Blog Notes d'Alain Juppé

OMC et PAC

Publié le 25/10/2005 par Alain Juppé

La partie de bras de fer qui oppose en ce moment la diplomatie française et le commissaire Mandelson, chargé de défendre la position européenne dans les négociations commerciales multilatérales de l’OMC, me rappelle furieusement l’affrontement que j’avais eu à l’automne 1993 avec le prédécesseur de M.Mandelson, le britannique Leon Brittan. A l’époque il s’agissait de remettre en cause le prétendu accord de « Blair House », très défavorable à l’agriculture française, et d’obtenir un meilleur compromis. Ce à quoi nous étions parvenus de haute lutte.

Aujourd’hui, c’est toujours la Politique Agricole Commune (PAC) qui est dans le collimateur.

Certains (y compris Tony Blair) lui reprochent d’être une politique du passé. J’avoue que l’argument me surprend. Comment peut-on soutenir un tel point de vue quand on voit l’importance croissante que prennent les problèmes de sécurité et d’auto-suffisance alimentaires, dans un monde qui, d’ici quelques décennies, comptera quelques 9 milliards d’habitants? L’agriculture est bel et bien l’un des grands enjeux de l’avenir, et, pour l’Europe et la France, un atout majeur.

D’autres critiques sont adressées à la PAC:
– sa défense intransigeante nous priverait de nouvelles avancées dans la libéralisation des échanges de produits manufacturés et de services de qualité, qui seraient tout à notre avantage;
– les mécanismes de la PAC empêcheraient les pays en développement d’exporter, sur des marchés européens protectionnistes, leurs productions agricoles qui sont souvent leurs principales richesses.

Il y a du vrai dans ces arguments.

Encore faut-il ajouter que la PAC d’aujourd’hui est fort différente de celle des années 60! Elle a été profondément réformée: les prix garantis ont été drastiquement réduits et se sont beaucoup rapprochés des cours mondiaux; les subventions ont été déconnectées du niveau de production; le respect de normes agro-environnementales strictes a été imposé à nos agriculteurs. Et l’Union Européenne, avec l’accord de la France, s’est déclarée prête à supprimer ses subventions à l’exportation si les autres pays subventionneurs (entendez les Etats-Unis…) en faisaient de même.

Faut-il aller plus loin et démanteler purement et simplement une politique commune qui est l’une des plus fortes expressions de la solidarité communautaire?

J’entends ici, au Canada, les fermiers manifester dans les rues et demander à leur gouvernement de ne pas céder à la pression d’une mondialisation sans régulation, au risque de sacrifier un potentiel économique précieux et tout un art de vivre.

Nous ne sommes donc pas seuls à défendre la recherche d’un compromis équilibré. Mais il va nous falloir beaucoup de ténacité et de force de conviction dans les semaines qui viennent.
25/10/2005

Partager cet article

13 commentaires pour « OMC et PAC »
  • Bruno B
    Le 28 Décembre 2005 à 16 h 56 min
    Bonjour,

    Décidemment je ne suis pas vraiment d'accord avec vos points de vue.

    A l'heure où l'europe cherche à se doter d'une pseudo constitution qui n'en est pas une mais qui est un traité, je trouve que la position de votre discours n'est pas très en phase avec les positions que vous soutenez par ailleurs.

    Qui pourrait croire dans une Europe forte, qui l'on dit politique pour ne pas oser prononcer le mot souveraine, alors que par ailleurs l'essentiel de son action porte sur des querelles sans fin sur des questions qui touchent combien, 2% de sa population active je crois ? Vous ne comprenez donc pas que c'est ainsi que l'Europe, cette si belle idée et ce si grand enjeu se saborde d'elle même.

    Au bout d'un moment il faut être un peu cohérent et sortir du problème. L'Europe telle qu'elle existe aujourd'hui ne fonctionne pas.

    Soit nous la défaisons et en particulier son volet politique qui est en infraction avec les principes de démocratie édictés par Montesquieu.

    Soit on prend son courage à deux mains et même au risque de casser quelques oeufs on saute le pas mais à ce moment on la dote non pas d'un traité mais d'une constitution.

    C'est à dire que l'on accepte de la doter d'un pouvoir de faire la loi de l'executer et de juger qui fonctionne selon la règle de séparation propre à toute démocratie.

