Blog Notes d'Alain Juppé

Notre langue

Publié le 04/02/2005 par Alain Juppé

Philippe K. me reproche vivement d’avoir utilisé, dans mon blog-notes intitulé « Volupté de la lecture », le verbe « sticker » au lieu du verbe « coller ». Il me dit qu’après quatre années passées à Londres, il n’en peut plus d’entendre ses collègues de travail, à Paris, parler de concepts « soft, d’une fille qui « date » untel, de types « overbookés » etc…
Il a raison et je bats ma coulpe.
La langue que nous avons « en partage », pour reprendre la belle formule qu’a adoptée la Francophonie, est sans aucun doute le ciment le plus fort de notre identité nationale. Et, sans la figer dans le marbre, nous devrions avoir le souci de préserver sa pureté.

Lors de mon récent séjour à Montréal, j’ai pu mesurer avec quelle énergie, avec quelle ténacité, avec quelle imagination les Québecois s’étaient battus pour conserver leur langue et la préserver de l’invasion des anglicismes. Chez eux, on ne fait pas de « shopping », on va magasiner… Ce qui ne les empêche d’ailleurs pas d’apprendre l’anglais, et d’être très souvent bilingues.

En France, pour avoir l’air instruit, intelligent et moderne, il faut émailler son propos de mots anglais à la mode (surtout quand on parle mal l’anglais…). La loi Toubon dont notre intelligentsia s’est beaucoup moquée, n’est pas appliquée. Petit signe positif néanmoins : le CSA vient d’adresser une remontrance aux chaînes de télévision qui truffent leurs émissions d’anglicismes.

Dans le dernier livre de Samuel Huntington, intitulé « Qui sommes-nous? » (question adressée aux citoyens américains), j’ai trouvé cette belle citation de Miguel de Unamuno: « La langue est le sang de l’esprit ».
Huntington, auteur du très controversé « Choc des civilisations », réfléchit à la grande question de l’identité des nations. Dans un chapitre passionnant sur « La déconstruction de l’Amérique » dont je conseille la lecture aux tenants du multiculturalisme et du communautarisme, il écrit:
« Tant sur le plan symbolique que par son contenu, le combat autour de l’anglais a constitué l’un des fronts les plus importants de la guerre autour de l’identité américaine. »
Et encore:
« Une nation est constituée de groupes de personnes qui communiquent davantage et plus profondément avec les membres de leur groupe qu’avec ceux d’autres groupes. »

Je tire de ces quelques réflexions deux enseignements:
– la langue est le coeur de l’identité des nations. La langue française est le coeur de l’identité de la France. Même si nous avons l’impérieux devoir de donner à nos enfants une meilleure maîtrise des langues étangères (notamment de l’anglais), la connaissance, le respect, l’amour de la langue française demeurent une priorité.

– La question de l’identité des nations, confrontées à la mondialisation, est une question universelle. Les Américains se demandent qui ils sont.
Les Français aussi.
J’aimerais y travailler avec vous : qui sommes-nous? La France, en tant que nation, a-t-elle un avenir? Avons-nous un projet commun pour conjurer le déclin que certains prophétisent?
Là se trouve sans doute une partie de la réponse au débat sur la sinistrose des Français que nous avons esquissé ici.
04/02/05

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25 commentaires pour « Notre langue »
  • Vincent Ammi
    Le 14 Février 2005 à 00 h 52 min
    Je suis frappé qu'on oublie les langues régionales de la question de l'identité inguistique nationale. Ces langues vont disparaître et on continue à les considérer comme contraire à l'unité de la République...

    Quand on pense que les langues bretonnes, sans parler du basque, existaient avant le français, j'appelle ça le plus gros gâchis culturel en cours!

    En breton, la mer est masculin et l'arbre est féminin par exemple. Pourquoi se fermer à une autre vision du monde, quand elle nous enrichit et en plus vient de chez nous??

    Il faut enseigner ces langues obligatoirement à l'école dans les départements concernés. Je pense pas qu'ils réclameront leur indépendance pour ça, bien au contraire!! On est plus sous Robespierre.

    Ce serait bien de prendre exemple sur l'Espagne, tant qu'il est encore temps.
    Vincent Ammi
  • Bernadette C
    Le 11 Février 2005 à 02 h 40 min
    Tout a fait d'accord avec Philippe K: habitant aux Etats Unis, professeur de francais, je suis horrifiee d'entendre de plus en plus de mots anglais emailler les conversations lors de mes retours en France.
    Gardons notre identite et cela commence par parler francais: notre vocabulaire est des plus riches pour dire meme les plus petites nuances
    Bernadette C
  • Normand Choinière
    Le 09 Février 2005 à 15 h 29 min
    S'il y a un sujet qui me choque, c'est bien celui du comportement des Français en matière linguistique.

    Il a fallu que le Québec intervienne, il ya quelques cinq ans, pour vous empêcher de bannir le français de l'aviation EN FRANCE!!! Nous nous sommes battus ici pendant des années pour l'usage du "français dans les airs". Jamais nous n'avions imaginé nous faire poignarder un jour par les Français.

    Nous sommes abasourdis régulièrement par le charabia des Français qui pensent "faire intelligent" en collant partout des mots et expressions anglaises qu'ils ne comprennent d'ailleurs pas! De sorte que souvent, ces expressions, en plus d'être mal orthographiées, ont un sens souvent mystérieux... pour les "parlant anglais". Que pensez-vous de l'avion qui se "scratche"???!!! Peut-on imaginer plus ridicule.

    Comment pensez-vous que l'on reçoive cette décision de NE PAS PUBLIER en français mais en anglais d'abord (et souvent seulement) les publications scientifiques? Je ne serais pas étonné que l'on exige du prochain Goncourt qu'il soit d'abord publié en angais, Renault tient bien les réunions de son conseil d'administration en Anglais!

    Quand allez-vous vous décider de franciser ce qui touche à l'informatique? Vos mel et tchat n'ont aucun sens vis à vis du courriel et du clavardage.

    Petite suggestion, au passage, à Alain Jupé : blog a été francisé, comme bug d'ailleurs et dans le même esprit, en "blogue".

    De façon "périphérique' il est à se demander pourquoi les Québécois dominent depuis quelques années la chanson française EN FRANCE même. Il y a là quelque chose d'inquiétant qui devrait vous faire réfléchir. Ce n'est pas normal.

    Nous aimons, indiscutablement, bien les Français. Mais ils nous déçoivent énormément quand nous les voyons pratiquer un "aplaventrisme" propre aux "colonisés culturels". Nous en savons quelque chose car ça ne fait que quelques dizaines années que nous avons perdu notre complexe vis à vis des Américains. Nous avons réalisé que nous étions en mesure de les battre régulièrement sur leur propre terrain... et souvent très facilement. Comme on dit ici : "amenez-en de l'Américain, ça ne nous impressionne plus, nous on en bouffe!". Et si on les bat régulièrement c'est à cause de l'avantage culturel que nous avons! Nous les comprenons, nous parlons aussi leur langue (et d'autres) alors qu'ils sont limités par la seule connaissance de l'anglais. Tous ceci fait de nous... des Français... améliorés!!! Ne le prenez pas mal mais, de grace, cessez de vous détériorer!

    Vous aurez bientôt, Monsieur Jupé, l'occasion de vivre au Québec et ainsi de vous "améliorer". Bienvenue chez-nous!

