Blog Notes d'Alain Juppé

Pistes européennes (suite à « Rêve européen, pas mort. »)

Publié le 07/06/2005 par Alain Juppé

Deux ou trois idées en vrac, qui méritent d’être approfondies :

– D’abord annoncer un moratoire sur tout nouvel élargissement…
L’une des craintes des partisans du NON, c’est que l’Union européenne, à force de s’élargir, ne se dissolve dans un ensemble sans véritable cohésion et sans aucune capacité à défendre la personnalité et les intérêts de l’Europe. Il faut les rassurer et se donner du temps.

– Ensuite, ne pas se précipiter sur les questions institutionnelles. Faisons fonctionner ce qui existe et réfléchissons tranquillement aux améliorations possibles, qui pourraient être ponctuelles.

– Au contraire, relancer rapidement et fortement la machine économique qui patine.
Une initiative de croissance est nécessaire et l’on voit ce que pourraient en être les grands axes: une politique budgétaire plus en phase avec la conjoncture, dans l’esprit de la récente réforme du pacte de stabilité; une politique monétaire mieux articulée avec nos préoccupations de croissance et d’emploi; un programme de grands projets industriels et de grands projets d’infrastructures pour préparer l’avenir; un programme cadre de recherche et de développement vraiment ambitieux; et pourquoi pas, une inititiative de rapprochement des fiscalités, notamment des impôts sur les entreprises, dans le cadre d’une coopération renforcée entre les Etats membres qui voudraient aller de l’avant.

Je mesure l’extrême difficulté de tout mouvement dans la période de grande glaciation européenne actuelle. Mais attention à l’immobilisme.
J’attends vos réactions, critiques et suggestions.
07/06/05

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49 commentaires pour « Pistes européennes (suite à « Rêve européen, pas mort. ») »
  • Nicolas Condom
    Le 29 Mai 2006 à 15 h 31 min
    M. le Premier Ministre,

    Je profite de cet espace de discussion pour vous présenter une association récente fondée par plusieurs étudiants parisiens qui s'est donné pour but de porter et promouvoir l'idée européenne : l'Institut Cicéron et dont je suis Vice-président.(www.institutciceron.euro.st).
    Je ne parlerai pas longuement de sa genèse qui est une conséquence de l'échec du référendum européen de l'an dernier.
    Dans un cadre universitaire et parapolitique, interdisciplinaire, nos actions marquent un engagement politique et intellectuel, en collaboration avec plusieurs institutions et associations comme la Maison de l'Europe ou certains membres de l'Université de Paris-Sorbonne, dont je suis moi-même étudiant en philosophie politique.
    Je souhaiterais avoir votre réaction à ce sujet et bien entendu celle de tous les lecteurs de ce blog.
    Bien à vous,
    Nicolas Condom.
    J
    Nicolas Condom
  • larbi mahiou
    Le 08 Mai 2006 à 04 h 19 min
    Je suis Algérien installé au canada depuis maintenant plus de deux ans, je suis de très près la politique intérieure Française et je constate qu’il y a réellement un recul inquiétant en matière de discours politique ; la France gardienne des valeurs de liberté et de démocratie
    risque de sombrer dans l’extrême droite et ceci coûtera très chère aussi bien à l’Europe qu’à la stabilité du monde.
    L’internationale socialiste qui est plus comme le beau frère qui chiaule (excusez l’expression
    Québécoise) mais qui n’est pas là quand le monde a besoin de lui, et la droite populaire de l’UMP incarnée par Mr Villepin qui est plus une surcharge qu'autre chose et Mr Sarkozy qui
    pioche dans le discours de l’extrême droite en contradiction flagrante des valeurs d’hospitalité et de générosité de la France ,ne peuvent d’après moi constituer une alternative féconde pour votre pays .
    Ce n’est pas mon intention de me mêler de la politique intérieure de la France mais je crois sincèrement que vous êtes l’homme qu’il faut pour succéder à Chirac et croire le contraire serait peut être bénéfique pour vous mais sûrement pas pour la France.
    larbi mahiou
  • Eric SEGOND
    Le 07 Février 2006 à 12 h 45 min
    Je suis un Avocat parisien spécialiste en droit social et en droit pénal du travail.

    Sans évoquer ici ce que d'aucuns appellent "le gouvernement des juges", je vous livre en vrac quelques considérations relatives à de récentes décisions du Conseil d'Etat.

    En même temps que l’ordonnance n° 2005-893 du 2 août 2005 sur le Contrat de Nouvelles Embauches, le gouvernement a pris, dans le cadre de la loi d’habilitation du 26 juillet 2005, une autre ordonnance n° 2005-892 qui permet en substance de ne pas décompter dans l’effectif de l’entreprise les salariés embauchés à compter du 22 juin 2005 et âgés de moins de vingt-six ans, les dispositions de ce texte étant applicables jusqu'au 31 décembre 2007.





    L’ordonnance N° 2005-892 qui constitue, comme toute ordonnance, un acte purement administratif jusqu’à l’intervention de la loi de ratification, a fait l’objet d’un recours en annulation devant le Conseil d’Etat, d’abord de la CGT le 8 août 2005, puis d’autres syndicats ensuite.





    Le 19 octobre 2005, le Conseil d’Etat a sursis à statuer sur ces recours jusqu’à ce que la Cour de Justice des Communautés Européennes se soit prononcée sur la conformité de l’ordonnance avec la directive 2002/14/CE du 11 mars 2002 sur l’information et la consultation des travailleur et la directive 98/59/CE du 20 juillet 1998 leur représentation dans l’entreprise.





    Conformément à la loi d’habilitation, le projet de loi de ratification de l’ordonnance a bien été déposé le 21 septembre 2005, mais il n’a pas été soumis au vote du parlement, ce qui laisse subsister le caractère purement administratif de l’ordonnance.





    La CGT a donc pu saisir, le 26 octobre 2005, le Conseil d’Etat d’une nouvelle requête, visant cette fois au sursis à exécution de l’ordonnance sur le calcul des effectifs et le 23 novembre suivant, le Conseil d’Etat a décidé que l’exécution de l’ordonnance N° 2005-892 du 2 août 2005 serait suspendue jusqu’à ce qu’il soit statué sur la demande d’annulation.





    Cette situation ne manque pas générer de complexes incertitudes sur le devenir de situations juridiques qui se sont constituées dans les entreprises en application de l’ordonnance, avant qu’elle ne soit suspendue, c'est-à-dire entre le 2 août et le 23 novembre 2005.



    Ceci concerne autrement dit les entreprises qui, tirant parti de l’ordonnance précitée, ont conclu un ou plusieurs CNE considérant que leur effectif le leur permettait (en décomptant de celui-ci les salariés embauchés à compter du 22 juin 2005 et âgés de moins de vingt-six ans).





    L’ordonnance risque en vérité de rester lettre morte car on voit mal le parlement voter la loi de validation avant jugement du texte par la Cour de Justice des Communautés Européennes dont le Président, par décision du 21 novembre 2005, a refusé l’examen accéléré tandis que le délai habituel de la Cour de Justice sur ce type de question est rarement inférieur à 20 mois ce qui conduirait à fin 2007, terme fixé par l’ordonnance pour sa propre caducité…





    En résumé et pour conclure, les dispositions de l’article L 620-10 du Code du Travail telles qu’elles résultent de l’ordonnance N° 2005-892 du 2 août 2005 sur les seuils, sont devenues inapplicables et pourraient bien le rester.

    Voià un bien beau sujet si "Franco-français" que je livre à votre appréciation.
    Eric SEGOND
  • Pierre Martin-Prével
    Le 23 Octobre 2005 à 09 h 47 min
    A 15 déjà, ce n'est pas simple. A 25, c'est très difficile. A plus, cela frise le ridicule. Comment peut-on s'entendre sur l'essentiel (la sécurité, la défense de l'environnement, les transports, sujets essentiels pour les générations futures)sans tomber en permanence dans les compromissions que l'on présente comme autant de compromis pour faire bonne figure? J'aimerais une Europe plus resserrée et plus efficace, plutôt qu'un "machin" sans âme parce que trop dispersé entre des pays trop différents pour faire une équipe.
    Profitez bien des superbes couleurs de l'automne canadien, mais Bordeaux, c'est bien aussi. On vous attend.
    Pierre Martin-Prével
  • Jean Paul LEBON
    Le 24 Juillet 2005 à 16 h 57 min
    Qu'attends donc "l'Europe" pour lancer un programme de grands travaux stucturants. Ainsi il serait bénéfique à tous points de vue, et en particulier ceux de l'emploi, de l'économie d'énergie et d'une plus grande structuration de l'Europe, de créer un réseau européen de transports ferroviaires à grande vitesse d'une part et de transport de marchandises d'autre part.Le transport ferroviaire (ferroutage) ayant l'avantage de réduire le recours à l'usage de l'avion, grand consommateur d'énergie et surtout de diminuer substanciellement l'utilisation des camions sur de longues distances, utilisation dont on connait le coût pour la collectivité: pollution sonore, pollution de l'air, du cadre de vie,accidents, dégradations des chaussées, etc...
    De plus le transport ferroviaire utilise de l'électricité, autrement moins polluant que le gazoil, même et surtout quand cette éléctricité est nucléaire.
    La réussite du ferroutage sera européenne ou ne sera pas, de plus elle me semble incontournable, alors autant s'y atteler dès maintenant, malgré les fortes pressions des lobbies.