    Sauter ce pas c'est encore décider que ces pouvoirs soit au-dessus des executifs nationaux et disposent d'une unité réelle et d'un vote des citoyens européens mis sur un pied d'égalité. Ce qui n'empêche pas d'inventer un mécanisme qui tienne compte des différents executifs nationaux.

    Bref soit on retourne à une vision plus proche des origines qui la voyait comme l'instrument de la conduite de politiques communes. Soit on lui donne une puissance politique mais c'est alors changer sa nature et se pose la question de la légitimité de son pouvoir.

    Dans le second cas elle ne pourra plus reposer sur les executifs nationaux mais sur les citoyens Européens. Qui choisiront en citoyens libres les hommes et les femmes qui conduiront la politique qu'ils choisiront librement.

    Les executifs nationaux tiennent leur légitimité d'un vote national et leur mandat n'est qu'executif. Dans le système qui existe on a cherché à la doter en partie d'un pouvoir souverain sans se soucier d'appliquer les règles de bases en matière de démocratie. Le résultat est que personne ne voit l'Europe comme une entité en soi mais tous les pays (enfin presque) la voient comme le moyen d'utiliser son levier pour servir son pré-carré national. Toutes les évolutions et le traité qui vient d'être rejeté ne vise qu'une seule problématique : comment accroitre le petit pouvoir de mon pays au sein de l'Europe. Et l'on se bat pendant des années pour augmenter la capacité de preise de décision de 7 à 13% ou de 13 à 18% etc etc ... Pendant ce temps là, un géant chinois envahis le monde et nous en sommes toujours au même point, sans vision, sans gouvernement sans politique et sans moyens.

    Au bout d'un moment le spectacle rebute jusqu'à l'Européen le plus convaincu.

    Qui aura la force la volonté pour oser dire que cela est ridicule, que la seule chose à laquelle nous arrivons c'est à détruire l'idéal Européen et imposer une souveraineté supranationale, non pas un peu plus mais complètement démocratique à L'Europe ?

    Et puis l'enjeu est phénoménal. Si nous arrivons à construre une démocratie supra-nationale qui est capable d'englober tant de cultures vous imaginez le message et l'exemple ?
    Bruno B
  • Pascal Antoinet
    Le 14 Novembre 2005 à 17 h 45 min
    Monsieur Juppé, je profite de ce petit espace d'expression pour exprimer un doute vis à vis de votre analyse...

    etes-vous sûr que ces subventions aillent réellement à ceux qui en ont le plus besoin ? Pourquoi entend-on régulièrement, de sources très différentes que la répartition de ces subventions va à l'encontre du bon sens ? Je vois en Charentes des champs entiers de mais qui pourrissent sur pied car une fois empochées les subventions, il devient inutile de les récolter ! Comment défendre donc une subvention dont on sait qu'elle est quasiment "détournée" par la suite ?

    L'europe n'aurait-elle pas plutot besoin de grands projets trans-européens plutot que de servir de caisse d'appoint à des acteurs économiques qui grapillent tout ce qu'il peuvent systématiquement ?

    Merci par avance de l'interet que vous porterez à ce bref message.
    Pascal Antoinet
  • P Leclercq
    Le 02 Novembre 2005 à 21 h 30 min
    Mr le premier ministre
    Cher alain

    Dommage que la visite de Dominique de villepin soit annulée .
    J’espérai voir des images de la belle province aux journaux télévisées …

    A citer un article qui vous rend hommage et va vous faire plaisir dans le point en ligne
    Extrait :
    MICHEL CICUREL : Depuis vingt ans, les gouvernements, gauche et droite confondus, et la classe politique ont fait preuve d'un manque de courage évident. Il y a bien eu l'exception Juppé. Mais c'est la démonstration par l'absurde de l'impossibilité de la réforme.