    ;-)))))

    Normand Choinière
  • M. Bénallal
    Le 08 Février 2005 à 01 h 03 min
    Éloge et volupté de la langue française

    L'émission de Marie-France Bazzo de cette semaine couplée avec le blog-notes d'Alain Juppé sur le thème du devenir du français en France en général et au Québec en particulier, me fait penser à un livret traitant de l'éloge de la langue française que j'avais trouvé et lu dans le grenier d'une veille bâtisse délaissée et en proie à la ruine. Prélude d'une insouciance où l'immaturité se donnait plus à la marotte pour cueillir, et les fleurs, et les fruits du cerisier de la voisine.

    Cette question sur le devenir de la langue française avait déjà été proposé, lors d'un concours, par l'Académie Royale de Sciences et Belles-Lettres de Berlin en 1784. Le sujet proposé était :
    - Qu'est-ce qui a fait de la langue française la langue universelle de l'Europe ?
    - Par où mérite-t-elle cette prérogative ?
    - Peut-on présumer qu'elle la conserve ?

    Le prix de ce concours fut gagné et partagé par deux personnes, un Allemand, professeur de philosophe de l'université de Stuttgart et un Français, le Comte de Rivarol. Je n'avais pu lire que la dissertation du comte Rivarol. On retiendra de Rivarol cette phrase célèbre : Ce qui n'est pas clair, n'est pas Français.

    Le Comte Rivarol avait eu l'extraordinaire idée de décomposer la langue française pour mieux la composer. Il avait mis en évidence que la construction d'une phrase et l'ordre des mots étaient dans un style DIRECT. Le Français, lorsqu'il pense une phrase, nomme d'abord le sujet ensuite le verbe et enfin l'objet de l'action.

    A contrario des autres langues européennes qui utilisent le style inverse et où il faut attendre la fin de la phrase pour connaître le verbe et pour savoir de quoi on parle, le Français est la seule langue, qui ait opté pour le style direct, ce qui permet de favoriser la clarté, la logique et surtout le raisonnement.

    Pourquoi parle-t-on la langue française ? Autrefois, avant le XVIième siècle, la langue diplomatique était le Latin et la France était dotée d'une myriade de dialectes. Et c'est du Picard, le parlé de la Picardie, dans le Nord la France, que la France a su trouver son unité, sa force et sa souveraineté linguistique pour s'adonner ensuite à une abondante oeuvre littéraire d'une qualité remarquable.

    Cette clarté de la langue française a permis à la France de détrôner le Latin. Ainsi le traité Vienne de 1735 et d'Aix-la-Chapelle en 1748 sont les premiers d'une longue suite à avoir été rédigé en Français. Et c'est seulement en 1919 dans le traité de Versailles que l'on verra apparaître pour la première un traité rédigé en Français et en Anglais, semble-t-il, plus pour des raisons de faiblesse politique que de compréhension.

    Quel avenir pour le français ? Je ne me fais aucune crainte quant à son devenir, au contraire je vois la langue française devenir non plus la langue de la diplomatie européenne mais la langue de la diplomatie universelle et de la volupté de l'Histoire de notre humanité.

    Citation :
    Dégagée de tous les protocoles que la bassesse inventa pour la vanité et la faiblesse pour le pouvoir, la langue française en est plus faite pour la conversation, lien des hommes et charme de tous les âges ; et puisqu'il faut le dire, elle est de toutes les langues la seule qui ait une probité attachée à son génie. - Comte de Rivarol (1753-1801).

    M. Bénallal - 07/02/2005
    http://benallal.free.fr/


    Bibliographie :
    Quelle langue parlons-nous au Québec? Marie-France Bazzo Indicatif Présent
    http://www.radio-canada.ca/url.asp?/radio/indicatifpresent/chroniques/48303.shtml
    [email protected]

    Notre langue - Blog-notes d'Alain Juppé
    http://www.al1jup.com/viewReac.php?id=109
    M. Bénallal
  • Bernard Challet
    Le 06 Février 2005 à 23 h 16 min
    NOTRE LANGUE EN PARTAGE…

    « Notre langue que nous avons en partage, pour reprendre la belle formule adoptée par la francophonie » dîtes-vous… Ceci m’a inspiré le message suivant : d’abord un constat, puis des propositions.

    1 – LE CONSTAT

    S’il est un outil de base et de référence pour notre langue c’est bien le dictionnaire, non ? Et s’il est un outil d’aujourd’hui particulièrement adapté au partage de l’information, c’est bien Internet . Ce n’est bien sûr pas le seul, ce n’est pas la panacée non plus, mais c’est un outil sur lequel on ne peut plus faire l’impasse …Pas plus qu’on ne saurait se passer aujourd’hui d’informatique pour gérer les entreprises, la production, les bourses, les réservations aériennes etc

    Où trouver un « bon » dictionnaire en ligne du français ? Un dictionnaire de référence, me suis-je dit ? Et de me mettre en recherche du site de L’Académie française. Vous invite à refaire le petit parcours que j’ai suivi il y a près d’un an et le même constat peut être fait aujourd’hui.
    a) Interrogation du site de l’Académie française :
    http://www.academie-francaise.fr/
    Suivez le labyrinthe qui vous est proposé. Ne vous égarez pas en route, même si vous hésitez sur le chemin. Il y a une solution je vous l’assure. A la troisième page vous êtes redirigé sur une page au verbiage aussi pompeux que le contenu est affligeant. Ne vous laissez pas impressionner par un verbiage aussi pompeux qu’affligeant. Ergonomie du paléolithique informatique, invoquant une technologie avancée de menus déroulants (sic), une collaboration ATILF (Analyse et Traitement Informatique de la Langue Française ) (sic bis) / Académie française… Qui a bien pu conseiller un tel concours ? A la cinquième page vous pourrez enfin entrer le mot que vous cherchez. Ne croyez pas pourtant que vous aurez une simple case pour un mode de recherche simplifié (cf. Google ou autre). Ce serait contraire à l’éthique des concepteurs que d’offrir un mode de recherche approfondie, pour les cas pointus, en option seulement.
    Avant de quitter le site, je vous suggère quand même d’entrer le mot « souris ». Pointez votre baguette magique sur votre écran. Cliquez et regardez. !
    PS : je dois avouer que ce tour de prestidigitation est biaisé. Ce qui n’échappera pas à votre perspicacité mais ajoute à ma démonstration quant aux limites de l’outil.

    b). Poursuivons par une autre expérience si vous le voulez bien.
    Lançons le moteur de recherche fétiche du moment Google sur les deux mots : dictionnaire français
    Croyez-vous que le dictionnaire de l’Académie française arrive en bonne place ? Vous en doutez, eh bien vous avez raison !’Vous trouverez par contre un dictionnaire du Breton et le dictionnaire de l’Office québécois de la langue française
    www.granddictionnaire.com
    Allez y et entrez le même mot « souris »

    Après ce double constat que chacun peut faire - au moins tout internaute français ou de la sphère de la francophonie… Quel affligeant porte-drapeau que ce dictionnaire de l’Académie, incomplet,et « mal foutu » comme il n’est pas permis ! Capable de comprendre la phonétique, mais même pas capable d’accoucher d’une souris. Si nos vénérables immortels ne sont pas encore arrivés à la lettre Z, doit-on pour autant attendre pour disposer d’ un dictionnaire complet du français en ligne ? Quand j’ai relayé un message équivalent à l’adresse de contact courriel de l’Académie française, il y a près d’un an, donc, une réponse polie m’a été adressée. « Votre message sera transmis à l’entité responsable de la conception et de la maintenance de ce service … question de moyens aussi »… ! Le sempiternel argument des moyens… !

