaient que les emplois européens dans le textile étaient condamnés. Qu'ont-ils dit, qu'ont-ils fait? Quelles collectivités locales ont tenté de préparer la reconversion? Qu'ont fait les industriels du textile, brillament représentés par Guillaume SARKOZY pour préparer la reconversion de leur personnel? Un bon nombre d'entre eux ont investi en Chine ou en Inde, et on ne peut le leur reprocher, c'était leur devoir. Mais qui s'est soucié des salariés?

    Aujourd'hui, l'inconscience coupable de nos dirigeant est en train de détruire notre présence commerciale en Chine! Nous sommes très heureux de nos 30 Airbus. OK, mais ils ne sont ni livrés ni payés. Les chinois peuvent encore changer d'avis. Nous aurons les importations et nous n'aurons plus les exportations! Beau travail! Comme ils doivent bien rire les dirigeants de Boeing.... Tout cela par pure démagogie."

    Fidèlement Vôtre.

    Philippe LANOIR

    Philippe LANOIR
  • francois senelet
    Le 28 Avril 2005 à 08 h 49 min
    cher Alain Juppe,boujour, vous avez raison d'affirmer que les Français se préparent de beaux lendemains si le non passe...la France sera la vassale des autres!!!un piont c'est tout!
    nos concitoyens ont peur de l'europe!!ça fait des mois que les communistes pratiquent une intensive déinformation au sortir de la plupart des lieux publics ( marchés notamment!) par l'interpellation quelquefois rugueuses des gens ( faut impressionner le badaux!).
    à l'opposé, une communication lamentable des politiques, qui ne favorise pas la reflexion mais au contraire ne fait qu'augmenter le potentiel d'inquiètude par un manque évident de conviction!
    il est encore temps d'entamer une série d'actions d'information pour faire progresser l'idée que l'europe a été faite au départ pour que la paix y règne une bonne fois pour toute, et qu'elle nous permettra de moins subir l'hégémonie américaine...et bientôt chinoise...n'oublions pas les indes avec leur 200 millions de cadres moyens prêts à bosser n'importe ou pour quelques roupies de plus!
    l'acte le plus mortel pour nous sont les 35h...et la paresse des français, il faut oser le dire, et notamment, pardonnez ma franchise, d'une bonne partie de la fonction publique, souvent payée à ne rien faire...
    je vous rappelle que l'espagne paie ses fonctionnaires au mérite depuis quelques années sans que celà ait induit des mouvements de révolte dans ce pays au peuple très réactif!pourquoi pas nous?
    reconnaissez aussi qu'il n'existe pas assez de cohésion politique en europe si on se réfère par exemple à la guerre en l'Irak, et qu'encore une fois les britanniques font le jeu des américains...
    pour rassurer nos concitoyens il faut les persuader qu'ils participent à la construction de leur europe plus qu'ils ne la subissent!
    quand allez vous revenir ?
    vous nous manquez.


    francois senelet
  • Franck Capdeville
    Le 27 Avril 2005 à 23 h 04 min
    Bonsoir . Et tout d'abord pardonnez ma provoque ( message : plaidoyer pour le oui ) . Un peu d'humour , même grinçant , ne fait après tout pas de mal... Je voulais seulement souligner que vous mêmes comprenez les réserves émises par vos concitoyens, sans pour autant les partager .
    Je vais voter "oui" , c'est bien sûr , je devrais dire "bien obligé " .Au demeurant que faire d'autre ? La menace chinoise est là , parmi la multitude des menaces , pour nous détourner d'un fatal isolement . A Giscard , premier artisan de ce traité à mon tour de répondre "oui...mais..." ."Oui" à l'Europe de la raison qui dit "non" à l'Europe du coeur .
    De même qu'il n'y a plus d'"aveugles " mais seulement des "non-voyants" , de même qu'il n'y a plus de "sourds" mais seulement des "mal-entendants " , plus de "nains" mais des "personnes de petite taille "...liste très loin d'être exhaustive ,l'"Union européenne " a collé son étiquette sur celle du "Marché commun" , moyennant un habillage larmoyant de voeux pieux . Faute de véritable union fiscale sociale , politique , je vais voter "oui" , contraint et forcé , mais il est hélas déjà bien trop tard et à pratiquement 27 (!) nous sommes de surcroît trop nombreux
    Franck Capdeville
  • edouard willems
    Le 27 Avril 2005 à 22 h 15 min
    Monsieur
    La victoire du "non" qui s'annonce si elle est une mauvaise nouvelle pour la france elle est , en revanche , une bonne nouvelle pour l'europe.
    Pensez donc , 1100 milliards de dette publique , 7.5 millions de chomeurs en données brutes ,un déficit social de 7 milliards ....un pays en quasi faillite , qui ne peut etre qu'un boulet pour l'europe.
    Alors en tant que belge je ne souhaite pas que la france ratifie la constitution , nous n'avons surtout pas besoin d'un canard boiteux comme la france.
    Bravo aux politicards nullisssimes , dont vous faites partie qui ont plombés depuis 20 ans la france.
    edouard willems
  • Xavier MISSET
    Le 27 Avril 2005 à 16 h 53 min
    Un avion ça pollue en faisant du bruit et en rejetant l’essence brûlée.
    Un gros avion, quand ça tombe, ça fait des centaines de morts.
    Qu’avons-nous humains à vouloir nous déplacer sur toute la planète ? La France est un beau pays; restons y ! pas besoin de gros avions !