    http://www.lepoint.fr/dossiers_france/document.html?did=126062

    Interview Michel Cicurel*
    « Si l'Etat ne se réforme pas, il finira en compote »
    Michel Cicurel, neveu de Pierre Mendès France, a passé dix ans au Trésor avant de se lancer dans le privé. Auteur de plusieurs ouvrages sur l'économie française, il ne s'est jamais désintéressé du sort de l'Etat et de sa réforme.
    LE POINT : Pourquoi, en France, l'Etat est-il incapable de se réformer ?
    MICHEL CICUREL : On a commencé à parler de réforme de l'Etat au début des années 80, après les deux chocs pétroliers. Résultat, en trente ans, son poids n'a fait que croître et dépasse maintenant 50 % du PIB, proportion exceptionnellement élevée. Pendant ce temps, les autres ont bougé. Et pas seulement les Etats-Unis de Ronald Reagan ou la Grande-Bretagne de Margaret Thatcher. De la Suède à l'Italie, en passant par l'Espagne ou le Canada, tous les pays ont réformé leurs administrations. Tous sauf un, la France.
    LE POINT : Pourquoi cet immobilisme? A cause de la toute-puissance des syndicats ?
    MICHEL CICUREL : Tout au contraire. Les syndicats ne représentent que 9 % des fonctionnaires. C'est cela, le drame. Marginaux et divisés, pour accroître leur influence, ils se livrent à une surenchère permanente et s'installent dans la démagogie. Pour réformer, mieux vaut avoir en face de soi un syndicat puissant.
    LE POINT : Les politiques sont restés en retrait...
    MICHEL CICUREL : Depuis vingt ans, les gouvernements, gauche et droite confondues, et la classe politique ont fait preuve d'un manque de courage évident. Il y a bien eu l'exception Juppé. Mais c'est la démonstration par l'absurde de l'impossibilité de la réforme.
    LE POINT : Les citoyens ne bougent pas non plus...
    MICHEL CICUREL : Ils râlent quand ils subissent les grèves fréquentes de la fonction publique. Sinon, rien. Leur passivité a selon moi une raison profonde. Les citoyens ne se rendent pas compte qu'ils paient l'inefficacité de leur Etat. Car, chez nous, l'impôt est relativement indolore. La grande masse des rentrées fiscales provient de la TVA et de la Tipp (taxe sur les carburants), que l'on paie sans s'en rendre compte. Quand à l'impôt sur le revenu, il ne fait « souffrir » que 10 % des contribuables, dont tous les Français se fichent !
    LE POINT : La situation est désespérée...
    MICHEL CICUREL : Pas complètement, car il y a l'Europe. Sans contrainte extérieure, la France serait restée un Etat médiéval. A l'avenir, la compétitivité des nations dépendra de plus en plus de la compétitivité des Etats. Les batailles économiques se gagnent à l'arrière, même si les médailles sont décernées aux soldats du front, autrement dit aux entreprises exportatrices. En plus de cela, une contrainte intérieure va s'exercer sur la fonction publique.
    LE POINT : Laquelle ?
    MICHEL CICUREL : Dans les dix ans qui viennent, 50 % des fonctionnaires, soit l'équivalent des effectifs de l'Education nationale, vont partir à la retraite. Comme la population active diminue, on ne pourra les remplacer tous (on le voit déjà pour les infirmières). Donc, il faudra que les fonctionnaires puissent travailler plus efficacement, ce qui suppose une meilleure organisation de l'Etat. Ce grand chamboulement ne pourra se faire qu'en les intéressant, y compris financièrement, aux réformes. En tout cas, si rien n'est fait, dans dix ans, l'Etat finira en compote. Et les fonctionnaires seront payés au lance-pierre. Je ne suis pas sûr que les fonctionnaires aient bien compris qu'ils seront les premières victimes de l'immobilisme.
    LE POINT : Peut-on réformer l'Etat si Bercy ne bouge pas?
    MICHEL CICUREL : Non ! Le ministère des Finances doit donner l'exemple, car il exerce la tutelle sur toutes les autres administrations et reste la référence de l'excellence. La réforme tombe sous le sens et ne doit pas continuer de buter contre un excès de corporatisme. Après tout, il s'agit de service public !
    *Président du directoire de la Compagnie financière Edmond de Rothschild