    Face à une réalisation ergonomique même pas digne d’un amateur, avant de parler de moyens il faudrait d’abord parler de carence de tous les intervenants concernés, les décideurs, les réalisateurs et les personnes qui ont réceptionné ce travail qui nous ridiculise collectivement (cf. aspect identitaire de la langue que vous soulignez à juste titre)

    2 – MES PROPOSITIONS
    Prélever un peu d’argent du ministère des Affaires étrangères, affecté à la francophonie pour :
    a) Une action court terme ( à objectif 3 mois) de « lifting de première urgence » : refonte de l’ergonomie de l’accès au dictionnaire en ligne de l’Académie française. Simplement de l’accès, sans remise en cause du moteur, ce qui devrait représenter une pincée de sel dans le budget concerné. Même si le Ministère des Affaires étrangères n’est pas le Ministère de tutelle. Entre le Ministère de la Culture ou celui de l’Enseignement et de la Recherche (cf. CNRS… qui a peut-être trempé dans ce projet), il doit bien y avoir une pincée de sel à prélever, moins pénalisante dans ses effets. Même si personne ne lâche un centime de bon cœur, j’imagine.
    b) Une action plus long terme ( 12 à 18 mois ) visant à disposer d’un dictionnaire de référence en ligne du français courant.
    - Dictionnaire de l’Académie étendu des entrées manquantes, à partir de l’édition précédente, mais je crains que le projet initial ait manqué de ciblage et qu’il soit difficile de faire le tri entre toutes les tentacules de ce poulpe monstrueux.
    - Ou Dictionnaire de référence à partir d’un accord avec l’un des acteurs français disposant déjà d’un dictionnaire, et pourquoi pas d’un accord avec l’Office Québécois de La Langue Française… Je vois bien quelques chapelles se dresser devant un outrage à l’amour propre, mais le premier outrage est le constat de carence actuel… Et entre deux maux, le pragmatisme en politique et ailleurs consiste à choisir le moindre …Et d’un moindre mal peut sortir un bien…Vous allez être sur place !

    Bernard Challet
    Bernard Challet
  • Louis L
    Le 06 Février 2005 à 12 h 15 min
    Ce projet commun n'est il pas la construction europeenne ?
    Pour qu'il y ait projet, il faut une dynamique, cette derniere peut etre apportée par la constitution. Pour moi, jeune de 23 ans, cette constition est un espoir, une etape de plus vers l'Europe puissante, dynamique, prospere et solidaire.
    Malheureusement, le projet dont la constitution est porteuse à mes yeux, n'est pas le meme que le projet de ceux qui soutiennent l adhesion de la turquie a l'europe. Je reve d'une europe identitaire ou tous les citoyens puissent se retrouver autour d'un socle culturel commun.
    A l'heure ou les polonais n'ont toujours pas le droit de venir travailler librement en France et dans de nombreux pays europeens, il est deja question de nouvel elargissement. L'Europe qui se profile est une europe à plusieurs vitesses, avec des citoyens de deuxieme classe. L'identite europeenne n'aura plus de sens, la construction europeenne deviendra une ideologie impopulaire, les Etats ne croyant plus a l'Europe populaire se dechireront davantage pour obtenir la plus grosse part du budget...Les nationnallismes et souverainismes, absurdes à l'heure de l'Europe, retrouveront des arguments contre cette europe privée d'identité. La turquie n'est pas plus europeenne que le Maroc ou le Liban, malgré toute la campagne de Lobbying de M. Erdogan.

    Construisons l'Europe, ne brisons pas le reve.


    Louis L
  • jean pierre BOISARD-Lamy
    Le 06 Février 2005 à 11 h 23 min
    Monsieur Alain Juppé, je dois vous féliciter pour votre "éclectisme", en ouvrant à toute personne qui est capable d'accéder à un site "Internet" votre "blog-notes".
    A priori, je ne devrais pas, étant comme vous l'avez compris, plutôt dans le camp politique opposé au vôtre, m'adresser à vous. Mais cela, ce serait de ma part une preuve que nous ne vivons pas dans un pays évolué. Et que je suis un "dogmatique", ce que je me refuse d'être. La preuve, c'est dans le "Nouvel Observateur", hebdomadaire, pas particulièrement chiraquien, ni UMP, que j'ai découvert votre adresse de site. Et puis, je suis "rocardien", donc je prétends être ouvert au dialogue. Je viens donc de lire votre texte d'aujourd'hui sur l'usage abusif des anglicismes en particulier dans les milieux "hyper-excités" du noyau dur de la Société des Affaires, ceux qui croient que tout, dans le domaine du travail, leur appartient, y compris le monopole du langage. Ayant moi-même vécu au Québec, à Québec et Montréal, comme vous le faites actuellement, je suis un convaincu que les québecois ont raison lorsqu'ils inventent le mot "courriel" parce qu'ils n'admettent pas de voir leurs amis français de métropole leur parler de l'envoi d'un "e-mail", mot américain, que certains français ont francisé en l'appelant un "mèle". Mais je voudrais, plus sérieusement, vous dire, en cette période pendant laquelle vous allez être plus accessible, quelque chose que je pense vraiment, du fait que vous êtes un homme politique de haut niveau, avec le respect que j'ai pour ce niveau et pour les responsabilités que ce niveau implique. Ce sera court désormais.
    Il s'agit ( et je compte dire la même chose à DSK dont le nouvel Obs nous donne également l'adresse BLOG ), de la solidarité de l'exclusion que vous vivez actuellement, ( et qui n'est sans doute pas dûe à des raisons personnelles de votre part, mais plutôt à votre fidélité à quelqu'un ou à des idées ), avec une autre sorte d'exclus. Je vous parlerai, en espérant que vous vous en souviendrez plus tard, lorsque vous serez à nouveau aux plus hautes responsabilités, de l'exclusion vécue par ceux qui, dans votre tranche d'âge, ( de 45 à 60 ans ), ont perdu leur travail.
    je vous le dis franchement, et je sais de quoi je parle, car je suis accompagnateur de pesronnes qui recherchent à nouveau un travail.
    "Il n'y aura bientôt plus de travail "décent", "valable", pour tout le monde. Et malheur à qui perdra son travail après 45 ans! Retrouver sa place quand on l'a perdue est une tâche quasi-impossible. Le concours que cela représente est équivalent à la conquète du titre de champion du monde de hand-ball, que la France a perdu hier, en se faisant battre en demi-finale par la CROATIE à TUNIS.
    Donc, je conclurai ma longue missive en vous disant. Dites à vos amis politiques, - s'ils sont capables de vous écouter, les Borloo, Raffarin, etc.....-, qu'il ne faut pas laisser entrevoir d'espoir à des gens qui n'auront pas de travail. C'est un leurre de le faire et un mensonge qui discrédite toute la classe politique ( j'en dirais autant à DSK, à Martine Aubry, à Delanoë, ou à Ségolène...) que de faire croire aux gens, à l'époque actuelle que tout le monde peut retrouver un travail, j'ai bien dit un travail "décent", "valable", pas un petit boulot de "working-poor" à la Tony Blair!

    Merci de m'avoir lu, monsieur Alain Juppé et "bienvenue au Québec".
    jean Pierre Boisard
    jean pierre BOISARD-Lamy
  • Marie-José Raymond
    Le 06 Février 2005 à 02 h 45 min
    Ici au Québec, nous utilisons depuis assez longtemps les mots «courriel» pour e-mail et «pourriel» pour spam. Cela me semble assez bien trouvé, certes mieux que le «mel» qu'on voit sur le site de l'Opéra Bastille et qui, quant à moi, ne correspond absolument à rien. Bravo pour cet attachement au français, en péril même en France. Il n'aura jamais trop de défenseurs.
    Marie-José Raymond
  • Léonard Drouillard
    Le 05 Février 2005 à 23 h 14 min
    La question de notre identité ne peut plus aujourd’hui s’étudier sans notre lien à l’Europe. Notre langue, notre histoire, et tous les pans de notre culture que nous revendiquons, devront nous aider à devenir quelqu’un d’autre dans la continuité de notre civilisation.