    J.P.LEBON
    Jean Paul LEBON
  • André Ricard
    Le 24 Juin 2005 à 15 h 26 min
    Je considère comme une grave erreur cette marche forcée vers cette massive intégration quelles qu'en soit les raisons. Une avancée plus réfléchie d'abord avec les nations initiales et l'entrée des autres au fur et à mesure aurait évité ce rejet.
    Comme en cuisine où les ingrédients sont ajoutés au moment qu'il convient
    André Ricard
  • Pierre THEVENON
    Le 23 Juin 2005 à 04 h 48 min
    Bonjour Monsieur Juppé,
    Effectivement, j'ai le sentiment que la précipitation risque de compromettre beaucoup de choses réalisées au cours de ces dix dernières années. En Nouvelle-Calédonie, le cosmopolitisme est omniprésent sur une très petite étendue que constitue ce territoire de la République. Il arrive que la tension soit parfois (voire souvent) palpable, inquiétante, au sein de la population.
    Ceci étant, si les gens ont conscience qu'il est nécessaire d'avancer, ils souhaitent avant tout y aller doucement parce qu'ils ont le sentiment de naviguer (uniquement)à vue, si vous me permettez l'expression.
    J'ai le sentiment que le résultat du référendum sur le projet de constitution européenne traduit avant tout la prise de conscience d'un enjeu nouveau, le projet d'une Europe politique; mais en même temps l'impression de réaliser de ne pas avoir eu le temps de s'être approprié ce projet. En fait, la peur de l'inconnu aurait téléguidé le choix de l'électeur au moment du vote.
    Très respectueusement.
    Pierre THEVENON
  • Nicolas Jelic
    Le 13 Juin 2005 à 22 h 54 min
    Je regarde avec étonnement le comportement de notre gouvernement et notre Président vis-à-vis des Etats membres de l'Union. Au lieu d'assumer la responsabilité de la mort de la constitution européenne et donc d'une forme de glaciation européenne, elle essaie par tous les moyens de faire en sorte de ne pas être le seul mouton noir de l'Europe. C'est pourquoi, elle souhaite absolument que tous les pays qui ont choisi le réferendum s'expriment car elle sait que notre NON encourage inévitablement le NON dans les autres Etats (exemple: dernière enquête en République Tchèque). En outre, elle souhaite donner une part de responsabilité de la crise européenne à la Grande Bretagne en insistant sur la remise en question du chèque Britannique sans contrepartie française et allemande.
    Alors, comme notre nouveau PM l'a dit: "entre l'immobilisme et l'action, je choisis l'action", disons oui à une renégociation de la Politique Agricole Commune.
    La nouvelle PAC pourrait accentuer le dégroupage entre aides aux agriculteurs et production afin d'inciter au développement durable et afin de baisser notre production agricole (faire passer le budget européen pour la PAC de 45% à 20% en quelques années par exemple). Cela se ferait en contrepartie de :
    - l'obligation pour la Grande Bretagne de renoncer à son chèque,
    - l'obligation pour tous les Etats-membres d'avoir un seuil minimal d'impôt sur les sociétés (10% par exemple) => ainsi seraient visés les nouveaux entrants + début d'une convergence des politiques fiscales.
    L'utilisation des fonds dégagés permettra le développement d'une politique de R&D (biotechnologie, nanotechnologie, cancérologie, défense, voiture propre...), l'aide aux régions en difficulté afin de rattraper leur retard de développement et enfin une politique européenne de la solidarité (soutien des politiques familiales nationales, soutien financier aux réformes structurelles par l'octroi d'aides aux régions ou aux familles touchées par ces mutations....).

    Finalement, je ne souhaite pas un moratoire sur l'élargissement. Il faut certes définir les frontières de l'Europe mais nous ne pouvons pas dire NON à des pays qui ont obtenu un accord pour le rapprochement vers l'UE (Turquie et Croatie notamment).
    Une proposition: permettre l'entrée de la Turquie dans les organes économiques de l'Union Européenne et permettre à la Turquie d'être un membre associé à l'Europe pour les questions politiques (défense et affaires étrangères). Un membre associé serait un membre qui participerait au négociation, qui aurait droit de parole mais qui n'aurait pas le droit de vote. Par contre, elle pourrait participer à la politique en tant que partenaire afin que la voix de l'Union Européenne soit renforcée par cet acteur incontournable et pourrait accessoirement obtenir des fonds de soutien de l'Union pour cette politique qu'elle approuverait. Parallèlement à cela, l'Union Européenne, en tant que créateur du modèle d'intégration entre Etats, pourraient encourager la Turquie, Israël, le Liban, la Jordanie et l'Egypte à créer une zone économique comme l'est pour nous le marché unique. Nous pourrions ainsi permettre de "faire baptiser" une Union du Proche-Orient. Ce lien étroit que nous aurions créé avec la Turquie pourrait être progressivement élargie à cette nouvelle zone. Nous pourrions multiplier ces Unions en faisant de même avec le Maroc et l'Ukraine par exemple avec leur région culturelle.
    (si vous en manifestez l'envie, je pourrais développer ultérieurement cette idée qui ne se rapproche pas des coopérations renforcées).

    Pour finir, les six pays fondateurs pourraient proposer au prochain Conseil de l'Europe de ne ratifier que la partie 1 et 2 de la constitution que la convention a élaboré (je ne supporte pas que l'on dise la constitution de VGE => c'est mépriser les 100 conventionnels). Elle est acceptable par tous car cela ne serait pas qu'une proposition du couple "unijambiste", dixit Daniel Cohn-Bendit. Par la suite, nous pourrions renégocier la partie 3, qui deviendrait qu'un traité économique et non plus une partie d'une consitution.

    Je vous quitte là-dessus pour regarder la très bonne émission de France 2 : un Oeil sur la Planète. Elle traitera de nos frères d'outre-Manche.

    Voila quelques raisons pour lesquels je suis pour le partie de l'action.
    Nicolas Jelic
  • Yves RICHARD
    Le 13 Juin 2005 à 22 h 48 min
    bonsoir,
    "sans tabou" est une expression devenue récemment très à la mode. Et bien justement, il serait intéressant de se poser "sans tabou" la question des origines du "non" au référendum, et de ce qu'il révèle de notre société (la "flamme" a-t-elle vacillé ?). Par exemple, je me demande si le rapport des Français à l'isoloir n'est pas en train de changer : dans ce lieu de liberté par excellence, le citoyen se retrouve seul face à ses responsabilité. Mais l'isoloir, dans certains cas, n'est-il pas aussi le voile qui masque tous les renoncements honteux ? En tous cas n'oublions jamais le courage dans les valeurs d'un pays...
    bien à vous
    PS: je suis assez fier de mon titre façon Amélie Nothomb...
     Yves RICHARD
  • JEAN-MARC NAUD
    Le 13 Juin 2005 à 18 h 04 min
    Vous, les hommes politiques, avez décidé de "faire l'europe". Ce faisant vous avez oublié de vous préoccuper de ces habitants. En intégrant l'ensemble des pays de l'Est vous avez décidé, de facto, de permettre à ces pays, avec l'aide de l'Europe Occidentale, d'accéder au un niveau de vie bien supérieur à celui qui est le leur actuellement.

    Comme le budget de l'Europe actuelle n'est pas suffisant pour aider directement ces pays en subventionnant telle ou telle activité (comme cela a été fait en son temps pour le Portugal et l'Espagne)il faudra accepter de payer ce coût par des transferts de richesses qui se traduiront par la mise à la casse d'un certain nombre d'entreprise sur le sol Français. Ces mêmes entreprises renaîtront dans ces différents pays de l'Est aux coûts salariaux bien plus compétitifs.

    Le solde pour la France sera de toute façon négatif.

    Cela les Français l'ont parfaitement compris et ils vous l'ont fait payer.

    En effet vous ne pouvez pas indûment raconter aux Francais, depuis 10 ans, que l'Europe sera une zone de grande richesse économique et accentuer un sentiment de précarité (10% de chomage depuis plus de 10 ans)en faisant rentrer aussi brutalement ces pays dans l'Europe.

    Le nouvel espace européen condamne 1 et peut-être 2 générations à vivre dans les difficultés économiques inéhérantes à l'intégration de ces pays. Il a fallu à l'Espagne et au Portugal presque 25 ans pour rattrapper le niveau de vie européen. Il en faudra autant, voir plus, pour réussir la même chose avec ces 12 pays suplémentaires.

    Simone Weill a dit que nous avions une obligation de solidarité à l'égard de ces pays qui avait vécu sous le " joug communiste".... Allez faire comprendre cela à Mr dupont dans le Nord Pas-de Calais qu'il va perdre son emploi par solidarité avec son collégue Polonais..

    C'est faire peu de cas du citoyen "lambda".

    Je suis loin de d'imaginer que nous pouvons nous en sortir seul et je suis plus que jamais convaincu de la nécessité d'une europe forte. Je suis persuadé que cette politique trouvera un résultat dans 25 ou 30 ans mais comment dois-je vivre, moi, pendant ce temps?

    Etait-il inconcevable de mettre en place un processus graduel d'intégration de ces pays dans l'espace écomomique européen afin de rendre moins violent le coût social d'une telle démarche!!!

    Comment se fait-il que vous n'avez pas jugé utile de consulter les Français sur l'intégration des ces 12 pays suplémentaires et que soudainement leur avis est requis pour la constitution européenne ?

    Pourquoi brutalement notre avis serait requis pour l'intégration de la Turquie?

    Il s'agit là d'un démarche incohérente. A trop vouloir manier les concepts vous en avez perdu le sens des réalités.

    Pour cela les Français vous en veulent et vous leur avez donné l'occasion de l'exprimer.