    Et pourtant la France s’enthousiasme sur le projet Airbus 380.

    Et pourtant la France aurait pleuré s’il y avait eu un crash lors de essais de ce matin, pleuré en silence comme elle a pleuré lors du crash du Concorde. Pleuré parce que ce sont de beaux projets, porteurs d’avenir, porteurs d’emplois, porteurs de richesses pour le pays.

    Pouvons-nous imaginer que la France seule aurait été crédible sur un tel projet ? Tout au plus aurions-nous eu Air France et British Airway comme acheteurs. Pouvons-nous imaginer qu’un projet d’une telle ampleur pouvait se faire sans nos partenaires européens ? Pouvons-nous imaginer que sans les progrès de l’intégration économique nous aurions pu mener ce projet avec plus de 5 partenaires européens ?

    Les partisans du non me font pensé à ces dénigreurs des premières phrases. Leurs propos ne sont pas entièrement faux mais ils ne sont pas non plus portés vers l’avenir.

    Et le non du 29 mai aurait pour moi toutes les apparences d’un crash de notre A 380.
    Xavier MISSET
  • Paul Saint-Bézard
    Le 27 Avril 2005 à 16 h 36 min
    beaucoup de français, qui se préparent à voter non, pensent qu'un vote négatif pourrait bloquer l'élargissement sans fin et suicidaire de l'Europe.
    Ils sentent bien que l'Europe se dilue et que les nouveaux entrants, quémandeurs et aux faibles économies, ne font que tirer vers le bas les membres fondateurs..
    En 50 ans, l'Europe des 6 puis 10 puis 15 ne s'est pas suffisamment renforcée. L'évolution actuelle va arrêter définitivement l'Europe politique. Les successeurs de De Gaulle et d'Adenauer n'ont pas étés suffisamment courageux pour avancer plus vite l'intégration : je pense que notre chance est passée. Maintenant l'on se dirige vers une Europe purement marchande : Blair a gagné..
    Paul Saint-Bézard
  • Julie Kertesz
    Le 27 Avril 2005 à 15 h 39 min
    Je parle déjà dans mon blog "Il y a de la vie après 70 ans" de la question européenne.

    Après une discussion avec mon fils "c'est surtout les vieux qui soutiennent hélas le oui" j'ai réfléchi :

    il faudra peut-être demander à chanter un jeune sur l'Europe, la jeunesse, et le oui !
    Julie Kertesz
  • Pierre MARREL
    Le 27 Avril 2005 à 12 h 00 min
    Hormis la rédaction, qui est un florilège de "politiquement correcte", on ne peut rien, en effet, reprocher à ce texte. D'ailleurs, je l'approuve sans réserve sur le fond.
    Par contre, il me semble que le discours de campagne n'est ... pas à la hauteur ! Les arguments tels que "il faut voter oui parce que ce sera mieux" ou "il ne faut pas voter non parce que cela sera moins bien" n'apportent aucun éclairage et tiennent de l'incantation. Il nous faut (lire : à ceux qui sont indécis ou partisans du non) un projet d'avenir clair et défini, le sentiment qu'on s'engage vers quelque chose dont on puisse être fier, qui puisse nous motiver.
    Je reprends par ailleurs volontiers à mon compte ces mots de Francis Huster « Si je vote OUI, je dis NON à quoi ? et si je vote NON, je dis OUI à quoi ?»
    Pierre MARREL
  • Christophe Birge
    Le 26 Avril 2005 à 22 h 24 min
    Monsieur le Premier ministre,

    Cela fait un moment que l'Europe au sens auquel on l'entend actuellement ne me fait plus rêver. D'ailleurs, elle ne fait plus rêver grand monde. C'est peut-être dommage, mais c'est ainsi. La France, elle, me fait encore rêver.

