Blog Notes d'Alain Juppé

Pour un gouvernement mondial du climat

Publié le 15/02/2005 par Alain Juppé

Le 16 février, le « protocole de Kyoto », c’est-à-dire ce traité international dont les signataires s’obligent à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, entre enfin en vigueur.
Je lis beaucoup de choses à ce sujet et j’essaie d’y voir clair.
Effet de serre : certains gaz, dits gaz à effet de serre (GES), tel le dioxyde de carbone CO2, piègent les rayonnements infra-rouges provenant du soleil et renvoyés dans l’atmosphère par la surface terrestre. Sans ce phénomène, la température de notre planète serait glaciale (-18°). Mais point trop n’en faut…
Après de longues controverses, le consensus sur le réchauffement du climat est maintenant établi: les meilleurs experts s’accordent à prévoir une augmentation de la température moyenne du globe comprise entre +1,4 et +5,8 degrés d’ici un siècle, ce qui entraînera une élévation du niveau des mers comprise entre 9 et 88 cm, plus toutes sortes de désordres climatiques ( tempêtes, inondations…)
Il est urgent d’agir car les dispositions prises aujourd’hui n’auront d’effet qu’à long terme. Les 50 prochaines années sont déjà jouées.
Jusqu’à présent l’Administration américaine a tout fait pour empêcher la ratification du protocole de Kyoto. Elle n’y a pas réussi et, sous la pression de l’opinion et de la classe politique, elle commence à évoluer. Bonne nouvelle.
La France, grâce à la part prépondérante de l’électricité d’origine nucléaire dans son approvisionnement énergétique, est le moins mauvais élève de la classe mondiale. Si bien que l’effort de réduction de ses émissions qui lui est demandé est parmi les plus faibles (et même in fine nul…) Cependant,le président de la République et le gouvernement ont choisi de fixer à notre pays des objectifs plus ambitieux que ceux auxquels nous sommes tenus : diviser par 4 nos émissions de C02 d’ici à 2050. Bravo! Et au boulot!
La mise en oeuvre du protocole de Kyoto repose sur des mécanismes de marché: les sites d’émission de GES
(électriciens, cimentiers, chimistes…) se voient attribuer des permis d’émission calculés en tonnes de CO2; ces permis sont distribués gratuitement; ils peuvent être conservés si les émissions sont maintenues ou vendus sur le marché en cas de réduction des émissions.

Les optimistes se réjouissent du pas important qui est ainsi franchi. Les pessimistes soulignent qu’il faudra aller plus loin et se doter des moyens de faire respecter des mesures beaucoup plus sévères. D’où l’idée d’un « gouvernement mondial du climat », seul capable d’anticiper à 50 ans ou 100 ans. Voilà un combat qui vaut la peine. J’aimerais y participer.

Une petite anecdote pour terminer : le maire de la ville brésilienne de Curitiba, particulèrement engagé dans le combat pour le sauvetage de la Terre, donnait ce conseil, dans une rencontre à laquelle je participais l’automne dernier en tant que maire de Bordeaux:
« Si, à votre niveau individuel, vous voulez faire quelque chose pour lutter contre le changement climatique, commencez par 1/ trier vos ordures ménagères, 2/laisser votre voiture au garage quand vous vous déplacez en ville… »
15/02/05

