Blog Notes d'Alain Juppé

Outremont

Publié le 19/08/2005 par Alain Juppé

Beaucoup d’ami(e)s m’ont souhaité un joyeux anniversaire. Je les en remercie de tout coeur.
C’est la première fois depuis plusieurs décennies que le 15 août ne réunit pas toute la famille à Hossegor.
J’avais pensé différer d’un an la célébration, mais les Parques n’attendent pas…
J’ai fait dans ma tête un petit calcul simple: en tablant sur une espérance de vie de 80 ans – ce qui est évidemment très optimiste – je me disais que j’étais aux 2/3 du parcours. Un esprit plus mathématique m’a ramené à la dure réalité: il s’agit des 3/4! Brrr… Le Québec me sera-t-il bain de jouvence? En tout cas, il ne faut manquer aucune occasion.

Notre installation à Outremont, au coeur du quartier le plus francophone de Montréal, est presque achevée. C’est un tout de force, en 15 jours à peine. Mais tous ceux à qui nous avons eu à faire ont fait preuve d’une telle disponibilité et d’une telle gentillesse!
Isabelle et les filles se sentent visiblement à l’aise. Les rues avoisinantes nous offrent tous les commerces de proximité imaginables. Les espaces verts sont nombreux . Beaucoup d’habitants du quartier nous manifestent de la sympathie. Ce matin, dans les bureaux de la Sécu québécoise où nous accomplissons les formalités d’usage, la jeune femme de l’accueil me confie avec un grand sourire qu’elle a fait une partie de ses études à Bordeaux. Voilà qui met en confiance.

Aujourd’hui, nous avons enfin et la télé et la connexion sur Internet. Après avoir décroché pendant deux ou trois semaines, nous replongeons dans le bain de l’actu.
Et Dieu sait si elle est riche et dure.
La BBC montre des images terribles de l’évacuation, par l’armée israélienne, des colons juifs de la bande de Gaza. Scènes de souffrance et de révolte.
De New York, un commentateur très sûr de lui explique que l’opération se déroule plus vite et plus facilement que prévu. Plaise au ciel que son information soit exacte et que la détermination de Sharon puisse peser sur le cours de l’histoire.
19/08/05

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5 commentaires pour « Outremont »
  • Boris CHARLET
    Le 24 Aout 2005 à 08 h 40 min
    Bonjour,

    Je cite : "Notre installation à Outremont, au coeur du quartier le plus francophone de Montréal, est presque achevée."

    Je tiens à préciser qu'Outremont est au contraire un des quartiers les moins francophones de Montréal. En effet, un quartier porte le nom évoquateur de "Quartier latin" et celui-ci est effectivement francophone. Pour simplifier les francophones habitent surtout l'est de l'île par rapport à la rue St Laurent qui coupait Montréal en deux jusqu'à la révolution tranquille dans les années 60.

    L'Ouest de l'île étant essentiellement habité par les plus riches et les anglophones.

    Cela dit, je vous souhaite un agréable passage dans la Belle Province.
    Boris CHARLET
  • Paul Inchauspé
    Le 22 Aout 2005 à 17 h 39 min
    Bienvenue monsieur Juppé au Québec, à Montréal et dans mon quartier (je vous ai rencontré par hasard, un matin de fin d'hiver, sur le trottoir de la rue Saint-Viateur à côté de la maison de Luc Plamondon).

    Coïncidence. Au moment où vous annoncez votre arrivée, je lis un livre de Nicole Lapierre " Pensons ailleurs" emprunté (retour le 8 août) à la bibliothèqiue d'Outremont, avenue Saint-Just. Le titre est l'injonction d'un de vos prédécesseurs à la mairie de Bordeaux, Michel de Montaigne. C'est un livre stimulant qui entraîne sur les pas de personnes qui sont allées ou, ont dû aller, ailleurs. Le déplacement, le dépaysement, condition ou occasion pour penser. La pensée neuve dans le jeu entre la distance et la proximité.