    Nous avons tous grandi dans un état nation, donnant à nos élus de proximité le mandat de nos intérêts de citoyens. Demain les institutions européennes vont de plus en plus se substituer aux institutions nationales. Serons-nous alors encore des citoyens d’une nation ? Et que sera devenue cette nation ?

    On peut par crainte confortable opter pour un refus catégorique de ce changement, pourtant simple continuité d’une longue tradition d’alliances qui n’a pas attendu de s’appeler Europe pour germer dans des esprits acquis à la paix. Un non, à ce projet de constitution, sera préjudiciable tous car il ne porte aucune autre alternative dans sa revendication. Il ne s’agit plus aujourd’hui d’exclusion mais de mieux appréhender notre adhésion. Le prochain vote est sur un projet de constitution et non sur l’adhésion des autres membres. Chaque fois que l’Europe – politique – s’agrandit nous oublions dans les questions d’adhésion des nouveaux membres, la nature même de la nôtre. Les ambitions et responsabilités de l’Europe des 12, puis des 15 sont-elles les mêmes que celles de l’Europe des 25 ? Sommes-nous les mêmes européens que ceux qui revendiquaient les fondations de ce concept ? Les attributs de cette Europe des nations ne cessent d’évoluer, et trop souvent dans le passé sans que l’ensemble de ses concitoyens en soit informé. Aujourd’hui une démarche plus transparente nous est proposée, serons-nous les bénéficiaires de ce vote ?

    Plus qu’une adhésion, c’est une compréhension qu’il nous faut demander. Et pour cela il est des lacunes importantes à pallier. L’identité en est une importante. Dans une CEE, aucune identité individuelle n’avait à s’affirmer ou même se démarquer, chaque nation gardait une souveraineté complète de son Droit, en tout cas en apparence chaque Droit restait entier dans chacun des pays membres. Savoir que nos juges ont été sur les mêmes bancs scolaires que nous, nous laissait confiants sur leur capacité à considérer les textes selon les évolutions propres à notre culture et à nos valeurs. Dans la future Europe est-il certain que ce sera encore le cas et qui deviendrons-nous ?

    Il est difficile de trouver une réponse à cela dans la constitution qui nous est proposée. Non pas que nous n’ayons aucune réponse sur ce que sera l’Europe de demain, mais ce texte défini les bases d’une construction, et sa finalité n’est pas si évidente que cela en première lecture.

    S’il on veut essayer de savoir le Français que nous sommes, l’Européen que nous allons devenir, il faut trouver un terrain commun pour que cette identité multiple devienne indivisible. Déjà qui peut aujourd’hui donner une définition de l’identité française ? Sera-t-elle encore la même entre sa rédaction et sa lecture par autrui ? Beaucoup de choses changent et, comme tous changements, inquiètent au-delà de la volonté de les comprendre. Nous sommes devenus un pays multiethniques, ce constat ne date pas d’aujourd’hui, c’est une constance de notre histoire. La connaissance est aujourd’hui plus accessible et certains croient donc cet état simplement contemporain. Mais cela devrait nous aider à percevoir ce que pourrait être l’Europe, de la nécessité de lui donner une constitution, de l’intérêt de demeurer citoyen dans cet ensemble de nations, de l’importance de fixer des règles pour que cette Europe protège nos valeurs dans sa volonté d’élargissement, et les véhicule dans ses futures attributions internationales.

    Nous n’avons pas vocation à perdre nos racines et nos valeurs mais à les faire coexister dans un ensemble fondé sur le Droit. La construction de l’Europe est rapide, peut-être trop à la vue de certains, mais elle répond aussi au réveil démocratique de certains pays qui nous sont frontaliers.

    Bien sûr si se conformer aux Droit de l’Homme est synonyme de faire un effort pour un pays voulant adhérer, c’est que « sa démocratie » n’est qu’un nom et pas un régime, si devoir instituer le respect individuel demande des changements profonds c’est aussi parce que nos valeurs ne sont pas communes. Alors si nous devons demain, pouvoir en assemblée multiculturelle répondre à la question de savoir qui nous sommes, nous devons être certains des valeurs que cette Europe va représenter. Et c’est de notre capacité à pouvoir nous reconnaître dans cette organisation que notre identité sera confortée.