    Toutefois, je pense que je vais voter OUI, pour une raison très simple : je pense que sans cette constitution, la situation sera plus cauchemardesque ! Grâce, par exemple, à ce principe des coopérations renforcées, la France sera peut-être un peu moins prisonnière des autres. C'est triste à dire, mais si les eurosceptiques se rendaient compte que voter OUI, c'est aussi limiter les dégâts, le OUI l'emporterait...

    Et quel effet désastreux, à la veille du referendum, que cette affaire de textile chinois ! Quel effet désastreux que ce commissaire européen qui annonce qu'il ne va pas se precipiter pour décider quoi que ce soit !

    Bonne chance en tout cas pour cette campagne et bon courage aux partisans du OUI !
    Christophe Birge
  • Sébastien Daziano
    Le 26 Avril 2005 à 19 h 41 min
    Monsieur le Premier ministre,

    Je viens de lire votre message sur la Constitution européenne et votre interprétation des actuels sondages qui laissent penser que le non l'emporterait.

    Jeune Français, je suis particulièrement marqué, depuis un certain temps, par le décrochage que je constate entre la classe politique de notre pays et les Français. Les élections récentes de 2002 et de 2004 auraient pourtant du alerter nos hommes politiques sur le message que souhaitaient faire passer les Français. Or, ce message, quel est-il ?

    Il est celui d'une France qui s'aperçoit, de plus en plus, d'un déclassement de notre pays par rapport à nos principaux partenaires dans les domaines les plus importants de notre vie collective : une économie moribonde depuis vingt ans, un taux de chômage des jeunes de 20%, une dette publique qui a triplé depuis 1980, des gains de productivité qui s'élèvent à 1% contre 4% du PIB aux Etats-Unis, un PIB/habitant aujourd'hui moins élevé qu'en Irlande ou au Royaume-Uni et un système scolaire qui ne permet plus de jouer son rôle d'insertion et d'ascenseur social.

    Je suis particulièrement inquiet par l'incapacité collective que nous avons, en France, à simplement faire le constat que notre pays subit aujourd'hui un réel déclassement par rapport à nos principaux partenaires. Déclassement qui se produit au moment même où des pans entiers de pays du Sud, dont la Chine, sorte de la pauvreté, transformant radicalement le capitalisme et la mondialisation.

    Les réactions des électeurs reflètent profondèment cette situation du pays.

    Par ailleurs, l'absence de définition du projet européen entraîne un manque de clarté flagrant dans le débat actuel. Si l'Europe avait des frontières, si elle était un espace de croissance économique reconnue et si elle savait affirmer, au travers de nos gouvernants, un modèle institutionnel et social propre, le message qui est porté par la Constitution européenne serait davantage écouté.

    Voilà simplement en quelques mots, Monsieur le Premier ministre, ce que je pense de la situation de notre pays et de ce que signifie le vote du 29 mai prochain.

    En espérant bien évidemment que ce constat, aujourd'hui partagé par de nombreuses personnes, sera peut être à l'origine d'une transformation radicale de nos institutions, de notre économie, de notre modèle social et de la manière, plus largement, dont les Français voient et appréhendent l'Europe et la mondialisation.