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22 commentaires pour « Pour un gouvernement mondial du climat »
  • François Diemunsch
    Le 05 Mars 2005 à 16 h 20 min
    Je viens tout juste de découvrir votre blog suite à un article paru dans la presse de ce jour et, après avoir rapidement parcouru les thèmes de vos réflexions, j’ai choisi de réagir à votre article portant sur le réchauffement climatique et le protocole de Kyoto, puisque je suis moi même sensibilisé au problème.
    Comme la majorité des personnes aujourd’hui soucieuses de l’environnement je me réjouis que le protocole de Kyoto ait enfin été ratifié et puisse donc entrer en vigueur. Même si l’engagement des pays signataires demeure modeste (l’UE s’est engagée à une réduction de 8% de ses émissions de gaz à effet de serre sur la période 1990/2012 par rapport à son niveau de 1990), il démontre une réelle volonté politique des pays européens de renverser la tendance du « toujours plus de consommation d’énergie fossile et polluante ». D’autre part, l’aboutissement du traité de Kyoto est aussi une victoire pour l’UE, laquelle est l’instigatrice du protocole et a joué un véritable rôle de leader lors des sommets internationaux face au scepticisme des Américains et à la frilosité des japonais.
    Néanmoins, je crois qu’il convient de rester prudent quant au succès et l’effectivité du protocole. Si les Russes ont récemment acceptés de ratifier le protocole de Kyoto, leurs déclarations sur le sujet se sont largement contredites depuis 1997, et ils ont même affirmés en 2002 qu’il n’était pas dans leur intérêt d’y adhérer. Deux questions me viennent alors à l’esprit : ont-ils réellement l’intention de se conformer au traité, et comment allons nous vérifier leur nouvelle bonne volonté ? D’autre part, comme chacun sait, les américains, (1er pollueurs mondial) ne sont pas signataires du traité, de même que des pays émergents à fort potentiel comme l’Inde et la Chine. Selon toute vraisemblance, cette dernière devrait même dépasser le niveau de pollution de Etats-Unis dans les années qui viennent ! Au bout du compte, quel va être l’impact de Kyoto ? Selon les estimations scientifiques l’augmentation des températures d’ici 2100 devrait être comprise entre 1,4 et 5,8°C alors que le protocole devrait permettre une diminution de 0,15°C ! Autrement dit, l’effet écologique du protocole sera quasi nul alors que l’ardoise, elle, ne le sera pas ! Eric le Boucher (LeMonde, Juillet 2004), va même jusqu'à écrire que les Européens sont en train de se faire rouler sur toute la ligne. Selon lui, l’Europe serait sur le point de dépenser des sommes astronomiques pour un résultat escompté proche de 0 alors que les Américains investiraient 4 fois plus d’argent dans la recherche pour développer de nouvelles technologies moins polluantes et conservatrices de l’environnement. Je crois moi aussi qu’il est urgent d’agir mais je me demande si les choix qui ont été effectués et les politiques adoptées sont les plus appropriées. Le réchauffement climatique ne va pas se résoudre en 10 ans et le développement économique de l’Europe risque d’être contrariée pour rien.
    Néanmoins, je me veux optimiste car Kyoto n’est considéré que comme un premier pas, et, selon vos dires, la classe politique américaine commencerait à évoluer alors que notre président de la république et notre gouvernement se sont fixés des objectifs bien plus ambitieux pour les décennies à venir. Il convient d’ailleurs de souligner l’orientation environnementaliste du président, lequel a défendu becs et ongles la révision constitutionnelle destinée à faire figurer dans la constitution le principe de précaution défini dans la charte de l’environnement.

    François Diemunsch, Mont de Marsan.
    François Diemunsch
  • André CARLOZ
    Le 04 Mars 2005 à 18 h 31 min
    Au moment ou le protocole de Kyoto devient applicable, au moment ou le président décide d'aller au delà nous voyons l'administration freiner des quatre fers. Je m'explique: la loi de finances pour 2005 prévoit que les crédits d'impôts pour l'acquisition de moyens de chauffage utilisant les énergies renouvelables passent de 15% à 40% un arrêté est publié au JO, c'est tout récent, le 15 février, définit la liste des matériels concernés. Curieusement, les pompes à chaleur AIR/AIR, actionnées électriquement donc avec très peu de dégagement de CO² et qui puisent la chaleur dans l'atmosphère, éminamment renouvelable, sont exclues de ce dispositif. Seules sont admises les pompes à chaleur géothermiques qui prélèvent la chaleur dans le sol pour la restituer dans un circuit de chauffage, ce sont les pompes à chaleur EAU/EAU et les pompes à Chaleur AIR/EAU qui prélèvent la chaleur dans l'air mais la restituen dans un circuit de chauffage par eau. Ces deux types de matériel sont certes très performants mais de diffusion limitée. Les pompes à chaleur AIR/AIR sont aussi performantes et beaucoup plus faciles à mettre en oeuvre. Serait ce cette facilité de mise en oeuvre qui a conduit à les éliminer réduisant ainsi une possibilité importante de réduction de CO² et un gisement d'emploi pour l'installation de ces matériels.
    André CARLOZ
  • Jean MARCHAT
    Le 27 Février 2005 à 10 h 02 min
    Le réchauffement de la planète a indéniablement une part d’origine humaine ; les marqueurs naturels d’origine, que sont les 3 isotopes du carbone, le démontrent clairement par leurs proportions dans l’atmosphère.

    Mais dans un monde où il y a des écologistes professionnels et des politiques purement écologistes qui doivent pérenniser leur action pour exister, où les média doivent trouver, pour vendre, leur scandale quotidien, où les éminents scientifiques recherchent pour ceux qui les paient, et, où le monde politique tente d’exploiter l’appel d’air de ces gesticulations, je m’interroge sur la sincérité de tout cela.
    Navigue-t-on sur l’écume ou sur l’eau vive du problème ?