    L.D
    Léonard Drouillard
  • Louis Antoine Thillet
    Le 05 Février 2005 à 22 h 06 min
    Comme vous avez raison, Monsieur Juppé de vous inquiéter du devenir de notre langue parlée bien souvent malmenée par ceux que vous dénoncez.
    Mais notre langue écrite est encore plus en danger si l'on se réfère au vocabulaire "texto" abondamment utilisé par les jeunes générations.
    Si ce n'était que correspondances SMS on pourrait considérer qu'il s'agit d'un jeu ou d'une mode passagère. Mais lorsque, à l'occasion, on lit les écrits de jeunes bacheliers et +, les fautes de conjugaison sont criantes et font douter de la valeur de l'enseignement actuel.
    Nous avons été très heureux d'apprendre votre décision de passer quelques temps à Montréal. Notre fille cadette y réside depuis plus de 10 ans et les visites que nous lui faisons nous ont permis de découvrir un autre monde et d'autres valeurs qu'il ferait bon de voir fleurir en France.
    Vous aurez sans doute l'occasion de vous poser la question de l'absence de toutes marques automobiles françaises.
    Dans un pays ami et francophone notre principale industrie n'a pas réussi ce que les Allemands ont fait avec BMW et Mercédès. Et je ne parle pas des Japonais.
    Vue du Québec, la France est bien petite....
    Amicalement.
    PS: Si quelques fautes d'orthographe se sont glissées dans ma rédaction, pardonnez moi, je n'ai que mon BEPC.
    Louis Antoine Thillet
  • Suzie Guth
    Le 05 Février 2005 à 19 h 31 min
    Nous pourrions commencer par les propos de Renan et notemment par sa lettre adressé à Monsieur Strauss , un collègue allemand à qui il objectait que la langue n'était pas l'identité, il reprenait l'exemple de l'Alsace pour évoquer la volonté d'être ensemble, d'être français.
    Ce propos pourrait être repris par une autre question:comment devient-on Français aujourd'hui? Certes ce débat a déjà fait l'objet d'un comité pour l'intégration (comme si un comité intégrait qui que ce soit) mais il doit être posé à la fois comme un processus - tout en sachant qu'un processus est toujours inachevé mais aussi en tant que représentation.Il faut aussi éviter dans cette affaire de donner des leçons d'intégration car comme on a pu le noter récemment à 100 minutes pour convaincre, c'est une question très sensible pour les Français dont les parents viennent d'Afrique du Nord.C'est d'ailleurs dans un français très châtié que le jeune homme demandait que l'on évite de parler d'intégration.
    L'identité est une question passionnante dans la mesure où elle nous échappe dès lors que l'on s'y arrête, elle suscite aussi une kyrielle de stéréotypes qui bien que détestables souvent ,sont cependant des éléments de représentation de l'autre et de soi qui permettent aussi de créer du lien social.
    Le sujet est immense, bien à vous,
    Suzie Guth
    Suzie Guth
  • gilles Lecannelié
    Le 05 Février 2005 à 15 h 29 min
    Bravo pour ce débat dont le niveau est enrichi par la qualité des reflexions qu'il suscite: Laure MILLER nous livre des arguments sérieux , documentés,qui devraient parvenir directement aux oreilles de N. Sarkozy.Peut-il exister une reflexion , un référendum au sein de ce parti afin de clarifier un concept qui me semble avoir été évoqué -sans suffisamment de concertation -par son auteur.La discrimination positive est la négation des fondements de l'école républicaine.Poser la question,cela avait le mérite de provoquer la reflexion , mais quand donc cette idée se verra-t-elle tordre le cou par ceux qui sont censés nous représenter? Que pensent les candidats recalés aux concours (cf Sciences Po.)issus de milieux modestes ou moyens ,mais qui ne correspondent pas aux critéres de la discrimination positive ? Comment motiver la préparation des concours si les dés sont pipés?
    Recemment, B. Kouchner, dans le même registre ( que je ne peux m'empècher de trouver démagogique et mondain), prônait l'égalité des tarifs entre médecins généralistes et médecins spécialistes : est-ce là la manière d'encourager la poursuite des études( qui passent de Bac+8 à Bac+12)chez nos étudiants?.
    Nb: pour Laure Miller , éviter d'utiliser le mot "race" car sa connotation est malheureuse ,depuis 60 ans .
    gilles Lecannelié
  • Yves RICHARD
    Le 05 Février 2005 à 11 h 42 min
    cher Monsieur Juppé, je trouve que votre question sur l'avenir de la France est vraiment la meilleure qui soit!
    L'ambition de la France, c'est bien sûr d'être le moteur de la construction de l'Europe-je veux dire la vraie Europe, celle dont le monde a besoin. Pour cela, il ne suffira pas de lancer des incantations en direction de nos partenaires, mais il faudra déjà nous convaincre nous-même. C'est notre effort commun, et notre enthousiasme collectif qui sera l'impulsion initiale du mouvement Européen. Or il y a là un défi, qui est de surmonter les craintes -légitimes- que l'enfantement Européen fait naître dans notre pays, et éviter que les Français ne reculent, ou se trouvent un homme providentiel pour se cacher derrière.
    Comme souvent dans l'histoire européenne, c'est la qualité des dirigeants qui est fondamentale ici, car ils doivent mobiliser leurs électeurs autour d'un projet laborieux, d'un idéal pour lequel il faut faire des efforts (et non pas seulement des manifs...), accepter des échecs (et les ricanements de certains de nos voisins qui s'en suivent), accepter de donner sans recevoir (ne serait-ce que pour prouver notre bonne foi à nos partenaires).
    Ce projet, autour duquel toute notre société peut s'organiser, et auquel toute notre puissance nationale peut être consacrée, ainsi que le meilleur de nous même, va comme un gant à notre cher pays.
    Je crois, cher Mr Juppé, qu'il ne faut pas cacher aux Français l'ampleur des enjeux que les prochaines années nous réservent, et qu'il seront heureux et fiers -après quelques réticences- d'y être associés pleinement, au delà des pinailleries comptables qui sont aujourd'hui l'essentiel de ce que leur proposent leurs dirigeants.
    Yves RICHARD
  • philippe THIEBAUT
    Le 05 Février 2005 à 10 h 45 min
    Bonjour . Notre langue est celle du lien primitif, celle entendue en tout premier lieu avec notre mére; ce lien fut nécessaire et structurant il demanda beaucoup de disponibilité pour que le lien se creé et édifie.
    Que la vie ensuite nous fasse rencontrer d'autres langues d'autres concepts d'autres modes plus rapides c'est tres bien on s'adapte .
    Quel rapport y a-t-il ensuite avec le gout de poursuivre notre connaissance de notre langue originellle et d'en découvrir toute sa vie les trésors ?
    Aucun .Nous avons la chance d'avoir une langue bien structurée comme d'autres d'ailleurs ; et bien soyons curieux et prenons du temps ,rendons nous disponible ,c'est compliqué aujourd'hui certes, et nous lirons ainsi ce lien .Soyons curieux .Il n'y a pas d'antinomie d'avoir des modes de communications contemporains et de fouiller la subtilité de notre ciment sans tomber dans l'ostracisme archaique.
    Et d'ailleurs qu'en pensent ceux nés sous d'autres cieux et qui se sentent d'ici aussi? Bonne journée.
    philippe THIEBAUT
  • Renaud Gaudillat
    Le 05 Février 2005 à 01 h 50 min
    Monsieur Juppé,