    Sébastien Daziano
    Sébastien Daziano
  • Arlette
    Le 26 Avril 2005 à 18 h 57 min
    Inconditionnelle du OUI qui me paraît évident,ne serait-ce que pour le maintien de la paix en Europe: peut-être suis-je plus sensible à cet argument en raison de mon âge? Les électeurs qui sont nés après 1945 ne voient pas toujours les choses de la même façon...Je suis également très choquée par l'égoïsme ambiant qui se manifeste de plus en plus à l'égard des anciens: rappelez-vous les abandons durant la période de canicule, et maintenant le lundi de Pentecôte! Pas de quoi être fière des Français...Et pourtant de nombreux retraités s'investissent dans des associations de tous genres et sont BENEVOLEMENT au service des autres,quel que soit l'âge de ces derniers. Alors, que faire? Règlementer le fonctionnement des associations pour plus de souplesse et, en même temps , plus de rigueur, permettre leur multiplication pour l'aide aux vétérans ( ceux-ci consommeraient davantage s'ils avaient la possibilité de se déplacer par des moyens de transport adaptés, par exemple...)ouvrir les yeux des jeunes (filles comme garçons) sur les handicaps de la vieillesse (pourquoi n'existerait-il pas des stages obligatoires dans les hôpitaux, les maisons de retraite,etc pour donner des U.V. aux candidats des examens, comme il existe des stages dans les entreprises? La vie humaine aurait-elle moins d'importance que le fric ?) Et pour couronner le tout, une nécessaire publicité dans les médias afin qu'il devienne "dans le vent" de s'occuper un peu des autres: si snobisme il y a, autant qu'il soit fécond!
    A force de rêver, peut-être forgerons-nous une meilleure réalité?C'est le souhait que je forme et que, je l'espère, vous partagerez...
    ?
    Arlette
  • Vincent Lafourcade
    Le 26 Avril 2005 à 15 h 02 min
    M. Juppé, si vous saviez, je suis tellement d'accord avec vous! Je suis étudiant à sciences po Lyon, et comme je vous l'ai écrit plusieurs fois je suis profondément en faveur du oui pour le referendum du 29 mai. En réalité, le non qui ne cesse de grimper me fait très peur car quoi qu'on en dise, il signifie un non latent à l'Europe prononcé par les français. Comme vous le dites, il y a une vraie peur, un vrai questionnement des français sur l'Europe. Et ceci se traduit par un repli frileux, une politique de l'autruche. Il y a, il me semble, un véritable aveuglement des français: aveuglement quant à la réalité économique et politique actuelle de la France, de l'Europe et du monde. Nostalgie aveuglante d'un passé bienheureux, d'un âge d'or des trente glorieuses dont on ne comprend pas qu'il ne puisse pas durer ad vitam eternam, mais aussi inquiétude quant à l'avenir, notamment avec la vision d'un univers mondial agressif oscillant entre mondialisation ultralibérale effrénée et un danger terroriste permanent... Ce que je ressens dans le non français, c'est de la nostalgie et de la peur.
    Pour autant, parmi les pro-non il y a de nombreux pro-européens. Ils affirment ne dire non qu'à une proposition de constitution et pas à l'Europe. Personnellement je ne suis pas d'accord. Même si dans les faits c'est la vérité, il me semble clair que si la France dit non, que les partisans du non soient anti ou pro-européens, l'image générale qui en ressortira au regard des autres pays européens et du reste du monde, ce sera un non à l'Europe (Que pensera l'australien qui lira dans la presse que le peuple français a dit non à un projet de constitution rédigé par un français?). Et je suis convaincu que cette image de la France et des français sera particulièrement difficile à effacer (les étiquettes se décollent difficilement), notamment pendant les longues années qui vont s'écouler avant qu'une nouvelle proposition de traité ne voie le jour. C'est l'une des grandes raisons qui me pousse à voter oui. C'est aussi pour cela que j'admire les espagnols qui ont plebiscité en masse le traité: l'image que j'ai des espagnols est un peuple confiant en l'Europe, qui regarde l'avenir des nations européennes avec engouement. Allez savoir pourquoi, je vois dans le peuple espagnol des jeunes qui agitent un drapeau européen, qui chantent l'hymne à la joie de Beethoven, l'hymne européen, le sourire aux lèvres. Je vois une nation confiante et heureuse. Inversement, je me dis que l'image qu'auront les espagnols des français après le non sera celle d'un peuple apeuré, inconscient, égocentrique et frustré. Cette vision des français est pathétique... Pourquoi est-ce que je me sens si seul à voir dans l'Europe un avenir formidable, porteur d'espoir, de paix et de prospérité? Je ne comprends pas le non des autres jeunes, notamment des autres étudiants à l'IEP de Lyon. Comment ne pas comprendre que dire non mettra un sérieux coup de frein à une construction européenne qui est l'une des plus grandes chances qui nous est offerte pour nous, la jeune génération? Comment dire non à l'Europe, après tous ce qu'elle nous a déjà offert: les étudiants qui partent pendant un an en université étrangère dans le cadre des échanges ERASMUS, sans avoir à changer de monnaie, sans avoir à faire de visa, vont-ils voter non? Mes amis qui partent travailler en job d'été à Barcelone, à Londres ou à Berlin voteront-ils non eux aussi? Avoir des amis étrangers aux quatre coins de l'Europe, n'est-ce pas une chance formidable? Moi, je vois en l'Europe une union des peuples, et je vois dans le oui à la constitution un engagement du peuple français dans l'une des constructions politiques les plus incroyables jamais réalisées. Je vois dans le oui un regard lucide sur la réalité: une Europe forte et unie politiquement, socialement et économiquement est indispensable pour l'avenir, et contruire l'Europe à 25 nécessite avant tout des compromis. Les Français devraient peut-être apprendre à en faire un peu plus... A ce titre comme vous le montrez, refuser de travailler le jour de pentecôte est révélateur... Pour conclure, je voudrais citer une anecdote: en tant que musicien, je suis passionné de musique classique. L'Europe, d'un point de vue culturel, je la vois, ou du moins je l'entends tous les jours: ainsi j'écoute un opéra chanté en allemand par des cantatrices italiennes, sur une scène hollandaise, avec un orchestre français dirigé par un chef lui aussi français. Je trouve ça magnifique, et merveilleusement harmonieux!
    Vincent Lafourcade
  • Abdelatif Chichkebab
    Le 26 Avril 2005 à 12 h 50 min
    Comme vous le soulignez si justement, il est facile d'user de démagogie en associant l'entrée de la turquie dans l'UE à l'issue du referendum sur la constitution européenne. Or cette thèse, quand on prend la peine de se distancier vis-à-vis des discours populistes de tous bords (ils sont de gauche en général, mais aussi, et il faut malheureusement le reconnaitre, d'une certaine droite en la matière), les 2 thèses ne peuvent etre lié : la majorité des tenants du OUI, je pense ici au vote du bureau de l'UMP, sont à la fois de vigoureux défenseurs de la constitution et farouchement opposés à l'entrée de la Turquie dans l'UE.