    Un extrait :

    " Montaigne ou l'éloge du déplacement ! La lecture stimulante des "Essais" est une invitation à emprunter les trajets buissonniers explorés par Montaigne en prolongeant l'aventure, entre expérience du dépaysement et dépaysement de la pensée. Franchir la porte, passer le pont, traverser les fontières et partir au loin, tout cela requiert un peu (parfois beaucoup) d'audace et de curiosité. (...) Bouger, donc, circuler, sortir des sentiers battus, s'en aller penser ailleurs. Pourquoi, en effet, faudrait-il rester à "sa" place ou s'y laisser enfermé?" ( Nicole Lapierre, Penser ailleurs, Stock, p. 17)

    Et puis être ailleurs, c'est découvrir la différence et... l'identité. Qu'il n'y a pas qu'un seul accent qui soit légitime mais aussi que la trace du sien reste au fond de soi et s'entend toujours comme un écho.

    Bon séjour ici pour penser ailleurs.




    Paul Inchauspé
  • sylvie bernasconi
    Le 21 Aout 2005 à 20 h 45 min
    bonsoir Mr Juppé
    je comprends la souffrance des colons israeliens, mais de quel droit occupait-ils un territoire palestinien, et j'ai été choquée par l'attitude de certains colons qui envoyaient leurs enfants insulter les soldats, je trouve cette attitude inadmissible, on n'a pas le droit de mêler les enfants à cela. Je n'ai pas une grande sympathie pour Mr sharon, mais j'espère que ce geste pourra constituer un pas la paix entre les israeliens et les palestiniens. il est normal que les palestiniens est leur terre, et je trouve que le mur que les israeliens sont entrain de construire est une erreur politique, ce qui pourrait amener des tensions des deux côtés.
    Le concert de ramallah de Daniel Barenboïm, composé de musiciens israeliens, palestiniens, syriens, jordaniens est un très beau message de paix !
    sylvie bernasconi
  • jean Francois Le Helloco
    Le 20 Aout 2005 à 00 h 23 min
    Monsieur Juppé,

    Je tiens à vous dire que j'ai beaucoup d'estime pour votre parcours, tout ce que vous avez fait et pour le prix que vous payez d'avoir occupé le mauvais poste au mauvais moment. Ce départ pour le Canada va vous faire découvrir ces gens que je trouve magnifiques à chaque fois que je m'y rend et j'avoue avoir la "tentation de Montreal"...

    Je tenais ce soir à vous écrire, je ne sais pas bien pourquoi ni ce qui me pousse à le faire... peut être l'envie d'un militant de parler à celui qu'il a suivi, qui a été dans les premiers à lui tracerla voix. Peut etre aussi ce militant qui a beaucoup passé de temps sous la pluie, la nuit, le jour et qui avec le temps a vu avec un autre angle la politique. Peut être aussi car j'ai le sentiment que ce message vous le lirez directement et que ce ne sera pas une assistante.
    J'ai commencé mon engagement à 16ans, puis à 18 la carte du RPR (c'etait en 1990). J'ai milité dans la 21e circonscription de Paris, avec un secrétaire de circonscription spécial car très à droite du RPR - Pierre Marie Guastavino, cette petite permanence avait des airs de camp retranché, sans fenêtre, humide, une odeur de colle... J'ai découvert des amis, une équipe de gens qui croyaient dur comme fer dans leurs idées. J'ai été délégué jeune adjoint, puis délégué jeune. J'ai travaillé avec la fédération de Paris puis avec l'équipe de la rue de Lille... et là a commencé la nouvelle vision de la politique. Les compérages, les clans, les batailles de pouvoir, les demandes de services, les enfants de notables et d'élus qui avaient des places en or... et les militants comme moi qui ne se posent pas trop de questions mais croient dans les idées de gaulisme, se battent pour faire élire un homme qu'ils ne veront peut être jamais.