    Ce n'est sans doute pas le hasard qui me conduit aujourd'hui à vous lire et à remarquer qu'une question fondamentale nous préoccupe de façon semblable, il s'agit de la notion d'identité en société. Préalablement à toute idée sur le fond, je voudrais ici vous dire combien il me coûte de constater, trop souvent, que ce sujet est passé sous silence, sans doute du fait de la peur du dérapage de quelques uns, sans doute aussi, disons le, à cause d'un faux consensus qui n'ose dire son nom, fait d'abandon, de résignation et de « sinistrose« . Or je vous rends cet hommage , monsieur Juppé, de n'avoir jamais occulté ce sujet; aujourd'hui, en retrait de la vie politique , mais également hier, lorsque vous étiez en charge de responsabilités. Je pense que cela méritait d'être souligné .
    Je crois, en effet, que ce thème est fondamental et constitue le préalable de toute réflexion portant sur un avenir : que faut il faire vivre, comment nous animer ? Cette perspective implique une envie commune, une dynamique et, au delà du principe démocratique nécessaire à sa mise en oeuvre, l'identité constitue sans doute la plus élémentaire des sécurités, la plus audacieuse des perspectives : la vie ! Loin de se satisfaire de la seule "tolérance" ( on "tolère" son voisin?!) , elle implique au contraire une réelle acceptation de tous , ce qui est aujourd'hui loin d'être le cas. A l'opposé de ce que certains craignent ou d'autres font, l'identité ne peut non plus se développer sans considération de l'autre dans toute sa dimension .Ce qui peut la distinguer d'autres concepts plus en vogue, c'est peut être que préalablement à sa mise en oeuvre, elle nécessite de fixer, de figer une image de nous même .Il s'agit donc de trancher, de prendre la décision en groupe de ce qui est ou n'est pas représentatif de celui ci : c'est un lien passé /avenir. Or, précisément, une identité peut être amenée à évoluer et sans doute la cause de la crise de" sinistrose" des français dont vous parlez est cette impossibilité d'adaptation , ou du défaut de courage politique à faire vivre ce que nous voulons être au plus profond de nous mêmes, cette faculté de se rappeler qui nous sommes. Peut être aussi est- ce là un début d explication aux problèmes liés à ce que S. Huntington décrit comme le choc des civilisations : comment percevoir ce qui ne nous ressemble pas alors même que nous sommes en perte d'identité? Dans ce contexte, que peut on sérieusement attendre des tentatives des uns et des autres de rassurer le citoyen en occultant ce principal sujet, que peut on espérer de nos responsables et de l' efficacité de l'action politique en général? Par exemple, le problème de l 'intégration de populations d' origine étrangère peut- il y trouver sa solution, alors même que nous n 'offrons plus de "modèle" et que nous sommes incapables de nous affirmer. Est -ce là une garantie de stabilité pour ceux et celles qui ont tout laissé ? Un paradoxe exprime encore mieux l'idée: nous n'arrivons pas à traiter de notre identité mais nous n'avons de cesse de contempler celle d'autrui, fascinés, effrayés, nous nous donnons ce sentiment qu'il faudrait composer avec autrui, sans considération de nous même : passé sous silence, le "qui sommes nous" serait condamné à n’ exister qu ‘en contemplation des dangers de la planète ou des originalités observées ici ou là... pour se voir confisqué un jour par quelques uns . La méprise dans laquelle nous sommes parfois résignés à vivre, la confusion des valeurs que nous pouvons parfois remarquer chez certains en est l’ expression et l’ on a vite fait de glisser vers la confrontation classique de manipulation: tolérance - modernité / définition de soi- rejet des autres que certains veulent voir exister puisqu ils en vivent ! Car en définitive, se définir par la négative , dans les fins de "laisser de la place aux autres", revient à accepter le principe d’ une identité à deux visages, une pour soi, une pour eux, donc à s'exclure respectivement du groupe et, à terme, à ne plus exister en tant que société . Si l’ on croit l ‘intégration individuelle de chacun possible, on doit alors rejeter le modèle d ‘une intégration en groupe, et le problème de conflit de modèles n'aura plus lieu. La question de notre avenir, à l'évidence, dépend de notre faculté à maintenir cette pulsion de vie indispensable à toute nation. Si nous considérons, par exemple, un pays comme la Chine, on remarque immédiatement que son élan, sa vitalité s'accompagnent d'un regain d intérêt pour les valeurs, les concepts à la base d'une civilisation très ancienne; ceci est frappant. A l'inverse, les principaux observateurs de la construction européenne on mis en évidence notre incapacité à nous définir dans un projet politique : alors que l’ on discute de l'entrée de la Turquie, qu’ une Constitution est rédigée, qui sommes nous, européens? Bien peu de réponses réelles ont été données. L 'influence d'une histoire, des modes de vie, des valeurs est incontestable dans la construction identitaire. Néanmoins, les enjeux et intérêts , c ‘est à dire le futur jouent également un rôle dans ce processus. Réfléchir à ce que nous sommes pour mieux se projeter . Faire l’ inverse de ce que l’on peut actuellement observer et enfin vaincre ce malaise vécu par chacun d’ entre nous serait la plus grande des victoires . Car, évoluer véritablement et vivre, c'est aussi changer avec ce qui nous a façonné et non contre, c'est SE faire évoluer sans laisser une partie de nous même en dehors du processus de changement, c'est se donner les moyens d'avancer et de construire avec un sens que nous pouvons regagner , c'est être entier . Ainsi, les moyens à créer pour permettre à la notion de retrouver sa vigueur seront à l'évidence tirés de l’ observation de la société actuelle et des modes de construction de la pensée, des affects collectifs. Une identité, aujourd’ hui , dépend forcément de ce que véhicule ce qui s’ adresse à tous et on pense ici bien sur à l 'ère de la communication moderne . Peut être faut il travailler sur cet élément et en revoir les principes fondateurs pour redéfinir son but : on parle souvent de "conscience -média" prenant le pas sur le citoyen ; d'un mode d’ utilisation de la liberté on est passé à une nécessité démocratique, puis, progressivement, le rôle médiatique s'est détaché de l'intérêt des états ou des entités politiques pour devenir à peu près aussi évanescent que les nouveaux intérêts servis par lui.. Ceci nous mène à entamer une réflexion à propos du lien nation/médias et à envisager ce qui pourrait renforcer ce lien. A ce titre, il paraît inévitable de développer l’ institutionnalisation de médias propres à rendre compte des attentes de la société, des discussions et des idées de chacun pour, au moins,... commencer par faire exister ces débats! La solution passe sur ce paris que la renaissance progressive d ‘une conscience collective amènera tôt ou tard à la prise en considération d'une identité puisque celle -ci existe déjà en germe chez chacun d'entre nous et que son besoin se fait sentir. Lorsqu’on voit à quel point on peut intéresser ses semblables à de vaines futilités, il paraît soudain absurde de penser qu'il est si délicat d ‘attirer l’attention sur ce qui est, en définitive, le plus captivant : nous même ! Mais l'humain possède cette caractéristique de pouvoir être cruellement absurde pour peu que son sens ne soit plus, en dépit de ses richesses et de toute la connaissance qu'il peut garder pour lui. C'est enfin ici que l'interrogation sur l ‘identité est capitale .Elle n'amène certainement pas de réponse unique ,au contraire, elle fait s interroger. Elle a l’ immense avantage de maintenir notre recherche d’ un sens en éveil et de transformer le doute en humanité, non en cruauté. Pourtant, devant la première des observations qui pourrait poindre, à savoir que la notion est délicate à  « manier » , tâchons de conserver à l’esprit que, si nous ne souhaitons pas l’investir de notre réflexion, bien d’autres meurent d’envie de le faire à notre place … Renaud G., Saint -Etienne
    Renaud Gaudillat
  • frederic godfrin
    Le 05 Février 2005 à 00 h 30 min