    Pour une fois, sachons rompre avec nos peurs irrationnelles, et sachons faire confiance à une majorité (de droite) pour nous protéger d'une dilution de l'Union Européenne dans un élargissement trop poussé et/ou trop rapide...
    Mais avant cela, il faudra bien sur voter OUI auparavant...
    Abdelatif Chichkebab
  • Sylvain de Mullenheim
    Le 26 Avril 2005 à 12 h 22 min
    Merci pour ce morceau, qui donne du sens. Je crains cependant que si la direction générale - donner de la vision - est bonne, elle me semble encore incomplète. Vous comparez l'UE aux Etats-Unis, à la Chine et à la Russie en recourant à la seule grille de l'économie. Hors les sociétés américaines, russes et chinoises ne se sont pas construites sur l'économie, mais plutôt sur une langue commune (pour la Russie et la Chine), et des valeurs culturelles transcendentales (le Dieu et la liberté de la Constitution américaine, l'orthodoxie russe et le confucianisme chinois).
    Donner du sens à l'Europe à coups de taux de croissance me semble aussi illusoire que faire rêver les foules sur la courbe de la balance extérieure.
    Reste les valeurs. Celles de l'Europe sont floues, donc pèsent sur la détermination précise du projet global européen, donc sur les peurs face à des élargissement successifs, particulièrement à des pays musulmans. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, je suis persuadé qu'une affirmation forte, claire, sans tabous, mesquineries ni ambiguïtés de la nature exacte du grand projet européen faciliterait l'intégration de l'Islam. Mais cela demande une remise à plat institutionnalisée... de quoi provoquer du bruit et de la fureur dans nos villages.
    Sylvain de Mullenheim
  • cyril sauveniere
    Le 26 Avril 2005 à 11 h 31 min
    Certe certe monsieur le premier ministre, il faut réformer !!
    Mais que l'état montre l'exemple, un examen de consceince de nos élus est également nécessaire. Parler de réduire le niveau de vie des citoyens serait moralement acceptable si l'état et ses élus acceptait de supporter leur part. Cette réforme la n'est malheureusement pas prète d'être entamée.
    ps: les réactions qui figurent sur votre "blog" retirent de la crédibilité au site. Elle sont vraiment trop beni-oui-oui. Même lorque l'on est "fan" on doit pouvoir exprimer des avis personels et divergeants.
    cyril sauveniere
  • Nicolas Gascoin
    Le 26 Avril 2005 à 10 h 26 min
    Vous dites: "il est temps de sortir d'une logique de "concurrence pure et parfaite", pour conduire une nouvelle politique volontariste de recherche et d'innovation, comme le font les Etats-Unis [...]"