    Les espèces vivantes ont failli disparaître il y a 250 millions et 65 millions d’années à cause, pense-t-on, du CO2 ; mais c’est aussi grâce à cela que nous sommes ici.

    L’étude des glaces du pôle nous permet de connaître le climat de la terre sur 400 000 ans. Cette période se décompose en 4 phases semblables d'environ 100 000 ans, comprenant au trois quarts une longue période froide, voire glacière, et s’achevant par une remontée rapide des températures en même temps qu’une remontée du CO2 (l’œuf et la poule ?).
    Nous sommes à la fin d’une de ces périodes, nous y rajouterons quelques degrés. Est- ce aussi catastrophique, alors que l’on ignore les raisons des remontées naturelles du CO2 donc des températures, ou des températures donc du CO2 ; alors que les quelques degrés de plus seraient les biens venus pour les périodes glacières qui nous attendent et que nous ignorons les raisons de ces cycles et les seuils d'emballement du phénomène.

    On a deux façons de jouer aux apprentis sorciers, par laxisme ou par excès de prudence. Les deux passent par un excès d’orgueil sur nos capacités à comprendre aujourd’hui.

    Le danger du CO2 n’est pas un fait acquis, il y a un écart entre vérifier qu’il aggrave l’effet de serre et affirmer qu’en le réduisant on agisse pour le bien de la planète.
    Jean  MARCHAT
  • Alain Mat
    Le 25 Février 2005 à 18 h 55 min
    Pourquoi des objectifs plus ambitieux?
    Pour que nos dirigeants puissent parader dans les conférences internationales et donner des leçons aux autres? Mais à quel coût? Avec combien de chômage en plus?
    Etes-vous sûr que la planète soit menacée de graves désordres par le réchauffement climatique? Ces tempêtes qu'on nous annonce, quel savant peut garantir qu'elles arriveront? Et quel sérieux accorder à des prévisions "scientifiques" qui varient de 9 à 88 cm pour l'élévation du niveau des océans? N'allons-nous pas retrouver le climat du temps des Vikings, qui allaient en Amérique par le Groenland, à l'époque terre verte? Quel inconvénient y aurait-il à ce que le climat de Paris devienne celui de la Côte d'Azur? Savez-vous que la réalisation des objectifs de Kyoto retardera au maximum de 3 ans, à la fin du siècle, l'augmentation de la température? N'y a-t-il pas mieux à faire pour utiliser les 150 Mds de $ par an que va coûter l'application de ce traité? Votre motivation n'est-elle pas simplement de prendre des voix aux Verts, et non de défendre l'intérêt général?
    Alain Mat
  • Yves Lesniewski
    Le 22 Février 2005 à 08 h 11 min
    Quelques jours après l'entrée en vigueur du protocole de Kyoto, voici une décision bien regrettable !
    Si sur le fond on peut comprendre certains choix budgétaires, rien que pour le symbole, c'est bien dommage !
    Dans ce contexte, à quoi servirait un gouvernement mondial du climat comme vous le proposiez si dans les actes tout est fait pour freiner les progrès concrets !

    "Plan climat : les crédits de l'ADEME partiellement gelés
    L'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), chargée de la mise en oeuvre du Plan Climat de lutte contre le réchauffement climatique, va voir 20% de ses crédits d'investissements 2005 gelés par Bercy. L'Ademe a peu de ressources propres. Son budget est alimenté par ses trois ministères de tutelle, Ecologie (70% environ du budget total), Industrie et Recherche. 56,5 millions d'euros sur 202 millions de crédits d'investissement (autorisations de programme, en jargon budgétaire), mis à la disposition de l'Ademe par le ministère de l'Ecologie, vont être gelés, selon ces sources. Ceux venant du ministère de l'Industrie (35,5 millions d'euros) risquent également de faire les frais de la "régulation budgétaire" en cours. Par contre les crédits du ministère de la Recherche (14,9 millions d'euros), auxquels s'ajoutent 40 millions d'euros accordés à l'Ademe au titre du Plan véhicules propres, ne seront pas touchés. Au total, l'établissement public ne disposera pour 2005 que d'environ 235 millions d'euros, contre 292,4 millions prévus en début d'année, pour lancer de nouveaux programmes pluriannuels, visant à promouvoir les économies d'énergie et les énergies renouvelables ainsi que le recyclage des déchets. L'an passé, l'Ademe avait disposé initialement de 253 millions d'euros pour ses investissements avant une annulation de 74 millions en cours d'année. Les crédits de paiement, destinés à financer les programmes d'investissement lancés les années précédentes, sont également victimes de l'austérité budgétaire. 70 millions d'euros devraient manquer cette année à l'Ademe pour honorer ses engagements du début de la décennie. "
    Source : La gazette des communes

