Blog Notes d'Alain Juppé

Obama rex

Publié le 22/01/2009 par Alain Juppé

La cérémonie d’investiture de Barack Obama comme 44ème président des Etats-Unis est à la mesure de l’Amérique: foule immense, ferveur intense, espérance planétaire…

Nous pourrions, nous Européens, faire la fine bouche et sourire de tant d’enthousiasme. Un économiste de renom n’aurait-il pas été jusqu’à dire, si l’on en croit le billet d’Anne Sinclair dans un récent JDD: « Je crois que Dieu nous a envoyé Obama pour régler nos problèmes. »

Nous aurions tort pourtant, selon moi, de jouer les rabat-joie et d’insister sur toutes les raisons que nous avons de penser qu’Obama va décevoir.

D’abord parce que ce n’est pas sûr. Il y a, dans la vie des peuples comme dans celle des individus, des moments d’état de grâce où beaucoup de changements deviennent, tout d’un coup, possibles. Nous vivons l’un de ces moments. L’Amérique qui avait si profondément envie d’être à nouveau aimée, retrouve confiance en elle-même, et l’on connaît son extraordinaire faculté de rebond. Le monde lui-même est en attente. Presque partout, le nouveau Président bénéficie d’un préjugé favorable. A lui maintenant de prendre vite l’initiative.

Et puis, ce qui me frappe, c’est son absence de triomphalisme. Son dicours devant les deux millions d’Américains rassemblés sur le Mall de Wahington, aurait pu être emphatique. Il est resté modeste. L’un des premiers mots qu’il a prononcés est le mot « humility ». Il prévient ses concitoyens que ce sera long et difficile, qu’il commettra peut-être des erreurs, mais que rien n’entamera sa détermination.

J’ai bien aimé l’une de ses formules: « The tempering qualities of humility and restraint » auxquelles il appelle le peuple américain, et que je traduis ainsi: « Les qualités modératrices d’humilité et de retenue. »

Quand la force se conjugue avec le sens de la mesure, tous les espoirs sont permis.

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3 commentaires pour « Obama rex »
  • Gilles
    Le 23 Janvier 2009 à 10 h 53 min
    Tout à fait d'accord avec votre analyse, le peuple américain est un grand peuple, et si sa politique étrangère a pu déraper ces derniers temps, elle ne reflète pas la richesse, la complexité et la créativité d'un peuple exceptionnel. Bien sûr la capacité de rebond existe, c'est même une nécessité si l'Amérique veut conserver son rang. Mais certains analystes ont sûrement raison de dire que nous européens pourrions être décus à trop attendre du Président Obama. Ses premiers coups de fils à des dirigeants étrangers en disent d'ailleurs long, et finalement il a bien raison. L'avenir du monde va se jouer au Moyen Orient et en Asie, pas en Europe. C'est désormais aussi à nous européens de faire preuve de créativité et de créer le rebond, afin de revenir sur le devant de la scène, par nos efforts, et ne surtout pas croire que c'est un dû.

    Gilles
    Gilles
  • Bernard
    Le 23 Janvier 2009 à 10 h 04 min
    Le Monde attend beaucoup d'Obama; mais moi, simple citoyen français, que puis-je attendre de lui? Pas grand chose, car il est d'abord américain et favorisera surtout les américains!
    Bernard
  • hifi
    Le 23 Janvier 2009 à 01 h 20 min
    Sauf erreur de ma part, le mot exact prononcé était, non pas "humility", mais "humble", ce qui n'est pas très éloigné, mais si l'on songe que l'inversion d'un mot lors de la prestation de serment a contraint le nouveau Président a reprêter serment, alors mon intervention a un sens :)
    hifi

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé
Alain Juppé 2017
5 ans pour l'emploi
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