    Je suis de moins en moins convaincu qu'il faille venir contrer les USA sur leur terrain, en employant les mêmes méthodes. Je n'en nie pourtant pas la necessité. Le modele de l'URSS etait formidable il y a 50 ans...voila le resultat. Ne nous leurrons pas! La mort des USA est annoncée. La Chine prend deja la releve. Toute economie reposant sur les USA (c'est notre cas) s'effondrera avec. Chronique d'une mort annoncée. On s'en doute de plus en plus mais on y court encore plus vite...Contradiction bien Francaise; europeenne a present! N'y a-t-il donc aucune autre solution?

    Vous dites aussi: "la révolte contre la suppression d'UN jour férié est de mauvais augure. Il va falloir ouvrir les yeux".

    Je ne vous contredis pas sur la faineantise aigue qui nous guette en France. Peut-etre nous aidera-t-elle d'ailleurs à mieux sombrer avec les USA...Mais ne nous trompons pas de combat. Je ne suis ni pour ni contre la pentecote. J'hesite. Mais là ou je suis sur: c'est que pour l'aide aux personnes agées, il ne servira à rien de travailler plus. Cet argent n'ira dans leurs poches, au mieux, que les quelques premieres années (cf vignette automobile...l'histoire etant un perpetuel recommencement). Commencons par demander à tout ceux qui piquent dans les caisses communes d'y remmettre l'argent. Poursuivons les politiques (qui n'ont de "responsabilité" que les dividendes et non les engagements...) qui se goinfrent allegremment sur notre dos et se faufillent à travers les mailles du filet (vous en avez malheureusement fait les frais). Traquons les depenses inutiles, le gachis public, les aides à ceux qui en profitent sans en avoir besoin. L'argent est là! A l'ère de l'économie (au sens d'économiser) et de l'écologie, il faudrait savoir l'appliquer à l'Etat et ses collectivités plutot que de toujours reclamer que nous comblions les manques. (rapport ici avec le malaise dont vous parliez entre petit salarié et grand patron). Le peuple sera plus compréhensif et travailleur si il vois que cela servira vraiment sans etre gaspillé au profit de certains...L'interet de la communauté avant tout. C'est cela l'état. Rien d'autre. Alors ne fustigeons pas les decus de la pentecote. Je les comprends. Cette mesure ne changera rien pour nos p'tits vieux.
    Nicolas Gascoin
  • Pierre DRUESNE
    Le 26 Avril 2005 à 10 h 23 min
    Vous avez tout à fait raison dans votre analyse. La toute récente Europe à 25 comprend 460M de citoyens et 26 autres pays "Européens" de taille très diverses sont à la porte comprenant 342M d'habitants. Un moratoire est indispensable sous peine de fiasco total. L'Allemagne si puissante autrefois n'a toujours pas digéré sa réunification 15 ans après. Mettons les 25 sur les rails d'abord.

    Toutefois, les solutions que vous envisagez au mal français sont typiquement de détricoter ce que vos adversaires politiques ont tricoté à savoir les RTT par exemple. Et le vrai mal français il est là: absence totale de continuité dans l'effort. Croyez moi, les RTT les salariés les ont très largement payé par des améliorations de leur productivité, au delà même du raisonnable pour beaucoup. (D'où le stress). La pentecôte n'y changera rien, sinon un débat franco français inoportun.
    Le seul vrai changement serait à l'échelle du continent Européen dans une politique générale d'harmonisation progressive des régimes fiscaux, TVA, convergence des niveaux de rémunération à minima, horaires de travail etc... autant de problèmes aujourd'hui laissés à l'initiative de chacun. On nous parle toujours de AIRBUS comme modèle mais on devrait créer un équivalent par mois en Europe dans la recherche l'armement l'industrie etc....
    Remettre les vieux au travail ne peut être compris que si le taux de chômage des jeunes diminue, ou tout au moins que les deux mesures aillent de pair. En gros la transformation des systèmes de retraites doit être accompagnée d'une politique efficace pour l'emploi des jeunes.(20% de chômeurs)