    Une chose certaine, les quebecois sont certainement les plus fervents defenseurs de la langue francaise, et pour cause : contrairement a la France, ici le francais est reellement menace dans son existance. Comme vous le dites les quebecois sont souvent bilingues, moi je vais plus loin : ne pas etre bilingue au Quebec est un veritable handicap, rares sont les quebecois qui ne maitrisent pas l'anglais. Je preciserai encore : rares sont les quebecois anglophones qui sont bilingues, car le grand drame de cette partie du monde, c'est que parler seulement l'anglais au Quebec n'est pas tres handicapant. Pour en avoir fait plusieurs fois l'experience je sais que des qu'une personne dans un groupe parle l'anglais tous les autres se mettent a parler anglais, alors pourquoi les anglophones se fatigueraient a apprendre le francais? Et il en decoule de nombreux problemes... En particulier dans le milieu du travail... De recentes enquetes montrent que l'anglais ne cesse de progresser sur le lieu de travail en violation evidente de la loi quebecoise qui impose le francais en theorie... Meme chose pour l'immigration : la plupart des immigrants au Canada parlent l'anglais ce qui reduit d'autant la part de francophones dans la population. A la decharge du Canada cependant : c'est le seul pays du monde qui peut se vanter d'enseigner majoritairement le francais en langue seconde. L'apprentissage du francais en immersion et tres repandu et extremement efficace... Cependant j'ai l'impression que ces anglophones apprenant le francais le font plus par "curiosite" si je puis dire, ca n'a que peu d'interet pour l'avenir professionnel dans une zone geographique ecrasee par 300 millions d'anglophones... Et pas des moindres, je pense aux americains dont le "monolinguisme" est une fierte nationale...
    Enfin pour en revenir aux fameux anglicismes, si les quebecois ont a ce point pousse la francisation des termes anglais je pense que ca a une raison principale : les quebecois connaissent l'anglais et savent en traduire les termes, ils sont capable de comprendre le sens de certain termes qui ne peuvent pas etre traduits litteralement et savent donc les exprimer dans un bon francais. En France, on ne maitrise pas l'anglais et si on continue d'utiliser des anglicismes je pense que c'est surtout parce que nous ne sommes pas capables de les traduire convenablement. Et je pense que nombre de "francisation" (j'ignore si ce mot existe... :-) ) de termes anglais ont ete trouvees par les quebecois. Pour conclure, je dirais que paradoxalement, un meilleur enseignement de l'anglais en France serait peut-etre le meilleur garant de la purete de notre langue!
    Et n'oublions pas un detail qui a son importance : 60% du vocabulaire de la langue de shakespeare derive du vieux francais. Parfois il suffit de deterrer un mot desuet du vieux francais a partir duquel a derive le terme anglais pour en trouver une francisation convenable!
    frederic godfrin
  • dominique weill
    Le 04 Février 2005 à 23 h 19 min
    "A Rome conduis toi en romain" c'est Gandhi qui cite cet adage dans son autobiographie (Grasset chiers rouges).
    Il raconte ses difficultés à LONDRES comme étranger, lorqu'il était jeune avocat.
    C'est déjà si difficile de parler bien sa propre langue, utiliser le mot juste.
    Les anglicismes , cela fait des siècles, que les bons écrivains les choisissent avec pertinence, et un peu de snobisme (Chateaubriand ou M.Proust...)
    ce qui est déplaisant c'est moins les anglicismes, qu'une certaine désaffection du langage, quand on utilise des mots bateaux, et des phrases toutes faites qui ne veulent rien dire.
    Deux mots sur Bordeaux, ville que je ne connais pas, j'ai eu des contacts récemment avec des Bordelais, un avocat, un notaire, et une photographe parisienne , tous m'ont dit que "depuis Juppé, Bordeaux s'était métamorphosée"
    "la ville a embelli, et rajeuni, il s'y passe tout le temps des choses..."
    J'espère qu'apès les mois de calvaire que vous avez vécu, les témoignages nombreux que vous recevez vous remplissent de joie.
    Cordialement
    Dominique WEILL
    dominique weill
  • Françoise BRUNET
    Le 04 Février 2005 à 22 h 04 min
    Une émotion personnelle: à l'hotel préfectoral, aujourd'hui, monsieur le Préfet a remis les décrets de naturalisation a 60 personnes. Cérémonie sobre et digne, jeunes gens, jeunes filles, quelques couples plus âgées, chacun reçoit avec fierté et humilité ce précieux document au sein de "la maison de la République" . Beaucoup de journalistes sont présents pour le première remise de l'année 2005, mais aussi parce qu'il y avait notre joueur de football bordelais RIO MAVUBA. Il a choisi notre pays, il portera, le maillot de l'équipe de France pour sa 3ème sélection mercredi prochain , il chante la Marseillaise.Il a eu un parcours difficile et douloureux, comme beaucoup de ceux qui étaient à ses côtés.
    Qui sommes nous? Avons nous un projet commun? Il faut le construire avec eux.Merci à Rio de m'avoir permis de l'accompagner, avec d'autres bien sûr, pour ce long parcours:être français. Bienvenue chez nous, nous comptons sur toi.
    Françoise BRUNET
  • Jean - Yves Fafournoux
    Le 04 Février 2005 à 20 h 29 min
    Vous avez bien raison de défendre notre belle langue et sa trés grande précision.J'ai conduit en 2002 une délégation de chefs d'entreprises Auvergnats à Montréal et Sainte Hyacinthe lors d'un congrés mondial sur les biotechnologies. Qu'elle n'a pas été ma surprise de nous voir corriger par nos amis canadiens lorsque l'un d'entre nous présentait son"Buisness-plan". Dés qu'ils ont pris la parole, les canadiens nous parlaient de: "Plan d'Affaires".
    Tout était dit et depuis je ne cesse de penser à leur combat depuis que Bernard Landry, ancien Premier ministre nous avait apostrophés en nous disant que nous les avions laissés tombés au main des Anglais, et que notre langue valait bien un combat de tous les instants.
    Jean - Yves Fafournoux
  • george-philip chartier
    Le 04 Février 2005 à 18 h 42 min
    La langue est le veritable ciment d'une nation;connaitre une langue c'est quelque part assimiler l'histoire d'un pays, se penetrer de sa culture, de sa philosophie, c'est aussi le symbole d'un vrai "vivre ensemble" . Pourquoi ne pas faire de la connaissance parfaite de la langue française le premier élément de l'accés à la citoyenneté. Beaucoup de nos freres francophones pourraient en bénéficier et la France pourraient ainsi renouer avec son rayonnement culturel qui est intimement lié à un vrai rayonnement politique.
    george-philip chartier
  • Michel Datry
    Le 04 Février 2005 à 18 h 20 min
    Je me rappelle un débat qui date déjà de quelques années, vu à la télévision, du temps où il y avait au gouvernement des ministres de la francophonie. Il y était question de la défense et illustration de la langue française. Pouvait-on enrayer les anglicismes et préserver notre langue des apports étrangers qui la souillaient ? Mieux, le français pouvait-il encore s’étendre dans le monde ?
    La plupart des participants étaient optimistes et pensaient que son expansion était possible…qu’il fallait pour cela multiplier les centres culturels, donner une dimension plus importante à l’Alliance française etc. , quand, soudain, Jean Dutour qui, jusqu’alors, était resté muet, déclara tout de go (remarquez qu’il ne s’agit pas ici du verbe « aller » en anglais mais d’un mot provenant de gobbo signifiant bouche en gaulois) que tout ce discours n’était que fadaises car les langues ne s’imposaient que par la guerre. Il en fut ainsi du grec puis du latin et ce ne sont pas les bons sentiments qui peuvent y faire quelque chose.
    L’anglais est envahissant parce que les Etats Unis sont la puissance mondiale dominante et l’exemple canadien n’est qu’un acte de résistance. Mais pour combien de temps encore ?
    Michel Datry
  • Bernard Bidon
    Le 04 Février 2005 à 17 h 11 min
    Les mots français sont trop longs,comprennent trop de syllabes et, galvaudés, entre autre, par les tenants de la langue de bois,sont désincarnés de force et de sens .Par exemple, pour du "now, house,job,car", il faut supporter des mots à rallonge tels que maintenant,maison,travail,voiture.
    Généraliser et pratiquer les abréviations nous permettraient peut-être de résister : ainsi des profs, amphi, la doc,muscu, thalasso(un peu long), petit déj ...
    Bernard Bidon
  • nicolas le léon
    Le 04 Février 2005 à 14 h 30 min
    L'omniprésence de l'anglais ne signifie pas désuétude du français. Nous vivons dans une société du temps réel où une question, une exigence, un besoin, une envie doit être satisfaite dans l'instant, au risque de contrarier les conso-citoyens.Il suffit de constater l'explosion des sms, l'impatience pathologique des médias , pour comprendre l'insinueuse progression de l'anglais.
    Pour aller vite, il faut un outil linguistique simple voir simpliste.
    Le temps nécessaire à tout apprentissage se réduit comme peau de chagrin face à cette mode de l'instantané.
    Notre langue n'est pas épargnée car elle suppose un apprentissage dans le temps au contraire de l'anglais, facile à apprivoiser. Enfin, l'internationalisation de l'économie encourage une évolution permettant de réaliser de substancielles économies d'échelle.
    S'il y a une franco-sinistrose, elle n'est que la juste contrepartie de cette logique de non effort,de ce besoin insatiable d'immédiateté.
    nicolas le léon
  • Laure MILLER
    Le 04 Février 2005 à 13 h 16 min
    Monsieur Le Premier Ministre,