    JEAN-MARC NAUD
  • Philippe Lagorce
    Le 13 Juin 2005 à 15 h 16 min
    Pourquoi ne pas avancer à plusieurs vitesses. Consolider politiquement un noyau de base de l'Europe avec des pays volontaires pour créer les Etats Unis d'Europe même à 5 ou 6 (avec une défense et une politique extérieure unique) et parallèlement continuer la construction de la zone d'échange économique à 25, 27 ou 30. Cela permettrait de clarifier auprès de tous de quelle Europe on parle (politique ou économique) et quelle Europe on veut. Ce serait un objectif et un enjeu extraordinaires pour tous ceux qui ne voient pas en l'Europe qu'un marché ouvert. C'est le projet politique qui est aujourd'hui en panne et c'est pourtant le seul porteur de l'espoir humaniste qui nous fait tant défaut actuellement.
    Philippe Lagorce
  • Philippe HELLINGER
    Le 13 Juin 2005 à 14 h 50 min
    Monsieur le premier ministre, je vous rejoints sur le fait qu'il faut toujours avancer, mais suite à ce Non, l'Europe va-t'elle nous attendre? Parce qu'à force de se croire indispensable les français ne s'excluent-ils pas d'eux-même de cette Europe?
    n effet je ne pense pas que la France ne soit réellement actuellement en position de négocier quoi que ce soit vis-à-vis de ses partenaire européens, qui sont bien meilleurs élèves qu'elle ou qui édopte un profil bien plus bas dans le cas contraire.
    Je pense que notre arrogance commence à nous jouer des tours, et quitte à voter non, peut-être qu'un gouvernement aura enfin le courage, comme vous avez essayé de le faire avec votre époque sans succès malheureusement, de réformer notre administration, nos services dit "public" et d'arrêter ce monopole des syndicats dit "partenaires sociaux", alors qu'ils ne représentent que 8% de la population active, c'est-à-dire bien peu (représentatifs)....
    Ensuite, si mes souvenirs sont bon, la constitution permettait de limiter le nombre de nouveaux entrants, puisque l'unanimité était requise pour accepter tout nouveau pays...
    Pour ce qui est de relancer la machine économique, au lieu de déclarer une limitation de l'augmentation des dépenses de l'état à l'inflation, baissons ces dépenses exponentielles, recentront les dépenses sur des axes précis et clairement établis et arrêtons de donner un peu à tout le monde ce qui mécontente toutes les parties et diluent les disponibilités.
    Je suis comme vous d'avis que tout immobilisme serait totalement néfaste, mais le problème ets que les partisans du non sont bien incapable d'expliquer pourquoi ils ont demandé ce vote et qu'elles sont leur solutions pour continue rà avancer.
    Philippe HELLINGER
  • Damien Saulces
    Le 12 Juin 2005 à 16 h 53 min
    Bonjour,

    La fiscalité est sans doute le problème économique le plus complexe auquel soit aujourd’hui confronté le projet politique européen. Comment résoudre ce problème sans nuire au rattrapage économique des 10 nouveaux pays entrants (NPE) de l'Europe?

    Le principal argument des souverainistes de droite c'est le manque de flexibilité potentiel inhérent à un système fédéral de convergence monétaire et fiscale forcée, qui ne pourrait se réaliser qu'au détriment économique de l'un ou l'autre des Etats membres, soit dans un mécanisme de compétition des entreprises par le dumping social, soit par l'asphyxie financière des nouvelles entreprises des nouveaux pays européens "émergents".

    Comment justement concilier des économies aussi divergentes au sein d'un même marché?
    Cette question est la principale source logique du non du 29 mai, et elle n'a toujours pas reçue de réponse satisfaisante.

    Le non français n'a-t-il pas raison quand il craint de nouvelles délocalisations, non seulement à l'extérieur de l'Europe mais surtout à l’intérieur de notre propre marché commun ?
    Et si on harmonise trop tôt les fiscalités européennes de l’est et de l’ouest n’y aurait-il pas alors un risque réel de panne voire de crise économique durable dans les NPEs?

    Peut-être pourrions-nous essayer de financer cette harmonisation fiscale vers le haut avec des subventions européennes aux entreprises de l’est. Mais la France et l’Europe en ont–elles les moyens financiers, à l’heure où la France, l’Allemagne, les Pays-bas et l’Italie sont plongées dans une quasi stagnation économique avec des problèmes de pouvoir d’achat, de chômage et de dette publique, que nous n’arrivons pas à rembourser en France depuis plus de 20 ans.

    Compte tenu de l’engagement financier réticent de nos amis anglais comment trouver les ressources financières sans remettre en cause un pacte de stabilité qu’une minorité de gouvernements européens souhaitent modifier ? Faudrait-il par exemple l’instauration d’une nouvelle taxe, une Contribution Solidaire pour l’Europe, forme de CSG européenne pour les nouveaux entrants ?

    Il n’existe pas aujourd’hui de consensus en Europe sur un financement spécifique du rattrapage économique des NPEs. Pour cela il aurait fallu d’abord combler nos déficits nationaux, ce qui n’a pu être fait, faute d’une croissance molle due à une politique trop peu réactive de la Banque centrale européenne. Nous sommes entrés dans un cercle économique vicieux et il semble bien que nous n’ayons pas encore d’économie européenne suffisamment prospère pour pouvoir « égaliser » de façon cohérente les fiscalités entre pays de l’ouest et de l’est européen.

    Une solution possible serait de mettre en place des zones fiscales franches de développement des entreprises dont les exportations intra-européennes seraient limitées à une zone de libre échange à l’est, mais taxées à l’exportation vers l’ouest. Pas très satisfaisant d’un pur point de vue libéral, mais faut-il aujourd’hui se fier à des critères idéologiques dépassés ? Cela permettrait un rattrapage économique à l’est sans « casse » sociale à l’ouest. Et cela aurait pour grand mérite de limiter le budget de construction d’infrastructures européennes au niveau qui vient d’être voté par le Parlement européen, à savoir environ 1,5 % du PIB.

    Par ailleurs une hausse ciblée et une redistribution du montant de la TVA en faveur d’une forte baisse de charges sociales sur les entreprises en situation de concurrence mondiale, de la forme de celle proposée en France par M. Artuis, permettrait de taxer légalement les importations des pays émergents comme la Chine, d’augmenter les salaires dans les secteurs concernés, et même de baisser dans le même temps la TVA sur l’alimentation, pour enfin redynamiser la consommation et le moral des classes moyennes françaises et européennes.

    Ces deux idées simples mais audacieuses de zone franche à l’est et de différenciation des taux de TVA pourraient aider la France et l’Europe à sortir d’une impasse budgétaire qui menace aujourd’hui tout autant sa cohésion politique que son développement économique.
    Damien Saulces
  • Damien Saulces
    Le 12 Juin 2005 à 15 h 34 min
    Pour ceux et celles d'entre nous qui souhaitent élaborer ensemble un nouveau projet pour une Europe confédérale respectueuse des droits fondamentaux des nations et des citoyens européens, qui défendent l'idée d'une France libre dans une Europe dynamique, il existe un nouveau site français indépendant dédié aux principes et à la rédaction d'une nouvelle constitution, article par article.

    Vous pourrez faire connaître vos propositions en toute liberté sur http://blog.france2.fr/France-Europe

    NB: Il ne s'agit pas d'un prolongement de ce blog, mais d'un site de libre expression, lié ni à un parti politique, ni à aucune personnalité politique française. Notre hôte n'engage donc pas sa responsabilité morale ou politique sur son contenu, pas plus que son approbation.
    Damien Saulces
  • Damien Saulces
    Le 12 Juin 2005 à 15 h 03 min
    A l'attention de Monsieur Alain Juppé, Monsieur Sarkozy et Monsieur Fillon

    Messieurs les Ministres,

    Je suis né dans une famille d'instituteurs et je suis linguiste de formation : c'est à ce titre que je me permets de vous faire une suggestion vitale pour 2007.

    Pour sauver ce qui ne marche pas dans l'Education Nationale il faut réformer l'école primaire AVANT le collège.

    La seule solution vraiment efficace serait de la diviser en deux sections distinctes:

    1) de 5-6 ans à 8-9 ans: (4 ans)
    Renforcement affirmé de l'apprentissage spécifique de la lecture, de l'écriture et de l'arithmétique (sans la méthode globale qui perturbe la plupart des écoliers).

    2) de 9-10 ans à 10-11 ans: (2 ans)
    Ouverture préparatoire à toutes les matières littéraires, scientifiques et technologiques, avec une langue étrangère au choix.

    Le problème de l'échec scolaire au collège provient de l'enseignement trop diversifié entre 5 et 9 ans. Par exemple commencer à apprendre une langue étrangère avant l'âge de 9 ans peut être contreproductif car la langue maternelle n'est pas encore maîtrisée, surtout par les Français issus de l’immigration.

    Par contre un enfant qui sait lire, écrire et compter à 9 ans saura toujours se débrouiller au collège. Il sera beaucoup plus mûr intellectuellement et moins influençable par la télévision.

    La seule façon de convaincre les Français et les enseignants serait ainsi d'annoncer clairement la couleur en commençant un an plus tôt l'apprentissage de la lecture et en séparant en deux parties distinctes l'école primaire avant le collège.

    Il faudrait mener cette réforme de fond dès 2007, par referendum présidentiel si nécessaire.

    Sans cette réforme vous n'arriverez pas à inverser la tendance, pour des raisons que vous connaissez aussi bien que moi.

    Un deuxième volet de l'éducation consisterait à censurer la violence à la télévision avant minuit, celle-la même que les jeunes enfants nous resservent plus tard à l'adolescence voire à l'âge adulte. Nous avons accepté ce qu'il y a pire dans la société américaine, sans en avoir par ailleurs les avantages.

    Par ailleurs la langue française devrait rester la langue unique de l’épreuve du Baccalauréat de français, les langues régionales comme le Basque venant en ajout et pas en remplacement.

    Quand il est trop tard en matière d’éducation il est beaucoup trop tard. C'est AVANT l'âge de huit neuf ans qu'il faut agir pour éduquer, et « mettre le paquet » sur les fondamentaux.