    Amicalement
    P Leclercq
  • Claude Méry
    Le 31 Octobre 2005 à 22 h 50 min
    Dans les landes girondines, les immenses champs de maïs ont laissé la place à de grandes étendues de plantes plus surprenantes les unes que les autres. Il m'est arrivé de contempler de gigantesques bandes de tulipes multicolores, des ginkos taillés ras comme du gazon, une parcelle dicrète mais conséquente de pavots en fleur, prets à récolter. Et maintenant, c'est l'offensive de la carotte et du poireau.Sur ce sol qui n'en était pas un, on peut maintenant s'attendre à tout.
    Comment une institution aussi lente à mouvoir que la commission Européenne pourrait suivre, sinon précéder une telle mobilité? Protéger son marché, pourquoi pas. Mais pour quoi faire?
    j'ai noté que les vaches laitières avaient disparus du paysage, ne restent au champ que de superbes bêtes de forme. Ailleur, la forêt gagne comme une lèpre les pâtures oubliées des brebis. Tout change si vite, pourquoi ne pas laisser le marché , l'offre et la demande, faire son oeuvre?
    Un paysan qui perd son travail est t'il plus malheureux qu'un autre chomeur? Je ne sais pas, mais ce que je sais , c'est que j'ai rencontré dans le midi Toulousain, des paysans riches comme jamais leurs parents n'auraient rêvés de l'être.
    Claude Méry
  • Jean AZAN
    Le 31 Octobre 2005 à 12 h 11 min
    Bonjour Monsieur Juppé,

    Le 30 septembre 2005, en réaction à votre texte « ALERTE BLANCHE » je vous adressai quelques lignes qui n’ont pas eu la faveur de votre blog. Je vous disais entre autre chose, ceci :

    « Les premiers à devoir réfléchir sur les conséquences de leurs actes sont d’abord les hommes politiques, les uns ayant le tort de fourvoyer leur peuple dans des voies sans issues, les autres de suivre les humeurs irraisonnables de l’opinion publique.

    Un exemple de voie sans issu: une pléiade d’hommes politiques ont créé des villes nouvelles autour de Paris, dans le but de fixer les populations auprès de leur lieux de travail. C’est tout le contraire qui fût obtenu. Dans un espace agrandi qui s’accommoderait de systèmes de transport en coordonnées polaires, mais où, malheureusement, la route ne connaît principalement que les circulaires, le rail, les radiales, on assiste à un énorme mouvement brownien d’hommes et de femmes, qui gaspillent chaque jour des millions d’heures et de kilojoules. La solution est sans issue.

    Aujourd’hui, très largement au dessus de la tête des citoyens de base, on organise le commerce mondial, en oubliant de prendre en compte les paramètres énergétiques. Total, le lin de France part en Chine pour nous revenir sous forme de chemises et autres vêtements. Trente mille kilomètres auront été ainsi parcourus dans des navires qui ne sont pas propulsés par la force du vent. On boit, en France, dans le Bordelais, des vins de Californie, du Chili, d’Afrique du Sud, certains arrivés par avion. On mange, en Grande Bretagne des pommes de New Zélande, etc…. »

    J’ajouterai un commentaire à ces lignes. La réaction de madame Yannick Cochennec rappelle la désespérance d’une employée de la Samaritaine qui travaillait dans ce magasin depuis 35 ans et passait 4 heures par jour dans le train. Cette pauvre femme a passe 33600 heures de sa vie dans les transports en commun soit 45 mois ou plus de trois ans et demi. Ils sont des milliers en Ile de France à subir le même sort. Ceci à cause de mauvaises décisions prises au plus haut niveau de l’Etat. CQFD

    Vous avez récemment eu une réflexion sur le Lesotho qui meurt du SIDA. Ce pays eut encore droit aux projecteurs de l’actualité pour un autre sujet. La télévision nous montra des milliers de femmes travaillant comme des esclaves sous la houlettes d’un encadrement chinois qui les exploitent dans les pires conditions qui soient pour fabriquer dans des usines, construites de toute pièce, des vêtements qui viendront inonder nos supermarchés.

    In fine, tout se tient, Tornade Blanche, SIDA, esclavage et OMC. Organiser le commerce mondial, c’est bien ; l’organiser sans faire intervenir d’autres critères que le prix de vente, car c’est bien à ce niveau que tout se joue, ça ne va plus. Quand on achète, en France, un pantalon chinois parce qu’il coûte 10€ , on participe à l’esclavage des femmes du Lesotho ou d’ailleurs, on participe à la consommation du combustible nécessaire à son transport, on participe à la mise au chômage des ouvriers capables de fabriquer le même produit dans un environnement rapproché, etc …. Je vous renvoie à mon livre qui traite du chômage. Pour freiner l’invasion et éviter un trop grand désastre, on a recourt aux quotas. Il serait peut-être plus judicieux d’indexer les prix de vente en fonction de critères dépendant des conditions de travail, des distances de transport, etc… Les flux commerciaux seraient réduits, les critères de choix pour le consommateur, deviendraient ce qu’ils sont pour les produits issus d’un même milieu. Ainsi le vin chilien ne serait plus consommé parce qu’il coûte moins cher mais parce qu’on le préfèrerait éventuellement à un autre.