    Je suis étudiante en Maitrise de Droit à Assas et je m'occupe également du journal de l'UMP-Assas!
    Je me permets de vous écrire car j'ai lu votre opinion sur les quotas mais voudrais savoir ce que vous pensez de l'éventualité d'une politique de discrimination positive car si il est nécessaire de penser sérieusement à la mise en oeuvre d'une véritable politique d'immigration, il faut aussi penser à son corollaire, une vraie politique d'intégration...
    Je me permets de vous envoyer un article que j'ai écrit sur ce sujet.

    En outre, je serais heureuse de pouvoir vous envoyer notre journal "Cocorico" (le dernier numéro comportait l'interview d'Alain Madelin et le nouveau celle du Premier Ministre, Jean-Pierre Raffarin qui nous a fait l'honneur de nous recevoir!) mais à quelle adresse puis-je vous l'envoyer?

    Avec mes remerciements anticipés, je vous prie de croire, Monsieur Le Premier Ministre en l'assurance de mon plus grand respect.



    DISCRIMINATION POSITIVE : UN NUMERO D’ILLUSIONNISTE DANGEREUX

    Trop longtemps, toute question autour de l’immigration a été volontairement occultée en France par manque de courage politique, aboutissant ainsi à des situations telles que le 21 avril 2002. Toutefois, si le gouvernement actuel a osé s’attaquer à cette question brûlante par le biais de la loi de 2003 sous la houlette de Nicolas Sarkozy, les répercussions du laxisme pratiqué pendant des décennies sont en question aujourd’hui. En effet, outre l’absence de politique d’immigration, l’on peut également déplorer l’absence de politique d’intégration conduisant aujourd’hui au triste constat d’une déstructuration du tissu social de notre société, faute de s’être donné les moyens d’intégrer les étrangers sur son sol.

    Face à ce phénomène, la tentation paraît grande de mettre en œuvre une politique de discrimination positive afin de « recaser » les minorités là où elles ne sont pas assez présentes, mais ce tour de magie est malheureusement trop facile et ne permettra pas de faire disparaître en profondeur le malaise français et pis encore, il risque de renforcer le fléau que l’on s’efforce de combattre : le communautarisme.

    En approchant la question dans sa globalité, nous pouvons tout d’abord la contester en ce que les textes tant sur le plan national qu’international (DDHC et Déclaration de l’ONU) s’opposent à toute forme de politique de discrimination positive, en effet, « Nul ne peut être réduit à son appartenance à une quelconque catégorie »
    Et selon notre Constitution, la République Française est « une et indivisible ». Ainsi, le communautarisme que l’on cherche tant à combattre aujourd’hui va dans l’hypothèse d’une telle loi, dite de traitement préférentiel, s’afficher au grand jour et cela risque d’amener ces minorités à se refermer sur elles-mêmes afin de continuer à bénéficier de ces droits.

    D’autre part, et plus prosaïquement, de telles mesures dites de traitement préférentiel ne sont pas sans problèmes d’application. Que faire, en effet, pour justifier ces mesures auprès de ceux qui n’appartiennent à aucune catégorie ? Et au regard des « minoritaires », n’est-ce pas un aveu d’échec et une ultime humiliation ?
    Cette solution miracle n’est donc pas exempte de limites car pourquoi en faire bénéficier les femmes et pas les personnes âgées, pourquoi pour certaines élections et pas pour d’autres ?

    En outre, peut se produire un phénomène de « racisme à rebours », comme aux USA où dans les universités des quotas sont réservés aux étudiants de couleur donc aboutissent à écarter des candidats mieux notés mais qui avaient le malheur d’être…blancs…


    Ainsi, au-delà de ces difficultés d’application, cette idée en vogue dans notre société et dans les discours politiques tout droit venue de l’affirmative action des USA nous amène tout simplement à nous demander sa raison d’être d’un point de vue moral..

    D’aucuns y voient une « symétrie morale » que requiert le principe d’équité, ainsi selon Steele Shelby dans son ouvrage The price of Preference, les avantages injustement accordés aux blancs hier et aujourd’hui encore se trouvent contrebalancés par l’octroi aux noirs de certains avantages. Et l’auteur d’en conclure qu’en théorie, « La préférence supplante le préjugé, l’intégration répond à l’exclusion ».
    C’est donc bien une forme de repentance et de rédemption.
    Or ce même auteur, fustigeant les effets de l’affirmative action explique alors que cette politique, passant par des quotas sous couvert de lutte contre la discrimination (sans aucune obligation d’en prouver l’existence effective), est en réalité un « instrument d’ingénierie sociale qui a précipité notre société vers un objectif de représentation raciale statistiquement proportionnelle ». Or ce qui est alors contestable c’est que ce type de représentation n’est en rien synonyme de développement socio-économique.

    L’autre effet pervers avancé par cet auteur est que cette politique encourage les Noirs à faire valoir leur passé de victimes pour en tirer des privilèges, ce qui entretient une culture de victimisation. Les minoritaires estiment donc avoir des créances sur la société, mais à l’inverse, sur leur lieu de travail, les préférences raciales créeront toujours un clivage entre ceux qui en bénéficient et les autres. Le doute planera sur les compétences réelles de ceux-ci qui se verront alors injustement marqués du sceau de l’infériorité, préjugé que l’on cherche à tout prix à combattre…

    Antonin Scalia, juge à la cour suprême des Etats-Unis et auteur de The Disease as a Cure va même jusqu’à parler de «  système raciste » à l’endroit de l’affirmative action et déclare « Je ne dois rien à un Homme ni lui a moi, à cause du sang qui coule dans nos veines (…). Le système d’affirmative action aujourd’hui en vigueur repose sur des concepts de dettes raciales et de droits raciaux plutôt que sur la valeur et les besoins des individus ».

    Ainsi, l’on peut en conclure que ce concept qui se veut politique sociale n’a en fait aucune vocation éducative mais remplace simplement la prise en compte de la compétence par celle de la couleur. La solution serait peut-être une politique centrée d’une part, sur une aide scolaire des personnes défavorisées et ce, quelle que soit la race, et d’autre part, le contrôle et la surveillance étroite accompagnée de sanctions à l’encontre des entreprises pratiquant toute discrimination à raison de la race, l’ethnie ou du sexe. Ceci ne vaut-il pas mieux que de résoudre à nouveau un problème en passant par la contrainte d’une loi comme la France sait si bien le faire… ?


    Laure MILLER
    ([email protected])
    Laure MILLER
  • Vincent Le Biez
    Le 04 Février 2005 à 12 h 53 min
    Bonjour,

    Bien que la défense de la langue française doit être un point important de la politique culturelle, je pense qu'il ne faut pas s'arc-bouter sur notre langue et refuser tout apport des autres langues et en particulier de l'anglais. Prenons l'exemple du mot e-mail que beaucoup veulent remplacer pas courriel, je trouve ce combat absolument dérisoire et illogique : est-ce que cela gène les anglais d'employer le mot "restaurant" ? C'est au contraire une bonne chose que les langues s'enrichissent les unes les autres. En Allemagne, les "élites" insèrent un grand nombre de mots et d'expressions françaises dans leur langue, y trouvons-nous quelque chose à redire ? Nous considérons cela comme un hommage à notre langue ? Mais est-ce à dire alors que notre langue est noble contrairement à l'anglais ? Je crois que la force de l'anglais est d'être une langue fonctionnelle, plus simple que la notre. C'est pourquoi je ne vois aucune objection à ce que des réunions européennes se déroulent en anglais (M. Dupont Aignan s'était ému de cela à l'Assemblée Nationale en interpelant M. Darcos ministre de la francophonie), il faut savoir mettre notre "prétendue supériorité culturelle" de côté.
    Conserver et renforcer notre langue est une chose, refuser tout apport des autres cultures en est une autre, et un tel combat me paraît aujourd'hui bien dérisoire face aux véritables enjeux qui concerne notre pays et sa place dans le monde.
    Vincent Le Biez

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé
Alain Juppé 2017
5 ans pour l'emploi
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