    Je compte sur vous et le bureau politique de l’UMP pour reprendre à votre compte cette idée qui est la seule qui puisse encore résoudre les problèmes de l'illettrisme, de l'échec scolaire et d'une manière plus générale de la régression intellectuelle et culturelle de notre nation. Il suffirait de s’inspirer du certificat d’études de nos grands-parents pour les écoliers de moins de neuf ans pour progresser à nouveau vers l’égalité des chances républicaine.

    je vous remercie et vous adresse mes très sincères salutations

    D. Saulces
    Damien Saulces
  • david le borgne
    Le 12 Juin 2005 à 13 h 02 min
    Face aux défis majeurs de ce nouveau siècle et de ce 3ème millénaire, et suite au rejet par les différents peuples souverains du traité constitutionnel, il s'avère nécessaire de rédiger un texte alternatif qui corresponde à l'aspiration des peuples du continent européen.

    La méthode utilisée par la Convention ayant été mise désormais en échec, un autre processus constituant devrait désormais être proposé qui permette l'expression de la volonté des peuples dans la construction d'une réelle Union.

    A cette fin, je propose

    1/La mise en place dès que possible d'Etats généraux sur l'Europe dans chaque pays désireux de poursuivre le projet européen. Ces etats généraux peuvent se constituer autour de forums locaux de citoyens et doivent permettre l'expression de la volonté commune sur le devenir de l'Europe.

    2/L'election d'une assemblée constituante qui soit chargée de la rédaction finale d'un texte fondateur simple et compréhensible par tous.

    3/une nouvelle ratification du texte final dans chaque pays ayant choisi la poursuite de l'aventure européenne par un vote solennel le même jour par référendum.
    david le borgne
  • Yves ASTIER
    Le 12 Juin 2005 à 11 h 58 min
    Il faut certes relancer l'Union Européenne aprés le coup de frein donné par mes chers compatriotes. Mais comment est-ce possible lorsque l'on voit la réaction de la GB qui s'engouffre dans la brêche ouverte par la référendum français. L'Union Européenne a permis à la GB de se singulariser depuis de longue année. Je doute que Tony Blair souhaite autre chose qu'un simple libre échange. L'Europe patinait à 15, à 25 elle risque de reculer.
    Yves ASTIER
  • Boris Guffond
    Le 12 Juin 2005 à 11 h 57 min
    Monsieur,

    Vous avez raison, il est nécessaire de rasurrer les gens que l'élargissement, et méme si j'ai voté oui au traité, je ne suis pas d'accord a l'entrée de la roumanie et de la bulgarie en 2007, un signe fort is a vis des opinions publiques seraient de retarder cet élargissement...S'il s'opère malgré tout, il élargira encore le fossé qui existe en tre le peuple et les élites européennes.

    Ensuite, il faut réformer cette BCE, qui doit rester indépendante, c'est nécessaire, mais qui doit intégrer dans ses statuts la volonté de soutenir la croissance, d'en faire une FED européenne...c'est aujourd'hui nécessaire aussi, et cela est possible vu les difficultés de l'allemagne et vu l'asouplissement du pacte de stabiblité...
    Je crois que ce sont les mesures qui donneraient vraiment un peu de souffle et permettraient peut etre une relance de l'Europe

    Cordialement
    boris
    Boris Guffond
  • pascal rudent
    Le 12 Juin 2005 à 11 h 37 min
    Monsieur Juppé,

    Comment rechauffer la construction europeenne ?
    A mon sens, les Français ont rejeté l'europe pour les raisons suivantes :
    -peur de la perte des avantages acquis (rejet du liberalisme et quoiqu'il en soit c'est bien un projet plus liberal. un peu plus de franchise sur ce point aurait été bienvenu.
    -peur de la perte des emplois avec l'arrivée des nouveaux pays
    -peur de la perte de la souveraineté
    - peur de la perte de ses valeurs (avec les negociations pour l'entrée de la turquie)
    je pense que l'elargissement de l'europe trop rapide sans consultation a été une erreur essentielle.
    Pour repondre à ces peurs; mais finalement à court terme ne sont elles pas justifiées?

    1. il faut construire une europe politique resserrée avec les pays les plus proches de notre systeme economique et de notre politique etrangere (bien sûr l'Allemagne, le benelux, l'Espagne)
    2. il faut renoncer à une europe politique à 25, n'en garder qu'une zone de libre echange
    3. dans cette europe politique reserrée, lancer des programmes industriels communs, creer des liens avec des pays du maghreb pour beneficier de la main d'oeuvre bas-coût (la chine ne doit pas devenir la seule usine du monde), uniformiser les charges sociales, partager un meme ministre des affaires etrangeres et un pourquoi pas un meme ministre de la securite et de la defense (ce qui verait conduire à de fortes economies dans ces domaines dont on a plus les moyens de notre prétention).

    4. Pour lutter contre le chomage, mettre en commun les services liés à l'emploi, faciliter la mobilité pour l'emploi à l'interieur de cette zone avec par exemple, une formation gratuite à la langue du pays pour le nouveau venu et une exoneration d'impots sur le revenu de 3 ans.

    je crois que la France peut adhérer à un projet si celui-ci est un nouveau moteur, une union plus efficace. Construisons un projet plus resserré geographiquement mais plus fort, cela serait cohérent et c'etait le sens de ma réaction.

    J'ai toujours plaisir à lire votre blog et vous connais mieux depuis,

    sincèrement,


    pascal rudent
  • Gildas MARIE
    Le 12 Juin 2005 à 09 h 49 min
    Monsieur,
    Je partage votre point de vue sur les points 2 et 3.Cependant au risque de paraitre retro je pense qu'il faudrait changer la façon de presenter l'europe.L'Europe est souvent presentée soit comme une vache à lait (subvention) soit comme un technocrate fou(legislation en tout genre).Pourquoi ne pas simplement rappeler que c'est d'abord un formidable marché et une chance pour chaque Europeen.Lorsque chacun sera convaincu de cette veritée il sera temps de reprendre le chemin d'une constitution pour donner un poids politique a l'Europe et admettre de nouveaux membres.
    cordialement
    Gildas MARIE
  • Philippe Angoustures
    Le 08 Juin 2005 à 18 h 38 min
    Bonjour
    L'Europe me rappelle ces familles morcelées qui se réunissent épisodiquement (pour le mariage du dernier, un baptême ...) échangent quelques banalités et s'empressent de se séparer en fin d'après-midi.

    Comme l'appartenance à une famille, l'appartenance à l'Europe ne se choisit pas. La France fait partie de cette famille.

    Mais pour autant, connaissons-nous (nous les français) vraiment les autres membres de la famille ?
    Allons-nous leur rendre visite ? Prenons-nous des nouvelles de leur situation, de leurs projet ? Faisons-nous preuve d'écoute et d'empathie ? En un mot comme en cent, avons-nous envie que cette famille soit unie et heureuse de vivre ensemble ?

    La réponse est non, pour une énorme majorité d'entre nous.

    La constitution était un projet de vie commune proposé à des membres d'une famille désunie, en tout cas pas encore unie.

    Il faudra je pense plusieurs générations, un grand travail d'éducation, d'échanges éducatifs et professionnels, menés pourquoi pas de manière très volontariste, d'intérêts communs bien compris pour que les autismes nationaux soient dépassés.

    Je le dis en tant que français né de mère italienne, elle même ayant des racinces germano-hollandaise, et d'un père béarno-espagnol. Dans notre famille, l'europe est une "donnée d'entrée", une évidence, et le débat français nous a laissé un grand sentiment d'étroitesse hexagonale.

    Incitons les membres de la famille à se connaître et à s'apprécier, j'ose dire à s'aimer. Les institutions suivront.

    Bien cordialement
    Philippe Angoustures
  • Antoine Faucher
    Le 08 Juin 2005 à 18 h 26 min
    - une mesure rigoureuse de la performance d'une politique

    - Définition des objectif politiques en fonction des mesures de performances mises en place dans tous les ministères (La rigueur ne fait pas de mal)

    - Retour de l'uniforme chez les plus jeunes pour l'éducation nationale(cf:
    http://www.agorawiki.org/xwiki/bin/view/Main/L%27uniforme+%E0+l%27%E9cole)

    - Abolition du bac et concours de difficulté différente à l'entrée de tous les enseignements supérieurs avec limite d'age large c a d inférieur à 40 ans.

    (Exemple de mesure de performance de la politique de l'éducation nationale : Nb de polytechnicien issue des quartiers populaire - Objectif réduire la fracture sociale)

    Cordialement,

    Antoine Faucher
    Antoine Faucher
  • James BUDD
    Le 08 Juin 2005 à 17 h 53 min
    Les forces de l'économie c'est moi, un Chef d'entreprise. La question est très simple: j'embauche si je fais le pari que le coût d'un nouveau salarié sera plus que compensé par de la facturation supplémentaire. Ce pari n'étant jamais gagné d'avance je dois pouvoir débaucher facilement.