    Cordialement,
    Yves Lesniewski
  • Philippe Jestin
    Le 19 Février 2005 à 15 h 31 min
    A chaque réforme, son lot de contestations; c'est bien normal ( qui plus est chez les jeunes ), pas toujours très sérieux mais c'est la démocratie.
    Avant d'imposer aux jeunes, impliquons les et donnons leur la parole en organisant de grands forums dans certaines grandes villes pendant les heures de classe avec les responsables politiques. Cela désarmorcera les craintes et coupera net toutes récupérations politiques.
    Sortons les de leurs écoles plus souvent en les impliquant dans des grands projets tels que la protection de la nature ou la pollution.
    Les jeunes craignent l'avenir, prennent peur et parfois se braquent parce qu'ils n'ont pas l'impression de maîtriser suffisamment leur avenir.
    Philippe Jestin
  • Antoine Koezle
    Le 17 Février 2005 à 17 h 11 min
    Le réchauffement climatique reste un des éléments les plus menacant pour notre humanité.
    Il s'agit en quelque sorte d'une bombe à retardement sans commune mesure, une épée de Damoclès qui plane sur les nations du monde entier et sur tous les êtres vivants de cette planète.
    Les Etats-Unis semblent complètement aveugles face à cette échéance, face à cette évolution qui semble leur échapper. Ne réfléchissent-ils pas à l'avenir ? A quoi bon brûler du pétrole et faire rentrer des Dollars si c'est pour disparaître dans un siècle ? Peut être par fierté ? Quelle est leur logique ? Tant de questions dont je ne détiens pas les réponses.
    L'Europe détient ici l'occasion de se faire entendre et non pas d'imposer sa vision des choses, nous jouons notre avenir.

    Antoine Koezle
  • Frederic de Chatellus
    Le 17 Février 2005 à 15 h 16 min
    Monsieur Juppe,

    Si vous voulez une idee precise des problematiques energetiques et climatiques des prochaines annees, www.manicore.com est le site le plus complet qui soit. Il s'agit d'un site fait par Jean-Marc Jancovici, expert independant. On ne sort pas indemne de sa consultation. (on apprend par exemple, qu'au rythme actuel d'urbanisation, la totalite du territoire francais sera couvert de routes et de lotissments dans ... 158 ans !!)

    Etes vous encore elu local ? Si oui, une des premieres mesures a prendre serait la rehabilitation de l'isolation des logements anciens... ce n'est qu'un exemple parmi d'autres !!!

    Cordialement
    Frederic de Chatellus
  • Frederic Godfrin
    Le 16 Février 2005 à 23 h 06 min
    Il y a une solution tres simple pour limiter l'emission des GES : modifier le parc automobile, qui, en France, contribue pour 1/3 de cette pollution. Il n'y a vraiment pas beaucoup de recherche a faire pour faire rouler les voitures a l'hydrogene, la technologie est quasi-acquise... L'hydrogene c'est dangeureux? Pas plus que le GPL et ca fait longtemps que l'on manie l'hydrogene au niveau industriel sans plus de danger que les autres gaz... Pourquoi l'hydrogene? Parce qu'une voiture fonctionnant a l'hydrogene ne rejette que de l'eau. L'hydrogene etant une puissante source d'energie, cela ne diminuera en rien l'autonomie ou la puissance des voitures. Enfin il y a un procede tres simple pour produire de l'hydrogene : l'hydrolyse de l'eau... Sachant que l'electricite en France est produite a 80% par des centrales nucleaires, la production d'hydrogene par hydrolyse ne produira pas de GES. De plus d'ici une cinquantaine d'annees nous auront certainement maitrise la fusion nucleaire qui elle ne produit quasiment aucun dechet radioactif de longue duree! Pour finir dernier argument, et pas des moindres, en faveur de la convertion des voitures a l'hydrogene : cela renforcera l'independance de la France par rapport aux importation de petrole. Pour produire de l'hydrogene, on a juste besoin d'eau et d'electricite! Et EDF etant le principal pourvoyeur d'electricite en France pourrait ainsi tirer de juteux benefice de cette production, ce qui pourrait ensuite remplir les caisses de l'Etat (d'ou mon opposition totale a la privatisation d'EDF).
    Autre argument en faveur de la diminution des GES, il faut absolument reussir au plus tot a maitriser la fusion nucleaire! La plupart des procedes industriels qui utilise du charbon, ou du petrole ou d'autres combustibles fossiles peuvent etre remplaces par des systemes fonctionnant a l'electricite (moyennant certes pas mal de modifications et des technologies plus poussees). La seule entrave a ce changement : le cout de l'electricite, et cela baissera nettement quand la fusion nucleaire nous fournira une energie inepuisable, et les investissement qu'il faudrait faire pour modifier les site, et pour cela une aide de l'Etat pourrait contribuer...
    Mais pour tout ca, il faudra vraiment du courage a nos politiciens soucieux de se faire reelire...
    Frederic Godfrin
  • Pierre-Henry DODART
    Le 16 Février 2005 à 18 h 25 min
    Le protocole de Kyoto est, à mon avis, une des meilleures choses qui se soit produite dans l'actualité mondiale des dernières années.
    Je voudrais néanmoins vous soumettre un "problème" pour le cas de la France. En effet, pour suivre le protocole en question, la France a fixé des quotas concernant l'émission de CO2. Il s'avère que les entreprises pourront dépasser les quotas fixés en rachetant la "polution non produite" d'autres entreprises émettant ce type de gaz. Ne peut-on pas avoir peur, avec de telles mesures, de voir appaître des entreprises fictives qui n'auraient pour seul but que de ne pas produire leur quota de CO2 ?
    Toujours concernant le cas de la France, une réaction d'un lecteur de votre blog est vraiment intéressante. En effet, il souligne le fait que le classement français concernant l'émission de GES est vanté par tous mais proportionnellement à la taille du pays qu'en est-il vraiment?
    Je vous remercie de votre attention portée à cette réaction.
    Pierre-Henry DODART
  • Nicolas Hildenbrand
    Le 16 Février 2005 à 11 h 26 min
    J´adore entendre dire que la France est championne en ce qui concerne la faible emission de gaz a effet de serre. J´adore entendre notre President dire qu´il veut faire plus: reduire par 4 d´ici 2050.