    La tentation du NON est chez les déçus de cette Europe qu'on rêve et qui n'avance pas à la vitesse suffisante, pendant que la mondialisation nous grignote.
    Pierre DRUESNE
  • P Leclercq
    Le 26 Avril 2005 à 01 h 58 min
    Mr le premier ministre
    Cher alain

    A signaler, a mon avis, un excellent article d’analyse économique dans le point de ce 14 avril de Nicolas baverez intitule << le Titanic de l’Europe >>

    Il développe, en reprenant un certain nombre des thèmes présent dans ce bloc le sujet suivant : << ce n’est pas l’Europe qui est responsable du décrochage de la France mais le malthusianisme et l’immobilisme francais qui contribuent a la panne de croissance Européenne >>

    Bien sur, il y a un petit cote caricature, car je l’ai pas encore les pieds dans l’eau glacée de l’atlantique nord, et il faut relativiser un peu, mais l’idée générale et le plan d’action propose me semblent assez corrects.
    il rejoint globalement votre message : Notre France, notre europe.

    Permettez-moi aussi de montrer rapidement, une des beautés, et l’intérêt d’avoir un marche de 450 millions de consommateurs pour l’Europe. Prenons un produit manufacture quelconque. Son prix réel de fabrication est compose de coûts fixes et variables. Mais, plus vous avez une production importante, plus le prix de revient devient faible.
    Exemple, pour un stylo a bile, si vous pensez en vendre 5000 le prix a l’unité serait de 1 Eu, si vous en vendez 50 000, alors le prix tombe a 20 centimes l’unité. Car vous amortissez l’usine et tous les coûts fixes de production, machines outils etc., sur une série plus importante.

    De plus, vous évitez que chacun des 25 pays se paye sa propre usine a stylo qu’il va essayer d’amortir sur une petite série de 5000 pièces. C’est un non sens économique d’avoir ces 25 usines sortant des stylos a 1Eu. Il vaut mieux en avoir une ou deux produisant 500 000 stylos a 10cts et les autres usines s’attaquer a d’autres produits.
    C’est le même principe que celui de la Ford T produite aux USA.
    De plus, si votre concurrent a l’export, a lui un marche domestique de la taille 300 millions de consommateurs ( ex USA ), alors vous etes compétitif avec lui. Et il ne peu plus vous attaquer en prix sur votre marche intérieur.

    Ce raisonnement, bien sur, est valable avec quasiment tous les produits manufactures, et démontre qu’une Europe unie ( votez OUI ) est notre planche de salut pour s’aligner face aux autres géants chinois indes et autres BRIC.
    Amicalement votre.
    P Leclercq
  • Etienne Matter
    Le 26 Avril 2005 à 01 h 08 min
    Vous avez raison, l'Europe doit rester économiquement forte. Les français auront le temps de juger de sa capacité de réaction face à l'invasion des textiles chinois. Cela ne date pas d'hier, il y a à Paris un 'sentier chinois' que les élus et les responsables connaissent bien. Ils peuvent importer la marchandise à très bas prix (et les chaussures ... si vous voyiez les chaussures ! )
    Admettons que pour une fois l'Europe réagisse un peu plus vite que le Titanic devant l'iceberg et ferme ses frontières rapidement (référendum oblige...), le problème ne serait qu'à demi-réglé.

    Dans mon quartier les fabricants chinois sont passés à la vitesse supérieure puisqu'ils ont importé les salariés et les conditions de travail locales dans des ateliers clandestins. Les ateliers sont entourés de marchands de sommeil, de clandés, de fabricants de nourriture avariée et ces travailleurs sont exploités et gavés comme des poulets de batterie.
    Certains commencent à s'adresser à nous pour les maladies dont ils souffrent (hépatites virales), car un homme malade et qui ne peut plus travailler est vite laissé dans le fossé.
    Allez donc voir dans les services d'hépatologie parisiens quelle est la proportion d'asiatiques qui consultent...
    On n'est pas là dans une guerre de grandes entreprises, mais c'est l'esclavage pur et simple qu'on laisse gangrener notre société. Ce système ne peut fonctionner que dans la clandestinité, il y a la partie visible sur laquelle ils déclarent le strict minimum (aux impôts) et la partie cachée qui génére des profits énormes, puisque nets de cotisations sociales, de TVA et d'impôts. La proportion entre les deux parties est la même que pour un iceberg : 10% émergeant et 90% cachée. Economiquement, il est moins cher de se faire fermer un atelier pour en remonter un que de déclarer les salariés.
    Ce système est validé par la culture de la consommation que nous avons instillée, parfois en croyant bien faire, à nos enfants. Cette culture génère de plus en plus d'inégalités, mais en plus elle n'est pas fondée sur les valeurs démocratiques qui sont affichées au fronton de nos édifices publics. Elle est fondée sur le dénigrement des valeurs éducatives, le non-respect de l'autre, l'utilisation systématique de la loi du plus fort, l'exploitation des plus faibles ou crédules par l'esclavage. Certains parleraient de l'axe du mal.