    La problématique est là: l'embauche est directement liée à la facilité de " dé-embauche" (moins polémique que licenciement)

    Il ne s'agit donc pas de faciliter l'embauche mais bien de faciliter la dé-embauche. Ceux qui l'ont compris ont un taux de chomage acceptable, de l'ordre de 6%.
    James BUDD
  • Paul Eaman
    Le 08 Juin 2005 à 17 h 15 min
    Comment expliquer alors que le gouvernement veut favoriser l'emploi des séniors, une grande entreprise, ex entreprise publique, ex administration du secteur des télecoms fait le forcing pour se débarrasser de ses séniors sans d'allieurs recruter des juniors.
    Merci de votre avis.
    Paul Eaman
  • Charles-alexis Chene
    Le 08 Juin 2005 à 16 h 53 min
    Mr Le Premier Ministre.
    Je suis désolé, mais je ne vois pas les choses de la même façon. Etant profondément partisan d'une europe construite et uni, je pense que les élargissement ne peuvent pas être négatifs... Comment peut-on refuser de vouloir augmenter nos forces face aux mastodontes comme la Chine, l'Inde , ou le Brésil.
    Comment peut-on juger du bien-fondé de l'élargissement européen, notamment avec les turques? Je pense que si ils frappent à notre porte, ce n'est pas pour nous dévaliser...! Cela nous aurait permis aussi, je pense, d'avoir une porte ouverte vis a vis du monde musulman, ce qui dans un contexte difficile comme aujourd'hui, n'aurait pas eu un impact négatif.
    Ceci étant, Rome ne s'est pas construite en une nuit. Pour l'Europe, il en sera de même.
    Sur le second point, je suis encore un peu en désaccord. Je pense que les statuts actuels au niveau du fonctionnement de l'Europe, ne nous permettent pas d'avoir une réacivité correcte, par rapport aux différents problèmes de marché. Il nous faudra rapidement des décisions unique au niveau des 25 si l'on veut que notre économie subsiste. Je pense qu'il faut que nos politiques, et surtout que nous, citoyens, arrétions de voir à une échelle nationale, et de ne voir que nos problemes nationaux. Montons d'un cran. Notre nouveau président du conseil régional, c'est le président de la république, et notre région, c'est la France. Notre nouveau président doit etre un président européen, élu au suffrage universel des 25 pays...!
    Je pense que notre probleme actuel, est que nous ne sommes pas encore prêt à cela....!
    Enfin, sur le dernier point, je suis en accord... Attention à l'immobilisme... Ce serait la pire des solutions....
    Mes amitiés au président.
    Cordialement
    Charles-alexis Chene
  • Guy LE BRAS
    Le 08 Juin 2005 à 16 h 36 min
    L'Union Européenne peut être comparée à une maison. Sa solidité et son habitabilité reposent sur trois éléments : les fondations (le couple franco-allemand), la structure (les pays de la zone euro), le second oeuvre (l'ensemble des pays adhérents). Il me semble que la solidité de la maison doit passer par un renforcement des fondations et des structures. Je proposerais donc :

    - Une intégration franco-allemande plus poussée sur le plan politique et la promotion d'un capitalisme franco-allemand basé sur une plus grande liberté laissée aux entreprises mais aussi une intervention plus forte de L'État dans le soutien au développement économique (éxonération de taxe de longue durée pour les activités innovantes comme c'est le cas au Québec) et dans le domaine de la solidarité (comme au Dannemark).

    - Une modification du pacte de stabilité pour en faire sortir les budgets nationaux sur la recherche, l'éducation nationale et la défense.

    - L'allègement des procédures européennes notamment dans le domaine de la recherche et de l'innovation qui empèchent beaucoup de PME européennes de participer aux projets du PCRD.

    - La suppression totale des aides zonées pour les remplacer par des aides sur projets qui seraient sélectionnés et évalués par une agence européenne de l'Innovation et de l'Industrie.

    - La reprise des mesures les plus importantes du traité constitutionnel par la voie législative européenne. Notamment celles qui concernent les nouvelles adhésions (paradoxalement, le non au traité favorise l'adhésion future de la Turquie. P. de Villiers a vraiment menti sur ce point !).

    - Une politique de grands travaux dynamique telle que vous la proposez. Je pense notamment à la création d'un réseau de transport européen vraiment interconnecté sur le plan ferroviaire.

    - La création d'un lien de sujétion entre la BCE et le Conseil Européen.

    - La nommination d'un Ministre du Commerce extérieur de l'Union avec pouvoir de rétorsion par des mesures de protection en cas de non respect des règles comme c'est le cas de la Chine.

    - Pour développer la consommation et créér une intervention positive de l'Union sur la vie des citoyens, je propose la création d'une allocation familiale européenne qui montrerait, par ailleurs, l'importance de relancer une démographie européenne en panne.

    - La création de passerelles entre la commission et le monde économique qui permettraient à des cadres de l'industrie d'effectuer des "période de mobilité" au sein de la Commission Euroépenne (cette mobilité devrait être aussi mise en place dans les cabinets ministériels et l'administration française).

    Enfin, mais c'est anecdotique, je propose la création d'un club des responsables politiques européens qui s'engageraient à respecter une charte de communication positive sur l'Europe.

    Voila quelques idées sur lesquelles j'aimerais aussi avoir votre réaction...

    Guy LE BRAS
  • Gilles Lecannelié
    Le 08 Juin 2005 à 16 h 08 min
    Des mérites d'un grand bol d'air marin sur les "meilleurs d'entre-nous"...Votre début d'analyse des motivations du Non et vos propositions ne peuvent que réjouir les partisans d'une europe mieux construite, plus équilibrée et plus efficace pour répondre aux préoccupations sociales et économiques de 52% des Non.
    Le moratoire, réponse évidente et bien tardive; la Roumanie et la Bulgarie ne sont pas concernées .
    Ah, les questions institutionnelles!, vous avez été bien sourd aux reserves de 25% des Non.Pourtant, il faudra bien construire une Europe démocratique pour 450 millions de citoyens en corrigeant les insuffisances démocratiques du système (Assemblée seule élue-Conseil des ministres incontrôlable-Commission quasi incontrôlée- BCE electron libre).
    Au lendemain du désastre , on entend enfin des partisans du Oui suggerer un contrôle de cette BCE , avec des missions moins restrictives que la seule stabilité monnaitaire et inflationnelle .
    Relancer la machine economique au niveau Européen. Pourqoi ce "au contraire"?...Aux économistes d'apprécier vos propositions; mais cela va demander de sacrés efforts à tous les niveaux: le tout-dernier conseil des ministres de l'Eurogroupe n' a pas proposé gd chose. Je ne pense pas que le conseil Européen du 16 juin débouche sur de grans projets (ilfaudrait que le Grand Timonier nous épargne le côté " corde-au-cou, comme à Calais", mais suggerez-lui quelques propositons bien constructives , d'ici-là).
    Quant au Parlement européen, je constate que , dans ma Région , les trois députées européennes sont ( comme pendant la campagne) aux abonnés absents... La glaciation a bon dos : le laxisme de nos élus face à l'idée européenne ( en dehors des faciles professions de Foi)ne date pas d'hier, voilà le véritable immobilisme .
    Le mauvais projet de constitution, qui mélangeait les genres ( exécutif/legislatif), et le fatras de politiques sociale et économique avec les instruments constitutionnels , il fallait avoir le courage de le refuser . Il est rassurant d'entendre certains de nos partenaires européens parler de nouveau projet, d'une nouvelle convention ( à défaut d'assemblée constituante)qui ne serait pas cette pétaudière , machine à compromis, d'où VGE a eu bien du mérite de tirer un Texte, mais qui n'était pas à la hauteur d'un Constitution.
    Gilles Lecannelié
  • Xavier Bertaux
    Le 08 Juin 2005 à 15 h 43 min
    Pour simple rappel la Constitution s'est cassé la figure car c'était incontestablement un mauvais projet, arrêtons de remuer les mêmes idéaux, les mêmes mythes d'aventure collective, ça ne marche pas (aujourd'hui...). Les Français (et PB etc...) ne sont pas bêtes, ce n'est pas qu'une mauvaise connaissance, pas seulement un rejet du gouvernement etc..., c'est l'échec de la constitution avant tout.
    Pour les grandes idées, quelle est cette fameuse voix unique dont on manque tant (ministre des AE)? Ce n'est pas forcement la panacée, parlons d'une seule voix planetaire, pendant qu'on y est, uni dans la convergence, uni dans l'erreur, c'est pas forcément l'unité au niveau international qui convainc (plusieurs exemples). Quelle est cette démocratie européenne dont on parle tant (bricolage etc) la représentation du peuple n'est pas (ne doit pas ?) la priorité de l'Europe (aujourd'hui), peu s'intéressent d'ailleurs au parlement européen. Quelle est cette fameuse coopération industrielle européenne encouragée, je ne vois pas clairement la portée politique des institutions de l'union dans ce domaine.
    Convaincre avec des idées simples et sûres : un grand projet pour l'innovation en Europe, la recherche, les Universités, une défense commune (pourquoi pas), l'environnement, la lutte anti-terroriste... Voici de sujets qui font l'unanimité et qui sont porteurs de résultats.
    Xavier Bertaux
  • philippe teissier
    Le 08 Juin 2005 à 15 h 23 min
    le problème est de savoir où mène la piste,à quoi bon un "rêve européen" sans un objectif clairement défini au bout de la piste. Le "NON" n'est pas seulement (à mon avis)poussé par le désir de changer l'eau du poisson, mais plutôt motivé par l'absence de grand projet ou de rêve commun. Vouloir se serrer les coudes entre pays confrontés à des difficultés n'est pas un objectif vertueux.
    Puisque vous sollicitez des réactions constructives, me viennent les idées suivantes: 1)développer la capacité à entreprendre, à oser, faire en sorte que nos systèmes éducatifs sanctionnent la réussite globale plutôt que le piège tendu à l'examen, bref que le contrôleur aux examens du permis de conduire ne vous demande pas de tourner dans la rue où il y avait un sens interdit difficilement visible.
    Cela devrait amener à une plus grande autonomisation des individus.
    2)Trouver une règle fiscale pour que les repreneurs d'entreprises ne soient pas imposés sur les revenus dégagés par leur activité, mais sur le revenu réel du foyer. La pression est très forte lorsque l'on est imposé sur un revenu alors que la majeure partie de ce revenu sert à rembourser le capital de l'entreprise reprise. Cela rogne les ailes d'un jeune repreneur dans la période où il est le plus motivé pour entreprendre. Force est de constater qu'une fois l'entreprise payée, 10 ans sont passés l'embourgeoisement,la fatigue et des objectifs personnels différents à 45/50 ans peuvent avoir raison de la faculté à entreprendre.

    merci de votre écoute.
    Philippe 38 ans Bordeaux...
    philippe teissier
  • Vincent Meliet
    Le 08 Juin 2005 à 15 h 22 min
    Je vous suis sur l'ensemble des points exposés, je compléterai par les réflexions suivantes:
    - L'Europe à besoin d'être "utile" et moins "lointaine et bureaucratique".
    - L'Europe doit essayer de mieux fonctionner et de préparer l'avenir sans forcément toucher en premier lieux aux institutions.
    - Il nous faut déjà savoir travailler à 25 avant d'ouvrir nos portes. Ce serait dangereux mais aussi faire de fausses promesses à nos amis voisins des portes de l'Europe.