    Mon coup de gueule est simple: ou est la recherche concernant les energies renouvelables? L´eolien? Le solaire? La pile a combustible?

    En temps qu´etudiant chercheur, j´ai recemment participer a une conference internationale sur les piles a combustibles. Pays representes: Japon (normal, ce sont les plus performants), Etats Unis et pour l´Europe: Allemagne, pays scandinaves, Hollande... mais pas un seul representant de France.

    Que faisons nous???? Cessons de nous refugier derriere notre parc nucleaire vieillissant, developpons demain pour reduire l´emission de gaz a effet de serre mais aussi pour eviter d´accumuler une masse considerable de dechet radioactifs!

    J´etais vraiment outré lors de cette conference! Croyez moi. Et ca me fait bondir quand je vois les belles fleurs que nous nous lancons.
    Nicolas Hildenbrand
  • Nicolas hildenbrand
    Le 16 Février 2005 à 11 h 15 min
    Bonjour,

    je me rejouis moi aussi de la mise en application du protocole. Enfin...

    Je passe outre la non adhesion des Etats-Unis, de la Chine, de l´Inde... je pense que les Etats-Unis, ou au moins les entreprises americaines implantees a l etranger, seront obligees de s adapter au regles en vigueur dans les pays concernes.

    Je voudrais tout simplement insister sur la fin de votre message et sur les gestes que nous pouvons faire au quotidien pour diminuer notre degagement de gaz a effet de serre.

    Deplacement en transport en commun, a pied pour aller chercher le pain, en velo pour aller au boulot, a l ecole...
    Le tri des dechets, le respect de certaines regles qui paraissaient elementaires il y a peu encore. Par exemple, si tous les europeens eteignaient leurs appareils au lieu de les laisser en veille, 7 centrales nucleaires pourraient etre supprimer. Ou plus particulierement, l´equivalent en centrale thermique...
    Nicolas hildenbrand
  • Marc BELLET
    Le 16 Février 2005 à 10 h 24 min
    Il a échappé de peu à une mort douce, dans l’oubli général. Il aura fallu qu’un acteur improbable de la lutte contre le réchauffement climatique se rallie à sa cause pour qu’il voie le jour. Peu importe, diront ses défenseurs, l’important est là : le protocole de Kyoto entre en vigueur aujourd’hui. Huit années se sont écoulées depuis la signature du traité en 1997. Huit années de tractations, de diplomatie internationale. Tout ça pour ça, lâchent les sceptiques.