    Les prix bas n’aident pas la protection du milieu. Il suffit de se promener sur un marché pour voir le désastre, à savoir le gaspillage. Les gens sont atteints d’une frénésie d’achat. On achète, on jette, on achète et l’on jette. Les « fripperies », les bourses aux vêtements, les magasins Emmaüs, ….tous regorgent de fringues. Or la plus grande des pollutions vient de la production, du travail. Cette super consommation, engendre une super production qui nous conduit tout droit dans le mur. Qu’en pensez-vous ?

    Jean AZAN
  • Sadri Mokni
    Le 27 Octobre 2005 à 20 h 17 min
    Bonjour,

    C'est hors-sujet mais je me pose depuis fort longtemps des questions quand aux perspectives d'un approfondissement des relations canado-européenne.
    Dans les années 1970, Pierre Eliott Trudeau s'inquiétait de la très forte dépendance canadienne à l'égard des É-U. Il aurait souhaité comme d'autres membres de son parti et de son cabinet, une diversification des clients et fournisseurs dans les transactions commerciales et financières du Canada.

    Quels sont les domaines où la relation canado-européenne se trouve à un haut degré d'interaction? Et que peuvent tenter européens et canadiens pour un début de convergence transatlantique?

    Enfin, de par mon expérience personnelle d'européen continental, j'ai senti en quittant l'Europe pour un pays d'outre-Atlantique qu'il y a plus qu'un fossé géographique qui nous sépare. Il y a une culture différente, des usages différents, des normes de travail comme de gouvernement qui se distinguent. Peut-être que c'est sur l'Atlantique qu'on peut encore retrouver les contrastes rhénan, alpin, de la Manche, etc. d'avant la construction européenne.

    Cordialement,
    Sadri Mokni
  • Yannick Cochennec
    Le 27 Octobre 2005 à 17 h 11 min
    L'émission Envoyé Spécial a diffusé dans son dernier numéro un poignant reportage sur quelques salariés de la Samaritaine qui a fermé ses portes en juin (peut-être l'avez-vou vu sur TV5). Parmi ceux-ci figurait une employée qui travaillait dans le magasin depuis 35 ans et qui touchait mensuellement 1 100 euros nets au bout d'une aussi longue collaboration. Chaque jour, cette personne passait quatre heures aller-retour dans les trains pour relier son domicile au centre de Paris (parce que faute de moyens, elle ne pouvait pas s'offrir un loyer parsien). Quand elle parlait du magasin qu'elle aimait d'amour (plus probablement que de nombreux actionnaires) elle ne pouvait pas s'empêcher de verser des larmes. Et je me disais qu'aucun homme politique ne pourrait redonner de l'espoir à cette femme et à tous et toutes celles qui sont, comme elle, victimes de cette horreur économique.
    L'homme politique n'a-t-il jamais été plus impuissant qu'ajourd'hui ? Et comment peut-il réinventer sa fonction ? Merci.
    Yannick Cochennec
  • Guillaume MACCZAK
    Le 27 Octobre 2005 à 11 h 39 min
    Lu dans Diagnostic et Décisions Stratégiques, T. Atamer et R. Calori, au sujet du diagnostic identitaire de l'entreprise quand il est réalisé en interne :

    "Cela nous conduit à attirer l'attention sur deux dérives possibles. La première est celle de l'étouffement identitaire. Si le diagnostic s'appesantit trop, au démarrage, sur l'identité de l'entreprise, le risque est grand de voir la démarche stratégique devenir par la suite un développement sans imagination découlant des postulats qui définissent l'entreprise elle-même, à travers ses dirigeants. C'est le syndrome de l'exception culturelle, souvent évoqué par des assertions telles que : "Nous, nous sommes très différents des autres entrprises du secteur", ou bien "Il est impossible de remettre en question ce qui fait la force de notre entreprise". L'expérience montre que dans la plupart des cas, cette différence ou cette force sont largement exagérées et partiellement fantasmées."