    - Surtout travailler à l'avancé et ne pas "geler" le projet européens. L'idée d'un vaste de programme européens d'infrastructure; c'est concret utile donc proche de nous....


    Vincent Meliet
  • Franck Sottou
    Le 08 Juin 2005 à 15 h 16 min
    et pourquoi ne pas repartir tout simplement de la charte des droits fondamentaux ... qui présente (le léger) avantage d'être la partie lisible par tout un chacun. Expérience tentée, devant un auditoire, lire simplement la charte qui parle de dignité, de droit à l'intégrité, de son corps, de ses idées ... Et puis la France n'est-elle pays des droits de l'homme : arrêtons d'opposer marché et société, mettons le marché au service des hommes et des femmes, voilà le pragmatisme français

    Avec mon meilleur souvenir de notre dernière rencontre,

    Franck Sottou
    Franck Sottou
  • Patrick B.
    Le 08 Juin 2005 à 15 h 09 min
    Monsieur le Premier Ministre

    Concernant le referendum, je pense que vous avez parfaitement raison en ce qui concerne l'élargissement et les craintes des français, une perte de cohésion de l'Europe.

    Mais il y a un autre aspect plus profond plus médiatique, regardez les infos télé depuis 5 ans et maintenant demandez à n'importe qui ce que lui inspire Bruxelles, je pense que la réponse est claire : C'est une machine à bloquer. Je me mets à la place de gens: Bruxelles a une connotation très très négative et ce n est pas ces 2 mois de discours qui peuvent changer un sentiment profondément ancré et lentement accumulé. Même si j’en ai pas entendu parlé beaucoup aussi bien à la télé et à la radio, c est pour moi un cause majeure du non au referendum.

    Maintenant pourquoi Bruxelles a-t-il une connotation négative ?
    Pour moi deux raisons : 1/ c est le policier européen, donc il empêche les états de faire ce qu’ils veulent (a-t-on déjà vu quelqu’un aimer un service de répression ?); 2/ (le plus important et à mon goût, il faut arrêter de se voiler la face) parce que les partis politiques gouvernant se sont servis pendant des années de Bruxelles comme bouclier protecteur (toujours le même rengaine : c’est pas moi c’est lui, vous pensez bien que je pourrai pas faire ça)

    Comment relancer l’Europe ? Commencer par donner une image positive des institutions européennes.

    A bientôt et merci pour votre blog !
    Patrick B.
  • Paul-Eric HEUGAS
    Le 08 Juin 2005 à 15 h 00 min
    Le problème du vote NON de la France est aujourd'hui de savoir avec qui entreprendre une politique européenne et comment?
    Seule, la France ne peut que proposer et dans la période actuelle aura beaucoup de mal à imposer sa vision.
    On ne peut se permettre d'attendre fin 2006 l'ensemble des consultations des 25 pays il faut donc dès aujourd'hui poursuivre les travaux engagé.
    La grande difficulté de l'exercice tient au fait que si dans quelques semaines ou mois un nbre suffisant de pays aura opté pour le non il faudra de manière très urgente que l'on se retrouve à 25 pour (re)concevoir la colonne vertébrale de l'Europe de demain.
    Paul-Eric HEUGAS
  • Nicolas Hildenbrand
    Le 08 Juin 2005 à 14 h 52 min
    Bonjour,

    je vous réécris apres une longue période pendant laquelle jen'etais pas la... Excusez moi pour l'abscence d'accent sur les mots, je suis toujours a l'etranger.

    Concernant la relance de la machine economique en europe, je dis oui aux grands programmes et grands projets d'infrastuctures. Ils ont differents atouts:
    - ils relancent l'economie (differents exemples bons et moins bons de par le passe, Roosevelt avec son programme des 3Act, Hitler juste avant la guerre par la relance de l activite militaire...) Une grande zone en crise, des grands projets et l'economie decolle.
    - ils donnent de grands projets aux gens, source de motivation et de confiance. L'exemple qui me vient tout de suite est le viaduc de Millau dont vous parliez il y a quelques temps et dont les gens qui avaient travaille a la construction etaient fier. De meme pour l'A380 dans le domaine industriel.

    Le probleme est que ces grands projets coutent enormement d'argent et qu'il n'est vraiment pas facile de savoir qui paie le prix fort. Exemple: Le TGV reliant Paris a Strasbourg et Paris a l'Allemagne!!! Une bataille de plus de 20 ans... je me demande encore pourquoi une ligne TGV vers l'Europe n'avait jamais ete prioritaire.

    Concernant le programme de recherche, je pense que c'est deja en place mais que la France n'est pas correctement integree. Notre recherche n'est plus assez regardee, plus assez productive. Combien de colocs avec des scientifiques de toutes l'Europe sur les nanotechnologies, les energies de demain... et ou les labos francais ne sont pas representes... c'est tout simplement desolant. Mais, de grands projets europeens fonctionnent deja dans beaucoup de domaines.

    L'harmonisation des fiscalites, je dis aussi oui. Dommage qu'elle ne figurait pas dans l'ex-constitution. Mais que voulons nous aussi??? Taxer les entreprises ou les laisser embaucher???

    Tout le monde attend la prochaine etape qui viendra "imposee" d'en haut. Les gens ne sont plus du tout confiants en la classe politique. Apres des annees de gaullisme, les gens ont cru en la gauche. 14 annees plus tard, les problemes etaient toujours les memes et il sont encore les memes!!! Comment voulez vous faire confiance a quelqu'un apres tant de promesses non tenues?

    Le pire dans tout ca, c'est que par ce biais la, les gens paniquent et ne respectent aucune logique. Un exemple flagrant. M Sarkosy est un homme politique qui a le vent en poupe dans les classe moyennes. Il prone un autre modele social que celui francais. Or, ces memes classes moyennes ont rejete le traite constitutionnel parce qu'il etait trop liberal. Cherchez l'erreur!

    Oui au moratoire sur tout nouvel elargissement car outre rassurer et donner du temps, il faut aussi prendre le temps et avoir les capacites d'accueillir ces pays dans de bonnes conditions. Nous aurions du faire la meme chose avec les 10 derniers. Trouvez vous normal que le budget europeen pour leur developpement soit si faible (1% du PIB des 15, non?)? On engendre par cette voie le dumping social dont tous les gens cauchemardent la nuit et dans l'isoloir.

    Aidons ces pays et uniformisons les regles.

    Les idees sont bien sur incompletes, mais le devoir scientifique m'appelle.

    A bientot, merci pour votre blog, c'est tres agreable.

    Nicolas Hildenbrand
    Nicolas Hildenbrand
  • David Marey
    Le 08 Juin 2005 à 14 h 49 min
    Bonjour,

    vos idées sont intéressantes et soulèvent, à mon avis, les bonnes interrogations que les français se sont posées le 29 Mai en dehors de la politique intérieure.

    Concernant le premier point, vous parlez d'annoncer un moratoire sur tout nouvel élargissement. Mais ne pensez-vous pas que nous sommes déjà beaucoup (trop) dans cette Union Européenne ?
    Une telle mesure est intéressante, mais ne devrions pas recréer certaines alliances avec quelques uns de nos partenaires ?
    Que pensez-vous d'une fédération d'état avec des pays tels que l'Allemagne, les pays du Benelux par exemple ? Et d'étendre nos liens dans cette fédération petit à petit pour arriver à une union d'état fédérés comprenant les 25 pays actuels.

    Par ailleurs, une question se pose à moi depuis plusieurs moi…
    Que faire quand on est un homme de droite, respectant et admirant les valeurs du Général de Gaulle et ne voulant ni d'un M.Chirac ni d'un M.Sarkozy ?
    Tout le monde parle d'un futur combat de "titans" entre les deux pour une investiture de la droite républicaine française ; mais de nombreuses voies soulignent que ni l'un ni l'autre ne convienne…

    Merci pour votre journal,

    David Marey
    David Marey
  • Thibaut Guigue
    Le 08 Juin 2005 à 11 h 10 min
    Même si vous le dite vous même, vous êtes en marge de la politique "politicienne" ( terme que je n'aime pas plus que vous ), vous êtes le premier responsable public ( partisans du Oui ou du Non ) à avoir compris les attentes et les craintes des français :

    _ l'entrée de la Turquie. Votre moratoire sur l'élargissement empêcherait le début des négociations.
    _ Une perte de souveraineté nationale. Lors de ce vote, les français ont eu peur d'exercer leur souveraineté pour la dernière fois. Les commissaires sont trop loin d'eux, comme cooptés plutôt que choisis. Les parlementaires européens sont trop peu présents sur la scène nationale et par conséquent trop peu connus, trop loin de leurs électeurs. La représentation nationale est la seule représentation en qui les français ont confiance ( et encore... on peut se poser des questions en ce moment, diront certains ). Votre proposition de ne pas faire évoluer les institutions maintien le pouvoir au Conseil, et donc aux nations.

    _ Enfin... Enfin ! quelqu'un qui comprend le message économique. L'incompréhension de l'Europe "libérale" ( bien que le texte constitutionnel ne l'était pas ), ou plutôt de certaines de ces actions. Par exemple, la réaction vis à vis de Nicolas Sarkozy quand il a remis des billes dans Alstom. Pourquoi lui avoir mis des bâtons dans les roues ? Quelle dogmatisme de refuser, ponctuellement, une action keynesienne !? Quant à la politique monétaire : une incomprhéension totale !!! Les électeurs du non, et de nombreux autres européens commencent à avoir des remords quant à leur choix sur Masstricht : euro, indépendance de la banque centrale.
    Votre dernière proposition est celle qu'attendent les millions de françaises et de français qui ont voté non : non pas une Europe au profit d'un somptueux rêve fédéralo-libérale qui attiserait nationalisme et xénophobie mais une Europe qui ne vise qu'à une chose : la prospérité de nos nations...