    On retiendra peut-être que c’est la Russie, dernier État à l’avoir ratifié, en novembre dernier, qui l’a sauvé in extremis. En apposant sa signature au bas du document, le président russe, Vladimir Poutine, permettait de passer la barre de la ratification par 55 pays représentant 55 % des émissions de CO² des pays industriels. Au risque de se fâcher avec l’Oncle Sam. Car on ne peut pas, non plus, omettre que les États-Unis, champion mondial des émissions des gaz à effet de serre, ont rejeté Kyoto. Pas question, outre-Atlantique, d’attenter à l’« american way of life », si dépensier en matières fossiles, tant producteur de gaz à effet de serre.

    réduire les émissions de gaz À effet de serre

    Et pourtant. On a vu objectifs plus ambitieux. En ratifiant ce traité, les 141 parties investies dans le processus, dont trente pays industrialisés, ne s’engagent à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre que de 5,2 % en moyenne entre 2008 et 2012, par rapport à la situation de 1990. À chacun, suivant sa production, un objectif particulier. L’Europe, par exemple, doit réduire ses émissions de 8 %. Pour l’heure, l’UE en est encore loin. Au cours de la dernière décennie, les Quinze n’ont réduit leurs émissions que de 2,9 %.
    Ce traité est le premier instrument international contraignant en matière de lutte contre le changement climatique. Ce pourquoi nombre d’États, les États-Unis en tête, ont refusé de s’y associer, au motif que leur compétitivité sur le marché mondial en pâtirait.
    Surtout, c’est « l’après-Kyoto » qui me laisse songeur. Quelles suites donner à ce premier pas, largement insuffisant à lui seul ? Comment impliquer plus largement les États-Unis ? À Buenos Aires, en Argentine, en décembre dernier, la dixième conférence de l’ONU sur le changement climatique, censée aborder l’après-2012, a fait un four. États-Unis et pays du Sud ont refusé de se parler. Ces derniers, qui n’ont aujourd’hui qu’un devoir d’inventaire de leurs émissions de gaz à effet de serre, freinent devant le fait de s’impliquer davantage. Difficile pour eux d’accepter des entraves économiques à leur développement, souvent bloqué au stade embryonnaire. D’autres, comme la Chine et l’Inde, futurs gros pollueurs, refusent de voir leur puissante croissance économique bridée par des impératifs de préservation de l’environnement. « Nous avons deux ou trois ans pour en discuter, il serait temps de commencer », regrette tout de même Jean Jouzel, membre du bureau du groupe intergouvernemental de chercheurs sur l’évolution du climat.

    Bref, la géopolitique s’en mêle, bien au-delà des seuls enjeux environnementaux. « Les questions d’environnement ne sont pas simplement techniques et scientifiques ; elles sont aujourd’hui intimement liées à d’autres questions importantes de relations internationales », écrit Philippe Le Prestre (1). Et d’égrener les conséquences de la mondialisation, les relations Nord-Sud, les systèmes de gouvernance, etc.
    Des citoyens peu intéressés
    Le Réseau action climat (RAC), lui, propose ainsi aux États de suivre trois voies différentes, suivant qu’ils sont industrialisés, en développement ou « moins avancés ». Aux premiers « un système juridiquement contraignant de réductions absolues des émissions des gaz à effet de serre », aux seconds « l’introduction rapide de technologies propres » fournies par les pays riches, et aux derniers « une voie de l’adaptation ». Plus simple à dire qu’à faire, au vu du peu d’intérêt que portent les citoyens au sujet. Oui, Il y a un écart entre les gestes quotidiens et la situation globale. Comment créer une dynamique collective quand le bénéfice individuel est diffus ?
    Reste tout de même à la communauté internationale à s’appuyer sur Kyoto pour mettre en place de véritables mesures de prévention. Car « Kyoto entre en vigueur, mais tout reste à faire ! »