    Il y a d'autres raisons pour lesquelles ce système prospère, mais ne rendez pas public ce message. Parler ne sert à rien, agir seulement. Je vote OUI à l'Europe des actes, NON à celle des paroles. Il y a tant de choses à faire.
    Etienne Matter
  • Charles A.
    Le 25 Avril 2005 à 21 h 02 min
    Vous pourriez ajouter, un NON français priverait -L'Union- de sa capacité d'entraîner -notre pays- dans la bonne direction, celle de l'action, de la cohésion, de la volonté collective. Je vous approuve sauf sur l'élargissement, car l'Union est aussi un facteur de démocratisation pacifique (par opposition ...ou complémentarité à l'interventionnisme militaire) donc bon pour les autres, et l’élargissement crée une saine émulation entre les membres donc il est bon pour nous aussi.
    L'élan démocratique en Europe de l'Est (par exemple en Ukraine) a été, sinon déclenché mais encouragé par la perspective d'adhérer à un bloc démocratique (on peut faire un rapprochament avec la démocratisation de l'Espagne aussi,à l'époque je suis sûr que des voix se sont élevés contre). Je pense que se recroqueviller entre nous ne nous renforcera pas (ça ne sortira pas les Français de la déprime et découragera les prétendants à une adhésion de faire des efforts démocratiques, e.g. la Serbie-Montenegro).
    Sur le plan intérieur, je pense qu'acceuillir de nouveaux membres nous obligera à nous décrisper et encouragera les français à faire preuve d'initiatives entrepreneuriales et à travailler plus - ne serait-ce que parce que les actuels ou futurs nouveaux membres sont plus liberaux et nous obligerons à nous bouger un peu...cela ça va dans le sens de ce que vous dites, il faut travailler plus, mais on ne travaillera pas plus parce que les politiciens nous le demandent…on le fera parce que nous y serons poussé par des pays amis au sein de l’Union mais néanmoins plus dynamiques - enfin à plus long terme et sur le plan extérieur les européens seront fiers d'avoir été vecteur de paix et de démocratie. Nous ne pouvons nous étendre à l’infini mais sachons nous montrer à la hauteur des principes que nous défendons !
    Merci.
    Charles A.
  • Marie-hélène Serve
    Le 25 Avril 2005 à 20 h 57 min
    Ce n'est pas un jeu,on ne dit pas "non"
    sans avoir pris conscience,que c'est l'avenir de l'Europe donc de nos enfants qu'il s'agit.On nous propose là
    un traité constitutionnel qui ne peut être
    libéral ou non,tout cela dépendra des politiques que l'on y mettra.On ne répond pas non plus à l'entrée de la Turquie ou non,cela sera plus tard et il y aura un autre référendum.Il faut prendre cela en compte.Merci
    Marie-hélène Serve
  • sébastien (paris, 75)
    Le 25 Avril 2005 à 20 h 29 min
    Comme vous le dîtes, l'Europe peut être le "levier d'Archimède" de la France.

    Mais comment, par exemple, faire de l'interventionnisme industriel, quand l'Union n'est pas autorisée à emprunter et les Etats voient leurs aides sévèrement contrôlées ?

    Pour le reste, je suis entièrement d'accord avec vous : c'est en nous-mêmes, en comptant sur nos seules forces et initiatives, que nous pourrons remonter la pente. Les textes sont importants, mais la volonté l'est encore plus.
    sébastien (paris, 75)

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé
Alain Juppé 2017
5 ans pour l'emploi
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