    Et alors, seulement, l'Europe pourra constitutionnellement se bâtir.

    Cordialement, Thibaut
    Thibaut Guigue
  • sylvain Treffé
    Le 08 Juin 2005 à 10 h 59 min
    Je ce que j'aime dans le liberalisme, outre qu'il me permet de choisir mon propre destin sans autres limites que celle de la liberté de l'autre, c'est qu'il me permettrait, d'avoir ma propre action sociale sur mon entourage, et d'y trouver une satisfaction et une fierté, sentiment répugnant pour certain. Mais enfin ne faut il pas mieux se réaliser ainsi que dans l'égoisme ou l'individualisme !

    Ce que contre toute attente, favorise l'étatisme, puisque chacun se dit pourquoi moi ferais je quelque chose puisqu'il y a l'etat.
    Et on le constate, lorsque les francais se mobilisent pour l'asie victime du seisme que l'on connait, ils agissent au nom de la solidarité et prouvent ainsi leur générosité. Le souci c'est que cette dernière est ponctuelle, ils mettent un cheque dans une enveloppe, poste le tout et voilà.
    Mais quand il s'agit d'etre solidaire au quotidien et envers ses concitoyens, d'abandonner des privilèges qui n'ont plus de raison d'etre et de se dire suivant les principes archi connus : "tout ce qui est pris n'est plus à prendre" ou "meme les meilleures choses ont une fin", là c'est une autre histoire !

    amicalement
    sylvain Treffé
  • j. bernard
    Le 08 Juin 2005 à 10 h 58 min
    L'ensemble des pistes fournies et des réponses éditées sur le site me laisse une forte impression de déjà vu, voire même d'un grand flou, le tout noyé dans un grand consensus. En effet, systématiquement s'en remettre à une idée de croissance, concept quasi-religieux tant il relève d'une forte croyance m'apparait comme un fard de beauté. D'autre part, penser toujours à rassurer la population me semble fort spécieux; c'est avant tout ne pas reconnaitre la faculté du vulgus pecus à comprendre ce qui se passe autour de lui et laisser poindre comme une erreur sur la marchandise qu'on lui propose, du télé-achat en quelque sorte. D'autre part, je reste sceptique quant aux pistes de grand projet industriel et d'infrastructures, un sorte de "new deal" à la française. En effet, les tournants pris ces dernières années montrent que ces grands projets permettent ensuite de privatiser au profit de grands groupes industriels la partie rentable de l'activité, tout en maintenant les charges structurelles (entretien notamment) dans le domaine de responsabilité de l'état (voir ce qui se passe à la SNCF et chez EDF pour l'exemple). En même temps la tendance consistant à diminuer les charges sur les entreprises en fait les seules bénéficiaires de l'action politique, le tout constituant une formidable dénégation de la justice sociale. Pour conclure, je dirais que vous et vos confrères s'enlise dans un jargon technique inconsistant, abscons et dénué de tout matérialisme et objectivité, tout en continuant à soutenir la thèse de la faible faculté de compréhension de vos concitoyens. Mais nous prendre pour des demeurés est, il est vrai, le meilleur moyen de ne pas vous remettre en question.
    j. bernard
  • D. L.
    Le 08 Juin 2005 à 10 h 55 min
    laisser à la porte 20 ou 30 ans de plus des pays qui souhaiteraient rejoindre, enfin, après des années de souffrances, soviétiques notamment, un espace démocratique de paix, de liberté et de relatif confort, au seul motif que les pays occidentaux ont peur d'être -un peu- bousculés, relève d'un égoïsme honteux.

    Maintenir par exemple, à coups de subventions européennes, le niveau de vie des grands céréaliers de la plaine de la Beauce, pendant que des dizaines de milliers d'enfants roumains voudraient seulement manger, il y a là un décalage gênant.

    Ou alors, faire en sorte que la production de céréales, dopée aux subventions, servent justement de nourriture à bas prix aux enfants roumains.
    C'est un exemple parmi de nombreux autres ...
    D. L.
  • sylvain Treffé
    Le 08 Juin 2005 à 10 h 39 min
    Je pense qu'avant de reprendre une construction politique de l'europe, il faille redonner le gout au citoyens de chaque pays membre sur la question de sa politique intérieure.

    Cela passe en premier lieu par les média. Car beaucoup d'entre eux bobos post-soixante-huitards, croyaient dur comme fer aux lendemains qui chantent promis par François Mitterand, mais lorsqu'ils ont dechantés, ils se sont lancés dans le "tous pourris" ! rendant en cela responsable quelques-uns, d'une dérive d'un systeme qu'ils ne controlaient plus vraiment.
    J'ai mal quand j'entends un présentateur télé grassement rémunéré (minimun 5 fois le salaire d'un député et qui pratique le cumul dans d'autres média) vous accuser de "tous pourris" en fustigeant la démagogie qu'il pratique du reste outregeusement sans que personne n'y trouve à redire.
    Le csa plutot que de "flouter" des marques que nous reconnaissons tous, devrait tirer la sonette d'alarme sur ces émissions pratiquantes de cette démagogie sous couvert d'un humour au enième degré, que nous sommes trop betes pour comprendre, car ne pouvant dépasser le troisième degré.

    Alors, ne faut il rappeler que les élus ne sont que nos représentants, nos agents ou impressarii politiques, et que nous sommes les acteurs, que c'est notre jeu d'acteur qui conduit réellement la vie economique, sociale et politique de notre pays, et finalement nos agents ont bien du mérite d'essayer de concilier nos mauvaises manies, nos contradictions, nos petits egoismes et autres caprices d'enfants gatés pour nous faire avancer !

    Il est souhaitable, de responsabiliser le citoyen en le confrontant à ses travers. Ce serait un mal pour un bien !

    Amicalement
    sylvain Treffé
  • Benjamin Catherine
    Le 08 Juin 2005 à 10 h 15 min
    En effet, la France est finalement restait fermée sur elle meme pour une grande partie. Peur de la réalité de l'élargissemsent, car l'UE n est pas une nouveauté, des décennies que l'on y travaille, certains corps et ames, et pour quoi? Un refus historique.
    La faute á qui? La campagne du OUI fut un peu maladroite en mon sens, plutot incitant á la frayeur,
    aux conséquences catastrophiques du NON, plutot que les vrais raisons du OUI, si bien décrites par vos soins sur ce blog.
    Je suis d accord pour dire que certains défenseurs du NON soutenaient des arguments forts et valables, avec la peur d'une Europe politique
    trop complexe, inpossible á gérer. Je pense malgré tout qu'il est possible d'y arriver,de faire exister une politique forte et commune entre les 25 Etats.
    L'idée d'un nouvel élargissement reste exagérée á mon avis. Des pays comme la Croatie, la serbie et Monténégro et Bosnie méritent bien sur leur place dés que possible,
    mais l'entrée de la Turquie est á méditer á nouveau. Une telle puissance, au carrefour de multiples zones géopolitiques, pourrait entrer dans l UE et elle le devrait également,
    historiquement, mais comme beaucoup pose la question avec justesse, oú sont les limites de l UE? arretons la gourmandise pour un moment, focalisons nous plutot vers le bon
    fonctionnement de notre Europe actuelle, politiquement, économiquement et socialement. Créer et conserver une union forte, au milieu de maintes cultures, de langues si variées, cela demande du temps,
    beaucoup de temps. L'Europe s'est arretée pour un temps, ou bien elle a simplement manqué un virage, mais rien n'empeche un retour en force, avec des idées, l'Europe n'en manque pas.
    Cordialement,
    Benjamin Catherine
  • lucie beauchesne
    Le 08 Juin 2005 à 10 h 01 min
    je suis devenue une fidèle lectrice et j'apprécie..sur la crise européenne, je suis d'accord avec vs mais qd va-t-on enfin avoir le courage de dire aux français que notre modèle est mauvais, que ns sommes enkylosés par les raideurs administratives et que ns avons tt pour ns en sortir si ns changeons notre approche d'usine à chômeurs.. je vis à l'étranger et suis convaincue que les français ( ceux du non notamment) ne se rendent pas compte qu'ils sont la risée un peu partout!
    lucie beauchesne
    lucie beauchesne
  • Léa Couteaupied
    Le 08 Juin 2005 à 09 h 44 min
    A quand une grande émission de vulgarisation de L'Europe, ses habitants, ses réalisations, ses ambitions ?
    Léa Couteaupied
  • martin noam
    Le 07 Juin 2005 à 18 h 20 min
    Ces propositions sont intéressantes et ont le mérite de prendre en compte les résultats du vote du 29 mai. Cependant je me pose certaines questions :

    -annoncer un moratoire sur tout nouvel élargissement irait dans le sens de certains mensonges que nous avons entendu pendant la campagne. C’est le cas de l’argumentaire de M. de Villiers : « Si le non l’emporte les négociations avec la Turquie s’arrêteront ».

    -concernant une nécessaire relance de la politique économique j’ai plusieurs réserves. Tout d’abord je ne suis pas convaincu que la « réforme » du Pacte de Stabilité et de Croissance ait permis une politique plus en phase avec la conjoncture. La France a un réel problème de crédibilité auprès de ces voisins qui eux ont mené des réformes et ont réduit leur déficit. Je suis d’accord lorsque vous appelez de vos vœux une politique industrielle, et économique de relance. Mais cela ne nécessiterait-il pas une augmentation du budget communautaire à laquelle la France est hostile ? La question de l’harmonisation de l’impôt sur les sociétés serait sans doute un bonne chose, mais sur quel taux ? Celui en vigueur en Lettonie ? Dans ce cas la France serait la première à en subir les conséquences. Celui en vigueur en France ? La majorité des pays européens y sont hostiles.