    Marc BELLET
  • Jean-Marie SIMON
    Le 16 Février 2005 à 09 h 30 min
    Les chiffres que vous citez sont ceux du Groupe d'experts Intergouvernemental d'évolution du Climat (GIEC) mis en place par l'ONU en 1988 pour "expertiser l'information scientifique, technique et socio-économique qui concerne le risque de changement climatique provoqué par l'homme". On peut donc penser que ces chiffres sont les plus fiables dont on dispose. Trois rapports ont été publiés par ce groupe depuis sa création et le dernier date de 2001. Le prochain est attendu en 2006.
    Je crois vraiment que le réchauffement est inéluctable car il y a accumulation des gaz à effet de serre dans l'atmosphère en raison de leur durée de vie dans ce milieu. Pour le dioxyde de carbone elle est de 100 ans. Et l'accumulation ne va pas cesser de si tôt car les pays émergents souhaitent légitimement accéder à notre "bien être sûr" en consommant pour cela de plus en plus de combustibles fossiles pour produire de l'énergie. Il ne sont d'ailleurs pas décidés à ratifier le protocole de Kyoto.
    Le bout du tunel est sans doute annoncé par l'épuisement progressif des combustibles fossilles et corrrélativement par l'accroissement de leur coût. Mais alors ne tardons pas à développer les solutions alternatives comme les énergies renouvelables là où c'est possible et la pile à combustible pour alimenter les véhicules terrestres (dont nos chères voitures). Etendre la place de l'énergie nucléaire, qui est de 7% actuellemet au niveau mondial, serait une solution. Cette technologie est cependant réservée, comme chacun sait, aux pays disposant d'une démocratie solidement ancrée pour que l'Etat exerce, par le gouvernement et par le parlement, son Autorité dans le contrôle de la sûreté nucléaire au profit des citoyens.
    Alors comme vous dites...au travail!
    Jean-Marie SIMON
  • Yves L.
    Le 16 Février 2005 à 08 h 58 min
    Oui c'est vrai, les effets quantifiables du protocole de Kyoto seront sans doute très faibles. Mais cet accord n'est qu'un premier pas, une prise de conscience qu'il faut agir pour freiner le changement climatique. C'est une base sur laquelle il va falloir travailler. Et puis Kyoto prévoit des renégociations et un bilan régulier (en 2012 je crois) qui permettront de fixer de nouveaux objectifs plus ambitieux et surtout d'intégrer des pays en plein développement qui pour le moment n'ont aucune contrainte.
    Considérer la France comme un bon élève est peut être un peu excessif, elle a "la chance" d'avoir misé sur le nucléaire depuis de nombreuses années. Si cette solution nous est bénéfique dans la lutte contre l'augmentation du CO2, elle risque d'entraîner bien d'autres problèmes dans les prochaines années ...
    Ayant vécu en Allemagne, j'ai pu constater ce qu'était une réelle volonté politique dans ce domaine et surtout comment cela pouvait aboutir à des décisions et à des actes concrets, sans parler de la conscience "écologique" de chaque citoyen.
    Même si la création en France de la norme HQE par exemple va dans le bon sens, on a encore du retard à rattraper pour intégrer les préoccupations écologiques dans chaque décision qu'elle soit politique ou de la vie qutidienne.
    Un premier pas ... en espérant que des bottes de 7 Lieues seront chaussées pour faire les suivants.
    Yves L.
  • Jay Lo
    Le 16 Février 2005 à 08 h 30 min
    En matière de réchauffement climatique, il est faux d'affirmer qu'il est le fait de l'émission des gazs à effet de serre ! D'abord, la fonte des glaciers qu'elle engendre entraîne un refroidissement de certaines régions. Ensuite, si les gazs à effet de serre bloquent une partie du rayonnement terrestre, il bloque également une partie des rayons qui arrivent sur Terre, et qui sont à l'origine du rayonnement terrestre, d'où un second effet de refroidissement. Au final, ce que l'on observe, c'est que la Terre se réchauffe "globalement". Et que compte tenu des conséquences, plutôt que de poursuivre les politiques désastreuses des 50 dernières années, mieux vaut s'astreindre à "jouer la carte de la chance" ! Parmi les autres causes de réchauffement et de dérèglements climatiques, citons par exemple l'urbanisation, les styles de vie, la déforestation, el Niño et la Niña, les cycles thermiques long termes (plusieurs milliers d'années), ou encore l'activité solaire. Le climat est malheureusement quelque chose d'excessivement difficile à modéliser du fait du nombre des facteurs qui interagissent et de leur complexité propre. En tout état de cause, Kyoto ou non, les générations suivantes auront bien du plaisir... Et ce ne sont pas nos gouvernements qui auront agi contre!

    Note à cécilie : la France est tellement bonne élève en matière d'environnement qu'elle n'applique pas les directives européennes, et ce, même lorsqu'elle est condamnée. Cela souligne combien l'exécutif français accorde de l'importance à l'Europe et à l'environnement, ou, ce qui revient au même, aux générations futures ! Merci Jacques. Merci Jean-Pierre. Que seraient nos petits-enfants sans vous ?
    Jay Lo
  • Mamawasabitch http://20six.fr/Mamawasabitch
    Le 15 Février 2005 à 19 h 35 min
    Il est bien réjouissant que la France soit première de sa classe. Seulement à titre comparatif, certains pays refusant de suivre cette marche couvrent plus de 10 fois la surface terrestre occupée par notre pays.
    Dans un tel cas de figure, la pôle position Française est-elle si importante?
    Comment, selon vous, la France pourrait-elle tirer sa classe dans le bon sens?
    Mamawasabitch http://20six.fr/Mamawasabitch
  • Olivier Lacroix
    Le 15 Février 2005 à 18 h 24 min
    Cela me fait vraiment plaisir de constater l'engagement de notre pays dans le processus de Kyoto et ce au delà des clivages politiques.