    Cette citation, un peu longue j'en conviens, montre combien les Français s'enferment dans leur terroir. En lisant ce pasage, je me suis souvenu du passage récent de Dominique de Villepin, notre cher Premier Ministre, qui défendait devant un journaliste de l'Herald Tribune que la "France est un grand pays dans le monde". Le journaliste lui répondit "un pays moyen". L'agumentation du poète se termina par "Nous sommes le premier pays agricole au monde, Monsieur". Les propos sont peut-être un peu déformés mais l'idée est là.

    Nous n'avons en France aujourd'hui plus aucun avantage concurrentiel sur les autres pays, même les pays qui sont en voie de développement (ou explosion) tels que la Chine ou l'Inde. Qu'attend-on pour placer aujourd'hui nos activités sur une matrice adéquate ? Les règles les plus imples de la stratégie d'entreprise ne sont pas respectées, les diagnostics les plus élémentaires ne semblent pas être faits. Je n'en veux pas spécialement à notre Premier Ministre, peut-être plus à notre Président caresseur de séants de bovins) mais à toute la e politique, de Gauche comme de Droite, qui n'explique pas clairement, ou ne voit pas, quelle est la situation de la France dans le monde aujourd'hui.

    Si ce post pouvait être lu et commenté par un fonctionnaire de l'Etat, j'en serai ravi. Je crois que, comme tous les Français, j'ai besoin de comprendre ce qui se passe en ce moment.
    Guillaume MACCZAK
  • ED XXXXXX
    Le 27 Octobre 2005 à 11 h 37 min
    Très brièvement:

    La libéralisation du commerce international était une promesse de croissance faite aux pays du sud. La mise en oeuvre de la théorie des avantages comparatifs devait leur permettre de tirer avantage de leur capacité à produire des biens agricoles et textiles compétitifs sur un marché mondial libéralisé.

    Comment justifier qu'après 50 années de négociations sur la libéralisation des échanges que textile et agriculture soient demeurés les derniers bastions du protectionnisme, alors que les biens manufacturés du nord ont inondé les pays du sud.

    Ces derniers auraient ils été dupés ?
    ED XXXXXX
  • pierre belletti
    Le 27 Octobre 2005 à 10 h 20 min
    Mr Jean francois BONNES
    Jai lu votre repose du 25 octobre suite a la lettre sur l agriculture de MR Juppè.Je vous invite a prendre connaissance du compte rendu officiel 2135 sur l agriculture au canada.L HERBE n est pas plus verte ailleurs.Je pense que d ici une dizaine d anneè et quand vous aurez passer ce cap d installation tout beau tout neuf qui caracterise tout nouveau arrivant et qui ne peut s empecher de faire des comparaisons .la politique agricole de la france est la notre et non la votre vous avez fait le choix d etre peut etre agriculteur au CANADA pourquoi devrions nous avoir les memes vue,??? VOUS DEPENDEZ entierement d une politique Americaine alors les donneurs de lecons merci je pense que contrairement a vous les agriculteurs francais connaissent ce qu il y a derriere leur champs un vrai agriculteur ne quitte pas sa terre a plus rendez dans 10 ans !!!!
    pierre belletti
  • yann kerveno
    Le 27 Octobre 2005 à 06 h 31 min
    ce qui est agaçant dans les débats actuels et passés autour de la PAC et de ses réformes, c'est qu'on ne l'envisage qu'en termes de coûts-bénéfices. J'ai tendance à considérer que la PAC doit être un outil de l'indépendance de l'Europe destiné à conserver à l'Union la possibilité d'être autosuffisante. Si l'on fait le choix de se porter sur le marché mondial pour acquérir les produits dont nous avons besoin, nous démantelons nos propres forces de production, c'est déjà grandement le cas. Nous serons donc à terme dépendants de trois espaces "agricoles" majeurs, l'Amérique du sud, l'Asie, et l'Amérique du nord. On sait par ailleurs qu'une catastrophe de grande ampleur, une sécheresse prononcée à l'échelle d'un hémisphère par exemple, provoquerait la réapparition de la famine dans des contrées qui ne les ont plus connues depuis des dizaines d'années. Il faut, je dis cela de mémoire, quatre mois pour affamer la planète… Comment peut-on envisager de prendre ce risque là en Europe ? La question mérite d'être posée d'autant que l'agriculture, même si elle peine à le reconnaître, peut fournir d'autres services à la société (bien au delà des pittoresques idées de "cantonniers du paysage"). Mais il est de bon ton aujourd'hui de crier haro sur l'agriculture, comme contre la mondialisation d'ailleurs, les loups hurlent toujours avec les loups ;-)
    yann kerveno
  • richard berthou
    Le 27 Octobre 2005 à 04 h 02 min
    ANALYSE JUDICIEUSE ET PRECISE SUR LA PAC;MAIS LE MONDE NE S'ARRETE PAS AU FRONTIERE DE LA FERME OU DE L'ETANG!
    LA POSITION DE MR BLAIR INCARNE AUSSI UNE REALITE QU'EST L'INDISPENSABLE OUVERTURE D'ESPRIT ET LA MODERNITE DU MONDE URBAIN CONTENPORAIN!SI LE MONDE RURAL A UNE LEGITIMITE ECONOMIQUE DONT IL TIRE SA PUISSANCE IL DOIT RECONNAITRE QUE LA SOIDARITE DONT IL PROFITE VA DEVOIR MAINTENANT SE PARTAGER AVEC LA VILLEO OU SURVIT LA MAJORITE DE LA POPULATION MONDIALE!