    A bientôt et merci pour votre blog !
    martin noam
  • Anne-Sophie Miechowka
    Le 07 Juin 2005 à 17 h 50 min
    J'avoue que je ne sais pas bien par quoi commencer. Le politique et l'économique ont besoin l'un de l'autre et sont tous les deux en panne. Alors, qui doit entrainer qui ??
    Voici quelques points qui me semblent importants:
    1/Il ne faut pas s'arrêter d'expliquer l'Union Européenne. Cette campagne a lancé le premier débat d'explication de l'UE 50 ans après le début de sa construction, a montré que les Français connaissaient mal l'UE et a forcé nos dirigeants à tenter de combler ce retard. On a confondu l'UE telle qu'elle existe et ce que la constitution européenne proposait. Il faut que cela devienne clair dans nos esprits de citoyens, aussi clair que la constitution française et ses institutions. Peut-être pourrions nous faire un bilan de certains projets européens très concrets en matière d'environnement, de recherche, d'échanges universitaires, que sais-je encore...
    2/D'un point de vue institutionnel, le poste de ministre des affaires étrangères de l'UE, sous quelque forme que ce soit, me parait indispensable pour donner un semblant d'identité politique à l'UE. L'UE doit parler d'une seule voix sur la scène internationale et a besoin d'une véritable identité politique. le patinage de l'économie européenne peut venir du fait qu'il n'existe pas de vrai cadre institutionnel européen
    3/Je crois encore que le couple franco-allemand peut fonctionner même sans la constitution européenne et même si il a perdu de la crédibilité. La réalité est que l'Allemagne est un incontournable partenaire économique et commercial...
    4/Référendum ou pas, la croissance économique franco-européenne doit être relancée. Peut-être faut-il réfléchir à repositionner notre industrie sur des produits plus technologiques, soutenus par des programmes de recherche forts. On parle depuis très longtemps d'encourager l'innovation, la recherche... Il serait temps de concrétiser ces réflexions me semble-t-il
    5/Enfin, le salut de l'UE viendra surement du déblocage de la crise politique française qui suit le référendum...
    May the force be with them
    Anne-Sophie Miechowka
  • Sébastien MAHIEUX
    Le 07 Juin 2005 à 17 h 38 min
    Bonjour,

    Je souhaite réagir aux pistes que vous évoquez et qui concourent à contrer l'immobilisme ambiant favorable au Royaume-Uni.
    Je crois qu'une erreur historique de l'Europe a été de ne pas inscrire dans les statuts de la BCE qu'elle doit avoir un rôle majeur dans le soutien à la croissance et qu'elle ne doit pas seulement se focaliser sur la stabilité des prix. Nous nous sommes ainsi privés de l'instrument monétaire. La BCE arguant en plus du manque de coordination ou de convergence des Politiques Budgétaires.
    Plus globalement, je suis en accord avec vos propositions concernant le soutien à la recherche, les politiques de grands travaux, etc...Mais on se heurte à la réalité : quels pays seraient prêts à nous suivre? On peut avoir en effet l'impression que l'Europe est un patchwork de pays ne poursuivant pas les mêmes buts et n'ayant pas les mêmes attentes. N'aurait-il pas fallu être plus exigeant lors des différents élargissements en érigeant en dogmes quelques thèmes : coordination budgétaire et fiscale, convergence des droits du travail et sociaux, etc...
    En outre, je suis aujourd'hui convaincu qu'aucun citoyen européen n'a la même vision et conception de l'Europe. Et il aurait plutôt fallu commencer par cela. Je travaille dans l'organisation et la gestion des projets de transformation des entreprises. Je suis aujourd'hui en train de gérer la transformation du Crédit Lyonnais post rachat par le Crédit Agricole. Et pour moi, l'Europe est comme un projet informatique : les "experts" ont décidé pour les "utilisateurs" des spécifications dont ils avaient besoin. Et ca ne fonctionne généralement pas.
    Et si on commençait par rappeler aux citoyens les avantages et les orientations de l'Europe avant de vouloir reprendre la main face aux autres "experts" ?
    Sébastien MAHIEUX
  • nicolas gascoin
    Le 07 Juin 2005 à 17 h 36 min
    un moratoire? OUI! Enfin! un grand OUI de soulagement, qui serait prononcé par TOUS les francais. j'en suis vraiment et intimement persuadé. c'est surtout ca qui font dire a certains que les electeurs du non sont anti-europeens (au contraire des principaux tenants du non). le manque de consultation des peuples a ce sujet a ete tres meprisant. les dirigeants le savaient (qui a dit qu'une courte fenetre temporelle allait s'ouvrir pour l'adhesion de la pologne avant de se refermer a jamais?...c'etait bien vu, et ils l'ont fait en sachant que personne n'etait pour...valable pour tous les nouveaux payants adherents).

    le droit de petition (1million) de signature est aussi terriblement indispensable! (dommage que nous n'ayons d'ailleurs pas voté OUI, c'eut ete l'occasion ensuite de dire un grand NON a cette facon de gouverner l'europe)

    des ameliorations ponctuelles? NON. encore des bouts de "reformes" qui seront percues non comme des marches mais comme des paliers de stagnation de plus. les politiques n'avancent plus de peur de perdre l'electorat (et donc leur place). justement, comme le traité, voyons "grand" et modernisons l'ensemble des textes/institutions. on ne peut pas attendre qu'une chose soit en place et fasse ses preuves avant d'en mettre une meilleure et ainsi de suite...

    * une nouvelle politique budgetaire? oui...encore une...personne n'est dupe (hormis nos dirigeants qui se voilent la face volontairement). pas de miracles a attendre de ce cote-la...les hommes se succedent, les politiques aussi (toutes plus ambitieuses, necessaires et efficaces à les entendre). à quand un politique qui bossera, avancera sans vouloir faire croire qu'il sera le meilleur et prouvera par ses resultats, les mois venants, que ses actions/choix sont les bons. plus de discretion et d'action! on disait (il y a quelques années) les politiques loins des francais, distants. ils ont voulu se rapprocher mais ont confondu proximité avec fausse compassion.
    nicolas gascoin
  • Olivier Marty
    Le 07 Juin 2005 à 17 h 32 min
    Bonjour,

    Des constats sans fard, des idées simples mais solides: c'est ainsi que l'on bâtit l'avenir.
    Je reviens sur mon idée de crise identitaire et morale qui traverse la France et l'Europe entière; qui ne prend la mesure de ce phénomène, lequel ne cessera de prendre de l'ampleur, passe à côté des enjeux du début de ce siècle pour nos peuples.

    Les Français avaient une "maison", la France, depuis 15 siècles. On leur annonce tout à coup que cette maison n'est plus qu'une cabane, et qu'ils vont désormais habiter sous un plus grand toît, l'Europe. La période de flou et d'incertitude collective actuelle vient tout simplement du fait que les Français, comme les autres Européens, ne se sentent pas chez eux, ni à l'aise, dans cette nouvelle grande maison.

    Le monde est celui de Mr Huntington, indéniablement: clash ou pas clash, ce sont les grands blocs civilisationnels qui vont dicter la marche des événements dans les 50 ans à venir, et plus. Etats-Unis, Chine, Inde, Monde Islamique, Amérique Latine vraisemblablement, Japon à la marge, Asie Centrale peut-être, Afrique souhaitons-le... et Europe.
    Nous en sommes au moment, critique et délicat, où l'Europe doit se donner des frontières, doit se construire en partie, et sans violence, par opposition aux autres blocs précédemment cités. L'Europe et ses peuples ne sont ni musulmans, ni africains, ni latinos, ni asiatiques, ni américains... il est évident qu'à cet égard, l'adhésion turque crée un flou et un malaise total. Je m'étonne que si peu d'analystes, si peu de décideurs dans le monde ne le comprennent.

    Cette Europe aux frontières figées, aux origines rappelées (en ne passant pas si craintivement sur notre héritage chrétien), au destin commun devra alors protéger ses citoyens. Les protéger des guerres, des épidémies, du chômage, des effets néfastes de la mondialisation, de l'insécurité, de la barbarie. Pour creuser un ciment fort et réellement commun, les Européens ont besoin de savoir qu'ils peuvent, ensemble et à travers leur Union, faire face à l'adversité. Et ces adversités ne manquent pas: délocalisations, importations à prix imbattables, immmigration massive, terrorisme, islam radical, violences urbaines, communautarismes ethniques, etc... il y aura des épreuves de force, des moments de violence à passer et surmonter pour créer ce ciment, pour faire comprendre à l'ouvrier de Porto et au chauffeur routier de Cracovie qu'ils partagent le même destin et le même sort par rapport à la marche du monde.

    C'est bien d'une Europe identitaire, d'une Europe puissance, d'une Europe protectrice, d'une Europe solidaire, d'une Europe morale, d'une Europe nataliste, d'une Europe écologiste, d'une Europe qui s'occupe un peu plus d'elle-même... dont ont besoin nos peuples pour s'identifier à elle.

    Avec en toile de fond, le problème numéro un, trop peu évoqué: celui de la communication, ie des langues de l'Union. L'Anglais lingua franca? Il est temps de répondre là aussi définitivement.

    Cordialement,
    Olivier Marty
    Olivier Marty
  • daniel devineau
    Le 07 Juin 2005 à 17 h 03 min
    Oui, une grande initiative Franco-Allemande dans le domaine de la recherche ou de l'industrie serait la bienvenue pour redorer le blason de l'Europe mis à mal ces dernières semaines.
    daniel devineau

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé
Alain Juppé 2017
5 ans pour l'emploi
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