    J'espère que l'UE et en particulier la France mettront un maximum de moyens dans la recherche afin de développer des technologies performantes qui pourraient devenir des alternatives aux energies polluantes.

    Le jour où la partie la plus libérale(au mauvais sens du terme) se rendra compte que respecter l'environnement est un "business", ils s'empresseront de ratifier le protocole de Kyoto.

    Bien cordialement.
    Olivier Lacroix
  • Cécilie C.
    Le 15 Février 2005 à 18 h 02 min
    Cela fait plaisir de voir que vous réagissez sur ce sujet sensible. Sans être une écolo extrémiste, je sais que le climat est fragile et qu'il faut faire des efforts. J'ai travaillé trois mois sur ce sujet pour un dossier à exposer à mes camarades de classe, et j'ai découvert pas mal de choses sur les dangers des changements et sur la politique américaine, notamment les pressions qui ont été faites pour ne pas ratifier le protocole de Kyoto. J'ai été contente de voir qu'en matière d'environnement l'Europe est une bonne élève. Et la France, durement critiquée par pas mal de français (!), est une très bonne élève comme vous le dites. Comme cela est souvent souligné, le problème du climat est mondial et ne peut trouver de vraie solution efficace qu'à l'échelle mondiale, l'idée d'un "gouvernement mondial du climat" semble très bonne. Une action localisée ne changerait peut-être pas la tendance du climat à se réchauffer (car il s'agit aussi d'un phénomène naturel, que nos gaz accentuent), mais c'est l'ensemble de ces actions localisées qui contribuerait à ralentir ce phénomène dangereux ... Oui, vraiment un "gouvernement mondial du climat" est une bonne idée. Chaque citoyen du monde doit faire quelque chose, mais c'est surtout le monde qui doit bouger. Vouloir régir tout cela par un "gouvernement" semble bon.
    Cécilie C.
  • Christophe Birge
    Le 15 Février 2005 à 17 h 44 min
    Il semble bien difficile de faire actuellement la part des choses dans le domaine des évolutions climatiques à venir. Le discours des scientifiques est cacophonique. Un article paru aujourd'hui dans le Figaro en témoigne par exemple : son auteur affirme que l'application stricte du protocole de Kyoto ne premettrait, à l'horizon 2100, que de retarder de 6 années la dégradation de la situation... pour un coût gigantesque !

    Autant il m'apparaît tout à fait évident que s'il y a bien un domaine ou ce "principe de précaution" invoqué à toutes les sauces doit s'appliquer, c'est celui de l'avenir de la planète, autant je reste perplexe devant tous ces scenarios-catastrophe discordants brandis par des scientifiques et sans arrêt contredits par d'autres scientifiques non moins compétents...

    Difficile de s'y retrouver...
    Christophe Birge
  • Jean Mercherz
    Le 15 Février 2005 à 17 h 40 min
    Une étude récente menée par des chercheurs bordelais démontre une corrélation historique entre les réchauffements climatiques à travers les millénaires et l'activité solaire. Tout cela ne nous exonère certainement pas de faire du respect de l'environnement une priorité permanente quotidienne pour tous et de se réjouir de l'entrée en vigueur du protocole de Kyoto; mais paradoxalement cela nous ramène à plus d'humilité face à cette vanité humaine d'être à l'origine de tout et de vouloir tout maîtriser. La nature nous rappelle parfois violement et dramatiquement et si souvent heureusement que tel n'est pas le cas.
    Jean Mercherz
  • Claude Borius
    Le 15 Février 2005 à 17 h 39 min
    En France les impôts et les prèlèvements sociaux sont particulièrement élevés. Le nombre de
    chômeurs, de "deshérités" est aussi particulièrement élevé,ce qui est inadmissible et incompréhensible.
    Dans les pays Nordiques les prélèvements sont élevés mais les deshérités sont peu nombreux ce qui est
    plus conforme à la logique.
    En Grande Bretagne les prèlèvements
    sont relativement peu élevés mais les deshérités sont nombreux ce qui,à la limite est comprèhensible.
    En France nous cumulons les deux calamités. Pourquoi?
    D'avance merci pour votre rèponse.
    Claude Borius

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Bonjour, vous avez pris le temps de me lire et me répondre.
Je tenais à vous remercier de cette forme d'engagement.
Rien que de m´apporter une réponse montre que nous partageons une passion, celle de notre pays. Pour ma part , je suis partisan du dialogue et, je vous remercie de l'avoir entamé avec moi.

Bien cordialement.
Alain Juppé
Alain Juppé 2017
5 ans pour l'emploi
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