    UN BORDELAIS EPUISE PAR LE LOBBY AGRO
    ALIMENTAIRE LOCAL!


    richard berthou
  • Jean-François Bonnes
    Le 25 Octobre 2005 à 18 h 25 min
    Bonjour Monsieur Juppé,

    La PAC... L'agriculture représente pour un pays son indépendence et sa subsistance à tous les niveaux. Il est également de bon sens que d'admettre une libéralisation à outrance de l'agriculture mondiale serait la porte ouverte aux abus (OGM, risque de pandémie, mort de notre savoir faire agricole,...). Tous vos arguments sont pertinents et je vous avouerai candidement que je les approuve. Je pense que vous devez alors attendre le "MAIS"... Effectivement, il y a un "mais" à cette politique qui est, je pense, le problème général de l'Europe, et peut être même la raison de l'échec du référendum sur le projet de constitution : son budget. Je m'explique : ce "mais", c'est la part colossale, gargantuesque que représente la préservation de cette politique dans le budget de l'Europe. Aussi, l'Europe qui devrait se construire sur une politique internationale commune, sur une politique interne commune ne le peut car son budget ne reflète pas ces aspirations...
    Cela fait 3 ans que j'ai quitté la France pour venir m'installer à Montréal. L'Europe je la découvre de l'extérieur. Et l'Europe devrait être autre chose qu'un espace "uniquement" agricole : j'en veux pour preuve une fois de plus la part de la PAC dans le budget de l'Europe. Vous prenez l'exemple des agriculteurs canadiens (ou québécois). Il est vrai qu'ils grognent. Mais il est aussi vrai qu'ils savent que leurs produits se vendent ou peuvent se vendre partout dans le monde. Ils le savent et ils ont la mentalité pour le faire car nous sommes en Amérique du Nord : j'essaie d'obtenir une aide auprès de l'État. Mais si je ne l'ai pas, je me débrouille seul ou en coopération. N'oublions pas que le principe de subsidiarité est un des principe fondateur de l'Europe...
    Je pense que la clef réside ici : unissez les agriculteurs non pas contre l'État, mais pour qu'ils développent des initiatives pour découvrir par eux-mêmes des nouvelles opportunités d'affaires. Ce n’est peut être pas révélateur, mais de tous les agriculteurs que je connais en France, très peu connaissent ce qu’il y derrière leur champs. Pas qu’ils n’ont jamais voyagé, mais qu’ils ne savent peut être pas comment développer des moyens d’affaires. L'Europe devrait alors intervenir à ce niveau : non pas par des "subventions" mais par du soutien en savoir-faire en développement d'opportunité. La structure de la PAC est nécessaire, mais son budget limite TROP fortement les moyens de l'Europe de grandir dans les domaines qui ferait d'elle ce que nous voulons qu'elle soit : une Raison mondiale.
    Je vous remercie de nous faire partager vos idées, qui viennent entretenir cette passion de l'Europe et de la France depuis l'extérieur !
    Jean-François Bonnes

Ajouter un commentaire

Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé
Alain Juppé 2017
5 ans pour l'emploi
inscrivez vous à la newsletter

Les derniers tweets

Sur Facebook

GALERIE INSTAGRAM

Bordeaux