    La rue de Lille a été pour moi une école de la vie, j'ai vu ces jeunes étudiants oisifs, erer dans les couloirs, passer des journées dans ces couloirs, connaitre de plus en plus de monde et finir responsables. Moi, tout simplement j'avais des études vétérinaires qui ne me laissaient pas de temps pour rester dans les couloirs ou aller aux soirées des uns et des autres... Mais j'ai malgré tout pasé un peu trop de temps à faire ces collages, ces tractages car quelques années sont à redoubler... Pas grave c'est la vie il faut avancer. Jacques chirac est élu, c'est l'euphorie, la joie, les réformes vont se faire... enfin !... Vous êtes Premier Ministre, j'ai la chance de diner à votre table avec d'autres jeunes, je retiens une chose : votre vie à changé, vous en pouve plus parler sans regarder si un journaliste ne va pas tout recopier... je comprends un peu mieux pourquoi les gens semblent parfois différents. La dissolution, l'échec, c'est la vie, la roue tourne... Chirac est réélu, l'espoir renait... toutes les cartes sont désormais entre les mains d'un même parti... les réformes?... elles avancent timidement... pense t'on aux élections futures? la machine a tellement d'inertie que personne ne peut rien faire ? Je suis déçu... le militant RPR n'est jamais devenu militant UMP... Je suis allé à Nogent sur Marne... même guerre de pouvoir, querelles de personnes de basse politique. l'investiture, ce Graal des temps modernes... les gens se batent et font de basses manoeuvres pour l'avoir... Je déménage... Saint Maur des Fossés... même guerre de personne où les citoyens, la cité sont oubliés...
    La politique ne changera peut etre jamais, j'ose croire qu'elle peut changer un jour si le mérite et la base éliesent vraiment leurs dirigents (dans les partis, pour que ca découle dans les élus).
    vous avez accompagné une partie importante de ma vie, je n'ai pas de questions particulières à vous poser... juste vous faire part de ce témoignage, cette déception de militant qui continue à croire au fond de lui même, qui regarde le train passer sans oser franchir la porte et revenir dans ce parti qui a pourtant été une grande partie de ma courte vie... Si j'attendais une réponse de votre part, un conseil, ce serait celui là.. comment croire à nouveau? Comment ne pas regarder l'UMP comme une grosse machine qui oublie vite ses idées au profit des ambitions ?

    Merci de m'avoir lu.

    Merci d'avoir été là toutes ces années...
    Revenez vite dans "l'ancienne France" qui a besoin de vous...


    jean Francois Le Helloco
  • Gilles Lecannelié
    Le 19 Aout 2005 à 15 h 43 min
    Votre sensibilité aux images de la Bande de Gaza, c'est bien normal quand on vit soi-même un déracinement. Le "Prince d'Aquitaine à la tour abolie",porte l'écu du chevalier de Walter Scott " le déraciné", du moins dans le poème du fils du Dr Labrunie ( encore un bordelais...).

    Les voyages forment...même au 3/4 du chemin. Mais il y a des gens , faut qu'ils s'implantent , qu'ils colonisent, comme si on n'avait tellement de temps avant qu'on vous enterre.A mesure qu'on reste dans un endroit,les chose et les gens se débraillent, se mettent à sentir le renfermé, tout exprès pour vous, et finissent même par ne plus vous sentir.Alors que les voyages ça fait l'orgueil d'un homme, il vaut mieux en passer par là que par bien des études pour entrer dans le fond de la vie. Avant , on tourne autour seulement.

    Au pays où la neige est chez elle, on peut penser à sa région " à la treille où le pampre à la vigne s'allie", ça ne devrait pas engendrer la mélancolie , surtout quand les érables vont ensanglanter les immenses paysages forestiers.
    Des "racines et des ailes ", vous avez fait le bon choix; votre blog reste aussi un bon moyen de ne pas couper le cordon.On est heureux de vous y retrouver.
    A chacun son déménagement(...), pour les colons , au-delà des drames familiaux, il se joue là un psychodrame très politique entre les extrêmistes et Sharon ( qui posa bien souvent les premières pierres).Cela constitue quand même un petit pas sur la feuille de route.
    Gilles Lecannelié

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé
Alain Juppé 2017
5 ans pour l'emploi
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